25 novembre 2023 6 25 /11 /novembre /2023 16:30

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Épître à Robespierre, faite du temps

 

qu'il était Membre du Comité de Salut Public.

 

Par le Citoyen Pont

 

 

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L'Anti-terroriste...

 

Poème choisi, transcrit, corrigé, mis en français moderne & annoté par Dina Sahyouni avec une photographie du journal

 

 

© Crédit photo : Image du numéro où se trouve le poème extrait du L'Anti-terroriste, ou Journal des principes, [suite au Journal du Département de Haute-Garonne], Du Nonidi 29 Prairial, l'an III de la république, N° 37, Mercredi 17 Juin 1795. Photographie réalisée par DS., octobre 2023.

 

 

 

L'Anti-terroriste, ou Journal des principes, [suite au Journal du Département de Haute-Garonne], Du Nonidi 29 Prairial, l'an III de la république, N° 37, Mercredi 17 Juin 1795, V.S, De l'imprimerie des citoyens BROULHIET & MEILHAC (rue Liberté, ci-devant Saint-Rome), pp. 150-151. Ce journal est tombé dans le domaine public et on peut le télécharger sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France. Pour le moment, On ne dispose pas d'informations supplémentaires sur le citoyen Pont qui est l'auteur réel ou supposé de l’« épître » (???*) ci-présente sur Robespierre :


 

Épître à Robespierre, faite du temps qu'il était Membre du Comité de Salut Public. Par le Citoyen Pont.

 

 

Homme ! que devient-tu lorsque l'Être suprême

Rejeté de ton cœur, t'abandonne à toi-même ?

De mille passions, vil esclave et jouet,

Chaque jour voit de toi naître un nouveau forfait.

Si, voulant usurper la suprême puissance,

Tu trouves, en tes égaux, la moindre résistance ;

Quel torrent plus fougueux et plus dévastateur,

Que celui qu'à l'instant déchaîne ta fureur !

Plus cruel que Néron, plus fourbe que Tibere,

Implacable ennemi de la nature entière,

Frères, parents, amis, rien n'est sacré pour toi,

T'obéir ou mourir est ta suprême loi.

Ô France ! ô ma patrie ! ô terre infortunée !

Sous quel horrible joug je te vois enchaînée !

De quel spectacle affreux frappe-tu mes regards ?

Je vois planer sur toi la mort de toutes parts :

Tes campagnes au loin par le feu ravagées,

Tes plus belles cités dans le sang submergées,

Tes ports abandonnés, et tes nombreux vaisseaux

Languir sans mouvement sur leurs stagnantes eaux ;

La disette, la faim exerçant leurs ravages,

Deux cents mille brigands désolant tes rivages ;

Ton culte, tes autels détruits et renversés ;

Tes prêtres mis à mort, ou fuyant dispersés,

Les Français autrefois et si fiers et si braves,

Changés par la terreur en un peuple d'esclaves.

Ô ! scélérat auteur de ces renversements !

Robespierre, crois-tu jouir encor longtemps

De l'empire cruel qu'exercent sur nos âmes,

Tes brigues, tes fureurs et leurs agents infâmes !

Non, non, il est au Ciel un Dieu juste et puissant

Qui punit le coupable, et venge l'innocent,

Sa foudre mille fois sur toi serait tombée,

Et la terre de toi ne serait plus souillée,

Si, voulant se venger des rebelles humains,

Il ne t'avait choisi pour remplir ses desseins :

Mais ton tour va venir et déjà sa colère

Déchire de remords ton âme sanguinaire.

Peux-tu voir, en effet, ce soleil qui te luit,

Sans frémir, sans songer à l'éternelle nuit,

Dans laquelle tes mains de meurtres dégoûtantes,

Ont plongé sans pitié tant d'âmes innocentes,

Tant d'âmes, dont, hélas ! le crime seul était

De chérir la vertu, d'abhorrer le forfait ?

Peux-tu passer devant leurs anciens domiciles,

De la paix, du bonheur, jadis heureux asiles,

Devenus aujourd'hui par tes noires fureurs

Des tombeaux consacrés aux larmes, aux douleurs ?

Peux-tu voir cette épouse* à qui ta main cruelle

A ravi des époux, le plus parfait modèle ;

Et ces tendres enfants, dont les yeux éplorés,

Expriment la douleur dont ils sont pénétrés ?

Peux-tu, dis-je, les voir, sans te dire à toi-même,

« Que m'avaient-ils donc fait? par quelle rage extrême

De ces infortunés ai-je percé le sein ?

Quel règne que celui d'un barbare assassin !

Qui, toujours affamé de sang et de victimes,

Ne peut compter ses jours que par de nouveaux crimes. »

Ah ! monstre, s'il est vrai, que ces tristes objets

Retracent à tes yeux l'horreur de tes forfaits ;

S'il est vrai que tes jours soient des jours de souffrance,

Je ne demande point au Ciel d'autre vengeance ;

Vis longtemps, au contraire ; et que tel soit ton sort,

Que sans pouvoir mourir tu désires la mort.

 

 

 

* Cette prétendue « Épître » relève plutôt de l'épigramme ou d'un poème politique dirigé contre Robespierre pour critiquer ses actions politiques qui ont causé, selon le poète, la période de la terreur. Le titre « Épître » nous paraît donc satirique ou une sorte d'erreur de la part du poète, voire même une appellation découlant du genre poétique employé par le poète pour versifier sans se soucier du contenu du poème.

** Pensez « ces épouses » en lisant « cette épouse » car cette licence poétique permet de conserver la métrique de l'« épître », satirique (plutôt épigramme), qui est en alexandrin.

 

 

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Pour citer cette image & ce poème politique de l'aïeux

 

L'Anti-terroriste..., « Épître à Robespierre, faite du temps qu'il était Membre du Comité de Salut Public. Par le Citoyen Pont », poème choisi, transcrit, corrigé, mis en français moderne & annoté par Dina Sahyouni de L'Anti-terroriste, ou Journal des principes, [suite au Journal du Département de Haute-Garonne] (1795) avec une photographie du journal, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  Événements poéféministes & poépolitiques 2023 | « Stoppons ensemble le terrorisme & œuvrons pour une paix mondiale & durable » & N° 15 | AUTOMNE 2023 « Poétiques automnales », volume 1, mis en ligne le 25 novembre 2023. URL.

http://www.pandesmuses.fr/lettredoctobre2023/no15/at-epitre

 

 

 

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