3 août 2022 3 03 /08 /août /2022 17:50

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Poésie, musique & arts audiovisuels


 

 

 

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En mal d'amour, la nouvelle chanson

 

 

de MIKA vous console

 

 

 

 

 

© Crédit photo : MIKA dessinant un cœur lors d'un de ses concerts, une des imges fournies en 2021 par ​Catherine Melin, @Vebemika & d'autres Fans du chanteur. 

 

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© MIKA - Who's Gonna Love Me Now (Official Visualizer) The official visualizer for

 

 

« Lately I hit self-destruct

It’s like my on switch can’t turn off 

I’ve been up and down spinning round yo yo never hit the ground »

par MIKA, « Who's Gonna Love Me Now », juillet 2022.

 

 

 

 

Après son éclatant single « Yo Yo » lancé le 13 mai dernier et présenté lors de la finale de l'Eurovision le 14 mai, et un duo d'été en italien avec la rappeuse Baby K1, l'auteur-compositeur-interprète MIKA revient avec une nouvelle chanson écrite pour le film engagé en faveur des personnes LGBTQ+ au titre bien évocateur « Anything's Possible » du réalisateur  Billy Porter (chanteur et acteur également).2

 

Et cette fois-ci encore, l'artiste offre au public une nouvelle litanie mélodieuse intitulée « Who's Gonna Love Me Now » dans laquelle, le chanteur à succès s'approche de plus en plus de toutes les personnes en mal d'amour. Or, celles-ci se retrouvent souvent empêtrées dans une situation délicate et peinent à porter le poids de leurs désarrois et solitudes. 

 

D'emblée, cette rengaine émouvante dont le rythme rappelle celui du nô () lyrique japonais, est poétique et chantée tendrement pour tenter de décrire cet état affectif : ce mal d'amour qui frappe incessamment certains humains les fragilise ou pis les plonge dans une dépression.. parfois sans fin.

 

Ici, en lyreur (poète lyrique), MIKA tente de soulager cette peine, de l'accompagner et de l'apaiser en la sublimant à travers le chant, la musique, les mots et surtout leur poésie.

Et l'on peut exprimer les mêmes propos concernant la vidéo réalisée en noir et blanc des souvenirs de vacances heureuses du chanteur pour « Who's Gonna Love Me Now » qui ne fait que susciter et mettre en scène la nostalgie... Cet arrière-plan romantique et nostalgique se révèle donc être le décor parfait de la chanson dissociée du film pour consoler et apaiser en faisant appel à Mnémosyne (déesse symbolisant la mémoire et la mère des Muses) comme chronotope (ce concept a été développé par le théoricien de la littérature Bakhtine) dans le court-métrage présent ci-dessus de « Who's Gonna Love Me Now ».

 

 

En effet, l'Art (comprend entre autres la poésie)3, comme l'explique bien le philosophe Nietzsche est un « facilitateur de vie »4 et bien avant lui le philosophe Schopenhauer affirmait que l'art nous console.5 Sans oublier la déclaration intéressante de l'écrivain Stig Dagerman :

 

« La consolation… je devrais dire la vraie, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui m’a dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites. »6 et la conclusion lumineuse de l'article de Jean-Marie Bédoret sur la "fonction consolatrice de l’Art" :
​​​​

 

« Hanté par l’éventuelle absurdité de la vie et la mort, Stig Dagerman indique que « les vraies expériences de vie sont hors du temps dans un combat pour la liberté » corroborant ainsi sa perception d’une consolation n’étant pas l’ordre d’une aide extérieure dépendante d’autrui. Au contraire, elle illumine le sens de soi.

L’art est consolant par sa capacité à accéder à ce sens de soi et par là-même à celui de la vie dans ces moments fugitifs, hors du temps, de communication vraie entre l’œuvre et l’amateur. »7



 

 

 

Pour vous qui êtes en peine, cette litanie profane et poétique peut probablement vous consoler et faire jaillir de vos larmes la limpidité de la beauté de votre liberté d'être et d'exister.

 

 

Notes

1. Voir la vidéo de cette séquence mémorable (MIKA, Eurovision 2022, Medley Performance), URL. https://m.youtube.com/watch?v=Sz6-8LoLeAo (vidéo incluse ci-dessous), à consulter aussi son Website, URL. https://www.yomika.com/ et la vidéo de son duo "Bolero", URL. https://youtu.be/m2l3pcdlqmk

2. Réf. Voir les liens suivants et The Queer Review :

a) https://twitter.com/mikasounds/status/1553747038608703489?t=ZACACXhgGrsrF-xYiLQYZA&s=19, b) https://twitter.com/mikasounds/status/1550546960872243200?t=bSqLzquGXM5L_xj6WyrVwA&s=19 ; MIKA : "NEW MUSIC! My song 'Who’s Going To Love Me Now' is featured on the soundtrack for the new #AnythingsPossible movie, out now on @PrimeVideo

I love this song! Heartbreaking, pure, sincere & with a stunning melody. I hope that you love it as much as I do. Check it out (link in bio) https://t.co/BAmiuH8F4m", c) https://thequeerreview.com/2022/07/15/outfest-la-2022-opening-night-film-review-anythings-possible-amazon-prime-video/

3. Voir l'éditorial de Dina Sahyouni, « La belle consolatrice » dans Le Pan Poétique des Muses, Lettre n°13, 2018, http://www.pandesmuses.fr/1/2018/consolatrice 

4. Cf. "Réponse ce matin avec Michel Guérin", URL: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/la-consolation-3-4-schopenhauer-et-nietzsche-l-art-consolateur-1555291

5. Voir la série de Michel Guérin sur ce point, URL: https://www.schopenhauer.fr/multimedia/l-art-peut-il-consoler.html

6. Voir Jean-Marie Bédoret, l'art. « À propos de la fonction consolatrice de l’Art » Dans Hegel 2014/4 (N° 4), pp. 396 à 404, URL. https://www.cairn.info/revue-hegel-2014-4-page-396.htm

7. Ibidem.

 

 

© Dinah, août 2022.

 

 

***

 

 

 

Pour citer cet article sur une poésie audiovisuelle 

 

Dinah, « En mal d'amour, la nouvelle chanson de MIKA vous console », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »mis en ligne le 3 août 2022. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mikavousconsole


 

 

 

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 16:59

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Poésie, musique & art audiovisuel / Audio

 

 

 

 

 

 

 

 

​​​​​Interview &

 

 

Radio trottoir

 

 

 

 

 

 

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Catherine Gil Alcala

 

Dramaturge, poète & Artiste

Site officiel : www.lamaisonbrulee.fr/

 

 

 

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© Crédit photo : Capture du film de la performance "Miroir 1", réalisée le 14 mars 2018 par DS.

 

 

Commentaire du PAN POÉTIQUE DES MUSES :

 

 

Catherine Gil Alcala a eu la l'amabilité d'autoriser cette revue à reproduire ces enregistrements avec leurs descriptions. Nos vifs remerciements s'adressent à Catherine Gil Alcala mais également au journaliste Daniel Graisset et à la radio ARFM.

 

*

 

Interview avec Catherine Gil Alcala

 

Description :

 

"Catherine Gil Alcala navigue entre plusieurs disciplines, la poésie, le théâtre, la performance, les arts plastiques… Elle expérimente, en toute liberté, pour traduire le langage de l’inconscient, des rêves, de la folie… qui sont ses obsessions et ses thèmes de prédilection.

Plusieurs de ses textes ont d’ailleurs été joués au théâtre ou ont fait l’objet de performances musico-poétiques."

 

Une interview réalisée par Daniel Graisset pour la radio ARFM.

 

Pour écouter l'enregistrement, URL : 

 

https://www.aubervilliers.fr/Rencontre-avec-Catherine-Gil-Alcala

 

Radio trottoir Aubervilliers /Printemps des Poètes/


 

 

 

 

Poèmes et Bande Son Catherine Gil Alcala

Fréquence Paris Plurielle, Émission AR-FM (avril 2019)

 

« Dans le cadre du Printemps des Poètes qui vient de s’achever, Focus sur un évènement qui mettait en lumière Catherine Gil Alcala et ses œuvres, aussi bien picturales que ses écrits poétiques, et ce, devant un public invité à interpréter des petits poèmes de son cru…le tout initié par l’Association « Le temps de le dire » et la radio ARFM. »

 

Pour écouter l'enregistrement, URL : 

 

http://www.lamaisonbrulee.fr/radio-trottoir-poesie-a-aubervilliers/

 

***

 

Pour citer ces descriptifs & liens Web reproduits

 

Catherine Gil Alcala, « Interview » & « Radio trottoir », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 9 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/cgilalcala-radiotrottoir

 

 

 

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 16:34


REVUE ORIENTALES (O) | N° 2 | Entretiens & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Entretiens artistiques, poétiques & féministes


 

 

 

 

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Portrait de Sélima Atallah

 

 

 

 

 

 

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Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

 

 

Entrevue réalisée en mars 2022 avec

 

 

Sélima Atallah

Ou Sélima Atallah

 

Site Internet : www.selimaatallah.wordpress.com

 

 

© Crédit photo :  Photographie de Sélima Atallah, no 1.

 

 

Fiche d'information :

 

Profession : poète performeure, chercheure

Site Internet, Blog, liens sites de ventes : www.selimaatallah.wordpress.com 

instagram : @selima.a.poesie

Soundcloud

 

 

© Crédit photo :  Photographie de Sélima Atallah, no 2.

 

 

 

Biographie

 

 

Sélima ATALLAH est poète performeure et chercheure. Elle a grandi à Tunis et habite à Paris depuis une dizaine d’années. D’une curiosité sans limite, ses errances universitaires l’ont menée de la médecine à la création littéraire en passant par la psychologie et l’anglais. Elle travaille actuellement à un projet de recherche-création liant le corps, les lieux et les langues par la performance poétique. Sa poésie intime et engagée est attentive au rythme et à l’oralité. Convaincue que la poésie a sa place partout, Sélima ATALLAH porte ses textes lors de scènes de slam, de théâtre ou de littérature mais également en compagnie de DJ ou lors d’expositions d’art contemporain. 

 

Bibliographie

 

– “Bodies Decay in the light of Day”

– dans Manhattan Magazine, 2022

– “Crevette” dans Le Ventre et l’oreille, 2022

– “Ommi sissi” dans Il était tant de fois, Al Manar, 2021

– “Trou” dans Point de chute n°2, 2021

– “Ma Bouffe est verte comme une orange” dans Contre5ens, 2021

– “Najoua” dans Deuxième Page, 2020

À paraître 

– Au Pieu

– Monticules

– Entre deux rives en 2022

– “Samsara” dans le Krachoir en 2022

 

 

SÉLIMA ATALLAH : UNE JEUNE DOUÉE DE LA POÉSIE AUDIOVISUELLE

 


 

 

 

Entretien

 

 

 

H.M – Sélima ATALLAH, vous préférez être qualifiée de poétesse ou de slameuse


 

S.A – Je préfère poète. Entendons-nous bien, je suis absolument pour la féminisation des noms mais je n’aime pas la sonorité caressante du suffixe “esse” de poétesse. Quant au slam, c’est un type de poésie, avec ses propres règles d’écriture mais surtout d’oralisation. Une partie des textes que j’écris et que je performe appartient au slam mais souvent mon travail est plus proche de la poésie sonore, ou de la poésie action et je préfère donc le terme “poète” qui rend mieux compte de la diversité de ma pratique.



 

H.M – Parlez-nous de vous et de votre expérience ou de votre aventure poétique(s) ? Comment vous êtes arrivée à ce domaine ou comment ce domaine est arrivé à vous ? 


 

S.A – J’ai toujours été attirée par la poésie. C’est un héritage familial car mon arrière-grand-père, Chedly Atallah, était poète et j’ai toujours admiré ses recueils qui traînaient dans le salon de mes grand-parents. Enfant, j’aimais déclamer des vers de ma composition dans des jeux, ce n’était pas très fameux mais j’ai toujours aimé avoir des mots en bouche et j’ai donc commencé à écrire assez jeune mais de manière très sporadique et diluée dans le temps. Je me destinais à devenir médecin, un autre héritage familial, et je n’assumais pas du tout ce désir de poésie et la place qu’elle finirait par prendre dans ma vie. Je suis revenue à la poésie après avoir abandonné la médecine, durant mes études de psychologie dans une période où j’étais en quête de sens et où apprendre et réciter des poèmes de Baudelaire était la manière la plus efficace que j’avais trouvée de pallier l’angoisse. En m’y remettant, j’ai retrouvé le plaisir que j’éprouvais lors des récitations d’école et je me suis demandé pourquoi j’avais jamais arrêté de dire des poèmes. Progressivement, je les ai dits sur scène au Club des poètes tout en me mettant à écrire de plus en plus de textes que j’ai fini par réciter sur des scènes de slam. J’ai aussi découvert des poète.sses plus ou moins contemporain.es que j’admire comme Rim Battal, Gherassim Luca, Audre Lorde ou Charles Pennequin qui ont été de grandes sources d’inspiration. Une fois que la machine était lancée, c’était impossible pour moi d’arrêter car sans la poésie je ne sais pas comment je supporterai la vie. 



 

H.M – L’écriture poétique est-il un cas disciplinaire, un vrai film d’erreurs ou une faille psychologique persistante qui s’inscrit dans l’urgence de l’exprimer et peu importe comment ? 


 

S.A – Pour moi, la poésie est nécessaire, je n’écris pas car j’en ai envie mais car je ne sais pas faire autrement. Un motif qui revient souvent dans mes textes est le désir d’équilibre, d’une vie plus tranquille, rangée. Je suis souvent critique du “métro-boulot-dodo” et à la fois, j’aurais vraiment aimé pouvoir m’en contenter. La discipline n’est pas mon fort, je démarre autant de projets que j’en abandonne, et j’éprouve sans cesse un désir insatisfait face à toutes les habitudes que je ne parviens pas à tenir plus de quelques jours. L’écriture poétique intervient ainsi comme une manière de conjurer une angoisse qui m’accompagne presque tout le temps et me permet d’éclaircir l’imbroglio de pensées qui m’habite. Alors oui, j’écris souvent par salves, en tout cas dans un premier temps, dans une forme d’urgence logorrhéique incontrôlable. Retravailler les textes est plus tranquille, quoique purement jouissif. Je le fais de manière obsessionnelle pendant des heures, voire des jours que je vois à peine passer et où je me mets en retard pour d’autres choses car je ressens une forme d’impériosité créatrice que je ne peux pas arrêter. C’est là que la discipline intervient, celle de ne pas me laisser prendre au jeu de formules élégantes mais inutiles afin d’exprimer par le modelage de la matière-texte l’organicité de l’idée qui a présidé à l’écriture sans les fioritures inutiles d’une supposée belle langue. 



 

H.M – Combien d’ateliers d’écriture il faut suivre pour devenir… écrivain-e ou poète ? 

 

S.A – Je pense que beaucoup de personnes deviennent poète.sses sans suivre d’ateliers d’écriture, en lisant et en imitant par eux-mêmes le travail de personnes admirées. Néanmoins, comme je le disais, je ne sais pas vraiment me discipliner, alors j’ai beaucoup appris grâce aux ateliers d’écriture qui offrent un cadre avec des deadlines claires et puis évidemment l’expertise d’écrivain.es et leurs sensibilités qui sont d’extraordinaires inspirations. J’ai eu la chance d’en suivre beaucoup, avec Marc-Alexandre Oho Bambe, Frédéric Forte, Anne Sanogo, Cécile Mainardi, Marie de Quatrebarbes, Aurélie Loiseleur ou encore Laure Limongi, notamment grâce au master de création littéraire que j’ai suivi et où nous avions des masterclass d’écrivain.es, des ateliers de style... Ce sont des moments que j’adore en partie car on travaille d’une manière qui nous est étrangère avec des contraintes qu’on ne se serait jamais fixées nous-mêmes, et puis j’aime beaucoup voir comment chacun.e se saisit de la même consigne pour produire des textes radicalement différents. C’est pour ça que je pense qu’il ne faut pas arrêter d’en suivre : chaque écrivain.e a eu ses propres influences, ses propres manies, et on n’est jamais à l’abri de découvrir un texte, une méthode, une approche qui pourrait influencer durablement notre écriture. Écrire est un processus sans recette claire et les ateliers viennent le nourrir quel que soit le niveau d’expertise. 



 

 

© Crédit photo :  Photographie de Sélima Atallah, no 3.

 

 

H.M – Cette révélation presque quotidienne ou cette découverte de soi à travers et à partir des mots ont-elles réussi à guérir vos blessures et à calmer la fougue de vos ambitions ? 


 

S.A – En ce qui concerne la fougue, elle semble se nourrir de ce que j’écris car j’ai l’impression qu’elle devient de plus en plus forte, bien que je parvienne peut-être un peu mieux à la domestiquer, à l’incarner dans l’écriture et aussi, beaucoup dans la scène. Performer mes textes m’est essentiel et je pense que c’est un espace où être au contact de sa folie, de son feu et de ses blessures est bienvenu. Plutôt que de les laisser vous écraser, c’est un lieu où on les sublime, où la folie crée au lieu de détruire. Certaines plaies sont certainement moins à vif, mais mes failles sont la matière-même de mon écriture, et bien que je me connaisse peut-être un peu mieux grâce à mon écriture et mes performances je pense aussi qu’une grande partie de ce que je crée me dépasse et je ne comprendrai jamais parfaitement ce qui m’habite, bien qu’un des rêves de mon adolescence ait été de tout savoir de mes parts d’ombres et de lumières, mais je pense que c’est une utopie inatteignable. Je pense qu’on écrit surtout ce qu’on ne comprend pas et qu’on ne comprendra jamais de soi et du monde. 



 

H.M – La poésie audiovisuelle est votre genre de prédilection : le podcast, le soundcloud, les réseaux sociaux et c’est vous la douée de la poésie audiovisuelle. Vous préférez écrire vos poèmes ou les enregistrez directement avec votre voix ? 


 

S.A – Merci ! Je pense que des projets comme Pan 21 par exemple le font de manière bien plus ambitieuse que moi, et j’aimerais pousser cette pratique encore plus ! J’écris toujours mes poèmes en amont de leur enregistrement bien qu’il m’arrive de me laisser aller à des moments d’improvisation dont je ressens la pertinence. C’est vrai que l’oralité est essentielle à ma poésie, quand j’écris je lis mes poèmes à voix haute et c’est la qualité du rythme qui fait que je cesse d’écrire. Il me paraît donc naturel d’en rendre compte. Quant à la dimension visuelle, c’est une continuité de mon désir de rendre compte de mon univers et je profite des outils qui nous sont offerts pour y introduire de la poésie. Je ne veux pas d’une poésie cloîtrée dans sa tour d’ivoire, je la veux exigeante mais accessible au plus grand nombre et les réseaux sociaux sont donc un terrain nécessaire. Mais je ne m’y sens pas à l’aise en tant que seul lieu d’expression car on finit très vite par se laisser prendre par ses exigences algorithmiques et la création en souffre. Néanmoins, la projection est aussi quelque chose que j’expérimente aussi sur scène pour rendre compte du numérique qui est là partout autour de nous. 


 

H.M –  L’alerte blanche de vos cheveux est-elle la couleur de l’enfance ou de l’essence ? Ou plus c’est audacieux, mieux quand il s’agit d’être atypique ? 


 

S.A – J’aime beaucoup l’idée d’appeler ça “alerte blanche”. Ne faisant jamais les choses à moitié, j’ai voulu du contraste pour ma première teinture. Ça m’a obsédé à un moment, alors je l’ai fait, je ne sais pas trop pourquoi, probablement pour signaler de prime abord une forme d’étrangeté et préparer mon interlocuteur à ne pas me ranger dans une case trop lisse. Je ne sais pas trop en vérité, je laisse la porte ouverte à toutes les interprétations !


 

H.M – Quelle est votre idée phare pour définir votre propre vision poétique ? 

 

S.A – Tout le monde peut aspirer à quelque chose de plus si tant est qu’il s’y autorise, mais c’est un chemin difficile, une lutte perpétuelle contre les normes et contre soi-même. Ma poésie lutte pour défendre l’idée que l’injustice du monde, écrasante, ne doit pas nous faire renoncer à notre quête d’absolu. Il naît du rythme le plus pur que chacun.e porte en soi et c’est lui que j’imprime à mes textes. 



 

H.M – On entend dire souvent que la jeunesse est un continent qui ne cesse de s’éloigner de la vie politique et pourtant ce n’est pas du tout votre cas ?


 

S.A – Je pense qu’au contraire, l’état du monde et les injustices qu’il porte n’ont jamais autant concerné les jeunes. Leurs moyens de lutter ne sont peut-être pas les outils politiques traditionnels qui ont montré leurs faillites, qui déçoivent, dégoûtent et écrasent, mais les jeunes s’engagent par leurs vies alternatives, par leurs manifestations, par leurs initiatives de plus en plus éthiques et engagées pour créer un autre monde que le champ de ruine qui nous est offert. Je pense que l’urgence climatique et humanitaire à laquelle nous faisons face nous pénètre toustes, la jeunesse, désillusionnée, n’a d’autre choix que la révolte.  



 

H.M – Votre voix, votre énergie, votre corps et votre mémoire poétiques sont-ils plus vibrants sur les Terres de la Méditerranée ?


 

S.A – La mer Méditerranée me semble de plus en plus être la matrice de mes expériences. Avec le covid, j’ai eu moins l’occasion de la voir, et puis la pollution qui devient tangible avec des jours où le plastique est partout au milieu des algues l’a rendue plus précieuse, plus intime, comme les traversées malheureuses qui l’habitent tous les jours. Ce qui la menace me menace. Mon corps est réellement vivant à son contact et c’est lui qui crée mes mots et qui diffuse ma voix. Elle fait certainement résonner mon travail. 



 

H.M – ʺEt toujours nos corps ne nous appartiennent pasʺ, vous confirmez que vous êtes en état d’errance et de quête identitaire. C’est pour cette raison que vous écrivez ? 


 

S.A – Oui, certainement, l’écriture me permet de créer un lieu où je suis à ma place, là où ma francophonie pose problème dans la Tunisie qui m’a vue naître et où ma nationalité non-européenne limite la liberté de mon corps dans les espaces où je me sens plus adaptée. Alors, j’habite ma poésie et mes performances en créant un espace où je me sens libre au-delà des limites que le monde hypernormatif, bardé de frontières et de contrôles impose à mon corps et à beaucoup de corps minorisés. 



 

H.M – Sans peur et sans complexe, pour Sélima ATALLAH le danger viendra d’où ? 


 

S.A – Le danger vient de la division, du fait de ne pas se voir dans le visage de l’autre qui devient un moyen à chasser ou à exploiter plutôt qu’un être humain à accueillir dans la complexité de ses désirs. 



 

H.M – Quels sont les futurs projets de Sélima ATALLAH et vraiment ravie de vous avoir parmi nous ? 


 

S.A – Plusieurs recueils sont à paraître et je travaille à un projet de performance poétique rendant compte de l’errance d’un corps entre les lieux et les langues. Peut-être une traversée de la méditerranée, sûrement d’autres choses que je ne prépare pas encore et qui s’imposeront à moi au gré des rencontres et des circonstances. 

 

 

 

© Hanen Marouani, Sélima Atallah

 

______

 

 

Pour citer ces photographies & entretien inédits 

 

Hanen Marouani, « Portrait de Sélima Atallah  », Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 25 mai 2022. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/megalesia22/hm-selimaatallah

 

 

 

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 15:17

 

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I. Le merveilleux féerique au féminin | Florilège | Astres & animaux | Poésie, musique & art audiovisuel / Poésie audiovisuelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit mot d’amour

 

&

 

Une romance attachée à une étoile

 

 

 

 

​​​​

 

 

 

Sarah Mostrel

 

 

 

Site : https://sarahmostrel.wordpress.com 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Sarah Mostrel, Le merveilleux féminin, huile sur toile. 

 

 

 

Un petit mot d’amour

 



 

L’homme est un animal.

Mal né. Mal aimé. Mal disposé. 

Mal luné, 

mal embouché, mal barré

mal portant, et pourtant… 



 

L’homme est vraiment très bête.

En mode machinal, il est si vain

Il en devient inhumain

Prisonnier

Enchaîné, en son sein


 

Alors qu’avec le cœur, 

Des gestes salvateurs, une pensée

Abolissant les entraves

Il serait

Chevalier, pour rêver


 

Il virerait grand seigneur

Esprit libéré et sur les rails

Il danserait au fil des vagues

Sortirait

Du sérail, délivré


 

Il était vraiment temps

Fadaises et colères l’ont démoli

Tant de méfaits, de soucis

Tant d’ennuis

L’ont troublé, affaibli


 

Il suffit parfois d’un petit mot d’amour

Pour redonner confiance, pour attirer la chance

Il suffit souvent d’un bienheureux retour 

Pour changer de chemin, pour regagner la route…


 

 ©Sarah Mostrel

 

Ce poème a été mis en version audiovisuelle ici : 

 

https://youtu.be/L0ftUEbJdo0

 

Un petit mot d'amour

 

Une romance attachée à une étoile

 

 


 

Une romance attachée à une étoile

Un souvenir délivré de ma mémoire

Un rêve cheminant comme un homme en plein hiver

Un somnambule réveillant l’univers


 

Dans un automne sans lune

Un soleil sans visage

Un crépuscule à l’orée de l’orage

Un garçon se retourne et s’émeut


 

Les natures mortes se dévoilent en silence 

Les mausolées se claquemurent dans l’outrance

Il oublie le temps des échecs et lourdes peines  

Son ombre au loin lentement se révèle


 

Une face sans pareille

Une fougue singulière

L’emporte bien ailleurs, vers le soleil

La tempête s'alanguit, se défait



 

Sans un seul bruit, il s’écarte dans la nuit

Par un miracle, furtivement et sans un mot, 

De folles caresses s’en reviennent lui donner vie 

Dès lors, tout s'anime et il sourit au ciel


 

Un instant de sommeil

Forant dans la mémoire

Le fait oublier jusqu’à son histoire 

L’homme de la nuit s’éclipse, libéré, délivré, apaisé…

 

               

© Sarah Mostrel

 

©Sarah Mostrel

 

Ce poème a aussi été mis en version audiovisuelle ici : 

 

https://youtu.be/D_tRDi1XyOM

 

 

Une romance attachée à une étoile

 

***

 

Pour citer ces poèmes audiovisuels, peinture inédits

 

Sarah Mostrel (poèmes audiovisuels & tableau), « Un petit mot d’amour » & « Une romance attachée à une étoile », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 23 mai 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/sm-motdamour

 

 

 

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Info du 29 mars 2022.

 

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  • No 12 | AUTOMNE 2022
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°12 | AUTOMNE 2022 UNE POÉMUSIQUE DES FEMMES & GENRE* Crédit photo : Anne Vallayer-Coster, "Instruments de musique". Tableau temporaire....
  • Les robes d'Ewa Bathelier
    N°11 | Poémusique des femmes & genre | Bémols artistiques Les robes d'Ewa Bathelier Françoise Urban-Menninger Blog officiel : L'heure du poème Peintures de Artiste peintre Ewa Bathelier © Crédit photo : Les robes de l'artiste Peinture Ewa Bathelier, Balticum...
  • 2022 | Un Bouquet Poétique pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE L'ÉVÉNEMENT POÉFÉMINISTE UN BOUQUET POÉTIQUE POUR TOUTES À L'ÉCOLE & LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FILLES ÉDITION 2022 QUI FÊTE LE 11 OCTOBRE 2022 LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FILLES CET ÉVÉNEMENT...
  • Que musique le monde !
    N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier majeur | Florilège / Muses au masculin Que musique le monde ! Poème & dessin Mokhtar El Amraoui © Crédit photo : Mokhtar El Amraoui, « Que musique le monde ». Il est des airs Qui toujours nous accompagnent,...
  • les femmes font tourner la terre
    N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier majeur | Florilège les femmes font tourner la terre Françoise Urban-Menninger Blog officiel : L'heure du poème Artiste peintre & sculptrice Maria-Grazia Surace Ses sites & page facebook officiels : http://mariagrazia-surace.com...
  • No 11 | ÉTÉ 2022
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°11 | ÉTÉ 2022 PARFUMERIE POÉTIQUE OU PARFUMS, POÉSIE & GENRE © Crédit photo : Mariem Garaali Hadoussa,"Strange roses", tableau. SOMMAIRE...
  • N°11 | ÉTÉ 2022 | SOMMAIRE
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N°11 | ÉTÉ 2022 PARFUMERIE POÉTIQUE OU PARFUMS, POÉSIE & GENRE N°11 | SOMMAIRE EN COURS D'ÉDITION... © Crédit photo : Mariem Garaali Hadoussa,"Titre...
  • Le petit oiseau prisonnier par Désirée Pacault
    N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Astres & animaux | Réception d'autrefois / Poésie des aïeules Le petit oiseau prisonnier par Désirée Pacault Auguste de Roosmalen (18??-18??) Désirée Pacault (1798-1881) Texte choisi, transcrit, corrigé & commenté brièvement...
  • Nourdine Tabbai expose une peinture allégorique de l'Apocalypse à la Fondation Mohammed VI en octobre 2022
    N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Revue culturelle d'Afrique & d'Orient Nourdine Tabbai expose une peinture allégorique de l'Apocalypse à la Fondation Mohammed VI en octobre 2022 Mustapha Saha Sociologue, poète, artiste peintre © Crédit photo : Tableau...
  • La fleur sans parfum
    N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Florilège / Poésie des aïeules La fleur sans parfum Désirée Pacault (1798-1881) Texte choisi & transcrit avec une photographie de la poète par Dina Sahyouni © Crédit photo : . Dessin, portrait de Désirée...