11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 15:15

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N° 10 | Célébrations | Dossier Mineur | Florilège | Diversité & société inclusive

 

 

 

Poème sélectionné au concours Célébration

 

 

 

​​​​​

Ma douce entropie

 

 

 

 

 

Johanna Treilles (Nosy)

 

 

 

 

​​​Crédit photo : Alexei Harlamov, "Girl with flowers.jpg", image de Commons, Wikimedia domaine public.

​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Ce poème composé en alexandrin est inspiré par la fille de l'auteure, Ambre Lune, autiste et rett syndrom.

 

 

 

 


 

Je vis dans un chaos de musique harmonieuse

Où chaque jour l’enfant aux boucles de soleil

Allume des lumières de ses yeux d’étincelles

Dans la danse des atomes, la poussière rieuse.

 

 

 

Les vibrations frémissent de ses ailes électriques

Et font tomber le verre, cristal et sélénite

Que je retiens, légère, de mes doigts améthyste,

Déjouant la gravité d’un doux champ magnétique.

 

 

 

Je cueille les fleurs qui poussent sous ses pieds de flanelle,

Les iris safran, les violettes brunelles

Et parfois les trésors qu’elle sème sous la lune

Ont des reflets d’opale, des parures d’ombellules.

 

 

 

Je vis dans un chaos de musique précieuse

Où un ange m’apprend de sa patience pieuse

À tisser des arpèges sur la soie qu’elle déchire,

Délicatesse des fées qui détruisent des empires.

 

 

 

De ces éclats brisés de gemme et de corail

Nous sertissons les fresques des murs aquatiques

Qu’elle éclate comme des bulles de son rire entropique,

Ma sirène muette, aux secrètes trouvailles. 


 

 

Ses rires, ses chants d’oiseau résonnent jusqu’aux cieux

De prières antiques, d’angéliques harmonies

Et les archets célestes à la merci des dieux

Célèbrent avec tendresse sa douceur d’aubépine.

 

 

 

La violence des coups, ses colères enfantines,

Dionysiaques tourbillons qui emportent les comptines

Font fléchir la forêt, l’orfèvre des feuilles d’or,

La beauté éphémère des princesses qui s’endorment

 

 

 

Sous l’astre évanescent des ours aux fourrures blanches

Dans un chaos de glace et de nuits antarctiques…

Pendant que l’enfant lasse du monde qui s’éclipse

Vient dénouer les étoiles, qui tombent sur l'abîme.

 

 

© J. Treilles (Nosy).

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème inédit

 

Johanna Treilles (Nosy), « Ma douce entropie » poème inédit de célébration, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne 2021 « Célébrations »mis en ligne le 11 novembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/jt-madouceentropie

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude SIMON

Dernière mise à jour le 12 novembre 2021 (rectification mineure demandée par l'auteure)

 

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 10:18

 

N°10 | Célébrations | Critique & réception 

 

 

 

 

 

 

 

Maria Zaki, 

 

 

Au dédale de l'Âme /

 

Nel Labirinto dell’anima,

 

 

traduction italienne de

 

Mario Selvaggio,

 

 

illustration de Giulia Spano,

 

 

L’Harmattan Aga

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

​​​​Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée par Giulia Spano de l'œuvre Au dédale de L'Âme / Nel Labirinto dell’anima de Maria Zaki, traduction italienne de Mario Selvaggio aux éditions L'harmattan Aga. 

 

 

 

Des poèmes tout en finesse et d’une grande profondeur. La vie y est contée et célébrée dans ses aspects divers et variés : la naissance d’un enfant, la faune et la flore, la déploration de la poète de l’abattage des arbres de sa ville. Elle est celle qui regarde le réel en face sans faire abstraction de l’imaginaire car la sincérité réside bien aux sources du poème. Aussi nous intime-t-elle l’ordre suivant :


 

« Il est temps de boire

Jusqu’aux racines

Aux sources du poème

Yeux fermés

Et cœur sincère »

 

La sensibilité de la poète, traduite en images, est manifeste :


 

« Jour et nuit je relève

Les signes de l’espoir

Brodés au fil du destin »

 

Certains vers relèvent même de l’aphorisme comme par exemple : 

 

« Ce qu’on cache

À tout œil finit

Par échapper

À notre propre regard »

 

Dans un élan de sagesse, la poète belgo-marocaine nous met en garde contre les mirages du monde :

 

«  Nombreux sont les mirages

Dont le monde nous appâte »

 

Maria Zaki invite à prendre de la distance par rapport à soi-même afin de mieux se découvrir et de définir la voie à suivre. Et aussi à apprécier la nature dans sa diversité et à capter le secret des abeilles, un message tacite pour préserver de la nature :

 

« De toutes les fleurs

Humectées de rosée

Capter le secret

Que les abeilles

Se murmurent »


 

Sagesse, spiritualité, dépassement de soi, combat de l’Homme face à lui-même sont le fer de lance de ce recueil de poèmes qui en appelle à la réflexion, à la quête de soi. 

 

 

« Dans une ferveur

Renouvelée

L’être se dépouille

De ses craintes

Et de ses chaînes

Pour poursuivre

Son chemin »

 

 

© M. DE COSTER

 

 

***

 

Pour citer ce texte inédit 

 

Maggy De Coster« Maria Zaki, Au dédale de l'Âme / Nel Labirinto dell’anima, traduction italienne de Mario Selvaggio, illustration de Giulia Spano, L’Harmattan Aga, 2020  », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°10 | Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 4 novembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/mdc-audedaledelame

 

 

 

 

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 15:05

 

Événements poétiques | Un Pan de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2021 & N°10 | Célébrations | Dossier majeur | Florilège​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vole ma fille, vole

 

 

 

 

 

 

 

Sonia Maatoug

 

 

 


 

Vole ma fille, vole

Vole et découvre d'autres horizons

Vole …

Vole ma fille

Vole et parcours d'autres chemins

Vole ma fille et survole….

Vole ma fille, 

Vole ma fille, et ne te retourne plus

Vole et ne me regarde plus

Vole ma fille, vole

Vole et ne scrute plus mes peines

Vole et ne t'attarde plus sur mes larmes

Vole ma fille, vole

Vole et ne te retourne plus sur mes joies

Vole et ne t’attarde plus sur mes rires et mes délires

Vole ma fille, vole

Vole par amour pour moi, par amour pour toi

Vole par amour pour la vie

Vole ma fille, vole 

Vole et peins ton tableau

Vole et mets tes propres couleurs

Vole et sois le seul artiste de ta vie*

Vole ma fille , vole

Vole et sois en diapason à la vie, à ta vie

Vole et largue tes amarres là où ton cœur t’amènera

Vole ma fille ,vole

Vole et je suis pour l’éternité à tes côtés 

 

 

* Certaines personnes parmi vous peuvent reprocher à Sonia Maatoug d'avoir employé le neutre français (assimilé au masculin) au lieu du féminin "la seule artiste de ta vie", LE PAN POÉTIQUE DES MUSES pense que cet usage dans le contexte du poème est très riche et significatif puisqu'il défait le genre féminin omniprésent en accentuant l'ambivalence des usages langagiers liés au genre et au neutre en français. Cet écrit pourrait paraître dans le premier numéro papier de la REVUE ORIENTALES en remplacement d'une publicité... (Commentaires ajoutés par la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES).

 

Version audiovisuelle, description : 

 

La poétesse a déclamé ce poème dans un court-métrage, voir ci-dessous.

 ​​​​​

URL du poème audiovisuel :

 

https://youtu.be/RS27rgkoSCE

 

 

 

Biographie

 

 

© ​​​​​​Crédit photo: Portrait de Sonia Maatoug. 

 

 

Sonia MAATOUG, née le 4 janvier 1969 à Tunis. Elle a vécu entre Nabeul et Tunis. Petite fille, elle s’émerveillait du charme des mots. Les mots la faisaient valser. 

La littérature, la musique, le chant, toutes les formes d’art sont pour elle l’essence même de la vie. Le bac en poche, elle part faire ses études de psychologie à Paris tout en s’occupant de ses trois filles.

Dans le cadre de son métier de psychologue, elle a accompagné pendant plus de 20 ans des enfants et des adolescents qui ont subi des maltraitances physique et psychologique. Elle les a aidés à libérer leurs paroles, à mettre les mots justes sur leurs vécus pour pouvoir construire leurs propres identités et pouvoir trouver leurs places dans leurs vies.

Elle a aidé et accompagné certaines filles à porter plainte pour des viols et des attouchements sexuels qu’elles ont subis. Et elle est très fière de ces jeunes filles qui sont devenues adultes aujourd’hui, qui ont eu le courage de parler, d’attendre des années pour que leurs plaintes soient entendues par la justice. 

En 2020, elle a été confrontée à la maladie qui lui a rappelé que la vie est éphémère et qu’on est « rien » dans cet univers. Sa vie était suspendue.

Et c’est grâce à l’amour des siens et à son amour inconditionnel de la vie qu’elle a pu s’en sortir. Dans cette expérience de vie, les mots ont eu une place centrale. Elle a pu converser avec elle-même, écrire dans sa tête et comme elle dit « je suis en bonne compagnie, je suis avec moi-même ».

La poésie l'a amené à rêver de demain. L’écriture lui a permis de se sentir vivante.

De ce chemin que la vie lui a imposé, elle a surtout retenu que « Plus tard il sera trop tard. Notre vie c’est maintenant ».

 

© S. Maatoug

​​​​​

 

***

 

Pour citer ce poème féministe & engagé 

 

Sonia Maatoug, « Vole ma fille, vole » poème inédit sur l'amour maternel, féministe & engagé, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Évènement poéféministe|« Un Pan de Poèmes pour Toutes à l'École & La Journée Internationale des Droits des Filles 2021 » N° 10 | Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 9 octobre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/11octobre21/maatoug-volemafille

 

 

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 11:13

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​​​N°8 | Dossier majeur | Articles & témoignages / Entretien poétique, artistique & féministe 

 

​​​​​

 

 

 

 

 

Conversation avec

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

 

sur la vieillesse & la maladie en poésie

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Peinture de

 

Hélène de Beauvoir

 

par le photographe

 

Claude Menninger

 

Propos recueillis par

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice,

 

lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger, "Hélène de Beauvoir, Venise, 1960", cette photographie a été prise lors de la rétrospective des œuvres l'artiste Hélène de Beauvoir au Musée Würth à Erstein, photographie inédite fournie par Françoise Urban-Menninger. 

 

 

 


 

1 Qu'est-ce que la vieillesse, qu'est-ce que la maladie en poésie ?

 

Françoise Urban-Menninger –En ce qui me concerne la vieillesse, la maladie, les états d'âme, le spleen comme chez Baudelaire font partie intégrante de la vie. Tous ces paramètres jouent sur le fond de mon écriture et la mettent en jeu (je) car la poésie, comme je la définis souvent, est une forme de résistance dans un monde « où la fuite en avant est de mise ». Donc le fond a partie liée avec un cri qui surgit des profondeurs…

Par contre, la forme « s'assagit » sans aucun doute avec l'âge et la recherche de la sérénité qui consiste à entrer comme l'écrit Gaston Bachelard en « résonance » avec le cosmos. Rappelons-nous que nous sommes de passage sur cette terre et que comme le souligne le physicien Hubert Reeves nous sommes faits de la même structure que les étoiles mortes. Savoir que nous sommes de la « poussière d'étoiles » remet en quelque sorte les pendules à l'heure et réfrène nos ambitions dithyrambiques  à vouloir s'accaparer et exploiter les biens que nous offre  cette planète qui nous accueille depuis des millénaires.

 

 

 

 

2 L'être poète vieillit-il, tombe-t-il malade ? Comment sa poésie exprime cela ?

 

 

Françoise Urban-Menninger – Quand le poète vieillit, il retourne sur les chemins de son enfance comme l'écrit Gaston Bachelard car l'origine et la mort confinent. De ce fait, le poète emprunte les voies de la transcendance pour s'aventurer au-delà des mots et peut-être de lui-même. Bien évidemment la souffrance psychique ou physique ou les deux peuvent entraver cette transcendance… Comment appréhender l'âme du monde et sa musique quand le corps n'est plus que douleur ? Je pense que le caractère du poète, sa vision du monde, ses croyances, et surtout sa perception de la mort influent sur sa création.

Pour éclairer mon propos voici  ce qu'écrit le poète suédois Tomas Tranströmer « La souffrance et la joie pèsent tout à fait le même poids ».

 

 

 

 

3 Que fait la poésie aux maux et désarrois réels ou fictifs des poètes  ? 

 

 

Françoise Urban-Menninger – La poésie n'est pas une panacée pour guérir les maux du corps, par contre elle apaise les maux de l'âme en aidant les êtres comme l' écrivait et le mettait en pratique Montaigne qui tentait d' apprivoiser sa propre mort en y pensant un peu tous les jours tout en chevauchant dans la campagne.

Renouer chaque matin avec la lumière qui nous éclaire, dialoguer comme le fait Christian Bobin avec des tulipes dans un vase, voilà qui peut combler le manque, l'absence ou la déchirure. Renaître encore et toujours au monde, c'est célébrer le poème qui nous met au monde selon l'expression de Guillevic.

 

 

 

 

4 Vos œuvres sont imprégnées par une poésie lyrique liée à cette condition de l'être humain et surtout l'être poète créateur, immortel et mortel à la fois, voudriez-vous nous en parler un peu ?

 

 

Françoise Urban-Menninger – Que dire du lyrisme dans ma poésie sinon qu'il est ma respiration. Un rythme cosmique habite mes écrits, c'est une danse avec la musique des sphères, les cycles des saisons et la quête d'une harmonie existentielle.

Ma mère me disait qu'elle me laissait bébé dans mon landau sous un arbre parmi les fleurs du jardin et je gazouillais tout l'après-midi tendant mes bras vers les feuilles qui tremblaient dans la lumière, c'est sans doute la source de mes rêveries !

 

 

 

 

5 La poésie vieillit-elle ? Tombe-t-elle malade, meurt-elle ? Cette question renvoie au n°0 du périodique "Le Pan Poétique des Muses", qu'en pensez-vous ? Les femmes, poètes, éditrices, traductrices etc., peuvent-elles renouveler la poésie comme le disait Aragon ?

 

 

Françoise Urban-Menninger – La poésie ne meurt jamais ! La poésie authentique est intemporelle et universelle, elle est comprise de tous. Elle survit à tous les genres littéraires et les transcende car elle possède cette force visionnaire qui nous fait encore apprécier les poèmes d'Ovide et plus près de nous ceux de nos aïeules comme Anna de Noailles ou Marceline Desbordes-Valmore… La poésie est une compagne fidèle qui nous aide à vivre et à mourir, elle se renouvelle à travers nous car nous portons en nous les poètes disparus et leur prêtons nos voix pour prolonger la leur. Je pense notamment à Sylvia Plath  ou à Virginia Woolf dont les voix parlent parfois au fond de moi…

 

 

 

 

Pourquoi la vieillesse est-elle vécue comme une maladie sans remède chez Simone Beauvoir ?

 

 

Françoise Urban-Menninger – Sans doute parce qu'il n'y a pas de remède à la vieillesse et que certains refusent cette fin inéluctable inscrite dès la naissance ! Heidegger écrivait qu' « un homme qui naît est déjà assez vieux pour mourir » ! Les cures de jouvence, la chirurgie esthétique ne sont que des pis-allers ! Ce que décrit Simone de Beauvoir dans son livre « La vieillesse », ce sont des fins de vie indignes dans certaines maisons de retraite qui ne sont autres que des antichambres de la mort. La vieillesse à l'époque où elle rédigeait son livre était « un secret honteux », voire « un sujet interdit », plus encore « l'échec de notre civilisation ». Dans ma nouvelle « La résidence » pour laquelle j'ai été primée, j'évoque la déshérence de personnes âgées en perte de repères et d'identité dans le cas de la maladie d'Alzheimer car j'ai été confrontée à ce drame comme beaucoup d'entre nous qui avons des proches atteints par cette maladie. Bien évidemment, je m'interroge sur ma fin de vie, les soins palliatifs, voire l'euthanasie… 

Je ferai une parenthèse pour évoquer ici Hélène de Beauvoir que j'ai eu le bonheur de rencontrer à Goxwiller dans sa ferme. À 80 ans, Hélène m'accueillit un jour avec un marteau piqueur, souriante elle expérimentait la gravure sur du plexiglas ! En me montrant ses tableaux, elle m'avoua en pouffant de rire qu'elle cachait dans chaque toile un élément humoristique connu d'elle seule. Elle m'offrit ce jour-là une belle leçon de vie et un vrai pied-de-nez à la mort !

 

 

7 Y  a- t-il une spécificité de la poésie faite par une femme, valide ou en situation de handicap qui diffère de la poésie d'un homme, autrement dit, le vécu du genre joue-t-il dans la manière dont s'exprime une personne sur les maladies, vieillesse et fin de vie ?

 

 

Françoise Urban-Menninger – Une femme quel que soit son état physique ou mental quand elle écrit de la poésie a le pouvoir de se transcender dans ses écrits ! Encore une fois, écrire de la poésie, c'est chercher au fond de soi la lumière qui éclaire la vie. Les poètes femmes ou hommes comme les mystiques ont partie liée avec le sacré. Je citerai  ce vers de Gabriel Althen « Car chacun, vois-tu, habite son ogive.  Malgré l'ombre, une musique s'y concentre et des soleils s'entrecroisent ». 

 

 

 

8 Faudrait-il consacrer un nouveau volet pour explorer cette thématique du point de vue uniquement des femmes (valides ou en situation de handicap, hétérosexuelles ou non, discriminées ou pas…) ? 

 

 

Françoise Urban-Menninger – C'est une question intéressante et il serait bon de lancer un appel à textes sur cette thématique en l'ouvrant à des textes en proses, récits, témoignages et nouvelles…


 

 

 

9 Quel est votre poème préféré sur cette thématique ?

 

Personnellement, je préfère dépasser la douleur pour tenter d'apprivoiser comme Montaigne ma finitude et terminerai sur une note optimiste car c'est là mon tempérament en citant Goethe qui écrivait à 65 ans en apercevant un arc-en-ciel :

 

 « Ainsi vieillard alerte

Ne te laisse pas attrister,

Malgré tes cheveux blancs

Tu pourras encore aimer »

 

Et je lui répondrai par-delà les ans :

 

 « Avec ce qu'il nous reste

de corps et d'esprit

nous retournerons dans la forêt

des mots

chercher jusque sous nos racines

cette sève du poème

qui féconde nos rêves »

 

 

 

© DS., F. Urban-Menninger & C. Menninger

 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Dina Sahyouni, « Conversation avec Françoise Urban-Menninger sur la vieillesse et la maladie en poésie  » texte inédit, illustré par une photographie inédite signée Claude Menninger d'une œuvre de l'artiste plasticienne Hélène de Beauvoir, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne le 4 septembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/ds-entrevue

 

 

 

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Info du 29 mars 2022.

 

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