23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 14:35

 

N°6 | Critique & réception

 

 

 

 

Jeanne Guizard,

 

 

 

Des étoiles

 

 

 

TheBookEdition, 2014, coll. Pictures, 113 p.

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

 

Quoi de plus beau que l’hommage d’une fille à sa mère vieillissante, jadis dévouée à sa progéniture, quoique vivant dans l’ombre d’un mari méprisant à qui elle a su tout pardonner à l’hiver de leurs vies respectives !

Sous la plume de Jeanne Guizard les mots se sont faits chair pour dire la souffrance de sa vénérée mère qu’elle évoque avec beaucoup d’empathie et d’amour filial. Une mère qui a su retisser la toile de sa vie avant qu’il ne soit temps de partir pour le chemin des étoiles : « Vieillir est la bénédiction que tu attendais, la grâce que tu espérais, malgré les peines […] ».

Elle nous décrit résolument les prémices de la vie de ses parents où tout semblait se jouer d’avance. On dit que l’histoire est un perpétuel recommencement, ainsi la narratrice nous entraîne dans une saga familiale où des actes se répètent à travers les générations tant du côté paternel que du côté maternel. Donc il s’agit d’une histoire transgénérationnelle bilatérale.

Sa mère a toujours eu mal à sa vie, mal à sa destinée de femme. Mal perçue par son père qui la voulait de sexe masculin pour assurer la perpétuation de sa lignée d’aristocrates aux mœurs passéistes qu’elle évoque : « Une jeune fille peut sourire à moitié, une femme mariée  peut sourire complètement mais qu’aucune des deux ne doit jamais rire en société. »

Elle est très bien placée pour comprendre la souffrance de sa mère pour avoir tout autant qu’elle, connu la relégation et l’outrance du mépris de la part de cet homme qu’est son père. Le destin des femmes est-il à jamais scellé ? Aussi se demande-t-elle, perplexe : « Pourquoi a-t-on toujours fait un tel sort aux femmes ? Par peur ? Si oui, pourquoi a-t-on toujours eu tellement peur des femmes ? »

Elle évoque aussi le cas du fils (son frère) qui, n’ayant pas trouvé un référent en la personne du père, a décidé de ne pas avoir de progéniture. Histoire de dire que le processus de transmission n’avait pas été engagé .

Jeanne Guizard nous démontre que sa mère est celle qui a su rester égale à elle-même tout au long de sa vie de femme auréolée de tristesse mais seulement comblée en tant que mère. Aussi s’avère-t-il important de rattraper le temps perdu avant qu’il ne soit trop tard, en acceptant la main tendue par son mari nourrissant la crainte de la solitude du moment fatidique qu’est l’ultime jour. C’est sur cette note de sagesse que se termine ce livre qui est une ode à la sérénité retrouvée, au bonheur revisité. Il y a sans doute une leçon à tirer de ces tranches de vie, c’est qu’ « il n’est jamais trop tard pour bien faire » et « mieux vaut tard que jamais ».

 

***

 

Pour citer ce texte

 


Maggy de Coster, « Jeanne Guizard, Des étoiles, TheBookEdition, 2014, coll. Pictures, 113 p.», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/guizard.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 13:05

 

N°6 | Bémol artistique |

 

Invitation à se passionner pour la 

 


 

Rencontre avec

 

 

Valérie Schott à Widensolen

 

 

 

dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

 

Photographies de

 

Claude Menninger

 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°1 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

 

 

Ce ne sont pas moins de dix années de travaux que Valérie Schott présente à l'occasion des ateliers ouverts de ce mois de mai. Adepte de lieux singuliers, l'artiste après avoir exposé ses œuvres dans la gare de Sentheim, le presbytère de Widensolen ou la synagogue de Bergheim, revient à Widensolen où elle investit le café-épicerie qui appartenait à son arrière-grand-mère.

Après une formation aux Arts Décoratifs de Strasbourg, Valérie Schott s'est plus particulièrement tournée vers la céramique et s'est perfectionnée dans ce domaine à l'Institut Européen des Arts Céramiques de Guebwiller ainsi qu'en suivant les cours du céramiste Michel Hoch.

 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°2 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

 

 

Inspirée par le corps humain, l'artiste lui donne chair par le biais de divers matériaux et use de différentes techniques allant du dessin à la céramique, en passant par la peinture. La robe qui a longtemps emprisonné le corps des femmes à l'instar d'une carapace, on songe aux robes à crinoline ou à panier, s'invite de manière récurrente dans les créations de Valérie Schott. Le corps s'y révèle dans ses formes amples, généreuse et sensuelles.

La robe enveloppe un corps invisible mais tangible, l'enrobe pour mieux le dévoiler, ou le « dérober », si je puis m'exprimer ainsi… Une musique silencieuse fait danser ces robes hantées, voire habitées par les fantômes de notre mémoire collective.

Ces robes, qui font toutes références à l'anatomie d'un cœur humain, battent à l'unisson dans un chœur d'argile qui égrène les petites notes d'une poésie intemporelle.
 

Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère

© Crédit photo : Claude Menninger, "Image n°3 de l'exposition de

Valérie Schott", mai 2017.

 

 

L'immense tableau en bois, réalisé en pyrogravure, évoquant Adam et Eve sous forme d'écorchés, la chair à vif, renvoie à notre vulnérabilité et à notre humaine condition de mortels. Les iris et les ancolies, fleurs que l'artiste affectionne plus particulièrement, plantées au pied du couple biblique, signent notre appartenance au monde végétal.

Car du minéral à l'humain, Valérie Schott n'a de cesse de tracer un lumineux chemin qui interroge dans le même questionnement notre origine et notre finitude.

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique

 

Françoise Urban-Menninger, « Rencontre avec Valérie Schott à Widensolen dans le café-épicerie de son arrière-grand-mère », photographies de Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/valerie-schott.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 10:35

 

N°6 | Entretien artistique

 


 

Interview avec l'artiste peintre

 

 

Martine Séchoy-Wolff

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Illustration de

 

Martine Sechoy-Wolff

Interview avec l'artiste peintre Martine Séchoy-Wolff

© Crédit photo : Martine Séchoy-Wolff, La Fête des Morts au Mexique, 2015.

 


 

 

Françoise Urban-Menninger – Pourriez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

 


 

Martine Séchoy-Wolff – Je suis née à Paris, je vis et travaille à Wolfisheim. J'ai été formé durant six années aux Arts Décoratifs de Strasbourg auprès de Camille Claus, Camille Hirtz et Roger Cochard à la suite de quoi ...........je me suis lancée avec bonheur dans mon métier d'artiste peintre tout en animant en parallèle des cours et des stages d'arts plastiques auprès d'enfants et d'adultes.

Peindre, c'est aller au plus profond de ma conscience, jouer avec un monde riche de formes, de tons, de tourbillons de couleurs lumineuses, paysage intérieur qui révèle mon moyen d'expression favori : la joie de peindre fait partie de ma vie, c'est pour moi une jubilation de la couleur avec une recherche entre l'équilibre des formes et la sensualité des matières.

 

 


Françoise Urban-Menninger D'où vous vient l'envie de créer ?

 


 

Martine Séchoy-Wolff – Depuis l'enfance, j'ai été attirée par le dessin, la peinture et le côté ludique de manier la couleur sous formes différentes. Je pouvais passer des heures dans ma chambre un pinceau à la main et cette envie ne m'a jamais quittée... C'était inscrit en moi !

 


 

Françoise Urban-Menninger – Comment travaillez-vous, par quelles techniques ?


 

 

Martine Séchoy-Wolff – Au cours de mes vacances, j'emporte toujours de grands cahiers de feuilles blanches dans lesquels je note et peins souvent à l'aquarelle ce qui me touche et m'interpelle : impressions colorées, formes changeantes, richesse chromatique de l'eau, des nuages, silhouettes sur les plages.....et ces études me serviront au courant de l'année à de nouvelles créations picturales dans mon atelier, sur papier, toile ou support de bois avec des aquarelles, des pastels, de la peinture à l'huile ou acrylique.

 

 

Françoise Urban-Menninger – Qui sont les peintres qui vous inspirent ?

 

 

Martine Séchoy-Wolff – Ils sont nombreux et plutôt à portée poétique : le mystère d'Odilon Redon, les couleurs du bonheur de vivre qui se dégagent de l'œuvre de Bonnard, Gustave Klimt avec ses femmes de la haute société viennoise richement parées, le trio impressionniste Marie Bracquemond, Berthe Morisot et la tendresse des toiles de Marie Cassatt, sans oublier la musicalité des œuvres de Zao Wouki ni celles de Paul Klee...


 

 

Françoise Urban-Menninger – Quels sont vos projets récents ?


 

 

Martine Séchoy-Wolff – En 2015, je suis allée voir mon fils à Los Angeles et j'ai exposé quelques tableaux dans une galerie à Long Beach. L'année dernière, je suis allée en vacances, à Puerto Vallarta au Mexique, sur la côte Pacifique, dans la région de Jalisco. Cette ville, avec la ville de Mexico est une des destination la plus importante du pays pour les amateurs et les collectionneurs d'art...

Je vais y retourner en octobre prochain et y présenter quelques tableaux lors de mon séjour. Là-bas, j'ai pu assister à La Fête des Morts qui dure deux à trois jours au cours de laquelle les adultes et les enfants se griment en mort, portent des maquillages et des costumes extravagants, c'est une fête colorée et ludique, mystérieuse et ensorcelante. Dans les rues sont érigées des sortes d'autels colorés, agrémentés de bougies, de fleurs et de fruits en mémoire d'êtres chers qui ne sont plus de ce monde...

Cette fête se situe à la fin du mois d'octobre ; la grande Frida Kahlo est une icône dans cette ville et l'Art est partout : sur d'immenses fresques en mosaïques dans les rues, sur les devantures des restaurants dont les salles sont toujours décorées de splendides tableaux, sur la plage avec les immenses sculptures qui bordent l'Océan, les tissages merveilleux... Toute cette créativité m'a enthousiasmée et enrichie d'idées nouvelles pour mes tableaux.

 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Françoise Urban-Menninger, « Interview avec l'artiste peintre Martine Séchoy-Wolff », illustration de Martine Séchoy-Wolff, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 23 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/martine-sechoy-wolff.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Numéro 6
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 15:42

 

Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

 

Marguerite d’automne

 

 

 

Poème et illustration de l'artiste

 

Anick Roschi

 

Cet extrait est reproduit avec

l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions Stellamaris

 

Marguerite d’automne

© Crédit photo : Henri Roschi, Vieille & oiseau

 

 

 

Sur son marbre

chrysanthème

est

désaxé

 

un peu à gauche

un peu à droite

 

chrysanthème

est las

 

de fleurir

toujours

sa mort

 

sur cette stèle

là.*

 

 

 

* Ce poème est extrait du recueil Je vous fleure, Éditions Stellamaris.

 

 

Réception  du recueil Je vous fleure dans les médias :

 

***

Pour citer cet extrait

 

Anick Roschi (poème et illustration), « Marguerite d’automne », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°6|Printemps 2017 « Penser la maladie et la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 17 mai 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/marguerite.html

 

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