25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 09:59

 

Lettre n°12 | Poésie, musique & art audiovisuel

 

 

Performance musicale & poétique

 

 

 

 

Surfaciel

 

 

 

 

Trihn Lo & Cristina Rap

 

 

 

 

© Crédit photo : " Surfaciel", image 1 capturée du film par LPpdm

 

 

https://vimeo.com/231727678

Description : « […] les événements, dans leur différence radicale avec les choses, ne sont plus du tout cherchés en profondeur, mais à la surface, dans cette mince vapeur incorporelle qui s’échappe des corps, pellicule sans volume qui les entoure, miroir qui les réfléchit, échiquier qui les planifie. […] C’est en suivant la frontière, en logeant la surface, qu’on passe du corps à l’incorporel. Paul Valéry eut un mot profond : le plus profond, c’est la peau. » (Gilles Deleuze, Logique du sens)

Titre : Surfaciel

Ce poème est inspiré directement de la phrase « le plus profond c’est la peau » de Paul Valéry et le passage cité ci-dessus de Gilles Deleuze.

Vidéo-art : expérimental

Réalisation  : Trihn Lo & Cristina Rap

Musique : Trihn Lo, "Surfaciel", pour piano, percussions et électronique

Date : août 2017

 

Durée : 5’12’’

Lieu de tournage : France

© Trihn Lo – Cristina Rap 2017

COPYING OF ANY MATERIAL IN ANY MEDIUM FROM THIS VIDEO IS PROHIBITED

 

***

Pour citer ce court-métrage

 

Trihn Lo & Cristina Rap, « Surfaciel », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 25 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/surfaciel.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 13:52

 

Poème inédit pour "Les voix de la paix et de la tolérance" 

 

Poésie engagée

 

 

 

Conscience

 

 

 

Nicole Barrière

 

 

 

 

La paix de chaque jour et l’amour

Ne fécondent pas la nuit

Soleil-famine du regard passant

Sa brûlure quotidienne vers les étals

 

Lueur salée des larmes mêlées

Aux vagues de la mer

Larmes cuisantes des trépassés

Leur grande solitude des naufrages

 

Et nous ?

Aussi naufragés dans les espaces intolérants

Qui oublions vite les rigueurs de l’asphalte et des rivages

Regard passant de la faim nous brûle

 

L'aile d'un oiseau migrateur dans le ciel fait naufrage

Se brise au mur de l’illusion

Murs des rives, et ruines

En mille langues, la joie ne s’écrit plus

 

Il n’y a plus d’abri contre la violence

La mer s’effondre entre les univers

Les fragiles s’agrippent aux récifs

Recueillent les brasses de naufragés

 

Tu scrutes depuis le port les bateaux, les hauts fonds

Point d’ancrage pour les barges

Les vagues se brisent anonymes

Comme les sacrifiés de la famine

 

Appelle les jours de paix

les nuits ardentes,

la proximité des anges

la fidélité à tes rêves

pour qu’à la prochaine rencontre

tu ne te sentes pas étranger

 18/10/2017

 

 

***

Pour citer ce poème

 

Nicole Barrière, « Conscience », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Les voix de la paix et de la tolérance, mis en ligne le 22 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/conscience.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Événements poétiques
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 15:28

 

N °7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

 

 

Histoire de rose et de couleurs

 

 

 

 

Pascale Rabesandratana Coutoux

 

Site officiel : https://pascalecoutoux.com/boutique/

 

 

 

 

 

 

Ce matin là, je m’éveillai tôt avec une curieuse impression. J’étais dans ma chambre mais j’avais la sensation que quelqu’un y était entré cette nuit. Un cendrier sur la table de nuit ne me semblait plus à sa place et on apercevait des traces de doigt dans la poussière de la commode. Après réflexion, je me dis que j’avais sans doute rêvé. Rien ne manquait. Aucun tableau, aucun bijou. J’ouvris la fenêtre pour aérer et en me penchant vers le jardin je m’aperçus qu’une rose avait été arrachée au rosier placé en dessous. C’était la plus belle, d’une couleur mordorée. Ce n’était pas le vent : il n’y en avait pas. Elle avait été coupée au sécateur. Qui donc pouvait bien en vouloir à mes roses ? Je passais en revue tous mes voisins :

Les retraités d’en face ? Ils n’en avaient pas besoin. Leur jardin regorgeait de fleurs en tout genre, toutes plus odorantes les unes que les autres. Le café du coin de la rue ? Paulo le patron passait ses journées derrière son comptoir à servir des bières à des ivrognes pendant que sa femme s’affairait en cuisine avec la Chinoise du restaurant d’à côté qui venait de faire faillite. Que ferait-il de ma rose ? Pendant que je menais ce long palabre avec moi-même, j’aperçus une femme d’un certain âge, brune, les cheveux longs et bouclés qui franchissait la passerelle au-dessus de la voie ferrée en face de ma fenêtre. Elle tenait à la main un bouquet de roses mordorées Je me sentis entrer dans un état jubilatoire, de ceux que je ressentais quand j’étais encore flic et qu’une séquence d’enquête allait bientôt se clore, à la faveur d’un nouvel élément. Je me sentis résolu à agir. J’enfilai ensemble slip, pantalon, pull et je me jetai rapidement dans la rue. La femme ne marchait pas vite. Heureusement ! Et je n’eus pas de mal à la rattraper. Plutôt que de l’aborder, je décidai de la suivre. Elle se déplaçait lourdement, comme si une arthrose sournoise l’empêchait d’avancer. Elle longea un moment la voie ferrée puis s’engagea dans une impasse. J’hésitai un instant mais lAppel fut plus fort. Je mettais mes pas dans son ombre jusqu’à atterrir devant un pavillon de banlieue entouré d’un jardin dissimulé aux regards des passants par une haie de cannisses beiges. Ma guide avait disparu. À un endroit, quelques bambous avaient troué cette légère clôture ; j’écartais les tiges malléables et mobiles. La femme se trouvait là, assise sur une chaise longue aux allures marines rayée de bleu et de blanc ; ses cheveux s’étalaient sur le dossier en boucles soyeuses. Son visage semblait respirer le soleil du matin encore un peu pâlichon. Elle avait troqué ses vêtements contre sa simple nudité et sa peau blanche, laiteuse, auréolait la pelouse du jardin de sa lumière pâle ; Il se dégageait de son corps mou étalé sur la chaise longue, offert, une sensualité suave dont je ressentais l’appel qui allait m’aliéner.

Je restai longtemps ainsi à la regarder ; le temps passa ainsi que les passants ; je ne sais si elle m’avait vu mais cela ne semblait pas la gêner outre mesure. Enfin l’heure avançant, je remplaçai mon activité de voyeur pour une autre plus prosaïque : aller manger au restaurant du quartier.

L’après-midi se passa sans problème ; je m’étais engagé à illustrer le livre d’un ami et je m’adonnai à mon passe-temps favori : l’aquarelle. Je mêlais savamment l’eau et les couleurs afin de laisser passer un maximum de lumière ; mes portraits ressemblaient un peu à des poupées de porcelaine mais cela collait tout à fait au texte de mon commanditaire. Le soir tomba.

Je me mis à la fenêtre pour observer le coucher du soleil. Alors que le disque de feu allait disparaître derrière la cheminée de la maison voisine, je l’aperçus devant la grille du jardin. Elle me regardait. J’eus besoin du soutien de la rambarde pour ne pas vaciller en avant ; des sentiments contradictoires se mêlaient en moi. Que venait-elle encore faire ici ? Son regard sombre semblait m’implorer. Je lui fis un signe de la tête ; Elle poussa la grille, entra et se dirigea vers le perron, toujours de ce pas lourd et traînant que j’avais remarqué. Elle devait monter les trois étages. Une petite voix me disait n’ouvre pas mais ce fut plus fort que moi. Elle se retrouva sur le palier et je la fis entrer. Elle inspecta la pièce où un chevalet traînait. Elle me demanda de la peindre ce que j’acceptai.

J’installai ma palette de couleur. Pour elle j’avais choisi la peinture à l’huile qui rendrait mieux à mon avis la densité de sa peau sensuelle. Elle se déshabilla ; elle ne semblait éprouver aucune gène et prit la pose le plus naturellement du monde sur le canapé de cuir violet acheté bon marché dans une brocante ; je me mis à la dessiner. Les contours furent rapides et précis. Sa blancheur me posait des problèmes. Comment rendre toutes les nuances de sa carnation et donner de la chaleur à cette non-couleur qui était la sienne et qui pourtant irradiait ? Le temps passa, fébrile ; l’œuvre prenait forme ; je commençais à en être content. Tout à coup on frappa violemment à la porte.

_ « Estrela, je sais que tu es là. Ouvre ! »

Son regard m’implora. Elle mit un doigt sur sa bouche : « chut ! »

Je ne savais que faire ; c’était sûrement son mari qui venait la chercher. Il hurlait et tambourinait de plus en plus fort.

J’hésitais encore lorsque le coup partit. Une violente douleur me saisit au thorax tandis que je m’affaissais sur la toile. Mon sang se mêla au blanc de sa peau pour lui donner enfin cette couleur vivante que je n’arrivais pas à rendre. Je quittai alors ce monde pour le paradis blanc.

 

FIN

 

 

 

***

 

Pour citer ce récit

 

Pascale Rabesandratana Coutoux, « Histoire de rose et de couleurs », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 19 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/rose.html

 

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Le Pan poétique des mues - dans Numéro 7
21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 15:06

 

N °7 | Dossier majeur | Textes poétiques

 

 

 

 

Couleurs

 

 

 

 

Pascale Rabesandratana Coutoux

 

Site officiel : https://pascalecoutoux.com/boutique/

 

 

 

 

 

 

Puisqu’il est un pays

Où fleurissent les étoiles

Au hasard d’une nuit

Au hasard d’une toile

J’irai y goûter l’eau

Y tremper mes pinceaux

J’irai fleurir les fleurs

J’irai gonfler mon cœur

Et y puiser la flamme

Qui luit dans ta prunelle

Me briser, sous la gamme

Des couleurs de l’arc-en-ciel

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Pascale Rabesandratana Coutoux, « Couleurs », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 21 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/couleurs.html

 

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