23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:40

  

 

Couverture du n°0

Image : The Dance of Apollo with the Muses   (Baldassarre Peruzzi)  

 

 

ISSN = 2116-1046

Revue de poésie

électronique et apériodique 

 

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Le pan poétique des Muses - dans n°0|Automne 2011
23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:39

 

 

 


Couverture du n°0

Sommaire du n°0

 

Avant-propos  

 

Éditoriaux

Nelly Taza et Dina Sahyouni

 


→Zone des articles

 

Jean-Michel Maulpoix                                 [invité de la revue]

     

 

 

Marine Deffrennes                                       [invitée de la revue]

 

 

 

Joaquim Lemasson

                 [article inédit]

 

Marie-Eve Lacasse                                         [invitée de la revue]

 

 

 

 

Louis Latourre

 

 


Zone de l'entretien poétique et/ou artistique

Filomena Salley, Cyril Bontron      

→ Zone des poèmes

   Les poèmes des contemporain(e)s

siamchinois 

  • Féminin masculin                                                   [poème inédit]    
  • Si ce n'est 

 

 Fialyne.H.Olivès 

 

 Dina Sahyouni

  • Une lyre du temps        
  • L'Après                                                                                 [poème inédit]   
  • Méduse                                                                                 [poème inédit]  

 

Bruno Krol

 

Jodelle

 

Hervé-Léonard Marie

  Les poèmes des jeunes

Orphary  

Poème visuel d'Alexandre Vasseur

Les poèmes des aïeules

Fortunée Briquet

Mme de Lauvergne

Zone des invitations

  Zone de l'actualité poétique de la revue

 

 

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Le pan poétique des Muses - dans n°0|Automne 2011
23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:38

 

 

[invitée de la revue] 

 

 

La femme est-elle l’avenir de la poésie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marine Deffrennes


Article reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteure et de l'excellent site terrafemina.com


 

 

 

 

   

 

Muse, confidente, être aimé et idéal, la femme a fait chanter les poètes à travers les siècles. Le Printemps des poètes 2010 propose de regarder par l’autre bout de la lorgnette, dans le cercle des poètes, la parité n’a pas attendu les lois et les quotas…  



 

Les nouvelles voix de la poésie

 



Le mot célèbre d’Aragon –« La femme est l’avenir de l’homme », 1963- a eu beau faire chanter les hommes, il a fallu attendre l’émancipation des femmes pour qu’on veuille bien s’intéresser à leur poésie. Récusant toutes l’appellation « poétesse », parce que le mot est connoté de mièvrerie et de fadeur, elles ne veulent pas de la distinction de genre. « Le poète n’a pas de sexe» nous dit Claudine Helft, poète et romancière, présidente du Prix Louise Labé. Les femmes poètes contemporaines admettent néanmoins que l’édition et les cercles littéraires n’ont pas toujours accueilli la gent féminine avec le même enthousiasme.

Depuis sa création en 1999 par Jack Lang, le Printemps des poètes n’avait pas encore mis les femmes sur le devant de la scène. Président de cette quinzaine poétique nationale, Jean-Pierre Siméon se montre satisfait de la petite polémique née du choix du thème 2010 : « Couleur Femme ». Les uns auraient préféré la formule au pluriel, les autres craignent qu’on crée une catégorie là où il n’y en a pas. J.-P. Siméon veut surtout attirer l’attention sur l’absence des femmes dans les anthologies d’histoire littéraire : « La poésie, comme les autres arts,  a été tributaire du machisme dominant. La plupart des femmes poètes ont été redécouvertes au XXe siècle. »

« Des voix majeures et prometteuses »
Renversement spontané ou revanche du deuxième sexe, la poésie contemporaine affiche une parité exemplaire. « Depuis une vingtaine d’années, c’est évident, on constate une émergence forte des femmes en poésie, et pas au second plan, ce sont des voix majeures et prometteuses, comme Gabrielle Althen, Vénus Khoury-Gata ou Marie-Claire Bancquart. »
Selon cette dernière, écrivain et professeur émérite à la Sorbonne, il a fallu attendre que les femmes acquièrent un rôle social, -travail, droit de vote-, pour qu’on accepte qu’elles tiennent la plume : « il n’y a qu’à se souvenir des difficultés de Colette, au début du siècle dernier, pour se faire accepter en tant qu’écrivain. On trouvait scandaleux qu’une femme puisse se livrer à une telle introspection. »

 

 

 

Le spectre de Laure

 



 Au-delà de quelques exceptions retenues par les manuels scolaires, comme Marie de France, Louise Labé, Marceline Desbordes-Valmore ou Anna de Noailles -des femmes rebelles ou des aristocrates très cultivées-, il n’était pas dans les prérogatives des femmes d’écrire, « elles étaient peu préparées à une indépendance de sensation et n’avaient pas pour la plupart une maîtrise de la langue suffisante pour composer des poèmes », explique M.-C. Bancquart, poète et professeur en littérature. C’est dans le rôle de muse, d’objet idéal et de fantasme que les femmes ont brillé dans la poésie.

« Il a fallu du temps pour désamorcer les clichés »
A l’origine, il y a la Laure de Pétrarque. Adulé et imité sans relâche par les poètes français de la Pléiade, le Canzoniere du célèbre italien – XIVe siècle- érigeait la femme aimée au rang de déesse, créature immatérielle, dénuée de voix. De Laure naissent les icônes de la poésie française, l’Olive de Du Bellay, l’Hélène de Ronsard, jusqu’à Elsa Triolet, célèbre compagne et muse d’Aragon. « Les poètes ont créé ce mythe de la femme idéale, à aimer et à admirer, et il a fallu du temps pour désamorcer ces clichés », analyse J.-P. Siméon, poète et dramaturge président du Printemps de poètes. Pour M.-C. Bancquart, « les femmes elles-mêmes ont mis du temps à comprendre que la poésie n’était pas une confession ou des sentiments mis en vers, mais un travail sur la langue rigoureux. »

Ce sont pourtant des égéries d’artistes du début du XXe siècle qui ont favorisé le réveil des mentalités, nous dit J.-P. Siméon : « Dans leur rébellion anticonformiste et antibourgeoise, les Dadaïstes et les Surréalistes ont favorisé l’émergence de femmes intellectuelles, comme Gala, muse de Salvador Dali, ou Elsa Triolet qui était elle-même écrivain, Joyce Mansour, ou encore Gertrude Stein aux Etats-Unis. André Breton revendiquait l’union libre et la reconnaissance de la sexualité féminine ». Des idées qui prennent de l’ampleur dans les années 60 où quelques femmes s’emparent de la rime et du vers pour s’affirmer et s’émanciper. 

 

 

 

Y a-t-il une écriture féminine ?


 

Les poètes françaises ne veulent pas de ce débat, voire s’en offusquent. Pourtant Jean-Pierre Siméon, poète et agrégé de lettres modernes, remarque que la question se pose encore chez ses consoeurs américaines ou anglaises : « Il y a un partage clair entre celles qui refusent cette catégorisation et celles, dans le monde anglo-saxon, qui revendiquent un apport spécifique des femmes à la poésie. Des chercheuses nord-américaines féministes. » Evelyn Accad, Professeur émérite de littérature à l’Université de l’Illinois (USA), confirme : « Je pense que le langage de la femme diffère de celui de l'homme, c’est un sujet qui a été développé par tout le mouvement de l'écriture féministe des années 70/80. »


« Une poésie féministe exacerbée, politisée »

C’est en effet à cette époque que se développe la critique littéraire féministe, qui intègre la notion de genre dans l'analyse des textes. Patricia Godi-Tkatchouk*, enseignant chercheur à l’Université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, en a fait sa spécialité de recherche : « Théoriciennes et poètes américaines, comme par exemple Adrienne Rich, ont écrit de la poésie féministe, exacerbée,  parfois séparatiste, homosexuelle, tandis que les Françaises n’ont pas cherché à écrire des poèmes militants. »


C’est pourtant une Française qui invente la notion d’écriture féminine en 1976. Dans Le rire de la Méduse, Hélène Cixous propose une lecture des textes littéraires sous l’angle féminin : la « gynocritique » -de la racine grecque gyn, femme-, débarquait en France. «  A cette époque des femmes se sont démarquées en écrivant de la poésie osée, érotique ou même lesbienne, c’était leur engagement », explique Claudine Helft, qui évoque Pierrette Micheloud, poète et créatrice du prix Louise Labé avec la journaliste Edith Mora en 1964, Gabrielle Marquet, ou  encore Andrée Chedid « dont certains poèmes transpirent une féminité revisitée ».


« Je peux écrire au masculin »

Comme pour marquer le dépassement du courant agressif et différentialiste du féminisme, les « contemporaines » -Albane Gellé, Sapho, Marie-Claire Bancquart, Marielle Anselmo, Camille Aubaude, Claude Ber, ou encore Béatrice Bonhomme-, se côtoient dans les anthologies féminines, tout en niant que leurs textes soient marqués par leur sexe. Dans la plupart des cas, on ne saurait deviner si le poème, présenté de façon anonyme, est l’œuvre  d’un homme ou d’une femme.
Dans la patrie de Verlaine, d’Eluard et de George Sand, la lyre ne serait pas une affaire de sexe, mais de mystère, explique Claudine Helft : « Qu’importe le poète, je peux écrire au masculin si je veux. Mais si on enlève à la poésie le mystère et le sacré, ce voile transparent qui la rend si attirante, elle n’est plus rien. »



*
Voi(es)x  de l’autre, poètes femmes du XIXe-XXIe siècles, études réunies et présentées par Patricia Godi-Tkatchouk, Actes du colloque de Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, publications du CELIS, collection "Littératures", 2010. 

 

ALLER PLUS LOIN :

Rencontre avec Sapho, poète mi-rockeuse, mi-diva

Lire le poème de Marie-Claire Bancquart, Autour de moi, solitudes éteintes.

Lire le poème de Sapho, La femme.

Qui a peur du féminisme ?

 

 

 

 

 

 

 

Pour citer cet article

 

 

 

 

 

Marine Deffrennes, « La femme est-elle l’avenir de la poésie ? » (article reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteure et de l'excellent site terrafemina.com), in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/zowRV                 ou

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-la-femme-est-elle-l-avenir-de-la-poesie-85215756.html

 

 

 

Pour visiter le site de l'auteur(e)

 

 

 

La femme est-elle l'avenir de la poésie - Terrafemina  ou 

http://www.terrafemina.com/culture/livres/articles/609-la-femme-est-elle-lavenir-de-la-poesie--.html

 


 

 

 

Auteur(e)

 

 


 

Marine Deffrennes

 

 

 

 


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Marine Deffrennes - dans n°0|Automne 2011
23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:38

 

 

 

 

 

 

 

 

Commençons par le commencement, et cette fois-ci nous préférons oublier la formule magique Il était une fois pour prononcer celle d'une aïeule bien connue :
 

 

On ne naît pas femme, on le devient

 

(Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe) 


 

 

Le Pan poétique des muses revendique ainsi sa parenté intellectuelle féministe sans pour autant nier ses autres racines...

Les difficultés rencontrées s'effacent quand on pense au bonheur de transmettre une idée noble et nécessaire au bien commun de toute l'humanité. 

Le récit de la naissance douloureuse/heureuse du pan poétique des muses s'écrit déjà et nous dépasse... 

Cependant, nous voudrions commencer le numéro par le mot Merci qui exprime bien notre sentiment à l'égard de celles et de ceux qui ont contribué au lancement de la revue et qui ont soutenu notre projet.

 

 

 


Toute l’équipe de la revue vous souhaite une bonne lecture et une agréable promenade poétique en notre compagnie. N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions, avis et/ou de nous faire parvenir vos poèmes, articles et autres propositions.

 

  Qui nous soutient ?

 

 

 

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