Françoise Urban-Menninger (poème & photographie inédits), « le jardin des ombres », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 9 août 2021. Url :
Crédit photo : Pluie sur une toile d'araignée Commons, domaine public.
Devant une toile d’araignée
À méditer et à l’observer
Je me suis laissé
À elle bien tendue,
Je m’imagine suspendu,
M’en libérer est peine perdue.
Ce que mes yeux voient
Éveille mon émoi
Et me pousse à réfléchir.
Profondément angoissé
Occupé par ma pensée
Comment m’en sortir ?
Une mouche vient tournoyer
Autour de la toile, tout près
De l’araignée aux aguets.
Fatiguée, elle s’y est posée
Aussitôt elle est happée
En une minute sucée
Que de mouches ont ainsi péri
Et moi je réfléchis
Au pourquoi de ceci.
Enfin je comprends
Que l’araignée les attend
Pour en vivre s’entend
Arrive un grand taon
Tout en bourdonnant
Fort et bien portant
La toile est secouée
D’un seul coup transpercée
L’hyménoptère est passé
La toile n’est que silhouette
Elle ne gêne ni n’inquiète
Il le fait de belle lurette
C’est pour cela qu’il s’en passe
Car le plus fort passe
Et le plus faible trépasse
Ainsi sont les lois
Telles des toiles je les vois
Le faible s’y débat
C’est un perdu combat
Le plus fort ne s’y fait pas
Il n’en fait pas cas
À une toile d’araignée
Je compare les lois
Elle prend la mouche facilement
Mais pas le bourdon
Par sa force, il la perfore
À ce propos nous sommes d’accord
Les lois profitent tout le temps
À ceux qui sont nantis
Ceux qui les subissent souvent
Sont les plus démunis
Médite ! Toi le sage, toi le savant
Pour qui sont-elles tissées ?
***
Pour citer ce poème
Ahcène Mariche, « La toile d'araignée »,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 5 août 2021. Url :
* Ce poème est un extrait de « Renaissance, de la solitude à l'union »
***
Pour citer ce poème d'amour
Michel Orban, « Pluie de caresses », poème reproduit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 18juillet 2021. Url :
Crédit photo : Des inondations de 1856 en France, image de Commons.
III
L'inondation de 1856
Ode
Sur la cime des monts, chacun cherche un refuge,
Et craint de revenir aux horreurs du déluge.
Le fleuve élève aux cieux ses vagues en courroux,
Et couvre de ses eaux une femme à genoux.
Suspendant sa prière en cette horrible attente,
Elle jette autour d'elle un regard d'épouvante ;
Elle veut s'échapper ; mais le fleuve en son cours,
L'entraîne dans l'abîme... et l'eau monte toujours !
Son enfant sur son cœur, regardez cette mère ;
Jusqu'au dernier instant elle prie, elle espère ;
La vague prend l'enfant. Et, partageant son sort,
Sa mère dans les flots, trouve après lui la mort.
Des vieillards, des enfants, entassés pêle-mêle,
Se sont tous élancés dans une barque frêle :
La barque disparaît ! On vole à leur secours,
Mais ils sont engloutis... et l'eau monte toujours !
Un sentiment fait place à la tristesse amère,
Et chacun croit toucher à son heure dernière.
Pour sa mère adorée, en un suprême effort,
Un fils au désespoir lutte contre la mort.
Sa mère entre ses bras, guidé par son courage,
Il atteint le plus haut des hauts points du village ;
Mais le fleuve l'atteint et l'emporte en son cours,
Sa mère est entraînée... et l'eau monte toujours !
Crédit photo : Des inondations de 1856 en France, image de Commons.
Oublié sur un roc, un malheureux succombe,
Pour lui chaque minute est un pas vers la tombe ;
Car, bravant mille fois tous les dangers nouveaux,
Pour sauver son semblable, il plongea dans les eaux.
Mais son chien le rejoint, à son maître fidèle,
Quand lui la dernière heure, il consacre son zèle ;
Il cherche à l'entraîner pour préserver ses jours,
Mais ils meurent tous deux... et l'eau monte toujours !
Tout bruit cesse... Au milieu du plus morne silence
On n'entend que la voix du flot qui se balance ;
Ce flot qui dans sa course a tout anéanti,
Conserve dans ses flancs ce qui fut englouti.
Il ravit le bonheur, il ravit la richesse,
Il fait couler les pleurs où régnait l'allégresse.
Il ravit tout enfin, dans son terrible cours,
Il ne rend jamais rien... et l'eau monte toujours !
Il veut tout posséder et de tout il s'empare ;
Rencontrant dans sa course un fleuve qui s'égare,
Il va lui disputant le butin amassé,
Le corps de la victime et le roc déchaussé.
Si le cœur d'un ami renaît à l'espérance,
Voyant qu'un malheureux vers la plage s'avance,
Riant de sa douleur, le torrent dans son cours,
L'entraîne au fond des flots... et l'eau monte toujours !
Crédits photos : Des inondations de 1856 en France, images de Commons.
Partout est le meilleur, et partout la misère,
Chaque être qui survit pleure, se désespère...
Enfin l'eau redescend !... et prise de remords,
Elle montre à nos yeux les cadavres des morts.
L'homme a fait alliance avec le divin juge ;
Comme on vit l'arc-en-ciel, à la fin du déluge,
Un prince généreux, vient en ces tristes jours,
Soulager le malheur... et l'eau reprend son cours !
Juin 1856.
Fin*
* « L'inondation de 1856 » est une ode de FORESTIER, Fanny (Mlle, 1839-1901), Premier bouquet poétique, par Mlle Fanny FORESTIER,Paris, imprimerie de J. CLAYE, 7 Rue Saint-Benoit, 1856, p. 11. Fanny Forestier est la sœur de Jeanne Forestier et la tante de l'auteur Paul Léautaud. Cet opus composé de trois poèmes appartient au domaine public.
Pour citer ce poème fait divers de juin 1856
Fanny Forestier, « L'inondation de 1856 », ode de l'opus poétique de FORESTIER, Fanny (Mlle, 1839-1901), Premier bouquet poétique. (1856), choisie & transcrite par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 16 juillet 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ff-inondationde1856
Crédit photo : Forêt, arbres, Dülmen, Naturschutzgebiet, Am Enteborn, 2014. Image de Commons.
Dans l'azur de l'avril et dans l'air de l'automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.
Sa grâce a des langueurs de chair qui s'abandonne ;
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s'incline, amoureux des roses du Levant...
Le tremble porte au front une pâle couronne.
Vêtu de clair de lune et de reflets d'argent,
Le bouleau virginal à l'ivoire changeant
Projette avec pudeur ses blancheurs incertaines.
Les tilleuls ont l'odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.
* « Les arbres » est un sonnet de VIVIEN, Renée (1877-1909), Cendres et poussières, Paris, Alphonse LEMERRE, Éditeur, 23-31, Passage Choiseul, MDCCCCII/1902. pp. 103-104. Ce recueil appartient au domaine public.
Pour citer ce poème
Renée Vivien, « Les arbres », sonnet extrait de VIVIEN, Renée (1877-1909), Cendres et poussières (1902), choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 13juillet 2021. Url :
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
N° III ÉTÉ 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Critique & réception Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ Article par Maggy de Coster Site personnel Le Manoir Des Poètes
Il s’agit...
Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 1er Mai | Revue Matrimoine 2026 | Le Prix International Poésie de l'Académie Claudine...
Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 1er Mai | Revue Matrimoine 2026 | Le Prix International de Poésie Féministe de l'Académie...