13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:22

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique.

 

Critique & réception

 

Ferite a morte – Blessées à mort*:

 

quand la littérature guide les convictions profondes

 

ou comment réconcilier les féministes favorables à la question

 

de la violence faite aux femmes

 

et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien

 

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Il m’est difficile d’écrire sur ce livre tant il me bouleverse. Courageusement j’essaye. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand faudra-t-il que des femmes meurent pour que les hommes comprennent qu’une femme n’est pas un trou denté et dangereux mais un réceptacle doux qui transforme toutes les douleurs en merveilles ? Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand la défiance entre les sexes mènera à des catastrophes intimes (c’est aussi le sens des blessures dont il est questions : coups, plaies mais aussi blessures symboliques) que les femmes enfouissent en elles et qui, là, dans leur corps, s’enkystent comme des maladies dévastatrices ?

Jusqu’à quand le rôle de dirigeante de société, le rôle d’intellectuelle, le rôle de prêtresse sera considéré comme illégitime parfois même illégal et sera alors vécu par les femmes sous le régime de l’imposture ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand parlerons-nous de professeur ou d’auteur pour une femme ? Jusqu’à quand auront nous peur de ce petit « e » qui change tout, comme si les lettres étaient dangereuses ? Non les lettres ne sont pas dangereuses et le « e » d’ « auteure » qui dans notre revue revêt fièrement la majuscule est une nécessité linguistique, sociale, humaine.

 

À quand une femme papesse ?

À quand une femme Secrétaire Général de l’ONU ?

À quand une prophétesse ?

 

N’ayons pas peur de ce qui nous apparaît comme des folies…

Combien de temps encore aurons-nous à souffrir la violence des intégristes qui nous proposent des images de cadavres monstrueuses en lieu et place des amas de cellules dont nous avons avorté pour avoir droit à un destin choisi ?

Combien de temps encore entendrons-nous parler de mode « pudique » comme si la beauté ne pouvait pas, parfois, avoir la béance d’une indécence calculée, expression d’un désespoir : si nous ne montrons pas nos jambes, si nous ne grimons pas notre visage, si nous n’adoptons pas des pauses gracieuses, nous sommes considérées comme des sous-femmes. Combien de temps encore le désir des hommes sera un désir de possession physique et non pas le désir délicat de nous rendre heureuses et épanouies, physiquement, oui, spirituellement, affectivement mais au-delà des carcans où l’on nous enferme ?

Jusqu’à quand l’homosexualité féminine sera plus scandaleuse que l’homosexualité masculine : qui est gêné ? Toutes les femmes, j’en suis bien convaincue, toutes les femmes un peu sensibles, vivant des amitiés fortes avec d’autres femmes, se sont un jour posées cette question. Est-ce l’existence d’un membre atrophié qui fait peur ? Nos libertés sexuelles doivent être totales ! Celles des hommes, de fait, le sont, bien qu’encore on assiste à des procès qui approuvent l’idée que « PD » n’est pas une insulte, comme si, là encore, c’était la féminité, celle d’un homme, qui faisait peur.

Jusqu’à quand ?

Le désespoir et la rage sont profonds, difficilement consolables. Dans ce livre, pourtant, j’ai trouvé de la consolation. Parce que c’est une femme qui porte la voix des autres femmes. Parce que c’est une femme qui traduit. Mais pas seule. Accompagnée de ces étudiants autant que de ses étudiantes. Parce que la représentation de ce spectacle théâtral aura lieu en Sorbonne (l’Académie française m’a pas encore ajouté de « e » mais la Sorbonne, déjà, se pose les bonnes, les très bonnes questions), dans la mise en scène d’un homme et avec la collaboration d’un autre homme musicien. Et que donc, oui, dans les plus hautes sphères intellectuelles de notre pays, il y a désormais de l’inacceptable. Voilà une très bonne nouvelle.

 

Mon émotion s’apaise. Écrire est magique. Et sans rage, sans excès, je suis désormais capable de recommander très chaleureusement à toutes les lectrices mais aussi à tous les lecteurs de Lppdm, la fréquentation de ce texte plein de profondeur, vous l’aurez compris mais aussi d’un humour ravageur et salvateur (on passe un délicieux moment à la lecture, on en sort revigoré, armé). La présentation qu’en fait la traductrice, Lucie Comparini, est exemplaire. Elle explique les origines d’un mot qui existe maintenant en italien de manière courante : le « feminicidio », le « féminicide » autour duquel s’articule une pensée complexe sur les violences faites aux femmes. Pour moi, ce mot a désormais un sens très large : est « féminicide » tout ce qui agresse la féminité, y compris celle des transsexuels.

Il faudra bien un jour que l’on comprenne qu’être femme est un privilège aussi rare que celui, comme disait Hémingway, d’avoir un cœur d’enfant. À savoir que la sacralisation légitime du corps des enfants doit aussi s’appliquer, maintenant, parce qu’il faut en passer par là, au féminin entendu comme concept très général : n’ayons plus peur des calices. Déposons-y des fleurs.

Vous avez compris que ce texte et la souffrance qui s’en dégage sont aussi une manière pour moi de réparer la violence reçue d’un homme, violence symbolique, purement symbolique mais insupportable, mais terrible, un homme, intellectuel de renom et poète. Ce texte est une victoire. Une vraie victoire.

Voici les termes de la victoire intellectuelle qu’il raconte. « Oui, bien sûr, le sexe est une réalité psychique. Vous avez raison. Oui, bien sûr, comme disait Aragon, « le vers n’est jamais si bleu qu’à sa brisure ». Vous avez raison. Mais vous m’avez brisée. Brisée. Même pas seulement blessée, brisée. Comme je suis de bonne composition, je vais de l’avant. Je me bats, comme d’habitude. Alors sachez qu’en m’agressant, c’est le féminin en vous que vous agressé. Que c’est vous-même qui ne vous êtes pas respecté. J’en retire des convictions. Violence faite aux femmes ? Gender studies ? Les deux mon capitaine. Peut-être n’offrirai-je pas des petites voitures à fille ou des poupées à mon fils mais il ou elle sera éduqué(e) dans le respect de la complexité de son âme. ». Voilà pour la vengeance, si tant que c’est de vengeance qu’il s’agisse. J’ai été, moi, éduquée dans l’idée du respect de l’autre.

 

Venons-en à ces fameuses convictions que je retire de mon expérience. Les féministes doivent se réconcilier. Judith Butler fait peur ? Sûrement. Mais elle est loin d’avoir complètement tort. Son combat, notamment en faveur de la transsexualité est admirable. La violence faite aux femmes, c’est en réalité la violence faite au féminin, en tant que réalité psychique. Avant d’être physique, elle est toujours, toujours symbolique. Parfois elle est les deux, comme un télescopage. Mais pour avoir vécu la violence symbolique, je sais qu’elle est aussi grave que la violence physique. Pensons à Delphine Horvilleur. Se battre pour qu’une femme, un jour, puisse être en charge de l’âme est une merveille. Et nier aux femmes des compétences en ce domaine est insupportable. Vous nous demandez d’être mères et nous refusez le droit de nous occuper de vous…

Quelle cohérence, amis de la pensée ? La violence faite aux femmes est un thème cher à celles que l’hystérie énerve ? Elles ont raison. Amies femmes, amies féministes, non ne soyons pas hystériques ou misandre. Nous méritons bien mieux que cela. Telle est l’idée qui se cache derrière ce thème récurrent du féminisme actuellement. Et elles ont raison aussi, les femmes qui ne demande qu’une chose : qu’on les laisse faire la vaisselle sans les agresser. Les combats du féminisme sont bien plus profonds que les questions d’organisation du couple. L’égalité salariale par contre, voilà un vrai combat. Un combat important. Le travail des femmes étant tout aussi important et utile que le travail des hommes, il mérite le même salaire. Évidemment aussi, il faut que les hommes puissent avoir de vrais congés partenité. Pour profiter autant que les femmes de leur enfant. Pour participer autant que leur compagne à son éducation qui dans les premiers temps (celui où l’on fait connaissance) est bien important. Être père, ce n’est pas déléguer à une femme le soin de l’éducation. C’est prendre sa part, pleinement sa part. Après, on peut bien sûr parler de la nécessité biologique pour les femmes de se reposer plus qu’un homme d’une grossesse et d’un accouchement. Le travail des femmes ? Simone de Beauvoir a à moitié raison. Le travail libère les femmes en ce qu’il leur permet d’accéder à l’égalité de traitement (le mot traitement est violent, à l’égalité, tout court). Mais le travail, parfois, non ne libère pas. Et certaines femmes faisant cette douloureuse expérience, parce que peut-être, un jour, il y a bien longtemps, elles ont transigé sur leur désir, ont le droit de rester chez elles s’occuper de la maison et du petit. Ce droit doit aussi être accordé aux hommes. Homme au foyer, forgeons l’expression, oui.

 

Voilà pour quelques convictions. D’autres pourraient apparaître. Ce sont celles qui me viennent. La conviction fondamentale qui guide les autres et que je continuerai à faire fleurir à l’occasion, c’est donc, je le répéterai, je le martèlerai, que la violence faite aux femmes est en réalité, profondément, une violence faite au féminin, à la fonction anthropologique du féminin, fonction anthropologique qui oui dérive d’une réalité de différenciation sexuelle mais qui oui, aussi, la dépasse.

 

 

* Ce livre est publié dans une version bilingue aux Presses Universitaires du Midi. L’auteure en est Serena Dandini, la traduction élégante, efficace, concise émane du groupe d’étudiant(e)s de l’UFR d’italien de l’Université Paris-Sorbonne, dirigé par Lucie Comparini. Une mise en scène de ce texte sera proposée à un public que l’on espère nombreux courant mai (plus d’information sur la page Facebook de l’Association Sorbonidea). Il a aussi été mis en scène par un groupe de théâtre universitaire à Toulouse. On ne saurait, vraiment, trop recommander aux parisiens comme aux provinciaux de se déplacer. Le texte est construit autour de plusieurs monologues qui offre une voix à des femmes victimes de féminicide, qui, des limbes, racontent, sans la moindre complaisance et avec humour et énergie, leur histoire.

 

 

 

***

Description du livre par la maison d'édition :

Ferite a morte / Blessées à mort par Serena DANDINI, Traduction collective des étudiants de l’UFR d’études italiennes de l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Lucie COMPARINI

Date de parution : 2016

Éditions : Les Presses universitaires du Midi (PUM) "sont un service commun de l’université Toulouse - Jean Jaurès (UT2J)".

Réf. : NOUI 12

Code SODIS : F408310

Format : 198 p.

Nombre de pages : 15 x 21 cm 198 p.

N° ISBN : 978-2-8107-0430-9

PRIX : 13.00 €

Présentation de l'éditeur :

« On avait le monstre chez nous et on ne le savait pas… » Dans un lieu indéterminé et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes décédées par « féminicide » : riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, rebelles ou soumises. Enfin délivrées de leur condition de victimes silencieuses, elles nous racontent, chacune par un monologue qui lui est propre, leurs histoires venues des quatre coins du monde : Italie, Mexique, Afrique, Inde, France, Japon…

Nous devenons ainsi témoins des drames provoqués par une société encore machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées, mais aussi par les stéréotypes et les conditionnements intérieurs. Les cas particuliers s’unissent et s’universalisent en une anthologie militante, lisible telle quelle ou théâtralisable, paradoxalement empreinte d’humour et d’ironie. Blessées à mort incite sans apitoiement le lecteur spectateur à réfléchir à la véritable condition de la femme – et de l’homme face à la femme – dans l’espoir d’agir sur le monde du XXIe siècle.

Auteure

Serena Dandini est auteure, journaliste et animatrice pour la télévision italienne. Elle crée dès les années 1980 des émissions radiophoniques et télévisées satiriques et innovantes où elle lance la carrière d’artistes femmes très populaires en Italie. Engagée politiquement, elle y aborde des thèmes comme le travail, la corruption, la sauvegarde de la planète. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte pour le théâtre, Ferite a morte (Rizzoli, 2013), inspiré de faits divers de violences subies par les femmes. Ce texte est encore aujourd’hui en tournée en Italie et dans le monde. Il est traduit pour la première fois en français.

Cf. Voir url : http://pum.univ-tlse2.fr/~Ferite-a-morte-Blessees-a-mort~.html

 

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay, « Ferite a morte – Blessées à mort*: quand la littérature guide les convictions profondes ou comment réconcilier les féministes favorables à la question de la violence faite aux femmes et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/blessee-a-mort.html

 

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:34

 

Poème pour la 3ème thématique :

Les animaux en poésie mineure ou le bestiaire des poètes

 

 

Mes animaux doux

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

Le dauphin (à A.F.)

L’ondée avive le vertige.

Pourtant le souffle ne perturbe ni l’allant ni la courbe. Se nourrit d’air, de bouffées et d’une vague.

Voltige, est prince, une brassée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accompagne l’autre en sa trouée, en sa promenade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arrondit la surface. Profond soleil, léger bambin.

Aller là où luit l’eau.

Et découvrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, caresser l’horizon à une touche, y puiser l’espoir d’être toujours et infini, le premier. Avant-gardiste ? Anachronique. Et utopiste. Le pionnier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se souvenir comme d’un trésor de la main croisée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, furtif. À l’âme éphémère. À l’élan temporel. Au flux parfait.

Liberté belle.


 

La biche (à F.D.G.)

Ma douce chemine en toute tendresse sur les sols, les terres, les lits, les mousses.

À sa venue, ploie une branche en hommage.

« Maman » dit le lierre. « Ma belle », toute la forêt. Et la clairière : « mon ange ».

Sautille, gambade, son air de rien, ses yeux fendus, ses chasses délicates.

« Ma douce », dis-je.

Elle se cache, ne veut pas qu’on la voit, préfère l’obscur et l’humide et le rayon timide au soleil écrasant. La rousseur d’un pelage est lumière à soi seul.

L’herbe et les brins ornent ses pieds de vert. Les feuilles lui font couronne. Ses yeux plissent un peu pour que renaisse le goût des innocents.

Futilités l’habillent mais les choses sérieuses lui sont naturelles.

Des églantiers semblent parfois piquer sa pureté de sang mais la cruauté glisse et il ne reste dans ses espaces que les joliesses ambrées.

Elle tient, elle tient, sa vie d’âtre battant au cœur de la nature.


 

L’anémone (à D. L.)

Pincées de sel dissout accompagnent tâches et filaments. Couleurs ployées, déployées.

Danse, orientale ou japonaise. Bras « lacs des cygnes » et lacets de signes jusqu’à l’épanouissement. Croix, points, ronds : tissu, soie corpulente.

Petit nu d’arc en ciel.

Fleuves sur les hauts fonds du cœur amollissants de pigments toute cruauté.

Parcelle, part belle.

Souffles d’eau. Bibelots.

Et la murrine navigue, mosaïque molle.


 

La colombe (à L. C.)

Quand l’envol est léger, les nuages l’écoutent. Et autour de l’oiseau blanc s’organisent.

À l’orée des nues, le bleu naît tous les jours.

La grâce se déploie et de chaque rayon fait un pont. Et de chaque vide, une vague.

Percées et plongées habillent les anges.

Et chaque coup d’aile appelle « doux de la voute » le pli qui ne dit que les beautés et les nouvelles heureuses.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ? Glisserez-vous ce message dans l’embrasure d’une fenêtre ? Je crois qu’aucun cœur ne bat dans le ciel et que tout est pleins et déliés à qui se dévoile.

Le vent souffle ; l’air est tendre.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ?
 

La pyrale des prés (à F.L.)

Tout s’offre et le diaphane oblige. Blanc déambule à antennes gratuites.

Les vides, les grâces. Et le vent pertinent.

Corpuscule se dévoile dans la corolle et le laurier rose lit mieux, et la belle de nuit s’émeut, et l’iris aperçoit.

Qui du brin ou du pétale triomphe ? Ni l’un ni l’autre. Seule la pâle altitude ou le ruisseau éphémère pense le voyageur, la tâche en mouvement dirait le peintre, la feuille allant au pré et au loin, le poète.

***

Pour citer ce poème

 

Laure Delaunay, « Mes animaux doux », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/mes-animaux-doux.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:55

 

 

Texte pour le numéro de la 3ème  thématique.

Critique & réception

 

Notes de lecture sur l'essai

 

Lire les femmes de lettres dans la littérature française

 

Dina Sahyouni

  

 

L'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française porte sur la réception problématique de celles qui font de l'écriture leur métier, en France. L'essayiste interroge l'incapacité de la critique littéraire et féministe à modifier l’approche lacunaire des écrits de femmes. Peut-on les critiquer et les classer sans les assigner, ni stigmatiser ? Par le biais d'une réécriture historique, Camille Aubaude met en évidence la présence constante des femmes de lettres dans l'histoire et leur absence lorsqu'il s'agit d’avoir une œuvre littéraire reconnue.
 

 

Le constat est alarmant. Des contemporaines, telle Béatrice Didier, pensent qu'il existe une impossibilité méthodologique qui empêche d'étudier les œuvres de femmes (voir Ibid.,  "Avant-propos"). Ce que Camille Aubaude réussit à contredire, en nous offrant la possibilité de se détacher des doxas académiques, féministes, et folklorique-ment* universitaires dans la réception des femmes de lettres pour songer plutôt à une lecture thématique, historique et philologique de leurs œuvres. Elle a également réussi à saper les catégories classiques de classification. Elle a répondu à la question cruciale : « Qu'est-ce que créer une œuvre littéraire ? » Elle montre comment une femme peut construire une œuvre littéraire et qu'on peut comprendre ces écrits-là comme une œuvre nécessitant des études, des rééditions critiques et une réception posthume.

 

Cet essai assez formel dans sa manière de traiter les femmes de lettres n'est pas à prendre à la légère. S'inscrivant dans une vision historiographique, il reste toujours d'actualité. On sait l'absence patente d'une analyse approfondie de la réception des femmes citées dans la presse et dans les études universitaires. Lire les femmes de lettres dans la littérature française est donc utile à toute personne qui souhaite frayer de nouvelles voies pour réhabiliter, à travers une critique objective, pertinente et pragmatique, l'héritage des aïeules en France, et, par extension, partout ailleurs, là où le patriarcat et ses doxas fabriquent des leurres, des prismes historiques et méthodologiques pour dénaturer les œuvres des femmes de lettres.

 

Voir aussi :  Camille Aubaude, Lire les femmes de lettres dans la littérature française aux éditions Pan des muses, 2016

 

* Folklorique-ment* : revoie aux folklores attachés au formatage des écrits, au savoir-faire, aux rites universitaires et aux manières fixes de faire de la recherche au sein des universités qui caractérisent chaque époque.

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Notes de lecture sur l'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/notes-de-lecture-lire.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:05

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

Coup de foudre

 

Mona Gamal El-Dine

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

 

Rouge comme le sacrifice du Sauveur…

 

Bordeaux ? Comme le cœur des amoureux…

Toi ! Rouge Bourgogne, bouteille, comme la danseuse espagnole fertile et sensuelle…

Bourg … Tu es apprécié par les artistes.

Rosé dit l’introduction de la soirée…

Sur les bords de la Méditerranée ; Tu es mon seul ami et compatriote !

Sur les bords de la Seine, je bois même en public pour célébrer la fête de la Vierge !

Amoureuse de ce liquide, tricotée avec le soleil du sud et la sueur des hommes mais encore avec leur sourire !

Dansez, chantez avec le grand buveur El Khayyâm…

Buvez avec les poètes… entourés par les Houris…

Ne dites pas Djihad 1 mais Ijtihad 2 pour le Vivre ensemble Toi et Moi…

Votre majesté le Rouge ; Vous êtes la muse de mes nuits solitaires …

Vous êtes mes rêves jusqu’à l’aube de la Vérité … ?

Vous êtes mes remèdes jusqu’à la libération de mes chagrins !

How are you mon libérateur ?

Bourg … ! Mon atterrissage au château me comble de joie …

Voilà, nous sommes au paradis de tes vignes, …

Interdit de penser à d’autres promesses, suspendues entre terre et ciel…

Les recettes des Pharaons sur les fresques ; Néfertari et son amant Ramsès trinquant à notre santé…

L’égalité homme/femme existait à ton honneur !

Le Mazag3 arrive à table avec le Rosé glacé…


 

Félicitations pour la maîtresse !

Poulet au four avec amandes et figues… mais couronné par le Bordeaux rouge, rosé au choix mes amis…

Salut les copains, c’est une réussite bien arrosée…

Oh ! Divin ! Permettez-moi la soirée sans sommeil, sans fatigue…

Amour nocturne avec la danseuse et la bouteille marionnette …

Versez pour moi de ce génie, encore et encore jusqu’à la dernière goutte pour avoir la chance à mes côtés …

Souriez, dansez, chantez les poèmes des nuits de Bagdad, de Grenade, des Khalifes d’autre fois à l’époque de mes ancêtres…

 

 

 

Souvenez-vous de ce magique remède contre les maux du siècle ! ...

 

 

Poème écrit le 25/07/2015


 

 

Glossaire

1. Djihad : un terme en arabe signifie exercer une force ou effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral.

2. Ijtihad : (diligent) effort de compréhension, de réflexion pour s’adapter.

3. Mazag : avoir de bonne humeur.

 

***

 

 

Pour citer ce poème

Mona Gamal El-Dine, « Coup de foudre », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/coup-de-foudre.html

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