16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 10:03

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prophétesse enchanteresse

 

 

 

 

 

 

 

Sarah Mostrel

 

Site : https://sarahmostrel.wordpress.com 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

Poème reproduit avec l'aimable autorisation

 

de la poétesse et de sa maison d'édition citée ci-dessous

 

 

 

 

Crédit photo : "Ménade" ou Bacchante, peinture trouvée antique, sur Wikimedia.

 

 


 

Il y a comme un soleil qui illumine mon cœur

Dans le ciel de la nuit

Comme une fraîcheur qui sort de la profondeur

Et c’est le retour à la vie

 

 

En lui, il y a comme un bonheur

Qui s’est collé pile côté cœur 

Un chant tableau fable couleurs

Une harmonie muse-créateur

 

 

Telle une déesse sur le chemin 

Elle a tissé pour lui des liens 

Des lianes, une alliance, un refrain

 

 

Telle une faveur sur son destin 

Elle lui donne à boire de son fleuve

Elle arrose sa vie et sourit*


 

 

 

* © Sarah MOSTREL, extrait de « Chemin de soi(e) », éd. Auteurs du Monde.

 

 

***

 

Pour citer ce poème élogieux 

 

Sarah Mostrel, « Prophétesse enchanteresse », éloge de célébration de la bacchante reproduit de Sarah MOSTREL, extrait de Chemin de soi(e), éd. Auteurs du Monde, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 16 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/sm-prophetesseenchanteresse

 

 

 

 

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 13:26

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poésie des ancêtres 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit blanc

 

 

(chanson créole)

 

 

 

 

 

 

La Bacchante...

 

Poème choisi, transcrit, légèrement modifié

& commenté brièvement

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

Crédit photo : "La Belle Créole" label, peinture trouvée sur Wikimedia.

 

 

 

Un petit blanc que j'aime

En ces lieux est venu,

Oui, oui, c'était lui même,

C'était lui, je l'ai vu.

À la pauvre négresse

Il porte le bonheur,

Elle voudrait sans cesse

Le presser sur son cœur.

Petit blanc, mon bon frère,

Ah ! ah ! petit blanc si doux,

Il n'est rien sur la terre,

D'aussi joli que vous.

 

 

Sitôt que l'ombre cesse,

Que le ciel est en feu,

Vous me dite : négresse

Reposez-vous un peu.

Vous, bon, toujours le même,

Jamais ne me battez,

Et quand je vous dis j'aime,

Vous, blanc vous m'écoutez.

Petit blanc, etc.

 

 

Si belle est vôtre bouche,

Vos cheveux sont si doux,

Lorsque ma main les touche

Mon cœur en est jaloux :

Votre regard m'enchante

Comme le plus beau jour,

Et votre voix touchante

Me fait mourir d'amour.

Petit blanc, etc.


 

 

Le poème ci-dessus a été publié dans l'opus La Bacchante : almanach chantant pour la présente année, Paris, chez STAHL, Imprimeur-Libraire, Quai Saint-Michel, n° 15, 1834, pp. 45-46. L'ouvrage appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

Ce "poétexte" journalistique emploie le chant élogieux d'amour pour résister aux abus de l'esclavage et pour contourner les méfaits des excès de l'égoïsme de se croire vainqueur lorsqu'on est vaincu par l'amour.

Ainsi, ce chant témoigne aussitôt non seulement de la division sociale et ethnique (voire raciale) mais aussi éthique entre des êtres qui ne se voient qu'à travers leurs différences morphologiques insignifiantes devenues essentielles...

La chanson peut aussi être une propagande faite par les blancs à leur gloire et censée renforcer leur pouvoir sur les personnes colonisées et réduites à l'esclavage. Une enquête sur l'origine de la genèse de cette chanson et sa circulation parmi la population nous renseignera certainement sur sa portée exacte. Néanmoins, ce chant dont on ignore tout, dit une chose importante : il permet surtout de penser d'ambiguïté et les ambivalences entre le "petit" maître "blanc" ethiquement et la grandeur de la "négresse" dévouée. L'amour philanthropique ou charnel renverse la situation et accorde la grandeur à une femme dominée par un homme qui de ce fait devient vaincu et renvoyé à sa petitesse comme l'explique fort bien le titre "Petit blanc" qui dépasse par sa signification la simplicité d'une expression affective d'affinité et de proximité amoureuse.

 

 

***

 

Pour citer ce chant d'amour 

 

La Bacchante..., « Petit blanc (chanson créole) », poème de La Bacchante : almanach chantant pour la présente année (1834), a été choisi, transcrit & commenté brièvement par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 15 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/b-petitblanc

 

 

 

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 17:11

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques | Astres & animaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une musique si légère

 

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Peinture par

 

Joseph Edreï

 

Site officiel : 

 

https://josephedrei.com/

 

 

 

 

© Crédit photo : Joseph Edreï, œuvre picturale qui accompagne le poème "Une musique si légère", image fournie par la poète. 

 

 


 

il flottait dans les airs

une musique si légère

qu'elle faisait danser la terre

qui tournait à l'envers

 

 

dans le poème où l'on sème

une part de soi-même

le temps ivre-mort

se noyait dans l'eau qui dort

 

 

l'ivresse a gagné le jardin

où les fleurs ont mêlé leurs parfums

et la roseraie a fait le plein d'âmes

avant que chacun ne se pâme


 

 

©F. Urban-Menninger

 

 

 

***

 

 

Pour citer cet  écopoème

 

Françoise Urban-Menninger, « Une musique si légère », écopoème inédit sur le jardin, le temps & la poésie illustré par un tableau inédit de l'artiste Joseph Edreï, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 13 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/fum-musiquesilegere

 

 

 

 

 

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 16:41

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de

 

 

Un toro en la garganta del jilguero /

 

 

Un taureau dans la gorge

 

du chardonneret

 

 

 

 

 

 

 

 

Ciela Asad

 

Poèmes choisis & traduits en français par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre.

 

 

 

La bienaventuranza está dentro de todos nosotros

Se encuentra sobre el largo andamio

Paty Smith


 

Digo que la niebla

es el aliento de la gente que trabaja

 

en los días desmbembrados

que la boca de la madrugada tiene dientes

y cala con un punzón

que se nos clava en la garganta

en el pecho

en el vientre

pero no logra tallar los pies

que caminan entre ramas entreveradas

de palabra necias

hasta la olla

que entibia el estómago

la piel lastimada de estos días.


 

**

Le bonheur est à l’intérieur de nous tous

Il se trouve sur le long échafaudage

Paty Smith

 


 

Je dis que le brouillard

c'est le souffle des gens qui travaillent

 

dans les jours démembrés

que la bouche du petit matin a des dents

et perce avec un poinçon

qui nous plante dans la gorge

dans la poitrine

dans le ventre

mais il ne parvient pas tailler les pieds

qui marchent entre les branches enchevêtrées

des mots insensés

jusqu’à la marmite

qui réchauffe l'estomac

la peau endommagée de ces jours-ci.

 

 

LA MUJER DE CABELLO PLATEADO

 

(cumbia surrealista) (composición musical Claudio Turica)

 

La mujer de cabello plateado me riega

con una regadora nueva

yo me acurruco y la luna me valsea

Y el hombre del cuarto piso carajea

Con su cara de alga, de medusa sucia, de raya al medio y sin barba

no soporta que riega.

 

Y en el balcón del segundo se suicida una manguera

porque está cansada, porque ya no sirve para nada, para nada.

Y la canción que canta la regadera

habla de una tal Estela que toma vino en bota y un poco de vodka,

 y recita Platero, y yo ya no quiero

escucharla más.

 

La mujer de cabello plateado mira la luna y copula

y yo ya no aguanto su obscenidad.

 

La mujer del primero se acuesta con el sodero

y a mi no me importa, yo quiero bailar.

La mujer de cabello plateado me besa los ojos

y me da permiso para danzar. Yo bailo.

Y es este brillo en mis pupilas, y este aire en mis dedos

y este salto hacia atrás.

Atrás está el puente, este teclear indecente,

este teclear indecente y más.

 

**

LA FEMME À LA CHEVELURE ARGENTÉE

 

(cumbia surréaliste) (composition musicale Claudio Turica)

 

La femme à la chevelure argentée m'arrose

avec un nouvel arrosoir

Je reste tapie et la lune me fait valser

Et l'homme du quatrième étage lance des jurons

Avec son visage d'algue, de sale méduse, avec la raie au milieu et imberbe

ne supporte pas que j’arrose. 

Et au balcon du second un tuyau d’arrosage se suicide

parce qu'il est fatigué, parce qu'il ne sert plus à rien, à rien.

Et la chanson que chante l'arrosoir

parle d'une certaine Estelle qui boit du vin comme un trou et un peu de vodka,

et récite Platero, et moi je ne veux plus l'écouter .

 

La femme à la chevelure argentée regarde la lune et s'accouple

Et moi je ne supporte plus son obscénité

 

La femme du premier couche avec el sodero

et je m'en fiche, je veux danser.

La femme à la chevelure argentée m'embrasse les yeux

et me donne la permission de danser. Je danse.

Et c'est cet éclat dans mes pupilles, et cet air dans mes doigts

Et ce volte-face.

Derrière c'est le pont, ce pianotage indécent,

ce pianotage indécent et plus.

 

 

TE VEO ASÍ

 

(composición musical Claudio Turica)

 

Te veo así

como un aroma

que brota en mí

y me desborda

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito

 

Es tan real

lo que yo siento

que oculta mi sombra

 

Como la luz

que se avergüenza

de ser tan luz

y se despoja

 

Cierro los ojos

y puedo ver

tu lunar en mi dedo

y soplar para jugar

con tu ausencia al infinito. 

 

**

 

AINSI JE TE VOIS

 

(composition musicale Claudio Turica)

 

Ainsi je te vois 

comme un parfum

qui jaillit en moi

et ça me déborde

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière

et se dépouille

 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

avec ton absence à l'infini, 

 

C'est tellement vrai

ce que je ressens

qui cache mon ombre

 

Comme la lumière

qui a tant honte

d’être lumière


 

Je ferme les yeux

et je peux voir

ton grain de beauté sur mon doigt

et souffler pour jouer

à l'infini avec ton absence.

 

**

CANTO PEQUEÑO

 

(composición musical de Claudio Turica)

 

Tiemblo porque escucha respirar

el campo, la greda y el mar

es fuerte la oscuridad

sube de la tierra

Será que somos ecos

de atávicos silencios.

 

Aire de la luna en la piel

Aire de la luna en la piel

quiero partir una noche así

batiendo las alas

sobre los espinos

tan lejos de la tierra

sonríen las estrellas.

 

Como una flor se arrojó

mi corazón una mañana

fue un presagio

como un grito

un ardor

 

Recitado:

¿Cómo podemos cantar a nuestros caídos?

que alguien al menos aúlle en silencio

el sol retoza entre los árboles

Y la hierba mala

también alza su flor

 

Hay palabras que arden en la voz

cuando el miedo ordena reprimir

repite la historia

en su propio oído

ciega y anudada

rebota en la nada.

 

En la calma de esta soledad

la niñéz despierta volverá

aunque no hay caminos

suave entre las sombras

en un canto pequeño

que ganará al olvido.

 

Mundos

Ciegos

Ritmos

Juegos

Calma

Canta

 (Estribillo)

 

**

 

PETITE CHANSON

 

(composition musicale de Claudio Turica)

 

Je tremble parce que vous entendez respirer

La campagne, la glaise et la mer

Une forte obscurité 

Émerge de la terre

Nous serons les échos

d’ataviques silences 

 

L'air de la lune dans la peau

L'air de la lune dans la peau

Je veux partir par une telle nuit 

battant des ailes

sur les épines

les étoiles si loin 

de la terre sourient.

 

Comme une fleur qu’on jeta

mon coeur un matin

fut un présage

comme un cri

une brûlure

 

Récitatif:

Comment pouvons-nous chanter nos disparus ?

laissons au moins quelqu'un hurler en silence

le soleil se tortiller entre les arbres

Et la mauvaise herbe

hausser aussi sa fleur

Il y a des mots qui brûlent dans la voix

quand la peur ordonne de réprimer

répète l'histoire

dans l’oreille

aveugle et noue

rebondit dans le vide.

 

Dans le calme de cette solitude

l'enfance éveillée reviendra

douce dans l'ombre

malgré l’absence de voies

dans une petite chanson

qui gagnera l'oubli.

 

Mondes

Aveugle

Rythmes

Jeux

Calme

Chante

(Refrain)*

 

 

*Extraits de « Un toro en la garganta del jilguero »/ Un taureau dans la gorge du chardonneret » traduits de l’espagnol par Maggy De Coster.


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes traduits

 

Ciela Asad, « Extraits de "Un toro en la garganta del jilguero / Un taureau dans la gorge du chardonneret" », poèmes bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy De Coster, textes originaux reproduits et traduits avec l'aimable autorisation des auteures et la maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 « À nos ivresses & aux Bacchantes  », mis en ligne le 11 juin 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ca-untoro

 

 

 

 

 

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