4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 10:39

Événements poétiques | Calendrier du matrimoine poétique 2022 & N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier mineur | Articles & témoignages

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​​​​​Il a fallu gérer la peur avec

 

 

« Andrà tutto bene… » de Hanen

 

 

 

 

 

 

Témoignage & photographies de

 

Arwa Ben Dhia

 

 

 

© ​Crédit photo : Première de couverture du recueil « Tout ira bien… » aux éditions Le Lys Bleu.

 

 

 

« Le lecteur ne peut pas rester indifférent à la douceur des métaphores, à l’élégance des anaphores dont raffole la poétesse, ainsi qu’à la « spontanéité » des rimes libres et diverses, qui ne sont jamais forcées, et qui semblent toujours arriver naturellement. »

 

 


 

Le recueil poétique « Tout ira bien… », de Hanen Marouani, publié aux éditions Le Lys Bleu en 2021 est un petit bijou que je possède dans ma bibliothèque. Sur la forme, l’ouvrage est fort joli, a une belle finition et une très bonne qualité de papier. Sur le fond, c’est un hymne à l’espoir dans un monde où l’on est souvent tenté par le désespoir. On peut le deviner du titre qui est inspiré du slogan affiché sur tous les balcons des Italiens lors du premier confinement : « Andrà tutto bene… ».


 

L’optimisme et la spontanéité sur le bout des doigts

 

Sa lecture est une halte rafraîchissante dans une course effrénée contre le temps. Ce livre est d’un lyrisme poignant, où la légèreté des mots rivalise avec la beauté des images. Le lecteur* ne peut pas rester indifférent à la douceur des métaphores, à l’élégance des anaphores dont raffole la poétesse, ainsi qu’à la « spontanéité » des rimes libres et diverses, qui ne sont jamais forcées, et qui semblent toujours arriver naturellement. On y apprécie aussi plusieurs jeux de mots habilement employés. On est saisi par la finesse du style de l’écrivaine et surtout touché par son optimisme. C’est un livre à savourer lentement (ou pas d’ailleurs, chacun à sa guise), à lire et à relire sans modération. Personnellement, je l’ai à mon chevet et en lis parfois quelques poèmes avant de dormir, mais on peut le lire à n’importe quel moment de la journée pour s’apaiser, pour s’évader…

 

 

 

Pour vous donner encore envie : Voici une triade de mes préférés ! 

 

 

 

Si je devais choisir une triade de poèmes préférés, je dirais que ceux qui m’ont charmée le plus sont : 

« Nostalgia », (p.57), qui vous plonge dans une tendre atmosphère tunisienne dans laquelle j’ai grandi et dont le souvenir n’est pas sans m’émouvoir. En voici un extrait :

 

« Quand le sens d’une absence nous arrive sans prévision et son chuchotement nous berce doucement… Il s’éloigne puis un temps nous revient. Quand l’enfance oubliée et abandonnée nous oblige à nous retourner sur les traces passées pour nous faire vibrer par son va-et-vient… En continuum, sans raison ou sans lien mais elle annonce sa répartition en deux chemins : tourmenté et serein » 

 

« De ton encre noire », (p.35), dont je partage avec vous les derniers vers :

 

« Une méditation interminable dans tes tableaux et dans tes invisibles autoportraits

Tes échecs, tes fêlures, tes déraisons, tes débuts, tes fins et tout ce qui te semble réitéré

Ton inimitabilité surréelle remue mes songes identitaires et lacérés

Me revoilà tout près de toi sous les volets de tes nuits soyeuses et agitées

De ton encre noire sans sépultures, je renais de mes seins déshabillés»

 

« N’oublie pas de vivre », (p.97), dont je partage avec vous aussi les derniers vers :

 

« Exalte ta joie loin de la structure et de la langue de bois

Exalteta folie jusqu’à toute extrémité et jusqu’au bout des doigts

Exalte ta curiosité en toute liberté sans loi mais avec beaucoup de foi. »

 

Une poésie fleurant autant de sensibilité ne peut que refléter la noblesse et la grandeur d’âme de Hanen Marouani. 

 


Pour l’avoir dans vos bibliothèques, « Tout ira bien… » est disponible dans les librairies françaises, sur le site officiel de la maison d’édition française Le Lys Bleu et sur les sites : Amazon et La Fnac.

 

© ​Crédit photo : Des livres de la bibliothèque privée de la poétesse Arwa Ben Dhia.

 

 

© Retour d’une lectrice poétesse & amie

 

 

 

* L'emploi du neutre français par l'autrice provient de sa volonté de s'adresser au lectorat sans distinction du genre et de ne pas alourdir la phrase.

 

© ​Crédit photo : La poétesse Arwa Ben Dhia lisant le recueil « Tout ira bien… » aux éditions Le Lys Bleu.

 

Biographie : 

 

Arwa BEN DHIA est poétesse en différentes langues et auteure de plusieurs ouvrages. De formation ingénieure télécoms et docteure en électronique, elle exerce aujourd'hui le métier d'ingénieure brevets au sein d'un cabinet de Conseils en PI parisien.

 

 

​***

 

Pour citer ce témoignage illustré & inédit

 

Arwa Ben Dhia, « Il a fallu gérer la peur avec « Andrà tutto bene… » de Hanen Marouani », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | AUTOMNE-HIVER 2022 « Poémusique des Femmes & Genre » & Événements poéféministes 2022 | « Calendrier du matrimoine poétique 2022 » & mis en ligne le 4  décembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/matrimoinepoetique22/arwabendhia-andratuttobene

 

 

 

 

Mise en page par David

Dernière modification : 5 décembre 2022

(pour compléter la notice biographique de l'auteure)

 

 

 

 

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 17:52

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Critique & Réception | Dossier mineur | Articles & témoignages / Muses au masculin 

​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

​​​​​Claude Luezior,

 

Sur les franges de l’essentiel

suivi de Écritures,

 

éditions Traversées, Belgique, 128 p.,

 

2022, ISBN : 9782931077047

 

 

 

 

​​​​​

 

Sonia Elvireanu

 

Anc. Autrice bilingue & Professeure de Lettres à l'Université d'Alba Iulia en Roumanie 

https://www.babelio.com/auteur/Sonia-Elvireanu/563197

 

 

 

© ​Crédit photo :  Couverture illustrée de l'œuvre "Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures" aux éditions Traversées.

 

 

 

Infatigable poète et penseur, Claude Luezior réfléchit sans cesse à l’Histoire décevante de l’humanité, à ses défaillances et injustices qui persistent au fil des siècles, mais aussi à la poésie et aux poètes qui s’érigent contre le mal de toute sorte dans leur appel au bonheur de la vie.

Son nouveau recueil  Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures est conçu d’une manière particulière, le poète y met ses réflexions en poèmes, effluves de pensées et de sentiments, et en prose poétique. Ainsi la voix du poète renforce-t-elle celle du penseur, la poésie et la métapoésie se donnent la main pour nous faire réfléchir à l’évolution de l’Histoire  toujours tragique et au langage de la poésie au fil du temps.

Son livre s’ouvre avec le « Liminaire », un discours sur le besoin de l’homme de graver son empreinte sur la Terre, de la préhistoire à nos jours, avec les moyens de chaque époque : peintures sur les parois des cavernes, parole inscrite sur les tablettes d’argile ou de cire, sur le papyrus ou imprimée sur papier depuis la découverte de Gutenberg, absorbée par le nouveau langage des médias, globalisé, « sans foi et loi ».

Le poète dessine le visage d’une Histoire qui s’avère « une chanson de sourds » où les poètes, « égéries des fous », se heurtent aux politiciens véreux, « aveugles », indifférents au langage secret de l’art, une histoire à laquelle il refuse de se plier, dénonçant ses défaillances, ses combats de la mort. La poésie devient alors une sorte d’aube qui sème de la lumière dans les ténèbres du temps historique malheureux. Et le poète s’ouvre tel un coquillage où « luisent tous les désirs ».

Claude Luezior aimerait nous rendre conscients de l’essentiel de la vie, ce don merveilleux que les gens ne cessent de dégrader par leurs envies destructives, par leur orgueil maléfique du pouvoir qui conduit vers l’absurdité des guerres fratricides et abominables.

Sa plume dénonce et interroge une Histoire tragique, de « batailles, traîtrises et massacres », « les affres et les tragédies », « la schizophrénie ambiante » de coloniser, l’avenir en danger, asservi à l’intelligence artificielle qui prend le dessus sur « l’intelligence du cœur ». 

Engagé, le poète se fait le porte-parole de la souffrance humaine : il veut avertir sur le danger d’un avenir asservi aux technologies, sur une « agonie que secrètent des siècles d’indolence ». Il ne cesse de questionner l’homme et sa « folie inventive » qui va contre l’homme. Il parle au nom de l’art, de la parole poétique, lave d’un volcan et empreinte de l’existence sur la Terre. 

Face à la mort qui guette de partout, car la finitude biologique de l’homme est une vérité incontestable, face aux horreurs et à la folie humaine, le poète se demande pourquoi il n’aurait pas le droit de régner dans l’Empire de la poésie, de faire de la vie un acte de courage, de dignité, de joie, de se livrer à l’espoir de « délivrer la vie de son tombeau le plus obscur » :

 

« goûter ce brin de vie

et sa goutte éphémère

 juste à l’instant sacré

me nourrir d’enluminures

prendre la pause d’un émerveillement

quand la fraîcheur

d’un bocage

féconde nos mains

de frémissements. »

 

 

Le poète s’engage à dire la vérité si douloureuse qu’elle puisse être, mais aussi l’espoir à la vie, sa foi en l’art authentique qu’il oppose au virtuel qui mêle tout, déforme le réel y compris le langage, règne en maître absolu sur un présent asservi. Il le fait à sa manière, avec ardeur, révolte, ironie et sarcasme, incessant combattant sur les barricades du Verbe.

Si dans la première partie du recueil, Franges de l’essentiel, Claude Luezior réunit délibérément poèmes et prose, dans la deuxième partie, Écritures, il nous parle en petites proses poétiques, s’ouvrant parfois à la confession de l’écriture, au tourbillon des mots qui assaillent le cerveau du poète jusqu’à leur mise sur la page sous l’éclairage des phrases qui construisent un sens, car l’artiste « tourmente ses phalanges ». Il réfléchit à l’écriture, « une meute de mots, une émeute à l’intérieur de soi », « un acte dangereux », « une mise à nu avant l’immolation »,  un « acte irréversible où l’écrivant avoue sa condition humaine au bord de sa mise en cendres ».

Dans l’écriture « se tordent les âmes dans l’espoir d’un salut », car le poète joue avec « ses rêves d’éternité », sa plume fiévreuse fait danser les ombres de tout ce qu’il a vécu, ainsi se fait–il acteur et témoin de l’Histoire.. C’est pareil dans la peinture à laquelle Claude Luezior fait souvent référence dans son recueil, mais aussi dans ses essais et dans ses livres d’artiste. Le choix du poète nous semble très inspiré pour la couverture de son livre :  la peinture de Jean-Pierre Moulin illustre à merveille la tourmente intérieure d’où jaillit la création.  

 

                                                       © Sonia Elvireanu

Anc. Professeur d'Université,

Alba Iulia, Roumanie

 

 

***

 

Pour citer cet article inédit


 

Sonia Elvireanu, « Claude Luezior, Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures, éditions Traversées, Belgique, 128 p., 2022, ISBN: 9782931077047 »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | AUTOMNE-HIVER 2022 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 2 décembre  2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/elvireanu-ecritures

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 12 Amour en poésie
2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 14:43

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Bémols artistiques | Revue culturelle d'Europe

​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

​​Juliette Jouannais,

 

 

sculptrice de la couleur

 

 

 

 

 

​​​​​

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

© Crédit photo :  Juliette Jouannais, peintures de son exposition : "Sculpter la couleur", image no 1*.

 

 

Juliette Jouannais, née en 1958, diplômée des Beaux-Arts, vit et travaille à Paris. C’est lors de son exposition à la Fondation Fernet-Branca à Saint Louis qu’elle rencontre Chantal Bamberger qui l’expose en cette fin d’année dans sa galerie strasbourgeoise.

 

 

Si Eugène Guillevic affirmait que le rôle du poète consiste « à sculpter le silence », on ne peut qu’adhérer à l’intitulé de cette exposition « sculpter la couleur » qui nous invite à découvrir les œuvres lumineuses de Juliette Jouannais.

 

 

© Crédit photo :  Juliette Jouannais, peintures de son exposition : "Sculpter la couleur", image no 2*.

 

 

 

Pour ce faire, l’artiste peint à la gouache sur du papier qu’elle découpe et incise par la suite, libérant ainsi des claires-voies où ombre et lumière dialoguent avec les formes et les couleurs sans se heurter.

Car la couleur omniprésente impose son cheminement, délivre une myriade d’images joyeuses et oniriques. On y perçoit, selon son imaginaire, des fleurs luxuriantes qui éclosent dans un jardin intérieur, des ailes de papillons ou d’oiseaux exotiques, les valves d’un cœur palpitant, des vagues qui invitent à plonger dans le bleu des songes...

 

 

© Crédit photo :  Juliette Jouannais, peintures de son exposition : "Sculpter la couleur", image no 3*.

 

 

Jouant avec les pleins et les vides, Juliette Jouannais chorégraphie l’espace, taille dans l’air comme dans une étoffe, fait bouger les lignes aux frontières d u visible et de l’indicible. Ses mobiles suspendus génèrent une grâce tout aérienne qui égrène les notes d’une musique pleine de silence. Les volumes semblent flotter telles des ailes d’ange plus légères que l’air dans l’apesanteur d’un rêve éveillé.

Encadrées dans des supports transparents, les créations de Juliette Jouannais ont le pouvoir  de nous émerveiller car en découpant ses gouaches sur papier, elle renoue avec les gestes de l’enfant qui découpe des ribambelles mais mieux encore, elle fait surgir de son inconscient et du nôtre, la magnificences de beautés enfouies qui ne demandent qu’à réenchanter le monde en lui apportant un supplément d’âme.

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

* Les illustrations sont proposées par la galerie de Chantal Bamberger à Strasbourg, URL : www.galerie-bamberger.com 

 

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Juliette Jouannais, sculptrice de la couleur » avec des photographies inédites des peintures de l'artiste, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | AUTOMNE-HIVER 2022 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 2 décembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/fum-sculptricedelacouleur

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 12 Agenda artistique
1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 12:26

Événements poétiques | Calendrier du matrimoine poétique 2022 & N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier mineur | Articles & témoignages | Revue matrimoine 

​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

​​​​​La poésie, l’arme des féministes russes !

 

 

 

 

​​​​​

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

© ​Crédit photo :  Portrait de Marina Skalova signée par Claire Fasulo. Cette photographie de l'autrice proposée par la BNU.

 

Compte rendu de la conférence de Marina Skalova sur la poésie féministe en Russie du

​​​​​​

Le Pan Poétique des Muses relaye cet article essentiel pour soutenir la cause des féministes russes :

 

 

Lundi 28 Novembre 2022. Une conférence de l’autrice Marina Skalova à la BNU (Bibliothèque Nationale Universitaire) en partenariat avec l’université de Strasbourg.

 

 

Marina Skalova affirme d’emblée que la poésie en Russie est devenue un lieu de contestation sociale en opposition à la culture majoritaire qui s’appuie sur « le virilisme » et qui, selon elle, est responsable de ce qui se passe actuellement en Ukraine.

L’autrice évoque les événements historiques de 2010 à 2012 et le jeu des chaises musicales entre Poutine et Medvedev qui généra des manifestations  contre cette élection truquée et  qui signa la fin du pluralisme et de l’ouverture à la démocratie.

À près 2012, les valeurs traditionnelles sont exacerbées telles que l’opposition au mariage des personnes du même sexe et l’aspiration à la démocratie. L’homophobie devient la norme, de même que le culte du masculinisme.

Poutine déclare dans un discours de 2013 que les pays occidentaux rejettent leurs valeurs et racines chrétiennes et ne font plus de différence entre la croyance en Dieu ou en celle de Satan !

Dès 2003, la censure artistique sévit. L’exposition « Attention religion » est vandalisée en 2016, les Pussy Riot sont condamnées pour avoir dénoncé dans une chanson la collusion entre la religion orthodoxe et l’état : « Les seules femmes sur l’autel sont des femmes de ménage », chantaient-elles...

 

 

© ​Crédit photo :  Les fameux billets de banque où sont inscrits des messages de paix.

 

 

Des lois punitives sont édictées :

 

2013 La loi Anti-LGBT1

2017 La décriminalisation de la violence conjugale et familiale est votée, l’on compte dès lors 60 % de femmes tuées par leur conjoint et 74 % de femmes emprisonnées le sont parce qu’elles ont tué leur conjoint

2022 La loi Anti-LGBT2 est proclamée, le sexisme fait bien évidemment partie de  rhétorique poutinienne et c’est dans ce contexte que le féminisme devient le mouvement le plus puissant et le plus fédérateur de la Russie d’aujourd’hui en s’appuyant sur la poésie qui n’est autre que l’un des derniers bastions de la liberté.

Beaucoup d’actions féministes émanent d’une centaine d’autrices qui écrivent de la poésie. Galina Rymbu est l’une d’elle, elle participe à la revue en ligne F-Letter et à l’atelier F.Pismo qui dénonce les procès absurdes. C’est ainsi qu’une jeune femme qui a dessiné des organes génitaux féminins dans un but éducatif est menacée d’incarcération. Pour la soutenir, une centaine d’autrices écrivent un poème intitulé « le vagin » ! La parole se libère quant aux violences conjugales. Une autre poète, Oksana Vasyakina explore la vie des « marges », s’attache à évoquer les corps des mères usés par le travail, s’emploie à restituer le réel…

En 2019, la mobilisation est vive dans le pays pour défendre trois sœurs parricides abusées depuis de nombreuses années par leur père. Ces trois femmes qui encourent vingt ans de prison sont soutenues par des milliers d’autres, l’affaire devient un catalyseur de la violence familiale enfouie dans le silence d’une société patriarcale.

De nombreux blogs de femmes émergent, ils deviennent une force politique et un lieu d’émancipation où les poétesses solidaires entre elles s’écrivent comme des sujets féminins.

Après l’invasion russe naît le mouvement féministe anti-guerre qui dénonce de Kaliningrad à Vladivostok les violences policières, étatiques, militaires...Des cellules actives opèrent dans une trentaine de pays pour aider les Ukrainiens, les déserteurs russes, les minorités ethniques...La Pravda des femmes est publiée, les billets de banques sont couverts de messages invoquant la paix, des cartes postales anti-guerre sont envoyées par SMS…

En parlant à partir du corps des femmes, les autrices russes renversent les valeurs traditionnelles, défient la langue étatique, font éclater au grand jour les violences qui se répercutent sur les corps des femmes en Ukraine, à notre tour de leur prêter nos voix pour relayer leur poésie engagée qui nous engage nous aussi en tant que femmes et poète. Retenons les noms de Marina Skalova, Galina Rymbu, Nastya Denisova, Ekaterina Simonova, Egana Djabbararova, Lolita Agamalov et ceux de toutes les autres, connues ou inconnues, qui ont pour toute arme, le flambeau de la poésie !

 

© Françoise Urban-Menninger

 

© ​Crédit photo :  La couverture du dernier ouvrage paru de Marina Skalova.

 

 

***

 

Pour citer cet article inédit du matrimoine poétique


 

Françoise Urban-Menninger, « La poésie, l’arme des féministes russes ! »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poéféministes 2022 | « Calendrier du matrimoine poétique 2022 » & N°12 | AUTOMNE-HIVER 2022 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 1er décembre  2022. Url :

 

http://www.pandesmuses.fr/no12/matrimoinepoetique22/fum-poesielarmedesfeministesrusses

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 12 Matrimoine poétique Poésies féministes

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Info du 29 mars 2022.

 

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