11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 18:12

 

 

 

 

Lettre no 16

 

 

 

 

À nos ivresses & aux Bacchantes ! 

 

 

 

 

Crédit photo : "Bacchante", domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

 

La Lettre n°16 vous propose de

 

nous parler de vos ivresses & des Bacchantes. 

 

Au plaisir de publier vos contributions :

 

 

articles, poèmes, nouvelles, contes, fables, pensées,

 

fragments, lettres, chroniques, transcriptions des textes

 

tombés dans le domaine public, traductions, extraits de

 

recueils, illustrations, chroniques, dessins, bandes dessinées,

 

entretiens, chansons, courts-métrages, etc.

 

 

 

La publication numérique des documents sélectionnés

 

se fait successivement au fil des jours

 

 

du 5 juin au 30 juillet 11 août compris.

 

 

La rédaction n'accepte aucune contribution

 

pour cette Lettre après le 28 juillet 2021.

 

Nous réservons comme d'habitude le choix de publier

 

une sélection de documents dans certaines

 

de nos nombreuses rubriques

 

 

 

Argumentaire

 

Les bacchantes (ou Ménades) sont les prêtresses du dieu de la vigne Bacchus (ou Dionysos) et célèbrent avec lui les Bacchanales. Ces figures féminines de l'Antiquité gréco-romaine représentent les furies, l'excès, mais aussi le dionysisme, et parfois l’hédonisme et l'eudémonisme.

 

Souvent décriées, elles deviennent parias et liées au mal dans l'imaginaire collectif... Les artistes et les poètes s'emparent très tôt de ces figures tantôt célébrées, tantôt détestées pour leurs prétendues débauches réelles et/ou fantasmées. Hautement érotiques, elles ont été d'emblée associées à la sexualité débordante, à la nymphomanie, à l'hystérie et aux orgies. Ainsi, elles sont régulièrement représentées avec des peaux de fauves et de félins.

Afin de tenter de les réhabiliter, de défaire le tabou sur les excès positifs ou négatifs et de comprendre l'attachement de certaines femmes et personnes LGBTQIA+, surtout parmi les poètes et artistes, aux addictions acceptables ou dangereuses (alcool, drogue, tabac, médicament, sexe, spiritualité, réseaux sociaux, militantisme exagéré, toxicomanie, etc.)*, on vous propose de penser toutes les ivresses poétiques, artistiques, amoureuses, spirituelles… qui vous permettent de découvrir et de dépasser vos côtés sombres et d'exprimer vos émotions les plus profondes…

 

 

 

* Attention, cela ne constitue aucunement une incitation à abuser de substances illicites, ni de persister dans ses additions... mais une invitation à se soigner et en parler lorsque l'on souffre d'une addiction nuisible à sa santé (mentale, physique, psychique, etc.)

 

[Problème technique de non réception de messages

Dans l'après-midi de ce dimanche 20 juin 2021, des  membres de la rédaction ont constaté l'existence d'un problème technique de rejet des messages depuis le 18 juin, on reçoit en effet les courriels adressés à contact@pandesmuses.fr mais pas ceux envoyés aux autres adresses électroniques. Nous avons tout de suite signalé ce problème à la plate-forme qui héberge ce site. Nous vous prions de bien vouloir accepter toutes nos excuses pour ce dérangement et si votre message a été rejeté, merci de nous le renvoyer à l'adresse électronique qui fonctionne encore en attendant le rétablissement du fonctionnement habituel des autres adresses électroniques du site. À bientôt !

 

On remplace l'adresse contact.revue@pandesmuses.fr par une : ADRESSE ÉLECTRONIQUE DE REMPLACEMENT POUR L'ENVOI DE VOS CONTRIBUTIONS

 

Commentaire rédigé et posté par David SIMON le 20 juin 2021, 19h00.

Ajout d'adresse de remplacement le 21 juin 2021.

 

Crédit photo : Marche des Fiertés LGBT+, image libre de droits, photo ajoutée le 26 juin 2021.

 

 

Festival organisé par 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

Réalisation technique 

David & Aude SIMON

Direction

Rédaction de la revue LPpdm

Contacter la rédaction :

contact@pandesmuses.fr ou

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contactcontact.revue@pandesmuses.fr

 

Comité de rédaction : Camille Aubaude, Maggy de Coster, Éric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Aude Simon, David Simon, Françoise Urban-Menninger,...

 

 

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteure/auteur est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

En poésie avec vous ! 

​​​​

 

Sommaire

 

 

Éditorial 

 

Dina Sahyouni, « À vos poésies ! » 

 

 Bémols artistiques

 

Mustapha Saha, « Chronique d’occupation de l’Odéon. Un violent désir de bonheur » 

 

 

 

Poétextes thématiques 

 

Charlène Lyonnet, « Les cases » & « Les folles aux chats »

 

Ciela Asad, « Extraits de "Un toro en la garganta del jilguero »/ Un taureau dans la gorge du chardonneret" », traduits en français par Maggy De Coster

 

Françoise Urban-Menninger, « Une musique si légère », illustré par un tableau inédit de l'artiste Joseph Edreï

 

Sarah Mostrel, « Prophétesse enchanteresse »

 

Martine L. Jacquot, « Les temps fauves (extraits) » 

Maggy De Coster, « Un vieillard cuvant son vin » 

 

Yvan Robberechts, « Mémoires », « Mélancolie »

Madeleine Amidieu (aïeule), « Soir de juin » 

Louise Fournier (aïeule), « La fièvre » & « Adieux à la poésie »

Michel Orban, « Ivresse des profondeurs » 

Irina Moga, « Comment sécher des herbes »

Leo Zelada (poète), Maggy de Coster (traductrice), « Balada oscura para Jim Morrison / Ballade sombre pour Jim Morrison »

 

Renée Vivien (aïeule), « L'automne », « Velléité », « Locusta » & « Vers d'amour »

Barbara Polla, « Ma vulve » (poème dionysiaque, érotique) 

Michel Orban,  « Pluie de caresses » 

Nada Skaff, « Ivresse » & « Identité »

Aurore Nivelle, « L’ivresse »​​​​

Evelyne Charasse, « Mon addiction »​​

Thibault Jacquot-Paratte, « Poèmes de faim de vie (extraits) » & « Douze chants hérétiques, chant second »

Dina Sahyouni, « À lui, je suis addicte » 

 

Varia de poétextes

 

Djurdja Raskovic, « Pesanteur » 

Nessrine Naccach, « Acte de (dé)naissance géo-senti-mentale » 

Mariem Garaali Hadoussa, « Charme andalou »

Mona Gamal El Dine, « Chante l’amour » 

 

Astres & animaux 

 

Françoise Urban-Menninger, « Une musique si légère », illustré par un tableau inédit de l'artiste Joseph Edreï. 

Maggy De Coster, « J’ai vu »

Yvan Robberechts, « Nature », écopoème 

Renée Vivien (aïeule), « Les arbres »

 

Biopoépolitique*

 

© Concept protégé de DS. 

 

Barbara Polla, « Ma vulve »

 

Réflexions féministes sur l'actualité

 

Françoise Urban-Menninger, « Bikini réglementaire pour les championnats d'Europe de Beach-Handball !!!» ​​​

 

Sourires & rires féministes

 

Mme Veuve Landrieu (aïeule), «  Le vin et la fillette (Air : Vrai sans chagrin) »

​​​​​​

 

Poésie audiovisuelle

............. 

 

Poésie & musique 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Mika donne un concert virtuel ce soir. "#SoundtrackOfEmpathy" »

 

 

Revue poépolitique

 

Mustapha Saha, « Chronique d’occupation de l’Odéon. Le communisme selon Bernard Friot », reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha. 

M. L. C. D. V., « Adresse au beau sexe ; relativement à la Révolution présente »

 

 

Handicaps & diversité inclusive

Yvan Robberechts, « Le S. D. F. »

Dina Sahyouni, « À lui, je suis addicte » 

 

Revue des métiers du livre (a remplacé la Revue des éditrices & éditeurs)

..............

 

Muses au masculin

 

Michel Orban, « Fausse ivresse » 

Didier Colpin, « Similitude... » 

Yvan Robberechts, « Coquelicot »« Le S. D. F. » 

 

 

Poésie des ancêtres

 

La Bacchante..., « Petit blanc (chanson créole) » 

Madeleine Amidieu, « Soir de juin » 

Louise Fournier, « La fièvre » & « Adieux à la poésie »

Renée Vivien, « L'automne », « Velléité », « Locusta », « Vers d'amour » &  « Les arbres »

 

Travestissements poétiques

 

LANDRIEU, Mme Veuve (aïeule), «  Le vin et la fillette (Air : Vrai sans chagrin) »

 

Poésie érotique

 

Yvan Robberechts, « Coquelicot »

Barbara Polla« Ma vulve »

​​​​

Poésie de circonstance

 

Faits divers & catastrophes 

 

Dêva Koumarane, « Après la pandémie » 

Fanny Forestier (aïeule), « inondation de 1856 »

 

Revue culturelle d'Europe

 

Mustapha Saha, « De l’art de construire un navire du XVIIème siècle à Gravelines »« Chronique d’occupation de l’Odéon. Un violent désir de bonheur » 

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique 

 

 

Revue culturelle des Amériques

 

 

Philosophies & sagesses en poésie 

Michel Orban, « Fausse ivresse »

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Invitation à lire : Nataneli, Poison & Antidote. Vulgarisation poétique du "Tout à l'égo", Essai sur la poésie, Édilivre, 2020 »

Ahcène Mariche, « La toile d'araignée »

 

Croyances, religions & mysticismes en poésie 

 

Maggy De Coster, « J’ai vu »

 

Mon mémoire en dix mille caractères 

(Nouvelle rubrique de 2021) 

................. 

​​​​

S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

​​​​​

Mustapha Saha, « Hommage photographique pour le centenaire d'Edgar Morin », « Hommage pictural à Louis Armstrong (1901-1971) » 

 

 

Réception d'autrefois &

Presse, média, femmes & genre 

 

Madeleine Amidieu, « Soir de juin »

Paul Smith, « Premier bouquet poétique par Mlle Fanny Forestier » 

 

 

Annonces diverses

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Actualité poéartistique de Catherine Gil Alcala »,  « Invitation à lire : Nataneli, Poison & Antidote. Vulgarisation poétique du "Tout à l'égo", Essai sur la poésie, Édilivre, 2020 »

 

Service de presse

Nous avons reçu les revues

  • Florilège, N° 183, Juin 2021 ;
  • Libelle

 

Cuisiner en poétissant

Irina Moga, « Comment sécher des herbes » 

 

 

Actions en faveur des femmes & genre

 

SIÉFÉGP, « Première édition du Salon des livres des lettrées 2021 » 

 

 

Événements & manifestations avec des membres de notre équipe 

Agenda poétique 

 

 

 

Soutenir nos actions en faveur des femmes & genre 

 

Vous avez la possibilité de soutenir nos actions en faisant un don de

 

_ 1€ ou plus, nous ajoutons votre nom à la page des Mécènes sous la section "Personnes donatrices".

12 € ou plus, vous recevez sous trois semaines en remerciement de votre don un exemplaire papier gratuit du Calendrier 2021 de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide.*

 

_ 12 € ou plus, vous recevez sous trois semaines en remerciement de votre aide un exemplaire papier gratuit du recueil "Équinoxe" la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES.*

 

*Dix exemplaires du calendrier et dix exemplaires d'"Équinoxe", éd. 2020 sont disponibles. Pour éviter de faire un don sans avoir votre exemplaire, veuillez demander le nombre d'exemplaires qui restent en stock avant de faire votre don en France métropolitaine.

 

Voilà le lien pour soutenir l'association SIÉFÉGP :

 

 

Le Pan Poétique des Muses (LPpdm)

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) & en version imprimée suspendue suite à un cas de force majeure de 2018 à 2020, reprise de l'édition imprimée dès 2021.

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

(4 numéros par an dont un Hors-série & un Numéro spécial)

La reprise de la parution imprimée se fait en 2021 

 

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Page de présentation créée le 6 juin 2021 par Aude & David SIMON 

 

Dernière mise à jour le 11 août 2021 

1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 15:54

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​​​​​​Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Revue poépolitique

 

 

 

 

 

Adresse au beau sexe ;

 

relativement à la Révolution

 

 

 

 

 

M. L. C. D. V.

 

Texte féministe choisi, transcrit,

mis en français moderne (corrigé) & commenté brièvement par

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo :  William Adolphe Bouguereau (1825-1905), "Bacchante", image Commons.

 

 

La brochure poétique présente ci-dessous a été écrite par une plume anonyme sous les initiales M. L. C. D. V. Elle s'intitule Adresse au beau sexe relativement à la Révolution présente ([Reprod.])/ [par M. L. C. D. V.] et date de 1790.

Le texte au vocabulaire typique du XVIIIème siècle se révèle, universaliste, radical et révolutionnaire en ce qui concerne les droits des femmes et leur place dans la société. Malgré quelques critiques sur certains peuples qui peuvent heurter des personnes par le ton et les termes utilisés, le fond reste foncièrement féministe et à portée universelle comme le poème qu'il contient. Ce fervent plaidoyer pour l'égalité des sexes dans la société est aussi un précieux témoignage sur les origines du féminisme universel.

Cet ouvrage appartient au domaine public.

 

Adresse au beau sexe ;

relativement à la révolution présente.

 

 

 

Sexe charmant, fait pour ajouter aux plaisirs de la vie des hommes et pour en adoucir les amertumes, qui plus que vous doit sentir le prix d'une heureuse révolution qui va vous rendre votre dignité, vous rétablir dans vos droits, et vous faire sortir de l'état d'opprobre et d'avilissement où l'affreux despotisme vous faisait gémir depuis des siècles ? Esclaves plus que personne des préjugés dont on berçait notre enfance et dont on amusait votre vieillesse, les despotes de tous les états semblaient s'être réunis pour vous avilir. Tantôt la force, usant de ses droits, arrachait à la beauté innocente des plaisirs que le cœur seul peut promettre, et l'amour faire espérer à un amant tendrement aimé ; tantôt, usant de l'empire que donne l'opulence et l'autorité, les despotes arrachaient des bras de leurs parents d'innocentes victimes qui ne leur étaient rendues que lorsqu'ils étaient las de les posséder ! Sans force, sans moyens, la beauté jeune et sans expérience était en proie à tous les caprices, et à toutes les fureurs des despotes de tous les corps et de tous les ordres qui se faisaient un jeu d'en trafiquer et de les livrer à l'opprobre et à l'ignominie ! Ouvrez les yeux, sexe adorable, sexe charmant, sexe trop longtemps avili ; ouvrez les yeux, vos fers sont brisés, vos impudents oppresseurs ont disparu, le regagne de l'auguste liberté brille de tout son éclat... vous étiez sous tous les rapports des esclaves, vous voilà des citoyennes ; sachez apprécier la dignité de votre nouvel état dans le nouvel ordre des choses ; sachez en sentir tout le prix et en tirer pour votre bonheur, pour l'honneur et la gloire de votre sexe tout l'avantage que vous avez droit d'en attendre. Vous êtes citoyennes, que ce titre, le seul honorable aux yeux d'une nation libre, vous rappelle et vos devoirs et les vertus qui ajoutent tant à l'empire de la beauté. Tous les vains préjugés de l'orgueil et de la vanité humaine détruits et foulés aux pieds : le mérite personnel, les grands talents, les vertus éminentes sont les seuls et véritables titres auxquels on doive un juste et légitime hommage. C'est à vous, sexe charmant, par un sage et raisonnable discernement, à n'accorder votre suffrage, votre estime qu'aux citoyens honnêtes et utiles qui servent la patrie. Votre empire s'étend partout et influe sur tout :livrez au ridicule et au mépris ces hommes vains et superbes, dont la suffisance insupportable annonce et l'inutilité et l'orgueil : accueillez le simple citoyen aimable, utile et honnête ; accablez de votre indignation ces nais orgueilleux qui s'élèvent sur le bout de leurs pieds pour annoncer à la masse générale qu'ils se croient pétris d'un autre limon que leurs semblables. C'est à vous, sexe charmant, à rappeler tous les hommes à cette noble et heureuse simplicité, qui forme le bien le plus doux de la vie et fait le véritable charme de la société.

C'est ainsi que vous formez de bonne heure les jeunes gens à devenir des époux sensibles, honnêtes et affables à tout le monde, et que vous corrigez les sots, les fats et les imprudents. Dans l'état de liberté, le premier besoin d'une âme honnête, sensible et vertueuse, est de pouvoir disposer de son cœur en faveur d'un objet qui puisse se concilier avec ses goûts, ses penchants et son humeur ; ce n'est que dans l'usage de la société que nous pouvons connaître cet objet de nos rapports et de nos goûts ; quel est l'homme sage, quelle est la fille raisonnable qui engagera sa liberté avec un inconnu dont l'humeur et le caractère peuvent toujours être, en contradiction avec le sien ? mais quel est l'homme sensible et vertueux, sous l'empire de la liberté, qui, ayant de la fortune, dédaignera de la partager avec une jeune amante pauvre, mais vertueuse, et dont il est tendrement aimé ?

Quelle est la jeune fille opulente qui dédaignera de donner sa main à un tendre amant plein de talents et de capacité, dont elle est adorée... Cruelle barbarie des parents, [vous] qui ne calculez que l'or, disparaissez avec les vains préjugés de la naissance... ! c'est parce que le mérite et la vertu n'ont été comptés jusqu'à ce moment-ci pour rien... et que l'or et la vanité ont assorti tous les mirages..., que la dissolution et la dépravation des mœurs sont à leur comble... Quel mal pourrait-il donc résulter pour la société, pour la patrie, qu'un citoyen riche fasse la fortune d'une fille charmante et vertueuse qui possède peu. Quel mal pourrait-il donc résulter, qu'une fille opulente partage sa fortune avec un époux d'un grand mérite, qui n'est pas riche. – Nos préjugés, comme notre avarice, doivent céder à l'empire de la raison, du bon sens, des convenances, du cœur, et de l'ordre ; avec ces principes, qui sont dans la nature et la religion, la beauté pauvre et vertueuse jouira du juste empire qu'elle doit exercer sur les cœurs, et elle recouvrera ses droits et sa dignité.

 

    Les femmes ayant appris à apprécier le titre honorable de citoyennes, les devoirs qu'il leur impose, dégagées de tous les vains préjugés qui les faisaient humilier et s'avilir devant des personnages sans vertus, sans mérite et sans talents, n'appréciant indistinctement chez tous les citoyens que les qualités éminentes qui les distinguent, elles doivent joindre aux grâces naturelles de leur sexe, aux agréments qui rendent leur société si intéressante, un peu de solidité, de raisonnement, (solidité sans prétentions au bel esprit ; (hors le Télémaque) ce n'est pas dans l'inutile et fade lecture des romans qui ne font que bouleverser l'esprit des jeunes personnes sans expérience qu'elles trouveront cette solidité ; ce n'est pas non plus en se laissant conduire par des moines ou des prêtres qui d'une façon ou d'autre leur tournent la tête et le cœur ; c'est dans la lecture de livres sages et raisonnés, comme il en existe beaucoup ; c'est dans la société de citoyens honnêtes, dégagés de tous les vieux préjugés avec lesquels on abrutissait l'espèce humaine (et les femmes plus particulièrement), qu'elles trouveront les moyens d'acquérir de la solidarité de raisonnement nécessaire pour se bien conduire. La morale sainte de l'évangile est la première morale du monde entier prise dans son simple sens... : mais il en a été de ce livre divin comme il en est des procès ; à force de les embrouiller, après des écritures éternelles on ne sait plus où l'on en est, il faut remonter à la source pour connaître l'objet du procès. À force d'embrouiller le sens de l'évangile ; après des écrits sans nombre sur ce livre divin, il faut en revenir au modèle. – C'est que les passions de toute espèce, ont agité les orateurs sacrés, et il a fallu intervenir le ciel pour justifier toutes les passions. Les moines et les prêtres voulaient accumuler de grands biens et avoir une domination absolue sur tous les hommes ; au lieu de leur rappeler les préceptes simples de l'évangile, pour les ramener aux principes de sagesse et de vertu qu'il prescrit, il fallait des tours de force pour les étourdir et les abrutir pour les dépouiller à son aise et leur donner des fers. C'est par cette raison, ô mon Dieu ! Qu'à la honte de l'humanité, en Espagne et en Portugal, les femmes sont encore honteusement courbées sous le joug impérieux des moines et des prêtres, et la plus belle portion de l'espèce humaine est presque partout réduite à cet état d'opprobre et d'avilissement. Une femme ne peut-elle donc rendre un hommage pur et agréable à son créateur sans se mettre sous la dépendance d'un moine ? Les vertus les plus agréables à Dieu dans une femme et qui lui attirent le plus les hommages et les respects des hommes ne sont-elles pas la pudeur, les soins qu'elle se donne pour allaiter,

nourrir et élever ses enfants, veiller à son ménage et contribuer au bonheur de son époux ! quand elle a rempli ces saints devoirs, qu'a-t-elle besoin d'aller s'avilir et ramper sous le despotisme d'un homme, tel qu'il soit !

    Ah ! connaissez, sexe charmant, le sage empire que vous devez exercer dans cette heureuse révolution ; cessez de vous laisser conduire par tous les préjugés dont on vous berçait ; cessez d'être les esclaves et de la vanité des grands et de la fine ambition des prêtres. N'accordez votre suffrage qu'aux vertus et aux talents ; que de leur côté tous les citoyens, sans tenir aux vains titres que donne la naissance, unissent leur sort à la beauté pauvre et indigente, mais vertueuse. Pour lors l'empire de la nature, de la raison et du bon sens reprendra ses droits ; les mœurs leur lustre et leur pureté, et la nation ne sera plus qu'une famille d'honnêtes et vertueux citoyens, dont Louis XVI sera le roi et le père. Peuples de tous pays, ouvrez les yeux à la lumière, cessez d'être les esclaves des moines, des prêtres et des grands ; relevez-vous de l'avilissement où vous êtes tombés ; – le ciel vous a fait des hommes libres ; des imposteurs et des despotes vous ont donné des fers, vos droits sont éternels et imprescriptibles ; relevez-vous et brisez vos chaînes. – Respectez la morale de l'évangile, mais foudroyez les fourbes, les sacrilèges qui, au nom d'un Dieu de paix qui veut également le bonheur de tous ses enfants, ont osé vous réduire à l'esclavage. Que tous les vains préjugés se taisent devant les lois éternelles de la raison, de la justice et du bon sens qui émanent de Dieu. – Juifs, mettez-vous à manger du jambon avec les autres hommes vos frères. Espagnols, chassez vos moines et jetez-les par la fenêtre, lorsqu'ils ont l'impudence et l'effronterie de venir déposer leurs sandales à votre porte. Démolissez la sainte inquisition et renvoyez vos saints inquisiteurs, s'ils veulent s'y opposer. – Et vous, Turcs, esclaves des rêveries de votre prophète, mettez-vous à boire du vin, rendez la liberté à vos femmes au lieu de les enfermer, elles sont faites pour concourir aux charmes de la société. – Puissent toutes les nations prendre pour modèle les sages décrets de l'assemblée nationale de France, qui tendent à détruire tous les préjugés que l'ignorance, l'orgueil et le fanatisme avaient accrédités, pour, donner à quelques despotes un empire aveugle et absolu sur le reste de l'espèce humaine, qu'ils ont abruti et dépouillé presque dans tous les pays pour la réduire au plus honteux esclavage.

 

 

 

Chanson

Sur l'air : Du Confiteor.

 

Repentir d'un gros bénéficier, et leçons que lui a données Lison, chez laquelle il a soupé.


 

Hélas ! quelle est l'énormité

De mes fautes, de mes offenses ?

Du saint nom de l'humanité

Dans mes folles extravagances,                           bis.

J'ai toujours méconnu les droits,

Et d'un Dieu bon les justes lois.

 

De bénéfices et de grands biens

Je fus pourvu en abondance ;

Pour ma table et pour mes catins

J'avais à peine suffisance, bis

Tandis que tant de citoyens

Jeûnaient comme de pauvres chiens.


 

Ah ! je croyais de bonne foi

Que tout pour moi dans cette vie

Devait concourir à la fois

À mes goûts, à ma fantaisie,                             bis.

Pour la luxure et les plaisirs

Renaissaient tous mes fous désirs.


 

J'étais fier, j'étais orgueilleux

De mes titres, de mes ancêtres ;

J'étais dur, j'étais vaniteux,

Comme le sont beaucoup de prêtres,                                   bis.

Qui méconnaissent, ainsi que moi,

D'un Dieu pauvre la sainte loi.


 

Un soir soupant avec Lison,

Dont l'âme était sensible et tendre,

Elle me fit cette leçon :

Je vais de bonne foi la rendre,                           bis.

Tant j'aime sa sincérité

Et son ton de naïveté.


 

Gros joufflu, dit-elle en riant,

Tu crèves et regorges d'aisance,

Tu es gai, ton cœur est content ;

Mais pourquoi, dis-moi donc en France,                            bis.

Enrichir tant de fainéants

Du sang de tous les pauvres gens.


 

Qu'as-tu donc fait pour ton pays,

Pour posséder tant de richesses ?

Crois-tu gagner le paradis

Avec ton faste et tes maîtresses.  bis.

Avoue que tu n'es qu'un vaurien,

Qui ne fus jamais bon à rien.


 

Quand le bon sens et la raison

Chasseront le grossier mensonge,

De bonne foi le croira-t-on,

Qu'il ait existé dans le monde                          bis.

Des fourbes qui, avec des mots

Aient dépouillé tant de sots ?


 

Le croira-t-on dans l'avenir,

Que l'espèce humaine abrutie

Ne pût parler, ne pût sentir,

Et que le flambeau du génie                              bis.

Fût éteint par tant de fripons

Qui enchaînaient les nations.


 

Les moines mangeaient nos moutons,

Ils nous enlevaient nos bergères,

Ils croquaient nos poules et chapons

Et marmottaient quelques prières.                                   bis.

Gardons nos bergères et moutons,

Et tous ensemble Dieu prions.


 

Fin.




 

 

***

 

Pour citer ce texte féministe

 

M. L. C. D. V., « Adresse au beau sexe ; relativement à la Révolution présente », texte féministe de 1790, choisi, transcrit, corrigé & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 1er août 2021. Url  :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/mlcdv-adresseaubeausexe 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 14:53

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

 

 

 

 

Bikini réglementaire pour

 

 

les championnats d'Europe

 

 

de Beach-Handball !!!

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Capture d'écran réalisée par la critique F. Urban-Menninger des joueuses norvégiennes de handball. 

 

 

 

 

 

Le monde marche sur la tête ! Alors qu'il faut couvrir sa poitrine pour entrer dans un musée comme ce fut le cas au Louvre ou s'abstenir d'allaiter en public pour ne pas offusquer certains esprits atteints de pruderie, la Fédération européenne de handball (EHF) déclare que « les joueuses doivent porter des bas de bikini (…) ajustés et échancrés » en ajoutant  que « les côtés doivent être longs d'un maximum de 10 cm » !

 

 

À qui profite ce règlement ? On peut légitimement se demander si l'objectif n'est pas pour ces messieurs de se rincer l'œil à moindre frais !

Les joueuses de l'équipe norvégienne, « ayant boudé » ce règlement ridicule, ont dû s'acquitter chacune d'une amende de 150 €, soit 1500 € pour toute l'équipe…

 

 

Bien évidemment, le short que les jeunes femmes ont arboré lors d'un match s'est révélé bien plus pratique qu'un bikini, hélas les machos ont encore frappé en s'appuyant sur un règlement qui fait davantage la part belle aux voyeurs qu'aux authentiques  amateurs de sport !

À nous de dénoncer comme la Norvège cet abus de pouvoir en montant derechef au filet !

 

© F. Urban-Menninger

 

 

Quelques références à consulter sur ce sujet :

 

***

 

Pour citer ce billet féministe

 

Françoise Urban-Menninger, « Bikini réglementaire pour les championnats d'Europe de Beach-Handball !!! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 24 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/fum-bikinireglementaire

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Féminismes
26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 14:03

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 & N° 10| Célébrations | Critique & réception | Biopoépolitique | Voies/voix de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Violence(s) 

 

 

de Paule Andrau, un livre choc qui 

 

 

paraîtra le 10 septembre aux

 

 

Éditions Maurice Nadeau

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de ouverture du livre, fournie par les éditions Maurice Nadeau. 

 

 

 

Agrégée de lettres classiques et professeure de chaire supérieure, Paule Andrau a longtemps enseigné la littérature avant d'écrire «  le temps venu » et de prêter sa voix à toutes les femmes qui sont entrées dans sa vie « – femmes du réel, des livres, de l'Histoire, des faits-divers, des films, des rêves – et qui n'en sont jamais ressorties ».

 

 

© Crédit photo : Image de Paule Andrau, fournie par la critique F. Urban-Menninger. 

 

 

 

 

Ces femmes ont toutes en commun leurs désillusions dans un monde fait par et pour les hommes. Dès la naissance, les femmes appartiennent « au peuple de la fente », ce qui leur vaut d'être de l'autre côté des mots, à savoir celui de l'indicible et de l'inaudible.

C'est justement cet « indicible » que Paule Andrau nous donne à entendre à travers des bribes de destins qui brisent le miroir des apparences et de la trop confortable bien-pensance.

Sans fausse pudeur, l'auteure aborde le tabou des « menstrues » et revient sur les années 50 ou 60 où les serviettes jetables n'existaient pas. Ces dernières en tissu, retenues par une ceinture, marquaient avec les saignements le passage obligé pour devenir une vraie femme avec tout ce que cela incombait et incombe encore aujourd'hui. Le mariage, les enfants, les relations sexuelles qui finissent par devenir « un devoir conjugal » quand la routine a remplacé le plaisir… Quant à celle qui a réussi, souvent elle cumule son emploi et les charges familiales et domestiques ! Arrivée à la cinquantaine, la femme usée se retrouve « pauvre, vieille et laide » alors que l'homme peut tout recommencer !

Ces femmes dont les destins se fondent dans celui d'une « matrice universelle » partagent une douleur ancestrale, intemporelle. Car que reste-t-il aux femmes qui ont tout donné ? À celles qui ont abandonné leur emploi pour se consacrer aux tâches ménagères, à leurs enfants, leur mari ? L'envie de partir et de tourner la page leur semble impossible.

Alors l'une d'entre elles sombre dans l'alcoolisme pour noyer sa désespérance, une autre tente de mettre fin à ses jours en traversant une verrière…

Une autre encore nous parle d'outre-tombe après avoir été violée et massacrée avec deux de ses amies par « deux brutes épaisses ». « Oui je suis morte mais je hurle » et plus loin « je hurle pour moi et pour elles, pour nous qu'on a retrouvées au bout de huit jours, mal enterrées dans un bunker de la côte abandonné aux sans-abris ».

Ce hurlement de l'au-delà, Paule Andrau nous le restitue à travers le sang des mots qui coule entre les lignes. Ce sang, c'est celui aussi de cette enfant de quinze ans violée quotidiennement par son employeur et qui finit par le tuer en provoquant un accident.

Ce sang, c'est celui encore de cette jeune Malienne qui découvre un jour qu'elle a été excisée « Mutilée, je suis mutilée, je suis une autre », crie-t-elle.

C'est aussi l'évocation du procès d'un père violeur au cours duquel la question lapidaire posée par l'avocate ne peut laisser le lecteur indemne, le livre refermé : « Que faire contre le sceptre turgescent du père ? »

 

Nul doute que Violence(s) de Paule Andrau est un livre-cri qui fulgure dans le silence encore et toujours assourdissant qui accompagne les violences faites aux femmes. Car même si l'on parle aujourd'hui de ce sujet trop longtemps tu, cela reste « un sujet » qui fluctue au fil de l'actualité, un fait-divers chassant l'autre, égrenant à l'infini la kyrielle des violences ordinaires infligées aux femmes car elles sont femmes !

 

Seule une femme pouvait écrire ce livre lumineux car c'est dans son propre corps que l'auteure a su écouter les voix de toutes ces femmes qu'elle porte en elle. Elle en a accouché sur la feuille blanche et s'est jointe à leur chœur en affirmant fièrement « Et c'est ça notre force, notre irréductible pouvoir de vivre : la conscience de porter en nous les origines de tout. La conscience d'être la vie ».

 

 

Notice supplémentaire 

 

À l'heure où je viens de clore cet article, j'apprends que deux jeunes femmes viennent d'être assassinées par leurs compagnons, l'une a été poignardée, l'autre a succombé sous des coups de marteau….

Les commentaires sont inutiles si ce n'est le conseil réitéré de lire « Violence(s) » de Paule Andrau, un ouvrage majeur dans la compréhension de ce « continent sinistré » où les femmes n'ont plus de nom.

 



©F. Urban-Menninger

 

 

À lire aussi  :

 

***

 

 

Pour citer cette critique 

 

Françoise Urban-Menninger, « Violence(s) de Paule Andrau, un livre choc qui paraîtra le 10 septembre aux Éditions Maurice Nadeau » texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & N° 10 | Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 26 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/fum-livre-violences

 

 

 

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Dernière modification : 30 août 2021 (ajouts du no 10 & du lien de l'interview avec la romancière) 

 

 

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 09:37

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

Violence conjugale

 

&

 

Ne, je ne crois pas !  

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

​​​​​Crédit photo : "Mutilated Woman" "Femme mutilée", peinture de 1915-1916 par Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), domaine public, Wikimedia. 

 

Violence conjugale

 

 

 

Elle vivait une belle histoire d’amour

Semblable aux contes de fées

Qu’elle lisait petite fille.

Elle était tombée éperdument amoureuse

Et nageait en plein bonheur.

L’avenir s’annonçait radieux.

Sauf que, sauf que...son prince n’était pas charmant.

Il l’accablait de reproches :

Sur le repas qu’il jugeait infect, 

Sur sa tenue qu’il jugeait vulgaire, 

Sur n’importe quel sujet.

Elle se taisait, elle encaissait.

Convaincue de le mériter,

Convaincue d’être une ratée 

Ou autre nom d’oiseau.

Dans un élan de témérité et d’effronterie,

Elle se permit de répliquer.

Elle reçut une gifle magistrale

Qui la jeta à terre.

Elle en resta médusée,

Incapable de la moindre réaction,

Incapable de la moindre réflexion,

Dépourvue de cette clairvoyance

Qui lui aurait conseillé de fuir

Sans tarder, loin, le plus loin possible.

Larmoyant, l’élu de son coeur implora son pardon 

Qu’elle s’empressa d’accorder.

Il lui offrit même un magnifique bouquet de roses

Qu’elle accepta avec émotion.

Elle crut à une seconde lune de miel.

Une nouvelle lune de miel

Qui s’acheva quelques mois plus tard dans un cimetière…




 

Ne, je ne crois pas ! 

 

 

 

Crédit photo : "Apollon et Daphné", peinture par Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Je marche nonchalamment dans cette rue commerçante. Je flâne en regardant les vitrines. Comme la plupart des femmes, j’aime les belles tenues. Je rêve devant les mannequins qui portent les derniers vêtements à la mode et des articles tendance. Je me promène seule et je ne prête aucune attention aux gens qui m’entourent.

Je me suis arrêtée pour admirer un sac à main. Une vraie merveille qui est, hélas !, hors de prix ou plutôt qui n’entre pas dans mon budget. Non, je ne peux raisonnablement pas l’acheter. J’hésite vraiment…

Toute à mes tergiversations, je ne remarque pas les deux individus qui s’approchent. Je les entends juste déclarer :

- Elle est baisable.

- Ouais, t’as raison, elle est baisable…

Leurs propos crus me clouent sur place. Je reçois toute la violence qu’ils comportent. Comme une gifle. Oui, ils m’ont frappé. Pas avec leurs poings. Ils m’ont frappée avec leurs mots.

Je suis incapable de répondre. Je suis abasourdie.

Pourquoi se permettent-ils de me juger ? Quelqu’un leur a -t-il demandé leur avis ? Non, je ne crois pas !

Ces hommes sont-ils eux-mêmes l’incarnation de la beauté ? Se prénommeraient-ils Apollon ? Non, je ne crois pas !

Apprécieraient-ils qu’on parle ainsi de leur mère ? Non, je ne crois pas !

Alors, Messieurs, quand vous croisez une femme, vos commentaires, gardez-les pour vous !

 

***

 

Pour citer ces textes engagés (ou féministes)

Pascale Mathieu, « Violence conjugale » et « Ne, je ne crois pas ! », textes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 9 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/2pm-violence

 

 

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