21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 17:41

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Poésie, musique art audiovisuel | Poésie érotique & N°12 | Musique, Poésie & Genre | Dossier majeur | Florilège​ |  Poésie érotique

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chant de mon oud

 

 

 

 

 

 

 

Poème & dessin

 

Mokhtar El Amraoui

 

 

 

© Crédit photo :  Mokhtar El Amraoui, « Le chant de mon oud ».

​​​​

 

 

Sauras-tu écouter,

Sur le fil tendu éperdu des heures,

Mon oud fêlé, qui pour toi,

S’habille de mille feux d’oiseaux d’oueds ?

Je te viens, de bien loin, te dire, de mon levant

En courbes, le sang fatigué,

Pourtant, tant enchanté de mon attente,

De mon inextinguible soif

Qui boit à la Seine de tes courbes assoiffées

Et aux galbes dressés de tes seins parfumés

Par tant de désir retenu, détenu

Qui veut exploser et tuer ces inutiles morts lentes !

Pourquoi ne suis-tu pas les pas de nos pas qui nous dansent ?

Écoute, donc, tout ce bois, toutes ces cordes,

Qui en nous, qui par nous, qui pour nous

Se font chair,

Se font voix,

De nos chairs,

De nos voix,

Voix de nos chairs,

Chairs de nos voix

Et renaissent à leur quintessence,

Sans peines ni souffrances,

De fontaine t’attendant, en stances

Se tendant, s’étendant

En oud, en ses pleurs fous d’incompris, en ses fleurs

S’offrant aux feux de tes lèvres,

À la chaude rosée printanière de tes seins qui ont soif,

Roucoulant à quatre mains tous ces jasmins en éclairs

Si lactés convolant en justes notes égarées

Puis retrouvées en fugues mineures, en fugues majeures égayées

Loin de toute frayeur, reniant les blêmes torpeurs,

En volutes fulminant de cris d’aimer tapageurs

De gémir, de soupirs, de complaintes et de bonheur

Dits dans nos couleurs d’après silences et douleurs,

En fusions enivrées de danseurs !

Écoute-le, mon oud, prendre en ailes

Tes furtifs sourires d’apeurée

Pour les faire planer

Sur les plus hautes cimes des extases éclatées !

Ris-toi, mais ris-toi, donc, de ces cendres

Qui veulent étouffer les chaudes braises

De ton corps qui brûle dans cette geôle

Qui assassine ta liberté et ses radieux envols !

Écoute-le, mon oud, mon cœur,

Te chanter en odes, toi qui l’as charmé :

« Ceins tes seins des lauriers de tes trophées

Qui méritent leur chemin de volupté,

Pour laisser fleurir, à jamais, l’or

De ce splendide bonheur,

Le sublime droit d’aimer ! »

 

 

© Mokhtar El Amraoui in « Le souffle des ressacs »​​​​​​.

 

 

***

 

Pour citer ces dessin & poème d'amour inédits

 

 

​Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Le chant de mon oud », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin » & N°12 | AUTOMNE 2022 « Musique, Poésie & Genre », mis en ligne le 21 juin 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/no12/mea-lechantdemonoud

 

 

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 14:46

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Témoignages & articles

 

 


 

 

​​​​​

 

 

 

Bains de lumière

 

​​

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo : Edgar Degas, (1834-1917), "Une baigneuse s'épongeant la jambe" (1883). Image libre de droits. 

 ​​​​

 


 

Dans les années 50 en France, peu de personnes avaient l'eau chaude, voire le chauffage central, ce qui peut paraître tout à fait étonnant pour les nouvelles générations qui s'offusquent et poussent des hauts cris dès qu'une malheureuse panne de chaudière vient bouleverser leur quotidien.

 

À la campagne, et cela jusque dans les années 70/80, il n'était pas rare d'avoir le WC à l'extérieur dans la cour d'une ferme ou d'un immeuble et de devoir procéder à sa toilette dans la cuisine. Je revois grand-père se raser au-dessus de l'évier en pierre et s'asperger le buste d'eau glacée.

 

Bien évidemment, il n'y avait pas d'eau chaude et il incombait à « la femme au foyer » de veiller sur les poêles et d'en entretenir la flamme à longueur de journée pour maintenir un semblant de chaleur dans des habitations souvent mal isolées. Ma mère passait d'une pièce à l'autre dans notre petite maison de cité à Mulhouse, une pelle dans une main emplie de boulets de charbon rougis, pour ranimer le feu des poêles des différentes pièces de vie. Il en était de même dans notre logement précédent à Riedisheim où le cabinet de toilette jouxtait la cuisine sous les combles. L'eau gelait dans la cuvette des toilettes et ma mère devait en briser la glace en hiver à coups de marteau. Les chambres où nous dormions n'étaient jamais chauffées mais fort heureusement, nous disposions de bouillottes ou de briques chauffées dans le four de la cuisinière. Ce qui peut paraître romantique aujourd'hui faisait partie de notre quotidien parfois difficile à supporter en hiver quand nous nous réveillions le matin avec des cristaux de givre qui s'étaient formés sur les vitres.

 

 

Crédit photo :  Bonnard, "La grande baignoire" (1937). Image libre de droits. 

 

 

 

L'arrivée des premières HLM fut saluée par les habitants heureux d'accéder à un nouveau mode de confort. Je me souviens d'une visite chez mes cousines à Huningue en 1960 et d'avoir admiré la première salle de bains qu'il m'eût été permis de découvrir !

Ce n'est que peu de temps plus tard avec l'acquisition par mes parents de la maisonnée à Mulhouse que je pus enfin apprécier le luxe d'un bain chaud dans une immense baignoire en fonte. Ma mère s'angoissait chaque fois que nous allumions le gaz avec une allumette et nous rappelait les dangers possibles d'une hypothétique explosion du chauffe-eau…

 

Malgré toutes ces avancées en matière de confort, il me reste le souvenir de grandes bassines en zinc emplies d'eau froide que l'on laissait tiédir au soleil dans le jardin à Riedisheim ou dans la cour de la ferme de mes grands-parents. Le plaisir d'un bain dans cette eau tempérée par les rayons du soleil a toujours surpassé celui que j'ai pu prendre dans les plus belles baignoires, fussent-elles en marbre, lors de séjours à l'étranger.

Les hortensias en fleurs, les iris ou les roses nimbaient de leurs parfums suaves ces bains de plein-air dans des bassines en zinc où le ciel se réverbérait dans une eau miroitante.

 

Je renoue avec cette sensation d'immersion au plus profond de mon être, en totale harmonie avec cette grâce d'être au monde, chaque fois que je me plonge dans les eaux salées d'un océan, celles d'un lac ou d'un étang.

L'eau roule en perles d'eau sur ma peau, je fais corps avec l'âme de la terre et entre ciel et eau, je m'abandonne à cette musique intemporelle qui fait danser en moi des poèmes de lumière.

Nul besoin pour moi de posséder le luxe d'une salle de bains dernier cri, la mer que l'on voit danser au fond des golfes clairs, ma mère ne cessait de reprendre cette chanson de Charles Trenet,  est la plus magnifique d'entre elles.

Un lac, un étang, une cascade, un ruisseau me ramènent toujours dans l'eau moirée de mes bassines en zinc où l'eau et le ciel dansaient dans mon bain de lumière.

Quant au chauffage central dont on bénéficie aujourd'hui, il ne remplacera jamais les rouges flammes qui virevoltaient avec allégresse derrière la vitre des poêles dont ma mère tisonnait les braises.

 

Le temps n'efface rien, bien au contraire, il ranime en nous les images et les souvenirs sous la peau vive des jours. Le temps nous ramène sur ces berges mystérieuses entre ciel et eau où notre origine et notre finitude confinent.

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer ce témoignage inédit 

 

​Françoise Urban-Menninger, « Bain de lumière », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »,  mis en ligne le 18 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/fum-baindelumiere

 

 

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 12:21

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Florilège

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfum de couleurs 

 

 

 

 

 

 

 

Poème & dessin

 

Mokhtar El Amraoui

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Mokhtar El Amraoui, « Parfum de couleurs ».

​​​​

 

 

 

Pourquoi, humain, ne voudrais-tu être 

Que froide et laide nuit

Alors qu’au fond de toi 

Le plus beau des printemps gît ?

Laisse-le te chanter tes plus belles couleurs

Et parfumer de tes mains 

Le merveilleux cours de tes heures !

Offre-toi donc tes plus beaux jardins

Que tu étouffes de tes propres mains

Qui ne savent plus, assassin,

Que tuer tous les matins, 

Tout arbre, toute fleur, sur ton chemin!

Serais-tu donc né, humain,

Pour vivre dans la laideur, dans la puanteur ?

Serait-ce là, inhumain, ton destin ?

 

 

© Mokhtar El Amraoui in « Nouveaux poèmes »

 

 

***

 

Pour citer ces dessin & poème philanthropique  inédits

 

 

​Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Parfum de couleurs », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 18 juin 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mea-parfumdecouleurs

 

 

 

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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 15:44

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I. Le merveilleux féerique au féminin | Poésie des aïeules/Astres & animaux

 


 

 

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La fleur & la fée

 

​​

 

 

 

 

 

Zoé Fleurentin (1815-1863)

Poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Rose sous la pluie en Iran, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​

 

 

Une fleur languissait au milieu d'un parterre,

Une fleur qui voulait grandir,

Mais elle était, hélas ! timide et solitaire,

Et ses jeunes boutons, voilés avec mystère,

Commençaient à peine à verdir.

Il lui fallait et soleil et rosée,

Et le ciel était pluvieux.

Alors vint une fée

Qui sur elle arrêta les yeux :

« Tu souffres, pauvre fleur mourante :

J'aurai pitié de ta douleur,

Relève-toi, ma baguette est puissante,

Elle te rend la vie et la chaleur. »

La fleur aussitôt se relève

Sous un contact mystérieux ;

Son tourment s'enfuit comme un rêve,

Et, pour avoir souffert, elle n'en croit que mieux ;

Elle était naguère étouffée

Sous le voile d'un ciel obscur,

Mais, grâce au bon cœur de la fée,

Son calice fleurit sous un beau ciel d'azur.

Ainsi, par vous, chère marraine,

J'ai reçu, trésor précieux,

Cette marque souveraine

Qui nous ouvre les cieux,

Sans vous, je n'étais rien qu'une plante inutile,

Destinée à bientôt périr ;

Mais vous m'avez semée en un terrain fertile,

Et mon cœur vous chérit, et mon cœur va fleurir.

 

 

 

Le poème ci-dessus provient de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques (Ancienne élève de la Maison impériale de Saint-Denis), Paris, au bureau de la revue de la Province, C. VANIER, Libraire-Éditeur, 25 rue de Buffault, 1861, pp. 63-64. Ce recueil de poèmes appartient au domaine public.

​​​​​​

 

***

 

Pour citer ce poème féerique de l'aïeule

 

 

Zoé Fleurentin« La fleur et la fée », extrait de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques, (1861), a  été choisi & transcrit par Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 16 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/zf-lafleuretlafee

 

 

 

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