17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 12:04

Numéro Spécial | Printemps 2022 | Critique & réception

 

 

 

 

 

 

 

Françoise d’Eaubonne,

 

Mémoires irréductibles.

 

De l’entre-deux-guerres à l’an 2000

 

(Paris, éd. Dagorno, 2001)

 

 

 

 

 

 

Texte & photographies par

 

 

Camille Aubaude

 

Site & blog officiels :

www.lamaisondespages.com/

 

https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

Avec des photographies par

Éric Morin

 

 

 

© Crédit photo : "Françoise d’Eaubonne", no 1, image fournie par l'autrice C. Aubaude.

 

 

 

 

De Grands Égos se sont réjouis du malheur de l’Amazone déchue, qui était si forte, si célèbre dans sa jeunesse... Son premier recueil de poèmes a connu le succès. Comme un vol de gerfauts a eu le Prix des Lectrices de Elle, ses engagements militants et son rôle chez de grands éditeurs lui ont assuré une immense notoriété. Maintenant que la postérité a tranché en sa faveur, elle est considérée comme la fondatrice de « l’écoféminisme » (Le féminisme ou la mort). Elle a soutenu les plus faibles, tandis que les autres écrivains cherchaient la reconnaissance. Il faut lire dans ses Mémoires irréductibles les pages acerbes qui relatent sa visite chez une autrice à la mode, dans une somptueuse villa, avec le petit chien que la dame présente comme son plus grand amour… Elle y parle des Juifs sous Pétain, des Algériens misérables sous un régime français dont il vaut mieux taire le nom du chef, et des souffrances d’un jeune homosexuel crucifié par son entourage dans la ville de Rimbaud. Porteuse de la parole des « sans voix », elle a été jusqu’au bout pour dénoncer la violence sexiste (SOS Sexisme). Sa verve satirique est d’une noblesse à toute épreuve. N’écrit-elle pas que celui qui est épris de justice s’expose aux humiliations…?

Les chapitres sur les cinq hommes qui ont fait partie de sa vie, qu’elle nomme « Les monstres de l’été », méritent à eux seuls une étude. On ne peut aller plus loin dans la façon de saisir l’entité immatérielle de l’être qui nous est le plus cher, tout en exposant les contraintes du patriarcat (voir Les femmes avant le patriarcat). Ces hommes sans grandeur cherchent à dominer cette femme de génie spirituel, douée d’une dynamique puissance, pour la forcer au mariage, à la procréation et même à servir. Un harcèlement au quotidien et pas un seul honnête homme. Beaucoup de créatrices s’y reconnaîtront. Le mari éditeur de poésie est un escroc, renvoyé du séminaire, et pire encore, bigame. Un veule et sinistre profiteur qu’elle nomme Lakanal emblématise ces intellectuels fats. Elle ne règle pas ses comptes, elle trempe sa plume dans la plaie. Elle nous apprend avec humour le sens profond de « l’Hâmour », le sien, pour des hommes toxiques, chacun à sa façon, de pire en pire, jusqu’au Minautore. Un grand sociologue… Ce n’est pas l’amant le plus diablement caractérisé par cette parole de maîtresse-femme, étant donné qu’il a mis à mort une étudiante qu’elle appelle Ariane. Son ami Bob lui écrit qu’elle doit attendre « quinze ans » : « parce que je crois que tu ne seras un grand écrivain qu’à cette époque. Auparavant, l’amour t’en empêchera » (p. 432). Ce qui complète l’assertion militante nihiliste de Françoise d’Eaubonne: « […] je maintiendrai que la Famille est le plus puissant instrument d’oppression et de surveillance tant pour la femme que pour l’homme » (p. 678).

 

Le seul homme aimé qui aurait pu « être (s)on maître », estime-t-elle, Gérard Hof, se livre lui aussi à des constats extrêmes : « Le minimum que puisse faire un psychiatre est de libérer le délire sous-jacent qui l’a attiré vers cette profession morbide de voyeur » (Je ne serai plus psychiatre). Délicat, brillant mais sans grande valeur humaine, défroqué, médiatisé, interné, etc., il synthétise le thème de la souffrance et du messie.

 

Françoise d’Eaubonne n’a pas choisi une retraite paisible. À plus de soixante-dix ans, elle s’est attaquée à la secte Longo Maï, à Forcalquier1, suivant ces procédures alambiquées qui stérilisent la création, se rendant au Palais de Justice de Paris, et subissant des harcèlements jusqu’aux portes de sa « piaule » du 8 boulevard Bonne-Nouvelle, protégée par des voisins tels que le photographe Serge Tamagnot et le cinéaste Vincent Dieutre, avec qui elle s’entendait bien. Des casseurs s’étaient présentés, et bien sûr, elle en avait ri. Elle était incapable de cette gaité obligée qui masque la grande douleur comme un rideau en mauvais velours violet masque un cercueil, ou comme le regard mort d’Isabelle Adjani qui, à 66 ans, exhibe un visage de 20 ans pour être mitraillée par des paparazzis, un regard plein des offenses, des tortures, des douleurs de l’égo – le plus affreux est qu’il s’agit d’une femme de haute intelligence, véritablement douée pour le théâtre. C’est la démarche inverse de celle de Françoise d’Eaubonne.

 

    La Verte Amazone d’Armorique a séduit par sa grandeur. Le vert étant la couleur de l’espoir, mais aussi celle de la folie, dans le fabuleux Moyen Âge, il vaut mieux dire « L’Amazone bretonne et libertaire ». Une thèse ne suffirait pas à présenter les origines de ses secrets, et ses nombreux mystères… La culture bretonne, telle qu’elle est transmise par Annick de Souzenelle, joue un rôle déterminant dans sa philosophie et sa profonde sagesse, la Bretagne étant sans conteste la « province de l'âme » (Julien Gracq)2.

 

    Néanmoins, notre Amazone libertaire  a choisi pour inaugurer son grand livre de mémoires, qui est son chef d’œuvre, de renouer sa filiation avec Saint François de Paule, l’ermite calabrais venu fonder l’ordre des Minimes à Amboise. C’est un guérisseur, c’est le thaumaturge de la Maison des Pages d’Amboise, venu en France avant les guerres d’Italie, car le roi Louis XI à Plessis-les-Tours sollicitait ses miracles. L’Amazone bretonne écrivit cette première page de ses mémoires à la Maison des Pages. Comme tous ses habitants animés d’un esprit de poésie et de recherche, le seul espoir du genre humain (et non de « l’humain »…), elle y faisait des rêves bizarres, sortes de « visitations » dont elle a parlé dans une des lettres de notre longue correspondance. Quels dieux honorait-elle de ses prières, de ses sacrifices ? Quoiqu’il en soit, cette magnifique intercession d’un être humain relié aux forces surprahumaines a eu lieu, fécondant ces mémoires qui sont aussi un magnifique traité de philosophie féminine. Telle était la descendante d’un ermite doué d’une puissance de guérison, telle était la véritable amazone qui rêvait de lui dans la Maison des Pages, pour constituer un être véritablement nouveau. En 2022, il reste encore l’humble mobilier de sa « piaule » du 8 boulevard Bonne Nouvelle, dont j’étais devenue la propriétaire pour qu’elle ne soit pas expulsée par sa « probloc » qui la terrifiait, bien qu’elle fût d’une banalité à fendre l’âme, et qu’elle terrifiait.

 

    Les récits et autres romans de Françoise d’Eaubonne entrent dans les normes drastiques des grandes maisons d’édition. Contrairement aux mémoires, où le flux de l’écriture garde sa véhémence, ils me sont toujours tombés des mains, bien qu’elle m’y mette en scène, à la façon de J.-B. Pontalis à propos d’Alexandrie. Elle est la première à s’en moquer en citant sa mère : « on dirait un roman de Françoise », s’agissant d’un roman flasque. Ces mémoires vraiment irréductibles manifestent toute la palette des couleurs d’une âme féminine. L’amazone véritable, et non un fantoche de salon, s’y rencontre, s’y retrouve « telle qu’en elle-même », pour l’éternité parce qu’elle a posé les bonnes questions, entre autres « pour piquer dans l’affolant besoin féminin de-ne-pas-être-seule ! » (p. 458). Par ricochets, voire feux follets, elle fait comprendre pourquoi la poétesse Simone Chevalier incarne la droiture et la constance du « génie féminin ». Sa biographie n’est pas ce qu’une certaine critique impuissante à agir et vivre refuse en la considérant comme une chose molle autour de l’œuvre. C’est l’inverse ! C’est du Stefan Zweig, aussi grand, sans systématisme et sans la fadeur du politiquement correct. Avec sa fermeté d’amazone, non dénuée de tendresse, elle nous montre qu’en ayant un honneur et une dignité immarcescibles, une femme nous aide à découvrir la source de la vie.

 

 

Notes

 

1. Des femmes s’étaient suicidées, victimes d’un délire utopique d’extrême-gauche où les « génitrices » étaient partagées par les hommes, et mises en communauté.

2. Voir aussi Ernest Renan, L'Âme bretonne (1854), et surtout Le Génie poétique de la race celtique, L’Archange Minotaure (10 avril 2003)

 

Extrait

 

Début des Mémoires irréductibles

 

Louis XI allait mourir ; il était furieux. […] il fit venir à son chevet le fondateur des Minimes. Ce qui devait fournir à Casimir Delavigne, quelques siècles plus tard, le prétexte de son plus grand navet coulé en bronze.

Le moine calabrais avait fait vœu de pauvreté ; mais pas pour sa petite famiglia. Quand Louis XI voulut récompenser ses mérites de confesseur, François de Paule fit venir fratellini et sorellinas (à Amboise ndlr). Je les imagine sans effort : nourris de châtaignes, chaussés de poussière, d’une dévotion machinale et terrifiée ; par surcroît, abrutis de leur soudaine fortune. Voici le monarque de France qui les dote, les marie. D’un de ces mariages, qui reçut en sa corbeille de noce le fief de Montmorency, devait sortir la lignée de Montmorency d’Eaubonne.

Le nom de François, comme celui de Paul, y demeurera traditionnel.

 

 

© Crédit photo : "Gérard Hof", no 2, image fournie par l'autrice C. Aubaude.

 

 

 

© Crédit photo : "Première de couverture" , "Photocopie d’un des essais de Françoise d’Eaubonne jointe à l’une de ses lettres à Camille Aubaude", numéros 3, 4, 5 & 6, images fournies par l'autrice C. Aubaude.

 

 

 

Étude dans Correspondance entre Françoise d’Eaubonne et Camille Aubaude : l’une de ses lettres humoristiques m’encourageant à l’humour pour chasser les fantômes de la Maison des Pages. Kimé (et non « Timée ») est le premier éditeur de mon Mythe d’Isis (Paris, 1997, 2 vol.) Étrange, « L’or pur s’est-il changé »…

 


 

 

© Crédit photo : Éric Morin, "Le vaisselier de Françoise d’Eaubonne dans la cuisine haute de la Maison des Pages" & "La tour carrée de la Maison des Pages et la chambre du poète mort à 39 ans (3ème étage), 2021, numéros 7 & 8, images fournies par l'autrice C. Aubaude.

 

 

© C. Aubaude

 

 

***

 

Pour citer ces texte & photographies inédits 

 

Camille Aubaude (photographies & texte), « Françoise d’Eaubonne, Mémoires irréductibles. De l’entre-deux-guerres à l’an 2000 (Paris, éd. Dagorno, 2001) » avec des photographies par Éric Morin, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 17 mars 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/ca-memoires

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro Spécial 2022 Muses et féminins en poésie
15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 15:03


Numéro Spécial | Printemps 2022 | Annonces diverses | Actions en faveur des femmes & LGBTQ+

 

 

 

 

 

 

 

​​Invitation à l'exposition

 

de Catherine Gil Alcala

 

 

 

 

Catherine Gil Alcala (poète, artiste, dramaturge et performeuse) vous convie à l'exposition de ses œuvres du 1 au 31 mars 2022 dans le cadre de la huitième édition de la Biennale des Arts Singuliers et Innovants à Saint-Étienne

 

 

Extrait poétique illustré de Catherine Gil Alcala

 

Crédit photo : Peinture de Catherine Gil Alcala. 

 

 

Parfaite étrangeté des mirages 

des visages pullulent dans le spectre solaire 

l'illumination soulève les peaux des vies intérieures 

Je fais apparaître des images dans un précipice

 

 

 

 

 

Le vernissage de la huitième édition de la Biennale des Arts Singuliers et Innovants a eu lieu le mardi premier mars (à 17 h) à l'Hôtel de ville à Saint-Étienne.

 

 

© Crédit photo : Le visuel de la 8ème édition de la Biennale 2022.

 

 

Présentation de l'événement par Louis Molle :

 

 

Dans l’univers particulièrement vaste de l’« Art », et principalement dans celui de l’« Art singulier », il est des acteurs qui ne se contentent pas de s’exprimer au moyen des acquis techniques en usage, mais qui partent vers d’autres horizons à la recherche de nouvelles aventures. Cette démarche fait sens et nous intéresse.

Du Musée à l’Hôpital en passant par d’autres lieux atypiques, nous avons fait le choix de promouvoir l’« Art brut », l’« Art singulier » et toutes formes d’« Art innovant » particulièrement communicatifs.

Nous revendiquons notre utilité sous la forme de catalyseur de lien social dont l’Art est un moteur reconnu.

 

 

© Crédit photo : Le visuel de l'invitation au vernissage de la 8ème édition de la Biennale 2022.

 

Nous travaillons au plus près de l’humain avec des artistes connus, mais tendons la main à nombre d’entr’eux non médiatisés, à la découverte de pépites méconnues y compris dans l’univers de créateurs ayant des difficultés relationnelles. Sérieuse, sombre parfois, le plus souvent drôle et impertinente, cette manifestation est portée par un esprit d’échange et de partage. Gardienne de nos différences, elle se doit de parler à tous et de n’exclure personne.

 

 

Source de l'invitation : 

 

Éditions La Maison Brûlée

www.lamaisonbrulee.fr

 

 

Programme à télécharger : 

 

***

 

 

Pour citer cet avis d'invitation 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Invitation à l'exposition de Catherine Gil Alcala », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 15 mars 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/8biennaledesarts

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro Spécial 2022 Muses et féminins en poésie
14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 15:24


Numéro Spécial | Printemps 2022 | Revue matrimoine | Actions en faveur des femmes &.... 

 

 

 

 

 

 

 

​​Colloque international en hommage

 

 

 

à la poétesse anglaise, Kathleen Raine

 

 

 

 

 

 

​​​​​​

 

 

 

© Crédit photo : L'affiche du colloque, image no 1.

 

 

 

 

Nous avons sélectionné pour notre lectorat cet événement scientifique et littéraire relevant du matrimoine :

 

 

Jessica Stephens (Maître de conférences à la Sorbonne-Nouvelle, spécialiste de poésie et de traduction) organise avec plusieurs autres universitaires (cités ci-dessous) un colloque international en hommage à la poétesse anglaise Kathleen Raine.

 

Cet événement scientifique aura lieu les 24 et 25 mars à la Sorbonne (Paris IV) et la Maison de la Recherche (Sorbonne-Nouvelle).

 

Au programme, il y aura des

 

1. communications scientifiques sur les œuvres de Kathleen Raine

2. manifestations artistiques (concert, chorégraphie, lecture de textes)

3. et un atelier de traduction ouvert à tous et animé par Jessica Stephens

 

 

© Crédit photo : Le programme du colloque, images no 2 et no 3. 

 

 

Le prince de Galles a fait l'honneur à ce colloque international d'enregistrer une vidéo brève pour ouvrir le colloque disponible sur le site dédié à cet événement.

Comité Scientifique :

 

Pascal Aquien (Université de Paris)

Carole Birkan-Berz (Université Sorbonne Nouvelle)

Carle Bonafous-Murat (Université Sorbonne Nouvelle)

Antoine Cazé (Université de Paris)

Claire Hélie (Université de Lille) 

Jean Daniel (Université de Paris) 

Andrew Johnston (Lycée du Parc, Lyon)

Catherine Lanone (Université Sorbonne Nouvelle)

Clíona Ní Ríordáin (Université Sorbonne Nouvelle) 

Marc Porée (ENS ULM) 

Jessica Stephens (Université Sorbonne Nouvelle)

Claire Tardieu (Université Sorbonne Nouvelle)

 

Comité d’organisation :

 

Carole Birkan-Berz (Université Sorbonne Nouvelle)

Célestine Denèle (Université Sorbonne Nouvelle)

Andrew Johnston (Lycée du Parc, Lyon)

Catherine Lanone (Université Sorbonne Nouvelle)

Clíona Ní Ríordáin (Université Sorbonne Nouvelle) 

Jessica Stephens (Université Sorbonne Nouvelle)

Claire Tardieu (Université Sorbonne Nouvelle)

 

 

 

Site officiel du colloque :

 

Voir URL. https://kathleenraine.sciencesconf.org/?forward-action=index&forward-controller=index&lang=enEn

Source de l'information : l'universitaire Jessica Stephens

 

 

***

 

Pour citer cet avis

 

SIÉFÉGP, « Colloque international en hommage à la poétesse anglaise, Kathleen Raine », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 11 mars 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/siefegp-kathleenraine

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro Spécial 2022
10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 10:08


Numéro Spécial | Printemps 2022 | Dossier mineur | Florilège

 

 

 

 

 

 

 

​​​Merci , Femmes !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mokhtar El Amraoui

​​​​​​

 

 

 

 

Crédit photo : Marie Tonoir, "Peintures des lointains," Tête de femme de Biskra", commons, domaine public.

 

 

Femmes

Des fibres de vos nerfs et insomnies

Vous offrez vos généreux douillets nids

Vous abritez la vie en naissance en croissance

De votre incessant labeur de vos souffrances

Bien plus que moitié tue tuée de l’univers

Vous êtes son âme oui Femmes son essence

Soyez-en fières nobles altières

Que d’horribles ingrats veulent sous terre

Faire taire dans l’obscure silencieuse misère

Vous avez refusé basses supplications

Prières enchaînées et soumissions

Vous êtes les tonitruantes matrices

De toutes les révolutions

Leurs vaillantes génitrices

 

 

Un seul non de vous

Vous qui allaitiez les ailes

Des premiers noms

Debout partout arrêterait tout

Joies chemins de jolies voix et fêtes

Tout deviendrait, Femmes, en l’âme,

Pour tout être, sèche défaite

De ses rêves, envols et quêtes

Un seul oui de vous fait renaître la vie

S’envolent angoisses et soucis

Un oui refusant tout esclavage et mépris

 

 

Femmes

Vous êtes rassurantes consolantes

Douces et fraîches ombres de confidentes

Dans l’enfer de leurs nuits sombres

Lumière pour les routes ardues des désemparés

Les protégeant de vos stellaires caresses

Offrant de vos profondeurs sans nombre

Le lait de votre sang jusqu’à liesse

 

 

Merci, Femmes

Vous qui vous adonnez

Sans compter au bonheur de l’humanité

Merci vous qui jamais n’abandonnez

Votre noble combat pour la liberté et la dignité

Merci, merci, merci, Femmes

Donneuses d’amour de vie et de paix

 

 

© Mokhtar El Amraoui, extrait de "Nouveaux poèmes".

 

***

 

Pour citer ce poème féministe inédit 

 

Mokhtar El Amraoui, «  Merci , Femmes ! », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menningermis en ligne le 10 mars 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/mea-mercifemmes

 

 

 

 

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