17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 11:17

 

Dossier majeur | Articles

 

 

« Ô temps contre lequel il n’est repaire »

 

 

 

La poésie de la vieillesse de

 

 

 

Giovanna Bemporad

 

 

 

Giovanna Bellati

 

Università di Modena e Reggio Emilia

 

Les poèmes de Giovanna Bemporad sont reproduits et traduits par Giovanna Bellati avec l'aimable autorisation des ayants droit à qui nous adressons nos sincères et chaleureux remerciements.

Illustration de l'artiste

 

Henri de Lescoët

 

 

 

© Crédit photo : Henri de Lescoët, +½t-6bC.

 

Ce dessin a été spécialement réalisé par l’artiste pour Françoise Urban-Menninger, il est reproduit avec l'aimable autorisation des ayants droit et de Françoise Urban-Menninger à qui nous adressons nos sincères et chaleureux remerciements.

 

Une vie pour la poésie

     

    Giovanna Bemporad est une figure attachante de la poétesse, récemment disparue à l’âge de 85 ans1. Dans les pages de sa biographie et de son œuvre, elle apparaît comme un de ces êtres rares dont l’existence est littéralement absorbée par l’art, à tel point que tout autre aspect de l’expérience perd d’intérêt pour eux. Sa vie entière a été consacrée à la poésie depuis sa première jeunesse, telle une offrande sur l’autel de la « parole », ainsi qu’elle l’expliquera elle-même :

     

     

    Je n’ai eu ni jeunesse ni adolescence,

    je n’ai donné d’importance à ce que les hommes

    appellent la vie, je n’en ai donné qu’à la poésie,

    à la parole, à la recherche de la parole juste.

    Cela a été ma seule raison de vie2.

     

     

    Toutefois, cette vestale de la poésie n’écrivit jamais qu’un seul livre de vers, modestement baptisé du nom d’Esercizi (Exercices), qu’elle publia d’abord en 19483, republia en 19804 et puis encore en 2010, avec un titre légèrement modifié5 : chaque nouvelle édition a été justifiée par le nombre de variantes, de réécritures, d’adjonction de nouveaux textes.

    La consécration de Giovanna Bemporad à la parole passa d’ailleurs également par son activité de traductrice, qui fut, elle, copieuse et variée, s’appliquant à des œuvres dont l’hétérogénéité surprend, des poèmes de l’Antiquité (Homère et Virgile, mais aussi les Vedha indiens et le Cantique des Cantiques de l’Ancien Testament) aux classiques modernes (entre autres, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Byron, Goethe, Novalis, Hölderlin). L’extrême jeunesse de la traductrice rendait encore plus extraordinaires ses premiers essais, dont les résultats lui avaient attiré, à l’époque, l’attention de plusieurs éditeurs. L’œuvre qui marqua à jamais son existence de traductrice fut l’Odyssée, à laquelle elle travailla toute sa vie : depuis les années 1960 jusqu’au début de ce siècle, elle ne cessa jamais de reprendre, de remanier et de retraduire le poème d’Homère, dont la version fut publiée inachevée et à plusieurs reprises, sans que la poétesse n’ait probablement jamais considéré aucune édition comme définitive.

    La vie même de Giovanna Bemporad semble s’écouler dans une autre dimension, entourée d’une aura poétique. Née à Ferrare en 1928 dans une famille d’origine juive, elle fait des études irrégulières à cause de la guerre, mais développe dès sa première adolescence une passion exclusive pour les anciens poèmes et pour les vers classiques, qui l’amène à traduire – à l’âge de treize ans et dans l’espace d’un peu plus d’un mois – toute l’Enéide de Virgile. Précocement séparée de sa famille, pendant la guerre elle fait la connaissance de Pier Paolo Pasolini, avec qui elle passera des nuits entières à lire des poèmes, et qui restera toujours pour elle un ami fraternel. Après la guerre, elle vivra pendant quelques années une vie de bohème à Venise, dans un logement de fortune, nourrie par des amis et par quelques dames bénévoles ; c’est dans ce dénuement total, cependant, qu’elle compose les Exercices, publiés pour la première fois en 1948 par un éditeur vénitien. Une place de journaliste lui permit, dans les années suivantes, de sortir de la misère, jusqu’à ce que son mariage avec le futur sénateur et ministre Giulio Cesare Orlando, en 1957, lui fasse connaître la quiétude aisée d’une existence bourgeoise.

     

     

    Le livre des Exercices

       

       

      La dernière édition des Exercices, publiée en 2010, se compose de quatre-vingts poèmes, dont un peu moins d’une trentaine sont inédits. L’ensemble est divisé en un certain nombre de sections, dont la première, intitulée « Diari » (« Journaux intimes »), est la plus nourrie et ne comporte presque que des textes déjà présents dans les premières éditions ; dans une autre, « Aforismi » (« Aphorismes »), le nombre des textes est, en revanche, plus que redoublé. Toutes les autres sections contiennent quelques poèmes nouveaux, et deux d’entre elles sont entièrement inédites : il s’agit de « Saffiche » (« Saphiques »), qui, ne comportant que trois textes, reste la moins importante, et de « Poesie degli anni tardi » (« Poèmes des vieux jours »), celle qui a surtout retenu notre attention et sur laquelle nous reviendrons plus loin.

      Quelques images récurrentes dans l’ensemble des poèmes méritent d’être considérées à part : il s’agit avant tout, en ce qui nous concerne, de la métaphore de la voile, qui revient avec une fréquence révélatrice aussi bien dans les poèmes de la jeunesse que dans les dernières créations. Elle désigne la vie du poète, l’inspiration, l’élan poétique prenant son essor, le génie créateur, tantôt sillonnant la haute mer, tantôt incapable de quitter le rivage ; cette figure, porteuse d’une instance primordiale en elle-même, nous a paru d’autant plus significative qu’elle est placée en ouverture du recueil :

       

       

      Déjà ma voile, maîtrisée par l’ombre,

      l’impudence du jour laisse au rivage,

      et le cortège de ses feuilles mortes6.

       

       

      On la retrouve, plus loin, dans un poème dédié à Baudelaire et intitulé « Al mare – frammento » (« À la mer – fragment ») :

       

       

      Je sens l’appel de ton génie amer,

      tel le cri fou de l’albatros, au large

      des estuaires ; […]

      servante du silence, sur toi glisse

      ma voile entre des gouttes bleues et vertes7.

       

       

      Si dans les textes que nous venons de citer le symbole de la voile semble indiquer à la fois la vie du poète et son inspiration – dans une superposition qui apparaît d’ailleurs tout à fait cohérente –, dans les poèmes « des vieux jours » la métaphore se présente dans une relation plus évidente avec la puissance créatrice du poète, surtout dans un texte au titre transparent : « À l’inspiration retrouvée », qui ouvre la section. C’est sous la variante métonymique du bateau – probable réminiscence rimbaldienne – que nous retrouvons cette image, dans ce cas manifestement associée à celle d’un nouvel essor et d’une capacité renouvelée de répondre à l’invitation au voyage poétique8. Dans « Midi à la mer », au contraire, la situation est inversée, et la poétesse contemple les voiles qui, au large, rivalisent dans leurs évolutions et compositions artistiques, alors que la sienne, impuissante, reste immobile dans l’air mort du rivage9.

       

      En corrélation avec la voile, la barque ou le bateau, la mer est une image récurrente dans les Exercices, ainsi que, de manière plus générale, le milieu et le paysage aquatiques, avec les innombrables composants de ce champ lexical – vagues, gouttes, marées, pluies, brumes, naufrage ; des poèmes entièrement consacrés à la mer, avec ceux que nous avons cités ci-dessus, sont encore « In riva al mare », « Mare d’inverno », « Al mare » (« Au bord de la mer », « Mer en hiver », « À la mer »).

      Une autre image poétiquement illustre, qu’on retrouve souvent dans le recueil, est celle de la lune. Giovanna Bemporad lui consacre quelques-unes de ses compositions les plus suggestives, qui ne sont pas sans évoquer, entre autres, les vers immortels de Giacomo Leopardi, auquel l’un de ces textes est expressément dédié. Nous donnons ci-après la traduction de quelques fragments de ces poèmes « lunaires », car ils ne sont pas compris dans la section qui nous intéressera plus directement.

       

       

      Mélancolique image, elle est partout,

      la lune ; déchirant comme une flûte

      gémit le vent, farouche dans le ciel

      presque estival. […]10.

       

      à Leopardi

      Blanche, la lune monte à l’horizon

      après l’adieu du jour ; elle console

      routes, arbres, champs. […]11.

       

      Surgit la lune comme rouge aurore,

      silencieuse ; des campagnes au loin

      elle éclaire les vastes fixités,

      pure ; le globe du fanal repousse

      la solitaire affligée. […]12.

       

      Soir de fête

      […]

      La nuit descend, toute chanson se tait,

      dans un ciel de fête la lune brûle

      sans fleurs dans les cheveux et sans musique,

      amante désolée, seule et perdue13.

       

       

      Pour sa brièveté, nous citons intégralement un texte tiré des « Aphorismes », le seul poème explicitement dédié à la lune :

       

       

      à la lune

      N’es-tu pas lasse d’errer solitaire

      toujours changeante comme l’œil navré

      qu’un objet digne de fidélité

      ne trouve en terre ?14

       

       

      Le thème de la mort est également omniprésent dans l’œuvre de Giovanna Bemporad ; on peut s’étonner de lire, dans des poèmes écrits par une jeune fille de moins de vingt ans, des vers empreints d’une aussi profonde désillusion et d’une telle indifférence face à la vie :

       

       

      Inexorable compagne, la mort

      m’entraîne aux longues veilles taciturnes ;

      […]15

       

      Et les souvenirs viennent et s’en vont,

      froidement, ayant le pas et l’haleine

      de choses vives. Dans un soir si doux

      on ne voudrait rien d’autre que mourir16.

       

       

      Le sentiment d’une jeunesse qui s’est enfuie hâtivement et d’une vieillesse précoce accompagne souvent cette angoisse de mort :

       

       

      Douce jeunesse, ta fable est finie

      et l’automne est sur moi. […]17

       

       

       

      La poésie de la vieillesse

         

         

        Dans la section « Poèmes des vieux jours » (« Poesie degli anni tardi »18), entièrement ajoutée à la dernière édition des Exercices comme conclusion du recueil, le thème de la vieillesse est traité sous les optiques et dans les tonalités les plus différentes. Les « anni tardi », c’est-à-dire les années de la vieillesse, ne sont pas forcément un synonyme de mort ou d’impuissance : le poème qui ouvre la section, intitulé « à l’inspiration retrouvée », évoque l’expérience exaltante d’une nouvelle fécondité créatrice, inattendue et libératrice pour la poétesse, qui la vit à la fois comme un départ vers de nouveaux rivages et comme l’isolement tant souhaité dans « l’énigme sublime » de la poésie.

        Les désillusions qui accompagnent la fin de la vie, ainsi que l’angoisse de la mort, sont parfois également soulagées par l’immersion dans un monde qui est à la fois naturel et intérieur, et dans lequel la poétesse retrouve une sérénité et des joies comparables à celles des temps passées : les images de la mer, de l’envol de la pensée vers un ciel libre, de la plongée dans les « gouttes d’azur », renvoient au bonheur d’un idéal toujours vivant et qui semble plus fort que la déchéance du corps et de l’esprit.

        Des images printanières sont également présentes dans cette poésie de la vieillesse : le chant d’un oiseau dans la campagne, le vent tourbillonnant dans un rosier, un arbre fleuri, une étoile qui s’allume au soir, sont autant de merveilles qui apaisent la descente vers la fin, tantôt ressentie avec un sens de désespoir, tantôt avec une résignation plus tranquille.

        Aux moments de plus vive angoisse (cf., par exemple, « Interrogation »), la nature même semble impuissante à consoler le sentiment d’inutilité qui envahit l’âme, mais à l’extrême fin, alors que la voix de la poésie s’éteint et se réduit elle-même au silence, l’attente de la mort reste une « attesa purissima », un instant marqué par le retour à une innocence et à une pureté primordiales qui semblent résumer le sens de la vie entière pour Giovanna Bemporad.

        Dans les pages qui suivent, nous proposons une traduction de tous les poèmes des « anni tardi » et une sélection d’autres poèmes sur le thème de la vieillesse. Nous avons cherché à reproduire les textes originaux non seulement au point de vue lexical, mais également dans leur structure métrique. Toute la poésie de Giovanna Bemporad est marquée par l’utilisation de l’endecasillabo, le type de vers universellement reconnu comme le plus classique de la poésie italienne : nous le traduisons par le décasyllabe français, qui lui correspond par ses dimensions et par la distribution des accents principaux. Nous nous sommes également efforcée de respecter les règles de la versification française dans la décompte des syllabes, sauf pour le féminin du participe et les mots semblables (par exemple : brisée, percées, agitées, pensées), dans lesquels le [ə] de la terminaison est aujourd’hui pratiquement imperceptible.
         

         

         

        All’ispirazione ritrovata

         

         

        alla maniera del Dolce Stil Novo

         

        Canzone, flebile d’arpe argentine,

        la gomena tu spezza, odioso verme,

        lungo serpente che ancorato a riva

        tiene il vecchio battello e la mia lingua

        sciogli, rinata all’estasi dei voli !

        Forse avverrà, mia tormentata attesa

        della tua grazia, che un poema intero

        dal mio cuore romantico germogli,

        sbocci in fiorente glicine d’amore !

        Vieni, affrettati a farmi prigioniera

        dell’enigma sublime a cui di nuovo

        io mi abbandono (come obliquo uccello

        si abbandona allo spazio) e la tua forma

        futura tramo: al compito il mio genio

        tu chiamavi, io non ero che silenzio !

         

         

         

        À l’inspiration retrouvée

         

         

        à la manière du Dolce Stil Novo

         

        Chanson, de l’argent frêle de ta harpe

        tranche ce câble, larve abominée,

        long serpent qui retient le vieux bateau

        au rivage, et ma langue déliée

        ressuscite à l’extase de l’envol !

        Dans l’attente inquiète de ta grâce

        se pourrait-il qu’un poème fleurisse

        tout entier de mon cœur romantique,

        ô glycine d’amour épanouie !

        Viens et dépêche-toi de m’enfermer

        dans l’énigme sublime qui à nouveau

        m’a ravie (comme l’oblique oiseau

        est ravi dans l’espace), où ta future

        forme j’ourdis : c’est toi qui mon génie

        as ravivé, je n’étais que silence.

         

         

        La mestizia una maschera d’ancella

        disegna sul mio viso: aria di giglio

        che pensa mi incorona; io sento il vuoto

        assumere ai miei occhi forma umana.

        Ah, facilmente lo schiavo s’impiglia

        nella catena che infranse a fatica !

        Saggio è chi resta libero, e non cede

        neppure al dio che invoglia alle carezze

        quando trafitti da spade d’amore

        gli occhi ottusi cavalcano nei sogni

        sopra l’azzurro amplissimo dei cieli !

        Non sottomessa ma ribelle al fascino

        dispotico che emana il dio fanciullo,

        dolcemente scherzando con la maschera

        di mestizia stampata sul mio viso,

        mi accomiato dal mondo e da me stessa

        con un gesto sommesso di distacco.

         

         

         

        La douleur forme un masque de servante

        sur mon visage, couronné d’un air

        de lys pensif, et je sens que le vide

        prend à mes yeux une figure humaine.

        Qu’il est aisé que l’esclave s’accroche

        à la chaîne brisée péniblement !

        Le sage reste libre, sans plier

        aux caresses mêmes du dieu d’amour,

        quand de ses flèches percées, les pupilles

        obscurcies traversent dans les rêves

        l’interminable voûte de l’azur !

        Jamais soumise mais rebelle au charme

        despotique qui vient du dieu enfant,

        d’un sourire discret, avec le masque

        de tristesse imprimé sur mon visage,

        je prends congé du monde et de moi-même

        par un geste d’adieu silencieux.

         

         

         

        Mon âme ayant des tristesses d’aurore

        et de coucher, et le goût de la mort,

        ne survivant plus par ses illusions,

        doucement pleure aux clameurs de la mer

        comme un enfant chagrin, abandonné

        sans aucune défense à ses terreurs.

        Mais quand un rire de rubis parsème

        le soleil sur mon front, alors se lèvent

        libres mes rêves tels des goélands !

        Perdue au milieu de gouttes d’azur

        et de verte fraîcheur, dans cette mer

        plus douce que l’oubli, je noie la sombre

        angoisse des vieux jours, et le regret

        dans lequel je vis la fin de mon temps.

         

         

        Felice sospensione ha il mio dolore

        nella pausa più dolce di ogni suono

        in cui non si ode più, deposto il flauto,

        la sua struggente melodia, ma quella

        che sopravvive al flebile strumento.

        Non meno dolce o meno commovente

        nota il cuculo invia dalla lontana

        campagna a primavera. E come il vento

        su per roseti rampicanti in fiore

        si attarda a mietere carezze, prima

        che il suo bisogno estremo di compianto

        lo induca a un folle, vano imperversare :

        così una breve pausa ha il mio dolore

        se vedo sopra il campanile a sera

        la prima stella accendersi, che pare

        contraddica il mio pianto e che sorrida.

         

        Heureuse suspension de ma douleur

        dans la pause plus douce que tout son,

        quand s’éteint la poignante mélodie

        de la flûte déposée, mais survit

        l’air qui surpasse le faible instrument.

        Au loin dans la campagne le coucou

        aussi douce et touchante nous envoie

        sa note de printemps. Comme le vent

        dans les roses grimpantes épanouies

        passe cueillant la moisson des caresses,

        avant que le désir fou de complainte

        ne l’entraîne à son vain tourbillonner :

        ainsi s’apaise un instant ma douleur

        si j’aperçois au soir sur le clocher

        la première étoile s’allumer,

        dont le sourire contredit mes pleurs.

         

         

         

        Meriggio al mare

         

         

        Da casa mia venuta in comunione

        col deserto del mare – indugia eterno

        nella monotonia dell’acqua il tempo ;

        davanti a me compongono le vele,

        mosse dal vento, musica o poesia –

        come quelle laggiù la mia non vedo

        prendere il largo gonfia e dispiegata,

        ma resta inerte, nell’amara calma

        di un’aria morta. All’urto dei pensieri

        la vacuità del mare fa un commento

        sonoro, come al sasso che i fanciulli

        scagliano per infrangere il suo specchio !

        Non conviene guardare né al passato

        né al futuro in quest’ora meridiana ;

        meglio isolarsi a vivere nel tempo

        più veramente nostro, in interiori

        colloqui di cui prodiga è la notte,

        meglio lasciarsi immobili portare

        su una fragile barca all’altra riva.

         

         

        Midi à la mer

         

         

        De ma maison venue en communion

        avec la mer immense – éternel

        le temps se fige dans l’eau monotone ;

        par le vent agitées, devant mes yeux

        les voiles font des chants et des poèmes –

        la mienne je ne vois prendre le large

        se déployant gonflée comme les autres,

        elle est inerte dans le calme amer

        d’un air de mort. Le vide de la mer

        aux pensées folles sert de commentaire

        sonore, comme au galet que l’enfant

        lui jette pour enfreindre son miroir !

        Il ne faut regarder vers le passé

        ou l’avenir à cette heure du jour ;

        mieux vaut rester dans cet isolement

        du temps qui est plus sûrement le nôtre,

        pour écouter les voix intérieures

        dont la nuit est prodigue, qui nous portent

        dans une frêle barque à l’autre rive.

         

         

        Interrogazione

         

        Mentre l’ultimo raggio rosseggiante

        muore sui vetri, perché vivo ancora

        mi chiedo, se il mio cibo è l’amarezza

        e il cuore che educavano alla gioia

        non batte ormai se non per tenerezza

        di primavere, estati e dolci autunni,

        ma per gioia non più ? Dalla finestra

        della mia stanza spio nel plenilunio

        fino all’alba a fissarmi il cimitero.

        Con gli occhi che già nuotano nel sonno

        mi chiedo con un brivido: chi sono ?

        Chi, per la colpa che scontai nascendo,

        dal buio nulla a un attimo di luce

        destinò questo corpo, amato corpo,

        l’oggetto che dai morti mi difende,

        per poi ridurlo in polvere ? Risponde

        all’incauta domanda il vuoto immenso

        e va per la malinconia del cielo

        che si annera insensibile la luna.

         

         

        Interrogation

         

        Au dernier rayon mourant sur les vitres,

        pourquoi je vis toujours je me demande,

        puisque ma nourriture est l’amertume,

        et mon cœur ne bat plus que de tendresse

        pour la douceur du printemps, de l’été,

        ou de l’automne, mais ne connaît plus

        la joie qui fut sa raison d’exister.

        De ma fenêtre, dans la pleine lune,

        je vois le cimetière me fixer.

        Les yeux déjà noyés dans le sommeil,

        je me demande frissonnant : qui suis-je ?

        Qui, par la faute payée en naissant,

        de l’ombre du néant à la lumière

        a destiné ce corps, ce corps aimé,

        qui me défend du monde de la mort,

        pour le réduire en poussière ? Immense

        répond le vide à la question naïve

        et dans le ciel mélancolique, sombre,

        insensible, la lune se promène.

         

         

         

        Alla primavera

         

        Nelle mie vene, un tempo ebbre di vita,

        batte con ritmo languido il risveglio

        di primavera, e accende il sentimento

        in chi non vuole più se non amare

        la cecità del pianto. Lunga o breve

        tragica è questa favola che bella

        sembrava al tempo in cui l’ineluttabile

        certezza non aveva ancora offeso

        l’ingenuità dei nostri cuori, illusi

        di essere eterni. Eppure mi sorprendo

        talvolta a intenerirmi quando un giglio

        spunta a piè d’una quercia, o nel giardino

        il mandorlo è fiorito. E una dolcezza

        di memorie distende il mio dolore,

        già creduto incurabile, in un riso.

        Poi, quando il giorno muore nella notte,

        si fa nera ogni cosa, accoglie e fonde

        l’anima curva sotto il suo destino

        questo fluire in lei di tante vite.

         

        Au printemps

         

        Dans mes veines, jadis ivres de vie,

        d’un rythme languissant bat le réveil

        du printemps, et allume la passion

        dans un cœur qui ne désire qu’aimer

        la cécité des larmes. Longue ou brève,

        cette fable est tragique, qui naguère

        nous semblait belle, quand l’inéluctable

        certitude n’avait encor frappé

        nos cœurs naïfs, fixés dans l’illusion

        de leur éternité. Pourtant je sens

        une tendresse étrange, quand un lys

        au pied d’un chêne pousse, et au jardin

        fleurit l’amandier. Une douceur

        de souvenirs apaise mon chagrin,

        qu’on croyait incurable, dans un rire.

        Et plus tard, quand le jour meurt dans la nuit,

        tout sombre dans le noir, l’âme courbée

        sous le poids du destin accueille en elle

        de tant de vies le flux irrésistible.

         

         

         

        Le thème de la vieillesse, central dans les « Poèmes des vieux jours », se retrouve sporadiquement dans d’autres sections du recueil. Nous avons choisi deux exemples tirés des « Aphorismes », dont les textes se caractérisent par leur brièveté : le premier se fonde sur la juxtaposition entre la vie qui s’éteint et qui renaît, l’autre reprend l’image classique de l’existence se continuant dans le souvenir des êtres chers.

         

         

        Chi scende e chi sale19

         

        Ah, rotolano gli anni per le scale,

        nostro destino è scendere e salire

        e con un carro di frantumi andare

        per strade oblique a perderci nel nulla.

         

        Siede sull’ultimo gradino un vecchio

        con le mani posate sui ginocchi

        e col mento sul petto; e dalla soglia

        viene il rumore eguale di una culla

        e di una nenia a conciliargli il sonno

        col suo ritmo monotono e immortale.

         

        Descente et montée

         

        Les années roulent au bas de l’escalier,

        notre destin est descendre et monter,

        dans un char de débris nous approchant

        par des chemins obliques du néant.

         

        Sur la dernière marche un vieux, assis,

        les mains posées sur ses genoux réunis,

        tête baissée ; depuis le seuil s’élève

        le doux murmure d’une cantilène

        et d’un berceau qui flatte son sommeil

        d’un rythme monotone et immortel.

         

         

         

        De Senectutex20x

         

        Col passare degli anni – io mi figuro –

        trascineremo passo passo il piede

        sul bastoncello, a confortarci ai tiepidi

        raggi del sole.

        E immagino che quando

        La morte a noi verrà, non ci dorremo

        se si ricorderanno i cari amici

        di noi, parlando, e ci ameranno ancora.

         

        De Senectute

         

        S’écoulant les années l’une après l’autre,

        nous irons pas à pas – je m’imagine –

        nous appuyant sur une canne, aux tièdes

        rayons de ce soleil réconfortant.

        Et quand la mort enfin viendra vers nous,

        nous ne serons au désespoir, je pense,

        si les amis parlent encor de nous,

        se souvenant et nous aimant toujours.

         

        Dans l’Épilogue, qui achève le recueil, la voix de la poétesse résonne pour la dernière fois avant le silence éternel, confrontée aux voix de la nature qui emportent un passé tombé en poussière : les premiers et le dernier vers, encore chargés de réminiscences anciennes, nous semblent particulièrement empreints d’une musicalité solennelle et incantatoire.

         

         

        Epilogo21

         

        O vento che commemori passate

        moltitudini e fasti inceneriti,

        o tempo contro cui non c’è riparo :

        mi riduco al silenzio, nell’attesa

        purissima dell’ombra che già stende

        sui vivi un lembo della notte eterna.

        Forse è quest’ombra tragica sospesa

        sul ciglio della notte che fa illusi

        gli uomini di conoscersi e di amarsi,

        naufraghi nel silenzio dei millenni.

         

        Ô vent qui remémores le passé

        multiforme et le faste anéanti,

        ô temps contre lequel il n’est repaire :

        je me réduis au silence, à l’attente

        pure de l’ombre qui sur les vivants

        déploie un pan de la nuit éternelle.

        Est-ce cette ombre noire suspendue

        à la nuit qui aux hommes laisse croire

        qu’ils peuvent se connaître et puis s’aimer,

        noyés dans les silences millénaires ?

         

         

         

        Notes

         

         

        1 Elle est morte le 6 janvier 2013. Un ouvrage d’intérêt général sur sa biographie et son œuvre avait paru en 2011 : A una forma sorella. Giovanna Bemporad : intervista e videoritratto, regia di Vincenzo Pezzella, Edizioni Archivio Dedalus, Milano. Nous signalons également une page web qui met à disposition des articles, des vidéos, des poèmes, des extraits de traductions : http://giovannabemporad.blogspot.it/.

        2 « Non ho avuto mai giovinezza né adolescenza, / non ho dato importanza a quella che gli uomini chiamano vita, /ne ho data solo alla poesia, alla parola, / alla ricerca della parola giusta. / Questa è stata la mia unica ragione di vita », (Andrea Cirolla, « L’opera al telefono », préface à : Giovanna Bemporad, Esercizi vecchi e nuovi, Edizioni Archivio Dedalus, Milano 2010, p. 7).

        3 Esercizi, Urbani e Pettenello, Venezia 1948.

        4 Esercizi, Garzanti, Milano 1980.

        5 Esercizi vecchi e nuovi, op. cit.

        6 « Già la mia vela, in signoria dell’ombra, / l’impudenza del giorno lascia a riva / col suo lungo corteo di foglie morte », (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 23).

        7 « Sento il contagio del tuo genio amaro / chiamarmi come un folle albatro, al largo / degli estuari ; […] su te scivola, ancella del silenzio / la mia vela, tra gocce azzurre e verdi » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 93).

        8 Voir infra.

        9 Voir infra.

        10 « Malinconica immagine, è su tutto / la luna; come un flauto accorato / si duole il vento, rude nel sereno / già quasi estivo. […] » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 33).

        11 « La bianchissima luna alta è salita / dopo l’addio del giorno, a consolare / alberi, campi e strade. […] (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 34).

        12 « Nasce la luna come rossa aurora / pianamente; rischiara illimitate / fissità d’ombre e alberi e campagne, / pura, dai globi elettrici respinta, / questa accorata solitaria» (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 35).

        13 « Sera festiva. […] Viene la notte, ogni canzone tace / e nel cielo festivo arde la luna / senza fiori ai capelli e senza suoni, / perduta amante, sola e dolorosa » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 52).

        14 « Alla luna. Non sei stanca di errare in solitudine / mutando sempre come l’occhio triste / che oggetto degno della sua costanza / non trova in terra ? » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 49).

        15 « Mia compagna implacabile la morte / persuade a lunghe veglie taciturne » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 25).

        16 « E le memorie, con un passo e un fiato / di cose vive, freddamente a sera / vengono e vanno. In così dolce sera / non altro si vorrebbe che morire » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 27).

        17 « O mia dolce gioventù, la tua favola è finita / e l’autunno m’è sopra » (Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 23).

        18 Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 111-117.

        19 Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 54.

        20 Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 56.

        21 Esercizi vecchi e nuovi, op. cit., p. 121.

         

         

        ***

         

        Pour citer cet article

         

        Giovanna Bellati, « ''Ô temps contre lequel il n’est repaire''. La poésie de la vieillesse de Giovanna Bemporad », illustration de l'artiste Henri de Lescoët, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 17 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/giovannabemporad.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans Numéros
        11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:41

         

        Publication successive

         

        Lettre n°9

         

        avec une publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016

         

        Pour répondre à vos nombreuses demandes de publication,

        nous mettons en ligne une partie des numéros imprimés de décembre

        avec vos annonces et informations

         

        © Crédit photo : Introspection, éditions Pan des muses, image prise par LPpdm, 2016.

         

        ISSN numérique : 2116-1046

         

        Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

         

        diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an)

         

        Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

         

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        © www.pandesmuses.fr  

        Comité de rédaction : Khris Anthelme, Camille Aubaude, Cyril Bontron, Laure Delaunay, Eric Guillot, Mario Portillo Pérez, Dina Sahyouni, Nelly Taza & Françoise Urban-Menninger. Réalisation technique : Anna Perenna, Cyril Bontron. Contacts : contact@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

        Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

         

        Meilleurs vœux !

        Iris & Mêtis messagères bleues des muses,

        Le Pan poétique des muses,

        le semainier des muses

        avec l'association SIÉFÉGP

        vous souhaitent une bonne année 2017 !

         

        Poèmes, nouvelles, lettres, fragments

         

        [Parution imprimée de certains de ses textes dans le numéro spécial et le hors-série 2016 ]

         

        Nicole Coppey : Ô ! Ô! Lumière en prière , Ô rivière de lumière & Fruit Vermeil 

        Mokhtar El Amraoui Miroirs & Oriflammes

        Françoise Urban-Menninger : À fleur de paume

        Dina Sahyouni : Aimer l’amour , Adieu homme & Gribouillage translucide

        Maggy de Coster : « Les Versets simplifiés du soleil levant » (extraits)   &  Quatre poèmes d’In-version poétique/In-versione poetica

        Laure Delaunay : De l’eau, à l’o en passant. Poème Évolutif. Mots doux. Quelques cris. Un "heu…"

         

         

        Notre choix d'actualité poétique et artistique en ligne

         

        ...............

        Notre choix d'actualité philosophique et scientifique sur le vivant

        (disponibles en ligne)

        Notre choix de séries télévisées, films et d'émissions culturelles

        télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

         

        ..................

         

         

        S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

         

        Pomme François-Ferron pour le Collectif Copines 

         

          ...............

         

        Liens vers les actualités des actions en faveur des femmes

        • La plateforme www.sexismepasnotregenre.gouv.fr est un espace participatif destinée à : déposer des témoignages par le biais des réseaux sociaux ; retrouver les initiatives labellisées contre le sexisme ; connaître les chiffres clés ; s'informer sur les recours juridiques possibles face à certains actes sexistes (propos concernés, discriminations, harcèlements, violences...).
        • pic.twitter.com/LUvQxV9JUx @SergioTinti1 autour de son livre "Du sexisme dans le sport". Ouvert à tou-te-s @bbarbusse rencontre avec @Paris19e Le 23 janvier 19 heures
          January 5, 2017— andrea fuchs (@andreafuchs)
        • Je ne veux pas que dans nos quartiers on impose aux femmes la manière de s'habiller, de se comporter. Je suis féministe! #LEmissionPolitique

        .............

         

        Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

        Le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

         

        ...............

        Notre agenda poétique

        Dina Sahyouni

        SIEFEGP

        Avertissement : Le Pan poétique des muses s'est métamorphosée en périodique imprimé de 4 numéros par an, continue aussi à publier a-périodiquement sa version (différente) en ligne. La Lettre du Ppdm prend désormais un rôle important dans nos publications en ligne, n'hésitez plus donc à y contribuer. Vos contributions peuvent être choisies pour figurer dans nos numéros imprimés. Notre site héberge également et pour une durée indéterminée l'association SIEFEGP et ses publications. Belles rencontres poétiques au fil de nos pages ! Au plaisir de vous lire et de vous publier,
        Rédaction de la revue LPpdm

         

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            Lettre n°7 | Lettre n°8 | Lettre spéciale édition 2016 |

         

        © Tous droits réservés

        Initiative labellisée par

        le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes 

        Merci de voter pour notre initiative !

        Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)
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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
        7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 11:00

         

        Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

         

        1 | NUMÉRO SPÉCIAL  2016

         

        Des hommes en poésie

         

        Invitée Nelly SANCHEZ

         

        coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble

         

        © 1ère et 4ème de couverture illustrée par Gordan ĆOSIĆ et Nelly SANCHEZ (photo non actuelle)

         

        Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 26 TTC ISSN 2492-0487

         

        Numéro paru le 31 décembre 2016 &

         

        en vente chez la SIÉFÉGP dès le 24 janvier 2017*

         

        * Ce numéro (comme le Hors-SÉRIE) ne peut pas être vendu avant pour une raison d'organisation interne à la SIÉFÉGP. Merci de votre compréhension !

         

        ***

        Pour citer ce texte

        LPpdm, « 1 | NUMÉRO SPÉCIAL 2016 ; "Des hommes en poésie", coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 7 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/hommes.html

         

        © Tous droits réservés 

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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
        30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:17

         

        Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

         

        N°2 HORS-SÉRIE | HIVER 2016

         

        Enfances en poésie

         

        Avec Mona GAMAL EL DINE & Paul TOJEAN

         

        coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA

         

         

        © 1ère de couverture du HORS-SÉRIE N°2 illustrée par © Gordan ĆOSIĆ, Night-day-4, 2016

         

        Présentation de louvrage

         

        « Toutes les grandes personnes ont dabord été des enfants. »

        (Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince)

         

        « Enfances en poésie » porte sur les traces de lenfance en nous par le biais de la présence des femmes et/ou du féminin au sein dun art empreint des couleurs de lenfance et de sa pureté réelle et/ou imaginaire... Des fables antiques aux poètes morts jeunes comme Rimbaud en passant par la rose du petit prince et des sons du tam-tam de la négritude, des univers poétiques et artistiques souvrent à nous, en nous. On définit les poètes depuis des siècles en les qualifiant déternels enfants, de rêveurs et de perturbateurs de lordre établi dans la société. Cependant, il n’y a pas plus de Peter Pan, dilluminés et de fées Clochette chez les poètes que chez les autres. Les poètes sont souvent des empêcheurs de tourner en rond, des personnes qui ont gardé au creux de leur être un imaginaire vif et un cœur démiurgique. Les poètes sont les enfants de leur temps, mais aussi de tous les temps et de tous les arts. Comme les saltimbanques et les bohémiens, leur cœur est sans cesse offert en poèmes au lectorat. Lenfance représente aussi la légèreté, linsouciance et la liberté [...] Ainsi, quelques aspects des univers poétiques et variés de lenfance, y compris en art, sont explorés ici pour redonner à notre monde terni par les guerres et les violences ses saveurs dantan et ses puissances magiques qui nous portent à rêvasser, à sémerveiller et à retrouver tout simplement lesprit candide, désinvolte, révolté, curieux et étonné de lenfance. Il sagit donc de parler des enfances de lâme revisitées par les universitaires, les poètes et les artistes. Ce plaidoyer pour la poésie des enfances de l’âme est celui de l’amour de la poésie et de ses lectorats. […] Les termes « enfance », « poésie » et « négritude » sont féminins et à ce titre de grâce, au féminin et aux femmes, ce numéro est dédié. .Bonne lecture !

        Dina SAHYOUNI

        Éditrice scientifique

        Nelly SAHYOUNI-TAZA est universitaire syrienne, co-fondatrice de la revue féministe Le Pan poétique des muses et membre de lunité de recherche indépendante de la SIÉFÉGP. Elle a déjà travaillé sur le merveilleux et les contes de fées. Depuis quelques années, elle s’intéresse aux études des femmes en poésie.

         

        Ont contribué à ce numéro : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

         

         

        Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano,

        broché, 104 p., 28 TTC

        ISSN 2492-0487

         

        Sommaire

        © Photographie prise par LPpdm

         

        Numéro paru le 30 décembre 2016 &

        en vente chez la SIÉFÉGP dès le 12 janvier 2017

         

        ***

        Dans la même collection & le même périodique :

        2015 : Le Pan poétique des muses ; « Identités genrées en poésie », numéro spécial 2014-2015, avec les invités Claude BER, Éric GUILLOT & Pierre LE PILLOUËR, coordonné par Dina SAHYOUNI (sous le nom de plume d’Anna PERENNA)

        2016 : Le Pan poétique des muses ; « Tant de Philomèles en ce monde ! » & « Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre », n°4 | Hiver 2015-2016, sous la direction de Camille AUBAUDE

         

        Fiche technique :

        Titre : N°2 | HORS-SERIE 2016 ; "Enfances en poésie"

        Éditrice scientifique : Nelly SAHYOUNI-TAZA

        Ouvrage collectif : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

        Iconographies : Claude MENNINGER, Sarah MOSTREL, Gordan ĆOSIĆ & Carole CLOTIS.

        Image de couverture : Gordan ĆOSIĆ, Night-day 4, 2016

        Éditions : Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP

        Collection : Ops

        Date de parution : 30 décembre 2016

        Imprimé en France, à Grenoble

        Dimensions : 29,70 cm x 21 cm

        Format : in-plano

        Nombre de pages : 104 p.

        Impression en noir, blanc avec des pages en couleur

        Reliure : broché dos carré collé.

        Langues : français avec des pages en anglais & espagnol

        ISSN 2492-0487

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        LE PAN POÉTIQUE DES MUSES est un périodique édité par l’Association Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP) à but non lucratif.

         

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        N°2 | HORS-SÉRIE  2016   Enfances en poésie

         

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        Pour citer ce texte

        LPpdm, « N°2 | HORS-SÉRIE 2016 ; "Enfances en poésie", coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 30 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/12/taza.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
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        SEMAINIER DES MUSES (SDM)

        JOURNAL ANTHOLOGIQUE, FÉMINISTE,

        INTERNATIONAL & MULTILINGUE DE POÉSIE

        N° 9 | DÉCEMBRE 2016 dédié à la poésie de

        Frédérique GUÉTAT-LIVIANI

         

        Dix poèmes sur

         

        Les femmes

         

         

        © Couverture du SDM n°9 illustrée par 

        Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015  

         

        Le Semainier des muses est le premier périodique paritaire en poésie

        © Image de couverture : Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015 reproduite en niveaux de gris.

        Frédérique GUÉTAT-LIVIANI est née à Grenoble. Après avoir étudié à l’école des Beaux-Arts d’Avignon, elle est venue à Marseille pour s’occuper de la Galerie Tore, lieu d’art contemporain créé par des artistes, dans un appartement, non loin de la Canebière. Puis en 1988, avec quelques amis, artistes et poètes, ils ont mis en chantier Intime Conviction, non-lieu de création artistique. Au bout de sept ans de réflexion, les éditions Fidel Anthelme X sont nées, toujours au bord de la Méditerranée. Dans l’espace de la poésie, elle essaie d’occuper un autre lieu, ni pour, ni contre le livre, juste à côté. Elle fait également des installations qui parlent du langage, écrit des textes qu’elle construit comme des images. Elle n’est ni de la caste des poètes, ni de celle des artistes, cette impureté la rend plutôt joyeuse. Des extraits d’« espèce » ont dernièrement paru dans le premier numéro d’Iris & Mêtis messagères bleues des muses.

         

        © Image de couverture : Lecture à la Minute Gallery Cotignac, photographie par Évelyne RENAULT, 2015 reproduite en niveaux de gris.

        © Grenoble, Éditions Pan des muses de la SIÉFÉGP, coll. Ops, 2016, 8 p., 3,50 € TTC (frais de port inclus pour 1 exemplaire). Merci d'ajouter 0,50 € par exemplaire supplémentaire. ISSN : 2494-2901.

         

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        ***

        Pour citer ce texte

        LPpdm, « Semainier des muses ; Frédérique GUÉTAT-LIVIANI, « Les femmes », N°9, Décembre 2016 aux éditions Pan des muses, coll. Ops, 2016, 3,50 € », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 22 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/femmes.html

         

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        22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 09:26

         

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        JOURNAL ANTHOLOGIQUE, FÉMINISTE,

        INTERNATIONAL & MULTILINGUE DE POÉSIE

        N° 8 | NOVEMBRE 2016 dédié à la poésie de

        Mario PORTILLO

         

        Sept poèmes espagnols traduits en français sur

         

        Toi & Moi

        le 24 décembre 2016

         

        © Couverture du SDM n°8 illustrée par une photographie de Mario PORTILLO par Alma MARTÍNEZ.

         

         

        Le Semainier des muses est le premier périodique paritaire en poésie

         

        Mario PORTILLO, (né au Mexique en 1989) est poète, dramaturge, directeur-producteur cinématographique de « Voilà Films » et cinéaste indépendant. Il est également un collaborateur constant de la revue Le Pan poétique des muses (sigle LPpdm). En maîtrise de Création Littéraire à lUniversité Autonome de la ville de Mexcio/Mexique (UACM en espagnol), campus Cuautepec, Mario Portillo a obtenu le premier prix au Concours Estudiantin de Poésie de lUACM – Cuautepec de 2010. Depuis, il a lu ses poèmes au Forum Art et Poésie, à la librairie « Le Pendule » (première librairie au Mexique), à la table de poésie et à la Foire Internationale du Livre du Palais du Travail des mines (33ème édition). Une partie de son œuvre poétique a été publiée aux revues littéraires de plusieurs pays (Mexique, Chili, Venezuela, Argentine, Espagne et France). Mario Portillo a déjà publié deux recueils de poésie Te chercher pour me trouver en 2012 et Uniquement pour tes yeux en 2013. Formé en études de lart cinématographique à la Maison de la France au Mexique. En mai 2015, en communion avec La Maison de Méliès (Projet Audiovisuel et Culturel de la France au Mexique), il a écrit, dirigé et produit son premier court-métrage intitulé Une même lumière pour deux réverbères. Site officiel : poeteverset.wix.com/marioportillo.

         

        Les poèmes de ce numéro ont été traduits en français par Mario PORTILLO & Aurélie-Ondine MENNINGER.

        © Image de couverture : Mario PORTILLO par Alma MARTÍNEZ.

        © Grenoble, Éditions Pan des muses de la SIÉFÉGP, coll. Ops, 2016, 8 p., 3,50 € TTC (frais de port inclus pour 1 exemplaire). Merci d'ajouter 0,50 € par exemplaire supplémentaire. ISSN : 2494-2901.

         

        © Sommaire du SDM n°8

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        Dimensions du journal déplié : 29,70 cm x 21 cm. Format : livret plié, pli roulé. Nombre de pages : 8 p. Reliure : livret agrafé. Langue : français. Impression en noir blanc, couverture imprimée sur papier bleu. Prix : 3,50 € TTC (frais de transport inclus pour un exemplaire). Prix du livret électronique (format PDF) livré par courriel : 2,00 € TTC. Suivre le journal SDM & la SIÉFÉGP sur http://www.pandesmuses.fr & http://www.facebook.com/siefegp

         

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        Pour citer ce texte

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        16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:38

         

        Compte rendu

         

        Parution imprimée dans le hors-série 2016

         

         

        « Violences sexuelles contre les femmes :

         

        une réalité encore taboue »

         

        Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg

         

         

        Françoise Urban-Menninger

        Membre de la revue LPpdm et de la SIEFEGP

        Responsable de la rubrique Lettres & Arts

        Blog officiel : L'heure du poème

        Photographies par Claude Menninger

        © Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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        À l’heure de la remise en question du droit à l’IVG et de l’interdiction faite aux femmes d’entrer dans des cafés « réservés aux hommes », la septième édition du colloque strasbourgeois organisé par l’Eurométropole et dédié aux « Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue » trouve plus que jamais sa justification s’il en fallait encore une !


         

        Roland Riess, le maire de Strasbourg qui a ouvert ce colloque l’a bien compris en faisant référence à la proposition de loi turque visant à dépénaliser le viol ! Heureusement, on apprenait dans la même journée le rejet de cette loi grâce aux manifestations massives en Turquie contre ce projet inique.


         

        L’écrivaine Isabelle Alonso, militante engagée, n’a cessé au cours de son intervention de marteler une vérité première : « Nous vivons dans une société patriarcale » et ceci depuis la nuit des temps...Tout est dit !

        Cette réalité planétaire se perpétue dans le non-dit, sans qu’on la nomme, « Elle crève les yeux à en devenir invisible », a-t-elle affirmé.

        Ainsi « Les Droits de l’Homme » énoncés en 1789 ne comprennent pas « Les Droits des Femmes », le mot « Fraternité » en témoigne. Quant au « suffrage universel », il ne vise que les hommes, soit 50 % de la population jusqu’en 1944, date à laquelle les femmes obtiennent enfin le droit de vote !

        Le vocabulaire n’est pas neutre, il est travaillé par l’inconscient collectif patriarcal...Un homme parlera de « sa femme » à l’instar d’un bien tel « sa voiture », « son chien »… Les violences commises à l’encontre des femmes sont minorées et citées dans les faits divers ! L’expression « se faire violer » est une manière subtile de rendre active celle qui a été agressée sexuellement !

         

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        Marie-France Casalis, porte-parole de l’association « Collectif féministe contre le viol », a poursuivi sur ce thème évoquant le nombre effarant de viols enregistré (quand une plainte est déposée), à savoir 124000/an.

        Là aussi, le vocabulaire est révélateur ! « Une femme avoue avoir été violée » ou « avoir été abusée sexuellement », autant de termes qui visent à créer l’impunité pour les violeurs.

        Pour Marie-France Casalis, il est vital de « libérer la parole » c’est la seule possibilité pour les femmes qui ont été violées de pouvoir se reconstruire.


         

        Claudine Legardinier, journaliste et auteure, spécialiste des questions de prostitution, a réaffirmé que celle-ci n’est autre que « l’emblème du patriarcat et du capitalisme ». Le silence assourdissant qui entoure la prostitution illustre cette violence dont « l’inceste est le terreau de prédilection ». Claudine Legardinier informa en outre son auditoire de l’ouverture de « cafés pipes » en Suisse où la pornographie prospère, fit un point sur « l’accompagnement sexuel des handicapés » qu’elle considère comme une autre forme de prostitution. Pour conclure, elle dénonça encore une fois le silence des autorités quant à la prostitution, cette « violence ordinaire » qui n’est autre que « le lieu de la réaffirmation de l’identité masculine ».


         

        Anna Matteoli, juriste au Centre d’Information sur les Droits des Femmes, a abordé le problème de la difficile frontière juridique entre « le devoir conjugal » et « le viol conjugal ». Là encore, la société patriarcale, le code civil napoléonien ou le droit canonique ont formaté les esprits et les lois. Ne parle-t-on pas de « communauté de lit », de ce que « la femme est donnée à l’homme » ?

        Balzac lui-même préconisait « de ne pas aborder le mariage par un viol » !

        © Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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        La psychanalyste Catherine Gillet, elle aussi, a relevé l’importance du langage et du poids des mots dans l’appréhension et la compréhension des souffrances d’une femme violée. Elle n’utilise en aucun cas le terme de « victime » qui est une « étiquette limitative » mais celui de « personne » pour désigner la femme violée ou violentée. Seul le sujet détient la clé de sa « reconstruction », « une fable collective ne peut en aucun cas remplacer la vérité personnelle du sujet », a déclaré Catherine Gillet.


         

        Myriam Cayemittes, psychiatre et présidente de l’Association Parole sans Frontière, a développé l’horrible thématique du viol utilisé comme outil de guerre en évoquant les 150000 femmes violées au Rwanda et ses conséquences, à savoir les grossesses non désirées, la mise au ban de la société, la perte d’identité de la femme en déshérence… Et d’élargir la liste des crimes de guerre à l’encontre des femmes tels la stérilisation forcée, les femmes enlevées et considérées comme des « butins de guerre », l’esclavage sexuel etc.


         

        Une interview d’Yvette Roudy enregistrée le 13 septembre 2016 a clos cette journée exceptionnelle, voire essentielle tant les acquis des droits des femmes sont aujourd’hui menacés. L’ancienne Ministre aux Droits des femmes a rappelé que « Le degré de démocratie d’un pays se mesure à l’aune des droits des femmes ».

        © Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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        Ce colloque a été richement illustré par Valérie Leroy, Éloïse Rey, Amina Bouajila. L’ensemble Voy’elles et la chorale Olympe, ont éclairé cette journée en interprétant avec humour, sous le signe de la « sororité », « Cell-Block Tango » et entonné avec une ferveur contagieuse « L’hymne des Femmes » qui a réchauffé les cœurs de tous les participants qui ont joint leurs voix à l’unisson pour reprendre le refrain :


         

        « Reconnaissons-nous, les femmes

        Parlons-nous, regardons-nous,

        Ensemble, on nous opprime, les femmes

        Ensemble, Révoltons-nous ! »

         

        ***

        Pour citer ce compte rendu

        Françoise Urban-Menninger, « "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue". Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg », photographies du colloque par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 16 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/colloque.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
        14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 10:41

         

        Article du numéro spécial 2015-2016

        Parution imprimée le 31 décembre 2016

         

         

        D’homme à homme :

         

        réflexions sur l’influence mallarménne chez Paul Valéry

         

         

         

        Ange-Valéry Kouassi Kouakou

        Assistant (Enseignant-chercheur)

        Département de Lettres Modernes Université Alassane Ouattara

         

         

        Résumé

         

        L’intérêt de cette étude est de démontrer que l’esthétique de Paul Valéry n’est ni le prolongement, ni l’actualisation de la poétique mallarméenne. Pendant longtemps, Valéry a été présenté par la critique comme le disciple naturel de Mallarmé. Penser cela cependant, reviendrait à nier l’une des caractéristiques fondamentales de ce poète, à savoir son orgueil. Un orgueil surdimensionné qui marquera son originalité et qui jamais ne lui fera « courber l’échine » face à un autre, encore moins face à Mallarmé. L’influence pourtant qu’il subit, et qui se développe paradoxalement dans un contexte d’admiration et de confrontation, nous renseigne si besoin est encore sur la nature foncière du lien qui les unit, un courtois mais radical désaccord.

         

        Mots clés : Poétique, esthétique, influence, langage, opposition, admiration.

         

        Abstract

        The interest of this study is to demonstrate that the esthetics of Paul Valéry is neither the continuation, nor the updating of the Mallarmé ‘s poetics. For a long time, Valéry was presented by the criticism as the natural follower of Mallarmé. To think it however, would mean denying one of the fundamental characteristics of this poet, his pride. An oversize pride which will mark its originality and which never submit him in front of an other one, even less front of Mallarmé. The influence nevertheless that he undergoes, and which is paradoxically developed in a context of admiration and confrontation, still informs us if need be about the nature of the link which harms them, a courteous but radical disagreement.

        Keywords : Poetics, esthetics, influence, language, opposition, admiration.

         

         

        Introduction

         

        Paul Valéry est une icône de la Littérature française qui n’est plus à présenter. Il fait, en effet, partie de cette catégorie de penseurs, qui ont marqué, transformé, et redynamisé la créativité littéraire au cours de ces dernières décennies. L’œuvre immense qu’il a produite, et qu’on peut décomposer sans vacuité, en critiques, notes, essais et poésie, est le témoignage incontestable d’une conscience en quête de dépassement et de pureté. Valéry, non sans raisons, a travaillé à l’élaboration d’une théorie intellectualiste de la poésie, basée sur un épurement du langage. Il est parvenu, au bout d’un long processus, à greffer à ce genre, le sens d’une rigueur martiale, qui fait de l’art poétique un véritable travail d’orfèvre. « Valéry réduit la poésie à sa pure essence. […], elle répond bien à sa volonté d’exclure de ses vers ce qui est le propre de la prose : narration, description, amplification oratoire, prédication morale ou sociale ».1

        Une telle vision de la poésie n’est pas sans en rappeler une autre, celle notamment de Mallarmé, qui souligne que le poète doit purifier le langage afin de créer un nouveau monde fait d’essences. Pour ce dernier en effet,

         

        La poésie est essentiellement un art du langage, et c’est en grande partie pour avoir posé ce problème qu’il a été revendiqué comme précurseur de certaines théories contemporaines sur la linguistique et sur la littérature, surtout celles qui soutiennent que la littérature ne renvoie qu’à elle-même2.

         

        La recherche de ce monde essentiel, qui rompt avec l’élan et l’exaltation romantique de la première moitié du XIXe siècle, cristallise à elle seule tout le pendant des réflexions sur la sublimation du vers, par une volonté de restructurer le langage.

         

        On note ainsi un rapprochement entre les aspirations de Mallarmé et celles de Valéry, ou disons plutôt, un certain arrimage de la poétique valéryenne à celle de Mallarmé. L’objectif de la présente étude n’est donc pas de démontrer l’existence d’une interaction entre les deux poètes ; mais nous voulons de manière spécifique, à partir de l’analyse de leur poétique, sonder la profondeur de cette relation, car en l’espèce leurs rapports semblent paradoxalement s’éloigner de ceux du Maître et de l’élève. Quelle a donc été la nature exacte de leur lien ? Et comment une telle expérience a-t-elle impacté la poétique valéryenne ? C’est à ces interrogations que nous tenterons de répondre en nous fondant sur la critique thématique et l’autobiographie des deux poètes.

        I – Le modèle mallarméen ou la poétique de la maturité

         

        On ne saurait mener cette étude, sans avoir au préalable une idée bien ficelée de l’esthétique mallarméenne. Ce poète est, en effet, assez particulier. Au terme d’une longue et éprouvante crise spirituelle, il faisait cette déclaration : « J’ai fait une assez longue descente au Néant pour pouvoir parler avec certitude. Il n’y a que la Beauté – et elle n’a qu’une expression parfaite, la poésie » 3. Par ces paroles, Mallarmé annonçait une transformation radicale, à la fois de sa personnalité et de sa poétique, qui allait faire de lui, le « Sage » des célèbres « mardis », dont la sapience sera hautement appréciée par l’élite littéraire française et même européenne.

        Le Mallarmé de la maturité, nourri aux principes hégéliens de l’évolution de l’esprit, affichait, en effet, une parfaite sérénité et une inébranlable certitude, qui laissent un aperçu réaliste du travail réalisé sur sa personne et du renouvellement esthétique qui s’en suit :

         

        Mallarmé abandonne après 1875, les grandes régions du lyrisme personnel et la mythologie du poète maudit, accablé d’un côté par la platitude du monde et de l’autre par l’implacable ironie de l’Azur inaccessible. Cette singularité tient à plusieurs traits dont ses poésies post-parnassiennes sont porteuses et qui, associés, traduisent non seulement une démarche poétique spécifique, mais aussi une représentation singulière des relations que cette démarche entretient avec son champ social d’exercice.4

         

        Mallarmé, de fait, se pose comme l’archétype de cette poésie hautement spirituelle, qui renvoie de lui l’image d’un « poète retranché du monde, prêtre et prophète à la fois d’une révélation poétique, voué à la seule contemplation de symboles évanescents »5.

        Au gré des influences tous azimuts, des lectures et des rencontres, le poète « De l’éternel Azur / …impuissant qui maudit son génie / À travers un désert stérile de Douleurs »6, se détache de l’être qu’il était, de cette partie de lui, « reçu par imprégnation dans un premier milieu de socialisation esthétique, le Parnasse, pour faire advenir […] un autre poète et, […] une conception alternative et durable de l’expérience poétique »7. Sa poésie ainsi se dépersonnalise contrairement aux productions antérieures à 1875, elle est plus rigide, plus condensée, et donc plus hermétique.

         

        Plus de longs poèmes ni d’amples déclamations exprimant l’insurmontable conflit du poète et du monde, mais des textes brefs, à formes fixes et gouvernés par une sorte d’énonciation blanche, froide, distancié, où le je renverra davantage à une fonction textuelle qu’à la personnalité ou aux émotions du poète 8.

         

        Par l’adoption ou la mise en pratique de ce type d’écriture, il opte ostensiblement pour une vision figurative de l’écriture. Le langage n’est plus de façon inconditionnelle un moyen de transmettre un contenu ou un message donné, il devient symphonie, « insolite vaisseau d’inanité sonore »9. Le poème Un Coup de dé jamais n’abolira le hasard en est une parfaite illustration, avec ses dispositions plus qu’originales, ses décalages, son absence de ponctuation, ses blancs et surtout la lecture aléatoire qu’il impose, et qui en l’espèce semble dissoudre toute tentative d’uniformisation du sens.

         

        JAMAIS

        QUAND BIEN MÊME LANCE DANS DES CIRCONSTANCES

        ÉTERNELLES

        DU FOND D’UN NAUFRAGE

        SOIT

        que

        l’Abîme

        blanchi

        étale

        furieux

        sous une inclinaison

        plane désespérément

        d’aile

        la sienne

        par avance retombée d’un mal à dresser le vol

        et couvrant les jaillissements coupant au ras les bonds  […]10

         

        © Crédit photo : image prise par LPpdm pour respecter la mise en page du poème cité.

         

        Ainsi, on voit à travers cette analyse introductive que Mallarmé n’est plus celui qu’il était. Sa perception poétique a évolué. « À la tradition de l’énonciation claire et directe, […] chère à Boileau et à ses successeurs, Mallarmé opposait la poétique de l’allusion, de la présentation oblique, de la suggestion, du mystère »11. En un sens, son ambition se résume à l’« explication orphique de la terre »12, ambition qui tout bonnement s’insère dans le projet d’une vie (celui du Livre Suprême), et qui devient pour le poète, le devoir littéraire par excellence. Cette capacité à se transcender est sûrement ce qui a capté l’attention de Valéry et qui l’a conduit dans les entrelacs de la pensée mallarméenne.

        II – Mallarmé, l’adversaire admiré

         

        C’est en 1892, soit six années avant la disparition de Mallarmé, que ce dernier fait la rencontre de Valéry. Et comme on peut aisément le deviner, Mallarmé est déjà sur le déclin, pendant que Valéry est en pleine évolution. C’est une période charnière pour le jeune Valéry en lutte contre une certaine vision de la poésie, une lutte contre la littérature et ses idoles. Pour Valéry, Mallarmé dans ce contexte fait figure d’«épouvantail » à abattre :

         

        J’ai connu Mallarmé […] au moment même où je guillotinais intérieurement la littérature.

        J’ai adoré cet homme extraordinaire dans le temps même que j’y voyais la seule tête – hors de prix ! – à couper pour décapiter toute Rome.13

         

        L’aveu de Valéry est pour le moins explicite, il ne s’en prend pas à la personne de Mallarmé, mais à la figure qu’il représente. Le constat d’une littérature décevante s’accompagne d’une dose de méfiance à l’égard de ses représentants. Et l’attitude première du jeune Valéry en présence de Mallarmé, pendant les fameux mardis, est assez parlante. Il est méfiant et reste sur ses gardes ; mais au-delà de cette attitude défensive, on ne peut s’empêcher de noter un fond d’admiration « j’ai adoré cet homme extraordinaire ». Ainsi, Mallarmé devient pour Valéry, une sorte d’oreille attentive, d’interlocuteur privilégié, de père spirituel14, avec qui il enchaine les discussions. Dans le fond, les deux poètes se prennent d’une estime réciproque, quoique pour Valéry l’essentiel soit ailleurs, c’est-à-dire dans la volonté de s’affirmer et donc de se démarquer :

         

        J’ai été frappé par Mallarmé. J’ai admiré – de loin.

        Je l’ai aimé – Je l’ai pensé. J’ai senti et développé ma différence.

        J’ai cherché en quoi ce qu’il pouvait, ce qu’il voulait se distinguait de ce que je voulais, pouvais – s’y opposait.

        J’ai aussi essayé de deviner non seulement sa pensée – impersonnelle mais ses sentiments – Je l’ai vu créant un genre nouveau et singulier –.15

         

        En fixant le point sur ce qui constitue sa différence, Valéry ne révèle pas moins l’importance qu’il accorde à l’édification de son moi, élément focal d’un orgueil en plein essor. « Il faut, souligne t-il, observer les grands hommes à la lumière de leur orgueil et du nôtre »16. Dans cette confrontation idéologique où l’orgueil de l’un se retrouve à se mesurer à celui de l’autre, l’ambition du poète devient l’instrument par lequel il projette sa grandeur. Et Valéry n’hésite pas à se mettre sur le même piédestal que Mallarmé en évoquant, par exemple, une approche tout à fait différente de la littérature.

         

        En dehors de l’inépuisable admiration, émerveillement, amour que son art excitait, je me sentais conduit par là - non loin de lui – car il était finalement obligé de donner – plus ou moins précairement et artificiellement à la littérature, une valeur que je ne pouvais lui accorder, ne pouvant y voir qu’une application particulière17

         

        Ainsi, Valéry n’est pas dans la logique du disciple vis-à-vis de Mallarmé quoique lui témoignant un grand attachement ; un attachement qui sera plus que manifeste à l’annonce de la disparition de ce dernier. La mort de Mallarmé le plonge, en effet, dans une sorte de mutisme poétique ; dialogue interrompu, inachevé, questions en suspend, autant de raisons qui semblent accentuer son désarroi tel qu’il l’explique à Gide :

         

        Cela me soulagera un peu d’écrire, car il y a trois nuits que je ne dors plus, que je pleure comme un enfant et que j’étouffe. Enfin, j’ai perdu l’homme que j’aimais le plus au monde et, de toute façon, pour mes sentiments et ma manière de penser, rien ne le remplacera. Je m’étais habitué avec lui à une familiarité absolument filiale sur ses propres indications. Puis il comprenait toute sorte de pensée, et mes écarts les plus singuliers trouvaient en lui « précédent » et au besoin un appui – opinions mises à part. Tout cela est irréparable18.

         

        La perte de Mallarmé constitue, pour de nombreux spécialistes, une étape fondamentale dans le devenir de la création Valéryenne. En un sens, l’auteur des Cahiers fait montre d’une émotivité, et d’une sensibilité qu’on ne lui connaissait pas, et par laquelle on relève une volonté de pérenniser la mémoire de Mallarmé :

         

        J’ai de ton pur esprit bu le feu le plus beau

        Je serai le tombeau

        de ton ombre pensive

        […]

        Mon âme de ton âme est le vivant tombeau19

         

        Un paradoxe semble toutefois se dégager de cette déclaration. En même temps qu’il a le souci de marquer sa différence et donc d’ouvrir sa propre voie, Valéry s’identifie au « pur esprit » mallarméen et à sa pensée. À y voir de plus près, il n’a pas tord de le dire. Les thématiques mallarméennes qu’il reprend à son compte, ne serais-ce que dans son attitude, nous parlent. Celle de la solitude est par exemple assez présente, solitude méditative, constructive. On sait combien de fois ces profondes introspections, périodes de réflexion et de quête de soi, ont marqué Valéry, et ce jusqu’aux fondements de son système :

         

        Loin du monde, je vis tout seul comme un ermite

        Enfermé dans mon cœur mieux que dans un tombeau.

        Je raffine mon goût du bizarre et du beau,

        Dans la sérénité d’un rêve sans limite.

         

        Car mon esprit, avec un art toujours nouveau,

        Sait s’illusionner – quand un désir l’irrite.

        L’hallucination merveilleuse l’habite

        Et je jouis sans fin de mon propre cerveau.20

         

        Pendant de nombreuses années, Valéry, aux premières lueurs du jour, a cultivé cette solitude en matérialisant sur près de vingt huit mille feuillets, la quintessence de sa pensée. C’est ce qu’il rassemblera plus tard et qu’on connaitra sous le nom des Cahiers.

        L’évocation de la solitude s’accompagne aussi de celle du silence, attitude hautement appréciée par Mallarmé et reprise par l’auteur des Cahiers. En entrant chez Mallarmé, nous dit A. Gide, « on trouvait là d’abord un grand silence ; à la porte tous les bruits de la rue mouraient… »21. Mallarmé avait un amour du détail poussé à l’extrême et qui pourrait expliquer la présence assez récurrente, chez lui, de ces périodes de silence qui pouvaient aller jusqu’à un quart d’heure ; comme s’il profitait de ces moments pour réajuster, « aiguiser » sa pensée, lui donner encore plus d’allant. En l’espèce, Valéry n’agit pas autrement ; mais il va plus loin en établissant une corrélation entre silence et absence ; « SILENCE, mon Silence… ABSENCE, mon absence… »22. De plus, la période qui suit la mort de Mallarmé, voit s’installer chez lui un silence que beaucoup verront comme un hommage rendu à l’homme. S’il est vrai qu’il se mura, pendant plusieurs années, dans une quasi improductivité poétique, il n’en demeure pas moins que cette période lui a permis de se renforcer et surtout d’asseoir une esthétique de la pureté. Alors peut-on, sans risque de se tromper, au regard des rapprochements certains, au plan comportemental, mais aussi au plan de la thématique, parler d’une pure relation de Maitre à élève entre Mallarmé et Valéry, surtout à partir de l’analyse même de leur production ?

        III – D’Hérodiate à La Jeune Parque : loriginalité valéryenne

         

        Valéry a subi de la part de Mallarmé et de sa poétique, une attraction qu’on ne peut balayer du revers de la main. Mais son retour à la poésie après plusieurs années de silence vient confirmer la profonde différence qui les sépare, différence qui était déjà palpable bien avant la mort de Mallarmé. Dans les faits, l’évolution amorcée depuis la nuit de Gènes23et consolidée par les expériences diverses dont celle de Mallarmé, lui a permis de se singulariser. Il passe d’une approche poétique essentiellement fondée sur l’intellect avec le personnage testien auquel on l’assimile24, à l’adoption de la sensibilité ou de la sensation pure :

         

        La sensation pure et simple est le réel, et rien d’autre ne l’est. J’ai froid. J’ai chaud. J’ai mal. J’ai peur. Noter que le « je » est essentiel. C’est ce qui est plus fort que moi.25

        Je me repais ici de sensations… je les recueille et je les chasse et je les décompose en moi…26

        Le réel, c’est la sensation. Car c’est cela que rien ne peut annuler27

         

        La différence avec Mallarmé se voit d’emblée, dans la perception du « réel », qui chez Valéry renvoie à « la sensation pure », alors que chez Mallarmé le réel n’est que l’apanage du beau. Ces deux approches « sensation » et « beauté » sont emblématiques ; et même si elles ne reflètent pas de façon exhaustive l’ensemble de leurs œuvres, elles permettent d’aiguiller celles qu’on considère comme les plus symboliques à savoir Hérodiade et l’Après midi d’un faune chez Mallarmé et La Jeune Parque chez Valéry. En établissant par exemple un parallèle entre Hérodiade et La Jeune Parque, l’impression d’une réadaptation du poème mallarméen semble latente ; comme si Valéry s’en était inspiré pour sa Parque.

        Hérodiade est composé de cent trente quatre alexandrins en rimes plates, comme pour illustrer la quiétude continue, le sentiment de tranquillité, d’apaisement qui se dégage du Mallarmé de la maturité. Le personnage tiré de la Bible et réactualisé par le poète, est le symbole d’une virginité toute hautaine, une « pureté farouche » :

         

        J’aime l’horreur d’être vierge et je veux

        Vivre parmi l’effroi que me font mes cheveux

        Pour, le soir, retirée en ma couche, reptile

        Inviolé, sentir en la chair inutile

        Le froid scintillement de ta pâle clarté,

        Toi qui te meurt, toi qui brûles de chasteté

        […]28

         

        Cette pureté clamée n’est pas sans rappeler celle de La Jeune Parque, et la coïncidence est pour le moins troublante même si on ne peut évoquer chez Valéry, une reprise subrogatoire du thème de la pureté, qui constituerait un passage de flambeau entre les deux poètes. Mais plus encore, on peut être intrigué par toute l’attention que met Hérodiade dans la contemplation de sa beauté devant le miroir, une scène qui nous ramène au Narcisse valéryen contemplant inlassablement sa propre image.

        Au demeurant, Mallarmé formule avec Hérodiade, une théorie poétique qui consiste à « donner les impressions les plus étranges, certes, mais sans que le lecteur n’oublie […] une minute la jouissance que lui procurera la beauté du poème »29. Et il y est parvenu en dépit du caractère inachevé du poème ; « Hérodiade était en effet pour lui le symbole de la Beauté dans la première phase d’un développement triadique, allant de l’innocence, par l’expérience, jusqu’à une sérénité finale où les deux fusionneraient en une synthèse suprême »30. Lorsque qu’il parle de : / sœur solitaire / ô ma sœur éternelle / Mon rêve montera vers toi /31, Mallarmé fait préfigurer un autre monde, une autre dimension qui fait abstraction du réel. Un constat qu’Hugo Friedrich met ici en évidence :

         

        L’imagination poétique (chez Mallarmé) n’est pas une reproduction idéalisante, mais une déformation du réel. […] L’unité de l’activité artistique et de la réflexion sur l’art se justifie, chez lui, dans une pensée dont l’objet principal est l’être en soi et de son rapport avec la langue.32

         

        Cette primauté accordée au langage, également mise en avant par Valéry, participe de la structuration chez lui des poèmes antérieurs. Mais au-delà de l’intérêt pour le langage pur, le point de convergence paraît moins net. Là où Mallarmé fait une part belle à la recherche du « beau », lui se laisse choir dans les profondeurs de la sensibilité. Le paradoxe est encore plus grand lorsque de nombreux exégètes, au nombre desquels figure Jean Hytier33, font de Valéry le disciple et légitime successeur de Mallarmé alors que les deux poètes empruntent des voies différentes. Non pas que Valéry ne soit pas un adepte du beau ou de la beauté, puisqu’il considère qu’« un très beau vers est un élément très pur de poésie »34, mais surtout parce qu’il est obnubilé par l’idée de marquer sa différence. Son approche dans ce contexte est bicamérale ; d’une part il ne suit pas Mallarmé dans ce qu’on pourrait appeler sa logique impersonnelle, ensuite il s’inscrit dans l’idée de se laisser porter par la vague de sensations qui le submerge, après le quasi échec de son expérience de l’intellect. Bien évidemment, La Jeune Parque en est la parfaite illustration. Il est difficile de comprendre le poème sans l’adjoindre ou sans le loger, chez Valéry, dans un processus de transformation ou de construction de soi. L’élaboration du poème qui s’est faite sur quatre années, peut être comparée chez Mallarmé à cette période de crise profonde qui l’a vu se métamorphoser. Mais là n’est pas tant la question puisque nous sommes dans l’optique d’une confirmation ou non de l’ajustement en profondeur de la poétique valéryenne sur celle de Mallarmé. Et de ce point de vue, la prédominance de la « Sensibilité », symbole du retour valéryen à la poésie, et gage d’une maturité acquise, nous parle à plus d’un titre. Suivons le long aveu qu’il fait dans ce sens et qui retrace cette ascèse poético-spirituelle :

         

        Je me livrais, depuis 1892, à des pensées et à des problèmes toujours plus éloignés de la poésie et même de toute littérature praticable. Plus j’allais, plus j’étais sûr, sans y songer, de ne revenir jamais à l’exercice des lettres. J’accumulais seulement des notes ou idées, mais si diverses, et si libres de toute intention de les utiliser, que la seule pensée de les reprendre et d’en faire quelque ouvrage, me paraissait absurde. […]

        La guerre vint. Je perdis ma liberté intérieure. Spéculer me parut honteux, ou me devint impossible. Et je voyais bien que toutes mes réflexions sur les évènements étaient vaines ou sottes. L’angoisse, les prévisions inutiles, le sentiment de l’impuissance me dévoraient sans fruit. C’est alors que l’idée en moi naquit de me contraindre, à mes heures de loisir, à une tâche illimitée, soumise à d’étroites conditions formelles. Je m’imposai de faire des vers, de ceux qui sont chargés de chaines. […].

        Je l’ai fait dans l’anxiété, et à demi mot contre elle. J’avais fini par me suggérer que j’accomplissais un devoir, que je rendais un culte à quelque chose en perdition. […]. Il n’y avait aucune sérénité en moi…35

         

        Il est indéniable que la survenance de la guerre ait eu un impact sur le retour à la poésie, et ait participé à la résurgence d’une écriture bâtie sur le mode longtemps dédaigné de la sensibilité. Cette optique, au demeurant, préfigure déjà une grande différenciation avec Mallarmé. Mais elle se veut encore plus nette lorsque nous mettons en parallèle leurs deux états d’esprit. L’attitude sapientiale, faite de sérénité,  qui accompagne le premier, fait place chez le second, à un profond sentiment d’anxiété qui sera le socle de La Jeune Parque.

        La différence avec Hérodiade est palpable, puisque Valéry ajoute à son œuvre une tension supplémentaire par laquelle l’imminence de la mort fait accroître la volonté de vivre et surtout le besoin d’expérimenter le désir dans sa plénitude. La Parque paraît déboussolée : « […] à demi morte ; et peut être, à demi // Immortelle, rêvant que le futur lui-même // Ne fût qu’un diamant formant le diadème »36. La force d’écriture que dégage Valéry, permet à son art poétique d’accéder à une dimension non atteinte jusque là. Avec ce poème, il met la sensibilité à la base de toute son activité mentale37.

        Il faut de plus, et toujours dans l’optique de la mise en parallèle d’Hérodiade et de La Jeune Parque, évoquer la musicalité qui les soutient, comme si Valéry dans le sillon de Mallarmé, avait cette ambition de faire du langage poétique un chant. Un chant qui dirait la beauté du poème (nous pensons ici à Mallarmé) et qui serait par ricochet, le symbole valéryen d’un exercice d’élaboration poussé à l’extrême. Mais là où le premier fait prévaloir l’inspiration poétique, le second parle lui de « fabrication », d’« extraction » pure de vers, avec cette haute contrainte qu’exige une œuvre de qualité. On ne le soulignera jamais assez, Valéry a exalté chez Mallarmé « le pouvoir verbal de combiner, pour quelque fin suprême, les idées qui naissent des mots »38, ce qui le conduit à user du langage à sa guise, en partant de formes dont l’agencement, souvent complexe et incompréhensible, permet d’aboutir au sens. Le passage qui suit, et qui annonce l’éventualité de la mort de La Jeune Parque, peut être apprécié dans ce contexte :

         

        […]

        De l’âme les apprêts sous la tempe calmée,

        Ma mort, enfant secrète et déjà si formée,

        Et vous, divins dégoûts qui me donniez l’essor,

        Chastes éloignements des lustres de mon sort,

        Ne fûtes-vous, ferveur, qu’une noble durée ?

        Nulle jamais des dieux plus près aventurée

        N’osa peindre à son front leur souffle ravisseur,

        Et de la nuit parfaite implorant l’épaisseur,

        Prétendre par la lèvre au suprême murmure.

        […]39

         

        Le sens, on le constate, se dessine difficilement dans l’enchainement des mots ; mais de leur association se dégage un chant mélodieux. Ainsi, l’« encordage » avec Mallarmé, pour employer le vocabulaire marin, est un peu plus précis; même si un esprit aussi « rebelle » et aussi libertaire que celui de Valéry ne saurait s’en accommoder. La justification d’une telle attitude se trouve dans une lettre adressée à André Gide, datant de Novembre 1894 : « Te rappelles-tu : je te disais abandonner les idées que j’avais, dès que d’autres me semblaient les avoir. C’est toujours vrai. Je veux être maître chez moi »40. À travers une telle exigence, Valéry montre que l’une des seules manières, pour lui, de subir une influence, c’est dans l’opposition ou dans la prise de distance envers les positions qui se rapprocheraient des siennes. On comprend mieux alors l’influence mallarméenne, qui se fait sur fond d’opposition.

        Georges Morin nous l’explique clairement lorsqu’il évoque la contradiction fondamentale entre les deux hommes41. À la question « À quoi sert la poésie ? », la position de Mallarmé est sans ambiguïté, à rien d’utile. Sa grandeur repose sur son caractère non pratique ; alors que pour Valéry, elle est d’une utilité indéniable42 puisqu’elle « agit sur nous »43. Deux points de vue donc qu’on ne peut véritablement concilier44, et qui certainement tiennent du mystère qui unit les deux poètes.

         

        Conclusion

        On retiendra ainsi au terme de notre réflexion que Mallarmé, de par son aura et de par sa grandeur poétique, a été une véritable source d’inspiration pour le monde de la littérature et notamment pour Valéry. Ni trop proches, ni trop éloignés, la relation entre les deux hommes s’est forgée dans un jeu d’« attraction-répulsion », d’« admiration-opposition », surtout pour le plus jeune qui y trouvera matière à évolution. Mais qu’on ne s’y trompe pas, jamais Valéry, surtout pas celui de la maturité, ne revendiquera un quelconque arrimage de sa poétique à celle de Mallarmé, et encore moins ne se présentera en disciple comme beaucoup le pensent. Valéry, même s’il a subi, étant jeune, l’influence de Mallarmé, comme ce fut le cas avec Huysmans ou Edgard Poe, a construit et préservé une certaine indépendance qui a permis à son œuvre de s’assumer pleinement, et de ne pas être le prolongement d’une autre. Et comme pourrait conclure Valéry, « Le puissant esprit… bat sa propre monnaie »45.

        Bibliographie

        DURAND, Pascal, De Duchamp à Mallarmé : Formalisme esthétique et formalité sociale, Paris, Publications de la Sorbonne, 2001.

        GIDE, André, Prétextes, Paris, Mercure de France, 1919.

        GIFFORD, Paul, Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, Paris, Corti, 1989.

        HYTIER, Jean, La poétique de Valéry, Paris, Armand Colin, 1970.

        HUGO, Friedrich, Structure de la poésie moderne, Paris, Le livre de poche, 1999.

        MALLARMÉ, Stéphane, Poésies, Paris, Flammarion, 1989 ; Sonnet allégorique de lui-même, Œuvres Complètes, t. I, Paris, Gallimard, 1998.

        MORIN, Georges, Sept poètes et le langage, Paris, Gallimard, 1992.

        VALÉRY, Paul, Album de vers anciens, Paris, Nouvelle Revue Française, 1933 ; La Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974.

         

         

        Notes

         
        1 Robert Monestier, « Notice » sur Charmes, Paris, Librairie Larousse, 1975, p. 19.
        2 Lloyd James Austin, « Introduction », Poésies, Paris, Flammarion, 1989, p. 16.
        3 Stéphane Mallarmé, Correspondance, Édition de B. Marchal, Gallimard, 1995, p. 243.
        4 Pascal Durand, De Duchamp à Mallarmé : Formalisme esthétique et formalité sociale,
        
        Paris, Publications de la Sorbonne, 2001, p. 35.
        5  Ibid.
        
        6 Stéphane Mallarmé, « L’Azur », Poésies, Paris, Flammarion, 1989, p. 59.
        
        7 Pascal Durand, op.cit., p. 270.
        8 Id., p. 35.
        
        9 Stéphane Mallarmé, Sonnet allégorique de lui-même , Œuvres Complètes, t. I, Paris, 
        
        Gallimard, 1998, p.131. 
        10Id., Un Coup de dé…, Paris, NRF, 1914, p. 2,
        11 Lloyd James Austin, « Introduction » , Poésies, op.cit., p. 15.
        
        12 Stéphane Mallarmé, Correspondance II, op.cit., p. 301.
        

        13 Lettre à A. Thibaudet, 10 mars 1913 [daté 1912] in Lettres à quelques-uns, coll. Blanche, Gallimard, 1952 ; réed. dans la coll. Imaginaire/Gallimard, 1987, p. 95. Les deux lettres de Valéry à Thibaudet (qui prépare un livre sur Mallarmé) reproduites dans le volume (pp. 93-100) font le point sur son rapport à Mallarmé, donne son témoignage et son analyse de sa relation personnelle avec le poète, mais aussi de la place que Mallarmé a tenue auprès de jeunes et de moins jeunes « littérateurs » d’abord admiratifs, mais dominés et in fine préférant se précipiter à toutes les latrines du troupeau » (p. 99). Un brouillon de la lettre datée du 10 mars 1913, contenant le passage cité, se trouve dans le Cahier K 1913 (in vol. 4, éd. facs du CNRS des Cahiers, p. 911, passage cité dans l’anthologie des Cahiers, Bibl. de la Pléiade, 1973, T.I, p. 60). Rappelons que Valéry n’est pas un ami de Thibaudet, mais que leurs rapports sont empreints d’une profonde considération.

        14 Paul Gifford présente Mallarmé comme « Le véritable père spirituel du projet de Valéry », Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, Paris, Corti, 1989, p. 266

        15 Paul Valéry, Cahier XXVI, CNRS, 488 ; Pléiade, II, 1942, p. 1137.

        16  Id., Cahier V, p. 205.
        
        17 Id., Cahiers, éd. facs. CNRS, vol. 20, pp. 911-912.
        
        18 Correspondances Gide-Valéry, Cahier XXVI, op.cit., p. 331-333.
        
        19 Paul Valéry, Album de vers anciens, Paris, Éd. de la Nouvelle Revue Française, 1933, 
        p. 146.
        
        20 Ibid., « Solitude », p. 118.
        
        21  André Gide, Prétextes, Paris, Mercure de France, 1919, p. 245.
        
        22 Jean Levaillant, Préface à la Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974, p. 8.

        23  La nuit du 04 au 05 Octobre 1892, marque chez Valéry le début d’une véritable crise existentielle, qui le conduira à l’abandon de toute littérature, de toute idée de poésie, pour se consacrer à ce qu’il a lui-même appelé « la vie de l’esprit ».

        24 Valéry était assimilé à cette première création de jeunesse et à la puissance étonnante qu’il a mise dans ce personnage. Pendant les quelques vingt ans de son silence littéraire, jusqu’à la parution de la Jeune Parque, il ne fut guère connu que comme l’auteur de M. Teste. C’est pour cette raison surement que toute sa production littéraire ultérieure fut jugée sous l’éclairage de ce personnage, au point que la plupart des critiques ont cru pouvoir identifier Valéry à M. Teste, et le réduire ainsi à une intelligence froidement analytique, pure pensée ne participant en rien à la vie, esprit hautain, exclusif de toute sensibilité, raison orgueilleuse méprisant les voix du cœur.

        25  Cahiers 29, p. 897.
        
        26 Correspondance, avec G. Fourment, p. 67,
        
        27 Cahiers 24, p. 347.
        
        28 Stéphane Mallarmé, Hérodiade, Scène I, Poésies, op.cit., p.72.
        
        29 Id., Correspondance I, op.cit. p.193.
        
        30  Ibid., p. 246
        
        31 Id., Hérodiade, Scène I, op.cit., p. 72,
        
        32 Hugo Friedrich, Structure de la poésie moderne, Paris, Le livre de poche, 1999, p.134.
        
        33  « Valéry a exalté chez son maître… » ; HYTIER, Jean, La poétique de Valéry, Paris, 
        
        Armand Colin, 1970, p.83.
        
        34 Paul Valéry, in Mélange, Paris, Gallimard, 1941, p. 161.
        
        35 Id., Lettres à quelques-uns, Paris, Gallimard, 1952, p. 179.
        
        36 Paul Valéry, La Jeune Parque, Paris, Gallimard, 1974, p. 24.
        
        

        37 La référence à la sensibilité témoigne d’une « psychographie » de Valéry, ou plus précisément d’une conception personnelle du fonctionnement psychologique chez lui. Et en l’espèce, les écrits sont nombreux qui focalisent l’attention de Valéry sur l’état naturel d’incohérence et de dispersion de la sensibilité, chose qu’on ne retrouverait pas chez Mallarmé tant tout est « verrouillé » à dessein.

        38 Stéphane Mallarmé, in Vues, Paris, La Table ronde, 1948, p. 185.
        
        39 Paul Valéry, La Jeune Parque, op.cit., p. 31.
        
        40 Correspondance Valéry-Gide du 10 Novembre 1894, in L’Arche, Octobre 1945, p. 22.
        
        41 Georges Morin, Sept poètes et le langage, Paris, Gallimard, 1992, p. 32.
        
        42 Ibid.
        43 Paul Valéry, Œuvres, Pléiade, t.I, 1937, p. 432.
        

        44  « Chez Mallarmé le Grand-Œuvre consistait à déchiffrer l’univers en le recomposant grâce à une alchimie du Verbe poétique qui devait rejoindre, à la limite de sa puissance, le Néant ou l’Idée, principe caché de tous les phénomènes. Le Livre consacrait ce que Valéry appelle à juste titre une tentative de « représenter le mystère de toute les choses par le mystère du langage ». Écartant cette métaphysique du langage et de l’acte poétique, Valéry fait du Moi le grimoire à déchiffrer et le Grand-Œuvre à faire. » Paul Gifford, Paul Valéry, Le Dialogue des choses divines, op.cit., p. 266.

        45 Paul Valéry, Rhumbs, in Tel Quel, II, Paris, Gallimard, 1933, p. 85.
        

        ***

        Biographie

        Ange-Valéry Kouassi Kouakou est né en Côte d’Ivoire en 1979. Après de brillantes études universitaires, il obtient  une bourse du Gouvernement Français,qui le conduira à l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, où il soutient en 2013 une thèse de Doctorat en Littérature Française option poésie. Ses recherches sont essentiellement consacrées à l'analyse de la poétique de, Pierre Jean Jouve, Georges Bataille et Paul Valéry. Il est actuellement Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.

         

        Pour citer cet article

          

        Ange-Valéry Kouassi Kouakou, «  D’homme à homme : réflexions sur l’influence mallarménne chez Paul Valéry », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 14 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/valery.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
        9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 11:42

         

        Bémol artistique

        Exposition

         

        Happy holidays

         

        Gordan Ćosić

         

        Publication au numéro spécial imprimé 2015-2016

         

        New year kisses

         

        © Crédit photo : Gordan Ćosić, New year kisses, 2016.

         

         She lets me touch

         

        © Crédit photo : Gordan Ćosić, She lets me touch, 2016.

         

        Pour citer ce bémol

         
          

        Gordan Ćosić, « Happy holidays », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 9 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/expo.html

         

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        Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
        7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 08:53

         

         

        Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage :

         

         

        N°5 | Automne 2016

         

        Imaginaire de la mer

         

        ou figures de Téthys & ses sœurs

         

        Textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER

         


         

        Présentation brève du numéro 

         

        Téthys, déesse grecque des puissances de la mer, vint la première suivie de ses sœurs, filles, femmes, enfants et vieilles âmes des eaux et toutes celles, ceux, qui hantent les profondeurs les plus intimes de nos êtres. Son nom jaillit tel un cri des entrailles de la mer. De l’autre côté de la mer, elle porte d’autres noms, elle est aussi Yémanja selon la mythologie Yoruba au Niger, à Cuba, au Brésil... Elle protège la vie, toute vêtue d’azur...

         

        Éditrice scientifique :

         

        Aurélie-Ondine MENNINGER est doctorante en Lettres et prépare actuellement une thèse sur la place du tango dans la littérature mondiale. Parallèlement, elle rédige des articles sur les expositions et les autres manifestations culturelles pour le journal bi-hebdomadaire Les Affiches-Moniteur. Elle a déjà publié deux recueils aux éditions Éditiner : Une virgule dans un sac de pierres (illustré par elle-même) et Lettres à Bleue.

         

        Auteurs :

        Guillermo BIANCHI, Yamil DORA, Dolores ETCHECOPAR, Laura GARCIA del CASTAÑO, Paula GIGLIO, Drazen KATUNARIC, Paul TOJEAN, Denise UGLIANO, Françoise URBAN-MENNINGER. Traductrice : Aurélie-Ondine MENNINGER. Iconographies : Claude MENNINGER, Andrea RICCARDI & Marcia SCHVARTZ. Couverture illustrée par Andrea RICCARDI.

        © 1ère et 4ème de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi.

        © 1ère et 4ème de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi.

        © 1ère de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi. Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 56, p., 20 TTC ISSN 2492-0487

        © 1ère de couverture du N°5 illustrée par A. Riccardi. Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 56, p., 20 TTC ISSN 2492-0487

        © Sommaire du N°5

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        Devise de la collection Ops : « Soyez libres comme les poètes. »

        Dans la même collection & le même périodique :

        2015 : Le Pan poétique des muses ; « Identités genrées en poésie », numéro spécial 2014-2015, avec les invités Claude BER, Éric GUILLOT & Pierre LE PILLOUËR, coordonné par Dina SAHYOUNI (sous le nom de plume d’Anna PERENNA)

        2016 : Le Pan poétique des muses ; « Tant de Philomèles en ce monde ! » & « Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre », n°4 | Hiver 2015-2016, sous la direction de Camille AUBAUDE

        Fiche technique :

        Titre : N°5 | Automne 2016 ; "Imaginaire de la mer ou figures de Téthys& ses sœurs",

        Éditrice scientifique : textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER

        Ouvrage collectif  : Guillermo BIANCHI, Yamil DORA, Dolores ETCHECOPAR, Laura GARCIA del CASTAÑO, Paula GIGLIO, Drazen KATUNARIC, Paul TOJEAN, Denise UGLIANO, Françoise URBAN-MENNINGER.

        Traductrice : Aurélie-Ondine MENNINGER.

        Iconographies : Claude MENNINGER, Andrea RICCARDI & Marcia SCHVARTZ.

        Image de couverture : dessin sans titre d’Andrea RICCARDI

        Éditions : Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP

        Collection : Ops

        Date de parution : novembre 2016

        Imprimé en France, à Grenoble

        Dimensions : 29,70 cm x 21 cm

        Format : in-plano

        Nombre de pages : 56 p.

        Impression en noir, blanc avec des pages en couleur

        Reliure : broché dos carré collé.

        Langues : français, espagnol avec des passages et des titres en grec, latin, anglais, italien, etc.

        ISSN 2492-0487

        Prix de vente : 20 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine).

        Prix de vente de la version électronique (format PDF) livrée sur CD : 15 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine) & 10 € TTC (transmission par courriel)

        Diffusion en France & dans les autres pays par

        l’Association SIÉFÉGP & la revue LPpdm

        LE PAN POÉTIQUE DES MUSES est un périodique édité par l’Association Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP) à but non lucratif.

         

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        Numéro paru le 30 novembre dernier &

         

        en vente chez la SIÉFÉGP dès le 17 décembre 2016

         

        ***

        Pour citer ce texte

        LPpdm , « N°5 | Automne 2016 ; " Imaginaire de la mer ou figures de Téthys & ses sœurs", textes réunis, traduits & présentés par Aurélie-Ondine MENNINGER », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 7 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/no5.html

         

        © Tous droits réservés 

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        Dernière mise à jour de la page : 17 décembre 2016

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