17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 12:33

 

 

Événements poétiques | Calendrier poéféministe contre le féminicide | Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

Féminicide

 

 

 

  

 

Sarah Mostrel

 

Site : www.sarahmostrel.online.fr 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

© Crédit photo : © Sarah Mostrel, Prière

 

 

 

JANVIER 2021

 

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À la mémoire de 146 femmes

 

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle ne sait plus.

 


 

Comment ose-t-on 

ôter la vie d’un être

Souvent plus fragile 

plus faible

 

 

Abuser d’elle

User de la force

La mettre à terre

L’anéantir ?

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle se tait.

 

 

 

Comment ose-t-on

Lever la main sur elle

La violenter

Attaquer ses enfants

 

 

Se conduire comme un barbare

Assoiffé de pouvoir

Pauvre fou dangereux

Narcissique

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, ​​​​​Elle pleure.

 

 

 

Il veut qu’elle se soumette

Il ne sait rien obtenir autrement

Il est incapable de se faire aimer

Et bien sûr incapable d’aimer

 

 

Quelle satisfaction a l’homme violent

Handicapé des sens

À contraindre, obliger

L’autre à lui obéir ?

Pour assouvir sa frustration

Son incompétence, sa tare

Il sévit, frappe, boit, tabasse

Il est une bête

 

 

Des femmes se rendent à la police

Elles avisent

Préviennent

« Il va me tuer »

 

 

On ne les croit pas

On leur dit : « Sauvez-vous ! »

« Allez dans des associations ! »

Comme si c’était facile

 

 

Elles ont peur

Elles ont déjà eu beaucoup de courage 

pour dénoncer

Elles ont reçu des menaces

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, stop. 

 

 

 

Les représailles seront terribles

Le chantage est permanent

Il jure, il s’excuse

Il ne recommencera plus

 

 

Il l’aime

Elle ne le croit pas

Mais elle est perdue, seule

Sa gentillesse, sa patience, son enfance peut-être

 

 

Tout cela a concouru à sa fragilité

Elle n’est pas armée contre l’infâmie

Elle est dans l’empathie

Jamais elle n’aurait pensé…

 

 

Mais il est trop tard.

Le coup est parti

Le crime a été prémédité

En 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21% en France




 

Comment ne pas avoir peur 

De ces dangereuses bêtes

 

Car le bourreau n’a rien d’un homme

Il est un animal*.

 

©SM, 2020.

 

 

* Cet éclairage est proposé par la revue "LE PAN POÉTIQUE DES MUSES" : les termes "barbare", "bête" et "animal" et l'expression "Handicapé des sens" sont utilisés dans ce poème pour témoigner de ce que se dit sur le meurtrier auteur d'un féminicide ; une représentation assez courante et parmi d'autres de l'assassin. Cet emploi ne vise pas de blesser des êtres sensibles...

 

***

 

Pour citer ce poème féministe illustré

 

Sarah Mostrel (texte et peintures), « Féminicide », poème et illustrations inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :   Événements poétiques|Calendrier poéféministe 2021 pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide, mis en ligne le 17 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/calendrierpoefeministe2021/sm-janvier-feminicide

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

© Tous droits réservés

 

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 17:29

 

Megalesia 2018 | Florilège de poèmes sur les violences faites aux femmes

 

 

 

Poésie engagée

 

 

 

La nuit la pensée vacille

 

&

 

L’entre-tempes

 

 

 

 

Deux poèmes par

 

 

 

Mahaut Ladmiral

 

 

 

 

La nuit la pensée vacille

 

 

Un regard. Un deuxième regard. Un sourire dans le métro.

 

 

Pourquoi je pressens la lourdeur

Pourquoi la montée de la peur

 

Regards des hommes dans la rue

Les yeux qui tracent ton chemin avant que tu l’emprunte

Tu sais tout de suite si c’est pour ta pomme

La bouche qui s’ouvre

Ils parlent et tu as raison

Rouge à lèvres et vêtements trop serrés soudain sur ta peau

 

Tu attires le regard puis la gêne et la peur

Pas encore trop tranchante distillée en pointillés

La vague anxiété

En aiguilles de peut-être

Tu peux encore te traiter de parano

Quand même

Il peut se passer n’importe quoi

 

Tu le sais

Tu le sais bien que ton corps n’est pas à toi

C’est le marché du vendredi

Tous ces beaux corps tentants à l’étal dans leur atours

Fruits tombés du camion des wagons du métro

 

Émois que tu devines aux couloirs de la rue

Dedans ces outres moites

Et les sourires frigides

Les déhanchés de pute

Et les cheveux noués

 

Les sourires sont forcés

Prix d’ami pour ta vertu intacte

Souris, c’est pas bien grave

Et puis je suis gentil

Pourquoi pas se parler

Pourquoi pas s’embrasser

Dans les ruelles en pente

Et les recoins pisseux

 

Ton ombre se dédouble

Ta pensée qui se trouble

Souris ils ont le droit

Tu es là disponible

Vision qui flotte à l’orée des désirs

Dans les vapeurs torrides

D’une nuit tentation

Des crochets qui se tendent

Sur le vent qui dit non

 

 

Le sentiment de proie me fait des taches à l’âme

 

 

J’ai la gorge serrée des hantises d’antan

J’ai la colère noire au feu rougi gravée

Dans la peau sur le cœur et dans le pas pressé

 

 

Mes talons sonnent sur le pavé

Foulant les souvenirs toutes ces hontes bues

Au voleur je marche en Valkyrie

Ces morceaux de corps volés arrachés des regards

Ils sont à moi

Et la ville

La ville immonde la nuit matou rapiécé en rut

La ville est mienne aussi

 

 

***

 

L’entre-tempes

 

Les souvenirs qui nagent entre les draps du lit

Les plis de nos corps troubles

Désirs dévorants

Une fois déjà sortie à toute force du gosier d’un autre

Je demeure en alerte

 

Loin de moi la litanie des heures languides

Loin de moi les rires et les sueurs matinales

Loin de moi l’ici et maintenant

Les cicatrices me lancent trop

Et la main au collet

 

L’homme assis sur ma poitrine

Toujours là

Toujours

Quand j’ai refusé sa présence

Quand j’ai oublié les errances

 

Et c’est là

Un gai matin

Que mes membres sont liés

Tu fuis la possibilité de ton désir

Tu fuis la honte qui te tache

Fille-femme d’alors progéniture de peur

Être flou mangé des tempes

Chose

 

Tout ce temps

Tout ce temps passé goutte-à-goutte

La main amie sur ton sein a ton cœur qui se fige

À la première caresse déjà tes mains transpirent

Baisers jolis et tu as froid

Brise d’un autre temps

 

 

Les silhouettes d’autres matins

Remuent entre tes yeux

Le corps n’oublie rien jamais

Sensation souvenir en rétention

Trésor maudit de dragon

Longtemps après la mort des rêves

Écho sans récit qui le pose

Les interprétations dissoutes

Dans les gargouillis du cœur caduc

 

Les soubresauts sans forme

Comme des ponts entre les mondes

Entre l’inconnue d’hier et celle d’aujourd’hui

 

Elle n’ont rien à se dire

Rien à se transmettre

 

Que la peur qui suinte du monde d’en bas

Tenace

Pour éclipser les soleils des réveils

Étaler les empreintes sanglantes du passé à sécher

dans les pas du présent

et le souffle à l’oreille qui susurre encore

souviens souviens moi

mais le souffle de quand la tête crève l’eau noire

je suis vivante

vivante vivante je vis

je gagne

Poèmes pour les 8 & 9 mars 2018

 

***

 

Pour citer ces poèmes


Mahaut Ladmiral, « La nuit la pensée vacille » & « L’entre-tempes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin & « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 9 mars 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/3/la-nuit

 

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Rédaction de la revue LPpdm - dans Megalesia Calendrier poétique
24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 18:01

 

Megalesia 2018 | Florilège de poèmes sur les violences faites aux femmes

 

 

Poésie engagée

 

 

 

 

XLII Femmes

 

 

 

Pascal En Rimes

 

 

 


Malmenées et maltraitées partout dans le monde,

entre barbarie et actes immondes ;

violées, lapidées, ou bien emprisonnées,

tant de femmes sont victimes d'atrocité.

Victime de harcèlement moral ou bien physique,

menant doucement à la pensée mélancolique ;

sujet de raillerie et de moquerie permanente,

misogynie et mesquinerie insultante.

De la part de l'homme primaire,

de sa pensée amère.

À travers toutes les femmes de ce monde,

je ne vois qu'un être humain ;

l'égal de l'homme, c'est sûr et certain,

même si cela mène à la fronde.

 

© PER

 

Calendrier poétique | Événements poétiques

 

***

Pour citer ce poème
 

Pascal En Rimes, « XLII Femmes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin & « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 24 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/megalesia/xlii-femmes

 

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Rédaction de la revue LPpdm - dans Megalesia Calendrier poétique
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 15:32

 

Megalesia 2018 | Textes poétiques sur les violences faites aux femmes

 

 

Poésie engagée

 

 

 

Gardiennes de l’honneur

 

 

 

Mariem Garali Hadoussa

 

Artiste peintre & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

 

 

Te rappelles-tu petite fille

Quand on t’enterrait vivante dans le désert ?

Tu poussais des cris qu’on étouffait

Avec des poignées de sable chauffé à blanc !

On te préférait tes frères, fierté de la tribu

Portant seuls les armoiries de la famille.

 

 

Agitant la chemise blanche tachée de sang de la virginité

Sous les coups de carabine et les youyous des femmes

Comme unique salut de la famille

Qui pourrait devenir ton linceul et ton pire cauchemar, fillette !

Pourquoi as-tu accepté la mort et le déshonneur ?

Pourquoi portes-tu en toi le deuil de la vie ?

Mais c’est toi la vie, tu portes le souffle divin et non l’âme du diable

Comme on veut bien te le faire entendre !

 

Depuis des millénaires, ô femme

Tu as été muselée,

Cadenassée pour le futur élu de ta couche,

Une ombre dans l’éclat du jour !

 

 

En âme perdue,

Puis en femme battante,

tu braves ton destin !

Ta sensualité éclate au grand jour

Dévorant le cocon de soie tissé

Par les gardiennes de l’essaim masculin

Et la chrysalide Libérant ses ailes

Vole dans l’immense enfer des hommes

Toujours à la recherche d’une vie en rose

A-t-on oublié que la mère en toi

Enfante l’humanité

Et de son lait croissent les hommes ?

 

 

© MGH, poème écrit le 18/12/17

 

Calendrier poétique | Événements poétiques

 

***

Pour citer ce poème féministe 
 

Mariem Garali Hadoussa, « Gardiennes de l’honneur », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin & « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 16 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/megalesia/gardiennes

 

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