10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

Poèmes

 

Face à la vague/hanami for a tsunam,


L'âme lyre (lyrics)

  

  

 

Silent tears

Marie Gossart 

 

 

 

Préambule

 

Le thème du Printemps des poètes s'articule cette année autour de la VOIX. C'est pour moi le sens même du poème. Porter la voix. Mettre des mots sur ce qui reste sourd. Les faire chanter hors de nous pour qu'ils nous rejoignent, très profondément, à l’intérieur. Voici quelques mots que je voudrais dire. Ils sont de Marguerite Duras, dans ÉCRIRE (Éditions Gallimard).

« C'est curieux un écrivain. C'est une contradiction et aussi un non-sens. Écrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. »


Écrire, porter la voix. De ceux qui n'en n'ont plus. De ceux qui ne peuvent pas ou plus parler. Murés dans la douleur, le trauma.
 

Il y a deux ans, le 11 mars 2011, avait lieu un tsunami qui a provoqué la plus grande catastrophe nucléaire au Japon après Hiroshima. Cet événement m'a affectée. J'ai vécu tout près, à Tokyo, il y a quelques années. Je connais la difficulté des Japonais à dire ce qui les touche, les émotions qui les traversent. Je n'ai pas pu, pas su voir une image de la catastrophe pendant les 3 jours qui ont suivi. Quand je l'ai fait, le 14 mars, j'ai comme hurlé les mots du texte « face à la vague-hanami for a tsunami ». Ces mots je les écrivais pour eux. Pour porter leur peine. Être leur voix. La date d'aujourd'hui, le 13 mars, me pousse à lire ce texte à nouveau.

Ma voix pour leur voix.


Tous mes remerciements à la revue Le Pan poétique des muses qui permet à de nombreux auteurs, femmes, d'avoir un porte-voix justement.

 

 

 

 

Face à la vague/hanami for a tsunami

 

(tribute to The dead and alive in Japan)


  
 

À l'horizon

Je la vois venir vers moi

Cette vague


 

La terre tremble

Jusque dans mon corps

Mais mes pieds sont enracinés

Rivés,

Incapables de bouger


 

La vague vient


 

Avec le bruit qui grandit

Mon coeur se serre

Tandis que mes lèvres se plissent, sourient


 

Autour de moi

Les meubles tombent

Les enfants crient

Le soleil même

Se noircit


 

Et le vent monte

Comme poussant la vague

Qui je le sais

Va m'arracher

Au sol, cet endroit de ma vie


 

Impossible de monter sur le toit

Les murs s'effondrent

Il ne reste plus

Que moi


 

De la plante de mes pieds

Remontent les secousses

Mes yeux se retournent

Ma bouche désespère

S'ouvre, cherche l'air


 

De gauche à droite

De bas en haut

L'espace tangue

Avale ce que le petit temps

Avait pu créer, misérablement


 
 

Mon coeur

Mon coeur enfin se décroche


 

Je le vois qui tombe

Au devant de moi

Eclabousse d'écarlate

Ma chair, mes pieds...mon sang


 

Mon coeur tombe


 

Détaché

Je peux enfin le voir battre

Vivre

Comme glorieux, libéré


 

Secoué, mon corps continue

De trembler de se lézarder


 

Bientôt

Je verrai ma peau fondre

Bientôt

Je pourrai enfin caresser

Mes os, blancs de sommeil

Resplendissants, immaculés


 

Bientôt

Je pourrai les toucher

Les masser, les laver

Les caresser, les bichonner

Mes os,

Comme un arbre dressé

Entre la terre et le ciel

Arbre vivant

Squelette de la beauté


 

Le vent souffle

Arrache mes cheveux

Mes pensées déjà

Sont inscrites au dedans

Sous la croûte de la Terre qui

Tremble et vole l'azur du repos à la mer


 

Face à la vague

La poussière tombe

La pluie est grise

Mon coeur qui bat

Sur l'asphalte

Catapulté hors de moi


 
 

Mon coeur qui bat

Est cette lumière

Ce rouge vermillon

Qui crie au scandale

Qui violemment s'étale


 

Vermillon rouge roule

se répand, implose étal

 

Face à la vague

Voici mon coeur

Qui se propose

Recouvre tous nos corps

De sa force

--------------------

Et de mille pétales.





Poème écrit le 14 mars 2011

 


L'âme lyre (lyrics)




J'ai l'âme lyre

Laisse moi te le dire

Dans un sourire

Une caresse

Un silence

 

Ou un soupir

 

J'ai l'âme lyre

Il suffit que je me penche

Et je respire

Tes baisers

Tes larmes

Tes désirs

 

Un coup de patte

Et je pisse

Comme un chien

Laisse mon empreinte

Invisible

Charmante

Sur tes fesses

Tes seins

 

Je voudrais prendre mon, ton temps

Accorder nos rythmes

Nos vies

Notre musique

J'ai l'âme lyre

Laisse moi te le dire

Te l'écrire

 

Où est l'amour?

Là, sous tes ongles

Tes doigts faits de velours

Dans cette couverture

Cette grotte chaude

Pleine de nos rires

Folle étendue

Terre de désirs

Sans cesse

A conquérir

 

J'ai l'âme lyre

Laisse moi te le dire

Dans un sourire

Une caresse

Un silence

 

Ou un soupir.



  Poème écrit en 2011


 

Silent tears




How many nights

Did I cry

In silence

...................

Silently crying

Oblivious in the morning



How many times

Did I cry in silence

Burying my tears

Closing my eyes

As sun rises

..........

Silently crying

Oblivious in the morning



How many days

Did I walk or run on my side

As if drunk, crying inside

.............

silently crying

Oblivious in the morning



How how how

Is this the sound of pain

The sound of love

Escaping my veins

 

Is this the sound

How how how

Of silent tears

Heading back to my ears






How many nights

Have I been crying

Crying silently

Surrounded but so lonely



As love or is it hope

as it escapes me

As it escapes me

Listen to the sound

The sound of my silent tears

 

............................my silent tears.



Poème écrit le 23 novembre 2010

 

 

Pour citer ces poèmes


Marie Gossart, « Face à la vague/hanami for a tsunam (tribute to The dead and alive in Japan) », «  L'âme lyre (lyrics) » & «  Silent tears » (poèmes précédés par un préambule), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-face-a-la-vague-hanami-for-a-tsunam-l-ame-lyre-lyrics-silent-tears-116293700.html/Url.http://0z.fr/eWC9u

 

Auteur/Autrice


Marie Gossart, née en France en Avril 1969. Elle tombe en poésie quand elle a 5 ans, moment où elle découvre aussi la musique, les arts plastiques et la danse. Plus tard, elle étudie à Sciences-Po Paris et devient publicitaire, chargée des stratégies de communication pour de grands annonceurs.

Après un long moment, et la naissance de deux enfants, Marie Gossart part vivre deux ans à Tokyo, y retombe en écriture. Elle écrit en français, et en anglais, son “autre” langue. De retour à Paris en 2008, elle s'intéresse particulièrement à l'écriture plastique et sonore de la poésie, y compose depuis des poèmes et des paroles de chansons. Depuis 2012, elle travaille l’écriture de fictions pour le cinéma et la télévision (court et long métrage). Premières publications au printemps et à l'automne 2012 dans la revue Le Pan poétique des muses

 

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