14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 17:08

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Critique & réception | Astres & animaux  

 

 

 

 

 

 

 

 

Florence Delay,

 

Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas

 

éd. du Seuil, La librairie du XXIè siècle, 2022
 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture de l'œuvre de Florence Delay, Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas, éd. du Seuil, 2022. 

 

 

 

 

Présenté tel un « livre aux sentiers qui bifurquent », cet essai de Florence Delay peut aussi s’offrir tel un bestiaire. Plus qu’un bestiaire traditionnel, il donne l’essence de la poésie par sa manière vraiment merveilleuse d’aimer les animaux et de les reconnaître comme initiant le monde ouranien sous des formes dissemblables.

 

 

Tout part d’un imaginaire, et, pour l’écrire cuistrement, de la quête odologique des Évangiles. Les références à la Légende dorée foisonnent. Une famille d’esprit se forge, tel un cheval de bataille, contre l’oppression, qui n’a jamais été aussi généralisée qu’à présent. Il est important que des liens littéraires soient à l’œuvre : Jean Giraudoux, Paul Claudel, Michel Serres, Jacques Roubaud, François Weyergans, et artistiques, Pierre Heny, Maurice Béjart, Pierre Boulez, pour n’en citer que quelques-uns, que cet essai — au sens littéral du terme — remet dans les beaux écrins évangéliques. La Romancière très particulière qui a su « dire » Gérard de Nerval, invite aimablement à revoir la peinture chrétienne, avec une virtuosité narrative aussi rassurante « qu’un sourire venu des profondeurs de l’âme la plus limpide », a observé Ketty Salem, ma traductrice chrétienne d’Alep.

 

 

La légèreté, les merveilleuses conjonctions apparaissant entre les arts montrent comment cultiver des jeux littéraires variés, à la manière de « Fantaisie », le poème de Nerval : « II est un air pour qui je donnerais Tout… ». Les liens tissés par une « phrase célibataire » (incipit, p. 9) sont apparemment simples. Ils mettent à l’œuvre les beautés de la langue française pour une lecture facile et un plaisir toujours renouvelé :

 

 

 

« Découragée à l’idée d’escalader pareils massifs de la pensée chrétienne mais pressée par la curiosité, je cherche des explications à portée de main. 

 

Que l’aigle soit Jean est le plus évident : c’est l’oiseau qui vole le plus haut est son Évangile est le sommet de la doctrine (p. 59). »



 

 

***

 

Pour citer ce texte inédit

 

Camille Aubaude, « Florence Delay, Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas, éd. du Seuil, La librairie du XXIè siècle, 2022 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques ​​​: N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 14 juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/ca-florencedelay-essai

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 11 Nature en poésie Muses et féminins en poésie
12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 14:37

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux

 


 

 

 

​​​​​

 

 

 

La forêt du poème

 

​​

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© Crédit photo : une magnifique image du photographe Claude Menninger, La Forge.

 ​​​​

 

 

C'est dans la forêt du poème que j'aime à me perdre. Dans les sentiers battus, je me retrouve parfois avant qu'une sorcière n'apparaisse au bout de ma stance.

J'écris sans savoir que peut-être les mots lèveront un poème de dessous les fagots.

 

Je ne poursuis aucun but sinon celui de suivre ce chemin que m'imposent mes pas. J'avance en moi-même au cœur d'un poème qui ne cesse de se défaire dans les méandres de ma pensée.

 

La forêt du poème a toujours gardé ce mystère qui cache l'ombre sous les fougères et m'invite à danser dans ses trouées de lumière.

Nue dans le poème, je déshabille les mots pour les revêtir de silence. Je tire sur la corde du ciel pour faire venir à moi la couverture bleue des songes sous laquelle je plonge.

 

Rien n'arrête ma course dans la forêt du poème où j'ai le soleil pour guide et ma rime pour boussole. Je suis l'hôte des bois, la reine couronnée de lierre,  la princesse au petit pois de senteur, la fée clochette des brins de muguet et à chaque branche de tous les arbres de la forêt, je suspends un accroche coeur qui m'enracine à la terre du poème.

 

Ma vie palpite comme un oiseau dans le creux de ma paume et je tiens le sablier du monde serré dans l'autre main. Quand je le retourne, il me reste toujours entre les doigts, un dernier grain de sable où je me reconnais dans le poème à naître.





 

Je cherche l'infini dans la moire végétale qui tisse la trame de mes vers, je m'insinue sous les mots pour ensemencer le verbe et je  me

tiens à l'écoute de cette forêt où je renais et meurs depuis des millénaires dans cette langue perdue où, toujours éperdue, je cherche l'ombre pour capter la lumière.

 

Je m'éclipse parfois derrière cette lune d'argent qui s'enfonce dans la diaprure de l'étang au milieu des crapauds coassant. Je mêle ma complainte à leur chant avant de fermer les paupières sur un jeté de lit couvert de nymphéas roses et blancs.

 

C'est dans la forêt du poème que je cours après moi-même, une fleur d'églantier dans les cheveux. C'est dans la forêt du poème que je goûte aux fraises sauvages et aux mûres qui me font les lèvres violines.

 

C'est dans la forêt du poème que je retrouve la liberté perdue des grands chemins d'errance, c'est dans cette forêt que j'écris avec ma mort en épitaphe et ma vie en porte-voix.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, juillet 2022.

 

 

***

 

Pour citer ce témoignage inédit

 

​Françoise Urban-Menninger, « La forêt du poème », poème inédit illustré par une photographie inédite de Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »,  mis en ligne le 12 juillet 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/fum-laforetdupoeme

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 11 Nature en poésie Muses et féminins en poésie
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 12:56

N°11 | Parfums, Poésie & Genre |  Dossier majeur | Florilège | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’eau de mon univers

 

 

 

 

 

 

Mariem Garaali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

 

Crédit photo : Edvard Munch, Woman in Blue against Blue Water, 1891, image Wikimedia, Commons, domaine public.

 

 

 

L’eau de mon univers

Parfums de nuits, parfums de jours,

Ils m’exaltent, m’emportent vers un univers

Sans nom, sans vie, où,

Toi ma vie tu le fais tien,

Toi mon âme, tu y habites,

Mon regard l’illumine.

Les fleurs de mon jardin embaument,

Les parois de mon univers sont en eau,

Une eau limpide comme mon âme,

Une eau transparente comme mon esprit.

 

 

 

Mon dieu ?

 C’est l’Eau de Mon univers,

Ô dame eau, je suis ivre de toi !

Ô dame eau désaltère-moi, Habille-moi de tes flots,

Drape-moi de tes vagues,

Enchante-moi de tes ruissellements,

Caresse-moi de ta tendre rosée du matin !

Je me noie dans ton lac de jouvence,

Ô mon eau adorée !

Je me noie dans tes bleus de bonheur,

Ô mon eau enchantée !

 

 

 

© Mariem Garali hadoussa, dans « Comme nos pluies seront parfumées »

 

 

***

 

Pour citer ce poème inédit d'amour de la nature & de ses parfums 

 

 

Mariem Garaali Hadoussa, « L’eau de mon univers », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 1er juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mgh-eaudemonunivers

 

 

 

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27 juin 2022 1 27 /06 /juin /2022 16:40

 

N°11 | Parfums, Poésie & Genre |  Poésie érotique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miroirs infinis

 

 

 

 

 

 

 

Poème & dessin

 

Mokhtar El Amraoui

 

 

 

© Crédit photo :  Mokhtar El Amraoui, « Miroirs infinis ».

​​​​


 

 

De chauds rêves frétillent encore

dans le feu de nos doigts

Un reste de lune

Un ressac de caresses

s’élèvent jusqu'aux étoiles

Elles s’étirent

dans leurs jasmins de lumière

Et la barque de nos deux corps

glisse sur l’eau complice

d’un rire aux miroirs infinis

 

 

 

© Mokhtar El Amraoui dans « Chante, aube, que dansent tes plumes ! », 2019.

 

 

***

 

Pour citer ces dessin & poème d'amour inédits

 

 

​Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Miroirs infinis », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 27 juin 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mea-miroirsinfinis

 

 

 

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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 15:44

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I. Le merveilleux féerique au féminin | Poésie des aïeules/Astres & animaux

 


 

 

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La fleur & la fée

 

​​

 

 

 

 

 

Zoé Fleurentin (1815-1863)

Poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Rose sous la pluie en Iran, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​

 

 

Une fleur languissait au milieu d'un parterre,

Une fleur qui voulait grandir,

Mais elle était, hélas ! timide et solitaire,

Et ses jeunes boutons, voilés avec mystère,

Commençaient à peine à verdir.

Il lui fallait et soleil et rosée,

Et le ciel était pluvieux.

Alors vint une fée

Qui sur elle arrêta les yeux :

« Tu souffres, pauvre fleur mourante :

J'aurai pitié de ta douleur,

Relève-toi, ma baguette est puissante,

Elle te rend la vie et la chaleur. »

La fleur aussitôt se relève

Sous un contact mystérieux ;

Son tourment s'enfuit comme un rêve,

Et, pour avoir souffert, elle n'en croit que mieux ;

Elle était naguère étouffée

Sous le voile d'un ciel obscur,

Mais, grâce au bon cœur de la fée,

Son calice fleurit sous un beau ciel d'azur.

Ainsi, par vous, chère marraine,

J'ai reçu, trésor précieux,

Cette marque souveraine

Qui nous ouvre les cieux,

Sans vous, je n'étais rien qu'une plante inutile,

Destinée à bientôt périr ;

Mais vous m'avez semée en un terrain fertile,

Et mon cœur vous chérit, et mon cœur va fleurir.

 

 

 

Le poème ci-dessus provient de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques (Ancienne élève de la Maison impériale de Saint-Denis), Paris, au bureau de la revue de la Province, C. VANIER, Libraire-Éditeur, 25 rue de Buffault, 1861, pp. 63-64. Ce recueil de poèmes appartient au domaine public.

​​​​​​

 

***

 

Pour citer ce poème féerique de l'aïeule

 

 

Zoé Fleurentin« La fleur et la fée », extrait de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques, (1861), a  été choisi & transcrit par Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 16 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/zf-lafleuretlafee

 

 

 

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