10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 10:27

 

Megalesia 2020 | Varia de textes poétiques

 

 

 

 

 

La joie d'être Maman

​​​

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

 

Finies les grasses matinées,

Vivent les nuits écourtées !

Les yeux encore embués de sommeil,

J’émerge péniblement au réveil.

Je me sers une énième tasse de café, 

Tant pis pour ma santé !

Le soir, je dois lire une histoire,

Même s’il est déjà tard

Et que j’aimerais bien avoir la paix.

Voilà j’ai raté le début du film à la télé !

Je soigne les petits bobos

Je prépare de bons gâteaux.

Je m’inquiète pour un contrôle écrit.

Ne pourrais-je pas l’aider par télépathie ?

Je voudrais tant qu’il réussisse

 

 

Pour m’en vanter avec délice !

C’est sûr, il fera une brillante carrière politique,

Peut-être même deviendra t-il Président de la République…

J’essaie de soulager ses maux d’ado.

Saurai-je trouver les bons mots ?

Quelle naïveté, quelle quelle utopie

De croire qu’un jour on en aura fini !

Être maman,

C’est un emploi à plein temps

Pour lequel on a signé éternellement…

 

***

 

Pour citer ce texte

Pascale Mathieu, « La joie d'être Maman », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 10 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/3pm-maman

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 09:37

 

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

Violence conjugale

 

&

 

Ne, je ne crois pas !  

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

​​​​​Crédit photo : "Mutilated Woman" "Femme mutilée", peinture de 1915-1916 par Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), domaine public, Wikimedia. 

 

Violence conjugale

 

 

 

Elle vivait une belle histoire d’amour

Semblable aux contes de fées

Qu’elle lisait petite fille.

Elle était tombée éperdument amoureuse

Et nageait en plein bonheur.

L’avenir s’annonçait radieux.

Sauf que, sauf que...son prince n’était pas charmant.

Il l’accablait de reproches :

Sur le repas qu’il jugeait infect, 

Sur sa tenue qu’il jugeait vulgaire, 

Sur n’importe quel sujet.

Elle se taisait, elle encaissait.

Convaincue de le mériter,

Convaincue d’être une ratée 

Ou autre nom d’oiseau.

Dans un élan de témérité et d’effronterie,

Elle se permit de répliquer.

Elle reçut une gifle magistrale

Qui la jeta à terre.

Elle en resta médusée,

Incapable de la moindre réaction,

Incapable de la moindre réflexion,

Dépourvue de cette clairvoyance

Qui lui aurait conseillé de fuir

Sans tarder, loin, le plus loin possible.

Larmoyant, l’élu de son coeur implora son pardon 

Qu’elle s’empressa d’accorder.

Il lui offrit même un magnifique bouquet de roses

Qu’elle accepta avec émotion.

Elle crut à une seconde lune de miel.

Une nouvelle lune de miel

Qui s’acheva quelques mois plus tard dans un cimetière…




 

Ne, je ne crois pas ! 

 

 

 

Crédit photo : "Apollon et Daphné", peinture par Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Je marche nonchalamment dans cette rue commerçante. Je flâne en regardant les vitrines. Comme la plupart des femmes, j’aime les belles tenues. Je rêve devant les mannequins qui portent les derniers vêtements à la mode et des articles tendance. Je me promène seule et je ne prête aucune attention aux gens qui m’entourent.

Je me suis arrêtée pour admirer un sac à main. Une vraie merveille qui est, hélas !, hors de prix ou plutôt qui n’entre pas dans mon budget. Non, je ne peux raisonnablement pas l’acheter. J’hésite vraiment…

Toute à mes tergiversations, je ne remarque pas les deux individus qui s’approchent. Je les entends juste déclarer :

- Elle est baisable.

- Ouais, t’as raison, elle est baisable…

Leurs propos crus me clouent sur place. Je reçois toute la violence qu’ils comportent. Comme une gifle. Oui, ils m’ont frappé. Pas avec leurs poings. Ils m’ont frappée avec leurs mots.

Je suis incapable de répondre. Je suis abasourdie.

Pourquoi se permettent-ils de me juger ? Quelqu’un leur a -t-il demandé leur avis ? Non, je ne crois pas !

Ces hommes sont-ils eux-mêmes l’incarnation de la beauté ? Se prénommeraient-ils Apollon ? Non, je ne crois pas !

Apprécieraient-ils qu’on parle ainsi de leur mère ? Non, je ne crois pas !

Alors, Messieurs, quand vous croisez une femme, vos commentaires, gardez-les pour vous !

 

***

 

Pour citer ces textes engagés (ou féministes)

Pascale Mathieu, « Violence conjugale » et « Ne, je ne crois pas ! », textes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 9 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/2pm-violence

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 15:02

 

Megalesia 2020 | Bémols artistiques

 

 

 

 

Hommage pictural à

 

Ennio Morricone

 

 

 

Mustapha Saha

Sociologue, poète, artiste peintre

 

© Crédit photo : "Ennio Morricone", portrait par Mustapha Saha, peinture sur toile, dimensions 65 x 50 cm. 

 

Avis de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES ​​​:​

 

On aime dans ce tableau comme dans d'autres œuvres de Mustapha Saha, cette affirmation magistrale implicite mais bien visible et lisible : "Une Muse est aussi un homme". Oui, les Muses ne sont pas uniquement des femmes, elles sont aussi des hommes, des objets, des animaux, etc. Ici, la Muse inspiratrice de l'artiste est le compositeur Ennio Morricone.

C'est donc une idée fausse de croire qu'une Muse est foncièrement une femme ou une identité féminine. Cette vision réductrice de ce que c'est une Muse essentialise les femmes et les renvoie à "L'éternel féminin". Si "La femme" ou "L'éternel féminin" étaient des manières de célébrer les femmes, de leur reconnaître des valeurs et des rôles positifs en société, cela ne nous empêche pas de constater que ces manières de penser l'altérité relèvent de l'essentialisation.

On aime aussi dans cette toile la poésie des deux couleurs vives utilisées par l'artiste peintre et poète (le rouge et le jaune). Le noir, le rouge et le jaune avec leurs nuances qui se répètent dans les tableaux de Mustapha Saha permettent à l'artiste d'affirmer un style urbain moderne et de signer symboliquement sa vision de la peinture et de l'art du portrait ainsi que l'autoportrait. 

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique 

 

​Mustapha Saha, « Hommage pictural à Ennio Morricone », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 8 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/hommageenniomorricone

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 14:10

 

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Florilège de textes poétiques | Astres & animaux en poésie

 

 

 

 

 

L'insomnie 

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

 

Crédit photo : "Fée ou Esprit de la nuit" par John Atkinson Grimshaw, domaine public, Wikimedia. 

 

 

Minuit… Une heure… Deux heures…

Les heures s’égrènent lentement,

Très lentement, trop lentement.

Où est donc Morphée ?

J’attends de tomber dans ses bras !

Je me tourne, je me retourne.

Il est maintenant trois heures.

Je ne dors toujours pas. 

Et si je me levais ?

Je n’hésite pas une seconde. J’étouffe.

J’ai envie de sortir.

J’ai envie de marcher.

Dehors le silence règne aussi.

À peine entend-on le bruissement des feuilles,

Le chant de quelques insectes.

Les réverbères sont allumés

Et diffusent une lumière terne, blafarde

Sur la rue désertée.

La voûte céleste capture mon regard.

Elle brille de mille feux.

Des lumières blanches, vives

Qui m’accompagnent dans ma promenade nocturne.

Des étoiles, des milliers d’étoiles

Que je regrette de ne pas reconnaître.

Est-ce Sirius ? Est-ce Canopus ? Est-ce Véga ?

Elles portent des noms si étranges !

Elles scintillent dans le ciel obscur

Comme le plus pur des diamants.

Tant de beauté me fascine.

Je me repais de ce spectacle magique

Jusqu’à en être rassasiée. 

À contrecœur je me résigne à rentrer

Et à me glisser sous les couvertures

Où apaisée, rassérénée,

Je m’endors sans effort

 

***

 

Pour citer ce poème

Pascale Mathieu, « L'insomnie », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 8 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/1pm-insomnie

 

 

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