19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 09:25

 

Bémol artistique pour le numéro de la 1ère thématique

 

 

Lydie Bonnaire, Christine Gurtner,

 

Colette Simonnet exposent à la Galerie

 

La Ligne Bleue à Sélestat

 

 

Françoise Urban-Menninger

Blog officiel : L'heure du poème

Photos de l'exposition par Claude Menninger

 

Dans un espace empreint de charme où les œuvres d'art côtoient les trouvailles chinées par les galeristes Virginie et Philippe Zamolo, deux femmes artistes peintres et une sculptrice interrogent l'éternel féminin pour mieux le démystifier.

 

© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger

© Photos de l'exposition par Claude Menninger

Lydie Bonnaire et Christine Gurtner, toutes deux peintres, travaillent en toute amitié dans le même atelier à Fontenay-sous-Bois. Leurs œuvres dialogues et s'enrichissent mutuellement.

Lydie Bonnaire, antérieurement costumière de cinéma, s'est lancée de manière autodidacte dans un une recherche picturale qui a partie liée avec les photographies du siècle dernier dont elle avoue s'inspirer. Les poses hiératiques de femmes dont le visage semble avoir effacé toute expression, contient bien au contraire une violence muette qui affleure sous la peau.

Ces visages qui surgissent de son inconscient, Lydie Bonnaire leur attribue les prénoms de personnes de son entourage qu'elle redécouvre dans sa peinture. Laura, Salomé reviennent avec toujours la même petite musique triste et nostalgique. Quant à Sabine, l'une des sœurs de l'artiste, elle est cet être fragile dont le cri muet, la souffrance perceptible, transcende la toile. On songe également au film bouleversant que la comédienne Sabine Bonnaire a consacré à cette même sœur autiste…

Indéniablement, les femmes de Lydie Bonnaire nous parlent, elles touchent en nous notre part d'ombre jusque dans cet indicible qui confine au silence !

© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger

© Photos de l'exposition par Claude Menninger

 

Christine Gurtner s'est formée aux Arts Décoratifs de Strasbourg et à Esmod à Paris. Elle a longtemps côtoyé et œuvré dans le milieu de la haute couture avant de devenir professeur à la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. C'est dire que son parcours explique sa quête sur la toile quant à cette seconde peau qui n'est autre que le vêtement qui cache et révèle dans le même temps le corps féminin. Peu importe la personne qui revêt la robe ou le manteau, celle-ci n'a pas de tête ! À n'en pas douter c'est le port qui compte car l'objectif de Christine Gurtner est d'élever le vêtement au rang d'art.

 

Ainsi la petite robe noire cintrée est-elle magnifiée par les perles noires lustrées d'un long collier qui réverbèrent la lumière. « Le manteau de paradis » ou « Le pull vert » laissent entrevoir des fragments de corps, les pieds finement chaussés en noir semblent prêts à danser ou même à faire des pieds-de-nez sur les toiles… Car l'humour décalé fait aussi partie de la panoplie de l'artiste ! Le chapelet dont l'extrémité n'est autre qu'un petit revolver est un clin d'œil à l'un de ses anciens élèves, Baptiste Viry, aujourd'hui directeur artistique chez Emmanuelle Khanh.

Les sacs immenses, véritables boîtes de Pandore, les gants assortis sont autant d'accessoires indispensables pour mettre en scène une esthétique où ces femmes rêvées traversent le tableau et notre imaginaire, emportant nos fantasmes dans leur sillage…

 

 

 

 

© Photos de l'exposition par Claude Menninger
© Photos de l'exposition par Claude Menninger

© Photos de l'exposition par Claude Menninger

Colette Simonnet a enseigné les arts plastiques en Alsace où elle expose régulièrement ses sculptures depuis 2007. Ses corps en terre cuite sont réalisés à partir de modèles vivants. Tout en rondeurs, ces corps nus, le plus souvent féminins dégagent une sensualité qui génère l'apaisement et une sensation de profonde plénitude. Les femmes de Colette Simonnet, assises ou à plat ventre, semblent observer de manière impassible, sans agressivité aucune, le monde qui les entoure. Elles tissent des liens invisibles entre les toiles de Lydie Bonnaire et de Christine Gurtner.

Elles règnent, Vénus somptueuses, voluptueuses, bien dans leur chair et dans leur esprit, dans un univers où toute contrainte a été abolie. À la fois intemporelles et universelles, elles nous offrent la part belle de l'éternel féminin !

 

***

 

Exposition à découvrir jusqu'au 5 juin

Galerie La Ligne Bleue

http://www.galerie-art-ligne-bleue.com/

1 A rue Sainte-Foy à Sélestat

Tél : 0388827816

 

***

 

Pour citer ce bémol

Françoise Urban-Menninger« Lydie Bonnaire, Christine Gurtner, Colette Simonnet exposent à la Galerie La Ligne Bleue à Sélestat », photos de l'exposition par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 19 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/Bonnaire-Gurtner-simonnet.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:15

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique :

S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

Une lueur dans les ténèbres

 

Hommage à Éva Fahidi

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Éva Fahidi a survécu aux horreurs indicibles d'Auschwitz où elle a perdu 49 membres de sa famille... Aujourd'hui cette Hongroise nous subjugue car à 90 ans elle monte sur scène pour danser ce qu'elle n'a pu dire par les mots en affirmant qu' « il n'est jamais trop tard » !

À l'occasion de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste et commémorée le 27 janvier dernier, Éva Fahidi a dansé « l'âme des choses » titre de l'ouvrage qu'elle a rédigé pour exorciser son passé.

Mais c'est surtout avec la danse qui n'est autre que le prolongement de la pensée et de la mémoire par le corps qu'elle en dit le plus long sur son vécu et qu'elle a pu enfin se déclarer « libérée du poids de la haine ». Après 50 années de silence, son duo avec Emese Cuhorka, dansé à guichets fermés, lui a redonné de nouvelles sensations qu'elle croyait à jamais perdues...

 

Cette expérience qui tient d'une forme de renaissance, Éva Fahidi a voulu la partager avec son public ému aux larmes auquel elle a crié : « Je suis vivante et j'aime la vie » !

 

À nous de perpétuer ce cri de lumière venu du fond des ténèbres, à nous d'y faire écho, à nous de danser à notre tour pour défier nos peurs, à nous de chorégraphier dans le poème cette grâce qui n'a de cesse de nous mettre au monde !

  

***

Voir également ces articles dans la presse :

 

Pour citer ce texte

Françoise Urban-Menninger« Une lueur dans les ténèbres. Hommage à Éva Fahidi », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 16 avril 2016. Url http://www.pandesmuses.fr/2016/04/une-lueur.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 13:08

 

Poèmes pour la 1ère thématique :

Errance, folie, drogues, alcools, poètes maudits, etc.

Au bord de notre cri, Femme démone,

Habitante de l'errance,

Jamais je ne suis entière, Le vertige d'être

& Signes invisibles

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Au bord de notre cri

 

 

Il arrive 
que sous la chair vive 
du bleu du ciel 
l'âme ouvre grand ses ailes 

des étoiles de lumière 
alors nous éclairent 
à même notre peau 
où mot à mot 

le poème s'écrit 
au bord de notre cri 
dévoilant sous nos paupières 
une nouvelle lisière 

 

***


 

Femme démone

 

 

Femme démone 
reine des pommes 
la parole je te donne 

siffla le serpent 
en ouvrant tout grand 
les portes du temps 

Eve ne se fit pas prier 
elle descendit de son pommier 
avec un plein panier 

de fruits défendus 
la cuisse fendue 
et la langue bien pendue 

pour offrir au verbe 
trop longtemps acerbe 
la part belle de sa superbe

 

 

***

 

 

 

Habitante de l'errance

 

 

Habitante de l'errance 

j'aime la transparence 

de l'onde claire

qui m'inonde de lumière 

 

je traverse des poèmes de clarté

où les mots sont jetés

tels des ponts suspendus

entre les âmes nues


 

***

 

Jamais je ne suis entière

 

 

Jamais je ne suis entière 
car une partie infime de moi 
reste oubliée ici ou là 

dans ma chambre ou ma cuisine 
dans un parc ou un jardin fleuri 
au milieu d'un livre de poésie 

sur une vague au loin 
sur un nuage parfois 
au fond d'un étang souvent 

jamais je ne suis entière 
je ne peux être une 
car je suis multiple 

et me divise en poussière d'étoiles 
au soleil des mots 
qui me composent et me recomposent 

 

 

 

 

***

Le vertige d'être

 


 

 

 

Plus légère qu'une bulle

ma pensée se dissout

dans le bleu vif de l'air


 

entre le ciel et moi

le vertige d'être

n'est plus qu'un souffle


 

qui me tient immobile

au bord de ce rien

où naît parfois le poème

 

***

Signes invisibles

 

 

Passées les portes du silence 
il y avait le vide et l'absence 
qui emplissaient les lieux 

de ces signes invisibles aux yeux 
mais qui font danser les âmes 
même les plus profanes 

parfois le murmure de l'eau 
dans le poème à peine éclos 
devenait cette chanson de lumière 

où le visage de ma mère 
découpait une petite fenêtre 
où je venais renaître 

d'autres fois les ombres 
descendaient en nombre 
pour se mettre en ligne 

dans le corps de ma rime 
afin que toujours j'écrive 
sur les bords de l'autre rive 


                 

***

 

Pour citer ces poèmes

Françoise Urban-Menninger« Au bord de notre cri », « Femme démone », «Habitante de l'errance », « Jamais je ne suis entière », « Le vertige d'être » & « Signes invisibles », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 15 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/signes.html

 

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Mis en ligne par c. Bontron.

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 09:08

 

Poème pour la 1ère thématique :

Errance, folie, drogues, alcools, poètes maudits, etc.

 

 

Toute chose parle à travers toi

 

Paul Tojean

Blog officiel : http://poesieadaujourdhui.midiblogs.com/

 

 


 

Toute chose injuste parle à travers toi

 

La corde du silence

Le triomphe de la cruauté

L’Histoire et son cloaque

L’indifférence et le mépris

La barbarie.

 


 

Toute chose d'éclat parle à travers toi

 

L’orgue des printemps

Le mystère des parfums

Le langage des couleurs

Le murmure d'un chant toujours perpétuel

Le frémissement au toucher de ton corps

 

Toute chose parle à travers toi. Mon bonheur. Ma vie. Ma femme.


 

***

 

Pour citer ce poème

Paul Tojean, « Toute chose parle à travers toi », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 14 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/toute-chose.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 08:52

 

Poème pour la 1ère thématique :

Errance, folie, drogues, alcools, poètes maudits, etc.

 

 

Poème pour Camille Claudel

 

Lidia Chiarelli

Site officiel : http://lidiachiarelli.jimdo.com/

Crédit photo : portait de Camille Claudel  (image trouvée sur commons.wikimedia.org, domaine public)

 

 

Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente.

― Camille Claudel

 


 

(19 octobre 1943)

Corbeaux invisibles

flottants dans le ciel de la Provence

nuages denses

le vent s’enrage

et ouvre des fissures bleues


 

petite fille étonnée

seule, tu écoutes la voix du silence

et regardes les grandes flaques

et l’argile brune

cadeau précieux

que la pluie de la nuit

a apporté


 

pour la dernière fois

dans une lumière irréelle

de cette boue

des créatures étranges

s’animent

caressées

par ta main tremblante

abandonnée à leur vie


 

c’est alors qu’un calme inconnu

te saisit

et tu souris

infiniment libre

en ce matin d’octobre

à Mont des vergues

 

 

 

 

***

 

 

Notice biographique

 

Lidia Chiarelli est artiste, écrivain, idéologue et fondatrice du Mouvement artistique littéraire « Image & Poésie », url : http://immaginepoesia.jimdo.com/. Ses poèmes, nés de la passion pour l'écriture créative, ont obtenu de nombreux prix en Italie et au Pays de Galles, ont été traduits en plusieurs langues et ont été publiés dans des magazines et des sites web de poésie en Italie, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Corée du Sud, en Roumanie, en Albanie, en Pologne, au Chili, en Inde. Elle est aussi biographe et traductrice officielle italienne d'Aeronwy Thomas (Dylan Thomas’ daughter). Poète nommée pour le « Prix Pushcart » (États-Unis ) 2014, 2015 et 2016.Son premier livre est en vente sur Amazon : Lidia Chiarelli ''Immagine & Poesia - The Movement in Progress", A Cross-Cultural Communications Edition, 2013 - ISBN 978-0-89304-994-2

Site officiel : http://lidiachiarelli.jimdo.com/

 

***

 

Pour citer ce poème

Lidia Chiarelli, « Poème pour Camille Claudel », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 14 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/camille-claudel.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 13:22

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique.

 

Formes fixes de la poésie

 

Le trivers

Khris Anthelme

 

 

Le « Trivers » est un poème à forme fixe moderne. Il se compose de 3 quatrains en vers de 8 ou de 12 syllabes.

La création de cette forme fixe est de Guy Foulon (cf. Wikipédia)

Disposition des vers : ABAB - CDCD - EFEF

  • Le premier quatrain est composé de rimes masculines croisées

Soit : M1 M2 M1 M2

  • Le deuxième quatrain se compose de rimes féminines croisées

    Soit : F1 F2 F1 F2

  • Le troisième quatrain de rimes masculines et féminines croisées

    Soit : M3 F3 M3 F3

  •  

(M = rime masculine / F = rime féminine)


 

Exemples :

I - Le Trivers simple

 

L’éternité


 

Ce n’est qu’une pendule au refrain incessant,

Chu d’un éclat sinistre au décor des tombeaux,

Répétant ces deux mots sans cesse vous stressant ;

« Jamais, toujours », « Toujours, jamais », glaçant les os.

 

Il arrive parfois qu’une ombre exige l’heure,

Alors, une autre voix lui répond des ténèbres,

« Éternité, c’est bien ici qu’elle demeure »,

Et l’âme se rendort au son des chants funèbres.


 

Dans cette nuit lugubre et sourde aux geignements,

L’on entend des soupirs et des douleurs lointaines,

Des agitations, des retentissements

Qui s’élèvent encore au-dessus de nos plaines.

 

K_A (2009)


 

II - Le Trivers double


 

Fleur


 

Aussitôt qu’un printemps emporte l’horizon

Je pressens, j’entrevois que ce bel univers

De vermeil couronné, comme un diapason,

S’éveille de son rêve à m’exciter le vers

 

Pour grandir cet instant. Comme une récompense

Délivrant le berceau d’un hiver bien trop dense,

Chérissant ses trésors féconds en redondance.

Alors, tout sème au vent et jouit de naissance.

 

Tenace sur les temps, de ceux des plus éloignés,

Tant une fleur égraine un vent de poésie.

Des aèdes nombreux s’en sont toujours soignés,

Dame nature est leur ; sublime esthésie !


 

À la femme amoureuse mon for la comparant,

Demeure l’éternel aspect à se plier

D’un battement de cil, l’image analysant

Comme émérite aisance, elle est amour fruitier.


 

Souvent belle du jour, la nuit jamais ingrate,

Rien n’est plus gracieux, poétique elle épate

Pour dire au papillon, « Mon pastel s’acclimate,

Viens, tu peux te poser, ton aile est délicate ;


 

Sens, mon calice encore est tiède d’un baiser

Matinal du soleil ». Fragile nourricière,

Pour l’homme elle est espoir, jusqu’à mieux l’apaiser

Las d’avoir guerroyé, parfumant sa prière.

 

K_A (2009)


 

Il est ainsi possible de composer une pièce poétique avec autant de Trivers que l’on veut !

 

***

 

Pour citer ce texte

Khris Anthelme, « Le trivers », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/le-trivers.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:22

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique.

 

Critique & réception

 

Ferite a morte – Blessées à mort*:

 

quand la littérature guide les convictions profondes

 

ou comment réconcilier les féministes favorables à la question

 

de la violence faite aux femmes

 

et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien

 

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Il m’est difficile d’écrire sur ce livre tant il me bouleverse. Courageusement j’essaye. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand faudra-t-il que des femmes meurent pour que les hommes comprennent qu’une femme n’est pas un trou denté et dangereux mais un réceptacle doux qui transforme toutes les douleurs en merveilles ? Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand la défiance entre les sexes mènera à des catastrophes intimes (c’est aussi le sens des blessures dont il est questions : coups, plaies mais aussi blessures symboliques) que les femmes enfouissent en elles et qui, là, dans leur corps, s’enkystent comme des maladies dévastatrices ?

Jusqu’à quand le rôle de dirigeante de société, le rôle d’intellectuelle, le rôle de prêtresse sera considéré comme illégitime parfois même illégal et sera alors vécu par les femmes sous le régime de l’imposture ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand parlerons-nous de professeur ou d’auteur pour une femme ? Jusqu’à quand auront nous peur de ce petit « e » qui change tout, comme si les lettres étaient dangereuses ? Non les lettres ne sont pas dangereuses et le « e » d’ « auteure » qui dans notre revue revêt fièrement la majuscule est une nécessité linguistique, sociale, humaine.

 

À quand une femme papesse ?

À quand une femme Secrétaire Général de l’ONU ?

À quand une prophétesse ?

 

N’ayons pas peur de ce qui nous apparaît comme des folies…

Combien de temps encore aurons-nous à souffrir la violence des intégristes qui nous proposent des images de cadavres monstrueuses en lieu et place des amas de cellules dont nous avons avorté pour avoir droit à un destin choisi ?

Combien de temps encore entendrons-nous parler de mode « pudique » comme si la beauté ne pouvait pas, parfois, avoir la béance d’une indécence calculée, expression d’un désespoir : si nous ne montrons pas nos jambes, si nous ne grimons pas notre visage, si nous n’adoptons pas des pauses gracieuses, nous sommes considérées comme des sous-femmes. Combien de temps encore le désir des hommes sera un désir de possession physique et non pas le désir délicat de nous rendre heureuses et épanouies, physiquement, oui, spirituellement, affectivement mais au-delà des carcans où l’on nous enferme ?

Jusqu’à quand l’homosexualité féminine sera plus scandaleuse que l’homosexualité masculine : qui est gêné ? Toutes les femmes, j’en suis bien convaincue, toutes les femmes un peu sensibles, vivant des amitiés fortes avec d’autres femmes, se sont un jour posées cette question. Est-ce l’existence d’un membre atrophié qui fait peur ? Nos libertés sexuelles doivent être totales ! Celles des hommes, de fait, le sont, bien qu’encore on assiste à des procès qui approuvent l’idée que « PD » n’est pas une insulte, comme si, là encore, c’était la féminité, celle d’un homme, qui faisait peur.

Jusqu’à quand ?

Le désespoir et la rage sont profonds, difficilement consolables. Dans ce livre, pourtant, j’ai trouvé de la consolation. Parce que c’est une femme qui porte la voix des autres femmes. Parce que c’est une femme qui traduit. Mais pas seule. Accompagnée de ces étudiants autant que de ses étudiantes. Parce que la représentation de ce spectacle théâtral aura lieu en Sorbonne (l’Académie française m’a pas encore ajouté de « e » mais la Sorbonne, déjà, se pose les bonnes, les très bonnes questions), dans la mise en scène d’un homme et avec la collaboration d’un autre homme musicien. Et que donc, oui, dans les plus hautes sphères intellectuelles de notre pays, il y a désormais de l’inacceptable. Voilà une très bonne nouvelle.

 

Mon émotion s’apaise. Écrire est magique. Et sans rage, sans excès, je suis désormais capable de recommander très chaleureusement à toutes les lectrices mais aussi à tous les lecteurs de Lppdm, la fréquentation de ce texte plein de profondeur, vous l’aurez compris mais aussi d’un humour ravageur et salvateur (on passe un délicieux moment à la lecture, on en sort revigoré, armé). La présentation qu’en fait la traductrice, Lucie Comparini, est exemplaire. Elle explique les origines d’un mot qui existe maintenant en italien de manière courante : le « feminicidio », le « féminicide » autour duquel s’articule une pensée complexe sur les violences faites aux femmes. Pour moi, ce mot a désormais un sens très large : est « féminicide » tout ce qui agresse la féminité, y compris celle des transsexuels.

Il faudra bien un jour que l’on comprenne qu’être femme est un privilège aussi rare que celui, comme disait Hémingway, d’avoir un cœur d’enfant. À savoir que la sacralisation légitime du corps des enfants doit aussi s’appliquer, maintenant, parce qu’il faut en passer par là, au féminin entendu comme concept très général : n’ayons plus peur des calices. Déposons-y des fleurs.

Vous avez compris que ce texte et la souffrance qui s’en dégage sont aussi une manière pour moi de réparer la violence reçue d’un homme, violence symbolique, purement symbolique mais insupportable, mais terrible, un homme, intellectuel de renom et poète. Ce texte est une victoire. Une vraie victoire.

Voici les termes de la victoire intellectuelle qu’il raconte. « Oui, bien sûr, le sexe est une réalité psychique. Vous avez raison. Oui, bien sûr, comme disait Aragon, « le vers n’est jamais si bleu qu’à sa brisure ». Vous avez raison. Mais vous m’avez brisée. Brisée. Même pas seulement blessée, brisée. Comme je suis de bonne composition, je vais de l’avant. Je me bats, comme d’habitude. Alors sachez qu’en m’agressant, c’est le féminin en vous que vous agressé. Que c’est vous-même qui ne vous êtes pas respecté. J’en retire des convictions. Violence faite aux femmes ? Gender studies ? Les deux mon capitaine. Peut-être n’offrirai-je pas des petites voitures à fille ou des poupées à mon fils mais il ou elle sera éduqué(e) dans le respect de la complexité de son âme. ». Voilà pour la vengeance, si tant que c’est de vengeance qu’il s’agisse. J’ai été, moi, éduquée dans l’idée du respect de l’autre.

 

Venons-en à ces fameuses convictions que je retire de mon expérience. Les féministes doivent se réconcilier. Judith Butler fait peur ? Sûrement. Mais elle est loin d’avoir complètement tort. Son combat, notamment en faveur de la transsexualité est admirable. La violence faite aux femmes, c’est en réalité la violence faite au féminin, en tant que réalité psychique. Avant d’être physique, elle est toujours, toujours symbolique. Parfois elle est les deux, comme un télescopage. Mais pour avoir vécu la violence symbolique, je sais qu’elle est aussi grave que la violence physique. Pensons à Delphine Horvilleur. Se battre pour qu’une femme, un jour, puisse être en charge de l’âme est une merveille. Et nier aux femmes des compétences en ce domaine est insupportable. Vous nous demandez d’être mères et nous refusez le droit de nous occuper de vous…

Quelle cohérence, amis de la pensée ? La violence faite aux femmes est un thème cher à celles que l’hystérie énerve ? Elles ont raison. Amies femmes, amies féministes, non ne soyons pas hystériques ou misandre. Nous méritons bien mieux que cela. Telle est l’idée qui se cache derrière ce thème récurrent du féminisme actuellement. Et elles ont raison aussi, les femmes qui ne demande qu’une chose : qu’on les laisse faire la vaisselle sans les agresser. Les combats du féminisme sont bien plus profonds que les questions d’organisation du couple. L’égalité salariale par contre, voilà un vrai combat. Un combat important. Le travail des femmes étant tout aussi important et utile que le travail des hommes, il mérite le même salaire. Évidemment aussi, il faut que les hommes puissent avoir de vrais congés partenité. Pour profiter autant que les femmes de leur enfant. Pour participer autant que leur compagne à son éducation qui dans les premiers temps (celui où l’on fait connaissance) est bien important. Être père, ce n’est pas déléguer à une femme le soin de l’éducation. C’est prendre sa part, pleinement sa part. Après, on peut bien sûr parler de la nécessité biologique pour les femmes de se reposer plus qu’un homme d’une grossesse et d’un accouchement. Le travail des femmes ? Simone de Beauvoir a à moitié raison. Le travail libère les femmes en ce qu’il leur permet d’accéder à l’égalité de traitement (le mot traitement est violent, à l’égalité, tout court). Mais le travail, parfois, non ne libère pas. Et certaines femmes faisant cette douloureuse expérience, parce que peut-être, un jour, il y a bien longtemps, elles ont transigé sur leur désir, ont le droit de rester chez elles s’occuper de la maison et du petit. Ce droit doit aussi être accordé aux hommes. Homme au foyer, forgeons l’expression, oui.

 

Voilà pour quelques convictions. D’autres pourraient apparaître. Ce sont celles qui me viennent. La conviction fondamentale qui guide les autres et que je continuerai à faire fleurir à l’occasion, c’est donc, je le répéterai, je le martèlerai, que la violence faite aux femmes est en réalité, profondément, une violence faite au féminin, à la fonction anthropologique du féminin, fonction anthropologique qui oui dérive d’une réalité de différenciation sexuelle mais qui oui, aussi, la dépasse.

 

 

* Ce livre est publié dans une version bilingue aux Presses Universitaires du Midi. L’auteure en est Serena Dandini, la traduction élégante, efficace, concise émane du groupe d’étudiant(e)s de l’UFR d’italien de l’Université Paris-Sorbonne, dirigé par Lucie Comparini. Une mise en scène de ce texte sera proposée à un public que l’on espère nombreux courant mai (plus d’information sur la page Facebook de l’Association Sorbonidea). Il a aussi été mis en scène par un groupe de théâtre universitaire à Toulouse. On ne saurait, vraiment, trop recommander aux parisiens comme aux provinciaux de se déplacer. Le texte est construit autour de plusieurs monologues qui offre une voix à des femmes victimes de féminicide, qui, des limbes, racontent, sans la moindre complaisance et avec humour et énergie, leur histoire.

 

 

 

***

Description du livre par la maison d'édition :

Ferite a morte / Blessées à mort par Serena DANDINI, Traduction collective des étudiants de l’UFR d’études italiennes de l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Lucie COMPARINI

Date de parution : 2016

Éditions : Les Presses universitaires du Midi (PUM) "sont un service commun de l’université Toulouse - Jean Jaurès (UT2J)".

Réf. : NOUI 12

Code SODIS : F408310

Format : 198 p.

Nombre de pages : 15 x 21 cm 198 p.

N° ISBN : 978-2-8107-0430-9

PRIX : 13.00 €

Présentation de l'éditeur :

« On avait le monstre chez nous et on ne le savait pas… » Dans un lieu indéterminé et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes décédées par « féminicide » : riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, rebelles ou soumises. Enfin délivrées de leur condition de victimes silencieuses, elles nous racontent, chacune par un monologue qui lui est propre, leurs histoires venues des quatre coins du monde : Italie, Mexique, Afrique, Inde, France, Japon…

Nous devenons ainsi témoins des drames provoqués par une société encore machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées, mais aussi par les stéréotypes et les conditionnements intérieurs. Les cas particuliers s’unissent et s’universalisent en une anthologie militante, lisible telle quelle ou théâtralisable, paradoxalement empreinte d’humour et d’ironie. Blessées à mort incite sans apitoiement le lecteur spectateur à réfléchir à la véritable condition de la femme – et de l’homme face à la femme – dans l’espoir d’agir sur le monde du XXIe siècle.

Auteure

Serena Dandini est auteure, journaliste et animatrice pour la télévision italienne. Elle crée dès les années 1980 des émissions radiophoniques et télévisées satiriques et innovantes où elle lance la carrière d’artistes femmes très populaires en Italie. Engagée politiquement, elle y aborde des thèmes comme le travail, la corruption, la sauvegarde de la planète. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte pour le théâtre, Ferite a morte (Rizzoli, 2013), inspiré de faits divers de violences subies par les femmes. Ce texte est encore aujourd’hui en tournée en Italie et dans le monde. Il est traduit pour la première fois en français.

Cf. Voir url : http://pum.univ-tlse2.fr/~Ferite-a-morte-Blessees-a-mort~.html

 

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay, « Ferite a morte – Blessées à mort*: quand la littérature guide les convictions profondes ou comment réconcilier les féministes favorables à la question de la violence faite aux femmes et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/blessee-a-mort.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:34

 

Poème pour la 3ème thématique :

Les animaux en poésie mineure ou le bestiaire des poètes

 

 

Mes animaux doux

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

Le dauphin (à A.F.)

L’ondée avive le vertige.

Pourtant le souffle ne perturbe ni l’allant ni la courbe. Se nourrit d’air, de bouffées et d’une vague.

Voltige, est prince, une brassée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accompagne l’autre en sa trouée, en sa promenade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arrondit la surface. Profond soleil, léger bambin.

Aller là où luit l’eau.

Et découvrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, caresser l’horizon à une touche, y puiser l’espoir d’être toujours et infini, le premier. Avant-gardiste ? Anachronique. Et utopiste. Le pionnier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se souvenir comme d’un trésor de la main croisée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, furtif. À l’âme éphémère. À l’élan temporel. Au flux parfait.

Liberté belle.


 

La biche (à F.D.G.)

Ma douce chemine en toute tendresse sur les sols, les terres, les lits, les mousses.

À sa venue, ploie une branche en hommage.

« Maman » dit le lierre. « Ma belle », toute la forêt. Et la clairière : « mon ange ».

Sautille, gambade, son air de rien, ses yeux fendus, ses chasses délicates.

« Ma douce », dis-je.

Elle se cache, ne veut pas qu’on la voit, préfère l’obscur et l’humide et le rayon timide au soleil écrasant. La rousseur d’un pelage est lumière à soi seul.

L’herbe et les brins ornent ses pieds de vert. Les feuilles lui font couronne. Ses yeux plissent un peu pour que renaisse le goût des innocents.

Futilités l’habillent mais les choses sérieuses lui sont naturelles.

Des églantiers semblent parfois piquer sa pureté de sang mais la cruauté glisse et il ne reste dans ses espaces que les joliesses ambrées.

Elle tient, elle tient, sa vie d’âtre battant au cœur de la nature.


 

L’anémone (à D. L.)

Pincées de sel dissout accompagnent tâches et filaments. Couleurs ployées, déployées.

Danse, orientale ou japonaise. Bras « lacs des cygnes » et lacets de signes jusqu’à l’épanouissement. Croix, points, ronds : tissu, soie corpulente.

Petit nu d’arc en ciel.

Fleuves sur les hauts fonds du cœur amollissants de pigments toute cruauté.

Parcelle, part belle.

Souffles d’eau. Bibelots.

Et la murrine navigue, mosaïque molle.


 

La colombe (à L. C.)

Quand l’envol est léger, les nuages l’écoutent. Et autour de l’oiseau blanc s’organisent.

À l’orée des nues, le bleu naît tous les jours.

La grâce se déploie et de chaque rayon fait un pont. Et de chaque vide, une vague.

Percées et plongées habillent les anges.

Et chaque coup d’aile appelle « doux de la voute » le pli qui ne dit que les beautés et les nouvelles heureuses.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ? Glisserez-vous ce message dans l’embrasure d’une fenêtre ? Je crois qu’aucun cœur ne bat dans le ciel et que tout est pleins et déliés à qui se dévoile.

Le vent souffle ; l’air est tendre.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ?
 

La pyrale des prés (à F.L.)

Tout s’offre et le diaphane oblige. Blanc déambule à antennes gratuites.

Les vides, les grâces. Et le vent pertinent.

Corpuscule se dévoile dans la corolle et le laurier rose lit mieux, et la belle de nuit s’émeut, et l’iris aperçoit.

Qui du brin ou du pétale triomphe ? Ni l’un ni l’autre. Seule la pâle altitude ou le ruisseau éphémère pense le voyageur, la tâche en mouvement dirait le peintre, la feuille allant au pré et au loin, le poète.

***

Pour citer ce poème

 

Laure Delaunay, « Mes animaux doux », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/mes-animaux-doux.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:55

 

 

Texte pour le numéro de la 3ème  thématique.

Critique & réception

 

Notes de lecture sur l'essai

 

Lire les femmes de lettres dans la littérature française

 

Dina Sahyouni

  

 

L'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française porte sur la réception problématique de celles qui font de l'écriture leur métier, en France. L'essayiste interroge l'incapacité de la critique littéraire et féministe à modifier l’approche lacunaire des écrits de femmes. Peut-on les critiquer et les classer sans les assigner, ni stigmatiser ? Par le biais d'une réécriture historique, Camille Aubaude met en évidence la présence constante des femmes de lettres dans l'histoire et leur absence lorsqu'il s'agit d’avoir une œuvre littéraire reconnue.
 

 

Le constat est alarmant. Des contemporaines, telle Béatrice Didier, pensent qu'il existe une impossibilité méthodologique qui empêche d'étudier les œuvres de femmes (voir Ibid.,  "Avant-propos"). Ce que Camille Aubaude réussit à contredire, en nous offrant la possibilité de se détacher des doxas académiques, féministes, et folklorique-ment* universitaires dans la réception des femmes de lettres pour songer plutôt à une lecture thématique, historique et philologique de leurs œuvres. Elle a également réussi à saper les catégories classiques de classification. Elle a répondu à la question cruciale : « Qu'est-ce que créer une œuvre littéraire ? » Elle montre comment une femme peut construire une œuvre littéraire et qu'on peut comprendre ces écrits-là comme une œuvre nécessitant des études, des rééditions critiques et une réception posthume.

 

Cet essai assez formel dans sa manière de traiter les femmes de lettres n'est pas à prendre à la légère. S'inscrivant dans une vision historiographique, il reste toujours d'actualité. On sait l'absence patente d'une analyse approfondie de la réception des femmes citées dans la presse et dans les études universitaires. Lire les femmes de lettres dans la littérature française est donc utile à toute personne qui souhaite frayer de nouvelles voies pour réhabiliter, à travers une critique objective, pertinente et pragmatique, l'héritage des aïeules en France, et, par extension, partout ailleurs, là où le patriarcat et ses doxas fabriquent des leurres, des prismes historiques et méthodologiques pour dénaturer les œuvres des femmes de lettres.

 

Voir aussi :  Camille Aubaude, Lire les femmes de lettres dans la littérature française aux éditions Pan des muses, 2016

 

* Folklorique-ment* : revoie aux folklores attachés au formatage des écrits, au savoir-faire, aux rites universitaires et aux manières fixes de faire de la recherche au sein des universités qui caractérisent chaque époque.

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Notes de lecture sur l'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/notes-de-lecture-lire.html

 

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:05

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

Coup de foudre

 

Mona Gamal El-Dine

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

 

Rouge comme le sacrifice du Sauveur…

 

Bordeaux ? Comme le cœur des amoureux…

Toi ! Rouge Bourgogne, bouteille, comme la danseuse espagnole fertile et sensuelle…

Bourg … Tu es apprécié par les artistes.

Rosé dit l’introduction de la soirée…

Sur les bords de la Méditerranée ; Tu es mon seul ami et compatriote !

Sur les bords de la Seine, je bois même en public pour célébrer la fête de la Vierge !

Amoureuse de ce liquide, tricotée avec le soleil du sud et la sueur des hommes mais encore avec leur sourire !

Dansez, chantez avec le grand buveur El Khayyâm…

Buvez avec les poètes… entourés par les Houris…

Ne dites pas Djihad 1 mais Ijtihad 2 pour le Vivre ensemble Toi et Moi…

Votre majesté le Rouge ; Vous êtes la muse de mes nuits solitaires …

Vous êtes mes rêves jusqu’à l’aube de la Vérité … ?

Vous êtes mes remèdes jusqu’à la libération de mes chagrins !

How are you mon libérateur ?

Bourg … ! Mon atterrissage au château me comble de joie …

Voilà, nous sommes au paradis de tes vignes, …

Interdit de penser à d’autres promesses, suspendues entre terre et ciel…

Les recettes des Pharaons sur les fresques ; Néfertari et son amant Ramsès trinquant à notre santé…

L’égalité homme/femme existait à ton honneur !

Le Mazag3 arrive à table avec le Rosé glacé…


 

Félicitations pour la maîtresse !

Poulet au four avec amandes et figues… mais couronné par le Bordeaux rouge, rosé au choix mes amis…

Salut les copains, c’est une réussite bien arrosée…

Oh ! Divin ! Permettez-moi la soirée sans sommeil, sans fatigue…

Amour nocturne avec la danseuse et la bouteille marionnette …

Versez pour moi de ce génie, encore et encore jusqu’à la dernière goutte pour avoir la chance à mes côtés …

Souriez, dansez, chantez les poèmes des nuits de Bagdad, de Grenade, des Khalifes d’autre fois à l’époque de mes ancêtres…

 

 

 

Souvenez-vous de ce magique remède contre les maux du siècle ! ...

 

 

Poème écrit le 25/07/2015


 

 

Glossaire

1. Djihad : un terme en arabe signifie exercer une force ou effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral.

2. Ijtihad : (diligent) effort de compréhension, de réflexion pour s’adapter.

3. Mazag : avoir de bonne humeur.

 

***

 

 

Pour citer ce poème

Mona Gamal El-Dine, « Coup de foudre », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/coup-de-foudre.html

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