16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 17:31

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception  | Dossier | Articles & témoignages 

 

 

 

 

 

 

 

Féerie, ma perte, recueil de poèmes de

Paloma Hermina Hidalgo,

paru aux Éditions de Corlevour

 

 

 

 

 

 

Chronique & photographie de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par Quentin Caffier de « Féerie, ma perte », recueil de poèmes de Paloma Hermina Hidalgo, paru aux Éditions de Corlevour.

 

 

Dans ce recueil de poésie écrit à fleur d’âme et de peau, Paloma Hermina Hidalgo ouvre le bal  qui fait danser la chair des mots dans le corps irradiant du texte qui n’est autre que celui de la narratrice. La photo, somptueuse, digne d’un opéra baroque, signée par Quentin Caffier, donne le ton à cet ouvrage dont la plume semble avoir été trempée dans le vitriol.

 

On ne sort pas indemne des jupes d’une mère incestueuse et démiurge qui fait voler tous les tabous en sacrifiant l’innocence de son enfant sur l’autel de la perversité. « La dureté de ton cœur, Maman, infecte ma chair. », écrit l’autrice qui vénère toujours et encore sa mère qu’elle interpelle avec un M majuscule et qu’elle invoque ainsi «  Dès le berceau, Maman, notre amour hors de mesure n’a-t-il pas présidé à ma folie ? »

Paloma Hermina Hidalgo parle du plus loin et du plus haut de sa mémoire, sur le trône de feu orgiaque et orgasmique qu’elle transcende par une écriture où elle triture les mots à l’instar de sa chair tourmentée par sa génitrice. « Je te chéris, Maman. Et ta vulve de conte . De sorte qu’attachée à ta vanille et au culte de ta gousse, je garde malgré tout mon honneur. » La poésie est cette langue bifide qui dit tout à la fois l’inouïe et cette beauté vénéneuse  qui infuse dans le texte tel un poison  qui renvoie au mal absolu.

Poésie de la déchirure et de la démesure, on retrouve comme dans Matériau Maman,

le pire dans cette féerie où la perte, comme dans tous les contes de fées, atteint des paroxysmes qui ébranlent l’entendement.

 

Crédit photo : Portrait de l’autrice Paloma Hermina Hidalgo, capture d’écran de l'image libre de droits du site Wikipédia.

 

Sculptrice de poupées entre ses doigts maléfiques, la mère est cet ange déchu à la fois craint et adoré qui commet ce que la psychanalyste Alice Miller  qualifie d’« abus narcissique ». Et pourtant, ce sont des ténèbres que naît la lumière dans cet ouvrage horrifique, c’est la magnificence d’un envoûtement sans philtre qui emporte le lecteur dans les abords de cet ailleurs qui n’est autre que celui de la perte…

Nul doute que Paloma Hermina Hidalgo aura transmutée sa chair violentée dans un poème où, dans le même fourreau, la douleur exquise côtoie l’indicible déréliction d’une identité profanée où l’on appréhende ce que Joyce Mc Dougall nomme « Un sexe pour deux ». « L’Une avec l’Une/ Et l’Une de l’Une / Et l’Une dans l’Une », résume la narratrice.

Seule l’écriture permet d’exorciser et de dénouer cette dyade mère-fille dont la trame bâtie sur la « navrance du désir » a partie liée avec la perte de soi dans l’autre, voire la perte dans cette petite mort qui précède la disparition dans le non-être. Mais telle une Orphée au féminin, Paloma Hermina Hidalgo nous est revenue des enfers pour renaître au monde avec cette faculté d’émerveillement que l’on entrevoit entre les lignes de son livre car c’est un diamant noir qu’elle nous octroie dans un écrin de lumière.

 

© Françoise Urban-Menninger, juillet 2025.

 

***

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Françoise Urban-Menninger (texte & photographie), « Féerie, ma perte, recueil de poèmes de Paloma Hermina Hidalgo, paru aux Éditions de Corlevour », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 16 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/fum-phh-feerie

 

 

 

 

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15 juillet 2025 2 15 /07 /juillet /2025 15:43

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Dossier | Florilège | Nature en poésie...

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieille maison & Tête de pont

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes & photographie par

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par Ayna Paisley du recueil de poèmes intitulé « Quantum » d’Irina Moga, paru aux éditions DarkWinter Press, Ontario, Canada, Juillet 2025.

 

 

 

Vieille maison

 

 

Il y a le temps qu’on eût passé ensemble :

un temps fait de silences étendus — tout comme les branches des arbres
et le toit brisé, maintenant effacé.

 

Des formes érodées, portant le poids de nos paroles ;

des marais salés au loin,

se rapprochant de la mer que nous savions être une sortie possible.

 

Une vieille maison, avec des fenêtres et des portes barricadées,

et des plinthes qui craquent ; 

des galets d’oursin nichés entre des gonds et des serrures rouillées.

 

Mais il n'y avait pas de mer immédiate —

 

bien sûr.



 

Tête de pont

 

 

La lune derrière ton ombre : 

un moulin à vent de nuages, fragmentés.

 

On dirait que je suis revenue à terre 

après une longue absence, 

marchant à travers des algues vertes et des capsules de fleurs inversées.

 

Tu es là : 

— j’ai atteint la tête de pont de ta présence.

 

 

* Deux poèmes extraits de Quantum, par Irina Moga (éd. DarkWinter Press, Ontario, Canada, Juillet 2025) publiés ici avec l'aimable accord de l’auteure et de sa maison d'édition. Ces poèmes ont été traduits de l'anglais canadien en français par Irina Moga.

 

En cours de programmation pour paraître cette semaine :

l'annonce de parution de Quantum par Irina Moga, paru en anglais chez  DarkWinter Press, Ontario, Canada en juillet 2025.

***

Pour citer ces poèmes inédits traduits en français & illustrés

 

Irina Moga (poèmes  & photographie)« Vieille maison » & « Tête de pont », illustration par Ayna Paisley, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet, mis en ligne le 15 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/2025noiii/irinamoga-vieillemaison

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

 

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15 juillet 2025 2 15 /07 /juillet /2025 15:40

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception | Revue poépolitique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

Salah Oudahar, « Ce pays d'où tu viens – Les galets de l’oubli » : la poésie comme mémoire vivante

 

 

 

 

 

Lecture poétique & photographie par

 

Lectrice

 

Nom de plume d’une collaboratrice de la revue Le Pan Poétique Des Muses

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée & mise en rayon du recueil de poésie « Ce pays d'où tu viens – Les galets de l’oubli » de du poète Salah Oudahar aux éditions d’en bas.

 

En ce 5 juillet 2025, jour de la fête de l’indépendance algérienne, les mots de Salah Oudahar prennent une résonance particulière. À travers Ce pays d'où tu viens – Les galets de l’oubli, son nouveau recueil, l’Algérie se fait présence, tension, souffle. Elle n’est pas seulement évoquée : elle est invoquée. Une terre toujours vive, même à travers l’exil.

Chez Salah Oudahar, comme chez les grands poètes de la mémoire, le passé ne s’efface pas : il se transforme en murmure persistant. Les frontières entre le souvenir et le présent se troublent. Dans ce recueil, l’Algérie n’est pas un lointain décor : elle est intime, douloureuse, insoumise. Elle n’a jamais cessé d’habiter la voix du poète.

 

Il ne parle pas de son pays, il lui parle. Il le tutoie, l’interpelle, avec tendresse, parfois avec colère, mais toujours avec une fidélité bouleversante. À travers les images fortes de ses poèmes, il fait surgir un territoire à la fois concret et symbolique, une terre blessée par le silence et l’abandon :

 

Ses galets nus noircis par l’attente 

Brûlant au soleil des berges mortes

Des serments promesses non tenus

Comme muets

Étrangers

Ni de juillet ni de décembre

Comme venus d’ailleurs

 

Ces vers témoignent d’un rapport intime à la mémoire collective, où les paysages désertés deviennent les porteurs d’un passé trahi. Le poète, en refusant l’oubli, transforme chaque image en une empreinte de vérité. Loin de l’évocation nostalgique, il inscrit la mémoire dans le corps même du langage, interrogeant l’appartenance, le déracinement et la fidélité.

 

 

Mais au-delà du dialogue avec la terre natale, un motif revient avec une force particulière : le mois de juillet. Il traverse tout le recueil comme une saison brûlante, historique et charnelle. Juillet, c’est le mois de l’indépendance – le 5 juillet 1962 –, ancrée dans la mémoire nationale. Mais chez Oudahar, juillet devient aussi le théâtre d’une mémoire sensible, d’une chaleur humaine, d’une lumière fragile sur fond d’étouffement. Ce poème en témoigne :

 

« Brise de juillet 

Dans les feux du soir

Fugace
À peine effleurée
Vent brûlant
Nos brasiers
Nos baisers volés
Dans la torpeur d’un pays étouffé
Espoir aride vite déserté
Mon corps remuait s’agitait
À ton réveil
Fraîcheur ô fraicheur
Portes fenêtres restées ouvertes toute la nuit
Le parfum de ta bouche
Ton souffle
Ton café
Ses arômes retrouvés
Tes mots
Tes langues
Tes musiques
Tes chants
Tes récits du passé
Tes récits du futur

Comme si rien n'était encore perdu

Comme si tout était encore possible »

 

Ce juillet poétique mêle le collectif et l’intime. Il incarne à la fois la chaleur politique de l’Histoire et la chaleur d’un corps aimé, réveillé par le souffle de l’aube. Le poète entrelace le souvenir des révoltes avec celui des étreintes. Il fait dialoguer la mémoire nationale avec celle, charnelle, du quotidien. Ici, la mémoire n’est pas un musée : elle est une sensation, une odeur, une voix. Elle traverse les langues, les musiques, les récits. Et surtout, elle résiste à l’oubli.

« Tu fus jasmin laurier-rose / Arbre en proie aux tempêtes aux vents / Langue océane / Mer de multitudes » écrit le poète.


Ces vers, à la fois tendres et incandescents, nous enjoignent à rouvrir le jour, à redire au monde sa beauté essentielle, malgré les blessures, les silences, les arrachements. Car l’oubli menace toujours, mais la poésie veille : elle ravive les braises, elle s’oppose à l’effacement, elle refuse l’enfouissement. Par ses mots, elle insuffle la vie, elle réanime ce qui semblait perdu.

La photographie en noir et blanc de la couverture, réalisée par l’auteur lui-même comme l’ensemble des photographies du recueil s’insère dans une mise en page conçue par Artagraphisme..., prolonge cette sensatio : une braise en sommeil, un souvenir prêt à reprendre feu. Ce livre est ce souffle. Un chant pour l’Algérie. Un chant debout...


 

Ce pays d'où tu viens – Les galets de l’oubli n’est pas un simple recueil, c’est un acte de présence, un refus de se taire, une fidélité indélébile à une terre aimée, blessée, espérée. Ce 5 juillet, il sonne comme un rappel vibrant : « la liberté, la dignité, la mémoire sont aussi affaires de poésie. »

 

 

© Lectrice, juillet 2025.

 

—————

Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Lectrice (collaboratrice de la revue LPpdm, texte & photographie)« Salah Oudahar, « Ce pays d'où tu viens – Les galets de l’oubli » : la poésie comme mémoire vivante », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 15 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2025noiii/memoirevivante

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

La dernière rectification mineure du texte faite à la demande de la critique date du 17 juillet 2025.

 

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12 juillet 2025 6 12 /07 /juillet /2025 17:20

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Critique & réception | Dossier | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

 

 

Samar Miled : un « Printemps » 

 

de révolte & de tendresse

 

 

 

 

 

 

Critique & photographies (fournies) par

 

Lectrice

 

Nom de plume d’une collaboratrice de la revue Le Pan Poétique Des Muses

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée & mise en scène du recueil de poèmes de la poétesse Samar Miled, Printemps aux Éditions Le Lys Bleu, Paris, 2025.

 

Avec son nouveau recueil Printemps, la poétesse tunisienne Samar Miled poursuit avec force et sensibilité son chemin poétique et politique, entamé dès son premier recueil Tunisie Sucrée-Salée (Éditions Nous, Tunis, 2020). Ce nouvel ouvrage, à la fois ancré dans l’actualité et traversé de mémoire, rend hommage au printemps arabe, né en Tunisie, et à la douleur toujours vive d’un pays aimé, quitté mais jamais abandonné.

 

Mais Printemps est bien plus qu’un seul écho révolutionnaire. C’est une exploration poétique du printemps dans toutes ses déclinaisons – comme saison, comme état de l’âme, comme métaphore de l’amour, de la nature et de la patrie. À travers ses différentes parties, le recueil alterne entre légèreté ludique et gravité assumée, entre chants d’amour tendres et cris de colère lucide.

 

Dans « Printemps », la voix de Samar est celle d’une femme en marche, en exil parfois, mais toujours enracinée dans sa terre. Ses poèmes mêlent engagement, lyrisme, colère douce et nostalgie lumineuse. On y sent battre le cœur d’une génération marquée par l’histoire, mais encore capable de croire aux mots pour réparer, dénoncer, et espérer.

 

Des poèmes comme « Révolution », « Les damnés du jasmin », « Le ventre de Tunis » ou « La balade des gens heureux » font de ce recueil un véritable manifeste poétique, un cri lucide et sincère né de la Tunisie, mais qui résonne bien au-delà.

 

« C’était un mois de décembre,

Le pays tremble,

Le mal sombre, Le pays se réveille,

Les patients se rebellent.

La marche des âmes franches,

Franchit la porte de la grande ville.

Arrivent les voix blanches,

Et s'élèvent contre les voies viles. »

 

Samar Miled écrit avec un amour immense pour sa terre, souvent douloureux, toujours viscéral. Dans « Kerkennah », elle déploie une poésie de l’attachement, de la fidélité intime à la moindre pierre de son pays :

 

« On t'aime jusqu'à la dernière Charfia

Jusqu'à la dernière pierre qui tombe,

Jusqu'au dernier figuier qui se courbe sous le poids des années...

On t'aime jusqu'à la dernière prière à l'ombre de l'olivier qui résiste,

Jusqu'au dernier chapelet de raisin qui se vide...

On t'aime,

Jusqu'à la dernière ride. »

 

Mais la poétesse ne se limite pas à la géographie intime : la nature, elle aussi, s’invite dans ses vers comme une matière vivante, vibrante, témoin du passage du temps. L’évocation du printemps devient alors celle du renouveau, du désir, de l’éveil – autant de motifs présents dans ses poèmes les plus lyriques, parfois même teintés d’un humour léger.

 

© Crédit photo : Portrait photographique récent de la poétesse Samar Miled.

 

C’est dans ce registre plus léger, plus ludique aussi, que s’inscrit un poème comme « Produits de beauté », une ode tendre et ironique à la jeunesse contemporaine et à ses solitudes numériques :

 

« Un jeu sérieux,

Pour les lunettes rondes,

Pour les cheveux fous à lier, ou lissés au fer acheté chez le marchand des rêves, peu importe.

Un jeu sérieux,

Pour la casquette à l'envers et le sweat-shirt Puma, dernier cri.

Un jeu sérieux,

Pour ceux qui aiment le flashy, Ou pour les invisibles, Et pour les âmes sensibles, Qui se cachent derrière un écran,

Ou qui activent leur « baladeur » pour envoyer balader le monde...

Un jeu sensible, enfin,

Pour ceux qui achètent le silence, En ouvrant, parfois, un livre,

En lisant, parfois, des « mots bleus », des mots à la sauce rosée, des mots ivres. »

 

La géographie poétique de Samar va également bien au-delà de la Tunisie. Dans le poème « Bruxelles », elle dresse un constat sans fard sur les inégalités structurelles entre le Nord et le Sud, entre ceux qui peuvent circuler librement et ceux qui sont enfermés par les frontières et les couleurs de leur passeport :

 

« On ouvre la carte du monde : et en ce moment, comme un coup de chance ?

On est en haut, à gauche.

En bas, c'est le refuge des « sans domicile fixe », des « sans-papiers » qui ne franchissent aucune frontière.

Il n'y a que les rouges et les bleus qui circulent à vol d'oiseau.

En bas, on a construit des fenêtres bleues et des cages.

En haut, c'est les tuiles rouges et les fenêtres blanches.

Toutes les couleurs ne se valent pas. »

 

Cette conscience du monde, cette lucidité sur les rapports de pouvoir et les injustices n’exclut jamais la dimension intime et universelle de l’écriture. Le poème « Notre histoire », par exemple, évoque la poésie elle-même comme refuge et miroir de l’âme :

 

« Et ce poème

Dans la nuit,

Qui comme un cri,

Vous raconte,

Tout le bonheur,

Qui l'agite,

Dans cette maison,

Qui nous habite. »

 

Et c’est peut-être dans le poème « Soleil » que s’exprime avec le plus de force ce basculement vers la lumière. La poétesse y renverse la douleur pour faire triompher la beauté, le choix du Bien, la douceur réparatrice :

 

« Adieu haine,

Adieu amie des moribonds,

Adieu fenêtres qui ouvrent sur le vide,

Adieu marâtre qui épuise la lumière.

Adieu haine.

Je vais danser sur ta tombe,

C'est la mission qui nous incombe.

Je vais... tuer le mal, étouffer son râle...

En choisissant le Beau,

En m'agrippant au Bien, pour ne pas tomber dans la fange des hommes ;

En fabriquant des histoires,

En griffonnant du blanc sur le noir, En attendant le bout du tunnel...

Adieu haine,

Car je choisis l'amour, l'amour...

Et je te hais. »

 

 

Samar Miled est aussi une poétesse de son temps, dans la forme autant que dans le fond. Elle partage ses poèmes à travers des capsules vidéo sous-titrées sur les réseaux sociaux, rendant sa poésie accessible à un public plus large, et particulièrement aux jeunes générations. Cette stratégie de diffusion, à la fois moderne et militante, renforce la portée de son message, tout en restant fidèle à l’oralité propre à la poésie arabe.

 

Avec Printemps, Samar Miled livre bien plus qu’un recueil : elle offre un espace d’écoute, de résistance, de rêve et de consolation. À travers ses vers, elle continue de tisser ce lien fragile mais tenace entre l’exil et la terre natale, entre le passé blessé et les espoirs d’avenir.

 

C’est une poésie qui questionne, rassemble, bouscule, mais surtout aime – jusqu’à « la dernière ride ».*



 

© Lectrice, juillet 2025.

 

* Samar Miled, Printemps, Le Lys Bleu, Paris 2025, 103 pages, 12 €

 

————

Pour citer cet article illustré & inédit

 

Lectrice (collaboratrice de la revue LPpdm, texte & photographies fournies)« Samar Miled : un « Printemps » de révolte et de tendresse », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 12 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2025noiii/samarmiledunprintemps

 

 

 

 

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12 juillet 2025 6 12 /07 /juillet /2025 17:19

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Actions pour l'égalité des sexes [publication numérique uniquement du texte] & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

Prix Littéraire Dina SAHYOUNI (5ème édition pour le 8 mars 2026)

 

 

 

 

 

 

 

SIÉFÉGP ou

Société Internationale d'Études des Femmes 

 

& d'Études de Genre en Poésie

 

 

 

Crédit photo : Portrait de l’autrice  « Ana de Castro Egas », peinture tombée dans le domaine public, capture d’écran de l’image libre de droits du site Commons.

​​​

 

En hommage à la fondatrice de la SIÉFÉGP (sa maison d'édition, ses collections, ses distinctions sauf celle-ci, ses presses féministes numériques et imprimées, son encyclopédie, son Académie Claudine de Tencin, son unité de recherche, sa bibliothèque, sa maison d'édition et bien d'autres organismes) la poétologue Dina Sahyouni (autrice immigrée, diagnostiquée autiste asperger à l'âge de 47 ans), Le Prix Littéraire Dina SAHYOUNI récompensera pour sa cinquième édition le 8 mars 2026 l'œuvre d'une écrivaine immigrée, réfugiée ou exilée*. L'écrivaine distinguée par ce Prix aura un certificat officiel sous forme d'attestation & un article journalistique autour de, ou sur, l'œuvre primée et/ou de la lauréate (à paraître dans la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES).

 

 

Conditions pour y concourir :

​​​​​

1. Ce Prix est international et gratuit, les autrices non francophones peuvent y participer.

2. Ce Prix concerne de préférence les ouvrages parus dans les deux ans précédents. Les œuvres à paraître jusqu'au 31 janvier 8 mars 2026 sont recevables. Pour sa cinquième édition, l'association SIÉFÉGP organisatrice de ce Prix accepte également les œuvres parues entre janvier 2021 et décembre 2023. La SIÉFÉGP n'accepte aucun ouvrage paru avant janvier 2021 (en prenant en compte sa première édition ou sa dernière réédition en date).

 

3. Être une écrivaine immigrée, exilée ou réfugiée dans le pays de sa résidence principale (en France ou ailleurs dans le monde).

 

4. Chaque autrice peut déposer à la SIÉFÉGP une seule œuvre par édition de la distinction pour participer à la sélection de l'ouvrage à récompenser.


5. La même autrice ne peut être lauréate de cette distinction plus de trois fois. Dans ce cas, la distinction est attribuée à chaque édition à un genre littéraire différent. Ce prix s'attribue donc une seule fois au même genre littéraire, au même ouvrage de la même candidate. Ces mêmes conditions s'appliquent à l'attribution à titre posthume de cette distinction pour des ouvrages uniquement inédits de l'autrice et publiés selon la condition de l'article 2 cité ci-dessus.​​​​​​

 

6. Les traductions sont acceptées. Les œuvres collectives sont rejetées. Chaque candidate doit être l’autrice principale de l’œuvre proposée.

 

7. Les essais, poésies, nouvelles, romans, fables, contes, récits, études, éditions critiques... sont acceptés. Autrement dit, les genres littéraires, les études littéraires et les genres apparentés aux genres littéraires et aux études littéraires sont admis.

 

8. Les œuvres poétiques ou portant sur la poésie sont privilégiées, toutefois le résultat des votes du jury est irrévocable.

 

9. La candidature se fait par l’envoi postal de six exemplaires de l'œuvre & de six exemplaires de la biographie de la participante ou un exemplaire électronique (en format PDF de l'œuvre) accompagné par un document PDF de la biographie de l'écrivaine du 21 juillet 2025 au 15 janvier 15 février 2026 compris au siège social de l'association SIÉFÉGP à Grenoble (24 rue Lucien Andrieux) ou par courriel à contactlppdm@pandesmuses.fr avec l'objet « Candidature pour le Prix Littéraire Dina SAHYOUNI 2026 » ou par l'envoi des livres en format audio ou vidéo en courrier électronique à la messagerie susmentionnée.

 

10. La candidate doit être éditée par une maison d'édition (à compte d'auteur, à compte d'éditeur, associative, etc.) Les tapuscrits inédits non publiés, ni programmés à paraître jusqu’au 31 janvier 8 mars 2026 sont refusés. Une œuvre qui n'a pas été primée peut être présentée au jury deux fois supplémentaires (à partir de la première participation, ce qui fait trois candidatures de l’autrice pour le même livre en respectant l’article 2).

 

11. L'autrice d'une œuvre présentée à cette distinction ne peut ni être un membre du jury, ni être une personne de la famille proche (mère, grand-mère, fille, petite-fille, sœur, conjointe, belle-fille, nièce directe, personne assimilée...) d'un membre du jury.

 

12. Selon le souhait de Dina Sahyouni, ce Prix poétique ne ne doit pas récompenser l'écrivaine de l'œuvre primée par une somme d'argent car cela représente un contresens. Ce qui est réellement nécessaire à une écrivaine, exilée, immigrée ou réfugiée, ce sont la reconnaissance et la valorisation de ses créations, et non pas une récompense monétaire. Les personnes deviennent des réfugiées, des immigrées ou des exilées pour des raisons multiples. L'argent n'a aucune valeur quand ce qui est attendu c'est l'égard.

 

 

Des écrivaines confirmées désignées par la SIÉFÉGP sélectionneront dès le 31 janvier 19 février 2026 dans un premier temps quelques livres (dix maximum mais habituellement trois ou quatre). Ensuite, les membres du jury votent pour désigner l'œuvre gagnante dès le 5 mars 2026. En cas d’égalité des votes attribués à deux livres par le jury, les deux œuvres seront primées par ce prix. L'annonce du résultat final apparaît publiquement et aura lieu le 8 mars 2026 par l’intermédiaire de la revue féministe LE PAN POÉTIQUE DES MUSES**

 

 

 

Pour information :

 

Le 8 mars cette distinction a été octroyée pour

 

— la première fois en 2022 à la lauréate Irina MOGA pour son œuvre intitulée « Variations sans palais » parue aux éditions L’Harmattan.

— la deuxième fois en 2023 à la lauréate Imèn MOUSSA pour son œuvre intitulée « Il fallait bien une racine ailleurs » parue aux Éditions L’Harmattan.

— la troisième fois en 2024 à la lauréate Imèn MOUSSA pour son œuvre intitulée « Genre et émancipation des femmes dans la fiction maghrébine contemporaine » parue aux Éditions Manuscrit-Savoirs en 2023 & préfacée par l’autrice Madame Sylvie BRODZIAK.

— la quatrième fois en 2025 à la lauréate Arwa BEN DHIA pour son œuvre intitulée « Les quatre et une saisons » parue aux Éditions du Cygne, (Paris 2024) et Éditions Arabesques, (Tunis 2024).

 

Membres invités du Jury : 

 

Arwa BEN DHIA, Maggy DE COSTER, Hanen MAROUANI, Irina MOGA, Imèn MOUSSA, Dina SAHYOUNI (représentée).

 

Membres organisateurs du jury pour la SIÉFÉGP : 

Revues poéféministes ORIENTALES & LE PAN POÉTIQUE DES MUSES.

 

 

* Cette distinction est inclusive, bienvenue aux personnes dites « En situation de handicap » et « LGBTQ+ » !

** Une cérémonie de remise de prix pourrait être envisagée ultérieurement.

 

__________

 

Pour citer le lancement de l'édition du Prix littéraire du 8 mars 2026

 

SIÉFÉGP, « Prix Littéraire Dina SAHYOUNI (5ème édition pour le 8 mars 2026) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 12 juillet 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/2025noiii/siefegpprixdinasahyouni

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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