27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 11:56

 

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Critique & réception | Poésie & musique | Muses au masculin

 

 

 

 

 

Une trilogie poétique pour un ténor

 

 

à la voix d’airain : Jonas Kaufmann

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© Crédits photos, Couvertures illustrées  de la trilogie poétique pour Jonas Kaufmann. 

 


 

Mélomane accomplie, Christine Chatillon a rendu un hommage bien mérité au ténor allemand Jonas Kaufmann dans une trilogie poétique « La plume et la colombe », « La voix d’airain » et «  Au cœur du chant » BOD, 2020.

 

 

© Crédit photo, Couverture illustrée du dernier volet de la trilogie poétique pour Jonas Kaufmann. 

 

 

Ténor à la voix exceptionnelle, Jonas Kaufmann n’est pas moins inspirant. Aussi se fait-il « colombe » sous la plume de Christine Chatillon, émerveillée par sa voix inégalable. L’auteure se réfère à la signification de son prénom  voulant dire : « colombe » en hébreu. Aussi considérait-elle le ténor comme une épiphanie, comme un insondable mystère. Dans « La plume et la colombe » (p. 53), nous lisons :

 

 

Cette voix m’appela comme un commencement,

Un cristal noir venait briser ma chrysalide ;

Un souffle me portait, j’étais une sylphide…

De cette belle voix, je naissais lentement.

 

 

Le lyrisme de la voix de ce prodige tombé du ciel induit la ferveur de l’âme de la poète et elle le mystifie si bien qu’elle semble le comparer au personnage biblique du même prénom, aussi s’exclame-t-elle encore dans   « La plume et la colombe » (p. 25) :

 

 

Jonas, héros biblique au doux nom de mystère

Jonas, qui ignore être Muse de mes vers… 

 

 

La force de ses mots est manifeste. Elle dénote la profondeur de la voix du ténor que la poète radiographie à l’aide de ses alexandrins.

Le ténor possède cet art phénoménal qui sait déclencher chez cette admiratrice des cascades d’émotions  qu’elle consigne dans un poème de «  La voix d’airain » (p. 24). 

 

 

Lorsque la Terre chante, Jonas en est l’âme,

Car Jonas est larmes, Jonas en est cri.

Mes pleurs sur mon visages coulent sans un bruit :

Mahler ressuscité revient en une flamme.

 

 

C’est la voix d’un messie tant attendu, d’une icône, objet de vénération emplissant l’âme de la poète, colmatant les brèches laissées par les jours moroses. Et encore dans « La voix d’airain » (p.55), elle avance :

 

 

Il est né, cet Élu que la vie attendait.

Jonas nous offre l’or du héros, et de fait,

Dans nos cœurs bat son chant comme en une amulette. 

 

 

Il est ce « singulier chevalier » qui nous offre le Graal de la musique par sa voix d’airain de ténor unique en son genre.

Le dernier volet de la trilogie, intitulé « Au cœur du chant » est en quelque sorte le reflet de ces temps troublés où les concerts en public sont annulés et remplacés par des concerts virtuels sans public. La mélomane est en empathie avec le ténor confiné donc réduit au silence. Elle exprime son ressenti, son manque, manque qui aiguise quand bien même sa créativité. Manque que laisse cette voix amie qui la berçait d’espérance (p. 44) : «  Jonas, ton chant nous manque inévitablement ! » Subjuguée par cette voix qui la faisait renaître indéfiniment et réduite au silence, elle lance (p.50) :

 

 Lorsque ta voix chante, elle mène aux confins

D’un monde qui se tait.

 

Ou encore : 

 

J’en appelle à Jonas, j’en appelle à la beauté

De sa voix de velours, qui réchauffe les cœurs

 

À la page 56 nous pouvons aussi lire :

 

Voici venu le temps du manque insupportable

Le corps dont l’âme est faite a besoin de présence,

Lui qui, pour préserver sa mystique constance,

Est prêt aux longs voyages, qui maintiennent stable

 

Christine Chatillon ne tarit pas d’éloges pour son ténor favori aussi le pare-t-elle de tant de qualificatifs comme : « maître chanteur »,  « phénomène puissant », «  précieux oracle »,  « singulier Tabernacle ».

 

Christine Chatillon évoque dans cette trilogie un ténor hors norme et met en évidence la complétude de son art.

 

 

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

 

Maggy De Coster​​​​« Une trilogie poétique pour un ténor à la voix d’airain : Jonas Kaufmann », recension inédite, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 27 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/mdc-trilogiepourkaufmann

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour au sommaire de la Lettre n°15 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm

Publications

 

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

Rechercher

À La Une

  • Megalesia 2021
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE SON FESTIVAL EN LIGNE Megalesia édition 2021 du 8 mars 2021 au 31 mai 2021 © Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, "La Tendresse", no 1, Collection "dame nature", acrylique, peinture. Festival numérique, international...
  • Table de Megalesia 2021
    Table de Megalesia 2021 Édition 2021 du 8 mars au 31 mai Festival International & Multilingue des Femmes & Genre en Sciences Humaines & Sociales En partenariat avec la Société Internationale d'Études des Femmes & d'Études de Genre en Poésie (SIÉFÉGP)...
  • Les couleurs, À Cloris, À Tircis et à Cloris...
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques Les couleurs, À Cloris, À Tircis & à Cloris & À ma patrie Mlle Poulain de Nogent Texte choisis, transcrits & remaniés par Dina...
  • Le bricoleur des mots
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Muses au masculin Le bricoleur des mots Claude Luezior Site personnel Crédit photo : Paul Cézanne, "Le rêve du poète", Commons, domaine public. N'étant pas grand clerc, je me mets à la chasse des fautes d'orthographe,...
  • No 1 | O | Les figures des orientales en arts et poésie
    PÉRIODIQUES | REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Les figures des orientales... Les figures des orientales en arts & poésie © Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, "Tendrement vôtre", peinture. Crédit photo : Mariana Marrache (1848-1919), auteure et poète syrienne,...
  • Fille du désert
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques Fille du désert Corinne Delarmor Crédit photo: Paul de la Boulaye, une orientale, tableau orientaliste, domaine public, Wikimedia. Fille du désert, Danseuse aux pieds nus, La peau ambrée, Le...
  • Chronique d'occupation de L’Odéon. Lulu Van Trapp
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Articles & témoignages Quatrième épisode du reportage-feuilleton d'Occupation du Théâtre de l'Odéon Chronique d'occupation de L’Odéon. Lulu Van Trapp Mustapha Saha Sociologue, poète,...
  • Mother nature, The robin, The butterfly's day...
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Astres & animaux | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques Mother nature, The robin, The butterfly's day, The bluebird, April & My rose Emily Dickinson Texte choisis,...
  • Devine le printemps, devine... et Épitaphe
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Muses au masculin Devine le printemps, devine... & Épitaphe Claude Luezior Site personnel Crédit photo : Tunnel de verdure, Wikimedia, domaine public. Devine le printemps, devine... l’espace au-delà des contingences...
  • Gothique
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Croyances, religions & mysticismes en poésie Gothique Claude Luezior Site personnel Crédit photo : Image de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, Wikimedia, domaine public. Gothique cathédrales bras encore vivants...