6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 18:35

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Poétiser en cuisinant

 

 

 

 

 

 

 

 

Ode au champagne

​​​​​​

 

 

 

 

Judith Gautier (1845-1917)

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

Crédit photo : Affiche publicitaire pour le vin de Champagne, "Champagne, tribunes", image de Commons.

 

 

 

Poème Couronné à un concours sur le vin de Champagne

 

 

 



 

Ô Soleil, sois propice aux vendanges prochaines.

Roi de notre horizon, viens verser ta chaleur

Sur les pampres nouveaux, verdoyant dans les plaines,

Ô soleil, sois propice à la Champagne en fleur.


 

 

Car si tu nous manquais que deviendrait le monde,

Puissant philtre, sans ta pétillante gaîté ?...

Il n'est jamais, sans toi, de fête, ô liqueur blonde,

Sans le champagne point de toast ni de santé.


 

 

Que serait un festin sans la salve joyeuse

Des bouchons détonants hors des goulots dorés,

D'où la mousse jaillit, folle et capricieuse,

Mouillant les doigts parmi les rires effarés ?


 

 

Soit pour nous souvenir de quelque heure envolée,

Naissance ou mariage, ou fêter un succès ;

Pour envoiler d'oubli notre âme désolée,

N'est-ce pas toujours toi qu'il faut, cher vin français ?


 

 

L'on t'appelle d'un bout à l'autre de la terre,

Grâce à toi, notre nom est partout acclamé ;

Des neiges de Russie aux brouillards d'Angleterre,

De l'Inde à l'Amérique, il est partout aimé.


 

 

Jusque dans la débauche aux vulgaires ivresses,

En ces frivoles nuits dont on rougit au jour,

Ta magie encore prête aux vénales caresses

Un air de passion et des semblants d'amour.

 

 

Et même l'ennemi, pour boire à sa conquête

Et voir  monter l'esprit sous son crâne impuissant,

Doit tendre vers la France,ainsi qu'un pauvre quête,

Le verre dans lequel il a bu notre sang.


 

 

Gloire à toi, vin léger, vin doré, limpide

Qui réchauffe le cœur et met la flamme aux yeux,

Exalte le courage et rend l'homme intrépide,

Qui fait le pauvre riche et le triste joyeux.


 

 

Je te bois à la France, aux arts, aux républiques,

À la fraternité de tous, aux travailleurs,

À l'espoir, à l'amour, aux aïeux héroïques,

Aux luttes de l'esprit qui nous rendent meilleurs.


 

 

Ô Soleil, sois propice à la Champagne en fleur !

 

 

Le poème ci-dessus est un extrait, il provient de GAUTIER, Judith (1845-1917), Poésies (Les rites divins – Au Gré du Rêve – Badinages – Pour la Lyre), Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène FASQUELLE, Éditeur (11, rue de Grenelle), « Badinages », 1911, pp. 107-109. Le recueil cité appartient au domaine public.

 

***

 

Pour citer ce poème de l'aïeule

 

 

Judith Gautier,​ « Ode au champagne », extrait de GAUTIER, Judith (1845-1917), Poésies (1911), choisi & transcrit par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | AUTOMNE 2022 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 6 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/jgautier-odeauchampagne

 

 

 

 

Mise en page par Aude


 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)


 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

 

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 

 

 

N°11 | ÉTÉ 2022


 

 


PARFUMERIE POÉTIQUE OU 

 

 

PARFUMS, POÉSIE & GENRE

 

 

 

© Crédit photo :  Mariem Garaali Hadoussa,"Strange roses", tableau.

 

 

 

 

 

 


SOMMAIRE

 


DATE BUTOIR POUR Y PARTICIPER :

 

30 SEPTEMBRE 2022

 

MISE EN LIGNE JUSQU'AU  5 20 OCTOBRE 2022

 

 

 

APPEL À CONTRIBUTIONS DU 11ème NUMÉRO 
 

 

 

 

 

 

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Le Pan Poétique des Muses (LPpdm)

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre

théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) & en version imprimée suspendue suite à un cas de force majeure de 2018 à 2020, reprise de l'édition imprimée dès 2021.

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

(4 numéros par an dont un Hors-série & un Numéro spécial)

La reprise de la parution imprimée se fera en 2021 

 

ISSN imprimé : 2492-0487

 

ISSN imprimé Hors-série : 2554-8174

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Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

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Présentation créée le 7 juillet 2022

par Aude & David

 

Édition en cours

 

Dernière mise à jour : 30 septembre 2022

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES (LPpdm)

 


 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 

 

N°11 | ÉTÉ 2022

 

 

PARFUMERIE POÉTIQUE

 

OU 

 

PARFUMS, POÉSIE & GENRE

 

 

N°11 | SOMMAIRE


 


 

EN COURS D'ÉDITION...

 

 

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DATE BUTOIR POUR Y PARTICIPER :

 

30 SEPTEMBRE 2022

 

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Équipe de la version en ligne :

Rédaction de la revue 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

Couverture & une bonne partie du numéro est illustrée par l'artiste 

Mariem Garaali Hadoussa

Autres illustrations par 

Des artistes citéEs dans les pages du numéro.

Réalisation technique :

Aude & David Simon 

Nous écrire :

contactlppdm@pandesmuses.fr, contact@pandesmuses.fr. 

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

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& en version imprimée

 

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SOMMAIRE 

 

 

AVANT-PROPOS

 

Dina Sahyouni, « Cet été parfumé 2022 »

 

ÉDITORIAL 

Dina Sahyouni, « En parfumerie poétique »

 

BÉMOLS ARTISTIQUES​​​​​​

 

Maggy De Coster, « André Seleanu, "Le Conflit de L’Art Contemporain. Art tactile, art sémiotique", L’Harmattan, 2022, 225 pages, 23€ »

Françoise Urban-Menninger, « Hélène Martinez-Urban », texte illustré par trois photographies inédites des œuvres de l'artiste Hélène Martinez-Urban

 

ENTRETIENS POÉTIQUES, ARTISTIQUES & FÉMINISTES

 

​​​Hanen Marouani, « Entretien avec Asma Bayar » & « Entretien avec la jeune poétesse, romancière et peintre franco-syrienne Nour Cadour », avec des œuvres de l'artiste et deux photos de Natalie Rezelmann Ulysse Agassin

 


ARTICLES & TÉMOIGNAGES

 

 

 

DOSSIER MAJEUR 

 

PARFUMS, POÉSIE & GENRE

 

 

 

​Françoise Urban-Menninger, « Bains de lumière » 

Michel Loetscher, « La fabrique du poème : Françoise Urban-Menninger, parfum d'âme »

Maggy De Coster, « Nathalie Maranelli, Parfums d’Infancia, L’Harmattan, 2014, 225 pages »

 

DOSSIER MINEUR 

 

MUSES & POÈTES

 

POÉSIE, FEMMES & GENRE

 

Françoise Urban-Menninger, « La forêt du poème », poème inédit illustré par une photographie inédite de Claude Menninger

Maggy De Coster, « Des poèmes du poète cubain exilé Ernesto Díaz Rodríguez », « ¡OYE MATILDE ! Un hommage du poète argentin Carlos Arturo Schang à Matilde Urrutia, la troisième épouse de Pablo Neruda »

 

Hanen Marouani, « Entretien avec la jeune poétesse, romancière et peintre franco-syrienne Nour Cadour », avec des œuvres de l'artiste et deux photos de Natalie Rezelmann Ulysse Agassin

Renée Vivien (aïeule), « Amitié féminine », extrait de VIVIEN, Renée (1877-1909),​​​​​​ La dame à la louve (1904) choisi, transcrit & brièvement présenté par Dina Sahyouni 

 

POÉTICIENNES/THÉORICIENNES DE LA POÉSIE

 

 

 

FLORILÈGE

 

 

DOSSIER MAJEUR

 

​Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Parfum de couleurs »

Mariem Garaali Hadoussa, (poèmes & peinture), « Le parfum » & « L’eau de mon univers »

Hanen Marouani, « La nouvelle collection printemps-été 2022 de la styliste Tuniso-canadienne Sarah Manai ; Femme-Fleur : des poèmes visuels et olfactifs », photographies de Majdi Agrebi de Ichrak Cofflard (Mannequin)

Sarah Mostrel (poèmes & peinture)« Des parfums divinement poétiques »

Édouard Gemayel, « Les Cèdres »

​Françoise Urban-Menninger, « Un parfum d'âme » & « image éphémère », extraits illustrés par une peinture de l'artiste Hélène Martinez-Urban du recueil de poèmes L'âme du jour (2022)

Mariem Garali Hadoussa (poème & peinture), « Notre roseraie »

Floriane Martin, « Parfumerie », peinture inédite par l'artiste Mariem Garaali Hadoussa

Irina Moga, « Amaretto » avec une illustration de l’artiste Tatiana Arsénie

Dina Sahyouni, « Mes voyages olfactifs »

Désirée Pacault (aïeule), « La fleur sans parfum »

Charlène Lyonnet, « Le corbeau amoureux », image par DS.

 

DOSSIER MINEUR

 

​​​​​Monique Thomassettie (conte & peinture), « Nom de Déesse. Extrait »

Nour Cadour, « Extraits poétiques de mes trois recueils »

Pierre Zehnacker (poème & peinture), « Le divin »

Lydia Kowicz Loriot, «Le cri des femmes du monde »

 

/ Aïeules 

Zoé Fleurentin« À mes vers » & « À une femme poète »

Marceline Desbordes-Valmore, « L'amie » 

Adèle Souchier, « Muse »

 

 

MUSES AU MASCULIN

 

Claude Luezior, « Extrait de Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures »

Mustapha (texte & illustrations), « Jean-Jacques Sempé, le funambule »

 

LA POÉSIE DANS TOUS SES ÉTATS OU VARIA 

 

Sandrine Daraut, « Le dire en ver-t-s »


INSTANT POÉTIQUE EN COMPAGNIE DE...

 

​​​​​​Mona Azzam, « Sous le baobab, un livre… »

 

POÈTES ÂGÉS DE MOINS DE 26 ANS

 

.......... 

 

POÉSIE DES ANCÊTRES (AÏEULES /AÏEUX)

* Se trouve dans plusieurs rubriques. 

 

POÉSIE ÉROTIQUE 

 

Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Miroirs infinis »

 

CUISINER EN POÉTISANT

 

Irina Moga, « Amaretto » avec une illustration de l’artiste Tatiana Arsénie

 

PRESSE, MÉDIA, FEMMES, GENRE & POÉSIE

 

Images, « "Œil pour Œil" (Contes Arabes) » 

 

............... 

 

 POÉSIE AUDIOVISUELLE /

[UNIQUEMENT EN LIGNE]

 

 

POÉSIE VISUELLE &/OU OLFACTIVE 

Hanen Marouani, « La nouvelle collection printemps-été 2022 de la styliste Tuniso-canadienne Sarah Manai ; Femme-Fleur : des poèmes visuels et olfactifs », photographies de Majdi Agrebi de Ichrak Cofflard (Mannequin) 

 

/ POÉSIE, MUSIQUE & ARTS AUDIOVISUELS

Dinah, « En mal d'amour, la nouvelle chanson de MIKA vous console » 

 

 

 

 

TRAVESTISSEMENTS POÉTIQUES 

 

Victorine Rostand (aïeule), « Agnès La Noire »

 

 

CRITIQUE & RÉCEPTION 

 

 

​Françoise Urban-Menninger, « Jardins empans du rêve, poèmes de Colette Nys-Mazure, aquarelles de Colette Ottmann »

 

Maggy De Coster, Maggy De Coster, « Irène Shraer, "Une couronne à ma porte", L’Harmattan, 2020, format A5, 12, 50€ », « Anne-Lise Blanchard, Sur les paupières du vent, Donner à voir, 2008, 45 pages, 6,50€ », « Anne-Lise Blanchard, avant l’été, pré carré, 2005 sans numérotation de pages », « Anne-Lise Blanchard, Ce chant étroit, Interventions À Haute Voix, 2003, 56 pages, 9€ », « Nathalie Maranelli, Parfums d’Infancia, L’Harmattan, 2014, 225 pages »

Camille Aubaude, Camille Aubaude, « Dans une autre demeure (Centre d’Études Supérieures de la Littérature, Tours, 2022)», « Florence Delay, Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas, éd. du Seuil, La librairie du XXIè siècle, 2022 »

 

CHRONIQUES DE CAMILLAE/

POÉSIE & CINÉMA/

CHRONIQUES CINÉMATOGRAPHIQUES

Camille Aubaude, « "Compétitionofficielle". Film de Mariano COHN et Gaston DUPRAT, 2022. Avec Penélope CRUZ, Antonio BANDERAS et Oscar MARTINEZ »

 

RÉCEPTION D'AUTREFOIS

 

Images, « "Œil pour Œil" (Contes Arabes) »

Auguste de Roosmalen, « Le petit oiseau prisonnier par Désirée Pacault »

 

RÉFLEXIONS FÉMINISTES SUR L'ACTUALITÉ 

 

Lydia Kowicz Loriot, « Le cri des femmes du monde »

 

LITTÉRATURE POUR LA JEUNESSE 

 

ENCART DES LANGUES ÉTRANGÈRES 

 

Voir les textes publiés dans nos rubriques.

 

REVUE DES MÉTIERS DU LIVRE 

Françoise Urban-Menninger, « Strasbourg, capitale mondiale du Livre en 2024 » & une image du photographe Claude Menninger

 

 

ESSAI OU MANIFESTE

Maggy De Coster, « La place de l’homme dans les cultures et les littératures »

 

LEÇONS, MÉTHODES & MÉTHODOLOGIES EN POÉSIE 

Maggy De Coster, « La place de l’homme dans les cultures et les littératures »

 

S'INDIGNER, SOUTENIR, LETTRES OUVERTES & HOMMAGES 

 

Mustapha (textes & illustrations), « Jean-Jacques Sempé, le funambule » & « William Klein, l’ami américain»

Maggy De Coster, « ¡OYE MATILDE ! Un hommage du poète argentin Carlos Arturo Schang à Matilde Urrutia, la troisième épouse de Pablo Neruda »

 

REVUE POÉPOLITIQUE

 

Marguerite Milon (aïeule)«  Le vote des femmes »

Maggy De Coster, « Des poèmes du poète cubain exilé Ernesto Díaz Rodríguez »

 

SOURIRES & RIRES FÉMINISTES 

 

 

FAITS DIVERS & CATASTROPHES

 

 

ASTRES & ANIMAUX 

 

Mariem Garaali Hadoussa, « L’eau de mon univers »

Camille Aubaude, « Florence Delay, Il n’y a pas de cheval sur le chemin de Damas, éd. du Seuil, La librairie du XXIè siècle, 2022 »

​Françoise Urban-Menninger, « La forêt du poème », poème inédit illustré par une photographie de Claude Menninger« Jardins empans du rêve, poèmes de Colette Nys-Mazure, aquarelles de Colette Ottmann »

 

Maggy De Coster, « Anne-Lise Blanchard, Sur les paupières du vent, Donner à voir, 2008, 45 pages, 6,50€ », « Anne-Lise Blanchard, Ce chant étroit, Interventions À Haute Voix, 2003, 56 pages, 9€ »

Dina Sahyouni, « Mes voyages olfactifs »

Auguste de Roosmalen, « Le petit oiseau prisonnier par Désirée Pacault »

Charlène Lyonnet, « Le corbeau amoureux », image par DS.

 

VOIX-VOIES DE LA SORORITÉ 

 

Marceline Desbordes-Valmore (aïeule), « L'amie » 

Renée Vivien (aïeule), « Amitié féminine », extrait de VIVIEN, Renée (1877-1909),​​​​​​ La dame à la louve (1904) choisi, transcrit & brièvement présenté par Dina Sahyouni

 

HANDICAPS & DIVERSITÉ INCLUSIVE

 

Hanen Marouani, « Entretien avec Asma Bayar » 

 

PHILOSOPHIES & SAGESSES EN POÉSIE 

 

 

REVUE MATRIMOINE

 

Marguerite Milon (aïeule), «  Le vote des femmes »

​Françoise Urban-Menninger, « Hélène Martinez-Urban », texte illustré par trois photographies inédites des œuvres de l'artiste Hélène Martinez-Urban

 

 

SPIRITUALITÉS/

CROYANCES, RELIGIONS & MYSTICISMES EN POÉSIE

 

 

Pierre Zehnacker (poème & peinture), « Le divin»

 

REVUE CULTURELLE D'EUROPE

François Folscheid, « Claude Luezior, Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures, Éditions Traversées, 2022, isbn : 9782931077047, 128 p., Virton, Belgique » 

Françoise Urban-Menninger, « Strasbourg, capitale mondiale du Livre en 2024 » & une image du photographe Claude Menninger

 

REVUE CULTURELLE DES AMÉRIQUES

 

Maggy De Coster, « La place de l’homme dans les cultures et les littératures »

Mustapha Saha (hommage & photo), « William Klein, l’ami américain»

 

REVUE CULTURELLE D'ORIENT  & D'AFRIQUE 

 

Mustapha Saha, « Nourdine Tabbai expose une peinture allégorique de l'Apocalypse à la Fondation Mohammed VI en octobre 2022 »

 

ANNONCES DIVERSES 

 

« Vient de paraître "Le Chant des Sirènes" de Maryse Weisser Macher »

 

ACTIONS EN FAVEUR DES FEMMES & LGBTQ+ 

 

SIÉFÉGP, « La deuxième édition du Prix Littéraire de Dina Sahyouni »

 

AGENDA ARTISTIQUE

 

« Actualités artistiques choisies pour cet été »

 

 

AGENDA POÉTIQUE

 

« Appels à propositions. Bel été à vous & à bientôt ! »

SIÉFÉGP, « La deuxième édition du Prix Littéraire de Dina Sahyouni »

 

David Simon, « Lettre d'information du 6 septembre 2022 »

 

***

 

Pour citer ce sommaire inédit 

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « N°11 | ÉTÉ 2022 | SOMMAIRE », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11| ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 2 septembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/sommaire

 

 

 

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Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

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Présentation créée le 2 septembre 2022 & en cours d'édition

Dernière mise à jour : le 18 octobre 2022

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N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Poésie dans tous ses états 

 

 

 

 

​​

 

 

Le dire en ver-t-s

​​​​​​

 

 

 

 

 

 

​​

Sandrine Daraut

 

 

 

 

Crédit photo : Fleurs blanches, CommonsCommons.

 

 

 

En bois d’avenir

En train de t’offrir un arbre

L’Amour dépollue (Sandrine Daraut Alias SansditdArt)

 

 

 

En mars 2014, lorsque nous proposions sur la Place Arnaud Bernard - à Toulouse – à tout un chacun de donner sa propre définition de la poésie, quelqu’un nous a parlé d’un Pays. Nous pensons aussi à ces magnifiques vers d’Ossip Emilievitch Mandelstam ;

 

Ainsi, dans les marges des brouillons, naissent des arabesques qui vivent de leur vie indépendante, perfide et

merveilleuse

(Le Sceau égyptien, traduit du russe et postfacé par Claude B. Levenson, l’Âge d’Homme, 1968).

 

Toute la chambre est imprégnée

De langueur – délicieux remède !

Penser qu’un si petit royaume

A englouti tant de sommeil

(Tristia et autres poèmes, traduit du russe par François Kerel, Gallimard, 1975).

 

Dans les premiers labours, noire jusqu’à l’indigo,

Et le travail désarmé prend en elle naissance :

Collines par milliers dans les labours des mots

Comme s’il existait un cercle sans circonférence

(Le Tchernoziom, Avril 1935 ; Tristia et autres poèmes, op.cit.).

 

Il n’existe qu’un chemin

Celui de ta main légère ;

Comment trouver autrement

Le pays qui m’est si cher ?

(Les poésies d’amour, choisies, traduites et présentées par Henri Abril, Circé, 2016).

 

« Ainsi s’effondrent en poésie les frontières entre nations, et les éléments d’une

langue s’entr’appellent avec ceux d’une autre par-dessus la tête de l’espace et

du temps, une fraternité s’affirme en toute liberté dans le patrimoine de chacune

d’elles et unit tous les idiomes, des consanguinités se font fraternellement signe

au sein même de cette liberté et familièrement se hèlent. »

 

Issu d’une famille juive peu pratiquante, il arrive à Saint-Pétersbourg à l’âge de cinq ans. Essayiste et poète russe lié à la mouvance acméiste – aspirant à l’unité indivisible de l’Homme et de la Terre – il est arrêté, exilé – après une tentative de suicide – puis condamné aux travaux forcés pour avoir composé un épigramme critiquant ouvertement Staline. Il meurt en transit, en 1938, de froid et de faim. Encore selon lui, la poésie est un pouvoir, car pour elle on vous tue. D’aucuns nous diront que la rime est facile. À méditer, tout de même…

 

 

1 – Le contexte du projet

 

 

C’est juste avant le premier confinement que nous annoncions – via Twitter – l’organisation d’un concours visant à décrire – en vingt-cinq vers maximum – son pays poétique. Nous utilisons le groupe Facebook dirigé par André Campos Rodriguez – ou Cercle de l’Ardent Pays – pour diffuser les participations ; dont celle de Rio Di Maria1… Ce dernier – Président de la Maison de la Poésie d’Amay, de 2009 à 2019, décède le 23 mars 2020 ; le dernier jour d’appel à textes. Dans de telles circonstances, nous avions essentiellement besoin d’un support de résilience.

 

Toujours à la recherche d’une structure où lire ces poèmes envoyés, on nous parle de l’arbre à poèmes au Café des Plumes – anciennement implanté dans le quartier toulousain des Sept Deniers. Alors, pour l’hypothétique évènement du 28 mars 2020, nous préparons et présentons des mises en scène photographiques.

 

En 2016, un recueil de poèmes, écrits de 1992 à 2012, par Abdellatif Laâbi porte justement comme titre L’arbre à poèmes 2; cette métaphore illustre une poétique aux racines abreuvées de souffrances mais dont la fertilité émane tant d’une permanente indignation que des fruits d’une utopique réconciliation interculturelle.

Autant de brefs contes ou de vers libres pour dénoncer cette constante volonté humaine d’asservir.

 

Cet auteur marocain s’est exilé en France, après avoir été emprisonné pour – au travers de la Revue Souffles, qu’il co-crée en 1966 – avoir peu à peu insufflé des idées révolutionnaires, dans la mouvance communiste – en totale opposition avec le pouvoir alors en place. Hassan II fait interdire cette publication en 1972, tout en faisant arrêter et torturer le poète ainsi qu’Abraham Serfaty – indépendantiste et militant politique ayant rejoint l’équipe de rédaction en 1968. Abdellatif Laâbi n’est libéré qu’en 1980, après qu’une campagne internationale ait été menée pour sa libération – alors que durant sa captivité plusieurs prix internationaux de poésie lui sont décernés.

 

Ainsi, même si l’arbre ne doit jamais faire oublier la forêt – ou l’environnement de subsistance – il reste immobile, immortel et immuable.

Au-delà de la douleur liée à l’exploitation du bois, rien ne peut, en effet, occulter de par l’aspect de résistance, de vigueur – face aux aléas du temps – le fait que les arbres peuvent constituer des éléments salvateurs, via entre autres une possibilité d’identification narcissique. Georges Brassens évoquait un alter ego.

De par sa longévité, l’arbre se pose aussi comme soutien et témoin privilégiés de l’activité humaine ; complice vertical d’une terre nourricière de reproduction… Et dans cet échange sensible, l’être humain goûte – pour se libérer – à cette sève d’éternelle renaissance…

 

 

Somme toute, nous cherchions encore un public, après cette autre annonce évènementielle3 – à l’occasion du Printemps des Poètes 2020, dont la thématique du courage ne pouvait pas mieux caractériser cette crise sanitaire inédite ; où toute réunion devenait dangereuse.

En attendant, nous amenions les arbres en promenade ; avant de prendre le train lorsque

la situation sanitaire et notre corps le permettaient…

 

 

2 – Mises en situation et ouvertures

 

Dans une perspective de bienveillance et de reconnaissance, nous découpions toujours nos arbres dans du papier recyclé – alors qu’à la clôture du concours 2020 « un haïku pour le climat »4, auquel nous participons depuis quatre ans déjà – nous tweetions l’exergue de ce développement.

 

Mais il a fallu attendre jusqu’en novembre 2021 pour avoir véritablement la possibilité de donner à voir, de lire et d’échanger collectivement – en présentiel – quant à ces signets improvisés. C’est la Fondation toulousaine pour l’Art contemporain Espace Écureuil 5 qui nous en a donné l’occasion, en proposant à des visiteur.e.s de l’exposition sans œuvre « Circulez, il n’y a rien à voir6» de venir décrire – selon son propre point de vue – des emplacements définis par un contour – au mur ou au sol – une vitrine vide, …, toujours assortis d’un cartel.

 

Nous avons tout d’abord – tout en expliquant notre démarche à la demande de la structure – mis en dépôt deux marque-pages « arbres », sur lesquels nous avons écrit quelques vers de notre fait au crayon à papier. Nous avons parallèlement choisi de mettre en correspondance des poèmes avec les descriptifs de notre choix. Nous les avions écrits pour l’occasion ou bien nous les avons trouvés dans des recueils déjà édités.

Comme Dame Nature a horreur du vide, ces « petits arbres » trouvent leur place éphémère – toujours en notre présence – dans ce musée imaginaire.

 

Il faut toujours être spectateur.e avant d’être diseur.e ; jusqu’à s’adapter à d’autres représentations, aux diverses interventions et temporalités du monde « extérieur » - et ceci notamment au travers de différentes discussions ; entre spectateur.e.s – diseur.e.s, avec la commissaire et les organisateur.e.s, avec le public visiteur. On nous demande de répéter, on nous dit des haïkus, nous tentons l’intervention en duo concernant une même

création7 . Nous avions d’ailleurs, à ce moment-là, fait paraître un calligramme en forme d’oiseau,

dans la Revue La Page Blanche 8.

 

En imitant La Mouette de Sarah Moon – cette publication sous le menton – nous avons aussi proposé au public d’envisager cette performance comme une page blanche – à travers laquelle tout spectateur.e a son mot à dire chemin faisant…

 

Tout spectateur.e peut alors devenir diseur.e et inversement ; jusqu’à l’éphémère substitution 9

 

 

De fait, au fil des interventions, la composition que nous avons écrite et associée – pour l’occasion – à La Mouette a vu un.e L se transformer en M…

 

 

 

Je suis un oiseau qui raconte la mer

En vert d’eau

Je suis mou

Tu es mou

Il est mou

Nous sommes mous

Vous êtes mous

Ils sont mous

Trop pour entendre la requête de ce tableau

La--→ Ma poésie est un oiseau

Envolez-moi

Envolez-moi

Mais non… Le vent se lève déjà (Sandrine Daraut Alias SansDitDart).

 

 

Chemin faisant, le 12 mars 2022 – date du lancement de la 24ième Édition du Printemps Des Poètes, sur le thème de l’éphémère – nous avons encore eu l’opportunité de dire des œuvres en vers… Mais pour des compositions visibles cette fois ; celles de Jacques Tison10.

 

 

 

Étrange écho à l’expérience précédente… Nous avions déjà pensé à ce poème d’Odette Casadesus 11 pour illustrer la trace des 4’ 33’’ de silence de John Cage 12.

 

 

L’APRES-SILENCE

Mon silence est tombé pour toi des stalactites

Ces javelots de glace enfoncés dans la nuit.

Devant la page blanche on se sent si petite,

On trébuche aux lacets de l’encre qui s’enfuit.

Mon silence est tombé sans bruit comme une feuille.

Il roule dans les mots en vertige d’oiseaux.

Il faut crever le mur que ma mémoire endeuille,

Revenir au soleil et bercer mes roseaux.

Donner le coup de pied au fond du lac de givre

Pour remonter enfin vers les tièdes printemps.

Au nom de ton amour accepter de revivre,

Aux plis de tes cheveux épingler mes instants.

Pour toi mon cœur en berne ouvre son coquillage.

Entends chanter la mer en sa conque de gel

Et tout l’amour de toi le long de cette page.

Mon silence est tombé comme neige à Noël.

Odette Casadesus

11 avril 1989

 

Cet après-midi-là, après un refus d’invitation à l’écoute, un Monsieur nous a parlé de ses formes poétiques préférées. Comme nous lisions sur un arbre L’après-silence d’Odette Casadesus, pour évoquer un tableau en deux parties – de Jacques Tison – où un panneau blanc apparaît avant ou après une représentation en couleur et à propos duquel nous avions associé le blanc au silence, ce spectateur nous a précisé que la poétique rimée ne répondait pas à son désir « d’être réchauffé ».

Près d’une autre œuvre, nous disions alors un haïku de notre fait. Et le charme a opéré…

Au point qu’un recueil il m’a acheté. Devant la représentation d’un arbre, nous proposions aussi des accro-mots – un graphisme de notre invention visant à figurer une arborescence, à travers la composition d’acrostiches. Encore une vente… Assortie de dons de signets « arbres ». Et si c’était un miroir ? Une spectatrice a pensé à cet objet en évoquant notre support de lecture… Quelle étrange coïncidence !

 

 

Du IEL au JE, comment ne pas évoquer la féerie poétique de la métamorphose du monde sensible en une traduction onirique d’une vie sous-jacente ? Le passage donne vie et voix aux mots ; ce tu à toi 13 à l’image d’un arbre de vie en éternelle recomposition.

 

Bruit sourd et plein de prudence

Du fruit qui tombe de l’arbre

Parmi l’inlassable chanson

Des profonds bois en silence…

(Ossip Mandelstam, (La) Pierre : Les premières poésies (1906-1915), Circé, 2003).

 

Nous pensons également à cet autre immense poète plus connu comme chanteur ; Claude Nougaro qui dit dans Plume d’Ange 14 –

 

Un grand silence se fait en moi.

Mais cet homme dont l’ange t’a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c’est lui, il est là,

devant toi !

Sans hésiter, je sors la plume.

Les yeux mordorés lancent une étincelle.

Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.

« Quel magnifique spécimen de plume d’ange vous avez là, mon ami.

Alors vous me croyez ? vous le savez !

Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s’y méprendre.

Je puis même ajouter qu’il s’agit d’une penne d’Angelus Maliciosus.

Mais alors ! Puisqu’il est dit qu’un homme me croyant, le monde est sauvé...

Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.

Vous n’êtes pas un homme ?

Nullement, je suis un noyer.

Vous vous êtes noyé ?

Non. Je suis un noyer. L’arbre. Je suis un arbre ».

Il y eut un frisson de l’air.

Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l’épaule du vieillard et je crus reconnaître,

miniaturisé, l’ange malicieux qui m’avait visité.

Tous les trois, l’oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...

Le fou rire, quoi !

 

« Ô MON PAÏS Ô TOULOUSE Ô TOULOUSE 15 »

 

La boucle est bouclée.

Nous pouvons par conséquent proposer tout atelier de lectures poétiques participatif, relativement à un environnement artistique particulier. Tout.e participant.e pourrait alors repartir avec son signet à faire passer – en mode vente ou don… Autant de pièces poétiques et de formes d’arbre qu’Iel, en séance, aurait particulièrement apprécié.

 

 

 

Notes

 

 

1 Né en Sicile en 1946, il écrit son premier poème à l’âge de 21 ans – dans la région de Liège, où il arrive avec sa famille en 1958.

4 Afin d’appeler poétiquement à la transition écologique, le CLER – réseau pour la transition énergétique –invite les citoyen.ne.s à écrire des haïkus visant à donner leur avis sur les questions de l’urgence climatique et énergétique. Un jury se réunit depuis 2015 pour évaluer ces productions sur une thématique particulière. Un vote des internautes est également organisé, les poèmes lauréats – et c’est le cas pour l’un des nôtres cette année ! - paraissant dans les revues associées à cette initiative, ou en ligne sur les sites partenaires.

7 Dessinée sur le livret d’exposition par Benoît Grimalt.

9 Une jeune femme nous indique à ce sujet son désir de rechercher l’original de la photographie présentée.

11 Poétesse française née en 1925 et morte en 1999 à Paris.

12 Cette œuvre correspond en réalité pour ce compositeur, plasticien et poète américain au fait de seulement prendre en compte – pendant quatre minutes et trente-trois secondes – les sons créés ou discernés dans l’environnement de mise en œuvre.

 

***​​

 

Pour citer ce témoignage inédit

Sandrine Daraut, « Le dire en ver-t-s », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 18 octobre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/sdaraut-ledireenver-t-s

 

 

 

Mise en page par David

 

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