11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:16

 

 

 

Liste à ma fille

 

 

Sophie Brassart

http://3.bp.blogspot.com/-QPYRe6hFI-0/UGHh47lgQzI/AAAAAAAAB0Q/1F8nlmzh48U/s1600/Empreintes_affiche+V3.jpg


 

Fièvres éparses,

qu’en sera-t-il de toi ma fille?

L’appétit humain sans foi dévore

les villes 

le corps

ton gain

coule

le torrent

les créneaux

inondés

des mensonges,

découpe,

et puis souffre,

et puis crie !

Mais laisse-toi aimer mon enfant,

sois la musique,

l’orgue, et l’ivresse,

ton cœur qui sait vibre alentour.

 

 

 

 

 

Pour citer ce poème


Sophie Brassart, « Liste à ma fille », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012.

URL.http://www.pandesmuses.fr/article-liste-a-ma-fille-111085475.html/URL. http://0z.fr/ZYv6x  

 

Auteur(e)


Sophie Brassart, documentaliste aux heures pleines, elle a déjà publié dans les revues Mille et un Poètes (n°3, été 2012) et  La Porte des Poètes (printemps 2012). En 2011, elle a également publié un poème dans le cadre du Printemps des Poètes, a lu certains de ses textes lors de la présentation des derniers numéros de la revue La Porte des Poètes (en mai 2012) et elle a été citée dans la Revue Artension (n°112, mars-avril 2012). Elle tient aussi un blog intitulé Toile poétique à cette adresse : http://graindeble.blogspot.fr/. Déméter en témoin, Sophie Brassart noue un dialogue de lettres vives (poèmes et peintures), singulières ou bien mêlées. Les figures sont tissées de mêmes toiles, celles du temps numérique, pour des messages inscrits dans une vie courte; celles de la profondeur du mythe, sans quoi rien ne saurait advenir; celles du mystère féminin, qui invite à la transformation, la résistance, l'intensité. Autant de libres propos, libres propositions, réalisées avec de l'encre, de l'acrylique, et des suites de 0 et de 1. Elle a exposé ses tableaux dans l'Ateliers de Ménilmontant  en 2011. Une nouvelle exposition intitulée "Empreintes" (octobre 2012) est en cours.

 

 

Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
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 Les leçons de choses

 


Françoise Urban-Menninger

 

1e de couverture

 

mes premiers livres de lecture

ont accompagné mes découvertes de la nature

 

j’ai conservé « Les leçons de choses »

où les plantes de l’ortie blanche à la rose

 

d’emblée me firent entrer

dans le merveilleux alphabet

 

où bientôt je sus écrire et épeler

les noms de mes fleurs préférées

 

quel bonheur alors que de déchiffrer

dans un livre ses secrets

 

aujourd’hui je laisse s’envoler la coccinelle

qui sur la page de mon enfance ouvrait ses ailes

 

en faisant le vœu que toutes les petites filles du monde

un livre à la main entrent dans cette ronde

 

où le mot école leur donne la clé

du chemin de leur liberté

 

 

 

Pour citer ce poème


Françoise Urban-Menninger, « Les leçons de choses  », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques;  n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012. URL. http://www.pandesmuses.fr/article-les-choses-110169620.html/URL. http://0z.fr/wm686   

 

Auteur(e)


Françoise Urban-Menninger, est poète et nouvelliste, auteur d'une vingtaine d'ouvrages de poèmes et de nouvelles. La plupart ont paru chez Éditinter, le dernier recueil de poèmes en date est De l'autre côté des mots. Elle anime des ateliers d'écriture à Strasbourg où elle est critique d'art pour la revue Transversalles, elle rédige également des critiques littéraires pour la revue électronique Exigence-Littérature et collabore au Pan poétique des muses.

 

 Vidéopoème réalisé par Pierre Louis Aouston

du recueil L'heure du jardin de Françoise Urban-Menninger


©Tous droits réservés

 

 

 

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Achille Elle

 

 

 

 

 

Styliani Kokkali

À Simone de Beauvoir


 

Souliers italiens en cuir, et hop, sac-à-dos,

marche rapide

et on s'en va à l'école,

celles d'entre nous qui ont le droit de s'éduquer.

Le corps souffre, sans doute,

coeur et corps entiers frémissent.

Haleine coupée,

cela rend mal la marche

cette activité accaparante

hors de la moindre perspective méditée.

                           

Pour citer ce poème


Styliani Kokkali, « Achille elle »,  in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-achille-elle-110893291.html/URL. http://0z.fr/S7vpg   

 

Auteur(e)

 

Styliani Kokkali est doctorante au Département de langues, de traduction et d'interprétation à l'Université Ionienne (Corfou, Grèse) et elle rédige une thèse en français sur les autoportraits et le journal intime de l'artiste mexicaine Frida Kahlo (orientation : surréalisme, philosophie féministe, autobiographie, psychanalyse et intermédiarité). Elle est titulaire d'une Maîtrise en Littérature comparée à l'Université de Montréal (Québec, Canada) et d'une Licence en Études anglaises a l'Université d'Athènes (Grèce). Elle a déjà présenté des communications en français et en anglais dans plusieurs conférences au Canada et en Europe.

Styliani Kokkali publie aussi des études critiques (comptes-rendus et articles) sur la littérature et l'art du XXe siècle dans des revues et des ouvrages américains et européens. Actuellement, elle vit et travaille comme prof de français et d'anglais à Athènes (Grèce). Les poèmes ci-dessus proviennent de "Réécriture" (un ensemble de poèmes qui réécrit en poésie la théorie de Simone de Beauvoir).

 

 

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Les Gamines

 

 

 

Isabelle de Champchesnel

 

 

 

Parties dès l'aube sur des kilomètres arides, les gamines

Chaussées de mauvaises semelles et vêtues de laines avachies,

Portent des seaux, des sacs et des oiseaux vivants.

Sous les cris d'une grande sœur malhabile

À les convaincre de l'urgence de l'entreprise,

Elles râlent mais crapahutent,

Elles traînent mais avancent vers la ville,

Où personne au marché ne les attend.

La montagne est leur pays.

Elles en viennent, elles y vont, elles y vivent.

Majestueuse et large, la montagne n'est pas un lieu de consolation

Même quand après les corvées domestiques et les travaux des champs

Dans un dernier voyage jusqu'au puits,

Elles posent l'eau et regardent s'enflammer,

Autour d'un soleil rouge,

Le ciel et les sommets miraculeux.

 

Quand après six heures de trajet

Elles trouvent une place au marché,

Elles s'assoient, pour un temps tranquillement,

Et goûtent les rumeurs de la ville.

La ville n'est pas un lieu de tentation

Malgré leur curiosité qui s'exerce

Et les découvertes sensationnelles qui passent devant elles et leur sourient

Et dont, effarouchées, elles rient ensemble et se nourrissent

comme de la meilleure pomme à croquer que la vie leur ait donnée.

 

L'argent ne tombe pas du ciel !

Et le pauvre étalage ne se vide guère

Et jamais qu'au bout d'âpres discussions menées par la soeur aînée.

Elles vont devoir dormir là,

Sur le territoire de la foire,

Sous un arbre, contre une pierre,

Se réchauffant aux épaules de l'autre,

Dans leurs maigres gilets de laine,

Des sacs sur les genoux.

À la Grande Ourse, leur auberge !

 

Mais quand la veille d'une fête,

Alors que les fours ont été bien remplis

Et qu'apaisée d'avoir tout accompli

Leur marâtre de sœur s'est adoucie,

Les gamines se taisent,

La regardant tracer dans la farine les lettres

Des mots qu'elles disent,

Et admirent, comme une magie,

Passer de l'oral à l'écrit,

Du son à la forme,

Leurs noms,

Les objets qu'elles désignent,

Les choses qu'elles évoquent.

Même MAMAN peut s'écrire,

Même leur drame se trace, se lit et peut enfin se dire.

Et chacune essaye à son tour

D'écrire dans la farine son amour.

 

 

Pour citer ce poème

Isabelle de Champchesnel, « Les Gamines  », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques ; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012.

 URL. http://www.pandesmuses.fr/article-les-gamines-111004071.html/URL. http://0z.fr/JFtFk      

Auteur(e)

 

Isabelle de Champchesnel

 

 

Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
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Poèmes reproduits

 

Les examens et les bébés

  
&

Quand elle peut, ma fille me donne un peu 

 

 

 

Anne-Marie Reine Le Pape

 Extraits reproduits du recueil Je veux juste être tranquille  

avec l'aimable autorisation de l'auteure

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518d7jcP8YL._AA278_PIkin4,BottomRight,-52,22_AA300_SH20_OU08_.jpg 

 

Les examens et les bébés

À l’Université 

nous nous sommes rencontrés

nous nous sommes vite mariés.

Les examens et les bébés

m'ont vite fait abandonner.

Tes astreintes à l'hôpital

tes consultations dans le privé

les urgences à assurer

tu m'as laissée tout assumer

ta famille tu as oublié.

Dans le milieu j'ai perdu pied

à tes yeux j'ai rétrogradé

des nouvelles thérapies tu ne m’as plus parlé

avec tes associées tu m'as trompée

en congrès tu en as profité.

À coups de poings tu objectais et tu niais

comme une souillon je me sentais

dans notre maison tu m'enfermais

les enfants, alors, tu véhiculais

des prescriptions tu me signais

de pommades tu me badigeonnais.

Mon enfance je me rappelais

étant malade on me dorlotait

tes attentions me consolaient

tant de visites par jour me réchauffaient

puis s'estompaient, puis reprenaient

puis s'estompaient, puis reprenaient.

Mon visage tant de fois pommadé

ne devrait pas être ridé.

De la distribution à la décoration

j'ai tout pensé dans notre maison.

Pour moi seule tu as redistribué

dans la chambre du fond tu m'as affectée.

Notre maison ne m'a pas comblée

vaste salle d'attente pour impatiente patiente.

De mon addiction tu n'as rien vu

jusqu'à une arrivée imprévue.

 

En cure de désintoxication tu m'as placée

une nourrice tu as engagé

d'une interne tu t'es entiché

notre maison tu lui as fait visiter

les enfants tu lui as présenté

à ma place tu l'as placée.

Un avocat tu as engagé

au juge les enfants tu as demandé.

Nos enfants que j'ai élevés

que j'ai toujours entourés

lors des droits de visite ne peuvent s'apaiser

du peu de temps ils veulent tant profiter

que contre moi ils viennent s'allonger.

Le montant de ma pension est élevé

mais pas suffisamment pour me reloger.

La moitié de la maison est à moi

tu me la dois

c'est la loi mais pas ta loi.

Quinze ans de sacrifice

quinze ans à ton service

pour me retrouver dans une chambre de service

est-ce que c'est logique ?

La nourrice tu as congédié

L'interne tu as vite épousé

les examens, nos enfants et son bébé

l'ont vite fait abandonner.

 

 

 

Quand elle peut, ma fille me donne un peu 

 

On m'a retirée de l'école

pour aller vendre des bricoles

le doux commerce des guenilles

c'est pour ton avenir, ma fille.

Mon mari avait une addiction

qui dévorait les allocations.

J'obtenais quelques petits deniers

des fripes gardées les mois derniers.

Par la vitre du café je le voyais

toujours concentré sur ses mêmes journaux

le peu de courses qu'il ramenait

décevait autant que ses chevaux.

J'ai ouvert un compte à mon nom

pour transférer les allocations

C'est moi l'homme, qu'est-ce que tu crois ?

Je sais pas, ça veut dire quoi ?

Que de tracas pour une seule fois

je continuerai à me débrouiller sans toi.

La pendule de ma mère

qui patiente chez " ma tante "

compte les heures

et ça me hante.

Mes enfants sont ma seule fierté

tous ont fini leur scolarité.

J'ai tout fait pour qu'ils mangent à leur faim

mais aujourd'hui, c'est moi qui ai faim.

Quand elle peut

ma fille me donne un peu.

Je ne leur demande jamais rien

les cadets ne s'inquiètent de rien

je suis restée leur mère courage

mais j'ai plus l'âge.

 

 

Avec quoi pourrais-je payer mes traites ?

Je n'ai rien versé à Caisse Retraite

elle me le rend bien

elle ne me verse rien.

Tout ce qu'on m'a appris

c'est vendre des bricoles

finalement, ça m'a servi

et desservi.

Même en cherchant ce qu'il me reste

je n'ai plus rien à vendre

alors je peste

je me déteste.

Sur le marché des breloques

c'est combien pour cette loque ?

 

À la Bourse, c'est l'euphorie.

Un tel trésor, c'est à quel prix ?

Une femme comme elle

ça vaut de l'or !

Valeur refuge

c'est mieux que l'or :

l'or, dans les mines il faut descendre

les mères courage sont déjà là

à nous attendre.

Dès création du titre " Mère courage "

ça déménage !

Les cotations s'envolent

les traders se passionnent

l'économie est délaissée

mieux vaut ne pas laisser passer

le cours ne pourra que monter monter

la loi de la Bourse est bouleversée

j'achète, encore, encore.

L'indice Nikkei

est en éveil

 

Hong Kong

termine.. hong, hong

l'indice Footsie

a le tournis

Euro stoxx

croit à l'intox

à mi-journée, le CAC 40

...séance éreintante

l'indice Nasdaq

prend des claques

à la clôture de Wall Street

jamais connu un pareil trip ! 

 

 

 

Pour citer ces poèmes

 

Anne-Marie Reine Le Pape, « Les examens et les bébés  » & « Quand elle peut, ma fille me donne un peu » (extraits reproduits du recueil Je veux juste être tranquille avec l'aimable autorisation de l'auteure du recueil), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques ; n°0|Événement poétique : « Un pan de poèmes pour Toutes à l'école », automne 2012, mis en ligne le 11 octobre 2012. URL.http://www.pandesmuses.fr/article-les-examens-et-les-bebes-quand-elle-peut-ma-fille-me-donne-un-peu-111004521.html/URL. http://0z.fr/l9qyA     

 

 

Auteur(e)

Anne-Marie Reine Le Pape, Anne-Marie Le Pape est avocate. Sous le nom de plume d'Anne-Marie Reine Le Pape, elle a publié Je veux juste être tranquille, recueil de 25 textes sur la violence conjugale, en ebook (gratuitement téléchargeable ce jeudi 11 octobre 2012 sur le site Amazon en l'honneur de la première journée internationale des filles (ici).

Site : blog.jeveuxjusteetretranquille.net/  

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L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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