1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 15:32

 

Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

Virgule-moi, 

 

 

 

Éclore &

 

 

 

Puissance mâle

 

 

 

 

Emmanuelle Jay

 

Peinture de

 

Martine Séchoy-Wolff

 

 

 

​​​© Crédit photo : Martine Séchoy-Wolff, peinture sur le désir. 

 

 

Virgule-moi

 

 

 

 

Met ta virgule dans mon alinéa 

Enfonce ton point 

Exclame tes suspensions

Ponctue ! 

Encore ! 

Point de parenthèses, 

Astérisque-toi à mes cheveux, 

Barre oblique à mes fesses rondes, 

Un tiret à mon cou, 

Met entre crochet ma taille aux accents moelleux, 

Enfonce encore ton point, 

Demi-tour, 

Circonflexe, c’est moi qui te domine, 

Tréma sur ta poitrine, 

Je te point, je te virgule, 

Je te sens venir, La cédille me guette, Nos arobases m’excitent. 

 

 

      

Éclore   

 

 

Écrire dans du coton 

Graver sur ta peau 

Scripter de mes lèvres au creux de ta nuque 

Crayonner tes fesses 

Badigeonner de mes mots 

Exploser mon champs lexical  

Jouir de t’écouter me murmurer tes histoires  

Griffonner mes orteils sur tes mollets 

Noter et consigner tous tes désirs  

Écrire 

Écrire 

Écrire 

Écrire  

Calligraphier une chanson  

Éveiller tous nos sens 

Orthographier la passion  

Photocopier mon sexe sur le tient  

Inscrire pour toujours  

Ne rien dire 

Ne rien écrire 

Car tout est dans mon cri 

 

 

      

Puissance mâle

 

 

J’écris la nuit 

Je braise avec toi 

Follement 

Tout ce que je m’interdis, 

Ce désir enfouit 

Dans le pli des songes 

Brûlure bleue  

Tu m’irradies  

Je culmine sur tes passions 

Tu domines mon bassin 

Je ne jouirai pas  

Je garderai le feu furieux  

De ton sexe en moi 

Dans mon intime nuit 

Paysage brûlant  

Couverture de regards 

Tout ce que tu sais de moi

Me transperce et me comble

J’ébullitionne !  

Je suis ta jeune héroïne  

Tu es mon révélateur  

Le courant éclaire mon corps

D’une folle passion érotique

Nocturne-moi encore. 

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes érotiques sur le désir

 

Emmanuelle Jay, « Virgule-moi », « Éclore »​​​​​​ & « Puissance mâle », trois poèmes érotiques inédits illustrés par une peinture inédite de Martine Séchoy-Wolff, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er mars  2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/desir/ej-virgule-moi

 

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude SIMON 

 

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour à la Table du Recueil

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Poésie érotique
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 18:41

 

Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

Ta nudité

 

 

&

 

 

Le désir 

 

 

 

 

 

Paul Tojean

 

 

 

 

© Crédit photo : Paul Tojean, Je vois la femme cachée dans la forêt" *. 

​​​​​​

 

Ta nudité

 

 

Lumineuse sous un lustre diamant

Ta silhouette se propage dans le boudoir

Toute nue devant moi tu élèves le mysticisme

À son point le plus culminant

Tu es là immobile comme envoûtée

Et envoûtante

Tu es là et tout s’arrête

On dirait même que l’espace se fige

Nous restons l’un l’autre

Dominés par cette plénitude du temps

Où tout chavire et où tout recommence…

Effleurement de mes doigts dans ton cou

Sur tes lèvres, sur tes épaules, tes seins,

Tes bras, tes hanches, 

Tes jambes, tes genoux, ton sexe

Caresses qui se prolongent indéfiniment

Seul le sable mouvant de ton ventre

Fixe à jamais la durée

Avant que ne survienne ce volcan en éruption que tu domptes

Ton corps ondule comme une danse

J’y pressens une musique inaudible et pourtant réelle

Ligne, élégance, finesse et extase

Élévation graduelle, plaisir des sens

Tout en toi est musique sous une lumière de cristal.



 

 

 

Le désir 

 

Au cœur de notre vie

Il y a ce feu qui t’envahit

Et m’emporte au fond de ton regard

Ô prêtresse de l’Amour !

Tu m’entraînes vers le rivage ultime du désir

Je te prends et te possède

L’amour devient alors un sacerdoce

Et dans le sacrement des sexes et des caresses

Je plonge dans ton feu

Le plaisir nous embrase...

 

 

 

 

* Légende de l'illustration : elle est un clin d'œil à l'affiche surréaliste réalisée par Magritte portant la mention : "Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt". Le peintre a joint tout autour de son affiche la photo de chacun des membres du groupe avec les yeux fermés.

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes d'amour inédits sur le désir

 

Paul Tojean, « Ta nudité », « Le désir », poèmes érotiques inédits & illustration inédite, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 28 février 2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/desir/pt-tanudite

 

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude SIMON 

 

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour à la Table du Recueil

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Poésie érotique
23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 15:21


 

Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

 

tes mains*

 

 

 

 

Houle

 

 

 

Crédit photo : Hands, domaine public, image de Commons, Wikimedia.

 

 


 

je clos mes paupières
dans les profondeurs du lit.
immobile,
comme le poème d'un mort.
j'écoute le souffle que tu relâches.
tu ne dors pas.
ton sexe se recroqueville de honte
contre moi.
il suffit d'un mouvement
pour le réveiller.
alors je ne bouge pas.
je ne roule pas mes hanches.
je gonfle à peine mon torse
pour respirer.
tu dois penser que je somnole.
parfois, tu vérifies que je ne meurs pas.
tu cherches mon pouls
au fond de ma gorge.
rassuré par un petit battement,
tu me couvres de caresses.
le vent s'engouffre dans ton sexe.
tu murmures mon prénom.
tu m'appelles,
terrifié par la tempête qui te ravage.
mon cœur se serre doucement
dans ma poitrine.
je mime le réveil. j'agite mes cils
quelques fois devant ton visage.
puis tu me fais l'amour.
tu ne me reprends pas la mer.
tu ne brises pas le rivage
avec la proue d'un navire.
tu me fais l'amour
pour la première fois.

 

 

 


 

je le vois dans ton corps quand tu t'effondres. ton dos te fait souffrir. tes gestes se remplissent d'urgence et de désespoir. tu te courbes comme une vague, avant de disparaitre dans l'écume. et tu m'appelles. tu cries mon prénom de toutes tes forces. tu cherches mon regard dans les paysages qui t'entourent. puis quand tu me distingues enfin, tu t'arrêtes. tu ne bouges plus. ta folie s'apaise. alors je referme l'espace entre nos corps. je console tes mains tremblantes entre les miennes. toi tu murmures des paroles secrètes. tu sembles prier mais je n'entends pas. 

je chuchote ton prénom, et tes lèvres me retrouvent. quand tu deviens fou, tu m'embrasses toujours pour ne pas disparaître. tu dévores ma bouche, ma langue. tu les mords jusqu'au sang. et je pourrais jouir debout contre ton corps, sur la pointe des pieds. je pourrais jouir et pleurer en même temps. pleurer car tu as besoin d'être fou pour me toucher avec amour. pleurer car je ne sais pas comment soigner ton corps malade. comment guérir tes mains. tes mains fêlées. tes mains qui me violent.



 

 

 

 

les mains de julien ont des paumes calleuses, et de longs doigts. julien porte trois bagues. l'une vient de son père. large, délicate. la seconde est celle de son pacs. quand il la retire pour dormir, je distingue une écriture fine sur l'intérieur, que je ne déchiffre pas. la dernière bague se trouve sur son pouce. elle ressemble un peu à la houle.
je dépose parfois ma tête dans les mains de julien. ses paumes ont la chaleur des galets où je colle mes joues. puis je pleure entre ses doigts.
les mains de julien possèdent une magie qui me rassure, une puissance lumineuse et mortelle. je les regarde conduire, glisser sur mes cuisses, caresser des formes différentes sur le tissu avec l'admiration de l'enfant.
julien a les mains du père, du frère, du mari. de nombreux hommes les parcourent, et différents comportements les traversent. des comportements protecteurs, doux et violents s'y mêlent et s'y opposent. ses mains se promènent constamment au bord d'un gouffre.
j’observe le danger dans le cœur de ses mains. j’observe leur peau sombre remontant les poignets. leurs veines qui dévoilent des rivières et des fleuves. des courants dont j'écoute la musique, attentive au moindre battement, au moindre geste.
mais certains jours, les poignets de julien se mutilent dans un silence religieux. ces jours-là, il joint ses mains pour recouvrir les miennes. et je disparais dans une prière, murmurée du bout des lèvres. je confesse un péché de petite fille.

 

 

 

 

 

*Ces poèmes regroupent ces trois thèmes, et décrivent une certaine forme de désir retrouvé dans la contrainte. 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes érotiques inédits sur le désir 

 

Houle, « tes mains »​​, ensemble de trois poèmes inédits d'amourLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 février 2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/desir/houle-tesmains

 

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude SIMON 

 

 

 

© Tous droits réservés

 

Retour à la Table du Recueil

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Poésie érotique
3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 16:29

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine |  Poésie érotique | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Amores y amantes / Noche de sombra

 

Amoureux et amants / Nuit d’ombre

 

de Jacinta Ceballos

 

 

 

 

 

Œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

 


 

C’est une poésie intimiste teintée de sensualité, de volupté et d’érotisme que nous offre notre amie mexicaine Jacinta Ceballos dans ce recueil de poèmes. Elle est celle qui n’a pas froid aux yeux car elle ose exprimer ses désirs ardents sans tabou, sans vulgarité ni grossièreté. Elle est de ces femmes libérées qui considèrent que l’évocation ou la description de l’acte d’amour ne doit pas être le monopole du sexe masculin. Quoi de plus naturel que d’exprimer en toute liberté ses désirs amoureux, ses fantasmes ! 

D’entrée de jeu, elle met en évidence les différentes parties de son corps qu’elle soumet aux caresses de son partenaire. Les préliminaires sont annoncés par ces vers :

 

 

« tes mains glissent sur ma peau blanche

touchant mes seins dressés

ma poitrine ardente

baisant mon ventre

frôlant mes hanches

par des mouvements lents

doucement tu laisses descendre

tes doigts

jusqu’à mon intimité »

 

 

À l’instar d’autres pays de l’Amérique latine, le Mexique n’est entré dans l’ère du féminisme que dans les années 70 alors que la religieuse Sor Juana Inès de la Cruz avait déjà tracé le chemin d’émancipation de la femme dès le XVIIe siècle via la culture du lyrisme amoureux dans ses poèmes. 

 

 

« Je ne peux ni te garder ni te quitter,

pourquoi je ne sais, en te quittant ou en te gardant,

il y a toujours un je ne sais quoi pour t’aimer

et bien des si pour t’oublier. »

 

 

Il faut sans cesse réinventer sa vie de couple et pour cause elle déploie des trésors d’imagination car comme dit Corneille dans le Cid : «  L’amour est un feu qui s’éteint faute de nourriture ». Aussi est-elle «  dans la séduction provocatrice » 

C’est grâce à la connaissance de son corps qu’on arrive à maîtriser sa sexualité. Anaïs Nin nous l’a fait remarquer par cette assertion : « L'érotisme est l’une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie. » Diderot de son côté a su lever le voile sur la nature de la femme dans les « Les Bijoux indiscrets » en mettant en scène Louis XV et Mme de Pompadour sous les traits du sultan Mangogul et de sa favorite Mirzoza » 

 

Jacinta Ceballos s’exprime sans fausse pudeur en utilisant un langage érotique non un langage convenu comme les femmes poètes latino-américaines de la deuxième moitié du siècle dernier :

 

« inlassablement tu me pénètres 

et parvenant à l’extase

nous nous émerveillons d’un long soupir. »

 

 

Elle témoigne de sa reconnaissance envers son partenaire qui la comble en faisant d’elle une femme épanouie. Elle nous fait comprendre également que l’amour est une force donc, ça rend heureux, comme on dit, ça fait du bien. De ce fait, elle se sent en confiance, elle respire l’amour, la passion la fait vibrer :

 

« tu couvres mon corps de baisers

et véhicules ta passion »

 

C’est l’amour qui donne un sens à son quotidien. Même le jour se met au diapason de leur amour :

 

« se perdre dans le mystère silencieux

le jour se lève

avec un chant d’amour. »

 

*

 

« avec ma langue ardente

je vérifie tes chemins

pleins d'humidité

lentement s’ouvrent

les pétales

pour dévorer

le sexe. »

 

Jacinta Ceballos célèbre l’amour en beauté en rejoignant la liste de poètes latino-américaines qui ont écrit des poèmes sur les plaisirs charnels comme l’Uruguayenne Delmira Agustini, la chilienne Gabriela Mistral, Prix Nobel de Littérature en 1957 et plus près de nous la Nicaraguayenne Gioconda Belli, internationalement connue et la Mexicaine Lina Zerón traduite en français par Claude Couffon .

Ainsi comme dit Georges Perros « L’érotisme, c’est de donner au corps les prestiges de l’esprit ».

 

 

Quelques poèmes de Jacinta Ceballos :

 

Prólogo

 

Este libro está consagrado a los amores y amantes que en las noches atormentan y enloquecen a la sombra y estimulan los sentidos. Escribir es esa necesidad de querer tener la esencia tan íntima y efímera; es filtrarse en un sueño profundo donde sale la locura de los deseos.

Resulta increíble cómo cada quien puede dar una interpretación diferente a una misma imagen: mis locos sueños están reflejados en estos poemas que son solo instantes fugaces que ya ni recuerdo. Aquí, hablo de los cuerpos de los amantes que pierden su deleite para llegar al éxtasis del placer, de cómo las miradas se convierten en cómplices, cómo una mujer enamorada soporta el silencio del amante.

Y darle vida al dios y que su cuerpo arda de pasión. Entre amores, quejidos y silencios, dime ¿Qué callas? Es el tiempo el que se encarga de borrar las sombras que guardamos con recelo. El cuerpo es el único que saborea esas caricias perdidas y se deleita con los besos escondidos. En las noches extenuantes se abre el abismo y entre fatigas hay que darse el permiso de sentir.¿Quién no ha tenido un amor o un amante en la oscuridad de la soledad?

Jacinta Ceballos

 

**

Pologue

 

Ce livre est dédié aux amoureux de l’ombre que les nuits tourmentent, affolent et dont elles stimulent les sens. Écrire est ce besoin essentiel si intime et si éphémère; c’est sombrer dans un sommeil profond où émerge la folie des désirs.

C’est incroyable que chacun puisse interpréter si différemment une même image : mes rêves fous se reflètent dans ces poèmes qui ne sont que des instants fugaces complètement effacés de ma mémoire. Ici, je parle des corps des amants qui perdent leur propension à parvenir à l’extase, de la complicité de leurs regards, de la façon dont une femme amoureuse supporte le silence de l’amant. Donner sa vie à dieu et laisser son corps brûler de passion.

Entre amours, gémissements et silences, dis-moi, que tais-tu ? C’est le temps qui se charge d’effacer les ombres que nous gardons avec appréhension. Seul le corps savoure ces caresses perdues et se délecte de baisers clandestins. Dans les nuits exténuantes l’abîme s’ouvre sur des ennuis, il faut s’autoriser des regards complices et savoir comment une femme amoureuse endure le silence de l’amant. Qui n’a pas vécu une relation amoureuse dans l’ombre de la solitude ?

Jacinta Ceballos,( traduction française Maggy De Coster)

 

 

Si Dios fuera hombre

 

Si Dios fuera hombre

amaría con todo su ser

lloraría en las noches quietas

viendo una estrella

pediría un deseo

cantaría con el arcoiris

el milagro de la esperanza

abriría los ojos de su alma excitado

ante la belleza de una mujer

su cuerpo de hombre

saborearía la carne fresca

sus manos presurosas

acariciarían los pechos ardientes

se le quemarían las venas

y las llagas de la piel arderían

se emborracharía con buen vino

por el placer prohibido

de una noche.

“Amantes y amorosos

Si Dieu était un homme

 

Si Dieu était un homme

il aimerait de tout son être

il pleurerait durant les nuits tranquilles

en voyant une étoile

il ferait un vœu 

il chanterait avec l’arc-en-ciel

le miracle de l’espérance

il ouvrirait les yeux de son âme excitée

devant la beauté d’une femme

son corps d’homme

savourerait la chair fraîche

ses mains seraient prêtes

à caresser les poitrines ardentes

ses veines le brûleraient

et les plaies de la peau le lanceraient

il s’enivrerait de bon vin

pour le plaisir défendu

d’une nuit.

El canto del amor

Cuando el amor canta en la mañana

respira por la noche

en los poros se aniquila el tiempo

se sueña un poco de magia

llena de mieles

donde lloran las sílabas

convirtiéndose

en aullido del dolor

y las venas transportan

los recuerdos de fantasmas

que vuelan en el aire

tiñendo las nubes

para morder

el secreto de la noche

que deja nuestro olor

perdido en el misterioso silencio

el día se levanta

con un canto de amor.

Le chant d’amour

Quand l’amour chante au matin

respire la nuit

le temps s’annihile dans les pores

on rêve d’un peu de magie

pleine de miel

où pleurent les syllabes

en se convertissant

dans un hurlement de douleur

et les veines transportent

les souvenirs des fantasmes

qui volent dans l’air

en teignant les nuages

pour mordre

le secret de la nuit

qui laisse notre odeur

se perdre dans un mystérieux silence

le jour se lève

avec un chant d’amour.

 

 

Tatuado

 

El beso vaga

por el cuerpo sediento

que sacia la sed

entre los brazos

navega impaciente

y se consume

en los ojos

donde se hunde

el universo tan pequeño

arde el pecho

donde gimen los labios

llenos de sed humedad

en la noche delirante

queda tatuado el mito

de los cuerpos que callan

el secreto del otoño.

Tatoué

 

Le baiser erre

sur le corps assoiffé

il étanche la soif

impatient il navigue

entre les bras

et se consomme

dans les yeux

où s’enfonce

l’univers si minuscule

la poitrine où gémissent les lèvres

assoiffées d’humidité

dans la nuit délirante

est en effervescence

le mythe des corps qui taisent

le secret de l’automne

 reste tatoué.

Dedos delirantes

 

Llenaré tu cuerpo

con las caricias

de los dedos delirantes

ligeramente rozaré

tus pezones resaltados

olvidando el tiempo

que se abre

con las manos hechizadas

abriendo paso con mi beso

para despertar tus sentidos

y engarzar tu llama

en los cuerpos

hechos nudo.

Doigts délirants

 

De caresses

des doigts délirants

je comblerai ton corps

je frôlerai légèrement

tes mamelons rebondis

en oubliant le temps

qui s’ouvre

avec des mains ensorcelées

en ouvrant la voie avec mon baiser

pour éveiller tes sens

et enchâsser ta flamme 

dans les corps 

dénudés

NLR : Jacinta Ceballos, est architecte, photographe et poète mexicaine

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « Amores y amantes/Noche de sombra / Amoureux et amants/Nuit d’ombre de Jacinta Ceballos », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-jacintaceballos

 

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

Retour au sommaire à venir​​

 

 

 

© Tous droits réservés

 

 

Retour au sommaire de la Lettre n°15 

Repost0

Publications

 

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

Rechercher

À La Une

  • Megalesia 2021
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE SON FESTIVAL EN LIGNE Megalesia édition 2021 du 8 mars 2021 au 31 mai 2021 © Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, "La Tendresse", no 1, série "dames", peinture. Festival numérique, international & multilingue...
  • Canso de sirène
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques Canso de sirène Texte & photographie Chantal Robillard Art. Wikipédia © Crédit photo : Chantal Robillard, "L a lagune vénitienne au couchant", photographie...
  • Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | Les femmes et le désir en poésie
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PROPOSE DE PRENDRE PART À SON RECUEIL DU FESTIVAL LE PRINTEMPS DES POÈTES Les femmes & le désir en poésie © Crédit photo : Claude Menninger, photographie prise au musée Würth à Erstein lors d'une exposition rétrospective...
  • Le désir
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie Le désir Rana Alam Comment ne pas écrire sur ce thème : « le désir ». Chez les femmes, c’est une spécialité. Le désir n’est pas seulement lié à un acte sexuel ; le désir...
  • Poésie printanière par Mika, Yasmine et autres artistes pour Paris
    No 9 & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Bémols artistiques | Revue culturelle d'Europe Poésie printanière par Mika, Yasmine & autres artistes pour Paris Dina Sahyouni Fondatrice & directrice de Publication de la revue Le Pan Poétique des Muses...
  • Nudité et autres poèmes
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie Nudité & autres poèmes Textes de Sophie Weill Peinture de Martine Séchoy-Wolff © Crédit photo : Martine Séchoy-Wolff, peinture sur le désir. Nudité Tu me déshabilles et...
  • L'amoureuse
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie L'amoureuse Jean-François Blavin Le vent frôle l’herbe De tant de vertes amours Au goût de rhubarbe L’amoureuse joue Avec ses brûlants désirs Embrasant ses joues Le piano...
  • Virgule-moi, Éclore et Puissance mâle
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie Virgule-moi, Éclore & Puissance mâle Emmanuelle Jay Peinture de Martine Séchoy-Wolff © Crédit photo : Martine Séchoy-Wolff, peinture sur le désir. Virgule-moi Met ta virgule...
  • Fêlure
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie Fêlure Sarah Mostrel Site : www.sarahmostrel.online.fr Facebook : www.facebook.com/sarah.mostrel © Crédit photo : Sarah Mostrel, "Fêlure", huile sur toile. À l’extrême...
  • Ta nudité et Le désir
    Événements poétiques | Le printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie Ta nudité & Le désir Paul Tojean © Crédit photo : Paul Tojean, Je vois la femme cachée dans la forêt" *. Ta nudité Lumineuse sous un lustre diamant Ta silhouette se propage...