23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 

 

 

Silence

 


 

 

 

J’embrasse le silence et ses réminiscences,
Ses lèvres au goût âpre, son parfum si futile,
Je ressens ces frissons et cette douce impuissance,
Et mes tendres sentiments ne tiennent qu’à un fil.

 

 

 
La tristesse fait rage, dans ce royaume divin,
Réitérant sans cesse sa promesse perfide,
Sans remords elle offre mon âme au malin,
Abreuvant sans répit son gosier si avide.

 

 

 

Orphary


 

 

 

 

 


Décadence

 

 

 

 



Au fil du temps, les roses, lentement
Douces et frêles peignent l'amertume
Peines et regrets ne sont plus maintenant
Que des poussières sur les vagues telles l’écume.

Les sentiments délaissés, oubliés
Ont été exilés de la mémoire
Mais leur séjour a laissé des effets
Qui réapparaissent par malheur le soir.

Terre d’exil des âmes compagnes
Leur cœur accueille ces nouveaux arrivants
Les prisonniers se prélassent dans le bagne
Puis s’évadent dans la nuit en chantant.

La folie, grande princesse des ombres
Séduit la victime et lui creuse une tombe
Les âmes s’épouvantent
Lassées de leur attente
Et apportent
Leur aide à la
Mort.

 

 

 

 

Orphary

 


 

 

 


 


Adieu

 


 

 

 

 

Adieu douce insouciance, repose en paix ma chère
Compagne des premiers jours, heureuse voyageuse
Étrange créature, tu avais tout pour plaire
C’est au bord de l’eau que tu sommeillais, rêveuse.
 
Adieu douce insouciance, repose en paix ma chère
Déesse solitaire dansant dans mon esprit,
Prêtresse de l’enfance, pauvre âme éphémère
Complice de mon cœur tu m’as déjà trahie
 
Adieu douce insouciance, repose en paix ma chère
Douce amie de l’aurore,  magicienne de l’écume
Tu ornais mon berceau de ta poussière nacrée
Glissant du ciel doré frêle comme une plume
 
Adieu douce insouciance, repose en paix ma chère
Je t’oublie, tu n’es plus qu’un lointain souvenir
Idées, pensées, regrets, achèvent cette ère
Adieu insouciance, il est temps pour moi de fuir

 

 

 

 

 


  Orphary


 

 

 

 

 

 

 

Pour citer ce(s) poème(s)



 

 

Orphary, Silence, Décadence, Adieu  , (poème(s) reproduit(s) avec l’aimable autorisation   de l’auteure), in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/Co33m       ou 

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-0-poemes-d-orphary-85418002.html

 

 


 


 

 

 

 


Pour visiter le site de l'auteur(e)


 
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Auteur(e)




  Orphary



 



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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 


 


 

Une Lyre du temps

 

 

 

 


Je n’écris plus comme avant,

Je murmure des mots émouvants

Au je féminin de mon être.

Je n’écris plus comme avant,

J’emprunte le ciel touffu

Et en fabrique des tas de plis,

Je me replie sur moi-même.

 

 

 

 

J’embellis l’espace des tracas poétiques tressés au creux du langage,

Là où les sens se propagent, puis s’engagent dans le tourbillon des rêves…

Une diaule apparaît et façonne la glaise…

 

 

 

Quand la diaule s’empare de mon corps,

Le cor des supports qui blesse,

Je me nomme en Esse

Et je m’oublie en Isme.


 

Quand la diaule s’envole,

Les larmes exultent et triomphent de moi.

Toi, tu es…

La diaule des jours, l’enfant qui ne viendra plus,

L’instant qui enlace les larmes

Puis les macère dans l’air…

 

La mort est là…

Palpitante, agaçante, repoussante, aimante…

La mort est là…

Un trop-plein déguisé en trompe-l’œil,

Un essor du support qui suit mon être là où il ne peut plus être.

Un presque rien formé de presque tout.

 

 

Si les mots s’attirent comme des aimants, l’effort poétique reste la chaîne qui les enchaîne dans le langage.

Les mots dégoulinent du moi, ressassent l’histoire du vivant, défait ses cultures puis happe son essence quand la balance ne génère que des chiffres…

 

 

 

Une larme en mot fragile frappe à ma porte, entre puis se loge au fond…

La diaule enchanteresse fait des prouesses et déclanche des torrents d’émoi.

La mort est là…

Belle, charnelle, palpitante, parlante, fatale,

Secrète, muette, en quête du sens de la vie.

Je vis en cor mais elle aussi,

Vit en moi.

Sans les mots, j’erre sur Terre

Je pèse les sens sur la balance éphémère du temps,

Puis je m’émeus du vent…

 

 

 

 

 

 

  [Poème inédit]

 

L’Après

 


 

 

En papyrus le je sort de mes moi

J'erre sur Terre

Malade d’être moi-même

D’être des sources de souvenirs ruisselants

En larmes de crocodiles

N’être qu’un être

Qui naît pour mourir

Et entre temps, souffrir…

Lasse de temps des regrets,

Qui se propulse en reflets

Saillants sur le visage

Il m’engage dans les rouages

Des lassitudes…

 

N’être qu’un être

Qui naît pour mourir

N’être que ses soupirs

Traduits en sourires

Pourquoi naître si ce n’est

Pour mourir de l’auparavant

Du temps…

L’Après m’appelle de son au-delà :

Viens, viens, enfin,

Viens.

Ô Petite fille de mon lendemain

Si futile, viens enfin…

 

 

 

 

 

 

[Poème inédit]

 

Méduse

 

 


 

 

Disons adieu

Pars et laisse mon corps

Sur son nouveau support

Un morceau musical rendu fatal

Pour lui-même.

 

Disons adieu

Le temps s’écroule

Noue la gorge nue,

D’une femme éphémère

Sévit au sein de l’enfer

Et qui, derrière le voile sommaire

De l’omnipotent Chronos,

Décompte en silence ses maux.

 

Disons adieu

Veux-tu

On dit d’elle qu’elle

Selon le mystère divin,

De je ne sais quel dieu,

Rend maudit celui

Qui la voit sourire

Et jeter un regard avare

De ses deux yeux barbares

Sur tout ce qui l’entoure.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour citer ce(s) poème(s)




 

Dina Sahyouni, Une lyre du temps, L'Après, Méduse , in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/Fsy-y                                ou   URL. 

 

 

 

 

 

 



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Auteur(e)

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 


 

 

 

 

 

 

Alma Rosé !! 




Camp Birkenau
Plus aucun mot !
Noir barbelé
Corps entassés
Calme funeste
Odeur de peste !
Crisse la cendre !
Naître ou comprendre
Gronde tonnerre !
Brûle l'enfer !
Peur indicible
Saigne la bible !
Ces dépouillés
Ces humiliés
Femme, Homme, Enfant
Anges vivants 
Persécutés !
Assassinés !
La mort qui danse !
En délivrance
La bête immonde
Crève ce monde !
Yeux de satan
Fixent le temps
Croix englouties
Alma survit !
Vienne en violon
Fuis l'abandon
Ses doigts de fée
Vibre l'archet !
Sonate en " cri "
Sauve ces vies !
Son, pour parole
Tremble geôle !
Son nom s'inscrit
Jamais l'oubli 

 

 

 

 

 

Pour citer ce(s) poème(s)

 

 

 

 


Bruno Krol, Alma Rosée !!  (poème reproduit avec l’aimable autorisation   de l’auteur), in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/YBOKM     ou                URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-0-poeme-de-bruno-krol-85225219.html

 

 


 

 

 



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Auteur(e)





 Bruno Krol

 

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:37

 

 

 

 

La petite fille aux allumettes

 

 

 

 

 


Parfois, dans la splendeur d'un soir
En fumant votre cigarette
Peut-être pourrez-vous la voir
Faire craquer une allumette
 
Égarée dans le turbulent
Appuyée sur ses rêves bleus
Recroquevillée sur un banc
Cherchant à réchauffer ses yeux
 
Et, sa brindille au bout des doigts
Elle laissera parler la flamme
Qui viendra attiser l'émoi
Qu'elle transporte au fond de l'âme
 
Moi, je l'ai aperçue, un soir
C'était Avril, il faisait froid
Ses yeux n'étaient plus que miroirs :
Il avait gelé ce jour là
 
A l'ombre de l'arbre incliné
Trois petits feux étincelaient
L'originel et les reflets
Au creux des yeux se confondaient
 
Mais soudain un vent maladroit
Rendit plus éphémère encor
La vie du petit bout de bois
Qui se noircissait dans la mort
 
Alors ses yeux de terre sienne
Se laissèrent envahir de nuit
Comme un volet dont les persiennes
Savent dissimuler la vie
 
Elle leva les yeux doucement
Pour leur éviter de pleurer :
A l'embrasement du couchant
Elle faisait face, abandonnée...
 
Des flammes tant qu'elle en voulait
Se débattaient sur le coteau
Un volcan céleste brûlait
Les meurtrières du château
 
Et du cratère rougeoyant
S'échappaient de grands oiseaux noirs
Ses yeux, tout en se rassasiant,
Brûlaient d'un invincible espoir...
 
A la mort de l'astre de vie
Elle venait chercher la lumière
Son cœur luisait dans l'incendie
Et elle baissa les paupières...

 


Jodelle

 



 

Une année sabbatique 

 

 



Seule une année de peine a mon destin transi :
Douze mois conjugués en aride saison…
Un corps parcheminé luttant pour sa raison,
Tant d’obscurs traitements talonnent l’amnésie.
 
Douze mois conjugués en aride saison,
Des foulards chamarrés pour seule fantaisie ;
Tant d’obscurs traitements talonnent l’amnésie
Dans les couloirs blanchis de blouses en foison.
 
Des foulards chamarrés pour seule fantaisie,
Je caresse des mains ce rêve de toison ;
Dans les couloirs blanchis de blouses en foison,
De moins vivants encor j’ai frôlé le déni.
 
Je caresse des mains ce rêve de toison,
Au front des compassions, j’inspire et je souris ;
De moins vivants encor j’ai frôlé le déni :
Les mains entrelacées en votive oraison.
 
Au front des compassions, j’inspire et je souris,
Je badine à l’affront des viles perfusions !
Les mains entrelacées en votive oraison,
Je déverse mon fiel et maudit l’agueusie !
  Je badine à l’affront des viles perfusions,
De l’astre Lucifer je combats l’étisie.
Je déverse mon fiel et maudit l’agueusie !
Je resterai d'aplomb face à cette invasion.
 
De l’astre Lucifer je combats l’étisie,
Dans l’estival hiver niche la guérison ;
Je resterai d'aplomb face à cette invasion,
Tant de miroirs confus me renvoient un sosie.
 
Dans l’estival hiver niche la guérison :
Je m’éveille à demi, surprise du sursis,
Tant de miroirs confus me renvoient un sosie
Mais voici les beaux jours, temps de la frondaison.
 
Je m’éveille à demi, surprise du sursis,
L’aube est au pied du lit, frêle comme un oison
Mais voici les beaux jours, temps de la frondaison :
Je relève les yeux sous des cheveux blanchis.
 
L’aube est au pied du lit, frêle comme un oison ;
Revenant de galère en esclave affranchi,
Je relève les yeux sous des cheveux blanchis :
Enfin, je vois le bout d’une morte-saison…
Revenant de galère en esclave affranchi,
Ma tête, sous la pluie, offre un discret frison ;
Enfin, je vois le bout d’une morte-saison :
Seule une année de peine a mon destin transi…

 

 

 

Jodelle

 

 

 

 

 

 

 

Pour citer ce(s) poème(s) 




 

Jodelle, La petite fille aux allumettes, Une année sabbatique, (poème(s) reproduit(s) avec l’aimable autorisation   de l’auteure), in Le Pan poétique des muses|Revue de poésie entre théories & pratiques : « Poésie & Crise » [En ligne], n°0|Automne 2011, mis en ligne en octobre 2011. URL. http://0z.fr/25avO                 ou  URL. http://www.pandesmuses.fr/article-n-0-poemes-de-jodelle-85225157.html

 

 

 

 

 

 



Pour visiter le site de l'auteur(e) 


  
http://www.jodelle.pleindepages.fr/

 



Auteur(e) 





Jodelle




 




 

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