31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

Annonce reproduite de notre Hors-série n°0

 


 

Recours au Poème


Poésies

 


& Mondes poétiques

 

 

  Présentation de la revue

 


Matthieu Baumier

(rédacteur en chef de la revue Recours au Poème)

  

 

 

 

Recours au Poème


 

est un magazine international hebdomadaire de poésie publié on line. Nous considérons que le retrait de la poésie est une apparence. En réalité jamais le Poème n’a eu de rôle aussi important dans le monde qu’en cette époque troublée.

 

Nous voulons rassembler avec l’aide des technologies de la modernité ce qui est poétiquement épars, en différentes langues, dans un magazine diffusé à l’échelle mondiale, publiant des poètes venus de tous les horizons, de toutes générations, de toutes notoriétés, en un geste décisif : le geste poétique. Il s’agira de mettre sur le devant de la scène ce qui en forme la pierre d’angle :


 Le Poème

 

 

 

Il n’est aucun humain en dehors du Poème et c’est à ce dernier qu’il convient d’avoir recours si nous souhaitons


être


 frères 

 

 

Hebdomadaire, Recours au Poème émet depuis mai 2012. Dans chacun de ses sommaires, le lecteur trouvera des textes de cinq poètes venus du monde entier, des chroniques personnelles écrites par des poètes, des hommages, des études sur des poètes, des poésies, des langages poétiques, une revue des revues, un entretien mensuel, des critiques de recueils ou d’essais sur la poésie.

 

 

Recours au Poème

Poésies

& Mondes poétiques

www.recoursaupoeme.fr

Nouveaux articles en ligne cette semaine

Sommaire 21 / Issue 21 /Sumario 21

Pour toute proposition ou demande : recoursaupoeme@gmail.com

Rencontre

Yves Bonnefoy

Focus

Jean-Luc Maxence, Psaume de réconciliation finale avant de perdre l’âme

Poèmes

Giorgos Lillis

Gabrielle Althen

Alicia Aza

Suzanne Dracius

Helène Cardona

Chroniques

Hommage à Jean Mambrino, par Pascal Boulanger

From Liverpool with love, par Sarah Crewe

Essai

Un tableau de la poésie : la poésie dans la NRF, par Claude-Pierre Pérez

Retour sur Action Poétique, par Paul Vermeulen

Revue des revues :

La revue des revues de Sophie d’Alençon

Europe, Arpa, La Passe, La main millénaire, phoenix

Critiques

Jean-Pierre Védrines, je pense que je vais tomber, par JP Gavart-Perret

Anthologie "Pas d’ici, pas d’ailleurs", par Matthieu Baumier
Les deux derniers recueils d’Olivier Cousin
Ainsi chantait Marsyas de Jacques d’Adelswärd-Fersen, par Marie Stoltz
Portes de l’anonymat de Pierrick de Chermont par Gwen Garnier Duguy

Directeur de la publication

Gwen Garnier-Duguy

 

Rédacteur en chef :

Matthieu Baumier

 

Rédaction

Mathieu Hilfiger

Michel Host

Paul Vermeulen

 

Collaborateurs réguliers

Jean-Luc Maxence, Alain-Jacques Lacot, Alain Gopnic, Pascal Boulanger, Pascale Trück, Salima Aït-Mohamed, Fabien Desur, Jean Maison, Luis Bénitez, Marie Stoltz, Gérard Bocholier, Malika Hadji, Andrjez Taczyński, Pierre Maubé, Marija Knezevic, Antoine de Molesmes, Giriraj Kiradoo Sophie d’Alençon, Dubravka Djuric, Phil McBeath, Denis Emorine, Eze Baoulé, Lucia Acquistapace, Zvonko Karanovic, Max Alhau, Jean-Pierre Védrines, Dimitra Kotoula, Didier Bazy, Željko Mitić, Shasheen Sauneree, Maximilien Kronberger, Christos Chrissopoulos, Nathanaël, Arundhathi Subramaniam, Katerina Iliopoulou, Bernard Mazo(), Christophe Dauphin, Nina Zivancevic, Yves Roullière, Matthieu Gosztola, Elizabeth Brunazzi, Andrew Taylor, Brigitte Gyr, Christophe Morlay, Maja Herman Sékulic, Marissa Bell Toffoli, Ian Gibbins, Jelena Radovanović, Laura Vazquez, Michel Baglin, Jean-Luc Wauthier, Eva-Maria Berg

 

 

 

Directeur de la publication


Gwen Garnier-Duguy 

 

Rédacteur en chef 


Matthieu Baumier 

 

Rédaction


Mathieu Hilfiger

 

Michel Host


Paul Vermeulen 

 

Collaborateurs réguliers


Jean-Luc Maxence, Alain-Jacques Lacot, Alain Gopnic, Pascal Boulanger, Pascale Trück,

Salima Aït-Mohamed, Fabien Desur, Jean Maison, Luis Bénitez, Marie Stoltz, Gérard Bocholier, Malika Hadji, Andrzej Taczyński, Pierre Maubé, Marija Knezevic, Antoine de Molesmes, Giriraj Kiradoo  Sophie d’Alençon, Dubravka Djuric, Phil McBeath, Denis Emorine, Eze Baoulé, Lucia Acquistapace, Zvonko Karanovic, Max Alhau, Jean-Pierre Védrines, Dimitra Kotoula, Didier Bazy, Željko Mitić, Shasheen Sauneree, Maximilien Kronberger, Christos Chrissopoulos, Nathanaël, Arundhathi Subramaniam, katerina iliopoulou, Bernard Mazo, Christophe Dauphin, Nina Zivancevic, Yves Roullière, Matthieu Gosztola, Elizabeth Brunazzi

 


 

Recours au Poème

www.recoursaupoeme.fr

recoursaupoeme@gmail.com

 

 

 

Revue Recours au Poème

C/ O Association Le Recours au Poème

Gwen Garnier Duguy

120 rue des Guillemots

29280 Plouzané

recoursaupoeme@gmail.com

garnierduguy@free.fr

 

 

Pour citer ce texte


Matthieu Baumier, « Recours au Poème. Poésies & Mondes poétiques. Présentation de la revue » , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes »,  «  Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-recours-au-poeme-107997029.html/Url. http://0z.fr/fge0a

 

 

Pour visiter le site de la revue

 

www.recoursaupoeme.fr 

 

   

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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

  Invité d'honneur 

 

Poèmes reproduits 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu

 


Quand elle défait sa robe, l'homme se tait  

 

Extraits du recueil Une histoire de bleu

 



 

 

 

Jean-Michel Maulpoix 

 

Poèmes reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions du Mercure de France

 

 

  http://ecx.images-amazon.com/images/I/41S2AZCX5ML._SL500_.jpg

 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu

 

 

 

Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu.

 

Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil.

 

Il nous plaît de confondre toutes les couleurs en une. Avec le vent, la mer, la neige, le rose très doux des peaux, le rouge à lèvres des rires, les cernes blancs de l’insomnie autour du vert des yeux, et les dorures fanées des feuilles qui s’écaillent, nous fabriquons du bleu.

 

Nous rêvons d’une terre bleue, d’une terre de couleur ronde, neuve comme au premier jour, et courbe ainsi qu’un corps de femme.

 

Nous nous accoutumons à n’y point voir clair dans l’infini, et patientons longtemps au bord de l’invisible. Nous convertissons en musique les discordances de notre vie.

Ce bleu qui nous enduit le cœur nous délivre de notre condition claudicante. Aux heures de chagrin, nous le répandons comme un baume sur notre finitude. C’est pourquoi nous aimons le son du violoncelle et les soirées d’été : ce qui nous berce nous endort. Le jour venu, l’illusion de l’amour nous fermera les yeux.

 

Extrait du livre de Jean-Michel Mauploix, Une histoire de bleu, éd. Mercure de France MCMXCIV, 1992, « Le regard bleu », p. 18.

 

 

 

Quand elle défait sa robe, l'homme se tait  

 

 

   

 

Quand elle défait sa robe, l’homme se tait.

Il regarde le corps à jamais bleu de la chimère et du désir.
Il écoute s’amplifier sa plainte : tant de beauté pour rien. Le ciel et la mer, ce jour, sont de même chair. Peut-être l’horizon est-il la ligne de partage de l’âme. L’homme pèse à son prix le désastre qui le tient rivé à ses rêves, une écume quelconque sur la bouche, dans l’entre-deux du bleu de l’azur.

Jamais pourtant de son propre corps elle ne se dévêt. Elle ne consent à dénouer que ses cheveux, violets, dit-on, comme sont les tresses des muses où les doigts de l’homme restent pris. C’est un corps de femme autour de l’idée de la mort, à moins que ce ne soit la peau d’un ange, une voix, une main, deux gouttes de sang naguère tombées d’un poignet d’enfant, une tache d’encre bleue fleurissant le papier, un peu de ciel qui s’est perdu, le rêve ancien d’une âme égarée dans la chair somnolant et bleue de la mer.

 

Extrait du livre de Jean-Michel Mauploix, Une histoire de bleu, éd. Mercure de France MCMXCIV, 1992, « Dernières nouvelles de l'amour »   , p. 109.

 

 

 

   

Pour citer ces poèmes

 

Jean-Michel Maulpoix, « Les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu » & « Quand elle défait sa robe, l'homme se tait » (extraits du recueil Une histoire de bleu, reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions du Mercure de France : Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de Bleu ©Mercure de France, 1992), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31  octobre 2012. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-deux-poemes-les-femmes-aux-yeux-noirs-ont-le-regard-bleu-110149435.html/Url. http://0z.fr/TMX-m

  

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent


http://www.maulpoix.net/index.html

 

http://www.u-paris10.fr/1768/0/fiche___annuaireksup/&RH=rec_rev

Jean-Michel Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix - Littérature - France Culture

Jean-Michel Maulpoix - Wikipédia

http://www.u-paris10.fr/1768/0/fiche___annuaireksup/&RH=rec_rev


http://www.franceculture.fr/personne-jean-michel-maulpoix

 

 

Auteur(e)

 

 

Jean-Michel Maulpoix

 

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu ©Mercure de France, 1992

 

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 

 

Encre

 

&

 

Survole

 

 

 

 

 

Jo. Hanna  

 

 

 

 

 

Avant


Avant,

Je brisais la coquille des porcelaines

Contre la pierre noire de l'obsidienne.

Je chantais des litanies aux démons sombres

Et contais aux sirènes,

Les secrets de la mer.

 

Je vivais d'eau, de feu, de sang

Et quelquefois me nourrissais d'amour.

Mais de l'amour,

On ne me laissait que les restes...

 

Je ramassais des jeunes hommes,

Hagards,

Endormis sous les chênes,

Attirés là par mes sortilèges,

Pour leur avouer ma solitude

Et partager avec eux,

Mes abîmes.

 

Après les avoir séduits,

Le plaisir qu'apporte la pureté mensongère,

Les mots de tendresse,

Les regards enflammés par le corps

Et ses murmures

Bien vite me lassaient.

 

Ayant pris soin de me blesser le cœur auparavant,

Je l'abandonnais, bien évidemment,

À la folie...

Je lui avais promis de nombreux sacrifices,

Elle, me permettait de la maîtriser.

C'est pourquoi,

Malgré tout ce que les hommes des mondes fermés pouvaient dire,

Je n'étais pas folle.

 

Non.

 

J'avais la sagesse de ceux qui ont appris le langage du vent.

 

Longtemps, longtemps, il avait soufflé dans ma tête

Mais lui aussi,

J’avais fini par l'apprivoiser.

Voilà ce que j'étais

Quand l'ombre n'avait pas encore laissé place

À ma lumière.

 

 

 

Serpente


 

 

Serpente...

Sagesse du saint en prière.

Sous la voute,

Des salamandres se dorent au soleil.

Elle

Songe

Au regard sombre

Du jeune homme croquant la pomme

Rouge, sang dans les veines,

Souffle de vie, sel de la mer.

Le mal s'étiole en couleurs divines

Opales, moins pâles

Que l'aube

Malhabile.

 

Serpente...

Sent sur ton corps qui rampe

Le contact de la pierre, de la boue, de la terre,

Sent,

Le venin dans l'essence de ton être:

Ce poison qui arrache aux tortures de l'errance

Les hommes qui se perdent.

 

Le mal n'est pas si mauvais que cela...

Il susurre à l'oreille avec la douceur habile,

Des doigts de sylphes.

Naïades, nymphes, sœurs des profondeurs,

Le mal véritable n'est pas si mal.

Il est juste sauvage.

 

Songe...

Elle semble asservie par son amour,

Élevée dans les sphères

Semblables aux nuées ancestrales

Où siègent dieu

Et ses anges de lumière.

 

« Je suis moi même un ange mais mes yeux sont de braise.

Je murmure savamment aux lobes des sirènes,

Leur offrant la beauté

Dont elles se parent,

En rêve,

Le regard prisonnier des glaces qui les reflètent.

 

Je suis moi aussi un ange...

Ne crois pas leurs mensonges!

Je ne suis pas d'ombre!

Juste l'inconscience,

Les méandres de la connaissance.

 
Tu devines, Aurore ou Crépuscule,

Les failles où je m'immisce,

Plus sacrées que les saints de Palestine.

 
Je suis moi même un ange, le favori de Dieu,

Issu des rayons violents frappant la poussière,

Ocre des déserts,

Terres solaires,

Sécheresse des rivières,

Canaan et Jérusalem.

 

Mais l'homme a voulu me détruire, il ne comprend pas l'étrangeté...

Une femme trop belle,

Un nain, une sorcière rousse parlant aux arbres,

Ou l'enfant noir chevauchant un balai,

Ils ont tout rejeté, aveuglés, aveuglés qu'ils sont par la pureté.

 

Elle est trop blanche! Trop idéal! Elle n'existe qu'en Galaad... 
Moi je la souille, je lui mets des parures

À leur pureté

Issue des déchirures.

 

Elle n'existe pas! M'entends-tu?!

Leur pureté est dégradée parce qu'ils m'ont oublié. 
Parce qu'ils ont oublié que j'étais un ange.

Stupidité de leur colère... ils ont cru que j'étais l'inverse de Dieu,

Son contraire.

Mais nous sommes liés, lui et moi,

Nous sommes un.

Une pièce a toujours deux cotés...

 

Ils m'ont oublié mais je sais comment m'immiscer.

J’ai la nature comme substance,

Je suis la force et l'innocence...

Et je serpente...

 

 

 

 

 

 

 

Pauvre idole


À l'ombre des saules,

Assise, trempée,

Et la pluie sur le visage,

Les yeux grands ouverts,

Je suis objet de souffrance, cause de malheur.

 

L'innocence peut elle faire peur?

L'insouciance n'est pas d'ici,

C’est le souffle d'un ange aux ailes trop déployées...

 

Pose tes yeux sur le corps que tu ne pourras jamais posséder

Et adore-le!

Tente,

Inlassablement,

De conquérir un geste,

Un regard

Qui fera trembler ton âme?

La chute peut être une purification...

 

L'ascendance du ciel m'a fait courber les épaules

Et devant l'âcre lueur des jours,

J’ai dû me brûler les yeux.

A l'ombre des saules, je me suis reposée la peau:

A vif, la couverture charnelle s'était dépouillée 

Pour mieux se transformer en éther.

Bien que j'abîmasse mes lèvres

À l'eau des fontaines cristallines,

La pudeur m'a fait perdre l'usage du langage.

Les iris mortes ont parcouru les prairies

En quête de vie délaissée.

Le vent, à l'image des falaises,

M’a volée ce qui me restait d'âme

Pour en faire don à la mer,

Sa délicieuse idole.

 

Les yeux vides, les lèvres sèches, le corps meurtri,

Mon esprit a bien dû s'élever vers d'autres sphères

Pour exister

Loin

De la déchéance de la chair.

 

Amie des pierres,

J’ai appris leurs mystères

L'esprit toujours plus fort, l'expérience des sens s'est décuplée:

Le bruissement de la fleur qui s'ouvre,

L’ardeur du soleil,

La douceur de l'aube,

Étaient à mes yeux,

La joie

Et je me mis à chercher cette musique dans tous les jardins

Sauvages des lieux solitaires.

 

J'ai presque haï les hommes pour pouvoir les fuir...

N’étais-je pas la cause de leur malheur?

Le diable aux yeux de cendre

A pris l'apparence de la beauté

Pour tenté de me séduire...

 

Mais je l'ai ignoré.

 

Aucune onde ne devait perturber ma quête.

 

Dieu,

De n'être plus une créature soumise à la fatalité,

M’a reniée.

Les Muses

Ont voulu me noyer dans des songes...

Mais les illusions n'étaient que des trêves,

Sans repos.

 

Non.

 

Ma quête

Était la vérité brute,

L’abrupt

De l'univers

Dans sa plus pure essence...

 

Dispersée, je me suis perdue,

 je me suis perdue.

« (Je me perds, Je se perds, se perdre, devenir unis,

Vers un autre, une autre!

Je, me perds... indéfini) »

 

Le chant des hommes m'émeut souvent

Et je m'assoie aux abords des villages pour écouter

Et tenter de comprendre...

Mais leur monde, ne m'appartient plus.

 

 

 

 

 



 

Survole


 

Si je me mêlais à la danse,

Je serais la colombe,

Venue, il y a des millénaires,

Des pêchers fleuris du désert.

 

Je frémirais sous les ailes des violons ancestraux

Charmant les hommes devenus femmes 

Dans la folie des pas.

 

Sans me blesser,

Le cristal se brisera sous mes pieds ;

Nacre de mes pieds sur le sol.

 

(Dans la danse le ventre s’anime… 

Tous ceux qui me regardaient comme une proie deviennent victime

de la musique de mes mains dans l’air.)

 

L’air chargé du parfum des corps qui s’élancent…

Je serais la colombe de vos nuits

Blanches.

Celle qui dort tout le jour

Dans les marbres ciselés de la Médina, 

Aime se transformer en princesse mystérieuse…

*****

Je suis l’air du violon…

Il survole les montagnes du bord de mer

Où paissent les moutons du sacrifice. 

Leur âme a été sauvée.

Je survole les villes bleues

Où les couleurs pigmentent les ruelles

Étroitement aquatiques

Et je frémis

Quand me mêlant à la fumée,

Mon haleine devient

la menthe fraîche du souk qui s’éveille.

Vous !

M’avez dévêtue mille et une fois de vos regards !

Indécence soulevant le pli de mes robes secrètes,

mais sombres.

Et pourtant…

J’ai gardé mon mystère.

Car je sais un recoin de minaret

où mes ailes retrouvent leurs blancheurs, 

dès que le nom d’Allah est prononcé.                                                                 

*****

Je suis l’amie des femmes murmurantes qui murmurent

leurs secrets aux puits où elles perdent leur jeunesse,

(leur âme aussi ?),

Non, pas leur âme.

 

J’aime le frôlement de leur peau

Brune et sèche

Sur les feuilles encore rêches

De l’olivier à l’automne.

Je me cache dans les branches pour écouter la voix des oubliées.

*****

Tambours, tambourinent,

Les mains

Frappent plus forts, plus vite

Pour convoquer la musique.

Elle émerge de la terre, là où le feu et la mer

Se mêlent…

Là,

Où « les éternités différentes de la femme et de l’homme » se répondent

Et s’aiment,

Enfin.

Je suis le cri des femmes enfin poussé.

Le roulis des gazelles.

Avec moi, libérées,

elles s’envolent

sur mes ailes, je leur montre leur pays,

Sa beauté discrète mais sauvage :

 (« Jamais elles n’auraient dû le voir, ce doit être écrit quelque part ? »)

Les cèdres parfumés,

Les crocus du safran qui s’ouvrent sous la claire lumière.

Elles s’émerveillent,

De voir le monde vidé des barreaux,

Elles, s’enivrent, 

De la lavande sauvage,

Violence bleutée qui peuplent les falaises noires

de la Méditerranée.

Nous volons au dessus des lagunes,

Surprenant l’envol des cormorans,

Quand le pêcheur conduit sa barque rouge et or

Au milieu du couchant.

Elles, s’accrochent

Aux plumes blanches de mes ailes pour ne pas tomber,

Attirées par l’outremer de l’océan

Désormais Atlantique.

Leurs larmes coulent et se brisent

Mais je reste silencieuse devant le tremblement muet de leur âme.  

 

Cela fait longtemps que leurs chevelures flottent,

Libérées par les vents.

Les voiles sont tombés dans les cascades.

Ils se sont transformés 

en poissons multicolores.

 

Arrivent les oasis…

Je me rapproche des palmiers, qu’elles puissent cueillir les dates,

Qu’elles puissent mêler leurs rires

Aux sucres de la terre.

Et je pleure de joie de les entendre chanter.

Elles, dansent

Sur mes ailes,

Pour elles,

Pour le ciel, 

Pour les hommes un peu,

Mais pas pour ceux qui enferment la beauté,

Et pour le soleil…

La lumière jaillit et nimbe mes ailes. 

 

 

 

Pour citer ces poèmes 

 

Jo. Hanna, «    Encre » (volet de poèmes) & « Survole » (extrait de l'ensemble ''Lumière''), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes», « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre», n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31 octobre 2012.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-encre-survole-110274944.html/Url. http://0z.fr/RYSs3

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

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Auteur(e)


Jo. Hanna, est le nom de plume de Johanna Treilles, est chanteuse et poétesse. Originaire de l’île de la Réunion, où elle vit actuellement, elle est l’auteure de deux recueils de poésie, Je sais l’Autre, Poèmes guerriers et d’une pièce de théâtre contemporain. De nombreux voyages en Asie, ainsi qu’un séjour de cinq ans en Europe ont inspiré certains de ses poèmes en leur donnant une dimension plutôt universel que régional même si des écrits plus récents se tournent désormais vers la langue maternelle, le créole. La mort, la vie et la transcendance animent le « je » féminin, personnage central de cette prose poétique.

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:00

 

 

 

 

Dagny Juel : textes choisis

  

  Ingrid Junillon

      Textes traduits  


 


REDIVIVA

 



Je veux raconter l’étrange histoire de ma vie. Peut-être certains ne la trouveront-ils d’ailleurs pas si étrange – peut-être d’autres personnes ont-elles vécu la même histoire, mais je n’ai jamais rien entendu de tel, si bien que je pense être la seule qui puisse contempler ce destin mystérieux et si horriblement tragique.

Mais d’abord un bonheur infini !

Je le vis et je sus aussitôt qu’il devait m’appartenir, que ce serait la grande, la profonde raison d’être de ma vie. Nous savions tous les deux, que la vie ne vaudrait d’être vécue que si nous pouvions être ensemble.

Et je fus à lui, et il fut à moi, et celle qui se trouvait entre nous – nous la tuâmes. Oh, il ne s’agissait pas de se glisser pour la poignarder en plein cœur –  ni de lui tirer une balle dans la tête. Non - nous savions simplement, avec une certitude souriante, qu’elle devait disparaître, qu’il ne pouvait en être autrement - elle était un obstacle pour nous (chacun peut comprendre cela) – elle n’était d’aucune utilité pour nous – elle n’était d’aucune utilité pour personne – et c’est ainsi qu’elle tomba malade et mourut. C’était si limpide – elle devait mourir naturellement – notre amour infini nous rendait si puissants – omnipotents – tout pliait devant nous. Et donc elle mourut et nous fûmes libres ! Et le bonheur vint véritablement – il ne fuit pas, effrayé, notre amour impitoyable – il nous suivit, nous étreignit, et je crus qu’il était notre ami juré, notre protecteur – ce n’est que maintenant que je comprends quel jeu cruel il menait avec nous.

Nous traversions les royaumes et les pays de la félicité. Là où nous étions, le soleil brillait, un vent doux et rêveur  caressait fleurs et feuilles. Et nous n’étions jamais las de cet amour – jamais la haine ne vint ni la souffrance pour nous dresser l’un contre l’autre – non, cela aurait été  si ordinaire – pas assez cruel – pas d’une cruauté  assez raffinée. Elle - la morte, nous l’avions oubliée, nous nous rappelions à peine son nom, - elle n’existait plus dans notre vie.

Et pourtant – et pourtant – quelque chose hantait parfois un recoin de mon esprit, un mystère appelait parfois à grands cris, quelque chose de mon passé me regardait de ses yeux caves et insondables, et je pouvais parfois percevoir un ricanement déchirant, d’une terrifiante étrangeté, jusque dans les nuages du ciel orageux, jusque dans les cris des mouettes en mer.  

Et puis – et puis advint cette nuit, cette nuit longue et sombre où je me réveillai et vis, emplie de terreur – je la vis – elle – assise au bord de mon lit. Du fond de la nuit obscure, je vis très distinctement – avec une certitude glaçante, foudroyante, que c’était elle.

Elle était revenue d’entre les morts ! et elle allait vouloir se venger – elle allait satisfaire sa haine, sa haine que nous croyions morte avec elle.

Mais je ne lus trace d’aucune haine, d’aucun désir de vengeance dans ses traits livides. Immobile, sans expression, elle fixait la chambre de ses yeux vides – comme le Destin lui-même.

Elle ne me quitta plus – chaque nuit –  chacune de ces nuits de terreur sans sommeil, elle vint s’assoir à  mon lit, et je n’ai jamais vu d’autre expression sur ce visage marqué  par la mort que cette raideur placide – ce froid spectral, impitoyable, de la mort. Et je pouvais tendre les bras vers elle et l’implorer ou rester couchée et la menacer –

« Oh, va-t-en ! va-t-en ! que veux-tu ici ? qu’espères-tu obtenir ? à quoi cela te servirait-il, que je te le rende ? ne brise pas ma vie – ou si tu veux brise la, mais va-t-en ! »

Elle s’établit pour de bon chez moi, jour et nuit elle restait là, assise près de moi, et lorsque nous nous enlacions lui et moi, elle était toujours là, dans nos étreintes, et je sentais ses bras froids, ses bras froids de morte autour de lui – autour de moi.

Mais lui ne voyait rien – ne sentait rien, et je décidai de la défier – elle ne piétinerait pas mon bonheur –  non, jamais je ne pourrais l’accepter. Je la provoquais, la raillais – « Alors mon amie – est-ce que ce n’est pas finalement pour toi que c’est le pire, de voir ton aimé dans les bras d’une autre ?! Suis nous, ma chère, si cela peut te divertir ! » Et je lui lançais un regard triomphant, dédaigneux, riant lorsque je mettais mes bras autour de son cou et que je l’embrassais, lui – mais mon baiser se glaçait sous ce regard vide et terrible – sous cette indifférence affreuse de la mort.

Maintenant je sais qu’elle ne me laissera jamais en paix – jamais elle ne me quittera – je sens même qu’il faut qu’elle reste à mon côté jusqu’à ce que mon souffle s’éteigne à son tour – jusqu’à ce que mon sang se glace et mon regard devienne vitreux, - car elle est mon destin, mon destin impitoyable, auquel je ne peux échapper.

Berlin, Décembre 93 – 

 

*   *


Le vent est une caresse brûlante dans les profondeurs de la nuit

Des milliers d’yeux féroces s’agitent en un frisson,

La terre endormie rêve, gémit d’angoisse,

Sentant ce baiser sur sa bouche inerte. 

 

Une danse tourbillonnante de feuilles dorées !

Le dernier jeu…

Mes cheveux d’or : une couronne de flammes !

Et bientôt si blanche….  

 

La terre ouvre son large giron

Et des flots bouillonnants s’en échappent :

Fleurs étincelantes

Dans la splendeur de l’arc-en-ciel,

Sang et feu !

Avec la puissance de l’effroi

Ils tendent les bras vers les astres de lumière. 

 

Le vent est une caresse légère dans les profondeurs de la nuit,

Des milliers d’étoiles d’or s’agitent en un frisson,

La terre endormie rêve, esquisse un sourire

Sentant le baiser sur sa bouche close.

 

*   *    *

Et la tristesse de tout cela,

Oh mon âme … 1 

 

Debout au piano, elle chante.

Il l’écoute, confortablement installé dans son fauteuil.

Elle chante, perdue au fond d’elle-même, submergée par ce sentiment qui emporte son âme vers les nuées, vers le soleil. Temps et espace s’évaporent dans une brume lumineuse, passé  et avenir se rencontrent sur les cimes bleutées de l’éternité. 

La note lève ses ailes délicates et s’échappe, voletant rêveusement dans la pièce, furetant,  puis revient dans un soupir.

De nouveau elle soulève ses ailes blanches et, légère comme la poussière du soleil, elle s’envole vers les étoiles et se mêle à elles, étoile à son tour.

Et maintenant la note déploie ses larges ailes ; elle vogue majestueusement au-dessus de l’immensité de la mer, au-dessus des montagnes et des sommets, plus haut, toujours plus haut, vertigineuse, abandonnant tout, tout – voilà qu’elle a atteint le soleil !

Le chant s’est tu, elle reste pâle et le regarde, anxieuse. Elle sent, elle sait qu’elle s’est trahie, que son chant l’a dévoilée, l’a mise à nu. Sa souffrance, ses désirs, ont décoché leurs flèches si loin, le laissant si loin derrière.

Mais il n’a pas pâli, « tu as chanté brillamment » dit-il imperturbable, « tu n’avais jamais aussi bien tenu le la ». 

 

*   *    *


Quand l’orage s’abat sur la maison – la nuit –

Et que la porte s’ouvre avec violence :

Je vois debout, dans l’embrasure,

L’Angoisse, aux cheveux gris – l’Angoisse sans pitié….

Mais je n’ai pas sur moi l’épée qui pourra la décapiter !

 

Quand la lune vengeresse se glisse dans la maison

– la nuit – et que la porte s’ouvre sournoisement :

Je vois se tendre, dans l’embrasure,

Une main longue – une main morte…

Mais je n’ose pas, je n’ose pas la serrer !

 

Quand le soleil hurle dans le ciel

- le jour – et crache ses lames d’or

dans la pièce :

Alors la porte s’ouvre grand et je vois

l’embrasure comme la gueule d’un fauve !

 

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir et lire les textes dans leur version originale  (photos en vrac) :

 

etlatristesse leventestunecaresse-1
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Note


1. En français dans le texte. Les textes originaux ont été publiés dans Dagny Juel, Samlede tekster, Kulturforlaget Brak, 1996.


 

Pour citer ces poèmes


Ingrid Junillon (trad.), « Dagny Juel : textes choisis » , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Dossiers « Poésie des femmes romandes », « Muses & Poètes. Poésie, Femmes et Genre », n°2|Automne 2012 [En ligne], (dir.) Michel R. Doret, réalisé par Dina Sahyouni, mis en ligne le 31  octobre 2012. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-n-2-dagny-juel-textes-choisis-110342761.html/Url. http://0z.fr/9-8pU

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

http://www.lr2l.fr/agenda/ingrid-junillon-edvard-munch-face-henrik-ibsen.html

 

Auteur(e)


Ingrid Junillon, née en 1972, est spécialiste de la culture scandinave. Elle a publié sa thèse d'histoire de l'art, Edvard Munch face à Henrik Ibsen : impressions d’un lecteur, ainsi que plusieurs articles sur l’art et la littérature symboliste. Elle a enseigné dans différentes universités et est actuellement directrice des expositions au musée Fabre de Montpellier.

 

 

 
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Le Pan poétique des muses - dans n°2|Automne 2012

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