23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 


 


 

Une Lyre du temps

 

 

 

 


Je n’écris plus comme avant,

Je murmure des mots émouvants

Au je féminin de mon être.

Je n’écris plus comme avant,

J’emprunte le ciel touffu

Et en fabrique des tas de plis,

Je me replie sur moi-même.

 

 

 

 

J’embellis l’espace des tracas poétiques tressés au creux du langage,

Là où les sens se propagent, puis s’engagent dans le tourbillon des rêves…

Une diaule apparaît et façonne la glaise…

 

 

 

Quand la diaule s’empare de mon corps,

Le cor des supports qui blesse,

Je me nomme en Esse

Et je m’oublie en Isme.


 

Quand la diaule s’envole,

Les larmes exultent et triomphent de moi.

Toi, tu es…

La diaule des jours, l’enfant qui ne viendra plus,

L’instant qui enlace les larmes

Puis les macère dans l’air…

 

La mort est là…

Palpitante, agaçante, repoussante, aimante…

La mort est là…

Un trop-plein déguisé en trompe-l’œil,

Un essor du support qui suit mon être là où il ne peut plus être.

Un presque rien formé de presque tout.

 

 

Si les mots s’attirent comme des aimants, l’effort poétique reste la chaîne qui les enchaîne dans le langage.

Les mots dégoulinent du moi, ressassent l’histoire du vivant, défait ses cultures puis happe son essence quand la balance ne génère que des chiffres…

 

 

 

Une larme en mot fragile frappe à ma porte, entre puis se loge au fond…

La diaule enchanteresse fait des prouesses et déclanche des torrents d’émoi.

La mort est là…

Belle, charnelle, palpitante, parlante, fatale,

Secrète, muette, en quête du sens de la vie.

Je vis en cor mais elle aussi,

Vit en moi.

Sans les mots, j’erre sur Terre

Je pèse les sens sur la balance éphémère du temps,

Puis je m’émeus du vent…

 

 

 

 

 

 

  [Poème inédit]

 

L’Après

 


 

 

En papyrus le je sort de mes moi

J'erre sur Terre

Malade d’être moi-même

D’être des sources de souvenirs ruisselants

En larmes de crocodiles

N’être qu’un être

Qui naît pour mourir

Et entre temps, souffrir…

Lasse de temps des regrets,

Qui se propulse en reflets

Saillants sur le visage

Il m’engage dans les rouages

Des lassitudes…

 

N’être qu’un être

Qui naît pour mourir

N’être que ses soupirs

Traduits en sourires

Pourquoi naître si ce n’est

Pour mourir de l’auparavant

Du temps…

L’Après m’appelle de son au-delà :

Viens, viens, enfin,

Viens.

Ô Petite fille de mon lendemain

Si futile, viens enfin…

 

 

 

 

 

 

[Poème inédit]

 

Méduse

 

 


 

 

Disons adieu

Pars et laisse mon corps

Sur son nouveau support

Un morceau musical rendu fatal

Pour lui-même.

 

Disons adieu

Le temps s’écroule

Noue la gorge nue,

D’une femme éphémère

Sévit au sein de l’enfer

Et qui, derrière le voile sommaire

De l’omnipotent Chronos,

Décompte en silence ses maux.

 

Disons adieu

Veux-tu

On dit d’elle qu’elle

Selon le mystère divin,

De je ne sais quel dieu,

Rend maudit celui

Qui la voit sourire

Et jeter un regard avare

De ses deux yeux barbares

Sur tout ce qui l’entoure.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour citer ce(s) poème(s)




 

Dina Sahyouni, Une lyre du temps, L'Après, Méduse , in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/Fsy-y                                ou   URL. 

 

 

 

 

 

 



Pour visiter le site de l'auteur(e)


   
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Auteur(e)

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

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