23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

Les Dessous du langage

 

 

 

 

 

 

 

Louis Latourre


  version adaptée pour la revue et publiée avec l’aimable autorisation  de l’auteur

 

 

 

 

 

 

 

Sous Le pan poétique, les dessous du langage. Le numéro 0 tombe au point de krisis, ce point du jugement, d'une décision à prendre... Il est temps de trancher. Poésie et crise, poésie et jugement, art, langage, résolution.

 

Descendons prudemment au cœur de la question. Épargnons-nous l'ennui d'une pression verbale excessive. Respectons et marquons les paliers successifs, tel ce : Qu'est-ce que parler?

Ou bien :Qu'est-il possible à l'homme d'exprimer ?

 

Ou, non moins radical : Qu'avons-nous fait de nos langues ?

Qu'avons-nous fait de nos langues, nous humains, depuis ce dernier million d'années ?

 

Les dessous du langage ont des chemins étranges, peu fréquentés sans doute, peut-être trop abrupts. Difficile de forcer la surface des phrases ; de nous en arracher à l’usage réflexe, ordinaire, inconscient.
Nous parlons constamment, - que ce soit en nous-mêmes, remâchant sourdement notre faim de paroles, - que ce soit vers autrui, poussant par le diaphragme notre soif d’exprimer.

Nous parlons : l’attention est captée, la foi dans le discours, le crédit accordé à ce bruit, mots, syntagmes.

Nous parlons, et le sens prend le pas sur le son, l’entendement sur l’ouïe. Le monde des images fécondé par les mots se substitue au monde, la signification fait oublier le signe.

 

Nous parlons, écoutons… Nous venons à répondre. Le moyen de marquer un arrêt, un écart ? Le moyen de sortir de cet automatisme, - sans risquer le vertige ?

Je cherche autour de moi, ce samedi d’octobre[1], quelque point de départ, quelque appui extérieur d’où lancer l’étrange exploration des dessous du langage, - soit un appui technique, qui se donne si possible hors du seul champ littéraire. J’aperçois à l’instant (le ciel m’est favorable) parmi ceux de Byron réunis dans la salle, mon ami Claude Fougères. Je l’invite aussitôt à prendre la parole. La double anecdote qu’appelle sa présence ne saurait mieux ouvrir ni servir mon propos.

L’ingénieur du Centre d’Etudes Nucléaires de Saclay, spécialisé dans la radioprotection, va nous conter d’abord une fièvre surprenante : celle dont un jour de printemps 1986, les instruments de contrôle de son laboratoire lui semblent soudainement saisis… Il entend, il sent même vibrer tous les compteurs, capteurs et détecteurs qui l’entourent. Les voyants rouges clignotent ; les aiguilles s’affolent. Que dit cette confusion ? Le nuage radioactif provoqué par l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl passe sur l’Ile-de-France, et traverse Paris. L’ingénieur aussitôt prévient le ministère qui l’invite, aussi prompt, à garder le silence : l’information pourrait troubler l’ordre public. (Claude Fougères reste donc - restera pour l’Histoire ! - le premier homme en France averti et conscient de la gravité de l’événement…)

Nul cadran maintenant, ni radar ni relais de senseurs (ni censure - officielle) n’interviennent dans la suite de son récit. Pour ce « guetteur de l’Apocalypse » - comme il arrive à mon ami de désigner lui-même sa fonction - la révélation des dessous du langage opère à sensibilité nue. Une première rencontre… Quelques mots échangés à propos de théâtre, puis sur l’art de l’acteur (dont je découvre qu’il n’est pas sans expérience) et le désir me vient de lui dire quelques vers. Quel est mon étonnement, au fil de la diction, de voir mon auditeur respirer le poème ! Je dis bien : respirer… Frémissement, frissons… Ses yeux se sont fermés, ses lèvres entrouvertes. Dans cette galerie marchande fréquentée et bruyante, Claude Fougères s’est défait de toute inhibition. Il vit de tout son corps les vers que je récite, en toute profondeur, comme un arbre parfois semble vivre le vent qui l’anime. Ni sonde ni spectromètre, - mais la vibration d’une sensibilité naturelle si grande, en telle résonance avec le rayonnement poétique, que l’émotion me gagne à mon tour : je ne peux m’empêcher d’embrasser l’homme-antenne.

Quelles magies n’est-ce pas ? La première mortifère, que les hommes détectent au moyen d’instruments qu’ils ont faits plus rapides et plus sensibles qu’eux-mêmes… La deuxième : de vie, dont l’efficacité n’a de révélateur que le corps de celui qu’elle traverse. Deux nuées pour mieux dire, - de microparticules, de microphonétique, - mais deux rayonnements réels et vérifiables.
Je n’aime pas beaucoup le terme de magie. Comme des termes ineffable, inexprimable, indicible…, son emploi abusif cautionne souvent nos refus de sonder par les mots et la science l’apparence du mystère. Il valide nos paresses en les dissimulant. Aussi bien nous modernes, disposons-nous de magies plus concrètes que celles jamais rêvées des sciences ésotériques : l’image enregistrée, la télédiffusion, les lasers, scanographes… Nous en pouvons pourtant non seulement produire une analyse technique d’une acuité nouvelle, mais appliquer les tout récents prodiges à celle physiologique des facultés cachées de notre perception. Nos sens, notre intellect, - toute notre appréhension de nombreux phénomènes physiques, mesurent par l’effet les nouveaux sortilèges. L’analyse par exemple du langage verbal profite de l’étude des sons enregistrés (que l’on songe aux recherches électroacoustiques, aux travaux sur la voix de synthèse)… Les sciences thérapeutiques, phoniatrie, orthophonie, les approches psychiatriques ou psychanalytiques des pathologies vocales ou auditives, doivent autant qu’elles donnent aux progrès de la science des sons. Et pour « magie » dernière, les actuels supports de la numérisation et l’hyperdiffusion du Web démocratisent les connaissances, et par la voix et l’image les concrétisent souvent mieux que la magie du livre : ainsi de l’ethnolinguistique, de l’ethnomusicologie, de la bioacoustique… En résumé : un vaste élargissement de notre univers, notamment de notre univers sonore -, atteste pour l’espèce un intérêt croissant, excite une capacité d’attention singulière à l’égard de la nature, des facultés et des ressources possibles de l’expression humaine.

La « magie » poétique, cette magie sonore autant que signifiante, l’idée vient - peut venir par là-même - de la sortir un peu de l’univers des Lettres, du discours de l’Histoire, de tout ce qui (ingénieux ou naïf) n’est pas strictement elle, pour en objectiver les facultés concrètes, mesurables, - et si possible dégagées des jugements de nos ethnocentrismes et apriorismes culturels. Je sais que l’écriture, le survol de la lecture muette qu’elle engendre le plus souvent, lecture au rythme indépendant de toute respiration, - interdisent la communication sensible de l’expérience que j’ai ébauchée avec mes auditeurs d’octobre 2006. L’accentuation, les hauteurs, les intensités, les durées, le timbre, les silences…, les gestes, les regards, l’échange - tout ce qui dans la composition et dans la profération poétique élargit la résonance intellectuelle et amplifie le spectre de la signification -, est aboli dans la prose écrite, fît-elle l’objet du travail de composition le plus soutenu. Voiles, masques du logos… Quelle approche auditive - ou visuelle, ou toute corporelle, peut prétendre franchir l’apparence des signes ?... Quelle saisie attentive, patiente, exercée - se voir prête à briser toute saisie réflexe, à devancer, à dépasser la cristallisation du sens ?... Jusqu’à chercher, peut-être, une langue dégagée des pratiques naïves, une langue opérant plus physiquement au cœur de ce qui nous définit, pour nous en … délivrer…



Qu’est-ce donc que parler, s’interroge un poète… Quel est cet acte étrange ? Et d’où vient tant de foi dans cette expiration, dans cette restitution d’un peu de l’air qui nous entoure, changé en verbe par l’appareil de la phonation, et revêtu de sens par l’habitude ? La question en elle-même peut sembler singulière. Voir l’acte de parler comme n’allant pas de soi témoigne un détachement, un recul, - une forme de lucidité qui peut à son tour prêter à l’étonnement. Nous interrogeons-nous sur notre forme humaine ? Nos corps, membres, visages, nous semblent-ils surprenants ?

Dès notre ébauche humaine - dès notre vie intra-utérine, depuis notre formation et durant notre développement fœtal, - quelque chose du verbe et de ses vibrations vient façonner notre être. Nous saluons d’un cri notre venue au monde, à l’air, à la lumière. Rien n’est normal encore ; nous ne sommes pas fixés… Nos yeux s’ouvrent au premier aperçu, puis à l’identification des éléments du décor terrestre de cette vie débutante où la répétition tient le tout premier rôle. Notre oreille s’y déploie également, et commence son éducation directe aux bruits extérieurs de toute sorte, - dont les sons du langage familier, dont notre langue maternelle - seront les plus nombreux à lui être adressés. Ce logos depuis lors nous touche de si près, dans un contact si permanent, - il nous épouse, il fait si bien corps avec nous qu’il nous est impossible de ne pas le parler, de ne pas le comprendre. Travaillés de son bruit dès avant la naissance, soumis à ses figures dès nos balbutiements, dressés à son usage le plus commun par toute notre éducation, nous ne pouvons plus adultes nous défaire ni des notions, ni des questions, ni des schémas de raisonnement contenus par avance dans ses mots imposés. Nous ne pouvons que parler, que croire nos paroles. Comment voir au-delà de nos définitions… Que penser, au-delà des schémas du langage… C’est par quoi rien ne rompt, n’interrompt le mouvement du verbe. Il n’est pas d’objection qu’il ne broie, ne digère ; dont il ne vienne à se nourrir et à croître. Cependant…

Le Logos ce qui est - toujours - les hommes sont incapables de le comprendre, car bien que toutes choses naissent et meurent selon ce Logos, les hommes sont sans expérience quand ils s’essaient à des paroles ou à des actes… Héraclite sait le lien du langage et de l’homme, - le poids de cette attache, l’impuissance ordinaire de la langue à faire acte. L’évangéliste Jean reprend la leçon, Jean selon qui le Verbe se fait chair, puis vient parmi les hommes, incarné par un homme… Mais il n’est pas reçu.

Invention de l’Histoire ; enfantement d’origines : Au commencement était… Au commencement surtout, était la croyance, - dont la croyance au commencement. Nous n’avons de pensée, de pensées, que celles qu’à travers leurs structures et leurs formes nos corps et nos langues nous permettent, mais aussi nous imposent. Nous croyons nos lexiques, qui d’un nom propre ou commun qu’ils lui assignent séparent tout objet de ce qui l’environne, - et par l’isolement disent l’identifier, en dégager l’idée. Nous croyons nos syntaxes, qui recueillent, rassemblent et accordent ces bribes sémantiques pour les relier en causes, les relater en faits, assortis d’origines, jalonnés de durées. Relation, relations… Vocabulaire, syntaxe, conjugaisons, modes et temps nous offrent suffisamment de combinaisons possibles pour donner le change. Nous confions notre pensée à ces mots, à ces phrases, dont nous identifions (et substituons) la production intellectuelle à la perception des vérités et des réalités qu’ils sont censés couvrir, - et qu’ils inventent, ou réinventent, ou créent.

L’enracinement est tel, si profond, si viscéral, du langage en nous-mêmes, qu’il participe de l’être de façon toute physique, réflexe, cérébro-spinale : une douleur soudaine, par exemple française, se traduira par « aïe ! » ; une allemande : « aoua ! »…


Ne sommes-nous dos au mur ? Nos langues ne nous possèdent-elles, bien plus profondément que nous ne pensons les posséder ? Quels chemins, quels champs défricher, quel… chant déchiffrer hors de leurs formes familières ? hors le « déjà frayé » ? Que faisons-nous de nos langues ? Qu’est-il possible à l’homme d’exprimer ? Notre poète insiste, non sans quelque impatience. J’écris entre guillemets les mots que je lui laisse : sa pensée risque, en effet, sinon de dépasser la mienne, du moins de s’exprimer parfois avec une liberté excessive…

« Le meilleur philosophe prétend faire table rase, qui s’engage aussitôt dans les « sicut », « sed », « enim», qui cède aux déductions, reprend les objections, propage les sempiternelles assertions du raisonnement logique. Explications ? Transpositions d’un mot ou d’un groupe de mots dans un autre au moyen du verbe être, ou bien du parce que… Transfert du sens au sens. Jamais table, - écritoire, ne fut plus encombré. »

« Un fort penseur allemand s’avise que parler, penser, écrire, n’est pas l’entière façon d’appréhender le monde. D’autres hommes sans doute s’en étaient aperçus… Mais notre penseur lui, voit sur la table un verre ; il le porte à ses lèvres : il se découvre en être, dans l’acception totale du verbe infinitif ! Il se découvre là… Son « Da sein » doit dès lors proclamer l’évidence, en prolonger l’extase à travers le récit. N’est-il pas en devoir d’ébruiter l’expérience, indubitable objet d’intérêt pour autrui… »

« Faut-il d’autres exemples ? Cet astronome naïf nous voit poussière d’étoiles, il en publie un livre afin de nous instruire !... Mais cinq siècles avant lui Paracelse s’exalte : Les étoiles intérieures de l’homme sont dans leur nature, leur espèce, leur position et leurs mouvements, semblables à ses étoiles extérieures, car les étoiles et le chaos tout entier se retrouvent dans l’homme… Alchimiste, astronome, philosophe, évangéliste… L’homme surtout passe son temps à se payer de mots, - son ressassement verbal donné pour nouveauté habille son ignorance, déguise son manque de mémoire. Dire qu’une chose est une chose ne dit rien.»



Voilà d’étranges coups, d’une étrange vigueur... Reprocher à ceux qui parlent par profession de croire ce qu’ils disent, ou bien d’escamoter les failles du discours… Reproche-t-il au ciel de l’avoir fait… poète ? Ne tombe-t-il jamais lui dans la naïveté de nos agencements verbaux ? Jalouserait-il ceux pour qui la parole ne dépend pas du chant ?... Nos langues n’ont de sens que par des conventions que la force d’habitude nous rend insensibles. Nous ne pensons jamais, et pour cause, quelles pensées notre langage nous empêche de former. A supposer que les mots de « réalité », de « réel » aient un sens, nous croyons, nous persistons à croire que cette réalité et ce réel soient convertibles en prose… Hors d’elle : l’indicible, l’ineffable, - le consensus douillet des termes paresseux. Nous nous lassons si vite.

Le métier cependant d’agencer des paroles, sans autre conséquence que verbale à son tour ; sans autre réponse qu’une course infinie de phrases en phrases, de mots en mots..., ce métier compte sûrement parmi les plus anciens du monde. En matière d’idées - j’entends : de celles non directement liées aux nécessités et au gouvernement de la vie matérielle ou sociale, mais relevant de ce que nous appelons le domaine de l’esprit -, nos évaluations, affirmations, réfutations, nos négations, nos concessions, démonstrations… - nos questions mêmes et (en résumé) toutes les figures de nos discussions - voire de nos querelles publiques comme intérieures -, ne se prennent jamais, au plus loin que nous les poussions, qu’à l’impuissance radicale de la parole. Elles en sont les fruits. Nous pouvons protester qu’« il faut bien », « mais enfin… » ; mais il n’est pas de fin, de cause, d’explication - sinon par convention, fatigue, renoncement à prolonger le jeu par de nouveaux « pourquoi ». Et s’il faut quelque chose, ce sera se méfier du verbe falloir, qui nous empêche de dépasser nos habitudes et nos blocages de raisonnement. Tels lorsqu’à tout propos, tout sujet, nous persistons à chercher une raison, un dessein, une direction, un sens et parfois un devoir… La poésie devrait, se disent…



Le poète m’interrompt : « La poésie devrait défier son exégèse. La poésie devrait détourner la langue, opérer aux limites que lui fixe l’usage - et tendre à les franchir. Elle devrait explorer, exploiter toutes ressources sémantiques, phonétiques, au point d’aller plus loin que ce qu’on en peut dire. Elle devrait emmener l’homme au-delà du connu, des croyances, des limites inconscientes de ses schémas verbaux et mentaux. La poésie devrait … »

« Le jeune français Rimbaud, dans une lettre fameuse, trahit son impuissance à sortir de ces chaînes. Il trépigne, s’emporte. Il condamne presque tout ce que l’art poétique a produit avant lui. (Tout ? - c’est-à-dire : le peu qu’au XIXe siècle l’Europe et lui-même, pouvaient connaître de la poésie du monde…) Ce n’est qu’un jeu d’oisif, ou de la prose rimée. Il excepte les Grecs chez qui « vers et lyres rythment l’action ». Il rêve d’une poésie future qui celle-là sera « en avant », œuvre, acte d’un poète parvenu à l’état de voyant par un « long dérèglement de tous les sens »… Il écrit ses Illuminations, de brèves proses exotiques, impatientes, - mais fort loin du miracle rêvé. Rimbaud paie aux paroles leur tribut sémantique, métaphorique, multiple, - il oublie d’exploiter le matériau sonore, celui qu’un travail phonétique poussé peut donner au lecteur le vertige de saisir, sous les mots familiers.

« Il est vrai qu’emprunté à l’anglais, le titre renvoie aux « painting plates » ou « colored plates », - en français : gravures colorées… Nullement à l’extase de quelque éblouissement. L’idée de surface, de trace, de couleur appelle davantage l’imagination littéraire que les structures mentales vouées à la spatialité et à la résonance. Nul travail sur le bruit dont les mots se composent. Plus encore : l’abondance lexicale qui alourdit ces textes, favorise l’inconscience des propriétés physiques de la parole, corollaire de son usage courant. De nombreux adjectifs, de très nombreux articles (déterminants dont le français pullule), scories de la prose, trahissent la faiblesse du travail syntaxique et dissolvent l’énergie poétique attendue. »

« Mallarmé n’échappe pas non plus à l’impuissance… Même s’il en fait une Muse. Contrairement à Rimbaud (son jeune contemporain) lui s’obstine, persiste presque sa vie durant, au risque de sa santé physique et mentale, à creuser, rajeunir la forme usée du vers. Son dessein rigoureux le rend stérile et rare, - du moins l’oppose-t-il à l’abondance vaine de la production poétique de son temps. Le vers n’est pas pour lui une forme préétablie dans laquelle l’art n’aurait qu’à se couler sans effort : le vers est ce qui affecte le plus profondément la langue. »

« Mallarmé veut, poète, «
donner un sens plus pur aux mots de la tribu », « reprendre à la musique son bien ». C’est de « l’intellectuelle parole à son apogée » que naîtra la Musique… Des procédés classiques de rimes intérieures, d’assonances et d’allitérations, des liens cachés d’étymologie, la tension - jusqu’à la ténuité - de liens métaphoriques sous-jacents, une syntaxe sinueuse, tentent de renforcer un tissage poétique d’autant plus singulier, et déconcertant, qu’inscrit parfois dans la rigueur de cadres formels éprouvés (tel celui du sonnet)… Nommer, dit le poète, est détruire la jouissance : l’idéal est de suggérer. Mais le vocabulaire exotique de l’époque, quand bien juste allusif, le mot rare qui arrête la lecture, heurtant le suivi des plans métaphoriques - le vers souffrant visiblement de ne pouvoir le résorber -, l’apposition souvent sollicitée ainsi que l’incidence (deux procédés d’allongement syntaxique faciles), témoignent la fatigue du combat solitaire. L’air vient vite à manquer à tant d’isolement … « Le monde, croit Mallarmé est fait pour aboutir à un livre »… C’est un monde poétique tout anaérobie que Mallarmé, Rimbaud lèguent au siècle suivant. »


Je demande au lecteur d’excuser mon poète. L’expression violente, radicale, vient souvent à l’artiste sensible. Tout être passionné pèche par impatience : il voudrait que sa soif, son sentiment d’un manque, cette possibilité et ce désir d’une forme qu’il se croit encore seul à entrevoir, soient ressentis de tous. Nous voir nous satisfaire des œuvres déjà faites décourage son effort. Mais surtout, nous entendre opposer la leçon des formes en vigueur, des chemins recensés, des mots d’ordre reçus - à la singularité du projet qu’il porte, peut aigrir son discours. « Il est sage de cultiver la patience » dit volontiers Vinci.

Mais il est sage encore de sentir nos œillères - culturelles, lexicales. Quelques clics sur la toile, quelques heures de vol... Voici l'Afrique, l'Inde, la Chine et cent contrées, cent mondes nous offrant leurs poètes, leurs chantres virtuoses, leurs shamans exaltés - naïfs, conscients, lucides, maîtres de leurs moyens, inspirés dans leur art. Leurs langues, classiques, dialectales, leurs styles secs ou fleuris y portent aussi bien à l’émotion intime qu’à l’introspection ou à la transe collective. Les fioritures extrêmes du kriti, le « récitatif aux huit timbres », le « chant chuchoté » - tant d’extraordinaires particularités de tous les arts du monde, les uns traditionnels, les autres récents (y compris les concerts de l’art pop, l’art vidéo, les « performances », la « culture urbaine »…) vivent manifestement hors cadre rimbaldien, mallarméen, mais saisissent le rapport au monde et rythment l’action bien plus sensiblement qu’un poème dans son livre.

La leçon n’est pas tendre. Notre religion n’est plus la bonne. Notre Terre n’est plus le centre de l'Univers. Mais nous vivons ce temps où sous toutes latitudes, de toutes nations, toutes langues, - mieux instruits des visages multiples de leur art, éclairés des progrès des sciences du langage, les poètes peuvent enfin comparer leurs approches, leurs efforts respectifs, mesurer fertilement les chemins déjà faits, œuvrer de conséquence, en conscience plus grande.

Les poètes peuvent, pourraient… Je ne suis pas naïf outre mesure. S’agissant de traquer nos codes inconscients - lexicaux, syntaxiques, phoniques et phonétiques, morpho et étymologiques - la chasse est périlleuse. Nos chimères verbales sont puissantes, difficiles à tromper, bien près d’être invincibles. Interrogeons nos sciences : la neurobiologie, la physiologie, la psychologie de nos fonctionnements perceptifs...

Dès l’approche sensorielle, dès la perception physique, - auditive de l’émission vocale sonore, visuelle de la parole écrite -, ces sciences montrent que l’oreille, que l’œil, quelle que soit la culture, adressent au cerveau des messages ponctuels (phonèmes, pixels…) qu’il reconstruit à partir des signes, des sonorités, des images, des mots et des structures d’intellection qu’il possède en mémoire, préalablement stockés. L’encéphale procède par identification et déduction rapides, quasi instantanées, affirmant le langage dans son rôle d’agent de communication. Descriptive, narrative, explicative, injonctive… Les linguistes sondant la fonctionnalité doivent dès lors intégrer ces nouveaux paramètres dans leur étude. Si complexe qu’il soit le processus échappe à la conscience par la vitesse de son opération, dans un système demande-réponse qui gouverne la plus grande partie de nos échanges humains.

Qu’une parole ne se change pas simplement dans le geste ordinaire qu’elle appelle ; qu’un propos ne tombe pas dans l’indifférence d’une réponse polie ou réflexe ; qu’une question nous arrête, qu’un assemblage de mots heurte notre habitude…, notre réflexion, notre réaction rapide ou plus lentement pesée n’en porte pas moins spontanément sur le sens de l’énoncé, sur la valeur informative du signifiant comme du signifié - inscrits déjà dans nos références : langue vernaculaire, véhiculaire, courante, littéraire, philosophique…, qu’il importe de rétablir dans les lignes de ce que nous appelons communément notre compréhension. Toute marge d’inconnu portée par le message doit être résorbée.

Littéraire, musical… L’art n'échappe pas mieux aux approches rituelles. La neurobiologie, chez les gens dits « normaux », montre l’inhibition réciproque des deux hémisphères cérébraux selon l’appréhension nécessaire à la circonstance. Une approche cloisonnée, bien étanche - spatiale ou linéaire - seule à pouvoir répondre au besoin d’art moyen : 1) Du théâtre parlé, du roman, de la prose, l’excroissance expressive dans l’ordre linéaire séduit notre cerveau - lui dont l’asymétrie constitutive en faveur du langage verbal, concernerait la région sylvienne localisée dans son hémisphère gauche ; 2) De l’orchestre, de la musique: l'appréhension requiert la dimension spatiale, résonante, émotionnelle - autre forme si l’on veut d’hémiplégie (quoi de plus étrange que d’écouter un concert...) ; 3) De l’opéra, du chant : la juxtaposition, la superposition arbitraire des formes précédentes, engendrent ce collage dont l’habitude nous cache l'expression exagérée, jusqu'à l’extravagance souvent pompeuse. Notons que, la plupart, nous goûtons sans recul ces formes culturelles codifiées, cloisonnées. Leurs limites sont les nôtres.

… Mais qu’un poète lui, sente, pressente tout autre chose… Mais que son art s’efforce, tente d’approcher ce qu’il exprime en acte - non sous forme imagée, non en récit mais comme physiquement… Où, comment l’art en lui prendra-t-il source, souffle ? Par quels actes innés, conscients, cultivés, pourra s’en incarner l’énergie singulière, - celle dont bien que l’objet semble indéterminé l’acte lui, pour certains, paraît être vital ?…

 

 

Quelques vers de Racine :

D’un temps Si préCieux quel compte puiS-Je rendre ?
Où Sont CeS-heureux Jours que Je faiSaiS-attendre ?
Quels pleurS-ai-Je SéCHés ? Dans quelS-yeux SatiSfaitS-
Ai-Je déJà goûté le fruit de mes bienfaits ?
L’univerS-a-t-il vu CHanGer Ses deStinées ?
Sais-Je combien le Ciel m’a compté de Journées ?
Et de Ce peu de Jours, Si longtempS-attendus,
Ah ! malheureux, combien J’en ai déJà perdus…


Du moins mal que je puis, je tente de rendre par les majuscules et les traits d’union le travail singulier portant sur les sifflantes (S, Z - quitte à exagérer les liaisons) et les chuintantes (CH, J), dans ce remarquable extrait de la Bérénice. L’abus de ces consonnes renvoie à l’expression radicale, élémentaire, quasi archaïque d’un être exaspéré, et comme parvenu au terme des ressources d’expression de sa langue natale. Mais toujours une tirade de Racine distribue de façon magistrale les sons élémentaires de la langue française, - langue dont les ressources vocaliques notamment, permettent au poète la richesse des modulations internes de son vers. Entre autres remarquons ici l’économie des diphtongues, des nasales, celle des « é » et des « è » alternés, le monnayage des différents sons EU (jE, quE, pEU, plEUrs, yEUx...), - et tantôt ce filage tantôt ce martèlement sonore par quoi la langue poétique se rend singulièrement consciente de son bruit. L’écrit, je le déplore, n’en rend qu’un faible compte. La mélodie de timbres, le rythme, le phrasé, demandant la voix haute - et la voix exercée.

« La voix humaine, affirme Maspero dans ses Etudes de mythologie et d’archéologie égyptiennes, est l’instrument magique par excellence, celui sans lequel les opérations les plus hautes de l’art ne sauraient réussir. Chacune de ses émissions porte dans le domaine des invisibles, et y met en jeu des forces multiples dont le vulgaire ne soupçonne ni les actions multiples ni même l’existence. Sans doute le texte d’une évocation, la séquence des mots dont elle est composée, a sa valeur réelle : pour devenir efficace, la conjuration doit s’accompagner d’un chant, être une incantation, un carmen. Quand on la déclame avec la mélopée sacramentelle, sans en modifier une modulation, elle produit nécessairement ses effets : une fausse note, une erreur de mesure, l’interversion de deux sons dont elle se compose, et elle s’annule… »

Une magie encore, mais que l’égyptologue peint sans naïveté. Ni sceptique ni crédule il s’en tient à la description d’une action rituelle dont le détail du déroulement s’est perdu. Le message visuel des papyrus, tablettes, stèles, opère faiblement à la lecture muette : le vrai charme prend chair de la voix qui le scande. Relisons nos huit vers. Ne croyons pas facile d’en dire les dessous… Sans doute l’écriture n’est-elle un premier temps que support de mémoire, ou transmission de signes à des êtres hors de portée de voix. Mais (je l’ai dit déjà) elle permet bientôt, elle permet toujours le parcours à fleur d’yeux, le survol des mots dont nous savons le sens, et mesurons la résonance aux schémas de nos habitudes de pensée. Or le regard, le souffle, le mouvement physique, toute la tension de l’être vers l’auditoire, tout ce qui fait corps avec le discours vrai, demande d’être appelé dès le papier, la page, - l’écran d’ordinateur. La poésie en fait un art très singulier.

Ainsi que l’art du chant, en sortant la parole de l’usage ordinaire, lui confère une forme élémentaire d’universalité par des repères de hauteurs, de durées, d’intensités sonores plus dépendants de l’intention et du sentiment que du sens littéral, ainsi bien des langues distinctes, au sein de cultures produites en différentes parties du monde, demandent l’écriture de leurs textes sacrés - célébrations, invocations, prières, prophéties, cosmologies…, à la poésie même. Bible, Coran, Védas et cent textes rituels, psalmodiés en maints lieux et formes de culte, témoignent de nos jours combien la foi se plaît à l’expression orale et poétique. Le parler, le prier sont mêmement couverts par l’orare latin. De l’art profane encore, - du chant à l’évidence, et même du théâtre non musical, comme la mémoire du théâtre occidental le montre - le plein succès s’attache aux qualités de l’interprétation vocale. Mais encore un constat où l’étude fait défaut. Manquent à la description l’analyse des fréquences, l’étude physiologique des processus de production, d’émission et de réception des sons de la parole, et bien entendu les récents travaux portant sur la psychologie de la perception. Maspero a beau lui, insister sur le rôle des « hommes à la voix juste », souligner « l’importance de la justesse de voix dans le résultat heureux ou malheureux de l’opération », et « le rôle prépondérant de la voix dans l’offrande, dans la prière à intention déterminée, dans l’évocation »… Il ne dit pas pourquoi, par quoi « les dieux sont liés » ; il ne définit pas la « justesse » de voix. Il concède seulement : « Le texte d’une évocation, la séquence des mots dont elle est composée, a sa valeur réelle » (Thôt maître des écrits pouvait mieux l’inspirer). La notion de valeur - de force de vie, au sens étymologique du terme - qu’il veut bien accorder comme réelle au texte non encore proféré, aussi bien tout rapport de la composition d’un texte avec sa diction, sont passés sous silence.

J’ai ébauché ailleurs, sur ces mêmes questions, des théories appuyées de la connaissance de diverses formes d’expression poétique et théâtrale, et fondées sur le travail avec les comédiens[2] . Plus, mieux que l’art du chant, la déclamation (qui en est une forme subtile, voire cachée lorsqu’elle est maîtrisée) -, élargit les structures mentales vouées à l’oralité aux champs de la spatialité et de la résonance, mais sans les cloisonner. L’homme sensible, intuitif (et habile), peut dès les temps anciens se sentir approcher par la parole soutenue - écrite, proférée - le domaine des invisibles qu’évoque Maspero, un domaine longtemps hors de notre appréhension mesurable, mais dont les avancées récentes de la science peuvent concrétiser au moins une forme de réalité… Je pense par exemple, à l’établissement du tableau des rayonnements électromagnétiques, aux observations de l’imagerie cérébrale, aux modélisations de la neurobiologie. La connaissance moderne pénètre les structures profondes, décèle les processus d'échange et d'induction de l'art et du vivant.

On trouve chez Racine un bout de chemin fait. Un stade du langage à explorer, franchir. Nous comprenons Racine si nous en sommes compris, - chantre dont la rigueur formelle, la maîtrise de l’apport lexical, le plein emploi des ressources phoniques (composition d’éléments des plus étrangers à toute idée de traduction dans une langue particulière) et le jeu syntaxique et abstrait de l’esprit transcendent le prétexte des anecdotes humaines, en même temps qu’ils dépassent nos facultés courantes d’expression. On voit comme s’élargit la signification d’une langue qui intègre les éléments préverbaux du langage : une pensée, une pesée élargie à l’expérience charnelle, corporelle, physique, d’une lente agrégation de ses phonèmes en mots, recule son désir, l’accroît, le comble de sa propre attente… Claude Fougères frissonne.


Qu’est-il possible donc à l’homme d’exprimer ? Ce que nous sentons être, sans doute, ce logos qui nous forme, et nous compose un temps avec assez de force pour nous inspirer l’erreur de nous croire durables, - plus durables que lui… Les ondes du langage n’ont-elles leurs infrarouges et leurs ultra-violets, dont les bornes sont précisément celles que l’effort poétique tente d’approcher, de dépasser... Peut-être le plaisir sensoriel de la diction - que le vers semble toujours conçu pour susciter - s’explique-t-il par la sensation d’épouser pleinement certaines régions de leur spectre phonique, et par l’excitation d’en risquer des explorations nouvelles de la profondeur ou des limites sensibles.

Le travail d’un sauvage, la foi d’un charbonnier (plutôt du type Satan), suffisent-ils à vouloir qu’un Hindou, qu’un Chinois, non francophone, sente la vertu particulière d’un poème arraché à notre langue avec maîtrise et bonheur… Les mouvements du nombre, de l’allitération, de l’assonance, de la rime parfois concourent à l’élaboration plus ou moins libre - plus ou moins contrainte - du vers. Ces éléments, j’y reviens et insiste, sont repérables indépendamment du sens d’aucune langue natale - mais je ne dis pas bien sûr, que tout idéogramme soit aisément identifiable à tel ou tel de nos morphèmes alphabétiques, - pas davantage, que tout phonème soit aisément reproductible par tout gosier. Un sonnet, un haïku, n’en sont pas moins - … pourraient n’en pas moins être… - calligraphies sonores et visuelles d’une langue projetée hors de l’usage réflexe, plus consciente qu’une autre de tous ses paramètres, qui compose les bruits de quoi les mots sont faits, dont l’articulation sonore étaie la pensée, qui fait procès au sens ; - un concentré du plus rare ou du plus simple que le génie propre à cette langue puisse produire.
Le nombre, la rime et le reste n’y paraissent plus que la conséquence du travail profond qu’ils ont appelé : la composition d’accents, de timbres, de couleurs phoniques dont le poieîn saisit et fixe les rapprochements les plus expressifs. Le poème se fait chambre de résonance : la pensée, l’expression cherchent l’accord extrême, - le point idéal où entendre et comprendre ne seraient plus qu’un mot de même sens.

Qu’une oreille chinoise, qu’une oreille péruvienne, ou française, entendent différemment les bruits de leurs phonèmes : l'immersion par naissance détermine et aiguise la perception sonore dans le champ phonétique d’une langue donnée. L’appréhension physique, proprement acoustique n’en dépasse pas moins la discrimination locale, - jusqu’à toucher les dessous du langage à quoi, plus attentive qu’une autre, plus déliée, dénouée de l’habitude, l’oreille de l’écrivain poète sensiblement s’attache.



[1] Maison des Sciences de l’Homme, Paris (24 octobre 2006 - réunion de la Société Française des Études Byronniennes) 

[2] Louis Latourre, Vers un théâtre d'art, in Paul Valéry 10 - du théâtre, la Scène et le Symbole - La Revue des Lettres Modernes, Collection fondée et dirigée par Michel Minard. Éditeur de la Série Paul Valéry : Huguette Laurenti - Lettres Modernes Minard - PARIS – CAEN 2003 _ Voir aussi : L. Latourre, Représentation d'Adonis in Adonis - PARIS, Théâtre d'Art, 1997.

 


 

 

Pour citer cet article

 

 

 

 


 

Louis Latourre, « Les dessous du langage » (version adaptée pour la revue et publiée avec l’aimable autorisation de l’auteur), in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/MjeO2       ou

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-les-dessus-du-langage-86482260.html

 

 

 

 

 

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