31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 

Critique & réception

 

 

Texte reproduit

 

Michèle Finck, Balbuciendo

 

Ouvrage poétique paru aux ÉditionsArfuyen


 

Françoise Urban-Menninger

  Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure et de la revue Exigence-Littérature 

 

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782845901773.jpg

    
Après L’Ouïe éblouie paru aux éditions Voix d’encre, Michèle Finck signe l’édition d’un deuxième recueil chez Arfuyen dont le titre Balbuciendo nous renvoie d’emblée vers l’origine du langage qui nous met au monde. On songe aussitôt au merveilleux film-poème La momie à mi-mots où apparaissait Michèle Finck, poète et scénariste et dont le réalisateur Laury Granier nous disait que derrière l’écrivain se cachait « l’éternel enfant ».


« L’éternel enfant » use de ce balbutiement dont G. Diego dans le livre de Paul Gifford Paul Valéry : musique, mystique, mathématique nous affirme qu’il est « la poésie, ces choses ou cette chose que tentent obscurément d’exprimer les cris, les larmes, les caresses, les baisers, les soupirs. ». Et de citer le fameux vers du Cantique Spirituel du mystique espagnol Jean de la Croix : « un no sé qué que balbuciendo ». Le livre que vient d’écrire Michèle Finck est bien un livre qui répond à cette définition. La rupture, le deuil, l’absence tracent sous la peau vive de l’auteure "des lignes de douleur".


Dans la première des trois parties qui composent le livre, Michèle Finck évoque "L’amour et l’échec de l’amour...". On retrouve dans "Présage" l’atmosphère de La momie à mi-mots avec de "Frêles cerfs-volants que le vent frôle'' mais déjà l’auteure voit sa "tête équarrie dans la vitrine d’un boucher". Image forte, étrange, fantasmatique dans la lignée de celles d’Anise Koltz ou de Claude Ber qui nous touche dans notre chair. Car à n’en pas douter, les mots de Michèle Finck ont partie liée avec ce corps qui les sécrète : "Les gencives de l’enfance saignent", "L’oreille pleure d’astres crevés"...

La deuxième partie du livre consacrée à la mort du père est bouleversante. L’enfance du père y est évoquée avec une tendresse infinie : "l’avoir entendu balbutier qu’il avait appris à déchiffrer tout seul livres et partitions en gardant les vaches."... Michèle Finck avec son âme d’enfant se remémore son père enfant avec ses frustrations, ses peurs, ses désirs. Le lecteur éprouve une totale empathie pour l’auteure au chevet de son père agonisant et il ouvre avec elle "de nouvelles portes de douleurs à l’intérieur de soi".

Suivent alors des poèmes magnifiques tel "De givre et de feu" où père et fille se retrouvent au coeur du poème "Écrit à deux bouches". Dans le texte "À deux voix" où le père incinéré devient "Père à la peau de sapin père brûlé", on appréhende la consumation totale du moi dans la nature qui a inspiré le père également poète.

Indubitablement, le livre de Michèle Finck est l’une de ces étoiles filantes qui nous éclaire dans notre nuit. Si le vrai cimetière n’est autre que notre mémoire, il n’en est pas moins vrai que ce recueil est la vraie tombe du père décédé. Et l’auteure de nous rappeler la lettre de Goethe à Zelter dans laquelle il soutenait :" J’ai la ferme conviction que notre esprit est une substance de nature tout à fait indestructible, qui continue d’oeuvrer d’éternité en éternité".

Dans la troisième et dernière partie intitulée « Scansion du noir », Michèle Finck, on le pressent, a décidé de continuer "à oeuvrer" : "Ciel silence cigale/J’écris/D’un seul coup tout autour des tortues sauvages."

Et l’écriture du ciel de mettre un baume sur cette incoercible souffrance : " Ce soir un peu de bleu a eu pitié de moi " et le lecteur de refermer ce livre en sachant qu’il faudra très peu de temps pour qu’il le reprenne pour une nouvelle lecture. Car les lectures de Balbuciendo ne peuvent être que multiples. Il y a plusieurs livres dans ce recueil où les images forcent notre inconscient tant leur puissance et leur magnificence nous interpellent jusque sous notre peau où chaque mot rencontre son écho car le poème et son auteure ne font plus qu’un dans un corps de lumière où l’écriture s’impose pour révéler sur la page blanche " le scanner de l’obscur ".

 

 

Pour citer ce texte


Françoise Urban-Menninger, « Michèle Finck, Balbuciendo, ouvrage poétique paru aux Éditions Arfuyen » (reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure et de la revue Exigence-Littérature, url. http://www.e-litterature.net/publier/spip/spip.php?page=article5&id_article=278), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », «  Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, texte mis en ligne le 31 octobre 2012. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-michele-finck-balbuciendo-ouvrage-poetique-110896855.html/Url.

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

Françoise Urban-Menninger  Wikipédia

http://www.lemanoirdespoetes.fr/poemes-francoise-urban-menninger.php

http://sociedadedospoetasamigos.blogspot.fr/search/label/Fran%C3%A7oise%20Urban-Menninger

 http://www.editinter.fr 


Auteur(e)


Françoise Urban-Menninger est poète et nouvelliste, auteure d'une vingtaine d'ouvrages de poèmes et de nouvelles. La plupart ont paru chez Éditinter, le dernier recueil de poèmes en date est De l'autre côté des mots. Elle anime des ateliers d'écriture à Strasbourg où elle est critique d'art pour la revue Transversalles, elle rédige également des critiques littéraires pour la revue électronique Exigence-Littérature. Elle est également membre de la SIEFEGP et de l'équipe de la revue Le Pan poétique des muses.

 

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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 

Texte reproduit

Invitée de la revue

 

Geneviève Pastre

 

 

Florence Trocmé

  Texte reproduit avec l'aimable autorisation de la journaliste



 

Née le 20 novembre 1924, date du Manifeste du surréalisme, Geneviève Pastre a des racines triples : le Rhin, Mayence lieu de sa naissance, la Lorraine où elle a passé toute son enfance, et les grands Causses, Millau et toute sa région, terre d'origine de sa famille depuis toujours. Et le monde à découvrir.
Malgré une enfance vouée à la danse et sa volonté affirmée de s'y consacrer, elle est contrainte par sa famille à y renoncer et à poursuivre des études littéraires. À 24 ans, les termine par l'agrégation de grammaire, qui l'oriente vers l'enseignement.

Cette rupture avec ce qui donnait un sens à sa vie et à sa création artistique provoque chez elle, avec l'expérience de la douleur, le réflexe de l'écriture et la métamorphose en poète. Parallèlement, elle suit des cours de mime (avec Marceau et Jacques Lecoq) et, retrouvant ainsi la scène, crée son propre groupe, qui devient compagnie théâtrale en 1974, sous le nom de Théâtre de l'escalier, puis sous celui de "Compagnie Geneviève Pastre". Ce sont alors des années de bonheur (près de vingt ans) dans et par la création continue (au moins une création annuelle).
Après avoir publié des recueils de poèmes, des textes et un essai sur l'amour, De l'Amour lesbien, chez différents éditeurs, elle crée une collection personnelle « Les Octaviennes » en 1985, et finalement, sa propre maison d'édition en 1989 : Les Éditions Geneviève Pastre. Celles-ci incluent sa première collection, à laquelle elle en ajoute une seconde « Les Gémeaux, puis d'autres « bibliophilie », romans,  essais, et une minipoche « Courants Ascendants ».

Le terme "Les Octaviennes" désigne aussi depuis 1988, une association de femmes créatrices, (ouverte à toutes et ouverte sur le monde) qu'elle a fondée et qu'elle anime, pour développer un réseau culturel original autour de jeunes talents autant que d'auteures confirmées. Cette association culturelle fonctionne sur invitation et cooptation, de manière à préserver, tout en les élargissant, les "affinités électives". (BP 4242 - 75160 Paris cedex 04).
Elle a créé un prix de Poésie, un Prix Interarts, un Prix "Les Gémeaux", (créé en 1999) pour les poètes gais qui avaient concouru spontanément dès 1997.
Déjà en 1990, elle avait organisé le Troisième Festival européen de l'écriture gaie et lesbienne à Paris, "Anticipations Festival" qui a réuni près d'une centaine d'écrivains et d'écrivaines, de critiques, de traducteurs/trices et d'éditeurs/trices (débats, salons littéraires, spectacles, etc.). Les premiers salons organisés dans le cadre de FALGWE (la fédération européenne) avaient eu lieu à Londres en 1987, puis à Rotterdam, "Satisfiction" en 1989.
Elle a enfin créé, en 1985, un groupe d'écriture expérimentale : Tendi Mundi qui a participé, entre autres, à la Foire de la Poésie de Paris, aux Journées internationales de poésie de Rodez. Elle a également animé un atelier aux Rencontres Nationales d'Ateliers d'Écriture à Aix-en-Provence en février 1993. Elle participe aussi en tant qu'auteure et éditrice aux Salons de l'Homosocialité, et à celui de la Salle Wagram et de Cineffable. Avec les Octaviennes elle dit ses textes dans des récitals donnés en public (restaurants de femmes et autres manifestations publiques). Elle se partage ainsi entre l'écriture, la mise en scène, la poésie, la recherche philosophique, sociologique et anthropologique, fait des communications dans de nombreux colloques et festivals, a été invitée sur des TV tant étrangères que françaises. Pendant dix années, elle a animé une émission hebdomadaire sur Radio-Libertaire, "Les Affinités électives".
 

 

Elle a utilisé divers pseudonymes, en tant que critique ou romancière. Elle vient de créer un parti politique, les Politides (ou Mauves). Il propose un projet global de société, redéfinit l'homme sur des bases modernes, être d'expression et relationnel, en particulier en intégrant les sexualités dans son expression fondamentale et en se positionnant d'une façon décisive et radicale sur les grands sujets d'actualité sociaux, droits de l'homme, politiques (famille, enfant, etc.), et prend position publiquement chaque fois que l'événement l'exige.


Publications


  • Pierre éclatée, poèmes, éd. St Germain-des-Prés, Miroir Oblique, 1972 (épuisé).
  • Fleur dans le Ventre vert, poèmes, éd. Millas-Martin, 1973 (épuisé).
  • On gaspille l'Amarre ici, poèmes, éd. St Germain-des -Prés, Poètes contemporains, 1975 (épuisé).
  • 7-14-17 ou Architectures d'Éros, Ed. Subervie, Rodez, 1978.
  • L'espace du souffle*, roman, éd. Christian Bourgois, coll. blanche, 1977 réédité. aux éditions Geneviève Pastre, Paris, 1990.
  • De l'Amour lesbien*, essai, Pierre Horay, Paris, 1980, traduction allemande à Berlin en 1985 chez Sissiverlag.
  • Octavie ou La deuxième mort du Minotaure, récit-poème, 1985 et réédition en 1998.
  • Fulvie ou Voyage à Delphes, journal de voyage, 1986
  • Athenes et le "Péril saphique", essai d'histoire critique, 1987, réédition 1997.
  • Préludes pour un largo, poèmes, illustré par Madeleine Scellier, sur pur vélin Johannot, tirage limité, imprimerie de La Charité, Montpellier, coll. les Oct. 1988 épuisé, repris dans la coll. Courants ascendant. Largo, poème, traduit en anglais par Marilyn Hacker (in 13TH MOON, vol.14, University Albany).
  • Le Nouveau manuel d'orthographe, traité-pamphlet d'esthétique de la grammaire et du langage, 1991.
  • Amélie ou Ondes de choc, nouvelle, (in "Mit Würde und Feuer", Wien Frauen, 1993. Paru en 1999, en édition originale française, au Québec.
  • Trois gorgées du modeste royaume, poèmes, 1995.
  • Le Bien aimer, essai philosophique et esthétique sur l'amour, 1995. 
  • Les Amazones, du mythe à l'histoire, essai d'histoire critique, 1996. 
  • À ma Mère, récit paru dans " Sie ist gegangen", Orlandaverlag, Berlin, 1997.
  • Octavie/Octavia/OTtavia, traductions d'extraits d'Octavie ou la deuxième mort du Minotaure, en espagnol par Monica Khobzi, en italien par Bianca Rabaioli Apostoli
  • ''Intersections des seuils'' in Trois, revue québecoise dirigée par Anne-Marie Alonzo, Québec (juillet 1998).

Nombreux articles parus dans des revues françaises ou américaines en particulier 

  • "Le "JE" femme/ homme" in L'homosexuel/le dans les sociétés civiles et religieuses CERDIC/CNRS Strasbourg (colloque), 1985 ; « J’entends cette clameur », in La Société des femmes, anthologie des Cahiers du Grif , éditions complexe, 1992.
  • « Twentieth Century Lesbians : Should we revive Memory or break with the Past », in Journal of Homosexuality, vol 25 , n°1/-1-1993.
  • « Sortir du piège… par un saut qualitatif : la saisie intuitive du philosophe par un regard sur lui-même, être humain sexué », in Homosexualités, expression ; répression, Stock, 2000.
  • À paraître : Une Femme en apesanteur (Mémoires littéraires militantes et politiques de 1975 à 1998) aux Éditions Balland.

Entre texte, musique, mise en scène et peinture

  • Deux poèmes mis en musique par Yves-Marie Bruel et chantés par Christine Gouzes à l’abbaye de Sylvanès, en 1978 (in CD-oeuvres complètes d’Y. M. Bruel, 1995)
  • En Mai 1992, Le Théâtre de la Méduse a produit l'espace du souffle, dans une adaptation et une mise en scène de J.J. Charbonnier, avec Catherine Hasselwander. (La création a eu lieu au Théâtre Arcane à Paris.
  • En Novembre 1992, Jean Paul Gilly a exposé cinq tableaux d'une série de 29 à partir de l'espace du souffle, à la Mairie de Pantin, et au Centre Culturel d'Aubervilliers.*

 

 

* Voir aussi url. http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/une_lecture_de__1.html

 


Pour citer ce texte


Florence Trocmé, « Geneviève Pastre  » (texte reproduit avec l'aimable autorisation de la journaliste, 1ère publication in Poezibao dans ''Poètes'' (fiches bio-bibliographiques) le 2 novembre 2005, url. poezibao.typepad.com/poezibao/2005/11/genevive_pastre.html), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques  : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes . Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, texte mis en ligne le 31  octobre 2012. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-genevieve-pastre-110904727.html/Url. http://0z.fr/QFAAR

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

http://poezibao.typepad.com/poezibao/

 

http://www.sitaudis.fr/Auteurs/florence-trocme.php

 

http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=1651

 

http://www.viabooks.fr/interview/entretien-avec-florence-trocme-16063

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Poezibao

 

http://remue.net/spip.php?article3724

Auteur(e)

 

 

Florence Trocmé

 

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Poèmes calligraphiés

 

 

Invitée de la revue

 

Danse l'Amour, Perle fine

 

 

Nicole Coppey

    


  Cliquez sur la photo pour l'agrandir

 

 

Danse l'Amour, perle fine

 

 

 

Ô mon cœur

 

 

Nicole Coppey


 

    Cliquez sur la photo pour l'agrandir


 

Ô mon coeur

 

 

 

Pour citer ces poèmes


Nicole Coppey, « Danse l'Amour,  Perle fine » & « Ô mon cœur »   , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Poètes & Muses. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-danse-l-amour-perle-fine-o-mon-coeur-110907458.html/ Url. http://0z.fr/eEjfb


Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

http://www.nicolecoppey.com/

 

http://www.billetreduc.com/spectacle-nicole-coppey.htm

 

http://jmtheytaz.over-blog.com/article-couleurs-et-senteurs-de-vagues-avec-nicole-coppey-96060865.html

http://www.youtube.com/user/NicoleCoppey


Auteur(e)


Nicole Coppey

 

Chaîne sélectionnée par la revue

 

Url. http://www.youtube.com/user/NicoleCoppey

 

Vidéos choisies par la revue (poésie multimédia) 

 

 
 
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Invitée de la revue

 

Au pays des doubles 

 

 

Marie-Alice Théard

 

 


Partant à la recherche du gardien des promesses intenues et des indiscrétions mal venues
Entre l'aube et l'aurore la mélancolie diffuse des pistes nouvelles dans les allées du ciel
Serpentant les montagnes cherchant un point d'ancrage
Le jour s'effiloche comme un souffle d'ailleurs dans la tiédeur du matin naissant
Somnolant dans un relent d'oubli
Les angoisses des âmes chimériques errent dans l'imaginaire le plus profond
Ou l'abstrait et la fiction racontent les carambolages du hasard
Des accords symbiotiques suscitant le rêve ou les utopies inaccessibles deviennent réalités
Le nomade jouit de la complaisance des harmoniques de la pensée
La fulguration du jour s'accouplant aux minuscules parcelles de rosée des paysages habités
Et le conteur visionnaire mire à travers la persienne aux paupières mi-closes l'ombre fluide de son double mouvant
Son œil s'évade évasant les vains espaces où les pas de son frère
inconnu flottent le long du flanc des vérités éternelles
Ludique il se réjouit des improvisations ciselant la vastitude du rivage de la mémoire révélée
Voyageur effréné la silhouette de l'homme sillonne les variantes légendaires des secrets oubliés et des dires interrompus
II plonge impoliment dans la cadence de l'ambiance d'une vie parallèle
Et prend son envol impétueusement la où la lumière accentue le raffinement du rideau de dentelle
Ses flancs frémissants devancent l'exquise connivence parsemant l'exubérance de son intrépide randonnée
Sur l'île il rencontre l'âme sœur ou son autre moitie
Depuis les mythes l'histoire raconte que dans le rituel du lieu
Clef précieuse du mariage de l'imaginaire et du symbole
Chacun retrouve son double
Pareillement curieux de voir s'animer le sien dans le rationnel ou dans l'absurde
Et le dormeur se perd dans la fine mousseline des nuages s'étirant jusqu'en fin d'horizon
Son rire moutonnant par endroit l'azur de pyramides de lumière

 

 

La ville abandonnée  

 

 

Marie Alice Théard

 

Dans la douleur d'un jour d'été
Silhouettant la berge tel épi de rosée
La marée turbulente marque les allées et venues des rencontres
fugitives
Seule sur les quais de la ville abandonnée
Veille la femme aux yeux avides
Elle écoute les lamentations du vent du nord
Questionnant le chant de l'urne gardienne de la parole captive
Elle sait que dans l’œil du vagabond
Somnolent les rêves des marins de passages
(Ils ne font que côtoyer le port)
(Leur espoir est ailleurs)
      Et la femme aux yeux avides
Plonge dans le ravissement des poissons bleus
Sur les rives elle s'anime
Ciselant l'océan d'argent
Sa folie s'évade vers des lieux de clémence
Inlassablement elle attend
Elle attend l'heure sienne
Celle qui ramène les amis partis pour des ports imprécis
Au rythme du banda1 e1le danse virevolte tourbillonne
L'invraisemblable retour des jeux de l'enfance
Elle entrelace sa réalité aux contorsions de sa démence
Et tout redevient comme avant sur la plage
(Avant)
(Avant... Avant quoi)
Avant que le malheur ne vienne avec son équipage
      Dans l’œil du vagabond la berge
Le rêve la danse la mer
L'attente et les poissons bleus
S'éparpillent en giboulées de cauchemars permanents
Et le long du rivage délaissé
S'allonge la douleur d'un jour d'été
Sur les quais de la ville abandonnée
La femme s'est écroulée
Épuisée
Dans son regard flétri
S'émaillent les reliefs des illusions d'antan

 
[1] Banda: danse de l’île d'Haïti pour démystifier la mort

 

 

 

La permanente douleur  

 

 

Marie Alice Théard

 

L'œuvre du poète porte la marque de l'atmosphère des harmonies perdues
Modulant l'éclairage de la rue sans réverbère
Une silhouette s'infléchit à la rencontre d'épais contours noirs Augmentant la sensation d'angoisse des émotions précipitées
Des lignes sinueuses longues et noueuses vont et viennent
Tourmenter le promeneur dans les raccourcis de la ville vide et rétive
Pour atténuer le silence aux échos macabres insolemment traces
Des chants croisent les rimes d'un quatrain
Ils décrivent l'exotisme de la misère et de ses plaies
Parlent de la peur sans salvation
De cette île de lamentation
De notre acceptation de malheurs qui se rident et se flétrissent
Se tassant pour faire une place à d'autres frôlant les limites de la folie
Ils s'égrennent au courant de l'air qui boucle sans fin
En plein carrefour de la mort

 

Sans Filiation ni Chronologie   

 

 

Marie Alice Théard


 
L'amour affirme et interroge les aspirations d'un nouvel hyménée
Le secret cisaille les chuchotements qui chavirent dans l'escarcelle des couvaisons de l'instinctif
Les destins étrangers vont-ils donc s'incurver dans le parcours des cohérences démonstratives
Transcendant la subtilité des ombres de la nuit exhaustive Ils trouvent l'exutoire pathétique des aubes indécises
Ils trouvent l'exutoire pathétique des aubes indécises
Ah ! Jouir du fragile équilibre des variantes de nos passions abusives
Assumer le relief des délires sur des pistes éphémères
Fragmenter la douleur dans l'harmonie contraire
Du désespoir de ceux qui dansent avec l'absurde
Ils trouvent l'exutoire pathétique des aubes indécise
Renoncer à l'essentiel pour courtiser la féerie des légendes insulaires où la licorne et le lion modulent l'émoi
L'incomparable pouvoir de l'amour campe des harmoniques pour les carambolages du vent
Posé comme une promesse d'absolu
Le baiser de l'aimé trousse les abysses des dieux


Pour citer ces poèmes


 Marie-Alice Théard, « Au pays des doubles »  , « La ville abandonnée »  , « La permanente douleur  »  & « Sans Filiation ni Chronologie », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 30   octobre 2012.

Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-au-pays-des-doubles-la-ville-abandonnee-la-permanente-douleur-111039262.html/Url.

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

www.festivalartshaiti.com

http://www.wix.com/cwebbn/litteratures#!marie-alice-théard

http://www.wix.com/cwebbn/litteratures#!

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb16267122v/PUBLIC

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb423241405/PUBLIC

 

Auteur(e)


 

Marie Alice Théard

Doctor honoris causa in humanities, Marie Alice Théard poétesse et écrivaine est née à Port au Prince (Haïti). Fille du vent, de l'espace et de la vague, vivant sous le réverbère de Dieu, elle dirige la galerie Festival Arts depuis 1982. Ses textes critiques sur l'art sont publiés dans les journaux à l'étranger et en Haïti. Elle dirige également les Éditions Théard dont le travail lui a valu le prix de l'éditeur de l'année l999. Élue femme de l'année 200l, Députe Directeur Général pour les Amériques de la Biographical International Centre de Cambridge, (BIC), Angleterre.  Elle se plaît à dire que ses œuvres d'art abouties sont ses trois enfants et ses sept petits enfants.
Publications : Cir du cœur (poèmes), Au pays du soleil bleu (poèmes), Au pays des doubles (poèmes et réflexions), Petites histoires insolites, 5 tomes de récits véridiques, Le temps, Paroles à dire (poèmes), réflexions et textes poétiques, Haïti la Voie de nos Silence (recherches et compilations biographiques en 4 tomes), Zéro Tolérance (récit véridique), Yam, l'amour réincarne (récit véridique).

 

 

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Publications

 

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