16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 15:19

 

Lettre n°12 | Articles & témoignages

 

 

Premier colloque 2017-2018 |

 

II – La poésie et les poètes selon les contemporaines

 

 

 

 

Les vers de l’essentiel

 

 

 

Huguette Bertrand

 

Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html

Page dans Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Huguette_Bertrand

 

 

 

La poésie est une perception sensorielle qui simpose à soi en rapport avec ce qui nous entoure, à ce que nous vivons. Comme une urgence, un élan vous presse alors de venir montrer cette perception, vous emporte vers le geste de l’écriture. La Parole vous arrive à l’état brut et demande à être ciselée, élaguée, comme une sculpture des émotions humaines qui veut se montrer au monde, épurée. Une sculpture des émotions qui ne souffre pas d’arêtes, mais bien d'une forme lisse et directe qui viendra accueillir le regard de ceux qui savent voir avec les yeux du cœur. Il en va de même pour l’oreille de ceux qui préfèrent l’entendre.

 

En regard de cette Parole, le poète en est le contenant, le contenu et l’instrument tout à la fois. Il puisera dans son imaginaire les moyens pour faire ressortir l’essentiel de cette Parole donnée. Ces moyens sont sa sensibilité au non tangible qui rendra tangible la Parole par des mots agencés qui s’étaleront devant lui ou elle, souvent ébahi(e) !

 

Cet art qu’est l’écriture poétique sera l’œuvre d’une promesse venue de l’âme retournée à l’âme. C’est donc dire que la poésie comme moyen d’expression deviendra un état de vie, une façon autre de percevoir la vie autour de soi et de mettre en lumière ce que nos quotidiens nous empêchent de voir, c’est-à-dire, ces essentiels de nos histoires.

 

Cette voie poétique est pavée de sensations qui rassemblent la gamme complète des émotions humaines ressenties par le poète en son être entier. Il devient donc le miroir qui ose montrer toutes les facettes de notre humanité.

 

06/10/2017

 

***

Pour citer ce texte

 

Huguette Bertrand, « Les vers de l’essentiel », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12 & Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 16 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/vers-essentiel.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm colloques en ligne
27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 17:05

 

N° 7 | Dossier mineur | Invitation à se passionner pour

 

 

Premier colloque 2017-2018 | I – Parcours poétiques à découvrir

 

 

 

 

Jacquelyne Lepaul, son œuvre

 

 

extraordinairement moderne

 

 

à redécouvrir !

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Illustrations de

 

Jacquelyne Lepaul

 

 

Illustrations et poèmes reproduits avec l’aimable autorisation de

 

Jacquelyne Lepaul et de l’Académie rhénane

 

(« Académie des Marches de l’Est »)

 

 

© Crédit photo : portrait en noir et blanc de Jacquelyne Lepaul.

 

 

Il arrive que les brocantes réservent d’étonnantes surprises à celles ou ceux qui ont coutume de les fréquenter. Ce qui est mon cas depuis mon adolescence !

 

C’est ainsi que flânant un dimanche matin dans un marché aux puces de ma région, je suis tombée sur un lot de vieux numéros du « Courrier des Marches ». L’intitulé m’a interpellée car l’Académie rhénane dont je suis membre se nommait, il y a quelques années encore « Académie des Marches de l’Est ».

 

En feuilletant le vingt-quatrième numéro de l’hiver 1950, ce sont les poèmes de Jacquelyne Lepaul qui m’ont médusée par leur modernité, leur sensualité, la magnificence des images qui s’accordaient à merveille avec la photographie de l’auteure, belle, altière, qui semblait me faire signe sur le papier jauni par les ans.

 

J’ai eu aussitôt l’idée un peu folle de retrouver cette femme d’un autre temps mais dont je me sentais si proche par l’écriture et la chance m’a souri car Jacquelyne n’avait pas quitté ses Vosges natales où elle avait vu le jour le 13 août 1926…

 

Quand j’ai entendu sa voix fraîche et gracieuse au bout du fil, j’ai très vite compris qu’il n’y avait pas de hasard !

 

Jacquelyne Lepaul qui m’a avoué avoir remplacé le i de son prénom par un y durant l’époque où elle écrivait, a illustré d’emblée l’image d’une femme espiègle, voire rebelle qui lui a fait dire que bien souvent elle a pensé être en avance sur son temps notamment dans l’écriture de pièces de théâtre qui n’ont jamais pu être montées très certainement pour cette raison.

 

Dessinatrice en textile, elle s’est tournée par la suite vers l’enseignement des lettres, de l’histoire et de la géographie. L’écriture est venue à elle avec l’adolescence et elle publie ses premiers poèmes dans de très nombreuses revues. Dès 1942, elle est remarquée par Paul Valéry qui lui déclare : « Vos poèmes révèlent des sensations vives et profondes et un sens poétique réels ». Quel plus beau compliment que celui de ce grand poète !

 

L’œuvre de Jacquelyne Lepaul dès cette date se construit et des poèmes paraissent dans des revues en France et en Belgique telles La Revue Neuve, La Cassette, Soleils, Cahier de poésie et bien d’autres dont on trouve quelques spécimens en effectuant des recherches sur le web. On note également une anthologie poétique où elle publie des textes aux côtés d’Angèle Vannier, Luc Bérimont ou Maurice Carême en 1957. Dans la revue «Sortilèges en 1953, ses poèmes côtoient ceux d’Henri de Lescoët (voir N° 6 du Pan Poétique des Muses), d’Edgar Morin, de Jean Rousselot… Quelques recueils parsèment son parcours tel « Poèmes d’Avion » paru en 1955 avec une préface de Louis Nottegheim.

 

Si Jacquelyne s’est arrêtée un jour d’écrire, elle n’en laisse pas moins une œuvre impressionnante qui ne demande qu’à être redécouverte, l’auteure elle-même au crépuscule de sa vie, souhaite renouer avec le fil des mots et se réjouit d’être à nouveau publiée et lue ! Voici dans cette première présentation de l’auteure, quelques uns des poèmes publiés dans le vingt-quatrième numéro du Courrier des Marches, la photographie parue dans ce même article et un dessin qui illustre son poème « Rondel » reproduits avec l’aimable autorisation de Jacquelyne Lepaul et de l’Académie rhénane ( « Académie des Marches de l’Est »).

 

***

 

Poèmes de Jacquelyne Lepaul

dans le vingt-quatrième numéro du Courrier des Marches

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture du recueil Poèmes d'avion de Jacquelyne Lepaul,

préface de Louis Notteghem

 

Espoir

 

 

Soleil voudrais-tu m’épouser ?

Je sens au travers de mes hanches

une force magique et zigzagante

je domine, statue nouvelle,

toute la vallée qui sèche

et mon front est léger comme jamais encore

Mon balancement de marche soulevée

rompt les avrils et les septembres

en plein milieu de leur altière tristesse

Soleil voudrais-tu m’épouser ?

les claviers nocturnes auraient-ils coupé

leurs cordes passives enfin ?

Vais-je voir mourir mon passé

qui traînait les saules

jusque même dans mon repaire hanté ?

Soleil voudrais-tu m’épouser ?

palpe mes deux mains ouvertes

d’où s’échappe ton chant clair et simple.

 

 

***

 

© Crédit photo :  1ère de couverture du périodique Soleils.

 

Soir

 

 

Non, le couchant lointain n’est plus qu’un lent mutisme

qui s’allonge en bâillant du mystère et du gris.

Non, le couchant perdu, d’un frêle idéalisme,

n’est même plus un point qui flamboie et sourit !

 

C’est du noir qui s’infiltre et qui rôde aux clôtures,

c’est du néant obscur qui s’enfance en forêt ;

c’est un souffle que le vague parfois sature,

qui trop las veut s’éteindre et s’étouffe à regret ;

 

c’est une voix d’enfant qui passe et qui s’emperle,

une voix fraîche encor qui tâte la douleur ;

c’est l’appel assourdi d’un merle qui éperle

sa grave mélodie où s’enchaînent des pleurs.

 

 

***

 

Rondel

© Crédit photo : Jacquelyne Lepaul, "Rondel" (Cliché S. P. E.).

 

 

Puisque tu n’es plus mon féal

ton indifférence me peine

page qui me divertis mal

et veux briser l’or de ta chaîne.

De notre danse dans le bal

 

j’aimais la langueur incertaine,

puisque tu n’es plus mon féal

ton indifférence me peine,

Et vers quelque noir Escurial

 

à travers montagnes et plaines

je vais partir, l’heure prochaine,

page, appelle mon blanc cheval

puisque tu n’es plus mon féal.

 

***

 

© Crédit photo : Couverture de la revue Flammes vives

 

Diable

 

 

Je pensais qu’il était le diable

avec ses grands baisers

avec ses mains fortes

 

j’ai entr’ouvert la porte

j’ai voulu le tenter

car je ne savais plus

qu’il ne faut pas tenter le diable

 

de notre maison d’argile

dans laquelle il faisait nuit :

dehors le printemps avait le fou-rire

dans ses arbres et les jambes

des filles étaient déjà nues

 

Comme il était aussi léger ce diable

ce diable, qu’une alouette,

dans le premier rayon

 

il s’est envolé d’un coup

Il ne faut pas tenter le diable :

mais par la porte qu’il a laissée ouverte

aussitôt le soleil m’a consolée.

 

 

***

 

Cette présentation est également classée dans le Calepin des personnes d'exception

 

***

 

Pour citer ce texte & ces poèmes

 

Françoise Urban-Menninger, « Jacquelyne Lepaul, son œuvre extraordinairement moderne à redécouvrir ! », illustrations par Jacquelyne Lepaul, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster & Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes » mis en ligne le 27 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/jacquelynelepauloeuvre.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7 colloques en ligne Calepins
21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 11:21

 

Premier colloque 2017-2018 | I – Parcours poétiques à découvrir

 

 

 

 

Cecilia Mereiles : poète brésilienne avant-gardiste

 

 

 

Rédactrice : Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

 

 

© Crédit photo :  Cecilia Mereiles, image fournie par M. de Coster.

 


 

Cecília Mereiles naît à Rio de Janeiro le 7 novembre 1901 et meurt le 9 novembre 1964 d’un cancer à soixante-trois ans. Poète avant-gardiste, elle subit l’influence des symbolistes, des romantiques baroques et des parnassiens, et est considérée comme l’un des poètes lusophones les plus importants. Journaliste, elle tenait une chronique sur l’éducation et aussi sur ses voyages en Europe et en Asie. Tour à tour professeure de Littérature luso-brésilienne à lUniversité du District fédéral et de Littérature et culture brésilienne à lUniversité du Texas, conférencière, elle obtient en 1939 le Prix de poésie Olavo Bilac de lAcadémie brésilienne des lettres pour Viagem (Voyage). Suivront d’autres prix comme le Prix Machado de Assis en 1965 ainsi que d’autres distinctions.

 

C’est en 1919 qu’elle entame sa carrière littéraire avec la publication d’un ensemble de sonnets publiés à dix-huit ans sous le tire de Spectrum. Pour elle, le rêve et la réalité sont indissociables et forment une combinaison harmonieuse. Ce qui caractérise le lyrisme de Cecília Meireles c’est la musicalité de ses vers, la contemplation dans la solitude, le silence et aussi la place faite à l’éphémère vu qu’elle a été marquée par la perte de ses parents (son père meurt trois mois avant sa naissance et sa mère alors qu’elle n’avait que trois ans) sans oublier le suicide de son premier mari, le peintre Fernando Correia Dias, et père de ses trois filles.

Orpheline de père et mère, elle est élevée par sa grand-mère qui lui inculque l’amour d’autrui, aussi dit-elle, « La dignité, lélévation spirituelle de ma grand-mère a beaucoup influencé ma façon de considérer les gens et mon regard sur la vie ».

Elle apparaît toujours souriante sur les photos, elle cultivait la joie de vivre. Elle est habitée par le sentiment douloureux de voir le monde s’engluer dans le mal, un mal qui ne lui pas inhérent et Selon elle la vie peut être réinventée et c’est ce qu’elle a tenté de faire par la poésie.

Unanimement considérée par les critiques comme une figure incontournable du modernisme brésilien, elle a une bibliographie générale foisonnante qui compte une dizaine de recueils de poèmes. Mis en musique par le chanteur Fagner, ses textes sont des classiques de la littérature brésilienne qu’apprennent les écoliers, que déclament des amateurs de poésie ainsi que feu le célèbre acteur et comédien brésilien Paulo Autran.

Passionnée par le sanskrit et le hindi, elle traduit de Rabindranath Tagore, ce qui lui valut le titre de Docteur honoris Causa de l’Université de Delhi. Elle traduit également les œuvres de Federico García Lorca, Virginia Woolf, Alexander Pushkin et Rainer Maria Rilke. Elle fonde en 1934, la première bibliothèque pour enfants à Rio de Janeiro. Depuis 1963 une école Primaire du quartier Cangaiba à São Paulo porte son nom. Évoluant en solitaire, sans se rattacher à un cénacle, elle ne rejette pas pour autant les attributs littéraires de la littérature brésilienne même si elle s’accorde une grande liberté dans le rythme et la forme.

Selon lécrivain et poète Mario de Andrade (1893-1945), « le travail de Cecília Meireles est Un paramètre de qualité comme il en existe peu dans lhistoire de la littérature brésilienne. »

En mars 2014, un hommage bien mérité lui a été rendu à Brasilia lors de la XIème Rencontre Internationale des Femmes Écrivains, présidée par Nazareth Thunoli, à laquelle nous avions été conviée.

***

Les deux poèmes ci-dessous sont traduits et insérés ici pour illustrer notre propos. 

 

 

© Crédit photo : image de la version originale du poème & de C. Mereiles, fournie par M. de Coster.

 

 

"Versets I", in Cantiques, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER (NB. la version originale du poème est écrite en portugais) :

 

 

Peu importe que tu n’aies pas de Patrie.

Ne divise pas la Terre.

Ne divise pas le Ciel.

N’arrache pas à la mer des morceaux.

N’abuse de rien.

Élève-toi.

Que toutes les choses soient tiennes.

Que tu atteignes tous les horizons.

Que ton regard fixant tout,

Te mette dans tout,

Comme Dieu.

 

Cecília MEREILES

 

***

 

© Crédit photo : C. Mereiles, organisatrice de la Rencontre Nazareth Thunoli et Maggy de Coster dans la Rencontre Internationale des Femmes écrivains au Brésil en mars 2014,  

image fournie par M. de Coster.


 

 

Ce poème "Guerre" est traduit en français par Maggy DE COSTER à partir de la traduction en espagnol fournie par l’organisatrice de la Rencontre Nazareth THUNOLI lors de la XIème Rencontre Internationale des Femmes écrivains à Brasilia en mars 2014 :

 

 

Guerre

 

 

Il y a tant de sang

que les fleuves se détournent de leur rythme,

l’océan délire et repousse son écume rouge.

Il y a tant de sang que la lune elle-même se lève,

effroyable, errant en des endroits tranquilles,

somnambule aux halos rouges,

le feu de l’enfer dans ses cheveux.

Il y a tant de morts que les visages eux-mêmes,

côte à côte, ne se reconnaissent pas

et les morceaux de corps sont là

comme des épaves sans emploi.

II y a tant de morts que les âmes seules

formeraient des colonnes, ...

et atteindraient les étoiles.

Et les machines aux entrailles béantes,

et les cadavres encore armés,

et la terre avec des fleurs qui brûlent,

et les fleuves effarés, zébrés comme des tigres,

et cette mer folle pleine d’incendies

et de naufrages,

et la lune hallucinée de tout ce dont

elle a témoigné,

et vous et nous, indemnes,

pleurant sur les photos,

tout n’est qu’échafaudages –

parmi les temps longs,

rêvant d’architecture.

 

Cecília MEREILES

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster (texte, traduction & images), « Cecilia Mereiles : poète brésilienne avant-gardiste », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 21 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/cecilia-mereiles-avant-gardiste.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans colloques en ligne
19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 07:32

 

Premier colloque 2017-2018 | I – Parcours poétiques à découvrir

 

 

 

À propos de la poésie de Matilde Espinosa

 

 

Rédactrice : Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

 

© Crédit photo : Hommage à Matilde Espinosa. Assises, de gauche à droite :

Clara Rojas, Maggy De Coster et Bella Clara Ventura, image fournie par Maggy de Coster.

 

 

 

 

 

Quel bonheur de pouvoir traduire la poésie de Matilde Espinosa, cette grande poète avant-gardiste née le 25 mai 1911 à Huila, au bord du fleuve Páez, dans le département du Cauca en Colombie, qui a ouvert la voie de la liberté aux femmes colombiennes !

J’ai été invitée à Bogota en Octobre 2010 par l’Ambassade de France en Colombie à représenter ce pays à la IXe rencontre Internationale des Écrivains (es) autour de Matilde Espinosa, à la demande de Bella Clara Ventura qui présidait l’événement, commémorant le deuxième anniversaire du décès de la poète. C’est à ce moment-là que j’ai découvert cette femme d’exception dans ses multiples facettes. J’ai été séduite par son engagement en tant que poète militante et aussi par sa personnalité et la portée de son œuvre.

Sa poésie nous remue, elle résonne tantôt comme un appel en faveur de ses compatriotes martyrs tantôt comme un cri de douleur d’une mère aux entrailles déchirées. Matilde s’imprégna de la littérature française puisqu’elle vécut pendant quatre ans en France où naquirent ses deux fils.

Donc, elle ne mérite pas moins d’être connue par les poètes français. Nous lui rendons un hommage posthume, en vulgarisant sa poésie dans la langue de Molière en réunissant quelques–uns de ses poèmes sous le titre de : Le métier à tisser des étoiles, (inédit en français).

Puisse-t-elle se réjouir de notre travail, là où elle est en ce lieu de lumière !

Je remercie Guiomar Cuesta Escobar, sa légatrice testamentaire qui m’a facilité ce travail en me fournissant les textes dont nous vous donnons à lire quelques-uns.

 

***

Les poèmes ci-dessous sont reproduits avec l'aimable autorisation des maisons d'édition, des ayants droit et de la traductrice Maggy de Coster

 

 

 

© Crédit photo : Matilde Espinosa, image fournie par Maggy de Coster.

 

 

Extrait du recueil Le monde un une longue rue, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Éditions Tercer Mundo, 1976, pp. 27-27.

 

 

Les enfants en exil

 

 

Quelqu’un pense-t-il à nous ?

à nos rêves,

à notre vol raté

et à cette marche

sans savoir qui ou qui

nous attendent ?

 

 

Qui s’est arrêté

quand on nous arrache du lit

dans le frisson du petit matin

alors qu’une forte voix

nous pousse vers le seuil de la porte

et un grand silence

ferme la maison, nos vieux jouets

demeurant au fond ?

 

 

Il faut être légers pour le voyage.

Et le coin (de jeu) dans les cours,

et les amis du pâté de maison,

les petits voisins se demanderont :

Quel méchant vent les arracha

en assombrissant les dernières étoiles ?

 

 

Toutes les patries ont un ciel,

un nom : le Vietnam, le Chili, la Colombie,

et un paysage, un lieu

qui nous paraît plus beau.

 

 

Que deviendront nos choses,

sans propriétaire connu ? Quelque chose que nous oublions :

un cahier boueux, une affiche, un souvenir.

 

 

On parle toujours des grands,

de leurs peines, de leurs travaux, de traités

que nous ne parvenons pas à comprendre,

et nous, à qui nous plaignons-nous ?

 

 

Nous ne nous demandons plus si

les persécuteurs auront des enfants.

Si les bandits auront des enfants.

Peut-être leur diront-ils

des mensonges ?

 

Mais nous

nous n’allons pas rester petits,

nous grandirons

et un jour nous foulerons l’herbe,

l’herbe qui niera leurs corps

pour que, la lumière, l’air,

n’aient pas honte

ni le ciel de la patrie

qui commence à devenir chanson,

notre chanson,

comme le pain et la paix

que nous cherchons pour le monde.

 

Matilde ESPINOZA

 

***

 

Extrait du recueil La Poésie de Matilde Espinosa, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Éditions Tercer Mundo, 1980, p. 131.

 

 

L’enfant qui demeura aveugle

 

 

Désormais tout sera pareil, nuages et papillons,

et le monde aura perdu les joies d’un enfant

qui fit des révolutions avec les oiseaux.

 

 

Sous la paupière immobile se blottit la nuit.

Désormais tout sera pareil.

Jamais la lumière n’eut grande tristesse

ni la couleur n’eut grande solitude.

 

 

Et la fête des feuilles avec le vent

se poursuit en naufrage

ainsi que le peuple de comètes

et les nids endormis ou défaits.

 

Jamais la lumière n’eut grande tristesse

ni la couleur n’eut grande solitude.

 

Matilde ESPINOSA

***

 

Extrait du recueil La Poésie de Matilde Espinosa, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Éditions Tercer Mundo, Bogota, 1980, pp. 211-212.

 

 

De la sereine transparence

 

Je repense à l’amour,

non seulement pour toi, non seulement pour moi,

mais pour l’étoile et son insistance,

pour la pluie et son tintement

et c’est pour regarder la porte ouverte.

 

 

Dans la sereine transparente

du mot qui s’en va

il reste une rumeur d’un ancien fleuve

où vécurent des poissons rouges

qui dans la tiédeur de l’écume

furent emportés par la mort.

 

 

Comme à la fin des rêves

le réveil est douloureux

j’éteins la lumière de la fenêtre

et je vois passer tous les visages

dans l’ivresse des silences.

 

 

Non seulement pour toi, non seulement pour moi,

mais pour l’étoile et pour sa fuite,

pour l’ombre passagère,

pour le fleuve et son courant

et pour la pluie qui ne cesse pas,

qui ne cesse pas de tomber.

 

Matilde ESPINOZA

***

 

Extrait du recueil : Les héros perdus, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Trilce Éditeurs, 1994, p. 73.

 

 

Le nuage blanc

 

 

À la mémoire de mon fils, Fernand Martínez Espinosa

 

Un jour et un autre jour

sans toi mon fils.

Et les silences

et le pourquoi sans sens

et savoir seulement

qu’il y avait un assaut dans mon chemin.

 

 

Pourquoi m’as-tu précédé

le pas, finalement mon fils,

peut-être tu ignorais que cette douleur

n’a pas d’égal

ne s’exprime ni par les mots.

 

 

C’est la plus solitaire de toutes les douleurs

et l’écho de ses pleurs

traverse les siècles

comme des frissons anciens et nouveaux.

 

La solitude accoucheuse de la mort

devait t’éteindre les paupières remplies de soleils

et de cieux vagabonds.

Elle a dû te fermer les pupilles

qui me cherchent

dans ce labyrinthe où je berce

ton ombre.

 

 

Dans le nuage le plus blanc

je te rends à l’enfance

et t’attends.

 

Matilde ESPINOZA

 

***

 

Extrait du recueil La crue des fleuves, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Antares, 1955, pp. 51-52.

 

 

À Paul Éluard

 

(Au cimetière du Père-Lachaise, Paris, 1953)

 

 

Tu es si jeune en ce monde

que ta mort n’est que le début

de ta verte récolte.

On t’entend respirer sous l’herbe

que ton cœur défend, comme une autre peau.

 

Ta langue universelle était le courant

qui transportait ta lutte sous les drapeaux,

et nous voyions ta tête illuminée

de rossignols et de bocages rouges.

 

À travers ton espérance et tes veines hardies

circulaient les hymnes et les forges,

dans l’enceinte bleue de tes mots,

les fronts se joignaient

en un vol espacé de colombes.

 

Tu règnes de profil dans les ombres,

en recueillant le silence de la nuit

qui fixe dans tes pupilles

la splendeur infinie de ton étoile.

 

J’entends monter à travers chaque tige tendre

le flux implacable de ton sang,

et je te vois comme tu étais, haut et grand,

parmi les enfants des quartiers pauvres.

 

Le territoire de l’amour te couvre,

la Liberté marche avec ton nom,

et dans tes yeux ouverts

la Paix veille sur ton aspiration profonde.

 

Je viens d’un pays où les arbres

précipitent leur origine

dans les rêves de l’homme,

et je t’apporte un message :

une poignée de terre,

une poignée d’amour

pour ta couche verte.

 

Matilde ESPINOZA

 

 

***

 

Extrait du recueil Dehors, les étoiles, traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER, Bogota, Éditorial Guadalupe, 1961, pp. 5-6.

 

 

Dehors, les étoiles

 

 

Dehors, les étoiles, les statues dénudées,

les chiens errants, l’ombre de la lune.

Dedans, l’amertume, l’esclavage, les meubles,

Une table dressée et beaucoup de faim dans l’âme.

 

Dehors, la beauté, l’honnêteté des arbres,

les mains de la terre, la douceur de l’air.

Dedans, le mensonge, comme une lampe aveugle,

tendresse contenue sans se donner aux mots.

 

Dehors, l’espérance, les pauvres avec leur froid,

la liberté de l’eau, les pierres et la rosée.

Dedans, l’agonie, conque peureuse

qui pulvérise l’essence des choses.

 

Dehors, tout est joie qu’ exultent les prairies,

la gloire des vents, les amours des pâtres.

Dedans, la mesure squelettique et vaine

qui verse dans le vin une larme gelée.

 

Dehors, le cloches, les nuages, les horloges

montent avec les heures inaugurer les tours.

Dedans, la nostalgie des temps inutiles

ignore la bataille de celui qui sème les roses.

 

Dehors, tout le monde, les mers, les navires,

les bras des hommes grands comme des forêts.

Dedans, tout est ombre qui mutile les rêves,

mort qui tombe les yeux ouverts.

 

Matilde ESPINOSA

***

 

Bibliographie de Matilde ESPINOSA

 

 

La poésie de Matilde Espinosa s’est déclarée en 1954 et parmi ses livres on peut citer :

Les crues des fleuves (Bogota, Antares, 1955)

Pour tous les silences (Bogota, Éditions Minerva, 1958)

Dehors, les étoiles (Bogota, Éditions Guadalupe, 1961)

Le vent passe, (1970)

Le monde est une longue rue (Bogota, Éditions Tercer Mundo, 1976)

La poésie de Matilde Espinosa (sélection) (Bogota, Éditions Tercer Mundo, 1980)

Mémoire du vent (Bogota, Éditions Tercer Mundo, 1987)

Saison inconnue (1990)

Les héros perdus (Bogota, Trilce Éditeurs, 1994)

Des signaux dans l’ombre (Bogota, Arango Éditeurs, 1996)

Le mur de l’ombre (1997)

La ville entre dans la nuit (Bogota, Trilce Éditeurs, 2001)

La Terre obscure (Bogota, Arango Éditeurs, 2003)

Un jour parmi tant d’autres (Bogota, Beaumont Éditeurs, 2006)

(NDLR : Ces titres sont les traductions des titres originaux en espagnol).

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster (texte, traduction & images), « À propos de la poésie de Matilde Espinosa », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 19 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/poesie-matilde-espinosa.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans colloques en ligne
14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 09:20

 

Premier colloque 2017-2018 | I – Parcours poétiques à découvrir

 

 

 

Diana Morán : panaméenne,

 

 

 

universitaire et poète de l'exil

 

 

 

Maggy de Coster

 

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

© Crédit photo : Photo de l'auteure fournie par la famille de Diana Morán

 

 

 

Figure charismatique de la littérature panaméenne, Diana Morán laisse à la postérité une œuvre littéraire d’envergure. C’est en 2012 lors de la Xème Rencontre Internationale des Femmes Écrivains, présidée par la poète panaméenne Gloria Young (actuellement Ambassadeur du Panama au Maroc), où j’ai été invitée à représenter la France en tant qu’écrivaine, poète et journaliste, que j’ai eu le bonheur de découvrir l’importance et la qualité de l’œuvre de l’écrivaine et de visiter sa maison natale à Cubaya. Ladite rencontre avait pour but de mettre en lumière cette femme d’exception qui fut contrainte à l’exil au Mexique après le coup d’État du Colonel Omar Torrijos au Panama le 11 octobre 1968.

 

 

 

Qui est Diana Morán ?

 

 

Poète, enseignante universitaire, chercheuse, philologue et essayiste, Diana Morán est née le 17 novembre 1929 à Cubaya, une ville du Panama où elle enseigna à l’Institut Fermín Naudeau. Elle s’affirme aux côtés du chanteur de dizains et d’ahans, Pille Collado, elle fonde une école primaire à Antón qui porte aujourd'hui la dénomination de Premier Cycle Salomon Ponce Aguilera. Elle s’exile à Mexico en 1969 où elle continue son travail de création littéraire. Jusqu’en 1968 elle était lune des dirigeantes remarquables de lAssociation des Professeures de la République du Panama. Elle s’évertue non seulement à transmettre les savoirs académiques à la jeunesse mais aussi les valeurs indispensables au maintien de l’identité culturelle nationale, chère au peuple panaméen. La même année, elle fonde l’Atelier de Théorie et de Critique littéraire, auquel se joignent des femmes mexicaines et centraméricaines du Collège de Mexico, lesquelles décident de baptiser l’atelier, du nom de « Diana Morán ». En 1993, l’atelier devient un groupe de travail indépendant. En 1979, elle présente sa thèse de doctorat en Lettres hispaniques, intitulée : Cien año de soledad : novela de la desmitificación (« Cent ans de solitude : roman de la démystification »).

 

L’œuvre de Diana Morán bien qu’empreinte de militantisme, n’est pas dénuée de qualité esthétique. C’est une créatrice qui invite la perfection dans ses écrits. Sa poésie engagée, aux accents révolutionnaires, a été publiée dans plusieurs pays latino-américains et aussi en Espagne. Poète et enseignante, elle était l’incarnation de la justice et de l’équité, aussi plaidait-elle pour une juste et équitable répartition de la richesse nationale. Elle ne se borna pas à l’écriture d’une poésie plate et insipide dictée par les circonstances, donc axée uniquement sur les revendications mais elle avait également le souci de la perfection du point de vue formel et esthétique. Elle cultivait un lyrisme sur fond de revendication nationale. Pour donner du poids à sa lutte, elle alliait sa voix à celles d’autres poètes incontournables comme le Nicaraguayen Ernesto Cardenal, le Salvadorien Roque Dalton et le Dominicain Pedro Miro. Elle avait mille et un tours d’adresse dans ses écrits pour fustiger et dénoncer l’impérialisme américain lors du débarquement des Marines le 9 janvier 1964 au Panama. Elle introduisait même quelques innovations au niveau du registre littéraire de la langue espagnole qu’elle défendait dans le milieu universitaire.

 

 

La poésie de Diana Morán est une poésie moderne, formellement transgressive, et éclectique qui se nourrit tant du langage dramatique que du langage narratif et même populaire. À l’instar de Prévert, des surréalistes, elle explore les formules d’assemblage, de collage, en référence aux arts visuels très prisés à son époque. Comme le souligne J. R. Fernández de Cano dans son article en espagnol sur le site MCN. Biografias.com que « Diana Morán pousse à l’extrême limite sa recherche sur de nouvelles voies thématiques et génériques afin de surprendre le lecteur en lui offrant une écriture d’un genre particulier donc difficile à mettre dans les catégories poétiques traditionnelles ». Pour conclure, disons que Diana Morán demeure un cas d’espèce pour être la seule femme poète panaméenne à connaître l’exil après avoir été incarcérée pour ses idées progressistes. Elle restera sur sa terre d’accueil jusqu’à son décès survenu le 10 février 1987 à Mexico où elle mena avec brio et sans désemparer sa carrière littéraire. Nous avons sélectionné et traduit quelques-uns de ses poèmes en français. Notons qu’aucune traduction de ses poèmes n’a été préalablement faite en français.

 

 

Une délégation d’écrivains et poètes reçue en 2012 dans la maison de Diana Morán à Cubaya (Panama)

 

© Crédit photo : Photo de la délégation de 2012 fournie par Maggy de Coster

 

 

Femme … Ève assoiffée d’espérance

 

Femme… Ève assoiffée d’espérance

Je débarque dans tes courants matériels

pour boire les eaux syndicales,

leaders de chair déchirée.

 

Et donc ... tout simplement amoureuse

d’être la fiancée des miels corporels

épouse des fleurs d’oranger verticales –

en extase dans la terre libérée.

 

Je veux boire l’aube collective

gorge de tendresse combative –

de la calebasse fraîche de tes mains.

 

Nourrir le nouvel isthme de mes enfants

avec la révolution des baisers fixes,

synthèse des bouches et des grains.

 

Diana Morán

Extrait de son recueil Eva Definida, 1957

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Ascanio décoré par une lame de mer

 

(Au martyr Ascanio Arosemena)

 

PIGEONNIER DES NUAGES

 

Les pigeons pleuvent et pleuvent,

tandis que le tournesol s’en aille…

Ascanio avance,

les autres reculent.

 

ALOUETTE EN LARMES

 

Les moineaux sont en rang,

quand on les voit passer,

ils tendent les jasmins

et les étoiles de mer.

 

MARÉE BASSE D’ENCENS

 

Bateau à fleurs,

bateau à sel,

bateau à quatre aubes

et un agneau d’autel.

 

PIGEONNIER DES AUBES

 

Les pigeons roucoulent

et roucoulent encore:

Ascanio est le drapeau,

emblème de ceux de derrière.

ALOUETTE EN EXULTATION

 

Le tournesol est ici

la roue des moineaux,

volent au vent des harpes de trille

et des coquelicots d’amour.

 

MARÉE HAUTE D'ÉTOILES

 

Bateau qui devient rouge,

bateau sur des vagues de tulle,

bateau qui devient blanc

avec un agneau bleu.

Diana Morán

(Extrait de son recueil Gaviotas de Cruz Abierta, 1965)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Ô Homme-Isthme… Adam de boue verte !

 

O Homme-Isthme… Adam de boue verte !

De tes humides yeux de coriandre

et de ta peau sauvage de menthe verte

germe l'aube de la patrie pure

Pentagramme sensuel de chlorophylle…

 

Tes notes révolutionnaires forment

le cœur triomphant du prolétariat –

la symphonie sociale des hommes.

 

Salomé-guide du myrte ouvrier

j’attends sur les bords de tes lèvres

l’éclairage rouge des sons

qui donnent le contenu à mes pupilles

Laisse-moi…Laisse-moi venir vers toi !

Diana Morán

(Extrait de son recueil Eva Definida, 1957)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Tu dois surgir en moi goutte à goutte

 

Tu dois surgir en moi goutte à goutte,

je rêve de retour à l’essence charnelle,

de la pluie que le doux feu précipite

en pleurs fécondés à la naissance.

 

Je dois vivre la courbe dilatée

dans la plénitude d’une sagittaire,

vivante fleur croissante,

tu mûriras en moi

os par os,

jusqu’à ce que des limbes soit extraite ta présence

Je me dédouble...

Tu es...

Nous sommes...

 

La montée victorieuse d’une pleine lune

embaume la source des seins comme le jasmin.

Diana Morán

(Extrait de son recueil En El Nombre Del Hijo, 1966)

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

***

 

Bibliographie de Diana Morán

Eva Definida (Ève définie) en collaboration avec Ligia Alcázar, 1959

Soberana Presencia de la Patria (Souveraine présence de la Patrie), 1964

Gaviotas de Cruz Abierta (Mouettes en Croix Ouverte), Prix Ricardo Miró en 1965, édité en 1992 aux Éditions Mariano Arosemena, INAC

En el nombre de Hijo (Au nom du Fils), 1966

Poesía Joven de Panamá (Jeune Poésie de Panama), (co-auteure de), XXIème siècle Éditions, Mexico, 1971

Ficción e Historia (Fiction et Histoire) : La Narrativa de José Emilio Pacheco, en collaboration avec Ivette Jiménez de Báez et Edith Negrín

Reflexiones Junto a tu Piel (Réflexions sur ta peau), poèmes d’exil, Collection Portobelo, Éditions Signos, Mexico. D.F.,1982

Manual de iniciación literaria (Manuel de d’initiation littéraire), utilisé dans l’enseignement secondaire au Panama, Éditions Librairie Culturelle de Panama, MONFAR et Lemania, 1983

***

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Diana Morán : panaméenne, universitaire et poète de l'exil », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Premier colloque international & multilingue de la SIÉFÉGP sur « Ce que les femmes pensent de la poésie : les poéticiennes », mis en ligne le 14 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/diana-moran-poete.html

 

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