6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 15:42

 

1er concours international de poésie | Poème sélectionné sur le handicap

 

N°7 | Muses au masculin | Travestissements poétiques

 

 

 

Confessionnal

 

 

 

Texte & illustrations

 

Claude Luezior

 

Site officiel : www.claudeluezior.weebly.com/

 

Cet extrait est reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

 

© Crédit photo : 1ère de couverture de l'ouvrage Mystères de Cathédrale

(St-Nicolas de Fribourg), éd. Bibliothèque Cantonale et Universitaire de  Fribourg, 2016.

 

 

 

Être confessionnal, à l’heure actuelle, n’est pas une sinécure… Et je dois bien l’avouer : je suis presque au chômage. Moins de crimes, d’adultères, de trahisons ? Non : ils n’ont soi-disant plus rien à se reprocher. C’est la faute de l’autre, des étrangers, des impôts, des patrons, des employés. La société, blanche comme neige, n’avoue plus qu’un crime : celui de ne pas aimer les confessionnaux.

 

Fini le temps béni des courtisanes vautrées dans leurs péchés, des politiciens véreux soudainement pris de remords, des jeunes filles décrivant leur première fois, des belles-mères dégoulinantes de fiel, des maquignons, des beaux capitaines aux bataillons d’enfants naturels.

 

Me restent l’aumône de deux-trois grenouilles crapahutant hors d’un bénitier presqu’à sec, un smic de larcins véniels, la génuflexion d’un Alzheimer qui n’a plus que ses cent ans à déclarer. Pas de quoi fouetter un démon !

 

Non, ce n’est pas drôle. Et pas juste, car le Très-Haut m’interdit toute publicité. Concurrence déloyale : ces Messieurs Javel, Karcher et Savon de Marseille en font pourtant par pages pleines. Parfois, j’écarte le rideau d’un coup sec pour guigner de-ci, de-là. Tous ont le ventre bedonnant, la calvitie proprette. Ils traînent leur insouciance, le nez dans les vitraux comme dans un musée, un restant de sandwich au coin des babines. Cartes de crédit pleines mais poches vides : pas un sou pour les bougies de la Vierge ni pour le tronc de saint Antoine, pas un péché pour moi. Rien !

 

 

© Crédit photo : Claude Luezior, Confessionnal.

 

 

Bien sûr, j’ai réclamé en Haut-Lieu. Question pénitence pour ces mécréants, Lucifer m’a signifié qu’une bonne épidémie n’était plus à la mode, qu’une guerre de cent ans était trop compliquée à organiser, qu’un tsunami en ces montagnes serait invraisemblable... Et, de toute manière, qu’il était à la retraite et que sa partie de cartes avec l’archange Michel n'était pas terminée.

Alors, que faire ? Avec mes planches, fabriquer un cercueil pour mes illusions d’un paradis sans taches ? Tailler une nouvelle barque pour Charon, lui qui en a si besoin ? Démonter ma boîte à soucis pour allumer un feu de joie ? Solder le tout, bénédiction comprise, en un seul lot, sur Internet ?

Dites-moi votre avis, vous qui êtes immaculé. Vite, venez... me le confesser !*

 

© CL

 

* Ce texte est un extrait de Claude Luezior, Mystères de Cathédrale (St-Nicolas de Fribourg), publié par la BCU, Fribourg, Suisse, 4e trim. 2016, reproduit avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Fribourg, 2016.

 

***

 

Pour citer ce poème en prose

 

Claude Luezior (texte et illustrations), « Confessionnal », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie) & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 6 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/concours-confessionnal.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions Numéro 7
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 13:36

 

1er concours international de poésie

 

 

Interprétation poétique filmée sélectionnée sur la joie

 

 

« Ode à Adeline Chambriard »

 

de Camille Aubaude

 

 

 

 

 

Raphaëlle Gayon

 
 
 
Présentation
 
 
Poème : « Ode à Adeline Chambriard » de Camille Aubaude
Lecture par : Raphaëlle Gayon
Réalisatrices : Raphaëlle Gayon avec Delphine André
 
Tourné l'été 2017 à la Galerie Daniel Templon, le film de Raphaëlle Gayon avec Delphine André se déroule se déroule dans l'installation de Chiharu Shiota, "la forêt rouge des transformations", qui relaie le sentiment sacré du Voyage en Orient de la poétesse Camille Aubaude, recueil disponible sur commande en contactant : lamaisondespages@orange.fr
 
https://youtu.be/2NcFrK8pUFg

Événements poétiques | 2017 | Concours international de poésie (1ère édition)

 

***

Pour citer ce film


Raphaelle Gayon, «  "Ode à Adeline Chambriard" de Camille Aubaude  », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 30 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/concours-ode.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 15:04

 

1er concours international de poésie

 

 

Poème sélectionné sur le thème "la joie"

 

 

Les moufles’ moutatchou

 

 

Natacha Guiller

Blog/blogue : http://natachaguiller.blogspot.fr/

 

 

 

 

Têtard trop tard

Petit salé mi-cuit enterré

Poisson pané d’utérusoporose

 

Il est des regards en nids de kangourous

Qui ondulent, petite moustache, sur mes restes de peau

Je manque échoir au sol, la terre sèche où s’écroule

L’éradiqué espoir un jour des rives en mer Poule

 

Si tout un humain s’ébrèche sur mon mode

Infertile sabotage du genre féminin

Infantile fêlure au casque

C’est l’extinction de l’Homme

 

Maman à mon âge, le couffin love tes flancs

Le doucereux paysage d’un bain incontinent

Le velours utérin absent de marécages

Modelée, fac-similé au cœur de ton sillage

Adoptée, mise en ligne sur Mondedesvivants

 

J’ai dilapidé grave

Mon capital mioche

Ravale des coques de noix

Dans un mouchoir de poche

Dali esquisse pour moi

L’ovale surréaliste

L’œuf en froid stérile

Attente les montres molles

 

Je ne saigne ni ne geigne

La ménorrhée anhydre

D’un corps dénué de règles

Sans lois élémentaires

Sang-froid, sans chair, amorphe

Absente de désir

Déni d’eaux menstruelles

Éradique l’ovaire

 

Les saisons englouties en zone inhabitable

Mes cellules d’innocence ont déserté le Nil

Nombril inerte au corps, logo ad vitam

D’aucune œuvre pastiche suivra ma délivrance

 

Je partirai sans charme, en nonne solitaire

Ma faïence immuable, bruits d’os d’éclats de terre

Je partirai en femme, utopique daronne

L’à-demi-mémorable petite ourse d’hiver

 

Le regard tournique en landaus

Trouble dérive, la privation

Péril jeune, dénidation

L’élan d’une jeunesse ivre

 

Vision de petites moufles

Sourient en libellules

L’esbroufe conciliabule

Commun accord : la joie de vivre

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Natacha Guiller, « Les moufles’moutatchou », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 28 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/concours-moufles.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques Distinctions
3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 17:35

 

1er concours international de poésie

 

 

Poème sélectionné sur le thème "le handicap"

 

 

Mon enfant du soleil

 

 

 

 

Johanna Treilles

 

 

 

Ma douceur, mon enfant,

Ma petite fille du vent

Tu viens d’avoir cinq ans

Je n’me laisserai plus faire

Tu es le centre de mon monde

Et c’est ensemble que nous combattrons

L’indifférence des cœurs froids et frileux

Recroquevillés dans leurs ornières

 

Sauvage et tendre, petite louve des steppes

Libre comme l’air, indomptable comme le vent

Tu es le mistral de la Camargue chanté par les gitans

La tramontane qui rit follement sous la neige ou le soleil

 

Gitanes dans le cœur, nous le sommes mon enfant

Éternelles voyageuses sur une route cabossée

Belle bien qu’imprévisible, où les pleurs et nos peurs

Sont vite balayés par tes rires enchanteurs

Tes petits pas sur le sol durent et sont notre victoire

Tes petits pas de danseuse et d’enfant des étoiles

Ramènent la lumière dans la nuit noire

De mes questionnements de mère, de mes doutes et de mes craintes.

 

Je te porte à bout de bras, tes cheveux longs tournoient

Dans la brise qui veille et nous protège

Et je dois puiser ma force dans l’eau claire des rivières

Dans la chaleur de la pierre,

pour pouvoir jouer dignement mon rôle de mère

Et de forteresse.

 

Car les regards qui nous entourent ne sont pas toujours tendres

Alors montrons les crocs, ma louve à ceux que notre présence

Un peu trop vivante dérange.

 

Dans le zéphyr, la nuit, j’égrène mes prières

Et chaque jour qui fuit répond à mes appels

Je te vois grandir et t’épanouir et je me fous des blouses

Blanches qui croient détenir tous les savoirs du monde.

 

Je te sais, te comprends et aime tes mains qui dansent

Mon enfant papillon qui brasse l’air de ses ailes

Et si parfois, j’avoue je n’saisis plus le sens

Je t’en remets à Dieu, aux Bouddhas et aux Anges.

 

Tu aimes les oiseaux, tu parles un peu comme eux

Quand tu gazouilles et ris, des lueurs dans tes yeux.

J’aime te voir t’envoler, courir, sauter, nager

Chaque mouvement que tu fais est un don, je le sais

 

Nous sommes les parias, parfois, d’un monde trop uniforme

Qui ne voit en nous que notre différence,

Alors, quand le rejet se fait trop menaçant

La colère gronde en moi, je me fais ouragan

 

La bourrasque s’immisce dans ces décors bourgeois

Où tout est à sa place, et où rien ne dépasse

Toi, intenable tu me rappelles qu’on doit

Se révolter pour exister, dans ce monde dur et froid

 

 

Nous sommes les parias, mon enfant du soleil

Dans la cour des miracles, toujours nous aurons notre place

Du côté des exclus, les fêlés qui laissent passer la lumière,

Les pas bienvenus qui n’se plient pas aux codes,

de la normalité dominante et ronflante.

 

Nous sommes les parias, nous nous ferons pirates

Le Sirocco d’Afrique déploiera grands nos voiles

Car tu portes dans ton sang, la fougue de ceux qu’avant

les blancs appelaient sauvages.

 

 

Comme je suis fière, ma fille, de ta belle différence,

Et combien je me fous de leur stupide méfiance.

Je sais c’que tu m’apprends, tout ce que tu apportes

À mon âme, à mon cœur, mon enfant du bonheur.


 

 

Événements poétiques | 2017 | Concours international de poésie (1ère édition)

 

***

 

Pour citer ce poème


Johanna Treilles, « Mon enfant du soleil », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie), mis en ligne le 3 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/concours-enfant.html

 

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