16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 18:01

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Yang Geum-Hee

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

YANG Geum-Hee*

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de l’autrice Yang Geum-Hee.

 

 

 

Nids d’oiseaux

 

 

 

Les oiseaux ne bâtissent pas leur demeure
pour eux-mêmes,
mais pour leurs petits.
Ils tressent leurs nids dans les buissons,
ou nichent au creux des arbres,
et s’y réchauffent, cœur contre cœur.

 

De cette tendresse naît leur force :
ils deviennent le vent,
ils deviennent les nuages,
ouvrant leur voie vers l’azur.

 

Car ils le savent — leur destin est l’essor,
et jamais un nid n’est fait pour y rester.


 

 

Rêve de la déesse du printemps

 

 

Perséphone, fille de Zeus et Déméter,
Quelles couleurs composent la lassitude de la déesse du printemps ?
Parmi les forsythias d’or et les violettes,
Éclosent cerisiers et fleurs aux tons pourpres.
Mais près de la pierre mélancolique, sous l’arbre,
L’après-midi parle une langue solitaire.

 

Les nuages errent, vagabonds du ciel,
Prenant forme, se dissipant sans fin.
Mille ans ont passé — puis mille encore —
À méditer dans l’herbe, on rêve à la déesse du printemps.

 

Les grains de sable roulent sans repos, encore et encore,
Forgeant des mondes nouveaux à chaque tour dans ses songes.
Les vents de printemps frappent le dos de l’arbre,
Et dans l’après-midi muet, le printemps parle une langue voilée.

 

 

 

Biographie 

 

La poétesse Mme Yang Geum-Hee a publié quatre recueils de poésie et a remporté huit prix littéraires. Elle a été la présidente fondatrice de l’Association Littéraire d’Ieodo, rédactrice en chef de Jejuin News, chercheuse au Centre Jeju Sea Grant, professeure invitée à l’Université Internationale de Jeju, ainsi que la deuxième présidente de l’Association Coréenne de Littérature Mondiale.
Actuellement, elle est éditorialiste pour le Samda Ilbo, douzième présidente de Jeju PEN, et vice-présidente de la Coopération pour la paix en Corée.
Sa poésie a été traduite et présentée dans de nombreux pays.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’autrice.

* Yang Geum-Hee (Yang est le patronyme, Geum-Hee le prénom à la manière coréenne).

 

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Yang Geum-Hee », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-yanggeumhee

 

 

 

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15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 17:31

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Bémols artistiques | Critique & réception | Poésie visuelle POÉSIE &/ou olfactive | Cuisiner en poétisant 

 


 

 

 

 

 

 

 

Les œufs Bénédicte à la galerie

 

la Pierre Large à Strasbourg

 

 

 

 

 

 

Critique & images par

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

© Crédit photo : , Image no 1 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

 

 

On connaissait « les œufs Bénédict » du nom de l’ inventeur de la recette à New York en 1930, nous avons maintenant « les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach.

 

Ses œufs se déclinent sur six variations car de la naissance à la mort, les corps, avec lesquels ils ont partie liée, ne cessent de se transformer au fil d’un temps qui les fait et les défait.

Bénédicte Bach explore ces  différentes métamorphoses depuis la petite fille qu’elle a été à la mère qu’elle est devenue en donnant naissance à son fils.

 

Pour ce faire et dans l’attente de la mise au monde de son enfant, c’est à Rome qu’elle est allée se ressourcer et qu’elle a trouvé la sérénité. Il en résulte une série de magnifiques photographies de sculptures en noir et blanc nimbées de luminescence.

 

 

© Crédit photo : , Image no 2 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

 

Dans sa série de boîtes de Petri, l’artiste a observé l’évolution de micro-cultures, un univers en miniature où la beauté des images irradiantes de couleurs confine à celle d’une mort annoncée mais toujours joyeuse, pimentée de petits grains de folie et d’un zeste de poésie.

Car chez la femme qu’elle est devenue, la petite fille ne cesse de renaître dans un renouveau toujours recommencé qui accompagne la créatrice et qu’elle met en scène. C’est ainsi qu’on la voit donner le biberon à un immense ours en peluche. Ailleurs, son corps qu’elle photographie elle-même avec un déclenchement à retardement, devient cet obscur objet du désir, puis le temps poursuit son œuvre comme Bénédicte Bach s’adonne à la sienne.

 

Au-delà des images et de la magnifique vidéo qui invite à appréhender « le lait des rêves » qui se transmet de mère en fille, la plasticienne, également autrice, a rédigé un texte très intime « Egographie » qui raconte la « difficulté d’être mère », car écrit-elle, en parodiant Simone de Beauvoir « On ne naît pas mère, on le devient ».

 

 

© Crédit photo : , Image no 3 de l’exposition « Les œufs Bénédicte » au féminin proposés par la plasticienne Bénédicte Bach à la galerie la Pierre Large à Strasbourg prise par Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.

 

Et c’est en faisant un pied-de-nez aux idées reçues concernant la maternité que Bénédicte Bach donne à entendre sa voix singulière et féministe dans le chœur universel des mères, le tout, bien évidemment, nimbé d’un léger et savoureux nuage de poésie !

 

© Françoise Urban-Menninger

 

Exposition à découvrir à la Pierre Large à Strasbourg jusqu’au 25 octobre du mercredi au samedi de 16H à 19H, URL. www.galeriepierrelarge.fr


 

***

Pour citer ce bémol artistique illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographies fournies), « Les œufs Bénédicte à la galerie la Pierre Large à Strasbourg », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 15 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/fum-lesoeufsbenedicte

 

 

 

 

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15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 17:00

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Réflexions féministes sur l’Actualité | Revue culturelle des continents / Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier


 

 

 

 

 

 

 

 

Génération Z 212. T = A/O x V. Extrait 1

 

 

 

 

 

Texte & image remastérisée par

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre & photographe

 

 

© Crédit photo : Anonyme, « Génération Z 212 ». Remastérisation par Mustapha Saha.

​​​​​

 

Paris. Lundi, 6 octobre 2025. Je reçois une photographie du Maroc. Une fille, poing levé, porte un tee-shirt gris floqué de l’inscription GenZ 212. T = A/O x V. Le code m’intrigue. L’imaginaire s’emballe. Le cryptogramme énigmatique me paraît talismanique. La révolte de Génération Z 212 serait-elle un complot de sorcières métamorphosées en pythonisses webiques. Le Maroc pays de superstition, de fétichisme, de totémisme. Les sanctuaires des saints leurs secrets. Mais, qui sont ces jeunes, sortis de nulle part qui secouent, du jour au lendemain, les consciences dormantes ? Les réseaux drainent, à leur habitude, les rumeurs les plus folles. Les journaux surenchérissent. Certains parlent d’extraterrestres, d’humanoïdes, de golems téléguidés par l’intelligence artificielle.  D’autres de conjurations occultes. En 1967, Henri Lefebvre analyse les risques encourus avec le technocratisme.  (Cf. Henri Lefebvre, Position contre les technocrates, éditions Gonthier). Il a l’intuition des cybernanthropes, enfantés par les ordinateurs, des individus conçus comme des processeurs informationnels autogérés, autorégulés, disposant d’énergies dont ils calculent minutieusement les applications. Ils n’investissent qu’à coup sûr. La vie affective est considérée comme une survivance archaïque, obsolète, caduque, une résurgence périodique, une faiblesse spasmodique. Les cybernanthropes mènent leurs projets avec une rationalité technicienne. Leur langage n’est accessible qu’aux initiés. La génération Z désire reconquérir son humanité, se libérer de l’enfermement numérique, s’investir dans la réalité des choses, à la base. La technologie de pointe se retourne contre son instrumentalisation ultralibérale. On jette d’immenses ressources dans l’abîme, dans l’industrie militaire, l’aventure spatiale, l’intelligence artificielle. On lésine quand il faut nourrir, soigner, loger, éduquer. L’anthropologue David Graeber, un ami foudroyé dans la force de l’âge pendant la crise covidaire, a publié des ouvrages de référence sur ces enjeux. Voir : Mustapha Saha, David Graeber nous regarde, Revue du Mauss, Cnrs, 2023, disponible sur le web.

 

J’adapte le malicieux canular pseudo-épistémologique. La formule T = A/O x V définit les déséquilibres entre le rythme des désirs et l’ankylose des institutions. Elle sert à penser le seuil critique à partir duquel la tension devient un moteur de transformation. T désigne à la fois la tension et la transformation. A qualifie l’aspiration. O signifie l’opportunité. V indique la vitesse de réalisation des modèles mondialisés, digitalisés. Quand l’aspiration augmente plus vite que l’opportunité, la tension s’accroît. Elle aggrave la frustration. Le décalage entre les attentes de la jeunesse et les complications institutionnelles amplifie à la vitesse numérique des imaginaires. La société se retrouve dans une situation d’accélération sans synchronisation. Les diplômés n’ont le choix qu’entre sous-emploi et désœuvrement. L’antagonisme ainsi déclenché n’est pas forcément une impasse. Elle peut être une pertinence de changement. Une société sans dissonances est une société flaccide, figée, fossilisée. Le défi consiste à convertir la tension en énergie transformatrice, créatrice de nouveaux horizons. T = A/O x V est une métaphore dynamique, cinétique, opératoire. Elle pose les relations entre deux pôle antinomiques, entre thermodynamique et inertie, vitalisme et stagnation. Si l’énergie de la tension est judicieusement investie, elle ouvre des perspectives épanouissantes. Si elle est étouffée, elle explose en émeutes réelles. Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que cette équation est une fausse équation mathématique, fortuitement fournie par l’intelligence artificielle. Et pourtant, elle contient une indéniable vérité sur l’absurdité du système. S’opposent, dans une dérive rhizomique, les sensibilités désirantes au machines planificatrices. 

 

Les scénarios philosophiques de Gilles Deleuze et de Félix Guattari dans L’Anti-Œdipe, éditions de Minuit, 1972, et dans Mille plateaux, éditions de Minuit, 1980, s’accomplissent. Le rhizome se développe horizontalement dans toutes les directions. Il est polymorphe. Il n’a pas de centre. Sa progression peut être chaotique. Cette figure fractale s’oppose aux structures pyramidales. Elle ne se subordonne à aucune verticalité. Le rhizome est linéaire. Il se forme élément par élément, de proche en proche. Il se démultiplie sans plan prédéterminé. Il prolifère dans l’immanence. Son élasticité permet des mutations continuelles. Son hétérogénéité autorise des connexions tous azimuts. Sa ductilité génère des ramifications sans limites. En cyberculture, le rhizome est une mise-à-jour permanente. Il est souterrain, clandestin, illicite. Génération Z 212 est rhizomique par excellence. Elle joue à la révolution. Elle est la révolution. Elle décline, jour après jour, ses manifestations, ses démonstrations, ses proclamations. Elle se déploie, phase par phase, en carte avec ses nombreuses entrées, indéterminables d’avance. Elle est une équation à multiples inconnus. Elle contourne les certitudes, les confirmations, les infirmations. Elle évolue dans le mystère. Ses plausibilités se cueillent comme des fruits mûrs.

© Mustapha Saha.

Sociologue.

—————

Pour citer cet extrait illustré & inédit

 

Mustapha Saha (texte & image remastérisée), « Génération Z 212. T = A/O x V.  Extrait 1 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 15 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ms-generationZ

 

 

 

 

 

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7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 18:48

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Philosophies & sagesses en poésie | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

À celle qui viendra /

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle inédite par

 

Denis Emorine

 

Traduction inédite en anglais par

 

Michael T Steffen

 

 

 

 

Crédit photo : Jacob Van Loo (1614-1670), « La mélancolie », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

​​​​​

 

À celle qui viendra

 

 

 

À Jayant Dhupkar

 

 

La salle était pleine de monde. Un léger brouhaha s’éleva. L'écrivain regardait fixement devant lui, l’air absent. Il en avait assez qu'on le consulte comme un oracle alors qu’il n'avait rien à dire. Oppressé, il regretta d’être venu. Il se sentait comme un poisson rouge dans un bocal. La première question le fit sursauter :

« Que pensez-vous de cette épidémie qui s’abat sur le monde ?

Il haussa un peu les épaules et ne répondit pas. On répéta la question. L’écrivain garda le silence. Il y eut quelques murmures de désapprobation dans l’assistance. À ce moment-là, son attention fut attirée par une femme qui le regardait avec attention. Elle avait les yeux d’un bleu qui lui rappela ceux de sa mère. Était-ce elle qui l’avait sollicité ? Non, probablement pas,mais elle le dévorait littéralement du regard.

D’autres questions lui parvinrent. Notamment celles-ci : « De quoi parle votre dernier livre ? Pourquoi ce titre : "À celle qui viendra"? »

 

Combien de temps avait passé ? Il lui sembla que la salle se vidait peu à peu. Ce qui le laissa indifférent.

À ce moment-là, la femme aux yeux bleus se leva en se dirigeant vers lui. Elle le fixait avec insistance. Ils étaient seuls à présent. Tout le monde était parti. L’écrivain se mit debout machinalement. Elle lui prit la main. Il ressentit une espèce de décharge électrique. La ressemblance de l'inconnue avec sa mère le frappa. il avait l'impression de redevenir un petit garçon. « Tu m'attendais depuis si longtemps….», lui murmura-elle en effleurant sa joue. L'inconnue le guidait doucement vers la sortie. Plus rien n'avait d'importance. Une fois dehors, il eut très envie qu’elle le prenne dans ses bras ; ce qu'elle fit, d'ailleurs.

Il se demanda où elle l’emmenait. Sa mère était morte depuis une bonne dizaine d’années… À plus de soixante ans, l’écrivain y pensait parfois en se demandant pourquoi, un jour, il faut devenir orphelin.

La femme aux yeux bleus le regarda à nouveau.

Il ne sentit pas la mort arriver.

 

 

She is coming for me

 

 

 

 

For Jayant Dupkar

 

 

The room was full of people. A light stirring arose. The writer gazed absently before himself. He was tired of being consulted like some oracle, when he had nothing to say. Stifled, he  regretted having come. He felt like a goldfish in a bowl. The first question startled him :

‘What are your thoughts about this epidemic that’s ravaging the world ?’

He shrugged his shoulders a little and didn’t respond. The question was repeated. The writer kept silent. There were murmurs of disapproval among the gathering. Just now his attention was drawn to a woman who looked at him attentively. Her eyes were of a blue that reminded him of his mother’s eyes. Could it have been she who had brought her to him ? No, probably not, but she was literally devouring him with her look.

More questions were asked of him. In particular these questions : ‘What is your latest book about ?’ ‘Why have you called it, She is coming for me ?’

 

How much time had gone by ? It seemed to him the room was emptying little by little. He couldn’t really care less. Now the woman with blue eyes got up and headed toward him.  Her stare at him was insisting. They were alone now. Everybody had left. The writer arose mechanically. She took his hand. He felt a kind of electrical pulse. He was struck by this stranger’s resemblance to his mother. He was under the impression he was turning back into a little boy. ‘You’ve been waiting for me for so long,’ she whispered to him with a tender smile. The stranger guided him gently toward the exit. Nothing else mattered. Once they were outside, he so wanted her to take him in her arms. And this she did. 

He wondered where she was taking him. His mother had been dead for some ten years. In his sixties now, the writer thought about her at times and wondered why the day ever came that left him an orphan.

The woman with blue eyes looked at him again.

He couldn’t even feel himself dying.




 

© By Denis Emorine, Translated from the French by Michael T Steffen

***

Pour citer cette nouvelle bilingue français-anglais, illustrée & inédite

 

Denis Emorine, « À celle qui viendra / She is coming for me », traduction inédite en anglais par Michael T Steffen, peinture par Jacob Van Loo (1614-1670), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 7 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/emorine-acellequiviendra

 

 

 

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5 octobre 2025 7 05 /10 /octobre /2025 17:59

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Spiritualiés, croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

 

 

 

 

 

La mante religieuse

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes & image par

 

Paul Tojean

 

 

 

© Crédit photo : Paul Tojean, « LE CALVAIRE DE SAINT PAUL », Collage

​​​​​

 


Convoité fidèlement par la mort abstraite

 

Enfin épargné du monde sourd à ses douleurs

L’insurgée couvrira de baisers mon squelette

Dépouillé. L’ensemble sera orné de fleurs.

(Épitaphe pour une éternité)



 

Rebelle sans fard sombre convoiteuse

L’amante m’invite dans son sanctuaire

Ses maigres bras m’entourent et me serrent

Tendrement. Ah, mante religieuse !


 

Je suis soumis aux baisers qu’elle me donne

Dans ce lieu obscène au souffle de stupre

Un air d’encens embaume le sépulcre

Puis je sens ma tête qui tourbillonne


 

L’étreinte se resserre. Je suis ivre,

Mystique et religieusement fidèle.

Des vêtements s’entassent pêle-mêle

Je tremble… J’ai froid… La mante s’enivre…

 

…………………………………………………..

 

L’ennui devient songe où tout prend forme

J’évoque la mort et délie la vie

Et voilà que pour chaque chose informe

Tout redevient simple chorégraphie.



 

© Paul Tojean

(extrait de (Spiritualité & Renaissance »)










 

 

 


 

QUAND JE MOURRAI…

 


Quand je mourrai, je voudrais être seul

Au milieu d’un bosquet de nulle part…

Les étoiles n’auront plus de noms

Les mimosas ne fleuriront plus.

 

 

Quand je mourrai, les flibustiers

Avec élégance se vengeront

Les femmes se repentiront

De m’avoir jadis laissé tomber.

 

 

Quand je mourrai, je voudrais des soleils

Jusqu’à la cime des peupliers

Je voudrais que tout finisse avant l’aube

Que mon corps se perde dans la Nature.

 

 

Quand je mourrai, je voudrais – je vous prie

Que l’on chante et boive à ma santé

Je voudrais enfin que l’on me retrouve

Des années-lumière plus tard.

 

Ici-bas !


 

© Paul Tojean

(extrait de (Spiritualité & Renaissance »)







 

***

Pour citer ces poèmes illustrés & inédits

 

Paul Tojean (poèmes & collage), « La mante religieuse » avec un collage, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menningermis en ligne le 5 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/tojean-lamantereligieuse

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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