21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 16:28

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques... | Textes poétiques thématiques

 

 

 

 

 

 

Les dépossédé. e. s

 

  

 

 

Charlène Lyonnet

 

 

 


 

 

Mélodie des sirènes alarmées,

Par le passage,

Du navire près des rochers.

Naufrage.

 

 

Dépêchées sur la plage,

Les mariées ont retrouvé,

Emportés par l’orage,

Le cœur brisé, 

Marins volages,

Maris pêcheurs échoués.

 

 

Leur dernier baiser

Était humide et salé.

 

 

À chaque mariage,

Les cloches ont résonné,

Dans le petit village.

Mères et belles mères désenchantées,

Par funèbres hommages,

Mise en garde ont formulée,

Comme un funeste présage :

 

 

« Hissée, comme sur le mât d’un voilier

Par la mer jalouse qui enrage,

Portée par les vagues tourmentées,

La voile noire du veuvage,

Déployée,

Menace d’abordage,

Les épouses restées,

Sur le rivage. »

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe 

 

 

Charlène Lyonnet​​​​« Les dépossédé.e.s », poème féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 21 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/cl-lesdepossede-e-s

 

 

 

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 11:08

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

l’après-midi

 

 

d’un Rossignol

​​

 

 

Mona Gamal El Dine

 

Docteur en sciences de l'art (La Sorbonne Paris), Membre de la Société des Gens de Lettres, Membre du P.E.N Club International, Sociétaire des Poètes Français, Présidente de l'association ISIS Arts & Cultures, Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix, Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris), Historienne de cinéma & Réalisatrice

 

 

 

 

 

 

Tu chantes nuit et jour, le printemps te fait plaisir

Tu danses sur l’arbre fruitier 

Chaque branche t’invite à voyager de l’une à l’autre

Tes secrets d’une femelle à l’autre

Tu ne connais pas la polygamie, tu prétendais !

Tu ne reconnais pas les enfants de la rue … Tu es là haut

 

Monsieur Rossignol :

Tu chantes nuit et jour, le printemps te fait plaisir

Tu danses sur l’arbre fruitier

Tu connais l’aventure comme tu aimes la nature

 

Crois-moi la nature sans engagement, sans partage devient solitude

Et,

Si tu acceptes ton voisin le Perroquet ?

Il commence par imiter ta voix en chant d’amour !

Tu réponds et il te fait signe

 

Moi, la musique et toi le chant …

 

Acte d’amitié que tu n’as pas prémédité !

 

Deux amoureux sur l’arbre est mieux qu’un, union contre un monde cruel

 

Monsieur Rossignol :

Apprends-toi le partage  

Oui, c’est vrai le perroquet parle beaucoup …

On peut dire qu’il est sociable !

 

Toi, Rossignol, tu as une voix chaleureuse qui attire le monde d’élites …

Tu as un certain regard sur ton voisin le Perroquet et sa famille nombreuse

Je pourrais te dire que l’égoïsme n’a pas le droit d’exister ...  

Je te propose un orchestre lyrique pour tous ...

 

Monsieur Rossignol :

La nature est belle, ses bras sont ouverts pour tous les chants et tous les bavardages parmi les arbres …

 

©MGED

 

***

 

Pour citer ce poème féministe & engagé 

 

Mona Gamal El Dine« l’après-midi d’un Rossignol », poème féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 20 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/mged-rossignol

 

 

 

 

 

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Voici les couvertures des recueils qui ont paru dernièrement de l'auteure/autrice :

​​​​​​ 

© Crédits photos : Couvertures de 2 recueils parus de la poète, images fournies par Mona Gamal El Dine. 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Poésie engagée Poésie féministe
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 16:48

 

 

Lettre n°15 |  Eaux oniriques... | Biopoépolitique | Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

 

 

 

Inutile [enfer]tile

 

 

​​

 

 

CAM[...]ILLE

 

 

 

 


 

Je me présente, au moins vous serez témoins :

J’ai été privée de ce qui devait être un besoin

Je suis celle qu’on plaint, celle qu’on fuit au loin

Je ne suis pas une femme dite « accomplie »

Chaque mois mon bas-ventre me rappelle, maudit,

Que j’ai lamentablement échoué dans ma vie

Mes entrailles me font lâchement défaut

Et ne veulent pas porter de marmots

Faisant sombrer mon quotidien dans le chaos

 

Je me revois, enfant rêvant d’enfants ;

Déjà pas très grand, on nous apprend

Que pour être heureux, plus tard apparemment

Il faut impérativement être parent

— On conditionne le bonheur indécemment

Une femme a un avenir de maman

C’est tout ; sinon cet être humanoïde handicapé

Sera un poids inutile pour la société

Se révolter est synonyme de malhonnêteté

 

Ô toi, maternité triomphante !

Ô toi, femme qui enfante !

Ô vous, regards et jugements implacables !

Voyez, admirez à quel point je suis une incapable !

À force, je ne sais même plus qui est coupable

Entre les normes sociétales inconscientes et moi,

Tant d’injustice, j’ai honte et peur à la fois

— Parce que donner la vie aurait été trop beau

Mais ma chair me refuse ce cadeau

 

J’ai l’intime conviction que ma vie de femme stérile

Se résume alors à des actions qualifiées de futiles

Inapte à reproduire la fin des contes de fée

Suis-je donc réduite à mon incapacité ?

Même la science m’abandonne et ne peut me sauver

Après avoir été un objet médical, encore et encore

Cette horrible machine qu’est mon corps

Ce déchet malade, anormal, défectueux

Par trop haïssable à mes yeux

 

Mais j’ai surtout trahi pour toujours

Cet Autre que j’appelle amour

Qui, patient, chaque jour à mes côtés

Supporte mon anxiété et ma mauvaise santé

M’assiste dans cette épreuve du deuil de ma maternité

Jamais je ne pourrai à mon tour pouponner

Et par ma faute lui aussi est condamné

Devenus des robots à copuler pour procréer

On en oublie la douloureuse douceur d’aimer


 



 

Je suis terrifiée à l’idée de précipiter sa perte ; Muet,

Son visage hurle ses démons, ses regrets sont mon reflet

Son regard me rappelle constamment toute notre misère

Il faudrait qu’il parte pour s’économiser cet enfer

Mon infirmité va lui aussi l’enfermer et le briser

Je ne suis digne ni de lui, ni de personne en réalité

Pas de p’tit chérubin, de petiot, de p’tit gamin

Il faudra sceller notre histoire sans la création d’un être humain

Avec en prime mon affolante culpabilité entre les mains

 

Il est de ces blessures qu’on ne peut réparer

De ces meurtrissures qu’on ne peut réconforter

Et des cassures qu’on ne peut jamais combler

J’ai perdu une chose que jamais je ne pourrai posséder

Ce vide en moi, cruel, me persécute infiniment

La nature a gagné ; alors quoi, maintenant ?

Serais-je une erreur qu’elle a produite, sans le projeter ?

Solitaire involontaire, j’ai subitement réalisé

Que j’avais été comme dépossédée de ma féminité

 

Où que j’aille, je me sens physiquement incomplète

Plantée là, anéantie devant ces mamans parfaites

Ma vue se trouble de chagrin jaloux et de sourde rage

Mais ainsi que leurs mômes, je dois rester sage

Mes pensées endeuillées de l’image d’un enfant

Le fantôme de mon bébé pour toujours absent,

C’est tellement dur qu’il me hante tout le temps

Comme s’il était né sans rester, dans mes crises de folie pure

Ça me permet d’un peu lutter contre cette sociale dictature

 

Souvent dans mon lit, très tard le soir

Je me torture l’existence avec de sales cauchemars

Aussi sales que ces flots rouges qui me font pleurer

Je ne suis pourtant pas qu’un corps qu’il faut engrosser

Je suis tellement épuisée d’un tel combat à mener

Ils ont créé un manque atrophié que j’aurais pu éviter

On essaie de me faire croire que j’ai péché

Alors que je suis seulement née, et j’ai dû tout endurer

Je crois que… j’ai le droit de me pardonner…




 

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe sur la stérilité et sur l'injonction d'être mère ou de la maternité 

 

CAM[...]ILLE, « Inutile [enfer]tile », poème féministe inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 18 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/camille-inutile

 

 

 

 

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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 14:37

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

Désirance

 

 

​​

 

Véro Ferré

 

 

 

Tout doucement je m’efface,

Peu à peu je deviens transparente,

Imperceptiblement, je n’ai plus d’existence,

Comme si vieillir était une indécence.

 

 

Vos tempes grisonnantes sont élégance,

Mes mèches argentées négligence,

Votre désir de fleur de l’âge est légitime,

Mon entrejambe palpitant inconvenant.

 

 

Vous m’avez inculqué la honte de vieillir,

Je devrais user de mille artifices,

Camoufler les traces laissées par les années,

Pour, un tant soit peu, vous épargner.

 

 

Votre regard méprisant me fait vieille,

Je vous rebute, je vous révulse,

À vous renvoyer à votre propre finitude,

Il est plus aisé de me disqualifier.

 

 

Puisque rien ne sert de lutter, j'acquiesce

Je n’abdique pas, j’accueille

Ma peau parchemin, ses mollesses,

Ses taches avec une infinie tendresse.

 

 

Vous me voulez invisible,

Je ne me cacherai pas.

Mon désir devient inaudible,

Je n’y renoncerai pas.

 

 

Éros n’est jamais périmé,

Le feu entre mes cuisses rougeoie,

Mon désir palpite et crépite,

Mon automne sera flamboyant.

 

 

Osez à présent me regarder

Le rideau n’est pas encore tombé.

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe d'amour 

 

Véro Ferré« Désirance », poème  féministe d'amour, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/vf-desirance

 

 

 

 

 

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