13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 18:56

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Articles & témoignages | Muses au masculin 


 

 

 

 

 

 

 

Stig DAGERMAN

 

 

 

 

 

Article & photographie par

 

Marc Chaudeur

 

Écrivain, poète et philosophe

 

 

 

© Crédit photo : Marc Chaudeur, « Stig Dagerman » tirée du journal dans lequel il publiait un billet quotidien dans les années 50, il s'agit du journal anarcho-syndicaliste ARBETAREN (Le Travailleur).

 

                                                                  

                                                             

        Deux choses me remplissent d'horreur :

le bourreau en moi et la hache au-dessus de moi 

(L'Île des Condamnés)

                     

                                              

        Le 4 novembre 1954, Stig Dagerman s'est donné la mort dans le garage de l'Hôtel Inn, au Nord de Stockholm, dans la banlieue d'Enebyberg. Il y fuyait son propre domicile, en quête d'une inspiration enfuie et pour tenir un peu à distance la souffrance que lui infligeait son impuissance, l'éloignement et certaines relations de son épouse, la grande actrice Anita Björk. Il avait trente-et-un ans. La quatrième ou cinquième tentative avait réussi, cette fois. Suicide ? Sa fille Lo a livré une interprétation significative de son geste. Elle assurait, en se fiant à sa connaissance de son père, que Stig était allé, en s'abandonnant aux gaz de sa voiture, à l'extrême limite, au bout du seuil de la mort, pour susciter un sursaut de vie en lui ; pour insuffler à nouveau dans son être épuisé une impulsion apte à lui restituer la plénitude de sa puissance créatrice cette veine en apparence épuisée depuis quatre années déjà.

Peut-être connaîtrait-elle un rebond, là, sur l'extrême crête du néant ? Non : après toute une existence d'incurable solitude, Stig est tombé de l'autre côté.

 

 

Condamné et seul sur une sente glacée

 

C'est l'aboutissement tragique d'un parcours qui a commencé vers 1949, quand l'inspiration de Stig s'est essoufflée. La biographie de Stig Dagerman, me semble-t-il, est assez bien connue en France, au moins par un certain  lectorat. Reste à l'interpréter.

En 1948, à l'âge de 24 ans, Stig Dagerman a publié L'Enfant brûlé (Bränt barn). Ce n'est sans doute pas son meilleur roman, mais c'est le plus... intense et le plus révélateur de la psychologie de Stig. Ses romans et ses nouvelles tournoient comme une toupie incandescente autour de ce tison aveuglant qu'est son intériorité, son âme. L'Enfant brûlé est son troisième roman. Dans les précédents, L'Ile des Condamnés (1946) et Le Serpent (1945), Stig exhale avec une puissance extraordinaire les forces qui l'animent et qui le minent : la peur ; l'angoisse. La culpabilité – il est en cela représentatif de sa culture, luthérienne et scandinave. L'amour ; le désir pulsionnel. La liberté – et le silence. Le silence, enfin.

Le monde de Stig, en cette année 1954, est sourdement, mais violemment contrasté. La Suède, neutre pendant la Seconde guerre, récolte à la fois les bénéfices et les pertes de ce choix. Peu de destructions, mais peu d'aides extérieures. L'ambiance de ces années là est feutrée, un peu empoisonnée par l'importance numérique des adhésions au nazisme, dès avant 1933, sur laquelle on entretient un silence pesant. Les reliefs d'un certain servage (le statare) disparaissent, à la campagne. Partout, le capitalisme s'étend à toutes les relations sociales. L'industrie se développe d'une manière impressionnante ; le mouvement ouvrier se muscle, se structure et se renforce et avec lui, la social-démocratie, signe distinctif de l'identité suédoise. Stockholm se transforme, perd un peu de son allure singulière, à la fois aristocratique et quelque peu rurale, pour accéder à une certaine modernité un peu grise. Stig déplore ces transformations, notamment dans son quartier affectionné de Klara, qui s'embourgeoise à pas forcés.

Stig sort alors d'une période plus qu'éprouvante. Le succès l'a atteint avec brutalité, comme une flèche dans le mille, après Le Serpent, son premier roman (1945). Il a vingtdeux ans. Par une narration à la fois linéaire et élaborée, il y expose une figuration dépouillée et obsédante de la peur. Car le serpent, c'est la peur : l'image d'une obsession rampante, insidieuse, venimeuse, fascinante. L'image même de l'abîme, de la culpabilité que Stig éprouve depuis l'enfance. Abîme de la peur – et de l'angoisse ; car à cette époque, Stig sait-il de quoi il a peur, et connaît-il la source de cette souffrance qui le lance depuis... Depuis quand ? Depuis sa naissance, sans doute. Depuis ses premières années d'enfance et d'efforts pour persister à vivre.

En vérité, Stig a peur – de ne pas exister. Et d'exister. Il faut remonter très loin pour comprendre cela.

Il y a ensuite L'Île des Condamnés (De dömdas Ö, 1946). Un roman social, mais abyssal, à la fois d'anticipation et très actuel. Un mixte de roman prolétaire suédois et de Camus. Un texte pesant à force de densité, éprouvant à lire ; implacable. Un Robinson 

Crusoë collectif, métaphysique et tribal. Condamné sans rémission, dès l'entrée de cette très longue narration. Pas de salut, pour Stig : car qu'est-ce qui pourrait bien nous sauver de la déréliction et de la chute ? Ici se révèle une constante de l'œuvre de Dagerman : la confusion culturellement très luthérienne entre mort et condamnation morale, damnation. Mourir ici, c'est presque toujours être damné ; et c'est aussi, comme l'écrit Dagerman ailleurs, en 1952, la seule espèce de liberté possible. Mourir, c'est se libérer enfin, et c'est s'abandonner au silence libérateur. La perte absolue est la seule vraie liberté.

 

Désespoir et confessions

 

Deux années plus tard, Dagerman mêle à nouveau réalisme social, désespoir éthique et métaphysique ; mais cette fois au sein d'une confession. Car le temps des confessions est venu, dans ses romans, drames, essais et poèmes, succédant à des constructions narratives plus distanciées. Des confessions d'une insondable profondeur ; bien plus proches de Kierkegaard que du pathos « existentialiste » (Sartre, Camus, et leurs épigones), qui cependant, l'a influencé quelque peu.

L'Enfant brûlé est le roman nodal, le roman de la crête, avec l'abîme de chaque côté.  D'une certaine manière, il est autobiographique. Il l'est en tout cas dans les linéaments de sa narration, et surtout, dans l'expression de sentiments, d'affects douloureux et extrêmes, brûlants et déjà, suicidaires. Souffrance du jeune Bengt. Un prénom courant en Suède : Benedict, donc le Béni. Un prénom qui exprime la contradiction d'où la vie renaît : le salut au fond de la chute, comme le pseudonyme de cet être si sombre qu'est Stig Halvard Jansson, Stig Dagerman, doit produire à partir d'un insondable désespoir la lumière, l'aurore d'une conscience nouvelle... La mère de Bengt vient de mourir. 

Souffrance sociale aussi, dont témoigne – et de quelle poignante manière – l'étroitesse des lieux, domicile et lieu de travail ; celle des liens (amicaux ou amoureux) ; la cruauté du comportement de Bengt avec les femmes, avec sa fiancée Berit ou sa belle-mère Gun. Méchanceté ? Mé-chéance, en tout cas : Bengt est « mal tombé », assurément, à ses propres yeux ; les autres lui sont étrangers, ici. Alors, confession de Stig, ou bien dénonciation par Dagerman de cette « méchanceté » et de ses origines sociales ? Ou les deux, intimement liées ? 

Étroitesse des esprits, surtout ; leur manque d'aplomb, de surplomb et de points de fuite. En un sens, elle est celle de Stig lui-même : en témoigne cette contrainte à se débattre sans cesse avec des démons absents de classes sociales plus favorisées, la confusion chez ce jeune journaliste anarcho-syndicaliste d'une éthique socialiste sans guère de base théorique et de la veille morale luthérienne de son milieu... 

Et cette confusion est l'une des sources de la compassion qu'on porte presque nécessairement au jeune écrivain : car ce manque d'analyse précise et de distanciation est clairement l'un des facteurs fondamentaux de la souffrance de Stig. Mais dans cette compassion-là joue aussi la paradoxale et extraordinaire expressivité de Dagerman : il nous est si présent, en nous-mêmes, et en même temps, l'époque d'où il nous écrit est si différente, si lointaine...

Bengt, vingt ans, agressif, parfois retors, se rebelle de diverses manières contre son père Knud, ouvrier terrassier. Ce père lui fait horreur. Sa mère vient de mourir ; et il commence par haïr celle qui vient prendre sa place. Mais il en tombe (mot doublement adéquat, ici) amoureux. Il l'agresse d'abord ; puis il l'entreprend et l'investit comme une supposée forteresse. Abîme insondable de la culpabilité, de la peur et du désespoir, pour Bengt. Il s'ouvre les veines. Alors, perdant de son poignet sa sève vitale, il connaît enfin l'harmonie, l'accord merveilleux avec son père, avec Gun, avec sa fiancée, avec le monde tout entier. Le tourbillon de l'abîme lui fait vivre sa pleine liberté ; Dagerman  notera dans son essai de 1952 , Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, comment seule la mort fait accéder à la liberté. À la silencieuse liberté. Mais Bengt échappe à la mort et négocie ensuite avec sa souffrance.

En Suède, ce roman, très admiré, a cependant scandalisé autant qu'il a étincelé. Sur cette crête de l'existence et de la création de Dagerman, on ne voit, plus loin vers le seul point de fuite, la mort, qu'Ennuis de Noce, en 1949, et Dieu rend visite à Newton (1954). Et le court essai de 1952, déjà nommé. Et le poème Suite Brigitta (Birgitta Svit), en 1950. Les deux premiers, sommets littéraires, sont en réalité des sursauts de vie dans la longue glissade vers l'abîme de Stig. Comment trouver la lumière, l'aurore, par delà la peur ? Peur du vide, de la solitude ; de l'abandon.

Stig fait la connaissance d'Annemarie Götze lors de ses activités au journal Arbetaren (Le Travailleur). Elle est la fille de militants anarchistes allemands réfugiés en Suède après 1933. Il l'épouse en 1943 ; ils ont deux enfants, deux fils, René et Rainer. Amour et complicité. Beaucoup d'éclats de rire, promenades à vélo dans Stockholm et plus loin au Nord.Et en bateau : l'un de ces bateaux qui sinuent entre les Îles de l'Archipel, juste à l'Est de la capitale, et se posent devant l'une d'entre elles. Ils appartiennent à cette compagnie Waxholm où Stig a travaillé à seize ans, en fils d'ouvrier désargenté. 

Et puis, et puis... Stig, comme plus tard Bengt, le « héros » de L'Enfant brûlé, vit une relation amoureuse et sensuelle avec sa jeune belle-mère, Elly. Et toute sa vie, toute l'histoire de son corps et de son esprit, la mémoire inscrite en lui de toute sa souffrance, de sa condition, de son angoisse, de son désespoir font éruption et se cristallisent sur cet amour vertigineux. C'est une histoire d'abandon.

Avant que Stig ne vive avec son père à Stockholm, ses grands-parents l' élèvent à la campagne, près de Gävle, à deux heures de voiture de la capitale. Quand il a six ans, un paysan devenu fou assassine son grand-père. Sa grand-mère succombe peu de temps plus tard au saisissement et au chagrin. 

Avant cela, avant l'âge de six ans, Stig ne cesse de demander : où est ma mère ? Pourquoi n'est-elle pas avec moi ? Pourquoi suis-je seul ? Pourquoi me laisse-t-on avec ma peur ? Pourquoi n'entends-je que les hennissements des chevaux, les poules et les coqs, les vieillards de l'hospice voisin, et quelques grognements ? Pourquoi ce puits noir sans fond ? Pourquoi l'Enfer ? Pourquoi ce vertige ? Pourquoi ce vide ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ?

                                                                                                               

© Marc Chaudeur

 

 

Bibliographie sommaire (en français)

Romans :

Le Serpent, Gallimard, 1966

L'Île des Condamnés, Denoël, 1972 (Agone, 2002)

L'Enfant brûlé, Gallimard, 1956 (1981) Ennuis de noce, Maurice Nadeau, 1982 (2016)

Nouvelles :

Dieu rend visite à Newton, Denoël, 1976

Le Froid de la Saint-Jean, Maurice Nadeau, 1988 (2016)

Poème :

Suite Birgitta, Æncrages, 2023 Essai : 

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1981 (1993) Sur Stig Dagerman (en français) : 

RANELID Björn, Mon nom sera Stig Dagerman, Albin Michel, 1995

ÜBERSCHLAG Georges, Stig Dagerman ou l'innocence préservée, L'Élan, 1997

GOMEZ Freddy, L'Écriture et la Vie, trois écrivains de l'éveil libertaire, St. Dagerman, Georges 

Navel, Armand Robin, Édts libertaires, 2011

Le MANCHEC Claude, Stig Dagerman, la liberté pressentie de tous, Le Cygne, 2020 Le MANCHEC Claude, Le Rire caché de Stig Dagerman, Essai, L'Elan, 2023.

 

***

Pour citer cet article illustré & inédit

 

Marc Chaudeur (texte & photographie), « Stig DAGERMAN », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 13 novembre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/mchaudeur-stigdagerman

 

 

 

 

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27 octobre 2025 1 27 /10 /octobre /2025 17:52

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossiers majeur & mineur | Florilèges | Fictions féministes


 

 

 

 

 

 

 

le voyage de l’éternel retour

 

 

 

 

 

 

Poème & photographie (fournie)

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

 

Crédit photo : Franz Marc (1880-1916), « Frau im Wind am Meer » ou « Femme dans le vent au bord de la mer », tableau peint en 1907 & tombé dans le domaine public, image libre de droits fournie par Françoise Urban-Menninger.

 

 

 

 

suis-je encore moi-même

quand sous le miroir de l’onde

ma mort m’étreint

de ses longs bras verdis d’algues marines


 

j’ai entrepris le voyage de l’éternel retour

qui de moi à moi

me ramène dans le ventre originel

où naît cette langueur d’être au monde


 

les vagues revêtues de lamelles d’argent

y ont des ondulations de serpent

parmi elles je me transmute

en une chevelure d’écume


 

la houle se propage en moi

défait la chair bleue du poème

le ciel zébré d’éclairs

soulève parfois mon âme sous les flots


 

j’ai encré ma rime en pleine mer

car je n’ai pour tout horizon

que cette dernière saison

où la mort me fait danser dans sa lumière

 

 

© Françoise Urban-Menninger, octobre 2025.


 

***

Pour citer ce poème lyrique, engagé, élégiaque & illustré

 

Françoise Urban-Menninger, « le voyage de l’éternel retour », peinture par Franz Marc (1880-1916), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger, mis en ligne le 27 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiv/fum-voyagedeleternelretour

 

 

 

 

 

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19 octobre 2025 7 19 /10 /octobre /2025 17:27

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » | Dossier mineur | Florilège | Astres & animaux / Nature en poésie... & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol

 

 

 

 

 

Deux poèmes, biographie traduits & image (fournie) par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

Deux poèmes par

 

KANG Byeong-Cheol*

 

 

 

Crédit photo : Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), illustration d'une nature morte de pappus & d’aigrettes de pissenlit avec un papillon, peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran d’une image libre de droits trouvée sur le Web.

 

Instant parfait  

 

 

Les pétales de la fleur, alourdis par la pluie,
sont fragiles mais beaux — ils restent en vie.

 

Ils brillaient autrefois sous la lumière éclatante —
maintenant, ils tombent en silence,
offrant leur chute avec humilité,
préparant le sol à l’abondance des fruits.

 

Tout suit les lois du changement,
tout s’écoule, sans exception.

Dans la lente chute des pétales,
on peut entrevoir les graines du fruit à venir.


 

Un instant parfait glisse avec une légère tristesse,
tandis que tout contient déjà la promesse de demain.

Dans la quête d’une vie en abondance,
les pétales tombent, sans laisser de trace.


 

 

La liberté des graines de pissenlit

 

 

Il n’y a pas d’amour sans liberté.
Tous les êtres,
suivant leurs propres sentiers,
respirent librement dans la lumière.

 

Le besoin d’attacher l’autre,
ce n’est que servitude,
une ombre de possession
indigne du nom d’amour.

 

Le pissenlit berce ses graines,
puis les laisse enfin partir,
dans le vent qui les disperse,
entre les doigts du ciel.

 

C’est cela, l’amour,
un lâcher-prise,
une confiance sans fin.

 

La liberté seule
est la source de la vie,
la première résonance de l’amour
et son dernier souffle.


 

Biographie

 

Le poète Dr. Kang Byeong-Cheol est un auteur coréen, né en 1964 à Jeju, en Corée du Sud. Il a publié un recueil de nouvelles en 2005 et a depuis remporté huit prix littéraires et publié plus de douze ouvrages. De 2009 à 2014, il a été membre du Comité des écrivains en prison (WiPC) du PEN International. Titulaire d’un doctorat en science politique, il occupe actuellement le poste de vice-président de l’Institut coréen pour la paix et la coopération ainsi que celui de vice-président du PEN de Jeju. Il est le président fondateur de l’Association coréenne de littérature mondiale.

 

 

© Biographie & poèmes traduits de l’anglais par Irina Moga, avec la permission de l’auteur.

* Kang Byeong-Cheol (Kang est le patronyme, Byeong-Cheol le prénom, à la manière coréenne).

—————

Pour citer ces poèmes & biographie traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes & biographie traduits), « Deux poèmes par Kang Byeong-Cheol », peinture par Barbara Regina Dietzsch (1706-1783), Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 19 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/irinamoga-kangbyeongcheol

 

 

 

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 17:35

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... »  | Dossier mineur | Articles & Témoignages / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préface de « Nos muses les murs »

 

(éditions Mindset, 2025)

 

 

 

 

 

 

Extrait inédit par

 

Alexandra Cretté

 

 

 

© Crédit photo :  Première de couverture illustrée de l'anthologie intitulée « Nos muses les murs » parue aux éditions Mindset, 2025.

 

 

 

Les murs sont-ils les pages publiques de nos âmes ? En ce siècle d’écrans et ces décennies de plates machines quadrangulaires, doubles permanents de nos paumes, ce livre propose des chemins de mots-relations nécessaires entre nos espaces. Intérieurs. Extérieurs. Intimes. Politiques.

Un va-et-vient de la phrase de l’autre à la phrase de soi. De la page blanche à celle conquise. De l’angle de la rue au palais de la signification.

Dans notre histoire et notre géographie, les hommes montent des murs contre leurs propres peurs. Des murailles qui séparent leurs démons intérieurs d’autres démons. Fantasmés, symboliques, idéologiques, déshumanisés. Méfions-nous des murs que nous montons en chantant.  Ils deviennent facilement ceux de nos hontes ou de notre propre prison.

Ainsi la parole libre a-t-elle été – depuis fort longtemps – celle, anonyme, qui recouvre les murs. Éphémère, iconoclaste. Fanatique, elle aussi. Écrire sur le mur c’est défier l’ordre, l’espace ordonné, pour, pendant quelque temps, proposer autres mots, autres chants, autres voix.

Écrire en contre-chant ou en contre-misère, en contre-solo.

Écrire et partager dans le coin du miroir quelques signes de vie. D’espoir de beauté ou de mémoire.

Rire des monstres. Faire entendre le silence après le sang des armes.

Vous ouvrez un livre-passage, randonnée entre murs et mots. Comme si le mur reflétait la poésie, ses formes et ses tonalités.

C’est un livre pluriel et polyphonique. Un orchestre construit à la façon des fanfares de carnaval où chacun s’apporte lui-même afin de défier la mort et le rouleau du temps.

C’est un livre ami enfin pour s’apprivoiser.

« On ne connaît que les choses que l’on apprivoise (...). 

Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! » Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit prince*

 

 

© Alexandra CRETTÉ, 2025.

 

* Préface illustrée et dévoilée en avant-première avec l’aimable autorisation de la préfacière, la maison d'édition citée ci-dessus et la coordinatrice éditoriale de l'anthologie Arwa Ben Dhia.

 

—————

Pour citer cet extrait engagé, illustré & inédit

 

Alexandra Cretté, « Préface de « Nos muses les murs » (éditions Mindset, 2025) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 18 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/ac-preface

 

 

 

 

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18 octobre 2025 6 18 /10 /octobre /2025 16:51

N° IV | AUTOMNE 2025 | LE MAL DE VIVRE... » / Muses au masculin | Revue Culturelle des Continents | Annonces diverses / Avis de parution & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vient de paraître aux éditions Mindset,

 

l’anthologie « Nos muses les murs »

 

coordonnée par Arwa BEN DHIA

 

 

 

 

Présentation & images par

 

Arwa Ben Dhia

 

Poète polyglotte, auteure, ingénieure, docteure en électronique & Ambassadrice de la Paix (CUAP) 

 

​​​​​Page Linkedin :

https://www.linkedin.com/in/arwa-ben-dhia-phd-0538b011/

 

 

 

© Crédit photo :  Première & quatrième de couverture illustrée de l'anthologie intitulée « Nos muses les murs » parue aux éditions Mindset, 2025.

 

Avis de parution

 

Une nouvelle anthologie intitulée « Nos muses les murs » vient de paraître aux éditions Mindset, coordonnée par moi (Arwa BEN DHIA), sous l'égide de l'association culturelle Apulivre en collaboration avec la revue Oyapock dirigée par Alexandra CRETTÉ outre-Atlantique.

 

Cette anthologie préfacée par Alexandra CRETTÉ, où les murs inspirent les poètes de presque tous les continents (d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique), petits et grands (puisque deux poétesses enfants y ont contribué), sera présentée et mise à la vente par l’association Apulivre lors de différents événements dont le premier est le salon du livre franco-amazigh se tenant à la mairie du 13è arrondissement de Paris le samedi 18 octobre de 13h à 19h

 

 

Coordinatrice

 

Arwa BEN DHIA est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieur télécoms en France. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Son dernier recueil « Les quatre et une saisons » coédité en octobre 2024 par les éditions du Cygne en France et les éditions Arabesques en Tunisie a reçu un Diplôme d’Honneur 2024 décerné par la Société des Poètes Français, ainsi que le prix littéraire Dina Sahyouni 2025 décerné par la SIÉFÉGP. Ce recueil, ainsi que son avant-dernier « Silence Orange » ont été transcrits en braille. Arwa a participé à plusieurs revues et anthologies poétiques. Elle est membre de plusieurs associations dont la Société des Gens de Lettres (SDGL) et la Société des Poètes Français (SPF). Arwa a aussi été honorée en 2025 par la distinction d’Ambassadrice de la Paix attribuée par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP) et a reçu le Prix de la Francophonie par la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie (SAPF).

 

 

Préfacière

 

Alexandra CRETTÉ, née à Aubervilliers en 1978, est autrice de poésie, de nouvelles, de théâtre. Elle est syndicaliste, anticolonialiste, féministe, traductrice, fondatrice et directrice depuis 2020 de la Revue Littéraire Oyapock. Coordinatrice Guyane pour le Mouvement Mondial de la Poésie depuis 2022, elle reçoit la Mention Spéciale du Prix International de poésie Balisaille pour son recueil « Par le regard de ces autres mal nés » en mai 2023. Alexandra vient de publier son deuxième recueil de poésies ​​​​​​​« Panoptica americana »  chez Atlantiques Déchaînés. Elle organise un festival international de poésie, le FIRO (Festival International de la Revue Oyapock), à Cayenne depuis 2024 et est elle-même invitée à différents festivals internationaux de poésie comme le Festival Internacional de Poesía de Medellín en Colombie (2023), le Festival Mondial de Caracas au Venezuela (2023 et 2025).

L’anthologie est en précommande sur le site de l’éditeur, URL : https://mindset-editions.com/catalogue/152-nos-muses-les-murs-anthologie.html

 

© Crédit photo :  Le visuel publicitaire de l'anthologie intitulée « Nos muses les murs » parue aux éditions Mindset, 2025.

—————

Pour citer cet avis de parution inédit & illustré

 

Arwa Ben Dhia (texte & images), « Vient de paraître aux éditions Mindset, l’anthologie « Nos muses les murs » coordonnée par Arwa BEN DHIA », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2025 | NO IV « LE MAL DE VIVRE DANS LA MORT VOLONTAIRE DES ARTISTES DE SAPHO À NOS JOURS » sous la direction de Francoise Urban-Menninger & Revue Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 18 octobre 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno5/2025noiv/abd-antho

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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