23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

  Poèmes  inédits  

 

 

 

Vouivre

 

&


La jouvencelle oubliée

 


 

  Patrick Aveline

 

 

 

  Vouivre   

 

 

 

Les tuiles se serrent

À l’ombre du roucas blanc

D’où l’on mire l’eau verte et sa chair

Ruban mobile

Ichtyose d’une vouivre

Balafrée jusqu’au sang

 

À l’assaut des lacets

Les spartiers dissimulent

Les incessantes virades

Embaument la montagne

De leurs crevettes jaunes

Enivrent l’ecchymose du ciel

Et la cadence de mon pas

 

Et tandis que la vierge patiente

Derrière les barreaux cambrés

De son oratoire de poupée

J’entrevois enfin

Les frasques d’une autre péninsule

 

Sur son océan imberbe

Les sept cités de Cibola ripostent

À la vaste plaine Assiniboine

 

À la racine de ses poteaux de bois

Où circule le télégraphe

Le galop fantôme des bisons

Palpite d’un accord tellurique

 

Mais ce sont les mustangs

Dont j’aperçois au loin

Le brouillard de poussière

Qui récitent au mieux

La convulsion des nomades

 

Car c’est là sur ce toit

Au ciel de cet incalculable Nazca

Que la lumière des étoiles

A choisi de s’établir

 

Car c’est là que je ne dormirai plus

Me réchauffant seulement à l’essieu

Et au brasier de leurs spirales

 

Là que je garderai les yeux béants

Sur la nuit et la clarté de son soupir

Remettant aux lendemains

L’élégance de nouveaux plateaux

 

20 décembre 2011

(poème sur le Plateau de suech)

 

 

La jouvencelle oubliée

 

 

 

 

Au chemin de sa rêverie

Une vieille Mandingue pêche

Aux rives onduleuses du fleuve

La mémoire de l’eau qui dort

L’insouciance de sa fraîcheur

 

À l’hameçon pleine patience

S'écoulent six cliques

Où s'enlisent en paix nombre

De mates algèbres

Le clignement d’un bref séjour

 

Longue torpeur

D’un sommeil insondable

La vieille traque l'enfance

Les respirations amples du griot

Son théâtre de gestes

Bleus les rires du stentor

 

Au soir calme

Baobabs géants

De Diouloulou

Ultimes rayons

Elle piège l’enfance

Ses vertiges de canopées

Sirotées sont les cabanes du ciel

 

Entre chacal et lionne

Un temps sans relâche

Elle talonne l’enfance

Ses pieds nus

À la cervelle incertaine

Les pirogues qui chantent

Chahute marigot

 

À ses yeux embués

Par les pluies du temps

Répondent les phalènes du soir

Leurs songes d’enfant

Invitant les bêtes

À tapisser de terre

Les doigts du vent 

 

À ses yeux abîmés

Qui ont tant puisé

Au fil ocre du puits

Répondent

L’eau des soifs d’été

Et la peine des calebasses

 

Proche innocence

Se laisse parfois glaner

Au creux de ses mains ridées

Elle offre ses tresses

Aux lianes ingambes

 

La vieille femme les poursuit

De ses haleines qui s’épuisent

Éparpillées perdues

À la brousse des hautes herbes

 

S'entiche d'un arbrisseau

Longe la falaise

Aux branches noueuses

La candeur habite ce destin

Qui se perd dans le lacis

Des grands fromagers

 

Dans une clairière informe

La jouvencelle oubliée de Sissoko

Saisie la main de l'insouciance

Une cousine qui se fiance

Toutes deux légères

Se dirigent vers un seuil

Aux bruits joyeux

Poussières de sueur

 

Leurs nuits se prolongent souvent

D’un caméléon bavard du matin jaune

L’arbre aux palabres pour ombrelle

Et les denses silences pour amis

 

Parfois des éclairs griffonnent encore

Au ciel bas de Casamance

Leurs étranges épigraphes codées

Où l’on cherche la frisure

D’une cédille d’un tilde

Un signe de l’attachement

 

La vielle femme ne cille pas

Aux ténèbres du dernier orage

S’ouvre à ce jour qui vacille

 

Et par le trou de la serrure

De la vieille aquarelle

Par les sentiers rouges

Du temps accompli

Elle sourit aux ombres

De l’enfance oubliée

 

8 février 2012

 

 

 

 

Pour citer ces poèmes

 

 

Patrick Aveline, « Vouivre », « La jouvencelle oubliée »,  in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai   2012.

URL.  http://www.pandesmuses.fr/article-vouivre-jouvencelle-oubliee-103895440.html ou URL. http://0z.fr/PSTa6
 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent



http://www.leshommessansepaules.com/auteur-Patrick_AVELINE-36-1-1-0-1.html

 

http://antimeandres.kazeo.com/les-poesies-de-pat-aveline/les-poesies-de-pat-aveline,r105032.html

 

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2009/09/28/l-ile-patrick-aveline.html

 

 

 

 

Auteur(e)

 

 

 

 

Patrick Aveline


 

Patrick Aveline, né à Tanger 1961. Vit et travaille à Marseille dans l'industrie aéronautique.
Publie depuis 01/2009 dans différentes revues de poésie et de création littéraire et artistique telles que Verso, Les hommes sans épaule, Traction-Brabant, Franche lippée, Le moulin de la poésie, Art le sabord, Borborygmes, Art-en-ciel, (Sik), L'arbre à paroles, Du nerf, Traversées, Libelle, Soleils et cendre, Pages insulaires, Nouveaux délits...
Sa poésie est publiée également sur les sites de la maison d'éditions Soc et Foc, sur le blog "les belles phrases" du poète Éric Allard, sur le site "les poètes" du poète toulousain Christian Saint-Paul et sur le blog "Poèmes épars" du poète et peintre Ivan Watelle.
Auto-publie en mars 2010 aux éditions L'Orée du Château Formulaire 36 suivi de Coeurdillère des Anges, son premier recueil de poésie.

 

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

[poète jeune, moins de vingt-six ans]

Version traduite  

Quatre poèmes inédits & un reproduit

 

 

 

Beso, Recuerdo, Fidelidad,

 

Compañera & Escribir a oscuras 

 

 

  Mario Portillo Pérez

  Le dernier poème est reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur et de la revue "PFF! - Palabras, Fonemas y Formas / Paroles Phonèmes et Formes"

 

 

BESO

 

Me besas/y grabo sobre tus labios mi dedicatoria.

Te beso/y escribo dentro de mis labios tu historia.

 

   

 

Recuerdo

 

 

 

Recuerdo que escuché la quietud

de tu cabello mientras dormías

camino de un otoño interminable,

con un perfume de hojas que caen.



Desvanecía caricias de la brisa de mis manos

a los tersos estanques de tus pechos

como si ambos fueran un paisaje aparte.



Y rescaté una flor

del silencio

de entre tus piernas.



Una mariposa fue tu sonrisa

posada en mi boca.

Desnudándote vestí a mi piel,

dentro de tu cuerpo

sembré un corazón­.

 


Fidelidad

 

 

Nada nombro cuando

sobre tu piel escribo

el roce

de mis palabras

va más allá

de cualquier contacto.

 

Escribir es abrigarte

al inventar

tu desnudez entre mis manos.

 

 


Compañera 

 

Existes en la belleza

porque mi boca

                / te nombra

 

Figura que mis manos

                 dibujan / desdibujan

hasta llegar siempre

a la maravilla de nuestra unión.  

 

Esto  me puede llevar

todas las noches

a contemplar lo sublime

de tu presencia.

 

Compañera

cuerpo tuyo es alma mía

si lo deseas

en mi corazón,

puedes guardar tu vida.



Escribir a Oscuras 

 

 

Escribir a oscuras

mientras las ideas siguen vivas

y los latidos aumentan,

escribir para opacar al silencio,

escribir sobre las páginas de los diarios,

escribir sobre las hojas rescatadas,

escribir por encima de las paredes,

escribir acomodando sentimientos,

escribir sin importar, sobre otros libros,

por encima de sus letras.

Escribir para traducir una caricia,

escribir hasta que la hoja se desgaste,

escribir para que la tinta

materialice mi voz,

porque tiene tanto que decirte

y no se atreve.

 

Escribir para ti a oscuras

esperando a que algún día

la luz de tus ojos asista por fin mis letras.

 



 

Pour citer ces poèmes

   


 

Mario Portillo Pérez , « Beso », « Recuerdo », « Fidelidad »,  « Compañera  »  & « Escribir a Oscuras » (le dernier poème cité est reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur & de la revue PFF Palabras, Fonemas y Formas), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques :  « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-beso-recuerdo-fidelidad-escribir-103792199.html ou URL.  http://0z.fr/zMQ-k

 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent,

 

 


http://www.facebook.com/marioportillo28


http://www.facebook.com/pages/Mario-Portillo-Attilio/170714932951087

 

 

 

 

Auteur(e)

 

 

Mario Portillo Pérez

 

Eudónimo: Attilio

Escritor y estudiante, Mario Portillo Pérez, nació en la Ciudad de México en 1989.

Poeta, cuentista y dramaturgo. Actualmente estudia la Licenciatura de Creación Literaria por la Universidad Autónoma de la Ciudad de México (UACM). Obtuvo el primer lugar en el Primer Concurso Estudiantil de Poesía Cuautepec 2010 (UACM), y una mención honorífica en el Primer Concurso Estudiantil de Cuento Cuautepec 2011 (UACM).Se ha presentado en el Foro de Poesía “El tejedor”, de la Cafebrería "El Péndulo". Ha publicado su poesía en la Revista "Palabras, Fonemas y Formas", bajo el título de "Metáfora y Atmósfera".

 

Traduction

 

Nom de plume : Attilio.

Mario Portillo Pérez, né  dans la cité de Mexico en 1989.

Poète, conteur et dramaturge, il est actuellement étudiant en licence dans la Création littéraire à l'Université Autonome de le Cité du Mexico (UACM).

Il a remporté la première place dans le premier concours pour étudients de Poésie Cuautepec 2010 (UACM), et une mention honorable dans le premier concours pour étudients de Conte Cuautepec 2011 (UACM). Il est apparu dans le forum de poésie "Le Tisserand/El Tejedor " de la Cafétéria et Librairie "Le Pendule/El Péndulo". Il a publié "La métaphore et de l'atmosphère" dans le revue "PFF! - Palabras, Fonemas y Formas / Paroles Phonèmes et Formes".

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

 

Deux poèmes inédits & extraits reproduits

 


 

Le poème dansé, La musique danse

 

&

Extraits d'Encres marines

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Extraits reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteure et des éditions Éditinter

 

 

 

 

 

 

Le poème dansé
 
                                                     dédié à Ondine
 
 
quand tu danses
tu n’es jamais seule
ce sont toutes les femmes
qui t’habitent
 
qui dansent avec toi
une lignée de femmes
qui t’ont mise au monde
depuis la nuit des temps
 
et qui écrivent avec toi
le poème dansé
d’un rêve d’éternité
en lettres de ciel
 
 

 

 

 
La musique danse
 
 

 


 
la musique danse
dans le fourreau de tes hanches
 
elle bat sans façon le tempo
sous l’orbe de ta peau
 
chacune de ses ondes
vient te mettre au monde
 
dans cette épure de silence
où l’âme se balance
 
 

 
 
                                   

Extraits d’Encres marines

poème en prose, recueil paru chez Éditinter en 1999, à ce jour épuisé...


 
 
Incestueuse, ma sœur l’océane enroulait sa chevelure d’algue autour de mes hanches de sable. Et nous dansions tanguées sous le corps hybride du mâle amour aimant. Nous dansions baignées d’épaves d’or, nous dansions muettes sur la scène de nos agapes marines. Nous dansions arrimées dans le regain de nos reins. Et la vague dans la hanche, la croupe offerte, nous nous aimions à perte de mer, le plaisir ancré dans nos cuisses ouvertes.
 
                                                                                                          ***


 
Tragédienne de haute mer, mysticienne érotisée, mon règne fut celui d’une souveraine. Mais mon sceptre de démence me brisa dans le cortège amer de mes paroles de mer.
Je fus Antigone, la fille éternelle au destin de rebelle. Je fus Aphrodite, la séductrice, née de la semence divine et de l’écume des flots. Je fus Ophélie morte dans les eaux rimbaldiennes de ma mémoire, je fus aussi Electre et je reconnus Œdipe dans l’œil de mes chimères.
Toute la tragédie antique défila derrière le masque de ma déraison.
La barque de mes hanches, tanguée, oscillée, chaloupée sous les tempêtes lunaires, s’enlisa dans les sables de l’oubli.
Dans ma conque de silence, je rêvais au coït ininterrompu de l’océan infatigué et la mer me ramenait ses floches d’écume jusque dans mon ventre de batelière.
Mon livre de bord ouvert sur mon sexe d’enfer, je mis le cap sur la mer d’agonie où je décidai de disparaître.
 
     

 


 

Pour citer ces poèmes

 

 

 Françoise Urban-Menninger  « Le poème dansé », « La musique danse » & « Extraits d'Encres marines » (Extraits reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteure & des éditions Éditinter, Encres marines, 1999, url. http://www.editinter.fr)  , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques :  « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-poeme-danse-extraits-encres-marines-103757674.html  ou URL. http://0z.fr/mClUg
 

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent,

 

 

 


Françoise Urban-Menninger  Wikipédia

 

http://www.lemanoirdespoetes.fr/poemes-francoise-urban-menninger.php

 

http://sociedadedospoetasamigos.blogspot.fr/search/label/Fran%C3%A7oise%20Urban-Menninger

 

 http://www.editinter.fr 


 

Auteur(e)


 

 

Françoise Urban-Menninger

 
Poète et nouvelliste, Françoise Urban-Menninger est l’auteur d’une vingtaine de recueils de poèmes comme Le temps immobile, Lignes d'eau, L'or intérieur, Encres marines, Fragments d'âme, L'arbre aux bras nus, La  draperie des jours, Chair de mémoire...

Et elle a également écrit deux recueils de nouvelles : Les heures bleues et La Belle Dame.

Elle est surtout éditée par Éditinter*, réside aujourd’hui à Strasbourg où elle anime des ateliers d’écriture, collabore à la revue Transversalles et au site littéraire Exigence-Littérature. Elle a été l’invitée de la semaine de la francophonie à Izmir en 2006 et a participé au colloque « Poésie au féminin » à l’université de Clermont-Ferrand en 2011.

 

   
*   http://www.editinter.fr

 


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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

 

 

  Poèmes inédits

 

 

 

 

 Danse, danse, danse

 

 

&

 

 

RAIN d'après RAIN d'Anne Teresa de Keersmaeker

 

 

 

 

 


  Marie Gossart

 

 

 

 

 

Danse, danse, danse


 

Dansent à la lune

Danse aux soleils

Une constellation d'étoiles

Danse dans le tournoiement blanc

 

Tes pas rythmes

Rythmes du coeur

Qui cherchent l'infini

Dans les volutes blancs

L'évanescent, de notre présent

 

Tes bras s'élèvent

Ta tête, tout doucement,

Penchée vers moi

Tandis que tu tournoies

Cet espace sans âge

Brusquement se déploie

 

J'entends le sang

Qui vibre en toi

La danse qui te fait toucher

Le ciel et la terre

D'un seul doigt

 

Tes pieds cadences

Cadencent l'arrivée de la joie

La montée de la sève

Au plus profond de toi

 

 

 

Univers tournoient

Flottent dans l'air

Touchent les astres

Comme des soleils qui poudroient

 


Derviches

Poètes

Grandioses

Sobres

Sans pudeur

Tout à leur foi.

    

 

 

 

 

RAIN d'après RAIN d'Anne Teresa de Keersmaeker

 


 

Je lui ai dit que je voulais écrire un poème

comme de la pluie

un poème

qui serait long

doux et violent

qui s'étirerait comme un ruban

qui créerait la mousse

l'espace

ferait fuir le temps

 

il tomberait

devant

comme je suis tombée

moi

en poésie

un jour

j'avais 5 ans

 

comme de la pluie

des cordes raides

et souples

dans le vent

 

un torrent

des petites pierres qui rient

qui dansent

ces larmes qui me poussent

qui m'éclaboussent

 

et il y aurait le rose du vent

celui qui s'étale

et vous réchauffe gaiement

celui qui n'attend pas

celui qui court, vole et flamboie

ardeur et joie

 

et il y aurait le vert

les vers de mes pas

quand le jaune et le gris

se mélangent

remontent aux parois

 

 

 

 

RAIN

PAIN

CHAIN

BRAIN

 

que les mots CLAC

rrrrrroulent

nous caressent hop! rebondissent

qu'ils nous emmènent....

la main rouge de leur étreinte

la bourse pleine

et les joues fendues

comme d'un soleil

un soleil

qui veut monter

monter au ciel

 

RAIN

RAIN

 

je ne ressens pas ton absence

un oiseau s'est posé sur mon coeur

et ses petites pattes

quand il marche

me rappellent que je suis bien vivante

 

voilà la pluie

la pluie féconde

 

tes notes enlacées à mes mots

tes notes qui murmurent

tout au creux de mon cou

ta voix comme un nuage

 

te souviens tu de ces animaux graciles

que nous voyions courir de toit en toit

de toi à moi?

L'air était vibrant

c'était le printemps

ta fenêtre ouverte

nos bras, nos âmes étincelants

 

 

 

 

RAIN

RAIN

 

Un poème comme un ruban

 

le satin se tord

comme des paupières lourdes

mes jambes éreintées

mes pieds

brisés

la nuit

enfin

me lâche

s'endort

 

RAIN

 

de cette étroite,

délicate fêlure

quelques brindilles

fragiles

quelques fleurs

fines

ont poussé

 

RAIN

 

la vie jamais ne lâche

il faut vraiment le vouloir

la mort ne vient que si tard

il n'y a que les sots

qui vivent comme ils meurent

en un instant

 

j'ai vu de petites momies

qui voulaient marcher

elles ont ouvert la bouche

quelques unes seulement

se sont mises à chanter

 

leurs bras levés vers le ciel

elles l'imploraient

pour que le corps

enfin

se laisse à bouger

 

 

RAIN

CHAIN

 

ces hommes attachés

dont les yeux sont aujourd'hui dévorés

ces hommes que l'on peut éventrer

sans qu'ils ne crient

...

vas-y

plante leur bien au fond

ton couteau

et vois

10101010101010101

le système binaire

les a remplis

leur a tout pris

 

RAIN
BRAIN

 

Un poème comme la pluie

un poème fait de sons

qui se percutent

se reconnaissent

se disent MERDE ZUT et FLUTE

 

Contre ré, contre Ut

le champ est large

l'espace est là

jambes ouvertes

tout prêt

la grâce toujours naît d'un cri

 

 

RAIN

 

 

où sont ces vers

qui se nourrissent de la terre

laissez moi plonger les mains

à pleine tête

dans cette poussière d'os et d'humus

cette terre rouge et or

celle qui de mes orteils

remonte jusqu'à mes ailes

 

vois comme mes moustaches apparaissent

comme mes bras, les dents, mes cheveux poussent

 

Il n'y a de chant

sans animal au dedans

 

Et puis te voilà qui court

qui court pour attraper toutes les gouttes

tu ruisselles et tu jouis au dedans

 

Un poème comme la pluie

fertile

qui assassine les journées sans vie

l'ennui

 

 

RAIN

PAIN

 

et tu écris

 

à cette génération

à genoux

 

à ces populations

bâillonnées

 

étouffées

par leur avidité

leur anxiété

la peur de perdre

la peur de naître

nu

seul

sans toit

sans moi

 

« danse danse

sinon nous sommes perdus »

 

danse

danse

pour faire vibrer

la flamme

au creux

l'iris

la prunelle

de tes yeux

 

 

 

monte escalade culbute trébuche enfonce tes doigts tes pieds je veux voir l'empreinte

La trace de tes petits coussinets

mon enfant

pars en ballade

forge tes souvenirs

comme découvre ton avenir

cours dans le vent

les herbes hautes

caresseront tes flancs

ton doux museau

humide de promesses

frétille à l'avance de tant d'ivresse

 

 

 

Un poème comme la pluie

libre

simple

vivant

 

RAIN-PAIN- RAIN-BRAIN- RAIN-CHAIN- RAIN- PLAIN

RAIN- RE-RAIN-MAIN.

 

RAIN

rainrainrain

 

 

RAIN-PAIN- RAIN-BRAIN- RAIN-CHAIN- RAIN- PLAIN

RAIN- RE-RAIN-MAIN.

 

RAIN

rainrainrain

 

RAIN-PAIN- RAIN-BRAIN- RAIN-CHAIN- RAIN- PLAIN

RAIN- RE-RAIN-MAIN.

 


 

 

Pour citer ces poèmes

 

 

Marie Gossart,  « Danse, danse, danse » & « RAIN  d'après RAIN d'Anne Teresa de Keersmaeker », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-danse-103752630.html   ou URL. http://0z.fr/FJwOa

 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent


 

www.mrsboeuvreschoisies.com

.......

 

Auteur(e)


 

Marie Gossart

 

 

Marie Gossart, née en France en Avril 1969, tombe en poésie quand elle a 5 ans. Moment où elle découvre aussi la musique, les arts plastiques et la danse. Plus tard, étudie à Sciences-Po Paris et devient publicitaire, chargée des stratégies de communication pour de grands annonceurs. Après un long moment, et la naissance de deux enfants, elle part vivre deux ans à Tokyo, y retombe en écriture. Elle écrit en français, et en anglais (son “autre” langue). De retour à Paris en 2008, elle s'intéresse particulièrement à l'écriture plastique et sonore de la poésie, elle y compose depuis des poèmes et des textes de chansons. Elle recherche un éditeur pour publier sa poésie...

 

Très investie dans les arts plastiques pour lesquels elle a fondé MrsB Oeuvres Choisies, une structure destinée à la promotion d'artistes contemporains, voir url. www.mrsboeuvreschoisies.com

Elle est membre de l'ADIAF, association de collectionneurs décernant chaque année le Prix Marcel Duchamp, dans le cadre de la FIAC, membre du comité de sélection des artistes en 2012,  elle exerce aussi son intérêt pour les mots et la langue dans le cadre de sa fonction actuelle de conseillère de programme auprès de France Télévisions (département jeunesse), en charge de la supervision des adaptations de l'anglais au français.

 

 

 

 

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