18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 12:08

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | No 8 |  Varia d'articles sur la poésie | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

 

Mort du grand poète 

 

 

catalan Joan Margarit

 

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

Crédit photo : Le poète catalan Joan Margarit (mai 1938-février 2021), Commons, Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

 

Nous avons appris par Le magazine en ligne EL CULTURAL du 16 février 2021, le décès du poète catalan Joan Margarit survenu à Barcelone le 16 février 2021 à l’âge 82 ans des suites d’un lymphome pour n’avoir pas pu être admis à l’hôpital pour des soins à cause de la crise sanitaire liée au Coronavirus. Il avait reçu le Prix Cervantès quelques semaines auparavant des mains du roi d’Espagne Felipe VI. Nous republions un article de notre ami poète catalan Xavier Diez sur la vie et l’œuvre du poète, article que nous avions publié dans le N° 15 de notre revue Le Manoir des Poètes en 2007. 

 

Poésie catalane

 

 

Joan Margarit : une révélation

 

Une des choses les plus surprenantes pour ceux qui découvrent l’existence et la persistance de la littérature écrite en catalan c’est la perception de l’extraordinaire puissance de sa poésie.

 

Cela ne devrait pas l’être. Le catalan, langue romaine parlée sur tout le territoire y compris en France, en Andorre et en l’Espagne avec plus de 8000 000 d’habitants, est étroitement lié à l’occitan, c’est-à-dire, la langue des troubadours des XIIe, XIIeet XIIIe siècles. Cela dit, au début du bas Moyen Âge, quelques philologues, et certains observateurs contemporains considéraient ces deux langues comme étant une. La langue, souvent dénommée provençale, était considérée, après le latin, comme une langue de cour et d’élite, et les travailleurs de Barcelone ou de Gérone utilisaient cette langue également.

 

Par la suite, avec la décadence de l’occitan au XIIe siècle, c’étaient les travailleurs de Toulouse qui utilisaient le plus souvent le catalan comme moyen d’expression culturelle.

Ainsi, les critiques comme Harold Bloom et bien d’autres considéraient qu’entre les deux langues se construit le mythe de l’amour romantique, tel que nous le connaissons dans le monde occidental.

 

Après son essor au XVe et au XVe siècles puis son déclin allant du XVe au XVIe siècles, le catalan devient une langue d’expression littéraire et de haute portée culturelle vers le milieu du XIXe siècle. À cela coïncide la résurgence de l’occitan avec les poètes comme Frédéric Mistral. Et tout, dans ce contexte du Romantisme qui en Catalogne adoptera le nom Renaixence (Renaissance). Dans cette perspective, naîtront des poètes nationaux comme Jacint Verdaguer ou Joan Maragall, qui seront très populaires à telle enseigne que leurs poèmes seront connus de toutes les classes sociales.

Dans la littérature catalane actuelle, malgré les problèmes que connaît une littérature minoritaire, ne disposant d’aucun soutien étatique, il existe une grande tradition poétique, mue par des poètes de qualité et un lectorat significatif. De temps en temps, il y a existé des auteurs qui défrayaient la chronique.

 

Joan MARGARIT en fait partie. Un poète authentique qui après être resté inaperçu pendant plusieurs années, se révèle un des poètes lyriques de référence de la littérature catalane actuelle. 

Architecte de profession, et après quelques essais en espagnol, il s’est mis à publier des recueils de poésie dès 1980. Mais c’est durant ces dernières années que MARGARIT arrive à se faire connaître. Son recueil Joana, dédié à la mémoire de sa fille souffrant de paralysie cérébrale à la naissance, devient un livre de référence, bien que les critiques n’en aient pas fait état. Il n’a pas pu pénétrer dans les circuits littéraires de Barcelone mais le bouche à oreille l’a propulsé dans les écoles, les moyens de transports collectifs, le grand public. Sa poétique, terriblement pessimiste, obscure, traitant de la mort et de la mémoire comme termes récurrents, a fait de lui un poète de proximité, avec une grande capacité d’exprimer les sentiments comme la tristesse, l’amour au quotidien, bref ce qui touche le commun des mortels.

 

Son recueil Joana est un hymne à sa fille, pour éviter une seconde mort. Ainsi fait-il perpétuer sa mémoire, son image, toujours présente telle une seconde vie.

Depuis sa consécration, dans les années quatre-vingt-dix, il est sorti de son long silence en publiant régulièrement des livres suscitant les intérêts et les attentes des milieux littéraires. Beaucoup de ses poèmes ont été mis en musique et interprétés par des chanteurs connus.

 

Xavier DIEZ, Docteur ès Lettres

Traduit de l’espagnol par Maggy DE COSTER

 

 

Pare i filla

 

Davant dels finestrals oberts al pati

Ell s’adormia a la butaca,

Vora el sofà on ella reposava.

El rostre de la noia, endurit per la morfina,

S’havia anate deixant el seu somriure

En les fotografies.

En fer-se fosc, la duia al pis de dalt,

Tancava els porticons i la posava al llit.

 

Davant del sofà buit ell s’adonava

Que no li quedarien prou records.

Que mai no quedarien prou records

Per simular la vida

Joan MARGARIT, (Joana,2002)

 

**

Padre e hija

 

Ante los ventales abiertos al patio

Ella se adormecía en el sillón

Cerca del sofá donde ella descansaba

El rostro de la chica, endurecido por la morfina,

Se había ido dejando su sonrisa

En las fotografías.

Al oscurecer, la llevaba al piso de arriba

Cerraba los postigos y la metía en la cama.

 

Ante el sofá vacío, el se daba cuenta

Que no le quedarían suficientes recuerdos

Que nunca quedarían suficientes recuerdos

Para simular la vida

 

Joan MARGARIT, (Joana (2002), 

Traduit du catalan en espagnol par Xavier DIEZ

**

Père et fille

 

Devant les baies vitrées donnant sur le patio

Elle s’assoupissait dans le fauteuil

Près du canapé où elle se reposait.

Le visage endurci par la morphine,

La petite fille s’en allait laissant son sourire

Sur les photographies.

À la tombée du jour, je la portais à l’étage 

Je fermais les volets et la mettais au lit.

 

Devant le canapé vide, il se rendait compte

Qu’il lui resterait pas assez de souvenirs

Qu’il ne resterait jamais assez de souvenirs

Pour simuler la vie.

 

Joan MARGARIT, (Joana, 2002)

Traduction française de la traduction espagnole de Xavier DIEZ par Maggy DE COSTER 

 

Al fons de la nit

 

Està glaçant a l’aire

Ha callat fins I tot el rossinyol.

Amb el front recolzat damunt del vidre

Demano que em perdonin

Les meves dues filles mortes

Perquè ja gairebé no penso en elles.

El temps ha anat deixant argila seca

Damunt la cicatriu. I, fins i tot

Quan un s’estima algú, arriba l’oblit.

La llum té la duresa de les gotes

Que cauen dels xiprers amb el desgel.

Poso un tronc nou i, removent les cendres,

Trec flama de les brases. Faig cafè. 

La vostre mare surt del dormitori

Amb un somriure: Quina bona olor

T’has aixecat molt d’hora aquest matí

 

Joan MARGARIT, (Joana,2002)


 

**

En el fondo de la noche

 

Está helando en el aire

Ha callado incluso el ruiseñor.

Con la frente apoyada sobre el vidrio

Pido que me perdonen

Mis dos hijas muertas

Porque ya casi no pienso en ellas.

El tiempo ha ido dejando arcilla seca

Sobre la cicatriz. E incluso

Cuando uno ama a alguien, llega el olvido.

La luz posee la dureza de las gotas

Que caen de los cipreses con el deshielo.

Pongo un nuevo tronco y, removiendo las cenizas,

Consigo hacer llama en las brasas. Hago café. 

Vuestra madre sale del dormitorio

Con una sonrisa; Qué olor tan bueno.

Te has levantado muy pronto esta mañana

 

Joan MARGARIT, (Joana, 2002)

(La version originale catalane est traduite en espagnol par Xavier DIEZ, Docteur ès Lettres)

**

Au fond de la nuit

Il gèle

Le rossignol s’est tu.

Le front posé contre la vitre

Je demande pardon

À mes deux filles mortes

Parce que déjà je ne pense presque plus à elles.

Le temps a cicatrisé ma blessure. Et aussi

Quand on aime quelqu’un, survient l’oubli.

La lumière a la dureté des gouttes

Qui tombent des cyprès dégelés.

Je place une nouvelle bûche et, remuant les cendres,

Je ranime les flammes des braises. Je fais du café.

Votre mère surgit de la chambre

Esquissant un sourire : quelle agréable odeur !

Tu t’es levé très vite ce matin

 

 

 

Référence : Joan MARGARIT, (Joana, 2002) traduction française de la traduction espagnole de Xavier DIEZ par M. DE COSTER

 

Voir aussi :

 

http://www.joanmar.garitcom/

 

 

 

***

 

Pour citer ces articles et poèmes traduits du catalan 

 

Maggy De Coster, « Mort du grand poète catalan Joan Margarit », article et poèmes édités avec l'aimable autorisation de la traductrice, des auteurs, de leur maison d'édition & de la revue "Le Manoir des Poètes", Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°8|« Penser la maladie & la vieillesse en Poésie » volet 2, sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 18 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no8/mdc-mortdejoanmargarit

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 8
11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 12:54

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Astres & animaux | No 8 | Varia de textes poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Poèmes de Silvia Pepió

 

 

traduits de l’espagnol

 

 

par Maggy De Coster

 

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : La poète argentine Silvia Pepió, image fournie par Maggy De Coster. 

 

 

 

 

viaje por abril 

 

quiere averiguar su afán

hecho de luna nueva

de lucero apurado

de abrazo

desanda este tiempo

hasta abril se va

la noche entre amigos se termina

con risas bailarinas

se despiden unos a otros

lo descubre

con un último saludo apurado

quiere alcanzarlo

retenerlo

sólo retendrá su mirada

su mirada que hoy

si en ella se posa

la hace

la alborota

la marca

la vuelve beso

la amanece

 

 

voyage d’avril 

 

elle veut découvrir son désir 

fait de nouvelle lune 

de lumière épurée

d’embrassades

elle veut arrêter le temps 

jusqu'à ce qu’avril s’en aille

la nuit entre amis se termine

avec les rires dansants 

on prend congé les uns des autres

elle le découvre

elle veut le retenir 

par un dernier salut empressé

elle ne retiendra que son regard 

son regard qui aujourd'hui

s’il le pose sur elle

la travaille 

la trouble

la marque

à l’aube

 

 

Sacro silencio

 

hay silencio

hay pausa

 

no hay reflexión

y no vuela la alondra 

 

el silencio llega

sagrado e inmutable

y en profano ritual

ausencia el grito

 

se detiene el instante

se vuelve sacro

 

la alondra se echó a volar

 

 

Sacré silence

 

C’est le silence

C’est la pause

 

Il n’y a pas de réflexion

l’alouette ne vole pas

 

le silence devient

sacré et immuable

et en rituel profane

efface le cri

 

l’instant s’arrête 

il redevient sacré

 

l’alouette se mit à voler

 

Triste Tristeza Tristemente Triste 

 

me lloran las hojas secas

la vereda resbaldiza

 

me lloran los cristales

las columnas de cemento

 

me lloran los espejos

la piedra que es puente

 

me lloran las ramas verdes

el tronco inclinado

 

me lloran las sábanas

la cama deshecha

 

despierto

me 

lloro

 

 

Triste tristesse tristement triste

 

Les feuilles mortes 

le sentier glissant me pleurent 

 

les cristaux pleurent

les colonnes de ciment

 

les miroirs pleurent

le pont en pierre

 

les branches vertes pleurent

le tronc incliné

 

les draps pleurent 

le lit défait 

 

je me réveille

et

moi

je pleure

 

 

Venturas

 

enredándote en un arrullo

surco tu aire

 

ventura buena. . .esa.

la de haberte tenido

 

apaciguándome en un suspiro

surco mi día

 

ventura triste. . .esta.

la de haberte perdido

 

crepitándome en un latido

nostalgio tu vida

 

 

Aventures

 

je sillonne ton aire

en t’entraînant dans une berceuse

 

bonne aventure que celle-là

celle de t’avoir eu

 

je sillonne ma journée 

en m’apaisant d’un soupir

 

triste aventure que celle-là

celle de t’avoir perdu

 

nostalgique de ta vie

je crépite de douleur 

 

Ignoro

 

no sé qué es el limbo

si llama

si hielo

si ceremonia ó desaparición

no sé qué es aquí

si sol

si perfume

si oro en el charco ó sol en el mar

 

sé del incendio

del jazmín acobardado

de los árboles hambrientos de cielo

de la juventud huyendo

de los artificios que entretienen

 

también sé

de abrir los brazos

respirar

de sentir una vez más

qué no sé cómo es aquí

 

 

J’ignore

 

je ne sais pas ce que sont les limbes

s’ils sont appel 

gèle

cérémonie ou disparition 

je ne sais rien de leur présence

s’ils sont soleil

s’ils sont parfum

s’ils sont l’or dans la flaque

ou le soleil dans la mer

j’en sais de l’incendie

du jasmin lâché

des arbres affamés du ciel

 

de la jeunesse fuyant

les artifices qu’ils entretiennent

 

je sais aussi 

ouvrir les bras

respirer

sentir une voix plus

qu’on ne peut le dire 

 

 

Née à Buenos Aires (Argentine), Silvia Pepió, dit Pep Pepió, est licenciée en Administration et Comptabilité publique. Poète, elle est très impliquée dans les activités littéraires tant en Argentine que dans plusieurs autres pays latino-américains comme le Pérou, la Colombie, le Brésil, etc. Depuis 1987, elle assure la promotion culturelle à travers la Commission Culturelle du Conseil professionnel des Sciences Economiques de la Province de Buenos Aires. Elle est actuellement Coordinatrice Internationale de L’Atelier Littéraire Sans Frontières d’Arequipa ( Pérou).

 

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes traduits d'espagnol 

 

Maggy De Coster, « Poèmes de Silvia Pepió, traduits de l’espagnol par Maggy De Coster », textes édités avec l'aimable autorisation de la traductrice, de la poète & de leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°8|« Penser la maladie & la vieillesse en Poésie » volet 2, sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no8/mdc-poemesdesilviapepio

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 8
5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 16:43

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie | Sourires & rires féministes

 

 

 

 

 

 

La poissonnière​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo :  "Poissonnière professionnelle de 60 cm", image fournie par Françoise Urban-Menninger. 

 

 

 


 

Une députée vient de se faire interpeller à l'Assemblée nationale et qualifier du vocable imagé de « poissonnière ».*

 

Cette insulte qui se veut certainement sexiste pour le député qui l'a employée, recouvre une autre dimension. Car une poissonnière n'est autre qu'une marchande de poissons sur un étal où elle vend la pêche du jour à la criée.

 

Ainsi en sus de l'insulte sexiste, on a là une insulte avérée de classe sociale qui renvoie la marchande de poissons à un statut de femme subalterne…

Si j'étais une marchande de poissons, je me sentirais insultée et réagirais en conséquence !

 

Comme toutes les marchandes de poissons, je saurais qu'une « poissonnière » désigne également un récipient pour faire cuire le poisson en court-bouillon et je suggérerais de cuisiner notre député à petit-feu dans cette-dite gamelle, ce qui lui ferait perdre de sa superbe et de son arrogance !

 

L'humour est, me semble-t-il, la meilleure arme pour lutter contre la bêtise et l'ignorance, à nous d'en user sans modération !

 

Pour conclure ce billet doux, je reprendrai la belle citation d'Agnès Varda : « L'humour est une arme si puissante, une arme si forte... Les femmes doivent faire des blagues sur elles-mêmes, rire d'elles-mêmes, car elles n'ont rien à perdre.»

 

 

 

 

* Cf. "Europe 1", URL :

https://www.europe1.fr/politique/sexisme-une-deputee-traitee-de-poissonniere-a-lassemblee-par-un-elu-lrem-4023056

 

 

 

***

 

Pour citer ce texte humoristique   

 

Françoise Urban-Menninger« La poissonnière », texte humoristique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » & N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 5 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no8/fum-lapoissonniere 

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Humour en poésie Numéro 8
28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 12:11

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques & N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie | Bémols artistiques

 

 

 

 

 

 

​​​​​Le Pain de Terre à Niederhergheim, 

 

un village en Alsace. 

 

Le nouvel atelier-galerie de

 

Marie-Rose Gutleben

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger,  photographies de l'atelier-galerie de l'artiste Marie-Rose Gutleben en Alsace, no 1.

 


 

C'est dans sa maison maternelle à Niederhergheim où se trouvait la boulangerie dans laquelle ses parents pratiquaient leur métier que la céramiste Marie-Rose Gutleben a installé son atelier qu'elle décline également en galerie d'art.

 

​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger,  photographies de l'atelier-galerie de l'artiste Marie-Rose Gutleben en Alsace, no 2.

 

Pour inaugurer ce nouveau lieu atypique, particulièrement chaleureux, situé à deux pas de l'église, elle a invité six autres artistes à investir l'espace qui comprend l'ancien magasin de vente mais aussi les pièces attenantes où l'on reconnaît, dans l'une d'entre elles, l'emplacement du four à pain. De ce four à celui conçu pour cuire les céramiques, le pas a été franchi pour donner naissance au Pain de Terre.

 

Ancienne élève de l'IEAC de Guebwiller, l'artiste vit et travaille à Niederhergheim. Elle puise son inspiration dans la pratique de la haute montagne, un séjour au Népal fut pour elle une révélation. L'artiste établit depuis lors un parallèle entre l'évolution de l'homme et l'érosion des éléments naturels comme la roche. Son travail dans la masse témoigne, à l'instar des strates volcaniques, de la fuite irréversible du temps…

 

 

​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger,  photographies de l'atelier-galerie de l'artiste Marie-Rose Gutleben en Alsace, no 3.

 

Parmi ses invités, une autre céramiste, Dominique Stutz de Roderen, oriente ses recherches sur les micro-organismes qu'elle observe au microscope électronique. 

Certaines de ses sculptures semblent interroger les cycles qui ont partie liée avec notre origine et notre finitude.

 

On reconnaît d'emblée les œuvres de Christophe Hohler. L'angoisse, la solitude s'expriment à travers d'immenses toiles, dans les corps sculptés d'hommes désespérés ou perdus en mer, en quête de signes à leurs doutes et interrogations.

 

 

​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger,  photographies de l'atelier-galerie de l'artiste Marie-Rose Gutleben en Alsace, no 4.

 

Gérard Doutreleau s'est investi corps et âme dans la peinture de ses toiles de lin durant le confinement et c'est à une véritable immersion dans un bain de lumière qu'il nous convie. Quant à Lucile Travert, installée dans le Lubéron, elle a l'habitude de réaliser des œuvres in situ dans des abbayes, temples, chapelles, châteaux. L'artiste n'a de cesse de capter l'âme qui éclaire les lieux et ce qu'il reste des corps qui les ont traversés...

Né à Prague, Petr Beranek, s'est fixé à Masevaux après des études suivies en Suisse. Sa peinture fusionne avec d'autres matériaux afin de dégager une voie d'équilibre inventive et novatrice entre le figuratif et l'abstrait.

 

Ines Hildur a étudié l'architecture à Dresdes et nous donne à contempler des tableaux qui ont l'aspect de vieux murs aux couches de papier superposées. Ses œuvres nous parlent du temps qui passe et nous renvoient aux traces imperceptibles qui tapissent nos paysages intérieurs.


 

Cette première exposition collective d'art contemporain due à la passion et à la détermination de Rose-Marie Gutleben font dialoguer les toiles et les sculptures entre elles dans cette ancienne boulangerie de village qui a su conserver entre ses murs, l'esprit du partage et le souffle de la création.

 

 

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique 

 

 

Françoise Urban-Menninger, « Le Pain de Terre à Niederhergheim, un village en Alsace. Le nouvel atelier-galerie de Marie-Rose Gutleben », article inédit, photographies inédites par Claude MenningerLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°15 « Eaux oniriques : mers/mères » & N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 28 décembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/no8/fum-marie-rosegutleben

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8 La Lettre de la revue LPpdm Artistes créatrices

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