8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 18:05

 

N° 8 | Critique & réception

 

 

 

 

 

 

 

Dialogues avec le jour

 

 

d'Isabelle Poncet-Rimaud.

 

 

Recueil de poèmes paru chez Unicité

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Couverture illustrée du recueil chez Unicité, image fournie par la critique F. Urban-Menninger. 

 

 

 

Originaire  de Lyon, Isabelle Poncet-Rimaud a vécu en Belgique et dans diverses régions de France, notamment à Strasbourg où elle a obtenu le Prix de la Société des écrivains d'Alsace ou encore celui de la Ville de Marlenheim.

 

C'est dire un parcours littéraire riche, nourri par la collaboration avec des musiciens, des artistes-peintres, des écrivains ou des compositeurs tel Damien Charron. Son œuvre traduite et publiée en Roumanie, Portugal, Espagne, Albanie, Islande, Grèce, Inde, USA compte aujourd'hui un nouveau recueil « Dialogues avec le jour » qui nous renvoie à nos interrogations et à notre rapport avec cette mort qui nous accompagne depuis notre naissance, plus présente que jamais dans notre quotidien en ces temps de pandémie…

 

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Isabelle Poncet-Rimaud, image fournie par la critique F. Urban-Menninger. 

 

 

 

 

Confinée, Isabelle Poncet-Rimaud scrute le monde depuis son balcon, elle en prend le pouls et écrit « Le temps jardine / avant que de faucher. »

L'on songe à la phrase si juste et si percutante prononcée par le philosophe Heidegger « Dès qu'un homme naît, il est assez vieux pour mourir ».

Car bien évidemment, la mort habite les poèmes de l'auteure, le recueil tout entier en est le linceul et Isabelle Poncet-Rimaud de dédier un texte bouleversant à l'une de ses amies disparues « Ô Colette, ton enterrement / en temps de confinement... » Tout est dit dans ces deux vers : la mort, la solitude, l'isolement et l'incommensurable douleur….

Au bord de l'indicible et du silence, l'auteure s'exprime en vers brefs qui tels des soupirs renvoient à une forme de désespérance et d'impuissance « Jour muet. / Les mots, / Lamentablement, / s'entassent. 

Face à « l'impensable », les mots ne font plus le poids et pourtant des « dialogues » se nouent, perceptibles du bout de l'âme par la poétesse qui les transcrit comme autant d'offrandes lumineuses à la vie et d'évoquer presque heureuse « une partition / pour les notes de la vie. »

« Dans la cour, / l'oiseau libre / avertit / de sa soif d'aimer », écrit-elle avant de replonger dans des interrogations sans réponses « Bilboquet désaxé, / le monde d'entre nos mains, a brusquement chuté. »

 

Mais le 10 mai 2020, veille du premier déconfinement, Isabelle Poncet-Rimaud  s'écrie « Le monde n'est plus mon balcon. » et de clore son livret sur le mot « confiance » qui éclaire son cheminement intérieur qui devient aussi le nôtre lors de cette lecture qui tour à tour nous  interpelle, nous apaise, toujours en nous plongeant dans la pleine lumière de cette quête de nous-mêmes où notre origine et notre finitude confinent.

 

 

© F. Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer cette réception 

 

Françoise Urban-Menninger, « Dialogues avec le jour d'Isabelle Poncet-Rimaud. Recueil de poèmes paru chez Unicité » texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne  le 8 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/fum-dialoguesaveclejour

 

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

© Tous droits réservés

 

 

Retour au sommaire du N°8 

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8 Muses et féminins en poésie
17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 14:09

 

N°8 | Dossier majeur | Florilège de poétextes

 

 

 

 

 

 

 

 

la rose en fer forgé

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© ​​​​​Crédit photo :  Françoise Urban-Menninger, "la rose en fer forgé", photographie prise dans un cimetière à Strasbourg.

 

 

 

c'est un ange qui dépose

cette délicate rose

sur la tombe d'un être aimé

 

 

saisie entre deux doigts

la tige en fer forgé

cisèle éternellement l'émoi

 

 

qui fait danser sur la pierre

une âme aux ailes légères

qui quitte l'ombre pour la lumière*



 

© F. Urban-Menninger

 

 

* Ce poème s'inspire de la photographie d'une une rose en fer forgé présente ci-dessus. La sculpture de la rose, qui se trouve un cimetière à Strasbourg, renvoie à une image poétique et apaisée de la mort.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Françoise Urban-Menninger (poème & photographie inédits), « la rose en fer forgé », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne le 17 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/fum-roseenfer

 

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

© Tous droits réservés

 

 

Retour au sommaire du N°8 

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8 Amour en poésie Muses et féminins en poésie
6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 15:33

 

N°8 | Critique & réception | Voies/voix de la sororité

 

 

 

 

 

 

 

 

Souvenirs tissés de ma 

 

 

sœur Germaine,

 

 

récits de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix,

 

ouvrage paru chez Astérion

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Couverture illustrée du recueil de récits, image fournie par la critique. 

 

 

 

 

 

La couverture de ce livre illustrée par un tableau de William Bouguereau (1882) qui représente deux fillettes jouant avec des noisettes évoque d'emblée la musique nostalgique d'un temps révolu mais que l'auteure ressuscite avec bonheur dans des souvenirs qu'elle tisse avec des mots choisis, ceux du cœur et de l'esprit.

L'on songe immanquablement au philosophe Gaston Bachelard qui assurait que « l'enfance réelle et permanente vit en nous ».

 

 

Ce passé lointain, Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix nous le rend proche tant les émotions sont perceptibles et tangibles. L'épisode qui met en scène Sœur Sainte Placide à l'école primaire d'après-guerre où la mixité n'existait pas, nous remémore que l'on séparait les filles et les garçons à cette époque. De surcroît, bon nombre de fillettes avaient pour enseignantes des sœurs même à l'école publique. C'est cet univers que la plume de l'auteure retrace en exhumant des souvenirs qui ont partie liée avec sa sœur aînée Germaine qu'elle qualifie de « Rebelle née ».

 

Encore très vivace, le sentiment d'injustice renaît entre les lignes quand l'auteure, accusée à tort, réaffirme son innocence et s'exclame avec force et vigueur « Non, je n'avais pas soufflé » ! Et de glisser dans cet épisode une pique acerbe à l'endroit de Sœur Sainte Placide « Notre brave religieuse de Maîtresse était bien plus rouée qu'on ne croit ».

 

Au fil de ces récits, le lecteur ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour ces fillettes, puis ces adolescentes dont le coup de foudre pour Luis Mariano, l'attrait de la coiffure « à la Brigitte Bardot » prêtent à sourire en songeant à sa propre jeunesse…

 

L'histoire, sans conteste la plus touchante, voire bouleversante, nous renvoie au mariage de la narratrice et à l'évocation de la mère décédée un an plus tôt lorsqu'elle s'adresse à sa sœur qui arrange sa coiffure : « Je lui dis alors que Maman, à son mariage, portait une couronne de fleurs d'oranger. Les mains de ma sœur se mirent à trembler. Elle commençait à se sentir très émue. Et je l'étais aussi car ce matin-là, ne remplaçait-elle pas en quelque sorte, notre pauvre maman morte l'année précédente ? »


 

Nul doute que Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix nous offre la part belle d'une relation « tissée » par-delà les mots avec sa sœur disparue. Cet ouvrage lumineux redonne vie non seulement à un monde d'un autre âge mais lui apporte aussi une dimension intemporelle et universelle... On a envie de parodier la dernière phrase du livre prononcée lors du mariage de l'auteure par son père : « Si seulement ta maman pouvait te voir » et suggérer « Si seulement votre mère et votre sœur pouvaient vous lire »….


 

 

***

 

Pour citer cette critique

 

Françoise Urban-Menninger, « Souvenirs tissés de ma sœur Germaine, récits de Marie-Jeanne Langrognet-Delacroix, ouvrage paru chez Astérion », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne le 6 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/fum-souvenirstissesrecits 

 

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

© Tous droits réservés

 

 

Retour au sommaire du N°8 

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 8 Muses et féminins en poésie
5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 08:58

 

N°8 | Dossier majeur | Florilège de poétextes

 

 

 

 

 

 

 

 

Cadeau de Noël

 

 

 

 

 

 

Poème & photographie

 

Yannick Resch

 

 

 

 

© ​​​​​Crédit photo : Couverture illustrée du recueil Étreindre la lumière, image fournie par la poète. 

 

 

 

Tu as reçu  

un calendrier illustré 

de photos 

de tes petits-enfants 

 

 

chaque mois

de l’année

les montre

dans un décor 

à l’horizon singulier 

 

 

un jour 

de janvier 

tu t’es attardée 

sur un détail

 


tu as cherché 

à situer 

le lieu l’évènement
qu’ils t’avaient raconté́ 

que tu as oublié 

 

 

tu as tourné les pages 

tu n’as pas vu
passer l’hiver
pas vu 

passer le temps 

mars 

déjà̀
le printemps 

 

 

tu as regardé les visages 

perçu des changements 

un sourire forcé
un regard de côté 

l’ennui de l’aîné 

à se laisser photographier. 

 

 

Tu tournes
les pages 

traverses 

les mois 

c’est l’été 

les enfants ont grandi 

tu sens que tu vieillis 

tu mêles les prénoms 

confonds les dates 

c’était quand déjà

l’anniversaire 

de la cadette ? 

 

 

Tu regardes
avec plus attention 

septembre 

octobre 

l’automne

sa lumière
rousse et douce
ta saison préférée 

 

 

enfin décembre 

les enfants
en tenue légère 

une île bleue et verte 

à l’étranger 

 

 

ton regard 

s’évade 

 

 

le ciel
est d’un bleu 

absolu 

 

 

l’été palpable 

la chaleur monte 

de la terrasse
tu écoutes 

 

 

un concert 

de cigales 

un bruissement

d’abeilles 

 

la respiration du jardin 

 

 

et tu t’étonnes

de pouvoir accueillir 

cette joie d’exister 

malgré les rides 

du temps.*

 

 

 

* Yannick Resch, poème extrait du recueil Étreindre la lumière, 2021.

 

 

***

 

Pour citer ce poème sur la vieillesse 

 

Yannick Resch, « Cadeau de Noël », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne le 5 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/yr-Cadeaudenoel

 

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

 

 

© Tous droits réservés

 

 

Retour au sommaire du N°8 

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Muses et féminins en poésie Numéro 8

Publications

 

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

Rechercher

À La Une

  • No 1 | O | Les figures des orientales en arts et poésie
    PÉRIODIQUES | REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Les figures des orientales... Les figures des orientales en arts & poésie © Crédit photo : Mariem Garaali Hadoussa, "Tendrement vôtre", peinture. Ce premier numéro sera entièrement mis en ligne le 30 septembre...
  • La situation de la femme noire dans le domaine artistique au Maghreb : l’expérience de la peintre tunisienne Youssra Chouchène
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Dossier & N° 10 | Célébrations | Entretien artistique & Féministe | Réflexions féministes sur l'actualité | Revue culturelle d'Afrique & d'Orient La situation de la femme noire dans le domaine artistique au Maghreb : l’expérience...
  • No 10 | AUTOMNE 2021
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm) REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE ENTRE THÉORIES & PRATIQUES N° 10 | AUTOMNE 2021 CÉLÉBRATIONS DES LAURÉATES & LAURÉATS* DE L'ACADÉMIE CLAUDINE DE TENCIN & DIX ANS DE CE PÉRIODIQUE AVEC LES INVITÉES...
  • À Béatrice Bonhomme
    N° 10 | Célébrations | Dossier majeur | Florilège À Béatrice Bonhomme Michel Orban Ta poésie est souffle d’oiseau, Parole du regard, silence de la lumière. Elle métamorphose l’anonymat du désert En lieu-dit du bout du monde. Elle déshabille la pierre,...
  • La formation universitaire AGDA de l'Université Bourgogne Franche-Comté
    N° 10 | Célébrations | Propositions & Demandes de formation & d'emploi (parution uniquement numérique) La formation universitaire AGDA* de l'Université Bourgogne Franche-Comté Source de l'information : Responsable pédagogique du AGDA Nous vous informons...
  • L'art est une fête de Barbara Polla, illustré par Julien Serve, livre paru aux éditions Slatkine
    N° 10 | Célébrations | Critique & Réception | Dossier majeur | Articles & Témoignages L'art est une fête de Barbara Polla, illustré par Julien Serve, livre paru aux éditions Slatkine © Crédit photo : Couverture illustrée par Julien Serve, livre paru aux...
  • Orientales
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations / Invitées & N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Florilège Orientales [Invitée] Poème & dessin Catherine Gil Alcala Dramaturge, poète & Artiste Site officiel : www.lamaisonbrulee.fr/ © Crédit photo...
  • Avis de parution de « Vi♀lence(s) »​​​​
    N°10 | Célébrations | Annonces diverses Avis de parution de Vi♀lence(s) © Crédits photos : Première de couverture du livre & Paule Andrau, images fournies par les éditions Maurice Nadeau. Mon roman, Vi♀lence(s), n’est ni une « autofiction » parmi d’autres,...
  • Portrait et entretien de Myriam Soufy : Belle et Re...Belle
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Dossier & N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Articles & Témoignages Portrait & entretien de Myriam Soufy : Belle et Re...Belle Propos recueillis par Hanen Marouani Entrevue avec Myriam Soufy Portrait de Myriam SOUFY :...
  • Discussion avec Imèn Moussa
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Dossier & N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Articles & Témoignages Discussion avec Imèn Moussa Propos recueillis le 8 juin 2021 par Hanen Marouani Entrevue avec Imèn Moussa © Crédit photo : Portrait de la poétesse Imèn...