5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 17:43

 

N°7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

 

 

La peinture, ah, la peinture !

 

 

 

&

 

 

 

Dans le chaos de la toile blanche

 

 

 

 

 

Linda Bastide

 

Site officiel http://linda-bastide.c.la/

 

 

 

 

 

La peinture, ah, la peinture !

 

 

© Crédit photo : Linda Bastide, Rideau d'herbes ou Jaillissement 1

 

 

Pas facile de procéder par ordre, alors je le dirai dans le désordre : regardant une peinture j’ai besoin qu’elle provoque en moi une émotion esthétique, qui se situe bien au-delà de la réflexion rationnelle, qu’elle m’apporte une sorte de joie et peut-être un enrichissement personnel plus profond, qui me bouleverse parce que je sens que cela me transforme.

J’ai aussi besoin d’étonnement, ce bonheur que j’ai de s’émerveiller, d’admirer ce qui est n’est pas banal. Je veux entrer dans une sorte de contemplation désintéressée du monde de l’artiste.

J’ai besoin aussi – et on nous en parle souvent – de beauté, dans le sens où elle va va m’aider à m’épanouir, me transformer, pourquoi pas ?

J’ai du bonheur à entrer dans un monde différent, ce que je regarde me transcendant (par un paysage, un être, une idée, un rien inexplicable).

Tout en étant attachée à ce que vois, je veux ressentir de façon intense l’immense sentiment de liberté de l’artiste, liberté intérieure qui se matérialise là, sous mes yeux, parce quelle est le fruit d’un long cheminement, dont je ressens qu’il ressemble au mien.


 

***

 

Dans le chaos de la toile blanche

 

 

© Crédit photo : Linda Bastide, Rideau d'herbes ou Jaillissement 2

 

 

Dans le chaos de la toile blanche

lourde de silence

un chemin invisible

va

de nulle part à n’importe où

un chemin invisible

fugue

affamé de couleurs

affamé de vertiges

affamé de meurtrissures

affamé de lumières

alors te voilà,

femme aux mains pleines d’étoiles,

tu arrives là,

dans le chaos de la toile blanche,

avec

des rêves au bout de tes doigts,

fulgurants de couleurs,

de vertiges,

de bonheurs,

de meurtrissures,

alors

la vie revient

du fond

de son voyage sur ses chemins perdus

alors

juste là sur la toile blanche

éclate la joie de la liberté,

femme aux doigts pleins d’étoiles

tu peins !

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 


Linda Bastide (poèmes & illustrations), « La peinture, ah, la peinture ! » & « Dans le chaos de la toile blanche », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 5 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/toileblanche.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 16:54

 

N°7 | Littérature de jeunesse | Critique & réception

 

 

 

 

Fantaisie, sentiment, sensation : de la fin d'une œuvre

 

 

 

(Jacques Rebotier, Les trois jours de la queue du dragon)

 

 

 

 

Laure Delaunay

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

 

 

Je me demande souvent (et je crois que ma poésie est le reflet de cette interrogation) si ce qui est poétique c'est ce que je pourrais appeler une trouée du sentiment, ce moment où le sentiment déborde et se répand comme un piedmont en mots, si elle est agencement plastique, tissu, organisme, expression méticuleuse de la fantaisie verbale ou si elle est mise en mot de la sensation.


 

J'ai trouvé une réponse dans un petit livre de Jacques Rebotier destiné à la jeunesse. La poésie est sens du temps et donc de la coda, la poésie est parcelle de temps durant laquelle quelque chose débute, se construit puis claque au cœur laissant derrière elle un silence qui nous nourrit.


 

Voilà ce que dit en préambule l'auteur de cette pièce :


 

« Une pièce de théâtre ? Une conférence ? Ratée ? Une circonférence ? Du cirque ?

S'agit-il de dragons, qui s'agitent ? Sans raison ? De clarinettes ? De déraison ?

Est-ce une leçon de choses ? De ténébres ? Est-ce la même chose ? Est-ce du pas pareil ?

Il y a de toute façon un circonférencier et trois ragons-larinettes, qui ont perdu leur têtes. Depuis longtemps j'avais envie d'écrire quelque chose d'entièrement caudiforme. La musique par exemple n'y est faite que de fins, qui sont des codas, autant dire des queues. Courrons-y après !

Les Trois jours de la queue du dragon est une introduction à mon Cours complet de bêtise. »


 

Voilà pour les présentations. Pure fantaisie verbale et musicale, le livre de Rebotier parle aussi des dragons qui sommeillent en nous comme disait Rilke*, c'est-à-dire de l'âme humaine, avec grande légèreté. Qu'il s'agisse du sens ou de la forme, pour moi, il a répondu présent. Le dragon, métaphore de la psyché, se met en mots et en musique, sa queue, symbole de sa finitude le révèle comme être imaginaire et musical.

Pour le dire autrement, pour moi, le dragon de Rebotier n'est pas fantastique, il est profondément poétique, parce qu'à la fois touchant, stimulant aussi bien pour les sens que pour l'imagination.

Voici en quelques mots la leçon qu'il m'a donnée, une leçon de liberté.

Mais pour revenir à ce qui intéresse Rebotier, c'est bien la fin qui est interrogée, la fin d'un dragon, la fin d'un morceau de poésie.

Or, j'ai longtemps cru que les commencements étaient ce qu'il y a de plus beau. L'idée du soleil qui point, l'idée d'une spontanéité, d'une fraîcheur, d'une apparition qui semble toujours miraculeuse, épiphanique. Je vois maintenant que la fin est aussi capitale. Le commencement perce le silence, la fin nous y dépose augmentés de quelque chose au fond d'indéfinissable qu'on appelle poésie.

À savoir si la traversée de la percée au silence est faite d'images ou de sentiments ou même de sensations importe peu finalement. Il importe qu'elle s'inscrive dans ce rythme intérieur où des choses se disent dans des allées et venues entre retenue et épanchement. Et lire vraiment de la poésie ce n'est pas autre chose que de marcher côte à côte avec le poète en suivant le rythme et de son esprit (ses images), de son cœur (ses sentiments) et de son corps (ses sensations). La poésie n'est ni fantaisie verbale, ni épanchement du cœur, ni partition, elle est les trois à la fois.

Heureuse que cela s'adresse à des enfants, nôtre avenir, nôtre seule vraie lumière.


 


 

* Rilke : « Les dragons qui sommeillent en nous sont des princesses que nous n'avons pas encore secourues. »

 

***

 

Pour citer ce texte

 


Laure Delaunay, « Fantaisie, sentiment, sensation : de la fin d'une œuvre (Jacques Rebotier, Les trois jours de la queue du dragon) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12 & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/fantaisie.html

 

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Le Pan poétique es muses - dans Numéro 7 La Lettre de la revue LPpdm
4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 15:11

 

N° 7 | Poésie, musique & art audiovisuel

 

 

Performance musicale

 

 

 

 

A.T.O.N. (A.) (L.) E.

 

 

 

(ou en jouant sur un vieux piano désaccordé)

 

 

 

 

Trihn Lo

 

Durée : 3’36’’

Date : juin 2017

 

https://soundcloud.com/user-103689113/aton-al-e-ou-en-jouant-sur-un-vieux-piano-desaccorde

© Crédit audio : Trihn Lo, A.T.O.N. (A.) (L.) E.

(ou en jouant sur un vieux piano désaccordé), 2017

 

 

***

 

 

Pour citer ce morceau musical

 

Trihn Lo, « A.T.O.N. (A.) (L.) E. (ou en jouant sur un vieux piano désaccordé) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/vieuxpiano.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 11:57

 

Lettre n°12 | N°7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

Poésie visuelle

 

 

 

 

Plis de chair

 

 

 

 

Litanie profane

 

 

 

 

Trihn Lo

 

 

Illustratrice

 

Cristina Rap

 

 

 

© Crédit photo : Cristina Rap, Plis de Sibylle, pastel sur papier 20x20 cm,

Série « Faste des Tissus » d’après la « Sibilla Cumana » de Domenichino.

 

© Crédit photo : Trihn Lo, « Plis de chair. Litanie profane », 2017.

 

Cliquez sur ce lien pour afficher le poème visuel

 

 

 

***

Pour citer ce calligramme

 

Trihn Lo, « Plis de chair. Litanie profane », poème visuel illustré par Cristina Rap, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12 & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/litanie.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7 La Lettre de la revue LPpdm

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