16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 14:07

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)


 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

 

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 

 

N°7 | AUTOMNE 2017


 

 

Femmes, poésie & peinture


 

1er volet sous la direction de Maggy de COSTER

 

© Crédit photo : œuvre artistique sans titre de Maggy de Coster

 

 

 

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ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) 

 

& en version imprimée (4 numéros par an) 

 

ISSN Imprimé : 2492-0487

 

Logodupan

© www.pandesmuses.fr

 

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur-e est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, il est le/la seul-e responsable du contenu de son texte, de son image, etc.

 

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Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 14:07

 

 

 

N°7 | Sommaire

 

 

 

N°7 | AUTOMNE 2017

 

 

Femmes, poésie & peinture


 

 

1er volet sous la direction de Maggy de COSTER

 

 

Mise en ligne progressive avant

 

sa parution en version imprimée en décembre 2017

 

 

 

© Crédit photo : œuvre artistique sans titre de Maggy de COSTER

 

 

Équipe de la version en ligne : Maggy de Coster (dir.). Couverture illustrée par Maggy de Coster. Illustrations par ...............................

Réalisation technique : Dina Sahyouni. Nous écrire : contact.revue@pandesmuses.fr, contact@pandesmuses.fr. ISSN numérique 2116-1046 : Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques. Revue féministe de poésie, électronique, internationale, multilingue et apériodique.

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique)

 

& en version imprimée (4 numéros par an)

 

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Appel à contribution du n°7 :

 

"Femmes, poésie & peinture"

Sommaire

« Éditorial »

 

Bémols artistiques & LPpdm a rencontré 

Maggy de Coster, « L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture »

Sylvain Josserand, « Jennifer Bush : une artiste de la Lumière »

 

Entretien

 

 

Articles

 

Dossier majeur

 

Femmes, poésie & peinture

 

 

 

Maggy de Coster, « La Place des femmes dans la peinture de Camille Pissarro », « Frida Kahlo ou la sublimation de la douleur par l’art pictural »

Nicole Barrière, « La peinture de Louise Cara ou l'espace du monde en son féminin »

 

Dossier mineur 

Muses & Poètes

 

Poésie, Femmes & Genre

 

 

 

Textes poétiques des dossiers

 

Mustapha Saha, « Trouville en hiver », illustration par Élisabeth Bouillot-Saha

Laure Delaunay, « Parsemillage »

Mariem Garali Hadoussa, « Pluies de vie », « Voix de femmes ! »

Ghyslaine Leloup, « Les belles ancêtres »

 

Instant poétique en compagnie de...

 

 

Poésie de la jeunesse

 

Julien Servent, « Brest », « Cause onirique », « Découverte » & « Monarchie magmatique »

 

Poèmes des ancêtres (aïeules/aïeux)

Louise Ackermann, « À une artiste » & «  Pygmalion »

 

Poésie érotique

Nicole Hardouin, « L’office de la brûlure »

 

Sourires & rires féministes

 

 

Poésie, musique & art audiovisuel [uniquement en ligne]

 

Travestissements poétiques

 

Claude Luezior, « Confessionnal »

 

Muses au masculin

Claude Luezior, « Confessionnal »

Critique & réception

 

Françoise Urban-Menninger, « Michèle Finck, Connaissance par les larmes. Poèmes parus aux Éditions Arfuyen »

 

Encart des langues étrangères

Barbara Polla & Charia Bertini, « HOPE. Mounir Fatmi (focus artist), Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy. Beirut Art Fair »

 

S'indigner, soutenir, hommages, lettres ouvertes

Sylvain Josserand, «  Le Courage et le militantisme d’une plasticienne luxembourgeoise »

Mustapha Saha, (texte et illustration) « Nocturnes avec Chopin »

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

Barbara Polla & Charia Bertini, « HOPE. Mounir Fatmi (focus artist), Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy. Beirut Art Fair »

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 14:04

 

N °7 | Dossier majeur | Articles & témoignages

 

 

 

 

La peinture de Louise Cara ou

 

 

 

l'espace du monde en son féminin

 

 

 

 

Nicole Barrière

 

Illustration de

 

 

Louise Cara

 

   

 

© Crédit photo : Toile "Trames" (157 x 150 cm,  TM,  2013) de de l'artiste peintre Louise Cara.

 

 

 

 

La musique ancienne de la ville

 

 

C’est une ville intense, c’est une ville de profondes blessures, d’ouragans dévastateurs, d’attaques terribles, d’expéditions lointaines. Peu à peu on remonte le fleuve et on se souvient.

Les tableaux de Louise Cara sont comme des vaisseaux qui remontent le fleuve. On largue les amarres, sur le quai, parmi les portefaix, les départs et les adieux, remonte une musique ancienne d’expéditions, de mauvais garçons et de filles de joie, de bals par delà les remparts où des esclaves noirs dansaient avec des masques indiens. Retrouvailles dans le même rythme sinon la même peau dans le berceau originel de la ville, digues, rambardes entourant la pauvreté et la tristesse. Lenteur de la ville, lenteur à lever son damier jusqu’à la verticale, à cette levée il faut un rythme, trompette d’Amstrong ou danse zoulou, le courage danse avec le rythme.

 

 

Et l’angoisse au fond des rues à gratte-ciel

Levant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil.

Sulfureuse ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le ciel

Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres.1

 

 

Nous voilà sans repères comme le premier habitant découvrant son espace et tentant d’établir un lien intime avec lui. Ville minérale, dure, traversée de lumière rauque, détourée de son profil esclave jusqu'à cet instant :

 

 

C’est l’heure pure où dans les rues, Dieu fait germer la vie d’avant mémoire

-----

Écoute au loin battre ton cœur nocturne, rythme et sang du tam-tam, tam-tam sang et tam-tam.

-----

Voici revenir les temps très anciens, l’unité retrouvée, la réconciliation du Lion, du Taureau et de l’Arbre.

L’idée liée à l'acte, l’oreille au cœur le signe au sens.

 

 

La ville rêve, de ce rêve immense des villes, depuis la dalle horizontale jusqu’à l’élan vertical de son ambition. Elle étend son rêve jusqu’aux lointains des trains et des banlieues. Elle ouvre ses coins secrets, ses déserts à l’odeur humble des matins. Des pas pressés et la nonchalance du regard sur un square au fond d’une rue, le soleil levant sur une maison improbable, peuplée d’errants et de chats sauvages !

Louise Cara ne met pas en ordre la ville, elle ne la préserve pas, elle s’efforce d’en creuser la faille, d’en ouvrir le flanc jusqu’à faire apparaître l’espace du labyrinthe.

 

 

J’ai trouvé que la terre était fragile, et la mer, légère ; j’ai appris que la langue et la métaphore ne suffisent point pour fournir un lieu au lieu.

N’ayant pu trouver ma place sur la terre, j’ai tenté de la trouver dans l’Histoire. Et l’Histoire ne peut se réduire à une compensation de la géographie perdue. C’est également un point d’observation des ombres, de soi et de l’Autre, saisis dans un cheminement humain plus complexe. 2

 

 

Il y a une vision en miroir dans les tableaux de Louise Cara, résonances de lieux, passages de grandes histoires et d’événements intimes, expérience humaine collective et expérience spirituelle personnelle, cette vision est métaphore et elle arrime le moment présent aux significations de milliers d’années d’humanité.

On pourrait penser à un bégaiement dans ses tableaux où s’entrecroisent inlassablement des traits de noir et de couleur, croisements de pas, de mémoires, bégaiement de la ville en sa langue, répétition d'oublis, qui creusent en leur évidement une tectonique du temps, creusement du temps dans le sillage des morts.

Ses tableaux n’enferment pas : villes ouvertes sur le sens, Louise Cara observe leur modernité, et le temps s’y enfonce. Dans l’espace de la ville, Louise Cara, dans ses tableaux creuse la profondeur. Le génie de cette peintre est de ne pas proposer une lecture d’un espace-temps géologique, stratifié et immobile mais d’entrer dans le mouvement de la ville, de ne pas retourner vers le passé en luttant à contre-courant, mais de descendre de la ligne verticale de ses villes-totems jusqu’à l’origine d’événements les plus lointains qui communiquent et rattachent aux mêmes racines.

 

 

Un exercice spirituel déternité

 

 

L’exercice spirituel auquel nous convoque Louise Cara est celui de l’éternité ! Elle abolit les distances, traçant les contours d’une ville la nuit jusqu’au labyrinthe serré de Gaza, à celui plus lâche de Bethléem, libère allégrement Thésée et nous tend le fil salvateur de la déesse.

Nous voilà sur le métier à tisser de l’éternel. Ville, tapis, tissage, maille. Louise Cara franchit un pas nouveau dans son exploration de l’espace, à la ville ouverte, à son damier serré, répondent maintenant les tapis Kilim, espace intime de séparation du dehors et du dedans, de la terre et de la couche, du vent et du soleil, du jour et de la nuit, de la vie et de la mort. Résonne là, cette parole de Teilhard de Chardin : « L’énergie représente pour la science la forme la plus primitive de l’étoffe de l’univers. »

En Anatolie, dans une des plus vieilles villes du monde, Catal Hühük dont le niveau le plus ancien date du VIIe millénaire avant J.-C, on a mis au jour des peintures murales représentant des motifs de kilims identiques à ceux que les femmes tissent encore aujourd’hui dans les villages.

À voix basse, on entend le chant des femmes tissant les fils de couleur. Couleur ocre, couleur gris, de ce gris lumineux de nuage d’avant l’orage, le tapis fait face, détourne la terreur de l’orage, couleur rouge, de ce rouge du sang des femmes et de la fertilité, couleur jaune de la terre et du blé, couleur fertilité. Couleurs mêlées entremêlées dans le beige sous-jacent du temps des prières, beige limoneux des tombes.

Tapis de métissage des éléments et tapis de séparation des âges de la vie : tapis pour aimer et naître, tapis pour découvrir et connaître, tapis pour prier et mourir. L’art du tapis est protection du dehors, de la nuit, des éléments, des esprits. L’art du tapis est langage de cette langue ancienne qui fait surgir le motif de la mère, terre-mère des vases anciens, terre fertile et féconde, comme le motif de la femme. Motifs animaux, pas et traces, motifs oiseaux de la métaphore ancienne d’amoureux lançant leur cri jusqu’à la joie du ciel, cri résonnant de son allégresse jusqu’aux Andes.

Tapis de lecture, espace coloré et doux sur lequel l’enfant déchiffre en même temps que l’amour et l’art de la mère, le récit ancien des symboles : silhouettes, représentations du cosmos, rose et épi de blé, fils de lumière tressés avec la nuit. L’oreille contre le tapis, l’enfant retrouve le geste indien d’écoute : il entend la mélodie improvisée qui traverse le songe d’être jusqu’à la rumeur de vivre. Espace intime, le tapis livre le monde et ses différences, la planète et ses habitants, les comptines et les chansons qui vibrent selon la fibre : laine, soie, et on entend le son différent des nœuds tressés, nœuds des contes et des comptes, quipus indiens, nœud symétrique ou jumeau, nœud décalé et dense, nomade dans l’écart.

Dans ses tableaux, Louise Cara recherche le mouvement de la vie, fait naître de l’immobile des figures rupestres enchâssées sur les parois de la grotte, la femme d’Oppède, le Christ dansant sa passion depuis la terre de Palestine, le jazz de New-York depuis la terre d’Afrique.

 

 

Du tapis au mythe, l'espace-temps du tableau

 

 

L’étoffe de l’univers forme un tout depuis la racine d’arbre jusqu’au tremblant de la feuille. Ses tableaux remuent comme remue le passé : hommes et bêtes, bruits de la nuit et de la forêt, vent sur la lande et le rocher, rythmes, rythmes, rythmes des pas, fils de la chaîne et de la trame, duels : jour/ nuit, travail/repos, haut/ bas, l’énergie du monde à sa verticale, principe transcendant et solaire, l’énergie du monde à l’horizontal, rumeur humaine du labyrinthe des villes, cohérence qui se faufile, méridienne du dessous et du dessus. Le tissage ondule sous les doigts du peintre, elle unit et différencie chaque élément, les croise, inspire, expire, joue la partition en ses modes, majeur, mineur jusqu’à la synthèse intelligible. Dans le tissage du tapis, elle témoigne des liens humains distendus, et tandis qu’apparaît le fil, le mythe, elle interroge la création.

Ariane, elle tend le fil, fil rhizome des villes, rues bruyantes où s’affrontent les plaques du temps : temps vertical du présent, l’éphémère, temps horizontal de l’histoire soulevé jusqu’à notre hauteur de vue et là, les temps coïncident. Ariane fil conducteur des réseaux, maillage virtuel de l’espace, modernité où se pense le temps dépassé par sa propre vitesse, glissement des images, allégorie en ces fils noués, serrés, distendus, resserrés. Les fils d’Ariane de Louise Cara expriment l’intrication et l’enchevêtrement de strates temporelles non chronologiques mais reliées entre elles par de multiples analogies.

Elle crée une référence qui permet de penser par variations sensibles et fait de ses tableaux des espaces de correspondances, où tout est indépendant et pourtant indispensable, interpelle chaque chose, où chaque élément résonne de cette note centrale sur laquelle elle s’appuie : le trait.

 

 

La profondeur de la peinture de Louise Cara : le trait de l'origine

 

 

Trait, geste premier du peintre, traits serrés comme les arbres de la forêt, d’où s’échappent les traits serrés d’oiseaux prêts à l’envol, traits serrés des humains, captés par la rumeur des villes, traits de l’épure qui retrouve sa conscience d’arbre, ou de la peur de l’oiseau, ou de l’effroi de l’humain dans la grotte. La profondeur de la peinture de Louise Cara s’installe dans cette généalogie depuis le trait jusqu’au tapis et jusqu’au labyrinthe serré des villes. Art de la caresse du pinceau, art de la gravure, art de la marque dans le livre comme autant de traces de plus en plus profondes, elle trace de ce geste laboureur, de ce geste tisserand, de ce geste d’inscription de la mémoire sur la feuille. L’art de Louise Cara est païen, l’art de Louise Cara est urbain, de ce temps où les mémoires du tapis et de la ville se rejoignent, s’enracinent dans la terre, dans le travail sur le métier, métier tisserand ou métiers des réseaux de la vie et de la parole : rues, commerces, fleuves, web. La terre, le travail humain matériel et spirituel, le mouvement de la vie, tels sont les éléments que peint Louise Cara.

La terre, terre de la trame complexe, humus de larges traits comme autant d’écorces décomposées, humus, matière souple et aérée, qui absorbe et retient l’eau, terre brune, noire, à l’odeur forestière, de prairie ou de labour, terre qui livre aux racines l’indispensable à leur grandissement, humus libéré des substances inertes ou toxiques, terre végétale animée du souffle, du vent et de la pluie, terre solaire et lumineuse reposant sur les papiers pour inventer le motif du tapis.

 

Le tapis, lieu intime et clos comme le jardin ou le tableau. Comme la femme à son métier, Louise Cara a observé les oiseaux, interrogé les nuages, consulté les livres, comme la femme à son métier, elle a voulu le tableau pour lui-même, non pour la forme, l’agrément ou la beauté, mais pour la densité de la matière, de la couleur et du geste. Cette densité c’est l’art, non l’art de l’ennui ou du divertissement, mais l’art comme une parcelle d'éternité qui nous assure qu’une partie de nous-mêmes ne saurait être blessée par ce qui n’est pas elle. Ici point de figuration ni d’utopie vantant la fécondité des arbres ou des femmes, pas de récolte succulente, ni de charme sur le mode des métaphores, mais la terre reculée d’un chemin initiatique qui suppose la rupture avec le familier, le quotidien, le trop humain. Lointain étrange non exempt de douleur, si le monde n’était pas si cruel... Comment loger au creux de cette douleur sans se recroqueviller ? Comment l’ensemencer pour que l’apaisement y gagne la profondeur ?

 

Il existe une même passion orageuse entre le métier du tapis, du jardin ou du peintre, un lien parent les unit de la même clôture, il s’y dérobe, perd de son éclat, sans user de violence, il se met à ressembler à tous les autres, accepte paix et gaîté, multiplie les grâces et les incarnats, se recouvre d’ombres légères, reflète le cours des silences et des astres. Quels hasards ont délégué cette parcelle qui rend dérisoire l’immensité de l’univers, quand se lèvent les étoiles sur l’arrière-pays, et fait battre le cœur à ce songe qui permet d’échapper à la confusion originelle ?

 

 

Lart de la transmutation

 

 

Comme la femme à son métier, Louise Cara vit sur un pied d’égalité avec son art, elle stoppe l’hémorragie du temps, pourtant la matière ne lui appartient pas, elle la travaille, la tourmente, la remue, elle entend la colère et le cri et accorde l’inestimable complicité à son énigme, c’est-à-dire au mouvement de la vie.

La vie qui est et n’est pas, la vie qui déborde du jardin avec de folles frondaisons et des branches foisonnantes, qui déborde du tapis en ses fils qui remontent jusqu’au chant des femmes, qui déborde du cadre et se recentre en lui jusqu’au vide. Voilà l’heure de saisissement de la matière rhizome, Louise Cara en fixe les lignes solides, en organise le territoire stable comme autant de places et de plages, de lieux de naissance et de co-naissance.

Naissance et co-naissance de ces traits serrés les uns contre les autres, comme les ombres de la caverne, le regard aveugle d’hommes. La peinture de Louise Cara est une écriture de la transmutation, un art de la transformation et une lecture du monde en son féminin. Art de la caresse et de la gravure, art de la mémoire, contre la malédiction et la tradition qui pèsent sur la condition des femmes, elle ouvre par sa fécondité de peintre l’imagination d’un monde autre, ancré et projeté vers les étoiles, par la fertilité des motifs , elle permet la réappropriation du féminin du dedans et du dehors depuis le trait, le tapis, le labyrinthe, la ville, elle élève par la hauteur et l’exigence de son travail contre le modèle captif de la malédiction qui enferme les femmes.

 

 

Cliquez sur ce lien pour visualiser les tableaux de Louise Cara

 

 

***

Notes

 

1 Leopold Sédar Senghor,Ethiopiques, A New York

2 La Palestine comme métaphore, Entretiens, Paris, Sindbad/Actes Sud, 1997.

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Nicole Barrière, « La peinture de Louise Cara ou l'espace du monde en son féminin », illustration par Louise Cara, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 16 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/cara-son.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 10:54

 

N °7 | Dossiers majeur & mineur | Textes poétiques

 

 

 

 

Les belles ancêtres

 

 

 

Ghyslaine Leloup

 

Cet extrait est reproduit avec l'aimable autorisation

 

de l'autrice/auteure et des éditions L'Harmattan

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture illustrée de Sur le seuil, promis, éd. L'Harmattan

 

 

 

Vous êtes là, sur le seuil

Feux follets dans un pays de néons

Si menues en nos mémoires

 

Madame Vigée-Lebrun, Artemisia Gentileschi. Et

Sofonisba Anguissola, Mary Beale, Catherine Girardon, Louise Moillon,

Rosalba Carriera, Louise Abbéma, Anne Vallayer, Anna Ancher,

Marie-Louise Petiet, Constance Mayer…

 

À vos vanités, natures mortes et portraits

Le voyage

À vous, le dedans

 

Hildegarde de Bingen, Clara Schumann. Et

Maddalena Casulana, Francesca Caccini, Louise Farrenc,

Jane-Elisabeth Jacquet de La Guerre, Barbara Strozzi,

Cécile Chaminade, Ethel Smyth…

 

L’orchestre joue ailleurs

Mode mineur de l’épinette

Aux érudits, vos partitions palpées comme dentelles

 

Camille Claudel. Et

Luisa de Roldàn, Properzia de Rossi, Hélène Bertaux, Marie Cazin,

Églantine Lemaitre, Jane Poupelet, Félicie de Fauveau,

Anne de Chardonnet, Marcello, Clémence-Sophie de Sermezy…

 

Votre oubli signé à la gouge

Dans jardins et cimetières

Œuvres en retrait, passants distraits

 

Christine de Pisan, Louise Labé. Et

Pernette du Guillet, Marie de Gournay, Catherine Bernard, Marie de Brabant,

Jacquette Guillaume, Antoinette Deshoulières, Suzanne Verdier,

Anne-Marie du Boccage, Félicité de Genlis, Élisa Mercoeur…

 

À écrire, « de femelle devins masle »

Pauvre Christine

Une mauvaise graine dans le jardin clos

Olympe de Gouge, Flora Tristan. Et

Hubertine Auclert, Millicent Fawcett, Emmeline Pankhurst,

Annie Keyney, Kate Sheppard, Carrie Chapman Catt, Hortense Allart,

Désirée Gay, Jeanne Deroin, Pauline Roland…

 

Un mot léger comme un jupon de linon

Suffragettes

En prison gavées comme des oies

 

Mademoiselle de Scudéry, Madame du Deffand. Et

Catherine de Rambouillet dite « Arthénice », Marie Bruneau des Loges,

Marie-Thérèse Geoffrin, Elizabeth Montaguë, Quinault Cadette,

Amélie Suard, Sophie d’Houdetot, Julie Talma, Delphine de Girardin

 

Sublimes bas bleus confinés en vos salons

La philosophie entre chez vous

Sur des ailes de papillons-vitrail

 

Alexandra David-Néel, Isabelle Eberhardt. Et

Alexine Tinne, Anne Bonny, Jeanne Baret,

Marie-Angélique Duchemin, Mary Seacole, Jane Dieulafoy,

Marianne North, Gertrude Bell, Daisy Bates, Mary Kingsley…

 

Ah ! Essayer le monde

Vous parcourez les terres et les guerres

Appuyées sur une ombrelle

 

Marie Curie. Et

Anna Maria Sibylla Merian, Laura Bassi, Madame du Châtelet,

Julie Charpentier, Caroline Herschel, Sophie Germain, Mary Anning,

Cécile Vogt, Thérèse Bertrand-Fontaine, Ada Lovelace…

 

Équations papillons constellations

Le langage Ada n’est pas galant

Belles nébuleuses masquées par la nuit

 

Vous êtes là sur le seuil

Belles ancêtres

Au bord de l’effacement

Si menues dans nos mémoires

 

 

 

 

NDLR : ce poème est un extrait reproduit du recueil Sur le seuil, promis, collection Accent Tonique, l’Harmattan, 2012.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Ghyslaine Leloup, « Les belles ancêtres », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 16 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/belles-ancetres.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 16:46

 

 

N °7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

Poèmes des ancêtres

 

 

 

 

À une artiste

 

 

 

&

 

 

Pygmalion

 

 

 

 

Louise Ackermann (1813-1890)

 

Crédit photo : domaine public, Gallica, estampe de Louise Ackermann*

 

 

À une artiste

 

 

[P. 13/P. 39 PDF]

 

Puisque les plus heureux ont des douleurs sans nombre,

Puisque le sol est froid, puisque les cieux sont lourds,

Puisque l’homme ici-bas promène son cœur sombre

Parmi les vains regrets et les courtes amours,

 

Que faire de la vie ? Ô notre âme immortelle,

Où jeter tes désirs et tes élans secrets ?

Tu voudrais posséder, mais ici tout chancelle ;

Tu veux aimer toujours, mais la tombe est si près !

[P. 14/P. 40 PDF]

Le meilleur est encore en quelque étude austère

De s’enfermer, ainsi qu’en un monde enchanté,

Et dans l’art bien aimé de contempler sur terre,

Sous un de ses aspects, l’éternelle beauté.

 

Artiste au front serein, vous l’avez su comprendre,

Vous qu’entre tous les arts le plus doux captiva,

Qui l’entourez de foi, de culte, d’amour tendre,

Lorsque la foi, le culte et l’amour, tout s’en va.

 

Ah ! tandis que pour nous, qui tombons de faiblesse

Et manquons de flambeau dans l’ombre de nos jours,

Chaque pas a sa ronce où notre pied se blesse,

Dans votre frais sentier marchez, marchez toujours.

 

Marchez ! pour que le ciel vous aime et vous sourie,

Pour y songer vous-même avec un saint plaisir,

Et tromper, le cœur plein de votre idolâtrie,

L’éternelle douleur et l’immense désir.

Paris, 1840

 

***

 

Pygmalion

 

 

[P. 41/P. 67 PDF]

 

Du chef-d’œuvre toujours un cœur fut le berceau.

L’art, au fond, n’est qu’amour. Pour provoquer la vie,

Soit qu’on ait la palette en main ou le ciseau,

Il faut une âme ardente et qu’un charme a ravie.

Après tout, tes enfants ne sont point des ingrats,

Artiste ! ils sauront bien te rendre ta caresse.

Lorsque Pygmalion, ce vrai fils de la Grèce,

Croit n’avoir embrassé qu’un marbre en son ivresse,

C’est de la chair qu’il sent palpiter dans ses bras.

 

 

***

 

Référence bibliographique : ces poèmes sont des extraits sélectionnés, transcrits et remaniés par D. Sahyouni de l'ouvrage de Louise ACKERMANN (1813-1890), Œuvres de L. Ackermann, (sous titre) Ma vie – Premières poésies – Poésies philosophiques, Paris, A. Lemerre, 1885, 1 vol., XX-187 p., pp. 13-14 & p. 41, Bibliothèque nationale de France, a été mis en ligne sur Gallica en juin 2010, voir aussi les permaliens des poèmes transcrits : page 13, page 14 & page 41.

* Cette estampe a été choisie par DS : Anonyme, Recueil. Portraits de Louise Victorine Choquet, Mme Ackermann (XIXe s.), Bibliothèque nationale de France, département "Estampes et photographie", N-2 (ACKERMANN, Louise Victorine Choquet, Mme) http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb41870220m. Ce document a été mis en ligne sur Gallica en novembre 2012.

***

 

Pour citer ces poèmes

 

 Louise Ackermann, « À une artiste » & « Pygmalion », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 13 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/pygmalion.html 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 15:26

 

 

N °7 | Dossier mineur | Textes poétiques

 

Poésie militante

 

 

 

Voix de femmes !

 

 

 

 

Mariem Garali Hadoussa

 

 

 

 

© Crédit photo : à venir

 

 

 

Écoutez ces voix !

Voix qui crient, étouffées

Voix stressées, blessées.

Femmes, cri de vie !

Crier ! Prier !

Mais Chantez donc, femmes !

Dressez-vous et avancez !

Qu’on vous écoute !

Écoutez-vous, femmes et rangez ces carcans

De femme désir, femme plaisir

Poupée de cire !

Ô femmes ! Ôtez le voile de l’obscurité !

Hissez la voile de la liberté !

L’avenir de l’humanité est femme !

 

***

 

 

Pour citer ce poème

 

Mariem Garali Hadoussa, « Voix de femmes ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/voix.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 15:25

 

 

N °7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

 

Pluies de vie

 

 

 

 

Mariem Garali Hadoussa

 

 

 

 

© Crédit photo : à venir

 


 

 

Tombe pluie, tombe pluie de mes lamentations !

Gros nuages alourdis par mes rêves obscurs.

Les doux ruissellements forts allègent mon cœur.


 

Qu’as-tu fait douce pluie de mon amour

Malmené, balayé par tes eaux

Qui coulent dans mes veines.


 

Englouti, noyé !


 

Non, pluie !

Non, tu ne pourras pas l’emporter !

Tu ne pourras pas me l’arracher !


 

Cet amour coule dans mes veines,

Il alimente mes espoirs, mes doutes.

Il illumine mes nuits et réanime mes jours.


 

Pluie, ô pluie ! Ruisselle, chante, danse !

Que ton eau est bonne !

Que ton eau est fraîche !


 

Laisse cette petite lueur scintillante de tes gouttes

Chargées d’espoir, chargées de vie

Me parvenir, m’éblouir, me soutenir !

Laisse cette grande lueur essuyer, balayer mes larmes,

Rendre à mes jours l’espoir de voir mon amour renaître

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Mariem Garali Hadoussa, « Pluies de vie », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/pluies.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 15:42

 

1er concours international de poésie | Poème sélectionné sur le handicap

 

N°7 | Muses au masculin | Travestissements poétiques

 

 

 

Confessionnal

 

 

 

Texte & illustrations

 

Claude Luezior

 

Site officiel : www.claudeluezior.weebly.com/

 

Cet extrait est reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage Mystères de Cathédrale

(St-Nicolas de Fribourg), éd. Bibliothèque Cantonale et Universitaire de  Fribourg, 2016.

 

 

 

Être confessionnal, à l’heure actuelle, n’est pas une sinécure… Et je dois bien l’avouer : je suis presque au chômage. Moins de crimes, d’adultères, de trahisons ? Non : ils n’ont soi-disant plus rien à se reprocher. C’est la faute de l’autre, des étrangers, des impôts, des patrons, des employés. La société, blanche comme neige, n’avoue plus qu’un crime : celui de ne pas aimer les confessionnaux.

 

Fini le temps béni des courtisanes vautrées dans leurs péchés, des politiciens véreux soudainement pris de remords, des jeunes filles décrivant leur première fois, des belles-mères dégoulinantes de fiel, des maquignons, des beaux capitaines aux bataillons d’enfants naturels.

 

Me restent l’aumône de deux-trois grenouilles crapahutant hors d’un bénitier presqu’à sec, un smic de larcins véniels, la génuflexion d’un Alzheimer qui n’a plus que ses cent ans à déclarer. Pas de quoi fouetter un démon !

 

Non, ce n’est pas drôle. Et pas juste, car le Très-Haut m’interdit toute publicité. Concurrence déloyale : ces Messieurs Javel, Karcher et Savon de Marseille en font pourtant par pages pleines. Parfois, j’écarte le rideau d’un coup sec pour guigner de-ci, de-là. Tous ont le ventre bedonnant, la calvitie proprette. Ils traînent leur insouciance, le nez dans les vitraux comme dans un musée, un restant de sandwich au coin des babines. Cartes de crédit pleines mais poches vides : pas un sou pour les bougies de la Vierge ni pour le tronc de saint Antoine, pas un péché pour moi. Rien !

 

 

© Crédit photo : Claude Luezior, Confessionnal.

 

 

Bien sûr, j’ai réclamé en Haut-Lieu. Question pénitence pour ces mécréants, Lucifer m’a signifié qu’une bonne épidémie n’était plus à la mode, qu’une guerre de cent ans était trop compliquée à organiser, qu’un tsunami en ces montagnes serait invraisemblable... Et, de toute manière, qu’il était à la retraite et que sa partie de cartes avec l’archange Michel n'était pas terminée.

Alors, que faire ? Avec mes planches, fabriquer un cercueil pour mes illusions d’un paradis sans taches ? Tailler une nouvelle barque pour Charon, lui qui en a si besoin ? Démonter ma boîte à soucis pour allumer un feu de joie ? Solder le tout, bénédiction comprise, en un seul lot, sur Internet ?

Dites-moi votre avis, vous qui êtes immaculé. Vite, venez... me le confesser !*

 

© CL

 

* Ce texte est un extrait de Claude Luezior, Mystères de Cathédrale (St-Nicolas de Fribourg), publié par la BCU, Fribourg, Suisse, 4e trim. 2016, reproduit avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Fribourg, 2016.

 

***

 

Pour citer ce poème en prose

 

Claude Luezior (texte et illustrations), « Confessionnal », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie) & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 6 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/concours-confessionnal.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions Numéro 7
29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 09:29

 

 

N°7 | Poésie érotique

 

 

 

L’office de la brûlure

 

 

Nicole Hardouin

 

 


 

   À loffice de la brûlure, brûlons toi et moi, jetons des brassées de serments/sarments dans les failles de nos frondaisons

brûlons, crémation gémellaire, brûlons mon presque siamois de cette étincelle née d’un feu unique qui se scinde en un incendie miroir

                          éclat sur nos chemins de vie.

   Feu unique, feu double, feu irradiant, dévorant doù sélèvent les étincelles de nos forges nocturnes.

La brûlure extrême calcine et régénère, construction fournaise, fournaise vivifiante, fournaise du corps, flamme des bûchers du désir,

                         énergie du vivant.

 

Torche enflammée dévorante caresse, émoi ; sur ta peau une onde mendiante issue de contrées nomades là où les étreintes courbent la raison et encrent les regards, dilatation des pupilles gémir de gorge.

                       Je suis filet deau, tu es puisatier.


 

   Mon paradis soyeux, tirons lalcôve sur les grands vents de la dérive

tu es le serpent qui ondule sur ma peau et méandre sur mes sables

                    morsures désirantes en désirade.


 

   Nos corps vacillent, ancestral dialogue des profondeurs

                    sabbats pour sorcière-sourcière.


 

   Le feu, ce feu traverse, transvase sa source pour écrire nos fables

                  donne-moi le temps de consommer tes brandons.

Je veux faire chanter les cordes de ta harpe intime pour rythmer tes poudroiements profonds. Laisse-moi retenir laigu de tes marées et me noyer dans tes vagues.


 

                            Ce soir jhabiterai nos incendies.


 

Retiens-moi dans l’incandescence de ton souffle et la soif de ta gorge.


 

                           Je tenserre dans mes velours secrets.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

 Nicole Hardouin, « L’office de la brûlure », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 29 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/brulure.html

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 7
23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 09:04

 

N°7 | Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

 

 

N° 7 | Cultural review of the Orient and Africa

 

 

 

 

HOPE. Mounir Fatmi (focus artist),

 

Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy

 

Beirut Art Fair

 


Presented by

 

Barbara Polla & Chiara Bertini

 

 

 


Beirut Art Fair

 

Booth B 10, BIEL Beirut International Exhibition & Leisure Center

 

When the director of an art fair decides to give its fair a political orientation, to promote human rights, to share values and to value sharing, this is an extraordinary sign of hope, and even more so when this happens in Lebanon, a country that knows so much about war and thrives so much for peace.

When the same director of the same art fair decides to select Rose Issa to curate, within the context of the fair, an exhibition on the aesthetic, conceptual and socio-political concerns of the contemporary Arab world, hope becomes a concrete construction towards intercultural understanding and openness. Issa’s exhibition, entitled Ourouba, The Eye of Lebanon, will bear witness to the diverse inspirations of artists from the Arab world, exploring memory, destruction and reconstruction, conflict and peace.


 

Analix Forever will aim to contribute to these reflections by presenting, first of all, Mounir Fatmi as a focus artist. The possibility of intercultural understanding and sharing is a « red thread » throughout the work of Moroccan artist. In Beirut, fatmi will show Impossible Union : an occidental typewriter is releasing Arabic letters... The learning of all languages would make this union possible and this work gave its title to fatmi’s latest solo show in Geneva: (IM)POSSIBLE UNION : a door that opens towards hope.

Fatmi also shows the series The Island of Roots (2017) which reminds us that the United States once have been a land of immigration and welcome. Ellis Island was this mythical gateway where so many hopes for a new life were sealed. The Island of Roots series feature reproductions of Lewis Hines photographs of which fatmi has drawn their complex, unifying roots: vegetal, neurons-like, abounding and, sometimes, bloody roots.


 

Furthermore, Analix Forever will present works by Janet Biggs, Debi Cornwall and Alexandre D’Huy. While recently in Djibouti, US-based video artist Janet Biggs witnessed Yemeni refugees fleeing the bombing and devastation in Yemen. They risk everything to cross the Gulf of Aden and arrive at Camp Markazi in Obock. At the same time, migrant Ethiopians fleeing their country’s oppression and poverty brave a four day walk across the desert of Djibouti to also arrive to Obock and take the same boats back across the Gulf of Aden, hoping to make their way to Saudi Arabia. They don’t all survive the journey, but the persistence of human hope is endless when traveling far from home. The video Afar, a fable of the human condition, with an implicit narrative, tells us about humankind and the complex, double-edged nature of otherness. The video is also about remembering and honoring a child from Djibouti, in an allusive, artistic, choreographed way.


 

Debi Cornwall, conceptual documentary artist who returned to visual expression in 2014 after a 12-year career as a wrongful conviction lawyer, presents three pictures from her long-term photographic project on Guantánamo Bay, Welcome to Camp America : a disorienting and empathic, respectful and ironic, professional and sensitive gaze on the reality of the U.S. Naval Station in Guantánamo Bay, Cuba (known as « Gitmo »). The lack of frontal criticism leaves the viewer with his/her own duty to decide what he/she is seeing and the profound meaning of the images shown.

Finally, because war is everywhere and we should not refuse to be aware of it, the works on paper by Alexandre d'Huy show us images, or rather effects of war, while never depicting human beings. The images are inspired by the thousands of thermal photographs to be found every day on the web, of explosions, blow ups, and powerful alterations of our earth. In d’Huy’s hands however they become beautiful holes, suggesting the possibility (or the necessity ?) to leave Earth through them, to join other planets, another universe. But why are we fascinated by evil beauty and the allusions to death ? This is the essential question addressed by Alexandre d’Huy in this series. So lets look and think... « The beauty will save the world » said Dostoyevsky. Could this be true ?

At least, there is HOPE.

 

À lire aussi/Read also : Beirut Art Fair, À propos

 

Encart des langues étrangères

 

 

 

Pour citer ce texte/To cite this text

 

Barbara Polla & Charia Bertini, « HOPE. Mounir Fatmi (focus artist), Janet Biggs, Debi Cornwall & Alexandre d’Huy. Beirut Art Fair », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 23 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/beirut-art-fair.html

 

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