22 novembre 2023 3 22 /11 /novembre /2023 14:12

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Méraubaude & autres poèmes


 

 

 

 

 

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Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

​​​​​​ www.lamaisondespages.com/

https://litterature-lieux.com/fr/guide/lieu/428-la-maison-des-pages-de-camille-aubaude

 

Blogue officiel :https://camilleaubaude.wordpress.com/ ​​​​​​


 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Peinture tombée dans le domaine public, image symbolisant la paix & fournie par la poétesse.

 

 

 

La Sagesse vient de nos lettres vivantes, 

nous enseignent les textes des pyramides d’Égypte

 

Pour toi Pallas Bien Aimée

mes lettres vont être une drogue. 

 

Aset — je suis ductile ; c’est ma force.

Je me pare d’un manteau de berger pour t’écrire 

car je revis par ma Bouche, mes Lèvres et mes Livres.

 

« Pascience baille les armures », écrit la Prudente Catherine d’Amboise.

 

Au sein du mystère les champs des perceptions triomphent

Le cuer s’est baigné de larmes.

 

Ma musique s’était tue dans les grottes.

La Mère imprudente peu armée ne peut plus danser

devant l’arc-en-ciel d’une lanterne de Damas.

Aset et ses lettres ont tant navigué par païs

 

Aset parle en accord avec un monde fort en beauté, 

la musique de sa passion unit Alep aux rivages de 

l’Amour-mort-sagesse quand la folie baille le génie.

 

Aset et Mars renaissent en un Grand corps androgyne, 

tout homme, toute femme… volubile délicieux humble vertueux 

aux paroles superflues

 

« Gloire et magnificience » 

« pour élucider ma matière… et parvenir au port de mon seul désir » 

pense K (Catherine d’Amboise) la Reverdie.


 

MAIS qui parle de puissance du combat 

sans appliquer à lui-même ce déséquilibre ?

QUI ? ces gourou, ces  gogos augmentés 

princes inverses de l’esprit de l’Univers sel

en male quête d’une forme superlative :

pute mère et secrétaire, le présage de l’enfer.

 

Régénération – ti voglio bene

 

Fuis l’amour comme le Feu

quel amour ?

saccades et contorsion des sensations à fleur de peau

allégorie d’étreintes d’une joyeuse diablerie 

et pacte de sérénité, oh oui, la pure clarté.

 

Pallas s’entête comme une puce dans mon oreille

voyageuse étrangère pour cueillir la Rose

présage des larmes divines

la Beauté encensée par l’Hiérophante d’Isis.

 

Tabula Smaragdina

 

Table d’Émeraude, Table d’Isis, Turin.

Tout ce qui est en bas est en haut du Ciel à la Terre et de la Terre au Ciel. 

Le Cœur est au juste Milieu.

La Joie au fond du puits jonché de squelettes 

 

qui s’occupe d’elle ?

en haut en bas ?

en vert en rouge ?

 

Les catafalques d’illusions dressent le grand funérarium.

Le Livre des Prudents enseigne : «  Toujours orgueil son maître avile » (213)*

 

*(Alexis – DMF. Intertextualité, valeur subtile de l’iridescence).


 

Ma Dame de Lumière et Camille l’Amazone volsque tuée par traîtrise

La prédation masculine est un reptile devant une porte fermée

La captation féminine dilate la  splendeur du caveau

 

La Déesse Mère est la Maîtresse des Bois

Reine de la Forêt, source du cerveau où elle respire

 

Shéhérazade, fréquences de la Parole qui sauve

du manque d’humidité des clients enfiévrés… 

qui cherchent à comprendre les transformations des sommets et des gouffres 

 

ce qui fuit — mobilité du génie

ce qui reste— dentelles d’astres


 

un jour, toujours dans le néant indifférent et mouvant,

la musique spirituelle resserre le cœur du Juste Milieu.

 

Catherine d’Alexandrie

 

« Tel purcace le mal d’autrui 

A qui ce meime vient seur lui » (214)* (* Marie de France fable 59)

 

 


 


Paris, Amboise, Manaus 

Zweig, Constant, Bernanos, 

Apollinaire, Marguerite de Navarre

Louise de Savoie, Jeanne d’Arc. 

La volonté d’un homme de droiture a pour trône la connaissance d’une femme en quête d’absolu

 

Catherine d’Alexandrie avait la mystique présumée tranquille d’Isis

elle englobe l’homme en accord avec la mort

Elle n’était pas encore mise à la quenouille 

 

La terre de pâmoison hérissée d’accessoires virils est terre de perdition (353)

 

Quand le cœur reflue, la raison revient s’emparer des ténèbres

 

Divine inspiration et pénitence (357) : errance

 

L’abondance coud les robes célestes dont les cérémonies

du voyage désassemblent les fils.


 

Ghardaïa, Le Caire, Jérusalem, Irbid 

Damas, Alep Antioche et Smyrne

et Stirling la Maison de la Licorne

et la Maison des Pages chevauche puérile

des mondes hostiles torturés à l’infini.


 

Chant Royal 

 

Observez l’homme envier la puissance de la femme

lui imposant servage élevage ménage

brisant les mélopées, glaçant les larmes :

la vie tranquille atrophie la beauté

L’art suprême est spirituel, c’est une image, un dessin,

voire un film rêvant dans le lit de la lumière :

l’extase joint à nos fleurs d’autres fleurs,

elle nourrit le monde

 

L’Inconnu t’observe au-delà des figures obscènes

des corps se promettant une ivresse éternelle ;

soit une promesse, non une blessure 

dans la sombre Nature

L’expérience et le corps, il n’y en a pas plusieurs, 

chair transport de la lignée, mobile,

faite d’envie hâtive où l’immortel serment

espère à la lisière de la Foi.

 

Sa matière devient terre ou bien cendres

aux insensibles ciselures avides de liens,

son ombilic rayonne pour l’union des formes

enivrées par un sourire

 

L’arbre pleure dans le fleuve ; le joie attire les bas-fonds 

dans la fugue des cieux où qui aime meurt

le cœur vain d’être digne de bonheur :

sous la peau, l’entêtement du sang

 

Le Beau des Beaux espère le Salut qu’il harmonise

aux frissons de ses inventions.

La peur appelle la justice pour l’imprudente

qui frémit de voir ses Chimères 

 

Côtoyer le danger fait perdre de vue le voyage

un faux pas et c’est la chute, l’artificieuse ruine.

La pureté ne lutte pas et n’a pas besoin de pitié : 

son appui est le voile léger d’un jour d’été

 

La fragilité des vaisseaux de l’âme permet d’embrasser

le firmament aux pierres blanches ; elle est pareille 

à la finesse des vaisseaux du sang

que la fièvre dilate

 

En un mot tout est dit, et personne n’attendait Miyazaki,

un retour de l’amour dans la guerre

l’invincible cri de qui espère 

car la Parole est l’argile de la douleur

 



Épître en hommage aux livres de Catherine d’Amboise (qui signe K), réédités en 2022 par les Classiques Garnier (éd. de référence des citations), après les poèmes de Camille Aubaude, URL. https://classiques-garnier.com/amboise-catherine-d-oeuvres-completes.html, URL. https://www.classiques-garnier.com/editions/index.php?option=com_content&view=article&id=122&Itemid=45 et URL. https://litterature-lieux.com/fr/guide/lieu/428-la-maison-des-pages-de-camille-aubaude

 

 

 

 

L’Épître est extraite d’un recueil inédit intitulé Méraubaude, et le Chant royal (clin d’œil à cette forme devenue caduque). Ces poèmes sont issus de ma lecture de l'important Livre des Prudents (env. 1503) de Catherine d’Amboise.

 

* Méraubaude est un poète du IVè siècle, d’une lignée de Rois francs. Voir Histoire générale de la littérature du moyen âge en Occident, URL. https://books.google.fr/books?id=G60CAAAAMAAJ&pg=PA312&hl=fr&source=gbs_toc_r&cad=3#v=onepage&q&f=false

 

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Pour citer ces poèmes pacifiques & inédits

 

Camille Aubaude (poèmes & photographies), « Méraubaude et autres poèmes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poéféministes & poépolitiques 2023 | « Stoppons ensemble le terrorisme & œuvrons pour une paix mondiale & durable » & N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales » & N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 22 novembre 2023. URL.

http://www.pandesmuses.fr/lettredoctobre2023/no15/ca-meraubaude

 

 

 

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La poétesse cubaine Nancy Morejon évacuée

 

du 40ème Marché de la Poésie à Paris

 

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

 

 

 

© Crédit photo : La poétesse cubaine Nancy Morejon au 40ème Marché de la Poésie à Paris, capture d'écran d'un ordinateur, image fournie par l'autrice, 16 mai 2023.

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La poétesse cubaine Nancy Morejon évacuée du 40ème Marché de la Poésie à Paris.

On appelle l’armée « la grande muette ».

 

Alors comment une poétesse, prolifique par définition, une causeuse, une bavarde, peut-elle être accusée de complicité avec un état policier ? Qui va resserrer l’étau sur elle, éplucher les pétitions qu’elle a signées, peut-être sans réfléchir, celle qui enfreint toujours les règles du silence ? 

 

Je ne plaide pas l’irresponsabilité de la poétesse, loin s’en faut, mais je fais confiance à son intuition, bien différente des bouffonneries diplomatiques et des règlements de compte. Une poétesse connaît ses sentiments et a le droit à l’erreur. Tant qu’elle n’a pas plagié, violé ou tué, pourquoi la piéger dans l’étau judiciaire ? Pourquoi exhiber un sérieux tellement opposé à la poésie ? Quel poète peut se prendre au sérieux ?

J’étais avec Nancy Morejon à la Havane, en février 2012, où j’ai participé à de grandes tribunes de la Feria del Libro, et reçu un prix de poésie. Fidel Castro apparaissait le soir à la télé. Les Cubains l’écoutaient avec respect et bonhommie alors que les magasins étaient vides. « Le dictateur » venait de publier ses mémoires d’une façon archi dictaroriale, à savoir que les écrivains étaient ravis d’être invités à ses agapes et de recevoir des exemplaires dédicacés. Fidel Castro, un mythe vivant… J’étais triste de voir autant mon amie poétesse de New York City que celle de Saint Domingue, et d’autres, adorer un fils de propriétaires terriens symbole de la lutte contre le capitalisme : tout repose sur cette ambivalence qui n’est pas réglée. Et j’étais absolument la seule à ne pas honorer ce chef, dont les portraits publics accompagnaient ceux du Che. 

 

 

© Crédit photo : La poétesse Camille Aubaude  assise à côté de la poétesse cubaine Nancy Morejon au 40 ème Marché de la Poésie à Paris, capture d'écran d'un ordinateur, image fournie par l'autrice, 16 mai 2023.

 

 

La barbarie est partout. Le 16 mai, avant l’éviction de Nancy Morejon, la presse française a révélé que quarante-sept prisonniers allemands ont été exécutés par des résistants français qui n’avaient pas le droit de tuer des prisonniers. Sous prétexte qu’une poétesse cubaine a pu échanger avec le « dictateur », populaire en son île, dans le style « petit père du peuple », on soulage sa conscience en pratiquant la censure à l’heure où le gâchis s’amoncelle. Un climat orwellien… On n’avait pas vu cela en France depuis des générations. La censure est un obscur engrenage, et la liberté d’expression un des droits fondamentaux de tout être humain. Un droit inaliénable, auquel il faudrait maintenant ajouter le droit de ne choisir aucun camp… Allen Ginsberg trouvait « le lider maximo » sympathique, décelant chez lui des traits de bohème, explique Jean Portante (dans Allen Ginsberg. L’autre Amérique, Le Castor Astral, 1999, p. 185). Certes, des officiers ont trouvé à redire.


 

 

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Pour citer ces texte & images inédit​​​​​​s

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Camille Aubaude, « La poétesse cubaine Nancy Morejon évacuée du 40ème Marché de la Poésie à Paris », photographies fournies par l'autrice, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 5 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/camilleaubaude-nancymorejon

 

 

 

 

 

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