6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 10:34

 

Bémol artistique

Court-métrage

 

Poème du soleil

 

 

 

Nicole Coppey

Extrait reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure et de sa maison d'édition

 

 

Version sous-titrée en estonien : « Päikese Luuletus »

Poème tiré de Inspirations de l'univers mystère.

Url : https://www.youtube.com/watch?v=-o2P0I0KHJA

 

Description

L'expression créatrice de Nicole Coppey reflète ici son universalité sous forme de tableaux vidéo artistiques, dans un espace intemporel et infini, en vibration avec le cosmos.

© "Päikese luuletus" kirjutas ja esitas ("Poème du soleil" en Estonien)

***

 

Pour citer ce poème

Nicole Coppey, « Poème du soleil »Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°8 [En ligne], mis en ligne le 6 juillet 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/07/soleil.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 12:03

              

Poèmes inédits

 

Un chagrin

 

 

 

Laure Delaunay 

Rédactrice de la revue LPpdm et responsable des rubriques

"Poésie & Théâtre" & "Poésie italienne"

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

La femme éperdue

 

 

À chaque élan, je crois trouver un soleil, une maison, une épaule, un visage.

Une brosse pour ma tignasse hirsute et un peigne pour mon âme de monstre.

 

À chaque main qui se tend, un ami.

À chaque fleur contemplée, la tendresse des couleurs.

À chaque regard brillant, une émotion.

À chaque caresse, du respect.

À chaque proposition, l’éternité.

À chaque mot gentil, une source.

À chaque larme, un soulagement.

À chaque pensée, un voyage.

À chaque baiser, le plaisir.

À chaque texte, un corps nouveau.

À chaque langue étrangère, un monde à découvrir.

À chaque détail, une vérité.

À chaque silence, un engagement.

À chaque sensation, l’élégance.

À chaque voix, une famille.

À chaque homme, un enfant.

L’administration me dit « célibataire et sans enfants ».

Et mon cœur saigne.

Ô Barbara, ma sœur, ton jardin est Précy. Ô George, mon amie,

ta plage est celle de mon enfance. Ô Calamity, ma mère, ton regard est un fusil.

L’Europe adorait un homme souffrant en croix.

Et personne ne pose ses regards d’amour sur une femme éperdue.

 

***

 

À  l’ombre

 

 

Au tréfonds de moi, je t’emporte. Tes mots de soie, tes yeux d’ébène, ta poésie

comme le vent dans les voiles.

Je t’emporte en souvenir. Comme un mort dont on visualise encore l’image

en pensée mais dont le visage photographié nous surprend toujours.

Soleil écrasant sur la place. Chaleur à l’ombre. Membres endoloris.

Sentiment des mots qui restent dans le ventre et, demandant sans cesse à sortir,

ne sortant jamais tout à fait, appuient sur le cœur qui se gorge d’eau,

qui se gorge d’« oh », qui se gorge d’« ô ».  

 

***

Pure dans ton regard romantique

 

 

Tu ne me regardes plus. Tu détournes les yeux.

Je ne te regarde plus. Pudeur. Délicatesse.

Autrefois, tu avais deux grands yeux dont je n’arrivais jamais à saisir la couleur

tant ils étaient émus.

Mon cœur, mon cœur toujours violenté se réveille pourtant pur dans ton regard.

Mon corps, mon corps toujours violenté se réveille pourtant pur dans ton regard.

 

***

 

Venise, ma chérie interdite

 

 

Tu es là, sous mes yeux, belle, si belle, exactement comme dans mes rêves.

« Tesoro » tu m’appelles.

« Tesoro » moi aussi je t’appelle.

À quelques pas de moi, le jasmin du campo. Longtemps, j’ai pensé que c’était

un laurier. Mais non, un jasmin, oui, un jasmin en fleur au printemps.

Le contraire de moi. Tous pensent que je suis un jasmin. Mais je suis un laurier.

Le laurier du puits que mes parents ont coupé il y a peu.

Voilà qui je suis : un laurier que l’on coupe à chaque instant

et dont tout le monde pense qu’il est un jasmin.

Venise, ma chérie, ce soir, « ciao ». Ciao tes enfants sublimes. Ciao tes portes qui parfois s’ouvrent. Ciao ton pavé. Ciao ton art de sentir. Ciao les voix douces. Ciao les corps précis. Ciao ta tranquillité de façade.

Tu sais, la façade, c’est déjà beaucoup.

Ciao tes hommes intelligents, ciao ton théâtre vrai. Ciao. Ciao.

Ciao le bois, ciao la danse.

Je rentre au pays maudit que toi aussi tu aimes, bien que timidement.

En français, tu sais, « interdite », ça veut aussi dire « muette ».

Ciara, bella mia, ciara.

Dans mon cœur, je t’autorise. Dans mon cœur, tu parles.

Tu te souviens Aragon : « je te porte dans moi comme un oiseau blessé » ?

J’ai emporté dans mon cœur de laurier ton odeur de jasmin et le corps d’un poète.

 

***

 

Pour citer cet ensemble de poèmes

Laure Delaunay, « Un chagrin »Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°8 [En ligne], mis en ligne le 5 juillet 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/07/chagrin.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 11:15

 

Annonce de parution

 

Barbara Polla,

 

Vingt-cinq os plus l'astragale

 

aux éditions Art & fiction, 2016

 

© Crédit photo : Riding with Death par Shaun Gladwell

 

 

Présentation de la maison d'édition 

 

« Drôle de pratique que l'écriture. Y surgissent des fantômes : l'amour que l'on ne peut vivre, la beauté que l'on ne sait dire, la mort des hommes, les rêves noirs et les yeux bleus. Et des parfums, des phrases lues ou entendues, des sonorités, sensations et odeurs.
Vingt-cinq os plus l'astragale, c'est le compte des os du pied et des lettres de l'alphabet qui s'égrènent dans l'écriture au fil des heures, au fil des nuits, des mots à notre oreille. Entre récit, roman et journal intime, ce texte nous parle peut-être de l'essentiel : la nécessité de perdre pied. Et la musique, qui transforme le chagrin en joie. » (cf. Présentation reproduite via le site de l'éditeur).

 

Diariste

 

Barbara Polla (Suisse), née le 7 mars 1950, est Docteur en Médecine de l’Université de Genève (1982) et l’Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) lui a été décernée par l’Université Paris Descartes (Paris-V – René Descartes) en 1994. Fellow de Harvard, professeur invitée à l’Université de Modena (Italie), engagée pendant six ans par le Département de l’Éducation et de la Recherche japonais en tant que consultante dans le domaine des protéines de stress, elle fut aussi Directeur de recherche à l’INSERM de 1993 à 2000.

Barbara Polla est écrivain et publie sur l’art (ouvrages collectifs), ainsi que des romans et récits (À toi bien sûr, 2008 ; Victoire, 2009 ; Troisième vie, 2015) et des essais, notamment sur le genre (Tout à fait Femme, 2012 et Tout à fait Homme, 2014, Ed. Odile Jacob). Le 21 avril 2016 paraît son vingt-cinquième livre (Art et fiction, Ed.), intitulé Vingt cinq os plus l’astragale. Entre récit, roman et journal intime, ce dernier ouvrage en date parle peut-être de l’essentiel : la nécessité de perde pied. Lire également cet entretien avec elle, url : http://www.lelitteraire.com/?p=20793.

Site : https://barbarapolla.wordpress.com/.

 

***

Fiche technique

Titre :  Vingt-cinq os plus l'astragale

Diariste :  Barbara Polla

Illustration : Riding with Death, © Shaun Gladwell

Design et mise en pages : Valérie Giroud 

Éditions : Art & Fiction

Collection : Collection ShushLarry

Date de  parution :  21 avril 2016

Nombre de pages :  120 p.

Format :  broché

Imprimé sur papier :  Z-Offset et Black Magic

Dimensions : 17 x 11 cm

Prix éditeur :  14 euros 

ISBN :  978-2-940377-95-4

Publié avec le soutien de :  la Fondation art-en-jeu.ch et de la Ville de Genève

Site de la maison d'édition :  http://www.artfiction.ch/magasin-154.php?1380016661

     

    ***

    Table des chapitres

     

    • Épitaphe (p.9)
    • Un peu de mort pour commencer (p.13)
    • Le silence de Louise (p. 27)
    • Chauve-souris (p. 37)
    • Le corps et la langue (p. 45)
    • Safe return doubtful (p. 55)
    • Honor and recongnition in case of failure (p. 67)
    • Perdre pied (p. 73)
    • Last blues (p. 85)
    • La mort cette parenthèse (p. 97)

    ***

     

    Réception dans les médias :

     

     

    ***

     

    Invitation à lireon vous recommande vivement l'ouvrage Vingt-cinq os plus l'astragale de Barbara Polla pour la portée immédiate des thèmes abordés (vivre, écrire, maladies incurables, handicap, fin de vie, corps malade, corps poétiques et artistiques, etc.) la richesse de son vocabulaire et de ses références, l'esthétique de sa présentation et de son style. Ce livre est à lire absolument !

     

    ***

    Pour citer ce texte

    LPpdm, « Barbara Polla, Vingt-cinq os plus l'astragale aux éditions Art & fiction, 2016 »Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°8 [En ligne], mis en ligne le 1er juillet 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/astragale

     

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    Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
    30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 17:56

     

    Critique & réception

     

    Simone Chevallier, l’enseignement du mystère

     

     

    Camille Aubaude

    Rédactrice de la revue LPpdm, membre de la SIEFEGP

    responsable de la rubrique en ligne Chroniques de Camille Aubaude

     

     

    Encore un exemple de l’incapacité de notre société à considérer une femme d’esprit égale à un homme : il s’agit de la patiente, voire laborieuse élaboration de l’hagiographie de l’écrivain Lucien Rebaté. Une émission radiophonique.

     

    Un modèle ! qui montre comment l’on justifie une œuvre littéraire par la méthodologie de la critique genrée pratiquée par les hommes. L’argument le plus marquant est le recours à une grande référence universitaire, Georges Steiner. Cet universitaire de renom considère Les Deux étendards (Gallimard, 1952) comme « le chef d’œuvre méconnu du XXe siècle », écrit en prison. « La jeune fille, Anne-Marie » est nommée par son prénom, mais personne n’indique qu’elle figure une autrice, Simone Chevallier, « la grande poétesse méconnue du XXe siècle », si je puis oser me substituer Georges Steiner.

     

    Le représentant des études rebatiennes a parlé de « l’abjection » de cet écrivain oublié, labellisé « extrême droite », et  doué d’un vrai talent. Il y aura toujours un homme qui voyage au bout de la nuit… Nos structures sociales n’aident ni ne financent une association d’études pour une poétesse. Il est temps de rendre compte de cette diversité : en littérature aussi, « il y a deux sexes », précise le titre d’un livre d’Antoinette Fouque.

    Un article sur La Toile, écrit avec brio, énonce cette violence culturelle envers les femmes les plus « brillantes » : « Cernée par ce duo chatoyant, Anne-Marie n’en demeure pas moins la plus brillante. Elle éclipse tout en attisant. Elle sera longtemps cet astre merveilleux avant que Régis et Michel ne la poussent à s’éteindre. » (voir url :  http://philitt.fr/2012/09/24/lanne-marie-de-rebatet-entre-semence-et-lumiere/).

     

    « J’ai peur du front pierreux des antiques rochers »

    Simone Chevallier, Délivrez-nous du mal, p. 16, Les Cahiers d’art et d’amitié, 1940.

     

    L’injonction « lire des femmes de lettres »* reste hélas ! d’actualité. Lisez et soyez emportés par cette poésie de «chants extatiques», à « l’harmonie consciente » (op. cit., p. 53), à « l’immortelle essence » (op. cit., p. 62). Ses images transmettent le pur enseignement du mystère.

     

    Souhaitons que les efforts pour placer Rebatet sur un piédestal servent à Simone Chevallier, dont l’inspiration classique porte une sensibilité merveilleuse, dénuée d’affectation et de violence. Espérons des études rebatiennes la publication d’un numéro, voire d’un volume, qui étudierait l’influence de la pensée de la poétesse de Délivrez-nous du mal sur l’écriture dudit chef d’œuvre méconnu, Les Deux étendards.

    Ce serait l’occasion de ne plus négliger « la plus brillante », donnant aux écrivains à venir les armes pour repenser la nature de la critique littéraire qui reproduit les structures sociales qui éteignent les femmes, d’autant mieux lorsque, modernes Christine de Pizan, nous pensons vainement que l’avenir appartient aux femmes.  

     

    « N’es-tu pas trop lasse ce soir ?

    … Le printemps rêve…

    N’es-tu pas trop lasse de voir

    Le blé qui lève ?

     

    Délivrez-nous du mal, op. cit., p. 22.

     

     

    * Camille Aubaude, Lire les femmes de lettres, Dunod, 1993. Epuisé. En cours de réédition par la SIEFEGP.

    ***

     

    Pour citer ce texte

    Camille Aubaude, « Simone Chevallier, l’enseignement du mystère »Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°8 [En ligne], mis en ligne le 30 juin 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/06/enseignement-du-mystere

     

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