23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 13:34

 

Rubrique Poésie & Théâtre

Texte aussi pour le Printemps des poètes

 

 

Un jour de printemps, je me suis sentie poète

 

 

Laure Delaunay 

Rédactrice de la revue LPpdm et responsable des rubriques

"Poésie & Théâtre" & "Poésie italienne"

 

Je veux parler d’une pièce de théâtre et de sa mise en scène, italienne, que j’ai découvertes par hasard sur internet, selon la loi désormais bien connue de la sérendipité, un matin, le 21 mars dernier, jour traditionnel du printemps, cette année avancée d’un jour pour la première fois depuis 120 ans, jour aussi de la naissance d’Alda Merini, poète très chère à mon cœur et dont j’avais déjà parlé ici en 2013, lors du Printemps des Poètes organisé à Paris 3 en 2013. Et je veux parler de la brève mais capitale expérience que j’ai faite en la regardant, sur internet.

Il s’agit de Minnie la Candida, un texte de Massimo Bontempelli du début du siècle dernier qui raconte les aventures d’une jeune héroïne qui doutant d’elle-même doute du monde. Cette pièce interroge profondément notre rapport au réel. Parfois, en effet, nous sommes comme perdus, envahis de pensées et de peurs qui nous empêchent de voir, avec des yeux vrais, avec des yeux sereins la réalité du monde qui nous entoure. Nous nous réfugions aussi dans nos rêves tant le monde nous semble inhospitalier. C’est ce que fait Minnie dans cette pièce, décidant que les poissons en plastique de l’aquarium décoratif d’un restaurant ont plus de réalité que les vrais poissons.

 

Je connaissais depuis longtemps ce texte et m’étais parfaitement identifiée à cette Minnie candide, me sentant très concernée par les questions qu’elle pouvait se poser. Ce matin, je me demande donc : « est-ce que ce texte a récemment été mis en scène ? ». Je tape dans Google les quelques mots de ma recherche et découvre, oui, une mise en scène récente de la communauté Trans du Lido*. Je n’ai pas approfondi ma recherche, je ne sais pas exactement de quelle partie d’Italie émane cette création. Adorant Venise, je rêve qu’il s’agisse du Lido de Venise. Mais peut-être, après tout, y a-t-il mille autres « Lido » en Italie ? Ayant découvert ce texte dans un contexte très académique durant mon parcours à la Sorbonne, je m’attendais à trouver une interprétation plutôt classique, épurée, délicate. Ma stupeur est donc grande de voir qu’elle émane du monde le plus fantaisiste qui soit… bien loin de toutes les blancheurs que l’on prête habituellement à la candeur, un monde ultra coloré, celui de l’arc en ciel. Je regarde. Et découvre que cette interprétation est à la fois épurée et délicate et classique, c’est-à-dire marquée par la simplicité.

 

J’en ai été bouleversée, bouleversée de voir devant moi des femmes, oui, des femmes, parlant d’elles-mêmes, des femmes dans des corps d’homme trafiqués mais encore un peu marqués par leur sexe de naissance. Bouleversée est le mot. Car moi qui identifiais la condition de trans à celle d’une grande souffrance, j’ai découvert au contraire la plus profonde joie de vivre. Ces femmes faisaient devant moi l’expérience que je fais sans cesse lorsque je joue au théâtre (je suis comédienne amateure, le théâtre est un art qui donne sens à ma vie) : celle de l’appréhension, par la fiction, d’une réalité nouvelle. Celle d’un apprentissage, par le théâtre, du bien-être et de la liberté. Et en les regardant, là, sur internet, ce monde bien souvent fictionnel, j’ai moi aussi, par la fiction, retrouvé un peu de bien-être et de liberté. Le droit d’être poète dans ce monde fou, le droit d’être candide.

 

J’ai compris aussi que le monde est si triste parfois, la haine des uns et des autres si tenace, qu’il est légitime de se réfugier dans nos rêves, cela nous soigne, à condition qu’il s’agisse de rêves actifs. La résistance qui s’organise contre le terrorisme est le signe de cela. Elle a réveillé les idéalismes : nous produisons des dessins, nous allons boire en terrasse, face à la dureté, nous opposons nos désirs et nos rêves lumineux. Voilà ce que faisaient exactement ces femmes. Face à la dureté, que, j’imagine bien, elles subissent tous les jours, elles opposaient leurs désirs et leurs rêves lumineux.

 

La suite ? Je ne sais pas. Mais je sais que ce que ces femmes m’ont appris, en parlant ainsi d’elles-mêmes, en évoquant ainsi l’émotion qu’elles éprouvent au théâtre, le sentiment aussi assumé d’une étrangeté peut-être, d’une étrangeté qui leur est renvoyée plus qu’elle n’est ressentie, c’est que le sexe n’est certainement pas une donnée physique mais bien une donnée psychique et cette certitude, pour moi, désormais, sera indéracinable. Être une femme, être un homme est un choix. Un choix à renouveler toujours. En les regardant, je me suis moi aussi sentie femme tout comme elles. Qu’elles en soient remerciées. Elles m’ont appris à me réconcilier avec moi-même.

En les regardant aussi, j’ai compris que j’allais désormais continuer moi aussi à opposer à la dureté du monde mes désirs et mes rêves lumineux.

Je n’ai pas participé au Printemps des poètes cette année. Cette expérience, cela dit, est mon printemps à moi. Mon printemps de poésie.*

 

 

* Pour les italophones, cette pièce est visible en tapant « Minnie la Candida, capitolo 1, 2, 3 » sur Google.

 

 Voir aussi : www.lauredelaunay.com.

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay,  « Un jour de printemps, je me suis sentie poète », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/printemps.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:49

 

Poème-illustration ou carte postale pour

la Journée internationale de la femme

 

 

 

Nowhere

 

 

 

Huguette Bertrand

 

 

 

Dans ce « nowhere » solitaire

les matins lèchent le silence de nos mères

quand une larme serpente

la dorsale de leur rêve

à l’affût des étangs grenouillards

 

 

femmes d'éternité

leurs chevelures s'enroulent

autour d'un chaud frisson

quand la mémoire de leurs jambes

se referme sur la tendresse

dépôt de lumière

dans la moelle du lit

 

Poème écrit en 2016

© Crédit photo : Huguette Bertrand, Nowhere, 2016

© Crédit photo : Huguette Bertrand, Nowhere, 2016

Page officielle : https://www.facebook.com/huguette.bertrand.9

Son site officiel : http://www.espacepoetique.com

Site web : http://www.espacepoetique.com/poete/poete.html

 

 

Pour citer ce poème

Huguette Bertrand, «  Nowhere », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/nowhere.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 08:59

 

Annonce de parution

Paula Dumont

 

Contes et nouvelles lesbiennes

 

aux éditions L'Harmattan

© Crédit photo : couverture illustrée du livre


LITTÉRATURE CONTE ROMANS, NOUVELLESQUESTIONS DE GENRE 

 

Présentation de l'éditeur : « Ce recueil contient de nouvelles versions de contes traditionnels tels que La Belle au Bois dormant,CendrillonLa petite ille aux allumettes et Le Chat botté. On y trouvera également des nouvelles qui mettent en scène des lesbiennes, illustres et obscures, qui ont des soucis identiques à ceux des autres femmes : vivre des relations authentiques, qu'elles soient amicales ou amoureuses, tout en gardant leur liberté et leur autonomie grâce à un métier plus ou moins épanouissant. »

 

Paula Dumont : « Docteure ès lettres, Paula Dumont, qui vit dans un village proche de Montpellier, se consacre à l'écriture. Elle a publié aux Editions L'Harmattan deux ouvrages autobiographiques, Mauvais genre, et La vie dure, un conte philosophique, Le règne des femmes, deux essais, Lettre à une hétéro et Les convictions de Colette, et un dictionnaire de l'écriture lesbienne. Entre femmes, dans lequel sont recensées trois cents œuvres lesbiennes. Féministe, Paula Dumont milite également pour l'égalité des droits des LGBT. »

 

 

ISBN : 978-2-343-08117-5 

Date de parution : janvier 2016 

Nombre de pages : 114 p.

Broché

Prix éditeur :  12,83 €

Site de l'éditeur :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=49218

 

Ses œuvres déjà parues aux éditions de L’Harmattan :

 

  •  Mauvais Genre, parcours d’une homosexuelle, 2009.
  •  La Vie dure, éducation sentimentale d’une lesbienne, 2010.
  •  Lettre à une amie hétéro, propos sur l’homophonie ordinaire, 2011.
  • Le Règne des femmes, conte philosophique, 2012.
  •  Les convictions de Colette, Histoire, guerre, politique, condition des femmes, 2012.
  • Portée disparue, aller simple pour Alzheimer, 2013.
  • Entre femmes, 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées, 2015.

 

Voir également ses autres livres édités par L'Harmattan (présentation reproduite via le site de l'éditeur)

 

ENTRE FEMMES
300 oeuvres lesbiennes résumées et commentées

Paula Dumont
PORTÉE DISPARUE
Aller simple pour Alzheimer

Paula Dumont
CONVICTIONS DE COLETTE (LES)
Histoire, politique, guerre, condition des femmes

Paula Dumont
RÈGNE DES FEMMES
Conte philosophique

Paula Dumont
LETTRE À UNE AMIE HÉTÉRO
Propos sur l'homophobie ordinaire

Paula Dumont
VIE DURE (LA)
Education sentimentale d'une lesbienne

Paula Dumont
MAUVAIS GENRE
Parcours d'une homosexuelle

Paula Dumont

 

© Crédit photo : couverture illustrée du livre

© Crédit photo : couverture illustrée du livre

Paula Dumont : livres lesbiens

 

 

 

Pour citer cette annonce

LPpdm, «  Paula Dumont, Contes et nouvelles lesbiennes aux éditions L'Harmattan », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/contes-paula-dumont.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 08:28

 

Annonce de parution

 

Table des matières

 

N°4 | Hiver 2015-2016

 

Tant de Philomèles en ce monde !

 

Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre

 

sous la direction de Camille AUBAUDE

 

ISSN 2492-0487. ISBN 979-10-92848-03-8 / EAN 9791092848038

 

Sommaire

 

5 Avant-propos

6 Éditorial

 

Nous indiquons les noms d'auteurs avant les titres

 

I- Dossier majeur

 

Tant de Philomèles en ce monde

 

I- 1 Articles, chroniques, présentations, témoignages

 

11 Introduction

 

ABSIS

12 — La Valtesse, effacée de l'Histoire

 

Estelle BÉDÉE

14 — La Comtesse de Ségur et l'hystérie
 

Francesca Y. CAROUTCH

24 — Tatiana THEODORESCU : poème & notice
 

Cordelia (de MELLO MOURÃO) FOURNEAU et Camille AUBAUDE

26 — L'anti-Philomèle

 

LES ÉDITEURS d'Impression inimaginable

28 — Rythmes de la haute-enfance
 

Pierre MEIGE

32 — La reine Kiki de Montparnasse

 

Claude-Henri ROCQUET

36 — Tissage

 

I- 2 Chansons, lettres, nouvelles, poèmes

 

Indran AMIRTHANAYAGAM

44Le dimanche matin

 

Camille AUBAUDE

45 — Le Droit de la Femme ; Ode à Gaïa ; Ode à Isis
 

Simone CHEVALLIER

48 — L'Hydre ; Tour d'ivoire

 

Sherezada CHIQUI VICIOSO

50 Adieu à Adéla Fernandez ; Éva/sions (extraits)

 

Denisa CRACIUN

53 I ; II ; 46 ; 47 ; 48 ; 49 ; 50
 

Giovanni DOTOLI

57 Femme-essence
 

Sylvie FABRE G.

59 Le centre aveuglant de la vie ; Le rivage du ciel ; Lettre de la quête ; Lettre du commencement ; Lettre du poème

 

Laurent FELS

65 — Regards de soi(e)

 

Bernard GIUSTI

67 Épilogue ; La chanson de l'eau ; Le livre de chevet ; Le silence
 

Marie GOSSART

71  Autant/Au Temps ; J'irai promener ma solitude ; Les jours sans chaînes ; Paysage de glace– Brueghel/Amsterdam

 

Myra JARA

74 Moi en nudité
 

Alexandre MOUROUSY

76 De la Fuite dans les idées
 

Christine de PIZAN

78 Ballade ; I (XI) ; Rondeau

 

Roberto SALVATIERRA

80 Une femme aux nu-pieds

 

Renato SANDOVAL

81 Compassion absolue
 

Satoko TAMURA

83 La Lune aux rayons brisés (extraits)
 

Françoise URBAN-MENNINGER

84 — Viols en réunion
 

David van VACTOR

86 — Je suis peut-être aveugle mais pas mort
 

Rosario VALDIVIA

90 — Je suis
 

Enrique VERASTEGUI

91 — Analecte (extraits)
 

John WANDER

92 — Construis un monde ; Les yeux grands ouverts

 

Lina ZÉRON

94 Avant de nous aimer ; Courtisanes ; Mots inconnus ; Papillons pourpres
 

Nina ŽIVANČEVIĆ

97— Je n'aimerais pas

 

 

II- Dossier mineur

Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre

 

II- 1 Chroniques, présentations, témoignages

 

Camille AUBAUDE

99 — Le Servage

 

Anna PERENNA

107 — La muse Philomèle

 

II- 2 Poésie

 

Marie ARNASSANT

112 — Les Muses
 

Sophie BRASSART

114 — À la tombée ; J'envie le parfum des immortelles
 

ORPHARY

115 — Aliénation ; Inepties ; Psychédélique ; Une nuit en enfer

 

Violette RIEDER

117 — Ailleurs ; PAX ; Soupir ; Stèle

 

III- Bémols artistiques par Françoise URBAN-MENNINGER

 

119 Geneviève Asse à la galerie Bamberger (Strasbourg) ; Les vitraux qui font danser la lumière de vie Lander à l'église Saint-Denis de Gerstheim

 

IV- S'indigner, résister, soutenir, lettres ouvertes

 

Khris ANTHELME

123 — Extrait de Poémitude, 11e tome, Insécurité
 

Camille AUBAUDE

124 — Résister ensemble après le vendredi 13
 

Marie GOSSART

125 — Silence
 

Françoise URBAN-MENNINGER

127 — Alors la France a chaviré

 

V- Poésie de la jeunesse

 

Khalid EL MORABETHI

128 — La chaise d'en face

 

VI- Invitations à lire, à voir, à comprendre

 

Camille AUBAUDE

129 Ce fanal obscur. Roman de Françoise Baqué, Chambon éd., 2014 ; Fanny Heldy, Carnet de souvenirs d'une cantatrice ; La Peur. Film de Damien Odoul, avec Nino Rocher d'après le roman de Gabriel Chevallier (1930). Prix Jean Vigo 2015

 

Anna PERENNA

133 À propos de Je veux juste être tranquille

 

Françoise URBAN-MENNINGER

135  Mon corps m'appartient ! Colloque de Strasbourg

 

VII- Poésie érotique par Damy TANGAGE

 

137  Poème suivi d'hommage à Lou Andréas Salomé

 

VIII- Instant poétique en compagnie d'Huguette BERTRAND

 

141 Chroniques des temps morts

 

IX- Entretien poétique

 

Anna PERENNA

142 Conversation avec Marie-Josée DESVIGNES autour de Requiem (réalisée en 2013)

 

X- Portrait littéraire : regarder autrement

 

Portrait littéraire suivi de sa réception
 

Michelle Gaëlle CONTIN

145 — Tante Marie Joseph
 

Brigitte BARDOT

146 —Lettre (extraits)


 

XI- Mimodrame in petto

 

149 — Prosopopée iconographique & contagiosité mimétique

 

XII- Iconographie & manifeste par Alberto SORBELLI

 

150 — Vieux Manifeste moisi retrouvé sur la rive d'un lac asséché ; Vecchio Manifesto ammuffito ritrovato sulla riva di un lago essiccato

 

 

Iconographies de Camille AUBAUDE, Sophie BRASSART, Cordelia (MELLO MOURÃO, de) FOURNEAU, Oda JAUNE, Sylvie LANDER, Anne-Marie Reine LE PAPE, Claude MENNINGER, Anna PERENNA, Marie PASSEROSE, Nelly SANCHEZ, Andrée SIKORSKA, Alberto SORBELLI, Françoise URBAN-MENNINGER.

Traducteurs et traductrices : Camille AUBAUDE, Claude COUFON, Raymond FUZELLIER, Ljiljana HUBNER-FUZELLIER, Carl LACHARITÉ, Alberto SORBELLI.

Textes réédités de Marie-Louise ARNASSANT, Simone CHEVALLIER, Claude-Joseph DORAT, Violette RIEDER, Tatiana THEODORESCU, Christine de PIZAN*

●●●

 

Numéro en vente chez la SIÉFÉGP dès le 8 mars le 21 mars 2016 (20h00)

 

*Les liens vous permettent de lire la notice biographique de l'auteur/auteure/autrice

 

Pour citer cette annonce

LPpdm, « Table des matières du N°4 », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016.

Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/table-des-matieres-du-n-4.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 10:30

 

Poèmes pour Le Printemps des poètes

Trois poèmes sur la poésie

 

 

Khris Anthelme

Rédacteur du Ppdm et responsable

de la rubrique "Formes fixes de la poésie"


 

De Marot à Verlaine


 

Toute œuvre à son mystère et Mère Poésie
Pour ma cause est le plus délicat à propos.
Je l’écris et la lis l’âme en acinésie
Quand survient le déclin démêlant ses quipos.


 

Comme une passion, comme un besoin, l'arcane
Dans l’ombre ou la lueur se dévoile discret.
Comme un passant sur quelques vers, je vais et flâne
Pour trouver en chemin un trésor, un secret ;


 

Mais l’intrigue peut-être affligeante ou profane
Incitant à la peur sur un simple renvoi ;
Se penchant sur l’amour dans un monde en chicane,
Tant pénible à fixer quel que soit le pourvoi.


 

De Marot à Rimbaud, ou Verlaine, est saisie
Une vie insolite où jamais le chaos
N’aura de cesse à vivre un parfum d’ambroisie.
Qui sait ? Peut-être encore aujourd’hui leur repos


 

Demeure secoué par un blasphème ou plane
Un doute doucereux, chagriné d’un regret,
De n’avoir pu nourrir un verbe qui ne fane
Sur leur tombeau, sinon, qu’il fleurisse à leur gré !

 


***


 

La Poésie est au poète

comme la vie est au recommencement



 

Tant notre esprit peut-être au jour sombre ou brillant
Tel un flambeau brûlant d’une flamme inclinée
Qui respecte une loi, car tout en chancelant
Celle-ci se redresse et pointe la nuée ;
L'aède avec raison reprend le bon sillon
Se hissant au firmament ; un silence il surmonte
Pour s'ouvrir la morale en abstrait tourbillon.
Mais de nos jours, traquée, à voir ce qu’elle affronte,
Éprouvée au malheur l’on trouve rarement
Une âme accorte assez, flambante, qui s’immisce
Au vent qui lui murmure, au fleuve ranimant
L’oubli berçant son onde, à l’orage propice.
Seul le poète estime à voir croître une fleur ;
Il la scelle d'un vers au flanc d’un cimetière
Car sa plume et son âme en garde la couleur.
L'énonçant d’une main, hésitant à l’extraire,
La butine avec l’autre, aimant il s’assagit ;
Plus encor, quand la rose au soleil est flétrie,
N’est-il étrange à voir comment l’idée agit,
Il la rime à nouveau voyant qu’elle est meurtrie.
La nature s’invite à l’acte et parle mieux
Recevant de l’humain existentialiste
La grâce poétique instructive à ses yeux.
Il la sculpte à la plume et lui dit qu’elle existe
Saisissant son décor aux instants, aux hivers,
Aux étés, aux printemps pour bénir un automne,
La vie et l’eau, la terre et le feu des éthers,
Suivant avec ardeur l’ornement qui la prône,
L’aurore, son soleil, l'éclat au fil de l'eau,
Fixant ses volontés les plus figuratives.
Mais pour un fief, un champ, son or ou son château,
L’homme a toujours lutté contre les forces vives
Invincibles des cieux à l’horizon sans mur.
La poésie ancienne aux règles primitives
Nous en a confié la trace sans futur
En vagues souvenirs se troublant d’une lutte
Au creux d’un grand chaos dessinant l’univers
Sauvage en harmonie, éternisant la chute
Des plus anciens, criant tous leurs Dieux dans leurs vers ;
Dieu lui-même excepté, car Dieu, le véritable,
Se voila le regard sur son art à le voir
Épineux, bafoué. Serait-ce inévitable ?
Si plus rien n’existait ? Pas même un mot d’espoir,
D’espace, de néant, plus une seule vie
Ne parlerait de mort, donc d’immortalité,
De ténèbres, d’éclats, parlerait-on Survie ?

 


***


 

La poésie, est-ce encore un art ?


 

Puisse-t-on l’appeler style, prose ou science,
Il ne faut que peu de talent.
Car l’écriture est l’art de servir l’éloquence
Orné d’un biais rutilant
Selon une structure aux lois d’une genèse
À l’incroyable fondement
Composant le savoir, l’élément de la thèse,
De l’esprit et du sentiment.
L'intellect n’est d'ailleurs sa première ressource,
L’instinct moral, l’émotion
Font l’ampleur d’une force empruntée à leur source
Pour créer la sensation.
Ce savoir enrichi par la prosodie,
Attrayant comme un puits sans fond,
Genre encore appelé par l'homme poésie,
Car inépuisable, fécond.
Tel un champ invisible au son d’une pensée
Du centre de l’entendement,
Presque immuable au front d’une plume encensée
Où plane l’ère l’animant.
Donnant l’impression d’un acquis esthétique,
La raison du bien absolu,
Avec pour tout rapport l’aptitude acoustique,
L’amour de l’écrit réélu.
Pourquoi n’a t-il jamais été mis en distance ?
Mais pris en admiration
À l’instar d’autres arts épuisés de brillance
Égarant leur datation.
Doté de rangs divers, sans être un grand génie
Il ne lui suffit que d’un rien
Puisant dans la nature une cacophonie ;
Un soupir, un ris de terrien,
Le chuchotis du vent pourtant insaisissable,
Le doux clapotis d'un ruisseau,
La vague et ses rouleaux galopant sur le sable,
Les astres frémissant sur l’eau,
Un envol de saison sur les feux de l’automne,
L'amertume d’un souvenir.
Il suffit à notre œil que la terre résonne
Pour promptement tout acquérir.

 

Pour citer ces poèmes

Khris Anthelme, « Trois poèmes sur la poésie », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 22 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/trois-poemes.html

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Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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