23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

Poèmes érotiques 


 

  Poèmes inédits

 

 

Isis & Saint Denis

 

 

 

 

 

 

 

  Damy Tangage

 

 

 

 

Isis

 



 

Je voue à la beauté des femmes dénudées

Un culte inavoué aux dieux désespérés.

C’est la partie charnue du dos des Asmodées

Qui réveille l’émoi de mes sens libérés.

 

De Rabelais la verve à jamais m’interdite

Voudrais pouvoir jouir pour décrire en un mot

Les couleurs d’émotion auxquelles je lévite

Quand les deux sphères nues m’ébranlent le cerveau.

 

Diane, Uranie, Isis sous toutes latitudes

Les hommes ont dansé au clair de vos rondeurs

Et l’éclipse au Soleil, Dieu de nos solitudes,

Creuse le trou du culte aux saros des ardeurs.

 

 

 

 

 

 

Saint Denis

 

 

 

 

 

Dans les rues glauques de la ville
Aux halos jaunes des trottoirs
Derrière la gare inutile
Je traîne mon âme aux foutoirs.

Quelques néons roses scintillent
Et des pardessus retournés
Collés aux vitrines qui brillent
Relèvent leurs cols chagrinés.

Je tourne à l’angle chaud des rues
Où de jolis corps exposés
Montrent leurs jambes toutes nues
Et le galbe de seins abusés.

De magnifiques créatures
Invitent pour trois francs six sous
À dévoiler vos dix natures
En dix minutes, montre aux cous.

J’ai le cœur qui bat des chamades
Car j’ai jeté mon dévolu
Pour qu’elle touche mes gonades
Embrasant mon vit vermoulu.

Mais je ne sors pas une pièce.
Reins noirs élégamment cambrés,
Lèvres de pulpeuse prêtresse,
Yeux verts de velours ombrés,

M’inspirent un rêve fragile :
Les minutes sont une nuit
Les nymphes un nid comme une île
Et les baisers tueurs d’ennui.

Lors dans la nuit je déambule
M’attardant sur chaque rondeur
De mon fantasme noctambule
Et peu importe la couleur

Jusqu’au petit jour des tristesses
Où le halo gris de Paris
Encercle mon flot de détresses
Et voile les doux clitoris.

 

 

 

 

Pour citer ce poème

 

 

Damy Tangage,      « Isis » & « Saint Denis », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-isis-105402210.html ou URL. http://0z.fr/WZKje
 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

 

 http://www.damy-fugue-mi-raison.com/

 

http://www.poetika17.com/damytangage.html

 

http://pan.blogs.nouvelobs.com/tag/damy%20tangage

 



 

Auteur(e)

 

 

 

Damy Tangage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Pan poétique des muses - dans n°1|Printemps 2012
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes passionnéEs

 

 

pas vous ?!

 


 

La revue vous invite à goûter son univers...

 

 

 

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Voilà une rubrique qui semble ne relever que des affects. Et pourtant, la revue est consciente de sa volonté de partager son point de vue esthétique au public qui la lit.

 

Il s'agit tout simplement de vous inviter à une lecture (du monde) partageant le sensible.

 

C'est à vous de vous laisser séduire ou non par nos suggestions qui sont dignes d'être prises en compte.

 

 

 

 


 

 

  Invitation à Lire


 

 

 

Communique Yennenga[1] Communique Yennenga

 

Genre, Arts, Société: 1900-1945. Études réunies et présentées par Patricia Izquierdo

 

 

Notre avis

 

 

Excellents ouvrages, à lire et relire...

 

 


 

    ******************

 


 

 Invitation à se passionner pour

 

 

 

 

 

 

 

 RDL. La Revue des livres, fondée en 2011, entre autres, par l'éditeur et l'intellectuel Jérôme Vidal (on y reviendra...)

 

 

 

Sitaudisest un site pas comme les autres. On continue notre sélection des sites extraordinaires à visiter et parmi les sites dédiés à la poésie contemporaine, on tombe sur l'incontournable Sitaudis.

Conçu sur mesure par le poète Pierre Le Pillouër pour suivre en amont les formes d'expressions poétiques contemporaines, ce périodique en ligne cède une place non négligeable aux femmes poètes et accorde à l'originalité le dernier mot.

Né en 2001, le site n'a cessé d'apporter du sel et de la consistance au paysage poétique contemporain. En décembre dernier, Sitaudis a fêté ses dix ans. Le site de la poésie comparative, est un site-périodique de qualité.

Il s'agit d'une structure simple s'appuyant sur une vision prompte de la poésie. Comme l'a très bien remarqué Florence Trocmé, le site-périodique Sitaudis est bel et bien « un site à part », et un vaste territoire poétique remarquable.

Né en 2001, le site n'a cessé d'apporter du sel et de la consistance au paysage poétique contemporain. En décembre dernier, Sitaudis a fêté ses dix ans. Le site de la poésie comparative, est un site-périodique de qualité.

Il s'agit d'une structure simple s'appuyant sur une vision prompte de la poésie. Comme l'a très bien remarqué Florence Trocmé, le site-périodique Sitaudis est bel et bien « un site à part », et un vaste territoire poétique remarquable***.

Visitez Sitaudis

*** Voir aussi :

cipM - Auteurs : Pierre Le Pillouër

Poezibao : Sitaudis, un site à part

Entretien avec Pierre Le Pillouer

Pierre Le Pillouër - Wikipédia

http://pan.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/02/14/sitaudis.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sitaudis

 

 


Le Pan poétique des muses - dans n°1|Printemps 2012
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

 

  Éditorial du n°1 

 

 

 

Retour sur un concept-percept

  Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

Retour sur une revue qui grandit

 

 

 

Née en septembre 2010, elle se concrétise en octobre 2011, la revue LPpdm ou Le Pan poétique des muses est actuellement une revue internationale et polyglotte même si le français est sa langue fétiche. Aujourd'hui, elle vous présente un nouveau numéro... 

Entre l'automne 2011 et le printemps 2012, le périodique s'est doté de cinq nouvelles zones grâce à vous (voir la page Nouvelles zones ) et continue à enrichir ses différents calepins et sa biographie. La SIEFEGP est également la création importante qui se réalise au sein de la revue et qu'elle soutient.

 

Retour sur une définition...

 

Nous sommes une revue féministe de poésie. Nous sommes une revue de poésie féministe. Nous sommes pour la poésie dans tous ses états et pour la poésie dite féministe. Nous sommes tout cela en même temps et, une structure hétéroclite et mouvante...

La poésie écrite par/pour des femmes ou par/pour d'autres minorités sexuelles et ethniques n'est pas foncièrement une poésie féministe mais elle ne trouve toute sa consistance et toute sa place dans l'Histoire des idées et dans celle de la poésie que par le biais des savoirs féministes.

Ce n'est ni parce qu'une femme écrit un poème (sur son vécu, sur les hommes, sur les femmes) qu'elle est féministe, ni parce qu'elle écrit un poème féministe que l'on peut appeler cela de la poésie féministe, mais parce qu'il n'y a que les théories issues des mouvements féministes qui permettent de donner à une femme (qui se reconnaît femme) et à sa production poétique toutes leurs dimensions socioculturelle et poétiques.

Ici, on fait dialoguer les théories, les méthodologies, les opinions et les lectures divergentes. Et par ailleurs, une de nos missions est celle d'aller au-delà des avatars des critiques qui cherchent à piéger le propos de l'autre en le retournant à son encontre comme une empreinte de sa propre défaillance et de sa propre force de déplaire ou d'être classé.e dans une catégorie qui ne correspond pas foncièrement parlant à sa façon de comprendre le monde.

 

 

 

 

Retour sur une posture idéologique femme poète ou poétesse ?*

 

 

 

 

Comme vous le savez, le terme poétesse traîne encore des connotations négatives et met en puéril la qualité du travail poétique d’une femme. Si le terme est innocent, son utilisation l’est nettement moins malgré le passage des siècles…**

 

On revient sur l'étymologie du terme poésie et celle du terme poète qui renvoient aux termes création et créateur. Pourquoi avons-nous créé un féminin pour un terme qui se termine par la lettre E et qui a une prononciation qui permet qu'il soit épicène ? Inutile de vous dire que je connais l'histoire de l'évolution étymologique de ces termes et pourtant, la question me paraît toujours utile et censée...

 

 

Comment nommer les femmes qui écrivent, comment parler de l'autre tout court car l'autre ne se réduit pas à l'autre-femme ?

Cette problématique n'est pas seulement linguistique mais aussi socioculturelle et politique. Cela n'est pas tout, car il est bien difficile de rendre compte de l'autre dans une langue qui tente de gommer ou d'amoindrir son existence en érigeant le masculin en concept universel et neutre. En un mot : Que fait-on de l'épicène ? L'épicène est la forme qui s'approche du neutre même si elle ne l'est point.

 

 

 

Cette difficulté à utiliser le terme poétesse en la débarrassant de toutes ses connotations négatives est complètement étrangère à celle de l'utilisation du terme autrice.

Or, la difficulté de se déguiser en poétesse pour transcender ensuite le terme, provient à mon sens de la figure mythique du poète qui est bien distincte de celle de l’auteur (qui n’est que légendaire). Le poète se proclamant du dieu Apollon, d’Orphée et enfin des muses, l’auteur — quant à lui — ne peut se proclamer que de l’histoire de l’écriture et de celle du savoir lui-même. 

 

Les muses sont bien là et les poésies tragique, épique et lyrique (par exemples) sont les fruits des êtres mythiques genrés (féminins) mais un problème demeure toutefois, c’est celui de la figure mythique et religieuse d’Orphée et d’Apollon. L’orphisme est également une religion comme le culte d’Apollon que l’on peint entouré des muses ; par des êtres féminins qui viennent inspirés le poète (l’être masculin).

  

 

L’image des femmes comme égéries, muses, inspiratrices et modèles pour les poète, artiste, savant et auteur, n’a jamais été aussi présente que de nos jours. Le constat est alarmant : Fétichée par les médias jusqu'au bout, la muse résiste...

La poésie comme la danse sont des substantifs féminins mais leur histoire mythique n’est pas la même. Le dieu Apollon qui préside à la poésie avec les Muses est comme Orphée une figure masculine et première de la poésie mais non pas de celle de la danse.

 

 

Les femmes ont toujours fait face au refus de leur accorder une place dans l'histoire de la poésie, elles y demeurent mineures. Parmi tous les arts, l'art poétique est celui qui a ignoré le plus l'apport et l'existence des femmes tout en continuant à perpétuer les noms de certaines d'entre elles comme George Sand, Sappho et bien d'autres. Tout en démultipliant les anthologies et les extraits, les femmes ne sont ni reconnues pour leurs théories dans ce domaine, ni pour leur apport créatif et ni pour leur rôle important de diffusionnistes et de lectrices avisées...

 

Au XVIIIe siècle, le poète était avant tout un auteur dramatique (un dramaturge qui écrivait des tragédies pour le théâtre). Si les femmes ont réussi à cette époque de devenir un phénomène commercial et un fait littéraire en ce qui concerne les genres secondaires comme le roman, elles n'ont pas pu faire admettre à leurs contemporain.e.s leur excellence en matière d'art poétique. Le sanctuaire est resté clos en huis clos pour une minorité d'auteurs hommes. Et peu de femmes du siècle des Lumières ont été retenues par l'histoire en tant que poètes. Nous comptons, par l'intermédiaire de la SIEFEGP, s'attarder sur leurs présence et apport dans une manifestation scientifique à venir...

 

 

 

 

 

Retour en amont...

 

 

 

 

 

Et comme mot de fin, nous revenons aux textes poétiques des siècles passés qui sont une matière nouvelle ici, et on les traite avec la même passion et le même égard accordés aux textes contemporains. Et l'on peut dire de même pour les textes théoriques anciens qui portent sur la poésie. Pour nous, cela n'est qu'un retour en amont...

Nous renouvelons notre point de vue sur nous-mêmes déjà mentionné dans le numéro zéro : Nous sommes une revue ordinaire et normale, même si nous parlons encore et toujours de poésie. Nous ne façonnons ni un monde à nous et ni une vision restreinte de la poésie et de ses liens avec les arts et les sciences. Nous n'avons aucune prétention particulière à faire valoir quoi que ce soit et l'anaphore en ce sens est l'outil rhétorique le plus approprié pour exprimer cela.

 

 

 

 

* Nous soulignons que notre point de vue n'inclut que l'héritage gréco-romain.

** "La guerre des mots" est a ce sujet est un exemple important même si l'on n'y parle pas des connotations des termes, voir aussi ibid.

 

 

 

Pour citer cet article

 

 

Dina Sahyouni, « Éditorial n°1|Retour sur un concept-percept »,  in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2011.

 

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-1-editorial-105541812.html ou

URL. http://0z.fr/MblVS

 

 

 

Pour visiter les sites/pages de l'auteur(e) ou qui en parlent 


 

  ...................

 

 

 

Auteur(e)

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Le Pan poétique des muses - dans n°1|Printemps 2012
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

Préface du livre


Les poésies d'Anacréon et de Sappho


 

Traduites de grec en français avec des remarques par Mme Dacier 

 

Nouvelle édition augmentée des notes latines de Mr. Le Fèvre

 

 

Anne Dacier

  Transcription & remaniement du texte de l'aïeule par Nelly Taza

 

 

Amsterdam, éd. Chez Paul Marret, Marchand libraire dans le Beurs-straat, à la Renommée, M. DC, XCIX.


Préface

 

 

 

En traduisant Anacréon en notre langue j'ai voulu donner aux dames le plaisir de lire le plus poli et le plus galant poète grec que nous ayons. Il y a longtemps qu'il a été traduit en français par Remi Belleau, mais outre que sa traduction est en vers, et par conséquent peu fidèle, elle est en si vieux langage qu'il est impossible d'y trouver aucun agrément.

On l'a aussi traduit en italien depuis quelques années, et le traducteur ne s'est pas plus attaché au grec que Remi Belleau : sa version ne laisse pas néanmoins d'être asses agréable, quoiqu'il s'éloigne fort souvent du sens d'Anacréon, et qu'il prenne même à tous moments des libertés qui doivent la faire passer plutôt pour une paraphrase, que pour une version.

La traduction latine dont une partie a été faite par Henri Étienne et l'autre par Élias Andreas, et qui est celle dont on se sert ordinairement, me paraît la meilleure : elle n'est pourtant pas sans défauts, et comme elle est aussi en vers, elle est souvent fort obscure, et dire en beaucoup d'endroits ce qu'Anacréon n'a jamais pensé.

Mon père a fait autrefois quelques remarques sur cet auteur, qui ont été si bien reçues, qu'il n'est pas nécessaire que j'en parle ici. Cependant quelque vénération que j'ai pour sa mémoire, j'oserai dire que je ne suis pas toujours de son sentiment. Il avait peut-être quelquefois un peu trop de délicatesse, et je suis persuadée qu'il y a bien des odes qu'il n'a pas crues d'Anacréon, qui sont néanmoins de lui.

Je n'ai pas non plus suivi quelques-unes de ses corrections parce qu'elles ne m'ont pas paru si certaines que savantes ou vraisemblables. Je me suis extrêmement attachée au grec et je ne m'en suis éloignée que dans les choses qui font entièrement contre nos manières ; mais cela ne m'arrive jamais que je n'en avertisse dans mes remarques, qui sont bien plus étendues qu'elles n'auraient été, si je n'avais cru que ce petit ouvrage pourrait être lu par ceux qui savent le grec, ou qui veulent l'apprendre ; et dans cette pensée je n'ai pas laissé un passage difficile sans l'éclaircir le mieux qu'il m'a été possible, et c'est à quoi je me suis d'autant plus attachée que je vois qu'il n'y a que ces difficultés qui rebutent la plupart des gens, et qui les empêchent de s'appliquer à la plus utile de toutes les langues.

C'est ce qui m'a même donné l'envie de traduire les meilleurs auteurs grecs qui n'ont pas encore été traduits et d'y faire des remarques comme j'ai fait sur Anacréon, qui n'est qu'un petit échantillon de ce que j'ai dessein de faire, si ce premier ouvrage a quelque succès.

J'ai fait mettre le grec à côté du français, afin que l'on se puisse servir plus commodément des remarques et de la traduction, et que l'on voie que j'ai suivi mon auteur avec la dernière exactitude.

Quoique je n'ai pas pas fait imprimer la version latine, je n'ai pas laissé d'en corriger beaucoup d'endroits que j'ai rapportés. Enfin, j'ai tâché de ne rien oublier de ce qui peut être de quelque usage pour ceux qui ne sont pas encore bien avancés dans la langue grecque ; les autres trouveront peut-être aussi dans les remarques de quoi contenter leur curiosité ; j'espère au moins qu'ils ne me blâmeront pas d'avoir entrepris ce qu'ils ne veulent pas se donner la peine de faire. Mais comme ce ne sont pas les savants que j'ai le plus à craindre, je ne m'attacherai ici qu'à prévenir le jugement de ceux qui ne savent ni grec ni latin, et qui pourraient bien ne pas goûter quelques odes d'Anacréon, en voyant qu'elles finissent d'une manière qu'ils appellent froide, parce qu'elle est sans pointe.

 

Je veux donc les avertir que c'est le style ordinaire de la plus saine Antiquité. Que l'on prenne Homère, il a de l'esprit partout, dans toutes les pages, dans tous les vers ; mais on n'y trouvera jamais une seule pointe ; il imite partout la nature, il suit la raison et ne présente jamais à l'esprit que des images nobles et naïves ; c'est là la beauté d'Anacréon.

Les latins ont été aussi fort longtemps sans connaître presque la pointe, s'ils s'en sont servis quelquefois, c'est avec tant de retenue que nous en devons encore plus admirer leur jugement. Il est certain qu'elle ne s'est introduite chez eux qu'à mesure qu'ils ont dégénéré de la vertu de leurs ancêtres. J'ai aussi une prière à faire à certaines personnes qui pèsent ordinairement tous les mots, qui examinent à la rigueur toutes les expressions, et qui jugent fort souvent de tout par un endroit faible. Je les prie donc de considérer que je me suis proposé deux choses dans cet ouvrage, l'utile et l'agréable.

Je les ai joints autant que j'ai pu ; mais lors qu'il a fallu quitter l'un pour l'autre, j'ai toujours préféré le premier. C'est à dire, qu'en quelques endroits j'ai mieux aimé faire bien sentir la force du grec et la pensée d'Anacréon en négligeant les termes, que d'avoir un soin scrupuleux des termes, en négligeant le grec et la pensée d'Anacréon.

Si ce sont des défauts, je les ai vus, et je n'ai pas voulu les ôter. Au reste j'avais recueilli des anciens un assez grand nombre de fragments de ce poète, mais j'ai trouvé à propos de ne mettre que les plus considérables et ceux qui en faisant un sens pouvaient aussi donner lieu à des remarques curieuses pour l'antiquité. J'ai donc laissé les autres fort volontiers. Les savants qui aiment les plus petits reflets des grands hommes, n'ont pas besoin de mes soins pour se satisfaire, et les gens du monde ne seront pas fâché que je n'aie pas chargé ce livre de beaucoup de choses qui ne leur auraient point donné de plaisir.


 

 

Texte trouvé et disponible sur Internet Archive (url . http://archive.org/details

/lespoesiesdanacr00anac)

 

 

Pour citer cet article

   


 

Anne Dacier, « Préface du livre Les poésies d'Anacréon et de Sappho. Traduites de grec en français avec des remarques par Mme Dacier. Nouvelle édition augmentée des notes latines de Mr. Le Fèvre », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

 

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-1-preface-du-livre-les-poesies-d-anacreon-et-de-sappho-105550333.html  ou URL. http://0z.fr/xXwRU

 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

 

 

 

http://www.universalis.fr/encyclopedie/anne-dacier/



http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Dacier


http://data.bnf.fr/12174746/anne_dacier/

 

 

Auteur(e)

 

 

 

Anne Dacier

 

 


 

 

Le Pan poétique des muses - dans n°1|Printemps 2012
23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

 

 

  Entretien inédit  

 

 

 

 

Entretien avec Wilfride Piollet

 

 Au sujet des Dames blanches et de Mallarmé

Entretien réalisé le 16 mars 2012


 

  Céline Torrent 


 

  Mot de l'auteure :

 

Tous mes remerciements à l'artiste-théoricienne Wilfride Piollet 

  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1b/Wilfride-Piollet-Lac-des-Cyges-Opera.jpg

 

 

Q1. Qu’est ce que l’absolu pour vous ?

 

Wilfride Piollet:  Qu’il n’y ait plus de temps. Être abstrait, être à l’intérieur de soi-même, juste un objet de passage...

 

 

Q2. Pourquoi le ballet Giselle symbolise-t-il à ce point, pour vous, la danse, et l’amour de la danse ?

 

WP : Le personnage de Giselle est en constante mutation : elle passe de la vie à l’abstraction de la danse. Au premier acte, elle est la  reine des vendanges…

Puis elle est brisée par la folie qui est le passage transitoire, entre son passé et son futur de Willis. Au deuxième acte, il y a Myrta, reine des Willis, reine de la danse. J’ai beaucoup aimé interpréter ce rôle, plus que celui de Giselle au deuxième acte. Myrta est dans cette autorité grave, calme, cette plénitude qui est celle de se savoir reine de la danse ; danse qui a pris le pouvoir sans implication de l’affectif, dans l’abstraction. Le ballet Giselle a été dansé à l’Opéra jusqu’en 18671. Il serait très intéressant de savoir si Mallarmé a vu ce ballet…

 

Q3. Pourquoi Mallarmé a-t-ilparticulièrementremarqué la Cornalba selon vous ?

 

WP : On a gardé très peu de chose d’elle en effet. On a seulement retenu que c’était une grande technicienne, par rapport à la Zucchi qui était connue pour son charme, sa sensualité…

La Cornalba, non…

Si Mallarmé l’a remarquée, je pense que c’est parce qu’elle était dans le plaisir de la danse et c’est tout. Elle n’a jamais spécialement fait parler d’elle, elle ne « faisait pas de charme », ou plutôt elle avait le charme qui peut toucher un poète tel que Mallarmé : une façon de s’engager soi-même par rapport à soi-même, lorsque l’on se pousse à accomplir un réel niveau d’exigence.

La Cornalba illustre parfaitement l’idée de l’anonymat, de l’ « impersonnel »…

On ne sait rien d’elle, simplement qu’un grand poète a laissé quelques lignes sublimes sur elle, ce qui est déjà gigantesque ! Nul doute qu’elle possédait une humilité intérieure, était dans l’oubli d’elle-même…

On a dit d’elle qu’elle accomplissait de superbes pirouettes, ce qui est très intéressant car, pour moi, la pirouette c’est la transformation, la manifestation d’une poésie intérieure.

 

 

Q4. Est-ce qu'il y a des échos entre la pensée de Mallarmé et la technique de danse que vous enseignez ?

 

WP : Je suis en train, en ce moment, de synthétiser quarante années de travail sur ma technique des « barres flexibles »2 [elle relit le texte « Ballets » de Mallarmé] « glaive, coupe, fleur »...3

C’est incroyable, cela correspond tout à fait aux images qui résument cette synthèse : il y a le glaive qui est la gravité du corps, la chute…

La coupe, qui est l’assise de la fleur, mobile sur sa tige comme la tête l’est sur son axe … Ces images sont vraiment similaires à celles que j’utilise, à ces métaphores que doit penser le danseur/la danseuse pour réaliser le mouvement. La vérification de l’idée (ou la métaphore) c’est la naissance du désir de mouvement4. Par ailleurs, il me semble que Mallarmé avait compris l’importance de l’autonomie du mot…

Moi, je parle de l’autonomie de chaque partie du corps qui doit être travaillée au niveau de l’imaginaire.

 

Q5. Et comment reliez-vous la technique des barres flexibles aux Dames blanches ?

 

WP : Les « barres flexibles » visent à créer un état poétique physique : c’est sentir la gravité en soi. Tel un funambule sur son fil qui n’a aucune tension dans les muscles phasiques (les muscles volontaires). Il n’est que dans ses muscles de posture, comme les dames blanches dont les mouvements sont fluides…

Dame blanche, funambule, dans leur monde d’images intérieures...

Il s’agit, à travers les « barres flexibles », d’être dans l’imaginaire…

 

 

Q6. Et votre rencontre avec Mallarmé ?

 

 

WP : Mon père m’en parlait énormément, l’admirait beaucoup… 

Moi, c’est le fait qu’il ait si bien parlé de la danse qui m’a amenée vers lui. Il est allé jusqu’au bout de ce que l’on pouvait dire du mouvement et de la danseuse…

L’un des plus beaux compliments que l’on m’ait fait en tant que danseuse est de John Cage, au moment où l’on montait Un jour sur deuxde Cunningham. Il m’a dit avant que je n’entre en scène : « Quelle joie que ce soit vous qui dansiez ce soir. Quand vous dansez, c’est comme si vous écriviez un poème ».

 

 

 

Notes 

 

 

1 La série des textes réunis sous le titre « Crayonné au théâtre » date de 1887.

2 La technique des « barres flexibles » est une technique d’enseignement de la danse classique créée par Wilfride Piollet. La barre de danse classique sur laquelle s’appuie traditionnellement la danseuse disparaît. La danseuse crée par son imaginaire ses propres « barres » dans son corps : la « coordination des différentes parties du corps ne peut se réaliser sans un "axe intérieur" ouvert. Les échanges intérieurs, ces mises en relation que  permet l’''ouverture'' [...], je les appelle barres flexibles. Dans mon enseignement, ces barres flexibles sont les outils que j’utilise pour aider le corps à se mouvoir librement, à être "ouvert", comme on le dit d’un esprit ». Wilfride Piollet, Barres Flexibles, op.cit., p.12. Notons que cette technique se base fortement sur la métaphore : il s’agit de penser mentalement le mouvement en termes d’images pour pouvoir l’accomplir physiquement

3 Mallarmé, « Crayonné au théâtre », op.cit.,  p. 201 : « À savoir que la danseuse n’est pas une femme qui danse, pour ces motifs juxtaposés qu’elle n’est pas une femme mais une métaphore résumant un des aspects élémentaires de notre forme, glaive, coupe, fleur, etc[.] »

4 Nous soulignons parce qu'il s'agit d'une phrase retranscrite (textuellement) de Wilfride Piollet.

 

 

 

Pour citer cet article

 

 

Céline Torrent, « Entretien avec Wilfride Piollet »,  in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai  2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-entretien-w-piollet-102884629.html ou URL. http://0z.fr/7Fgn7
 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent


 

 http://www.paris-art.com/

http://www.paris-art.com/spectacle-danse-contemporaine/Poetry%20Event%20II/Poetry%20Event%20II/7066.html

 

 

Auteur(e)

 

 

Céline Torrent

 

 

Céline Torrent prépare un doctorat de littérature française intitulé Poésie et chorégraphie aux XXe-XXIe siècles à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 depuis septembre 2009, sous la direction du Professeur Michel Collot.

 

Communications

  • « Poésie et chorégraphie au XXème siècle », avec la participation de Fabrice Guillot, directeur de la compagnie Retouramont, juin 2010, dans le cadre de « L’atelier actualités de la recherche et de la poésie » dirigé par Michel Collot, 4 juin 2010, Centre Censier, Université Sorbonne Nouvelle-Paris3.
  •  « Écrire la danse, danser l’écriture » : dialogue avec Laura Soudy, doctorante en littérature, université d’Avignon, dans le cadre de l’ atelier « (D’)écrire la danse », journée d’étude du 3 décembre 2010, organisée au CND de Pantin, par l’Atelier des doctorants du Centre National de la Danse.

Publications 


Rédactrice à  Entre,  L’œuvre est ouverte depuis septembre 2011

  • Chroniques agenda danse pour Entre n°1
  • « Le corps-biographie comme chorégraphie », entretien avec Cédric Andrieux, Entre numéro double 2 et 3, février-mars 2012
  • « De l’autre côté du rideau », entretien avec Alain Batifoulier et Catherine Join-Diéterle au sujet de l’exposition « L’envers du décor », CNCS, Entre numéro double 2 et 3, février-mars 2012

Rédactrice à Paris-Art (http://www.paris-art.com/), rubrique critiques de danse, depuis Avril 2010

 

Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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