11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

 

2ème partie

 

Invitées                                                                                           

Entretien



Voix contemporaines

 

Conversation entre

 

Patricia GODI & Camille AUBAUDE


à l'Université de Clermont-Ferrand


Centre de Recherche sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS), 2012

 

 

 

  Camille Aubaude-photo

  ©Crédit photo : Camille Aubaude

 

 

 

La Madriguera


 

 

L’âme aveuglée par des ordinateurs meurt

Dans un cercle en béton, l’aéroport de Miami

Où des cristaux liquides terrassent les êtres

Comme les vastes et sombres forêts jadis.

 

Des king burger, restaus interplanétaires

Chauffent des pizzas arrosées de coca ;

Les écrans télé endorment les mangeurs

De poulets en batterie nourris de blé trafiqué.

 

Un centre d’affaires aux parois en miroir

Ne reflète que des êtres en basket, décor

De prestige au-dessus des voies malodorantes

Où les pauvres attendent les bus publics.

 

Un douanier confisque la bouteille d’eau

D’une passagère sur un fauteuil roulant.

Elle a mal à l’estomac. Il l’autorise à boire

Si elle revient en arrière, traverse la foule,

 

 

Se déshabille hors de la zone de contrôle,

Où elle vient d’enlever sacs, gilet, manteau,

Bijoux, chaussures… Mickey, réveillez-vous !

Notre Terre n’est pas un enfer de peluche.

 

Pour mettre fin à ce destin, il faut payer.

Je prends le sight seingen bus et métro,

Un enfer plus faible puisque je suis de celles

Qui n’entrent pas dans l’engrenage de l’argent.

 

Une américaine d’origine irlandaise

Est assise sur un banc, un fichu sur la tête,

Les joues rouges, attristée d’avoir perdu

Son âme, et la Terre, au milieu des tours.

 

Dans sa madrigueradu Nord poussent des fleurs,

Fruits et légumes, des arbres mêlés aux bêtes

Qui l’enchantent, elle y cultive la Poésie,

Rêve l’île des Caraïbes qu’elle habita.

 

Les gens sont naufragés, sans racines, aveugles.

Relayant la fidèle irlandaise, une nurse

Noire me guide dans le bus J. Sarcastique

Et rusée, elle part faire renouveler sa licence.

 

Elle espère être nurse à l’étranger, demande :

« A Paris, ils payent bien ? », et blâme Miami.

« Dans le bus vous êtes bien, dit la nurse,

Il y a des gens, mais dehors, tout est danger !

 

Demandez où il va le bus, souvent son trajet 

Change ». J’attends longtemps le suivant,

Sur la banc, il y a une brochure en espagnol.

Un titre : « Crise de confiance généralisée. »

 

Un premier texte sur le lait trafiqué

Qui tue les bébés, puis au verso, on propose

La buena tierra, le « trésor » de la Bible,

Sous la plume des Témoins de Jéhovah.

 

C’est un quartier noir, sans « affaires », où peine

Un cul de jatte sur un fauteuil roulant.

Un homme titube et crie son épouvante.

En haut règne le vacarme du métro.

 

 

Je gravis l’escalier tandis que le bus passe.

Pas de Blancs sur le quai où surgit un paysage

De tours grises, ciel glacial, érection

De cercueils, rébus de l’abîme.

 

Maudites tours hurlant l’agonie d’un monde,

Matériaux gris qui bloquent les voies

De chaque côté, pièces éclairées au néon

Espaces « contemporains » gorgés de vanité

 

L’université de médecine où l’on vante

L’excellence des travaux sur le cancer

Et la paralysie. Recherche mise en vente

Pancarte condo.comrivalisent

 

D’idiotie, s’affichent sur les murs lisses,

Ciel de verre figé en métal gris. Je m’en fous,

J’ai le luxe du temps, liberté impétueuse

Quand ils meurent dans des tours ceintes de palmiers.

 

Palmiers, dauphins, zoos plaisants appellent

L’or dans le ciel des cyclones, et la nausée. L’« art »

S’écrit sur les murs, irise l’esprit fitness

Suspendu aux nerfs d’anciens et futurs clients.

 

La mer nul ne la voit au-delà des gratte-ciel

Qui empalent le ciel, mettent la Nature

En prison. Pub : Bahamas is better.

Terre vendue, air pollué, ô le bel art !

 

We hope you come back soon : des mots

Aux langueurs bâillonnées, cruelles dérives !

Un journal d’hier vante le grand Houellebecq

Tel un sociologue en tous lieux reconnu.

 

One world est la griffe de la compagnie

Dont les avions fendent le Ciel.

One worldest la parole vide du monde unique

Des thuriféraires d’un empire décapité.

 

Le crépuscule ne se voit pas des clapiers

Innombrables dans la jungle des tours grises,

Où robotisés, sans crier « ça m’est égal ! »

Des êtres hybrides vendent le bois des forêts.

 

 

 

Lima

 

 

 

Ainsi je me lève dans la nuit péruvienne.

Las ! il est cinq heures, ma vue est double et vaine :

J’ai ciselé des vers avant de m’endormir

Dans la chambre de l’enfant qui vient de partir.

 

Ni prière, ni hosannah ! Sur le bureau,

La photo étrange du visage aux yeux clos,

L’enfant de la casa de Surco et ces mots :

« Tu resteras toujours dans nos cœurs ».

 

Ô brouillards nocturnes, qu’elle est forte la nuit

Des chamans égorgés sur cette terre là !

Nuit des Incas, tu hantes le corps de l’enfant

Ravi, l’enfant-lyre blotti au fond des cœurs.

 

Tel un condor drapé de nuit, envoles-toi

Vers les Idoles : un trésor t’appelle, cours !

Emplis tes yeux de la cathédrale un si beau

Tabernacle, Soleil nouveau, vaisseau de Dieu.

 

La Vierge illuminée sourit dans les chapelles,

Met en ordre les cendres dans la crypte

Où mon pas s’étend, ombre du crépuscule

Sur la vitre qui retient crânes et tibias.

 

Il y a de petits cercueils et des reliques.

Un peintre conquistador a fixé les visages

Des Incas, Atahualpa et d’autres, ô Dieu !

Pour racheter l’infamie qu’est la mort du Juste.

 

Un jet de lait gicle du sein d’une Vierge.

Sainte Mort, tu n’es pas cruelle en fauchant

Tous ces croyants : ils ont assassiné l’Inca

Et ses pensées jamais enfermées dans un livre

 

 

Immense comme l’enfant drapé de nuit,

Créature magique d’un sentier dévasté

Où le Temps bruit des prières passées

Sur l’autel où le péché meurt à l’éternité.

 

Ô Dieu, je me lève dans la Nuit céleste.

Il est cinq heures, c’est l’heure où l’esprit me mène

A la Lorelei assouvie de sang : pour elle

J’écris aisément une prose au goût public.

 

Ah ! il est fort commun de se croire poète

Sans être revenu des terres insulaires

Et tel Atahualpa jeter la Bible par terre,

Chanter la légende des rois de Buenos Aires.

 

Vouée au déclin, à la décrépitude, je suis

La Sybille sans espoir au sommet d’un rocher

Cernée de démons qui délaissent au seul Dieu

Les jardins éternels, et médisent dans la haine.

 

Toutes auréolées par les feux de l’abîme

Leurs voix tranchantes découpent les belles heures

De la littérature. Je crains leur clémence

Et leurs ruses, fruits de la Mort et du péché.

 

A quelle joie est voué le chant de la Syrène ?

La passion de la scène est poussière de néant

Quand l’assaut prodigieux des Guerriers de l’Aurore

Fait siffler les combats à coups de lances d’Or.

 

 

 

Lima, Pérou

14 décembre 2010

  ©Camille Aubaude, Poèmes satiriques, éd. La Maison des Pages, 2009

 

 

 

 

 

L’Orgueil

 

 

Mes parents m’ont niée.

Les hommes m’ont châtrée.

Les femmes m’ont tuée.

L’Orient m’a éblouie

Mais se croit Occident,

Lequel cloue son cercueil.

Oh ! je meurs des bravades

D’hommes sans foi ni loi.

Dans ce temps, c’est mon Temps,

La Beauté n’est qu’Orgueil.

 

Ce temps où tout grandit

Banques, superpuissances,

Europe-Etats-Unis

Fait décroître la vie.

Une femme à La Havane,

Qui a quatre-vingt ans

En fait quarante tant

Ses luttes, ses livres

L’ont rendue forte quand

La Beauté n’est qu’Orgueil.

 

L’autre de Mexico

A l’air d’avoir cent ans :

Sa seule fille est morte.

Son fils est un fardeau

Mais son œuvre est immense !

N’oublie pas la Beauté,

Hisse haut ton amour

Jusqu’aux dieux, loin des armes.

Quand la misère est grande.

La Beauté n’est qu’Orgueil.

 

Vais-je porter la Chine

Et la Russie, les armes

Nucléaires, moi qui

Aime encore chanter ?

 

 

 

Inédit

 

 

 

Principales œuvres de Camille Aubaude


1985 - Lacunaire (poèmes)

1991 - Isis 1-7 (poèmes, 7 volumes), 

- Anamorphoses d'Isis (doctorat, dirigé par Julia Kristeva)

1993 - Lire les femmes de lettres (essai)

1997 - Gérard de Nerval et le mythe dIsis. Préface de Claude Pichois (essai) 

- Le Voyage en Égypte de Gérard de Nerval (essai)

2000 - Anankê ou la Fatalité (poèmes)

2002 - La Maison des Pages. Préface de Claude Vigée (récit)

2003 - Ivresses dÉgypte (poèmes et proses)

- Poésies d’amour de Christine de Pizan (choix des poèmes, traduction et préface)

2004 - LÉgypte de Gérard de Nerval (recueil d'articles)

2005 - Gallia (récit)

2007 - Poèmes d'Amboise

2009 - Chant d’ivresse en Égypte, avec les lithographies de Danielle Loisel (poème, livre d'artiste) 

- La Sphynge (poèmes)

2010 - Poèmes satiriques

2011 - Poemas de la Morada de las Paginas, (traduits par Rosario Valdivia et accompagnés d’un dessin de Gaëtan Brizzi)

- Le Promeneur du Mont aux Vignes, suivi du Tabernacle (poème et aphorismes, livre d’artiste avec Vivian O’Shaughnessy)

- Io, la Vache sacrée pyllion en prose, livre d’artiste avec Vivian O’Shaughnessy).

2012 - Ballades ; Lorelei et la Lorelei du Nil ; La colère d’Ariane (poèmes et épyllions, livres d’artiste avec Vivian O’Shaughnessy)

- L’Ambroisie pyllions en prose, poèmes…)

- Poèmes choisis (mini-livre)

- Le Messie en liesse(poèmes).

 

 

Camille Aubaude-photo-livre©Crédit photo : Couverture - Le Messie en liesse

 

Lire la première partie ...

 

Pour citer ce texte


Patricia Godi et Camille Aubaude, « Voix contemporaines. Conversation entre Patricia GODI et Camille AUBAUDE à l'Université de Clermont-Ferrand, Centre de Recherche sur les Littératures et la Sociopoétique (CELIS), 2012 » 2ème partie, in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-voix-contemporaines-2eme-partie-116974425.html/Url.http://0z.fr/nSEX2

 

Auteur(e)s


Patricia Godi & Camille Aubaude

 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

 

Invitation à lire

 

Françoise Urban-Menninger & la mer :


une passion décryptée par le poète Éric

 

 

 

 

Vient de paraître dans la presse écrite


Dans la rubrique poésie : « La mer, ventre ouvert. Poèmes inédits de Françoise Urban-Menninger » dans le quotidien CENTRE PRESSE, Le Journal de l'Averyron, n° 90, 31 mars 2013 avec une critique signée Éric Guillot et une biographie de l'auteure, url. https://fr-fr.facebook.com/CentrePresseAveyron


 

Tous nos remerciements vont aux poètes Éric Guillot, Françoise Urban-Menninger et au journal CENTRE PRESSE pour leur aimable autorisation de l'affichage de cette parution en version pdf sur ce site !

 

 

http://www.editions-harmattan.fr/catalogue/couv/j/9782296543546j.jpgÉric Guillot est poète contemporain et journaliste au quotidien CENTRE PRESSE à Rodez où il anime depuis mars 2001 la Rubrique Poésie dans l'édition magazine du dimanche. Il est l'auteur de Neuf poèmes d'amour, Dessins de Gaston-Louis Marchal et Préface de Françoise Urban-Menninger, éd. L'Harmattan, 2011 (url. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33704). 

Blog

Url.http://poesieadaujourdhui.midiblogs.com

 

 

Notre avis


Le Pan poétique des muses salue l'excellent travail journalistique d'Éric Guillot et mesure son importance pour la diffusion de la poésie dans la presse écrite généraliste de sa région et plus particulièrement pour la visibilité des femmes poètes.  

 

 

Pour citer ce texte 


« Françoise Urban-Menninger & la mer : une passion décryptée par le poète Éric Guillot », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-fran-oise-urban-menninger-la-mer-une-passion-decryptee-par-le-poete-eric-guillot-116951588.html/Url. http://0z.fr/CL2tZ

 

 


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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

Contribuer au numéro inaugural de la revue   

 

Comment S'en Sortir ?  

 

consacré au "féminisme noir"

 

(trad. "Black feminism")    

 

   


 

Résumé 


Depuis la France, « féminisme noir », c’est initialement la traduction du Black feminism, de ses outils politiques et théoriques. La circulation transatlantique et la réception de ce corpus nous permettent de décentrer nos cadres traditionnels d’analyse et d’actions. Elles nous invitent à construire et à multiplier nos héritages, ceux des mouvements, des pensées, des luttes de nos mères, de nos sœurs, de nos compagnes, au cœur des territoires dominés et effacés par les dynamiques impériales.


Dans le contexte politique français d’une offensive raciste menée au nom d’une prétendue politique d’égalité des sexes, la cartographie des recherches et des mouvements féministes s’est reconfigurée selon de nouvelles fractures. Dans ces polémiques, nos corps, nos teints, nos vêtements, nos lieux de naissance et de résidence, nos sexualités, nos religions et nos langues ont revêtu de nouveaux pouvoirs, qualifiants et disqualifiants, légitimant et délégitimant nos discours. Nous avons parfois brandi nos « peaux scandaleuses » (Roberte Horth) comme un étendard pour devenir audibles au risque de blanchir, racialiser nos adversaires ainsi que nos traditionnelles allié·e·s, et se prendre au piège de la « maison du maître » (Audre Lorde) et de ses délimitations racistes. Nous les avons parfois masquées pour élargir le champ des coalitions possibles au risque de devenir invisibles. Ces apories nous engagent à poursuivre la déconstruction des dichotomies imposées par le « solipsisme blanc » (Adrienne Rich), en exhumant des féminismes refoulés, enfouis et ignorés qui le contestent. Ce numéro inaugural de Comment S’en Sortir ? intitulé « Du côté obscur », voudrait bâtir des passerelles et des ponts (Cherrie Moraga et Gloria Anzaldùa), en puisant dans ces féminismes noirs des pratiques théoriques, des postures politiques, permettant de déjouer les cadres d’analyse et d’actions dominants qui appauvrissent notre expérience et condamnent nos luttes en les épuisant dans des antagonismes fratricides/sororicides.


Les auteur·e·s sont invité·e·s à proposer des articles qui donnent à voir des mouvements féministes engagés contre l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme et le racisme, et à témoigner des multiples origines historiques, géographiques et politiques des féminismes noirs. Il s’agit de répertorier et d’étudier les stratégies et les tactiques mises en œuvre par des féministes sous la contrainte du racisme, de saisir comment elles déplacent, déjouent, renversent, segmentent, enfoncent les lignes chromatiques de la race. Il s’agit de multiplier les héritages féministes obscurs, masqués, grimés, voilés, tels que celui de Solitude, de Fathma N’Soumer, d’Awa Thiam, de Julia Cooper, d’Emma Goldman, des sœurs Nardal. Il s’agit d’analyser les processus de dominations, de résistances, de migrations qui les colorent et décolorent, rétractent ou amplifient l’espace des solidarités possibles.


Dates limites et contact
  • Date limite de réception des propositions d’articles : 15 avril 2013
    Notification de la première phase de sélection : 30 avril 2013
  • Date limite d’envoi des articles complets pour double évaluation à l’aveugle : 31 juillet 2013
    Acceptation définitive des articles : 15 septembre 2013
  • Publication : Octobre 2013

Les propositions d'articles sont à envoyer à redaction@commentsensortir.org avant le 15 avril.

Consignes aux auteur-e-s : http://commentsensortir.org/cfp/charte-editoriale/


 
*****************


The english version


"We are pleased to present to you our call for papers (see attached) for the inaugural issue of the journal Comment S’en Sortir? http://commentsensortir.org/ We look forward to receiving your proposals. 

 

Summary 


In France, "féminisme noir" refers first of all to the importation and translation of the Black feminist tradition, with its politics and theoretical toolbox. However, the transatlantic circulation and reception of these tools deploy different Black feminist issues here. Translations have affected and overwhelmed the economy of Black feminism. They have reinvented this tradition and de-centered our own long-established theoretical frameworks. Black feminism is a legacy that questions and sets us in motion; however, this legacy meets our own legacies transmitted by our social movements, our thoughts, and our mothers’/sisters’/partners’ struggles in the territories that have been literally erased by mainland France. What about this overseas feminism? Between legacy and fantasy, oblivion and reconstruction, return of the repressed or restoration of a “truth”: Black feminism must be approached from the perspective of a political temporality that is non-linear, split-up, and constellar. 


We inherit an approach: our task is to investigate and question our societies as they are held and divided by racist, sexist, and capitalist power relations. The reception of Black feminism has led to a reflection about our social location and our positioning, about our individual and collective imperial history, about the sexual and gendered dimensions of racist and migration policies. In the French political context of a racist offensive led in the name of so-called feminism, those questionings have reconfigured the cartography of feminist research and feminist movements. While actuating a return of the colonial repressed, they divided feminists along new splits such as “queer” and “indigenous”, “secular” and “submissive”, “black” and “white”, but also “deep black” and “high yellow”. Because of these polemics, our bodies, our complexions, our clothes, our places of birth and residence, our sexualities, our religions and our languages have acquired new empowering or disempowering qualities, thus legitimizing or delegitimizing our discourses. We have sometimes put on our “objectionable skins” (Roberte Horth) as a way of becoming audible, with the danger of racializing both our adversaries and our traditional allies by rendering them “white”. Thus, we were trapped in the “master’s house” (Audre Lorde), within its racist delimitations. We have sometimes masked our complexions in order to widen our coalitions, exposing ourselves to the risk of becoming invisible.


Given these aporias, we are committed to carrying on the deconstruction of the dichotomies imposed by the “white solipsism” (Adrienne Rich) in feminist thought. We are committed to exhuming repressed, buried and ignored feminisms that contest this white solipsism.

Authors are invited to submit articles exploring the feminist movements committed against slavery, colonialism, imperialism, and racism, providing evidence of the multiple historical, geographical, and political origins of Black feminisms. We are looking for articles that index and study the tactics and strategies actuated by feminists under the pressure of racism: how do they shift, foil, invert, split, or stave in the color lines? How do they smash racialized relationships and categories such as “Muslim”, “Asian”, “oriental”, “veiled”, “Roma”, “Arab”, “African”, “immigrant”, etc., as well as and their corollaries, “European”, “occidental”, “secular”, “French”, and what does such a smashing imply? It is a matter of multiplying the legacies of obscure, masked, veiled, and darkened feminisms, such as those of Solitude, Fathma N’Soumer, Awa Thiam, Julia Cooper, Emma Goldman, and the Nardal sisters. It is a matter of analyzing the processes of dominations, resistances, and migrations that color or discolor, retract or magnify the location of possible solidarities. This inaugural issue of Comment S’en Sortir ? entitled “From The Dark Side” aims to build walkways and bridges (Cherrie Moraga and Gloria Anzaldùa), alliances and coalitions; it aims to draw upon Black feminisms’ theoretical and political tools that allow us to thwart the oppositions, hierarchies, splits, and aporias that impoverish our experience and condemn our struggles.

Dealines and contact
  • Deadline for submitting proposals: April 15, 2013
    Acceptance decisions will be communicated by April 30, 2013
  • Deadline for sending complete articles: July 30, 2013
    Definitive acceptance: September 15, 2013
  • Publication: October 2013

Proposals should be sent before April 15 to redaction@commentsensortir.org

Authors' guidelines: http://commentsensortir.org/cfp/charte-editoriale/editorial-charter/

 

 

 

 

Pour citer ce texte


«  Contribuer au numéro inaugural de la revue Comment S'en Sortir ? consacré au "féminisme noir" (trad. "Black feminism") », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-appel-a-contribution-de-la-revue-comment-s-en-sortir-116951301.html/Url.http://0z.fr/0SsC5

 

 
 Comment S'en Sortir? (url. http://commentsensortir.org/)

Document pdf : Contribuer au numéro inaugural de la revue Comment S'en Sortir ? consacré au "féminisme noir" (trad. "Black feminism")

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

 

Appel à communications

 

pour la journée d’étude du 16 janvier 2014

 

 

« Mères, épouses, filles de médecins ou de chirurgiens

 

(XVIIIe siècle – début XXe siècle) »

 

organisée par la thématique Santé et Société

 

(Framespa, Univ. Toulouse II)

 

   


 

Date limite : avant le 31 mai 2013 

 

 

 

Résumé


 

Appel à communications pour la journée d’étude « Mères, épouses, filles de médecins ou de chirurgiens (XVIIIe siècle – début XXe siècle) » organisée par la thématique Santé et Société (Framespa, Univ. Toulouse II). Les intervenant-e-s étudieront l’évolution de la place et de l’influence des mères, épouses et filles de médecins ou de chirurgiens à une époque charnière au cours de laquelle s’affirme le pouvoir social, économique et politique des thérapeutes, tandis que les femmes restent à l’écart de ces métiers. Elle se déroulera le jeudi 16 janvier 2014 à l’Université Toulouse II le Mirail.

 

 

 

Argumentaire

 


 

Cette journée d’étude entend revenir sur l’évolution de la place et de l’influence des mères, épouses et filles de médecins ou de chirurgiens à une période charnière au cours de laquelle s’affirme le pouvoir social, économique et politique des thérapeutes, tandis que les femmes restent à l’écart de ces métiers (Madeleine Brès, la première femme médecin française, obtient son diplôme en 1875). Il s’agit de proposer un autre regard sur la médicalisation de la société, centré sur des actrices méconnues, restées dans l’ombre de leurs fils, époux ou pères. Les études incluant les rapports de genre seront privilégiées. Si ce thème s’inscrit dans une dimension clairement historique, les approches littéraires, sociologiques ou anthropologiques sont également les bienvenues.


Différents volets, non exhaustifs, peuvent être explorés ou se croiser :

  • le rôle tenu par les femmes dans la pratique professionnelle de leurs fils, époux ou père : influence sur leur carrière, l’agrandissement et la qualité de leur patientèle, leur réseau professionnel…
  • leurs réticences ou leurs engagements pour la promotion des préceptes de santé : rôle de soignantes, d’intermédiaires culturelles, type de soins dispensés, pratiques charitables…
  • l’incidence de la profession de leurs époux sur leur vie privée : conseils médicaux dispensés par les époux, impact des contraintes professionnelles sur leur existence…

 

 

Proposition de communications


Les propositions de communications doivent être soumises sous la forme d’un résumé de 3000 signes maximum (contenant notamment une présentation des sources sollicitées et des principaux axes de recherche) et parvenir avant le 31 mai 2013, par voie électronique, à l'adresse suivante : nahema.hanafi@gmail.com

Les auteur-e-s seront informé-e-s de la décision du comité scientifique avant le 31 juin 2013.

 

 

 

Comité scientifique

 


 

Sylvie CHAPERON, professeure d’histoire contemporaine, Univ. Toulouse II, Framespa

Didier FOUCAULT, professeur d’histoire moderne, Univ. Toulouse II, Framespa

Nahema HANAFI, docteure en histoire moderne, Univ. Toulouse II, Framespa

 

 

 

Pour citer ce texte

 

«  Appel à communications pour la journée d’étude du 16 janvier 2014 ''Mères, épouses, filles de médecins ou de chirurgiens (XVIIIe siècle – début XXe siècle)'' organisée par la thématique Santé et Société (Framespa, Univ. Toulouse II) », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013. 

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-epouses-filles-de-medecins-ou-de-chirurgiens-116951148.html/Url.http://0z.fr/eazzA

 

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