31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 


 

À deux, A G. A, Âge mûr    

 

 

Dormir, Je Vous

 

&

Quand le temps viendra  


 

 

 

 

LASA 

 

 

 

À deux

 

 

 

Et la routine cynique

Chacun fait de son mieux

Amour sans l’amour

Pour les enfants

En toute sincérité



 

A G. A


 

L’angoisse de l’amour te serre le gosier

Et te pourrit l’estomac

Sans aveu

Vomi

Le regret d’être aux prises d’un vouloir

Qui déchire sans étreindre

Qui assoiffe sans extase

Encore le temps

Dans l’œil du geai

Rare

En jambes en l’air

Jet peur

De la fadeur qui s’enlise

Dans la tristesse d’un printemps

Qui recommence comme avant 

Cache cache

 

J’y suis

Je n’y suis pas

Enfermée dans une coquille de pluie

Je ne dirai rien

Qy’as-tu lu dans ma voix cru

Elle fouille dans mes yeux

Elle fouille dans ma bouche

La langue en vain

Ils mentent

Traîtres paresseux

Quand il faut décider

   

Âge mûr

 

 

 

Assis sur une chaise

Les bras ballants les mains croisées

Ils fixent le mur

Le mur qui n’est pas crépi

Il va falloir le faire pour que la maison ait l’air fini

Ils sont devant le mur

Fixent les plantes

Les bras ne sont pas mous, pendants

Parce que c’est ailleurs que cela se passe

Dans les fleurs

Sur la pelouse

En ce début de printemps

Il n’y a pas encore de fleurs

Alors que fixent ils

Leurs souvenirs d’herbe et de fleurs

Le mur qu’ils ont crépi il y a longtemps

Quand eux aussi ils ont acheté

Une autre petite maison

Pas comme ils auraient voulu

Dans leurs bras tendus

Passent les souvenirs et les espoirs déçus

Les regrets et les remords aussi

Le mur qui n’est plus dans leurs yeux

Contents d’être là assis

Eux aussi un peu décrépis

 

 

Dormir

 


Dormir c’est mourir un peu

Oui mais quand le ciel bas et lourd

M’oppresse et m’obscurcit

Quand il fait froid et que le couvercle

N’écrase plus suffisamment l’angoisse

Qui se réveille part de l’estomac

Remonte jusqu’à la gorge

Crée des décharges électriques

Dans les jambes

Qui refusent et distendent le corps

Jusqu’à ce que les yeux pleurent

En silence

Pour ne pas qu’on voit

« dis maman, qu’est ce qu’on fait quand on est mort ?

On fait rien, mon cœur

Dis maman, pourquoi ils ne se lèvent pas les morts

Ils peuvent pas, mon chéri

Mais maman, on dirait qu’ils dorment

 

 

Je Vous

 

 

Exténué

Inabouti

Un pari de circonstance

Circonspect

Tu moi

D'ambiguïté, de jalousie de trahison

Sans nous

 

 

 

Quand le temps viendra


 

J’aurais souhaité que vous fussiez là pour moi

Râlé de vous croiser sans en avoir le temps

Rêvé que vous me sentiez dans vos bras au temps

Des vendanges tardives : pensez-vous à moi ?

 

Songez-vous à un nouvel espace sans loi

Sondez une Amérique à son corps protestant

Des choix, des projets, des colères molestant

Une vie rangée, une famille aux abois

 

Ramer jusqu’à l’autre rivage, je n’ai su

Géraniums et glaïeuls ont de quoi rassurer

Lire, attendre, de mots être enfin repue

 

Sans qu’un je-vous n’ait de nécessité

Buvez le philtre d’un amour dépassionné

64 nuits à culpabiliser


 

 

Pour citer ces poèmes


LASA, « À deux »,« A G. A », « Âge mûr »,     « Dormir », « Je Vous » & « Quand le temps viendra » (extraits du recueil en cours de rédaction intitulé Poèmes bandés), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-age-mur-a-deux-a-g-a-dormir-je-vous-quand-le-temps-viendra-111624204.html/Url. http://0z.fr/bhcJW


 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent


http://crphl.univ-pau.fr/live/membres-CRPHL/Bedouret


http://www.amazon.fr/Saussure-peut-il-aider-penser-littérature/dp/2353110304/ref=sr_1_4?s=books&ie=UTF8&qid=1351068789&sr=1-4


Auteur(e)


LASA (nom de plume de Sandrine Bédouret), est maître de conférences à l'Université de Pau en stylistique et linguistique. Elle est spécialisée en poétique et poésie contemporaine. Elle a récemment publié un ouvrage Gaspard de la nuit aux éditions Atlande. Sandrine Bédouret a également dirigé la publication des actes du colloque Jacques Ancet (Jacques Ancet ou la voix traversée, aux éditions du Grand Tétras), elle a écrit de nombreux articles de poétique sur Aloysius Bertrand, Paul Claudel, Raymond Queneau, Aragon, Antoine Emaz, Henri Meschonnic, entre autres...

 

 

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