24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 13:08

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Dossier mineur | Florilège | Revue culturelle d'Europe

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Les dix mots de la semaine

 

 

 de la langue française : 2023

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

Crédit photo : Pierre-August Renoir, "Sleeping Girl with a Cat", domaine public, capture d'écran de Wikimedia.

 

Mots imposés : 

 

Année-lumière, déjà-vu, lambiner, tic-tac, synchrone, plus-que-parfait, dare-dare, rythmer, avant-jour, hivernage.

 

 

Nouvelle

 

 

Certaines séquences oniriques sont le plus souvent à des années-lumière de notre vie quotidienne. Cependant d’autres ont un air du déjà-vu dans la vie réelle.

La vie serait plus que parfaite si le corps et l’esprit étaient synchrones.

Les rêves de l’avant-jour sont ceux qu’on retient  le plus et qu’on aimerait prendre le temps de reconstituer pour les partager avec les siens mais le tic-tac du réveil et son alarme qui rythment nos matins sont là pour nous rappeler à l’ordre du jour donc pas question de lambiner  : il faut se résoudre à sauter à bas de son lit pour se mettre en condition physique. Après une bonne demi-heure de gym matinale on se dirige dare-dare vers la salle de bains pour une douche écossaise vivifiante, car malgré l’hiver, le corps ne doit pas se mettre en hivernage.

 

 

© Maggy De Coster


 

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​​​​​​​

 

Maggy De Coster, « Les dix mots de la semaine de la langue française : 2023 »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023, mis en ligne le 24 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-hivernage

 

 

 

 

Mise en page par David

 

 

 

 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 17:43

 

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Entretiens poétiques, artistiques & féministes

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Entretien avec la poétesse

 

 

Marielle Anselmo

 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

 

Entrevue avec & poèmes de

 

Marielle Anselmo


 

Page bibliographique :

https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782373558012-vers-la-mer-marielle-anselmo/

 

 

 

 

Qui est Marielle ANSELMO ?

 

 

 

© Crédit photo : Portrait photographique de Marielle Anselmo.

 

 

Marielle ANSELMO est enseignante, critique et poète. Elle vit à Paris.

Elle a grandi en Tunisie, dans une famille d'ascendances italiennes, avant de poursuivre des études de lettres en France, à Aix-en-Provence puis à l'Université de Paris 8. Professeure agrégée de lettres modernes, elle enseigne actuellement le français à l’INALCO (Institut National des Langues Orientales) à Paris. Par ses activités critiques, elle a contribué à plusieurs ouvrages collectifs. Ses articles portent sur Marcel Proust, Hélène Cixous, Dominique Fourcade, Etel Adnan, Kenzaburô Ôé, Édouard Glissant, etc.

 

En poésie, elle est l'auteur du livre-poème Une nuit (éditions Les Arêtes, 2007), de plusieurs livres d’artistes avec Colette Deblé et Pierre Zanzucchi, ainsi que de deux recueils : Jardins (Éditions Tarabuste, 2009) et Vers la mer (Editions Unicité, 2022). Ses poèmes ont été traduits en anglais, grec, arabe, vietnamien et japonais. Elle en a donné une cinquantaine de lectures publiques en France, en Tunisie, en Suisse, au Japon, seule ou accompagnée d'autres artistes. 

 

Biobibliographie 

Site : 

https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782373558012-vers-la-mer-marielle-anselmo/


 

Quelques articles sur Vers la mer par :

 

– Pierre Gontran dit Remoux : https://sitedesign.blog/

– Sabine Huynh : http://sabinehuynh.com/2023/01/20/vers-la-mer/

– Angèle Paoli : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2023/01/marielle-anselmo-vers-la-mer-1.html


 

Agenda des lectures :

 

Le samedi 11 février à 19h30, à l’Officine, Paris Ménilmontant,

– Le mardi 21 février à 19h00 à Ivy Writers (Lectures bilingues), Delaville Café, Paris 10ème,

– Le mardi 14 mars à 19h00 à la Librairie des Femmes, 35 rue Jacob, avec la comédienne Dominique Reymond,

– Le samedi 18 mars à 16h00 à Matreselva, Paris 15ème,

Le samedi 21 avril au Kibele, Paris 10ème, avec le Parlement des écrivaines francophones. 

 

 

Entrevue

 

 

 

 

H.M Comment êtes-vous venue à l’écriture, Marielle Anselmo ? 

 

M.A – Je crois que je suis venue à l’écriture dès lors que j’ai appris à écrire, que s’est ouvert l’univers magique des lettres. 

Je me souviens d’un premier poème écrit, enfant, dans un dialogue (très silencieux) avec ma mère. Il s’intitulait ainsi Le silence de la mer - titre empruntant tant au récit de Vercors qu’à l’univers de Cousteau. Deux formes de résistance, deux manières de désobéissance à un certain ordre terrestre. 

Je réalise, en notant ceci, que je n’ai jamais quitté cette scène : j’écris toujours depuis le même lieu, depuis le bord de mer. 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil « Jardins » par Marielle Anselmo, Tarabuste Éditeur.


 

 

H.M – D’où vient ce décalage entre vos deux recueils ?

 

M.A – Après la parution de mon premier recueil, Jardins (Tarabuste, 2009), il m’a fallu en effet beaucoup de temps pour écrire le deuxième, Vers la mer. Il était pourtant déjà en germe au moment de la publication du premier. Cela tient à plusieurs choses : au contenu du livre (parfois douloureux, brûlant), à la manière même de mon écriture (un fort travail de condensation s'inscrivant dans la durée) et à des événements extérieurs qui en ont influencé l’écriture. En effet ce recueil, tout en reprenant des éléments de mon rapport au paysage méditerranéen (à la Grèce en particulier, qui est comme un déplacement de mon rapport à la Tunisie, pays d’enfance), se fait essentiellement l’écho d’un séjour de deux ans au Japon. Or, en 2011, alors que le recueil était en cours d’écriture, se produisent en même temps plusieurs cataclysmes, géopolitiques ou naturels, qui viennent toucher les pays que j’aime, auxquels je me sens liée : la révolution tunisienne (suivie des Printemps arabes), la crise économique européenne qui affecte lourdement (sinon tragiquement) la Grèce et enfin le désastre (naturel et nucléaire) de Fukushima. Il m’était impossible de continuer à écrire sur le Japon alors que les paysages qui m’habitaient, que je tentais de décrire, de saisir en quelques mots, de rendre vivants, étaient dévastés, menacés de destruction, et que ceux que j’aimais là-bas étaient eux-mêmes menacés. Cela a littéralement arrêté l’écriture du recueil, m’a rendue mutique.

 

 

 

H.M – Est-ce que « Vers la mer  », le recueil que vous venez de publier aux Éditions Unicité, qui vous a donné envie d’un retour aux sources et aux origines ? 

 

M.A – Non, au contraire, Vers la mer est le récit d’un éloignement, d’un départ, ou mieux de sa tentative. Mais, comme je l’indiquais au début, il garde aussi la trace du paysage premier, méditerranéen. 


 

H.M – L’impression qu’il y a comme un cheminement intérieur d’un recueil à l’autre vous semble-t-elle juste ? 

 

M.A – Oui, il y a un cheminement : un cheminement le long de la mer - de la Mer Méditerranée à la Mer du Japon. Il y a aussi un fil intérieur, qui se poursuit d’un recueil à l’autre, moins perceptible peut-être, qui est celui du deuil. 


 

H.M – Pourquoi tant de tristesse dans votre poésie ? 

 

M.A – Dans la tradition occidentale, (c’est-à-dire grecque), la figure première du poète est celle d’Orphée, et elle est profondément liée au deuil : Orphée, celui qui chante et charme jusqu’aux arbres et aux animaux, a perdu deux fois celle qui l’aime, Eurydice. Il a été autorisé par les dieux à aller la chercher aux Enfers, à traverser vivant le royaume des morts - et à en revenir (mais il en revient seul). C’est depuis cette traversée que s’écrit le poème. 

Il y a dans cette tradition une deuxième figure fondatrice, moins mythologique : celle de Sappho, celle que Platon surnomma « la Dixième Muse ». Le premier poète lyrique est une femme, une poétesse. Elle est celle qui chante le désir. Disons que dans ce recueil j’essaie de tisser ensemble ces deux fils : deuil et désir. 

Il n’y a donc pas seulement de la tristesse dans ce livre. Il y a aussi beaucoup de joie : la joie de passer les frontières, d’aller « dans l’inconnu », à la rencontre d’une altérité radicale, la joie de « l’aventure », au sens médiéval, des rencontres faites en chemin… Quelle plus grande joie ?


 

H.M – Comment va la poésie d’aujourd’hui ? 

 

M.A – Elle va très bien. Elle est la part la plus infime, la plus invisible du marché éditorial, mais sans doute aussi la plus vivante. Soutenue par des éditrices et éditeurs courageux, elle est le lieu d’une production incessante, s’exprimant à travers toutes ses formes (orales ou écrites) et courants. Et les poétesses sont plus nombreuses et vivantes que jamais. Elles investissent la scène, la voix, renouvellent la performance poétique en lui donnant une tonalité, une inflexion propre. Je pense (pour n’en citer que quelques-unes) à Edith Azam, Hélène Sanguinetti, Jennifer K. Dick, Constance Chlore, Laure Gauthier, Anna Serra…  Chacune invente une scansion particulière. 


 

H. M – La mer demeure-t-elle un espace d’accueil ou d’exil privilégié ? 

 

M.A – Elle est les deux : accueil et exil, tombe et berceau. 

Lieu de culture, d’échanges, elle défend et permet la traversée, et en cela reste un trait-d’union.

 

 

© Hanen MAROUANI

 

« Vers la mer est le récit d’un éloignement, d’un départ, ou mieux de sa tentative. »

Marielle Anselmo

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil « Vers la mer » par Marielle Anselmo aux éditions Unicité.

 

 

Extraits poétiques publiés avec l'aimable autorisation de la poétesse & de sa maison d'édition

 

 

restera le souvenir

de ta voix

en Provence




 

et encore les pins (lumineux)

des pins mélodieux et je les fais entendre

à l’autre bout du monde

 

 

le froissement de l’opéra

avant le commencement

 

ta voix et les étoiles du jour

entre la Provence et le Japon

 

de cet amour

si bref

 

 

© Marielle Anselmo

 

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Pour citer cet entretien poétique inédit​​​​​​​​​​​​

 

Hanen Marouani, « Entretien avec la poétesse Marielle Anselmo », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 22 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/hmarouani-entretien-marielleanselmo 

 

 

 

 

Mise en page par Aude

Ajout des extraits poétiques le 23 février 2023.

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 13 Amour en poésie Muses et féminins en poésie
22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 12:00


Événements poétiques | Concours Féministes| Festival des poésies féministes 2021 | Recueil | Poésie féministe pour éliminer les violences faites aux femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un hic qui choque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clio Van de walle

 

 

 

Crédit photo : Delphin Enjolras, "A favourite book", capture d'écran de Commons.

 

Les statistiques sont accablantes. Le petit chat est mort. Jusque-là tout va bien. Mon ami Pierre est camionneur. Grand bien lui fasse. Ma cousine Bertha est une folle amoureuse. Qu’à cela ne tienne, je lui présenterai volontiers mon ami Pierre. Mesdames, Messieurs, vous êtes les bienvenus. Si vous entendez cette phrase, vous ne remarquerez rien. Mais si vous la lisez avec les yeux, vous verrez qu’au mot bienvenus , il y a comme un hic. Un hic qui choque comme on dit. Ou plutôt qui ne choque que moi dirait-on, car je suis la seule à penser comme ça. Ah bon, vraiment ? Je suis la seule que ça choque ? Attendez voir. Jeanne, Marina, Suzette, et Marie-Claire ont accompagné Paul à la borne de taxi. Au dernier moment, ils ont finalement pris la décision de prendre le bus tous ensemble. Oh my god, ai-je bien entendu ? Ou ai-je l’oreille qui saigne en ce jour du seigneur ? Ils ont tous décidé de prendre le bus ? Cela les regarde, et cela leur fera certainement faire des économies, certes. Mais ce qui me chagrine, c’est que ce tous, me hic et me choque de plus belle. Tous ? Mais qui ? Paul ? Oui, pour sûr. Et qui d’autre avec lui ? Jeanne ? Marina ? Suzette ? Marie-Claire ? Me suis-je méprise dans cette affaire ? Jeanne et ses copines auraient-elles toutes changé de sexe depuis notre dernier brunch ? L’oreille continue de me faire mal, mais je ne me désarçonne pas. Il m’en faudra bien plus. Ou peut-être juste une de plus ? Une bourde, une bêtise sans nom, dira t’-on ? Une bagatelle, un détail, peuchère ! Elle est arrivée, la fatale, la grosse, la lourde, l’impardonnable sentence : Marie a gagné le match. Mais le hic qui ne choque personne, c’est qu’elle ne peut l’annoncer à personne. Puisqu’elle ne connaît pas le mot qui pourrait la définir dans cette situation précise. Marie se serait appelé Jean-Ed, Yves ou Youssef, elle aurait pu dire qu’elle était le vainqueur de ce tournoi. Mais voilà, Marie n’a pas de pomme dans sa gorge, pas plus qu’elle n’a de mot pour parler d’elle, là maintenant tout de suite, sur le podium. Les journalistes le savent bien, les petits rusés trouvent alors des subterfuges. Marie, 9 ans, la gagnante du tournoi de Bécon sur Yvette, nous confie les secrets de sa victoire ! Donc Marie est contente, fière avec un e, même s’il ne s’entend pas. Mais il lui manque un mot. Le problème, c’est que ni elle ni ses parents ne le savent. Le mot qui leur manque, c’est le mot…vainqurice ? C’est moche ? Non, c’est juste bizarre. Comme tout ce qui est nouveau, non ? Tellement bizarre , qu’il se traîne une petite vaguelette rouge sang sous son corps, ce mot, lorsque je l’écris dans l’Office. L’Office des Mots. Je me demande qui y préside à cet office ? Il serait peut-être temps de réévaluer la compétence de ses membres ? Quel âge ont-ils ? Ces membres masculins… N’ y voyez rien de grivois, je dis membres masculins sans penser à folie puisque ce membre a un passe-droit de taille, il n’existe qu’au masculin. Pourquoi pas ? On parle bien de pomme, de partie, de salade, de jouissance, de pute, et de liberté. Ce qui me fait saigner les orifices de part et d’autres de ma tête de femme pensante, c’est que l’Office ne veut rien entendre. Il va pourtant bien falloir qu’il se confronte aux problèmes de Jeanne, de Marie et de tous les clito sans distinction de naissance et de couleur. Parce qu' elles vont continuer à pousser la porte du Bureau. Nous voulons être nommées parbleu, nous disent-elles ! Nous ne pouvons continuer à nous laisser effacer et soustraire de la sorte. Il faut bien que nous nous entendions. Et que nous nous lisions. Comprenez-vous ? A l’aube d’un 21ème siècle humain et juste, il faut bien que nous retroussions nos jupes et nos sous-tifs à la Manif ! Palsembleu, il est plus que temps. Le petit chat est mort. Jusqu’ici tout allait bien. Epouser une sotte pour n’être point sot, nous disait notre ami Molière. Certes. Tolérance du siècle pour une règle poussiéreuse et discriminatoire à souhait. Messieurs les académiciens, soufflez vos bougies, ce seront les dernières. Notre siècle, le 21ème, ne peut plus avoir mal. Pour lui, tolérance zéro. Le 21ème doit s’ériger au-dessus de l’Office des Mots. Je dirai même plus. Il se doit d’exterminer les vaguelettes rouges sous les mots des femmes qui saignent. Autrice l’a bien perdu, nom de nom ! Il en a fallu du temps. Que d’autres la suivent ! Si laide et imprononçable qu’elle devienne, la Langue se doit de paraître telle, du moins jusqu’à son adoption par toutes et tous. Les statistiques sont accablantes, nous dit-on, mais je suis certaine qu’une fois sortie de son étrangeté et de sa nouveauté, elle ne sera plus perçue comme lubrique ou frivole. Car elle sera comprise comme riche et nécessaire. Cette Langue n’oubliera plus Marie, Suzette et les autres, et tout le monde lui en saura gré ! Alors au diable les épicènes, point-médian et doubles flexions ! Si c’est par là que nous devons en passer, enfonçons-nous y jusqu’au cou·illes. A corps et à bras levés, verges et vagins, nous serons vainqueurs et vainqurices, ensemble. Non pas vainqurices sur les mots, mais sur les maux. Stigmatisation, exclusion, injustice et autres débilités d’effaçage des mémoires par le plus terrible des crimes : la non-nommance ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Et cela, Molière l’avait bien compris, le bougre. Si vous êtes des sots, messieurs, ne nous entraînez pas dans votre sottise, et laissez-nous accorder notre victoire au féminin. Une victoire sur des séniles apeurés par le changement.  Une victoire sur des bicornes aveuglés face au pouvoir des symboles.

Ce qui n’est pas nommé n’existe pas. Et notre combat n’est plus de vous quémander nommez-nous. Oh non, nous n’en sommes plus là, ma foi. Notre joie et notre force est de rugir dans le haut-parleur qu’à partir de maintenant nous nous nommerons nous-mêmes ! Et peut-être bien que pour couronner notre nouveau sacre, nous le placarderons sur des A4 blancs à flanc de mur. Plaît-il , vous dites ? Vous les effacerez de vos salives putrides? Faites-donc, messieurs les cracheurs ! Nos sorcières Scribouilles et Citrouilles détiennent la formule magique de l’Encre Invisible n° 21. Le principe actif est simple ; toute écriture censurée sera rendue visible par notre révélateur universel. Les mots souillés et tronqués par vos langues noircies réapparaîtront sur les murs de vos liseuses et de vos maisons. Notre Victoire se conjugue à présent au féminin, pas contre vous, messieurs les caleçons longs, mais avec vous. Alors n’ayez pas peur. Main dans la main, sexe contre fesse les jours de pluie quand il fait gris, joue contre larme quand nous serons ému·e·s ensemble, et langue contre langue, toujours, quelle que soit l'époque.

Aujourd'hui et pour demain, embrassons-nous à pleine bouche, quel que soit notre sexe, faisons parler de nous. Érigeons nos lettres contre les coincés-lettrés mal empouvoiré·e·s. ,  Ils veulent sauver la Langue, nous disent-ils. C'est tout à leur honneur. Seulement voilà, mes bien chers frères, la Langue n'a pas besoin de nous. Créée par nous pour nous distinguer des animaux, apprend-on. Foutaises! La corneille annonce sa venue à ses congénères de 37 sons différents. Ne pensez-vous pas qu'au moins un de ces 37 ne nomme son sexe?

La langue ne sera jamais orpheline, puisque c'est nous qui avons besoin d'elle. Nous sommes la langue. En inversion simplifiée, la Langue, c'est nous!

Morne et décevante quand nous nous avachissons dans nos répétitions du quotidien, provocante et régénératrice, comme à l'heure où je vous parle. Vivante, toujours.

Manon, 16 ans me demande : si j'ai besoin d'un mot mais qu'il n'existe pas, ou le chercher, ou le trouver ? Si c'est moi que je cherche derrière ce mot, et qu'il n'existe pas ou plus, est ce que moi non plus je n'existe pas ou plus ?

Comment être sûre de ma propre existence si les mots avec lesquels je veux me définir sont comme les dragons ou les dodos. Disparus, imaginaires, en voie d’extinction, foutus, jamais nés?

Pendant que Manon se fait des nœuds au cerveau, moi c'est ma gorge qui se noue. Un symptôme supplémentaire. Les oreilles qui saignent je veux bien, mais que ça touche à ma respiration, à mon instinct de survie, je refuse!

Je refuse d'être la victime hypocondriaque d'un Office qui ne fait pas son job, Crénom, comme disait Baudelaire. Je refuse d'être la malade vouée à la mort programmée parce que le remède n'existe pas. Bullshit! Le remède existe, il a toujours été là, bien caché au fond du tiroir. Dans d'autres pays, pas plus grands, pas plus puissants que le nôtre, il est même administré depuis la nuit des temps. Le remède est dans la Langue Madame la Ministre. Et nous n'attendons plus que votre politico - labo le labellise, franchise, ou tout ce qui rime avec bêtise. Parce qu'il y a conflit d'intérêts messieurs les jurés. Purée de pois! Quelle vision! J'aperçois une femme à l'audience. Elle aurait elle aussi refusé le médicament. De peur de je cite, livrer notre belle langue française à un péril mortel, elle a voté contre le langage inclusif. Trop coûteux, trop compliqué, trop risqué, pour des bénéfices ineptes, et des revendications ineptes d'une minorité minime. Ça se dit? Comme elle peut être cruelle notre Langue.

De Baudelaire à Charabia il n'y a qu'un pas. Si le lundi elle nous charme par son flegme et sa douce magie, le mardi elle nous flanque et nous rétorque des constitutionnellement de dossiers rejetés refusés parce pas assez dans la case justifiée corsetée. Elle nous assassine avec ses nous sommes dans le regret de et ses contrairement à nos promesses. Avec ses lois du plus noble, elle nous insulte de son absurdité. C'est elle, vraiment la coupable? Non gentilhommes et gentilles dames. C'est plutôt, nous, ses serviteurs qui avons failli dans nos devoirs en oubliant de la servir et en voulant l'asservir. Au nom de quoi? Au nom d'une règle édictée au 17ème. Si vieux, déjà? Et oui Monsieur de Richelieu, nous avons fait du chemin depuis. N'en déplaise à ces testostériles de l'Académie, il est temps d'esponger le souffre et la colle qui engluent vos idées rétrogrades. Le masculin ne l'emportera plus sur le féminin. Entre nous... cette rengaine rébarbative n'a jamais convaincu que vos sires et vos seigneurs moroses et impuissants, que vos bourgeois et vos notables béants d'inconfiance, que vos incontinents de faux savoir et de pouvoir acquis par la plus vile des pratiques : l'auto- attribution. Je disais donc, le masculin ne l'emportera plus. Parce que le féminin ne se laissera plus gommer à coup d'indifférence verbale sur la carte de notre belle Langue française. Je ne suis pas le général De Gaulle, - paix ait l'âme de ce cher Charles, et n'en déplaise aux nostalgiques des grands discours de l'Histoire - mais je lance aujourd'hui un appel. Un appel de lutte et de soutien contre l'oubliescence programmée. Un appel de révolte contre l'oppression insinueuse d'un patriarcat mangeur de mots.

Le hoquet dans vos gosiers me choque messieurs, n'en avez-vous pas honte. je les ai vu ces mots, ils existaient pourtant jadis, et je vous ai vu les manger tout crus. Les gober à pleine gueule jusqu'à en roter de dégoût. Il y en a pourtant un que vous n'arrivez pas pincer de vos crocs, Sage-femme n'a pas fini dans votre bile. Vous n'avez pas su le mastiquer, tout verts Gargantuas que vous êtes. Parce que c'est le seul dont vous ne vouliez pas, peut-être ? Sage-femme, vraiment ? Et pourquoi non messieurs les poilus ? Accoucher un enfant serait une histoire de bonne femme, exclusivement ? Certains bipèdes mâles s'y risquent pourtant. Et qui sont-ils? Des Sages - hommes ? Je ne crois pas. Ils sont l'exception à cette règle immonde et inhumaine. Cette règle ridicule du plus fort. Si vous êtes si forts que vous le dites, messieurs les supermans, soyez galants et laissez-nous le privilège du signifiant. Signifiez -nous avec des armes légales et contractuelles que nos signatures donnent leur bon pour accord, de textes et de pensées plus justes. Parce que c’est bien de notre pensée collective dont il est question. Et si notre pensée est le signifié,  la Langue en est le signifiant officiel.

A la Bastille à présent! Stylos et claviers brandis, coupons la tête aux signifiants qui ne sont plus représentés! Mes camarades, le jour de gloire est arrivée, contre nous de la tyrannie des mots. Fantômes et fantoches, ces mots pleutres et mous qui se cachent derrière des idées aussi obscures que dépassées. 

Des mots qui ne bandent plus parce qu'ils ne savent plus faire la cour aux dames. Des mots qui font rire en demi-molle parce qu'ils refusent de se plier aux lois de leur époque. Époque qui leur a pourtant appris à tenir la porte aux robes fleuries et à laisser passer devant.

Citoyennes et citoyens, que celui ou celle qui n'a jamais fauté me lance la première pierre. Je suis faite de chair et de sang, et moi aussi j'ai suivi cette règle je l'avoue. Pendant 37 ans. Pourtant je ne l'ai jamais signé ni validé de mon sceau. Je l'ai accepté comme un non choix et j'ai participé à ce grand crime commun qu'est la non-nommance. Par peur me demanderez-vous? Pas vraiment. Par flemme ou par manque d'énergie ? Jamais ! Par découragement et par sentiment d'isolement ? Oui sans doute, très certainement. Mais voilà mes bien chères sœurs oestrogénoises, seules nous étions hier, seules nous ne serons plus demain.

Nos sexes et nos ventres, sont à l'image de nos encriers, ils ne seront jamais vides. Aussi longtemps que des femmes feront naître les bébés, le sens de nos aspirations ne sera jamais vide. Aussi longtemps que le rose granule de notre organe serpent saillant frappera l’arcade humide de notre palais, et qu’il flirtera à coup de mouille derrière la herse de nos dents, nous réclamerons à langue haute. C’est au creux de cet antre chaud que la Reine Langage règne en toute puissance. Pas dans la propagande genrée de vos grimoires pourris.

Alors si nous décidons qu'aujourd'hui que nous voulons être lues et entendues, écrites et décrites, ce n'est nullement à une bande d'intellos sans jarretière d'en décider.

Parce que le nom des rues et de nos identités nous importent, parce que nos salaires, nos culs, nos représentations et nos symboles nous importent, parce que la désignation de nos existences, de nos âmes et de nos corps nous importent, nous refusons les statistiques!  Qui ne sont, entre nous soit dit, plus du tout si accablantes que ça! Les chiffres sont comme les lettres, ils ont une vie propre. Ils sont flexibles, muables. Alors au diable les  stats, les valeurs sûres et les capitaux de bas étages.

La petite chatte n'est pas morte!  Élevons nous au-dessus de nos habitudes encrées et de nos croyances rébarbatives. Marions mon ami Pierre et ma cousine Bertha. Pour le pire et pour le meilleur de la Grammaire. Ou plutôt, laissons les libres de leurs choix, de s'unir et de se désunir, en fonction des verbes et des sujets qui les animent. Au gré des phrases qui les meuvent et des ponctuations qui les oxygénise. Une chose est sûre, Bertha et Pierre n'attendent pas le bus, iels font l'amour. De leur union, est né Iel. Iel est le fruit d'un amour intemporel et indestructible. Iel est le hic qui nous choque, et qui se doit d'être tel, jusqu'à ce que nous l'adoptions, toutes et tous dans nos bouches et dans nos oreilles.

 

Dans nos stylets plumes, et dans nos cortex, Iel est l'enfant non désiré du 21ème siècle, le migrant oro-verbal dont nous ne pourrons plus nous passer. Jusqu'à ce jour futur, où les enfants des enfants de nos enfants nous demanderont à leur tour, les orifices auditifs en sang, d'assassiner une langue déjà morte à leurs yeux, et de donner à Iel des sœurs et des frères de voyage, afin qu’iels fassent route ensemble dans cet incroyable royaume qu’est le Peuple des Mots.

 

 

© Clio Van de walle

 

Biographie

 

 

Clio VAN DE WALLE

 

Metteuse en scène et comédienne diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Clio Van de walle travaille entre Paris, Londres et Athènes.

 

En 2015, elle co-dirige le théâtre du Studio Hébertot à Paris.

 

Engagée dans la cause féministe, elle noue différents partenariats avec La Maison des Femmes, dirigée par Ghada Hatem et avec Voix de femmes- SOS Mariage Forcé, dans le cadre de l’écriture de la pièce de rap-théâtre Sanga, qui traite de manière décalée et poétique du mariage forcé des fillettes partout dans le monde.

 

Sanga reçoit la labellisation ONU FEMMES France dans le cadre du Festival Générations Egalité Voices, et fait partie des coups de cœur d’un membre du Comité de lecture de la Comédie Française.

 

En 2020, sa deuxième pièce Nuit, ma liberté ! est finaliste du concours d’écriture du CDN du Quai d’Angers, dirigé par Thomas Jolly. 

 

En parallèle à ses activités de metteur en scène et de comédienne, Clio Van de walle est la fondatrice et directrice artistique de La Compagnie Indigo, compagnie théâtrale avec laquelle elle propose notamment des spectacles et évènements culturels pour la jeunesse.



 

 

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Pour citer cette nouvelle poétique & féministe inédit​​​​​​e

 

Clio Van de walle, « Un hic qui choque », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Festival de Poésies Féministes 2021 | « Cinquante poèmes féministes », recueil collectif paru en 2021 aux éditions PAN DES MUSES DE LA SIÉFÉGP, mis en ligne le 22 février 2023. Url :

http://www.pandesmuses.fr/concoursfeministes/cliovandewalle-unhic

 

 

 

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21 février 2023 2 21 /02 /février /2023 14:36

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception  & N°2 | REVUE ORIENTALES O | Critiques poétiques & artistiques & [Nouvelle rubrique]

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Hanen Marouani

 

 

 

« Tout ira bien »

 

 

Le Lys bleu, 2021, 116 pages, 12€

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Première de couverture du recueil « Tout ira bien… » aux éditions Le Lys Bleu, 2021.

 

 

 

« C’est quand on a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien. » Sénèque



 

L’espoir fait vivre, donc quand ça va mal autour de soi, il faut trouver coûte que coûte une raison de vivre en se persuadant que « Tout ira bien » :c’est ce que Hanen Marouani nous enseigne dans son recueil de poèmes ainsi intitulé. Quelle belle note d’espoir d’optimisme !  Comme dit Georges Bernanos : « La plus haute forme de l'espérance, c'est le désespoir surmonté. »

Selon Hanen Marouani :

 

« Les espoirs des enfants qui s’éveillent sans bruit

Et tout nous en transforme en gouttelettes de rosée

En une mélodie perdue quand ses notes font battre toute peur »

 

Ne pas prêter le flanc au désespoir, avoir le flair, car prévenir vaut mieux que guérir.

Il faut savoir anticiper :

 

 « Sentir l’arrivée de la pluie à l’avance

Ne pas se contenter d’être mouillé sous ses intensités »

 

On s’accroche à la vie en ce recentrant sur l’essentiel, en tâchant de renouer avec son intériorité. Cela dit, il faut composer chaque jour avec le temps long dans « un monde en repli ».

Peindre en rêvant et rêver en peignant : la simultanéité des actions s’avère une échappatoire, on se laisse aller ; à chacun sa technique de survie :

 

« Sur un navire sans voile ignorant la destination vers son demain

Je rêve et je rêve… et je peins »

 

Mais « Un rêve égaré dans les vagues et les marées » c’est un rêve évanescent qui n’est que chimère car « Tout est éphémère, tout est chimère », nous révèle la poète.


 

Alors il faut trouver une solution de rechange : il faut lâcher prise : 

 

« Sur une bicyclette, je suis le sens

Je ne pense à rien mais je danse »

*

« Le silence est d’or tout le reste n’est que faiblesse », nous apprend Pascal.

 

Et pour cause :

 

« Les silences remplacent les mots, là où il faut faire face au vrai » renchérit Hanen Maouani.

 

Il est des circonstances qui n’existent que pour nous amener à une prise de conscience, alors il n’est que de puiser dans ses ressources intrinsèques pour y faire face. 

 

Il faut dire la vie dans ses travers, évoquer les femmes oubliées, emmurées dans le silence :  

 

« Derrière les portraits, il y a des vies endormies

Derrière chacun, il y a des portraits bien soumis,

Derrière chaque portrait, il y a une femme qui sourit »

 

*

« L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,

Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. » Musset

 

Il ne faut pas rester passif mais se coltiner aux difficultés de la vie.  

À un moment où l’incertitude et le vide gagnent du terrain, où les rues se vident, la poète rêve sa vie, verse dans la régression :

 

« courir … c’est mon rêve d’enfant qui me vient souvent et

qui m’accompagne

au fond (…) »

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Pascal

 

En fin de compte, Hanen Maouani a fini par trouver « les secret des cœurs » auxquels elle a eu recours pour des moments de plaisir partagé en duo.

 

 

© Maggy DE COSTER

 

 

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​​​​​​​

 

Maggy De Coster, « Hanen Marouani, « Tout ira bien », Le Lys bleu, 2021, 116 pages, 12€ »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », Revue Orientales, « Voyageuses & leurs voyages réels ou fictifs », n°2, mis en ligne le 15 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/no13/orientales/no2/mdc-hanenmarouani-toutirabien

 

 

 

 

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