21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 10:46

 

Critique & réception

Cuisse froide


 

une exposition de Laure André

 

à la Galerie Bertrand Gillig

 

de Strasbourg

Françoise Urban-Menninger

Rédactrice de la revue LPpdm et membre de la SIEFEGP

Responsable de la rubrique Lettres & Arts

© Crédit photo : Cuisse froide, une exposition de Laure André à la Galerie Bertrand Gillig de Strasbourg, voir url :

http://www.bertrandgillig.fr/IMG/arton256.jpg?1457432311

 

Diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Laure André poursuit un travail singulier dans lequel le corps est appréhendé à l’aune du quotidien, du médical et du religieux sur le mode d'un ésotérisme très personnel.


Autant dire que dans les œuvres de l’artiste, le profane et le sacré ont partie liée ! La série « couvre-feu » plus particulièrement dédiée au corps féminin, en est l’un des meilleurs exemples. Dessinées au bic bleu, des nonnes vouées à l’abstinence, crient leur désir sous leur robe qui s’ouvre sur une fente béante. Leur sexe qui bée n’est autre qu’une deuxième bouche, protubérante, dentée, affamée…

Sous le signe récurrent de la blessure et de la disparition, Laure André poursuit un inlassable questionnement sur l’empreinte, les souvenirs des défunts, leurs prolongements à travers les actes de dévotion.

Sur les médias les plus improbables tel l’organdi de soie,  elle pique et brode à petits points serrés les liens ténus qui font tenir ensemble dans un même espace, à la fois tangible et conceptuel, les vivants et les morts.

Une broderie fine sur une hostie ou sur des pétales de monnaies du pape nous renvoient à cette aiguille du temps qui faufile ou surfile notre vie, l’entrelace à notre mort.

Laure André n’hésite pas à prendre pour support des garnitures hygiéniques, suprême tabou qu’elle fait voler avec grâce et éclat, par le biais de minutieuses et subtiles broderies.  On songe inéluctablement aux images pieuses brodées ou aux canivets, voire aux ex-voto... Et voilà rapprochés dans notre imaginaire, le sang du Christ et de tous les saints avec celui des menstrues nous renvoyant inéluctablement à cette blessure originelle qui creuse en nous le sillon du deuil, de l’absence et de la perte.

L'infinie précision que Laure André apporte à chacune des ses œuvres génère un sentiment d’aboutissement dans lequel on appréhende dans le même temps, le merveilleux, l'indicible et cette angoisse inextinguible d'être au monde qui n'a de cesse de ronger notre âme et notre esprit.

 

Voir également :

 

Exposition jusqu'au 9 avril

 

url : http://www.bertrandgillig.fr/spip.php?article256

 

Galerie Bertrand Gillig

11, rue Oberlin à Strasbourg

www.bertrandgillig.fr

« Le travail de Laure André est très riche de significations. Elle se définit elle-même comme plasticienne, exerçant son art sur tous types de médias, dont les plus incongrus, comme des pétales de monnaies du pape, des hosties, des boites d’entomologie, des napperons, des robes, etc … elle a même crée des œuvres en chocolat moulé. Son travail se construit autour de la mémoire et de l’empreinte : souvenirs des défunts, des objets qui leur ont appartenu, de la trace de leur présence sur Terre… et sa perpétuation à travers les actes de dévotion. De ceci découle un exercice plastique sur la mort et sur la peur de la blessure et de l’accident où la notion d’apparition/disparition est omniprésente. Laure André s’ingénie à trouver la technique adéquate à chaque idée artistique pour servir cette direction : carton piqueté à l’aiguille pour figurer la mémoire de gueules cassées, organdi de soie pour suggérer la fragilité de l’enfance et pour créer des effets de dédoublement, broderies sur des hosties pour exprimer la préciosité, gravure sur lentille de verre pour engendrer des ombres… L’univers de Laure André n’est pas purement conceptuel, car elle s’attache à créer des œuvres "finies", à la conception technique réfléchie, empreinte d’une minutie du geste et d’un esthétisme très recherché. Voir l’installation à la galerie lors de l’exposition personnelle de Laure André en mars-avril 2014 » (cf. Galerie Bertrand Gillig de Strasbourg, url : http://www.bertrandgillig.fr/spip.php?article217

 

Pour citer cette critique

Françoise Urban-Menninger « Cuisse froide, une exposition de Laure André à la Galerie Bertrand Gillig de Strasbourg »Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 21 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/laure-andre-galerie-bertrand-gillig-strasbourg.html

 

 

© Tous droits réservés Retour au sommaire  
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm

Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une