27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 14:26

 

Megalesia 2020 | Critique & réception | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

Lettre à

Vanessa Springora

sur 

Le Consentement

 

 

 

Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

© Crédit photo : Première de couvercure du livre.

 

 

 

Le Consentement condense l’essentiel des thèmes sur la triste condition de la femme écrivain. Il transpose avec talent les sentiments d’amour passion pour les mettre en scène de manière salutaire. Il donne en exemple la relation intime où la femme est la proie d’un homme, de ces hommes convaincus qu’ils chassent les femmes comme du gibier et qu’une fois « dévorées », il ne leur reste qu’à aller voir ailleurs. Tel est l’honneur du chasseur : son orgueil immesuré lui fait mépriser la nature, et ceux qui se plaisent à la contempler. On peut y voir une cause du dérèglement climatique. Nous sommes encore dans cette barbarie misérable des rapports entre hommes et femmes, misère qui paraît irréversible, malgré des livres tel King Kong théorie.

 

Vous exposez comment vous avez aimé un grand écrivain, avec une cohérence annonciatrice d’espérance. La relation femme-homme en ressort éclairée, car expliquée sur un pied d’égalité, avec la rudesse et la douleur qui existent dans les rapports amoureux. La véritable justification de cet amour est le champ de l’écriture littéraire, et cela apparaît crucial. Quelle force au service d’un « métier » qui affirme la nature féminine, capable de changer en un amour absolu les exactions sordides d’un pédophile ! Réintégré de la sorte, le métier d’écrivain pourrait devenir un passe-muraille pour que les femmes retrouvent la liberté.

 

Par-dessus les mansardes où vous avez vécu, il y a votre voix incongrue avec son timbre d’adolescente, « embaumée », puisque le livre est un mausolée, où retentit le « chant du grillon » de Marceline Desbordes-Valmore, un battement vital venu d’un cœur de jeune fille. Aucune lueur ne vient éclairer la « petite V. » dans son parcours. La femme assignée à sa fonction reproductrice ne peut pas être « grande ». La société lui interdit de se manifester comme l’alter ego du « grand écrivain ». La « petite V. » caractérise l’absence d’identité de la femme qui écrit, alors qu’un homme doit se faire un nom, puisqu’il ne fait pas d’enfant... (on en pleurerait…). Un homme est irréductible aux sensations, à l’affection. « Maître » et « Professeur »... Ainsi Paul Valéry, André Gide se nourrissent des secrets de Catherine Pozzi et Lucie Delarue-Mardrus, pour occuper la posture de votre « monstre ». Grands hommes intouchables et femmes violées gisant au fond d’un puits. Vous réussissez remarquablement à mettre en scène ce fantasme ordinaire. « Arrêtons, quoi ! » s’est exclamée la comédienne Adèle Haenel. Mettons fin à l’anéantissement sournois de la force féminine !

 

Une des scènes vécues du Consentement va innerver les manuels scolaires, celle où Cioran, grand philosophe secondé par une servante, exhorte la fluette adolescente à rester l’inspiratrice du grand écrivain. Que ce couple archétypal ait joué ce rôle est révélateur du fantasme collectif s’obstinant à écarter les femmes des honneurs et de la gloire intellectuels ! Tandis que l’homme s’exerce chaque jour à élaborer une œuvre pour se faire un nom, et il y a « la petite V. » sur le fil de lame.

 

***

 

Pour citer ce texte

Camille Aubaude, « Lettre à Vanessa Springora sur Le Consentement », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 27 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/lettre-consentement

 

 

Mise en page par Aude et David Simon

 

© Tous droits réservés 

Retour à la table de Megalesia

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Lutter contre les violences faites aux femmes
27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 10:09

 

Megalesia 2020 | Événements & manifestations avec de membres de notre équipe | Appel à contribution 

 

 

 

Les figures des

Muses et Créatrices

dans l'Antiquité

​​​​​​

 

Crédit photo :  Simon Vouet (1590-1649)"Les Muses Uranie et Calliope", domaine public, Wikimedia.

 

 

 

Comment naissent les Muses, les Créatrices, est-ce par des figures ? Qu'est-ce qu'être une Muse ou une Créatrice ? Comment en parle-t-on, les décrit-on ? S'agit-il d'une invention humaine parmi d'autres, de manifestations du Matriarcat ? Quels pouvoirs ont-elles les Muses et les Créatrices ?

Les figures des Muses et Créatrices sont très variées et inspirantes à travers les siècles et les civilisations. Elles sont invoquées par les artistes, les aèdes... Elles sont souvent Source et But de la vie. Elles peuvent être divines, humaines, réelles, fictives, féminines, masculines, androgynes, hybrides, animales, végétales, minérales, visibles, invisibles, invisibilisées (dans les textes et monuments antiques), inspirées par les religions, ou les sciences...

Dans ce premier volet, nous nous concentrons sur l'Antiquité non seulement en Europe mais de tous les continents et sur les figures mythiques, légendaires, païennes, monothéistes, animées et inanimées (etc.) en lien avec la poésie, les lettres et les arts. Pour ce faire, nous vous proposons de participer à cette enquête sur "Les figures des Muses et Créatrices dans l'Antiquité" par l'envoi d'une communication libre sur le sujet du 15 mai au 31 janvier 2021 pour les contributions complètes. Et du 28 avril au 30 octobre 2020 pour les propositions d'une dizaine de lignes.

 

Vous pourriez par exemple nous adresser un document sur

  • Les types de figures des Muses et/ou Créatrices.
  • Les expressions de leurs pouvoirs.
  • Leurs naissances (Sappho, Aspasie, Antigone, téthys, Vénus, Gaïa, etc.), leurs natures, leurs objets fétiches par lesquels elles sont représentées.​​

En ce qui concerne les textes poétiques, illustrations et participations audiovisuelles, nous vous remercions de décrire des figures antiques sans les moderniser.

Veuillez également respecter les consignes de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES dans la présentation typographique de vos contributions et de ne pas dépasser les six documents (textes, poèmes, images, audiovisuels...) par participant.e.

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES vous remercie de lui adresser des articles et/ou témoignages de trois à vingt-cinq pages A4 (interligne simple ou double, police 11 ou 12). Attention, une image doit être inférieure à 8 MO.

Ce numéro paraîtra en version électronique (en ligne) en février-mars 2021 avant sa publication imprimée.

 

 

Texte réécrit et reformulé légèrement à partir du document manuscrit de

D. Sahyouni

 

 

 

 

Responsable scientifique du projet et pour évaluer en deuxième lecture, si cela se révèle nécessaire, les articles académiques complets (à partir du 21 juillet prochain) :

Dina Sahyouni

 

Sélection & évaluation des contributions :

Aude Simon, David Simon & tout autre membre du périodique

Contact direct de la rédaction

David & Aude Simon :

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

​​​​​​contact.revue@pandesmuses.fr

contact@pandesmuses.fr​​​​​​

 

***

 

Pour citer cet argumentaire 

David Simon, « Les figures des Muses et Créatrices dans l'Antiquité », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 27 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/figuresdesmuses

 

 

Mise en page par Aude et David Simon

 

© Tous droits réservés 

Retour à la table de Megalesia

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Appels à contributions
25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 16:41

 

Megalesia 2020| Parutions des membres de notre équipe

 

 

Françoise Urban-Menninger (éd.), 

 

Dimension Jardins

 

Rivière Blanche, 2018.

​​​​​​

 

© Crédit photo :  "Première de couverture illustrée par Mike Hoffman", 2018.

 

Détails techniques

Titre : Dimension Jardins

Auteure/autrice : Françoise Urban-Menninger (éd.), œuvre collective

Maison d'édition :​​​​​​ Black Coat Press pour la "Rivière Blanche"

Format : Broché

Genre : fantastique

Illustrateur : Mike Hoffman

Maison d'édition :

Date de parution : 2018

Nombre de pages : 177 ou 180 p.

ISBN-10 : 1612277721

ISBN-13 : 978-1612277721

Prix : 18,00 €

 

Présentation de la maison d'édition :

Tous les auteurs de cet ouvrage, qu’ils soient conteurs, nouvellistes ou poètes, nous invitent à parcourir les allées de leur jardin intérieur. Dans leurs pas, nous arpentons des sentiers baignés d’ombre et de lumière qui sont aussi les nôtres ! Nous renouons avec cette âme végétale qui nourrit notre imaginaire de sa sève étrange et pourtant familière… Nous renouons ainsi avec nos racines terrestres et telles les branches d’ un arbre, nous nous élançons vers ces clartés qui nous ouvrent l’esprit sur l’univers à la fois fantasque et fantastique de notre inconscient collectif. Indubitablement, chaque auteur(e) a planté sa part végétale en terre d’onirisme. À vous lecteurs d’en cueillir les fleurs et les fruits dans ce jardin tout en patchwork de rêveries éveillées à ne surtout pas aborder de manière linéaire mais à découvrir au hasard d’une page tournée par le vent dans un jardin, un parc ou à l’orée d’une forêt, à l’ombre d’un vert feuillage… Vous comprendrez très vite que les arbres ne pratiquent pas la langue de bois !

 

Textes de :

Absis, Camille Aubaude, Jacques-Henri Caillaud, Marc Chaudeur, Véronique Ejnès, Éric Guillot, Pierre-Vincent Guitard, Christophe Honegger, Emmanuel Honegger, Grégory Huck, Martine L. Jacquot, Aude Kalfon, Michel Loetscher, Aurélie-Ondine Menninger,  Vivien Menninger, Joan Ott, Chantal Robillard, Dina Sahyouni, Anne-Marie Soulier, Sylvie Troxler, Françoise Urban-Menninger, Bernard Visse, Jean-Claude Walter et Pierre Zehnacker.

 

Sommaire :

Préface

Absis : Le parc de Saint-Cloud

Camille Aubaude : Le cimetière d’Amboise

Jacques-Henri Caillaud : Les fougères et autres poèmes en prose

Marc Chaudeur : Santa Lucia

Véronique Ejnès :

 La Portugaise

 Jardins d’enfance

Eric Guillot, alias Paul Tojean : Les jardins de l’Alhambra

Pierre-Vincent Guitard : Le jardin profané

Christophe Honegger : Cipolin, marbre magique !

Emmanuel Honegger : Course de côtes chez les lombrics

Grégory Huck : Le sixième cri

Martine L. Jacquot : Le jardin d’herbes aromatiques

Aude Kalfon : Mon beau jardin

Michel Loetscher : Le bruit du monde dans les cyprès

Aurélie-Ondine Menninger : À l’ombre de l’ombu

Vivien Menninger : Minuit cinquante et un

Joan Ott : Le jardin de la discorde

Chantal Robillard : Pour Merlin

Dina Sahyouni : Des jardins secrets

Anne-Marie Soulier : Le jardin que je n’aimais pas

Sylvie Troxler : 

Un rêve éveillé

Au jardin des délices

Françoise Urban-Menninger : 

On devient ce que l'on mange !

Les compotes d'Ève

Bernard Visse : Sous le grand catalpa 

Jean-Claude Walter : Saisons rebelles

Pierre Zehnacker : Souvenirs dans un jardin

 

Lien pour commander ce livre

Réception par la journaliste Élsa Nagel dans Hebdoscope, N°1055, novembre 2018 :

© Crédit photo : Image de la page consacrée au livre fournie par F. Urban-Menninger. 

 

Source de l'information :

Françoise Urban-Menninger

 

Voir aussi :

 

***

 

Pour citer cet avis de parution

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Françoise Urban-Menninger (éd.), Dimension Jardins, Rivière Blanche, 2018 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 25 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/dimensionjardins

 

 

Mise en page par Aude et David Simon

 

© Tous droits réservés 

Retour à la table de Megalesia

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 14:15

 

Megalesia 2020 | Chroniques de la pandémie de COVID-19 | Articles & témoignages

 

 

 

Des vertus paradoxales de l'enfermement 

 

 

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

 

​​​​​© Crédit photo : "Mustapha Saha avec Sylvie Le Bon de Beauvoir, philosophe, fille adoptive de Simone de Beauvoir", image fournie par l'auteur. 

 

65 - Les Livres, entassés dans la bibliothèque, semblent bouger de place, se prêter à des manèges étranges, se montrer ou se cacher selon des raisons sibyllines. Les « Nouvelles histoires extraordinaires » d’Edgar Poe, traduites par Charles Baudelaire (éditions Garnier Frères, 1947), se présentent sans être convoquées, dans leur vieil habit jauni. Je me porte illico sur la nouvelle. « Le Masque de la mort rouge » dont je garde un souvenir vivace. La relecture me procure, comme souvent, cette impression ambivalente de parcourir une intrigue familière et de découvrir des clés méconnues. Le prince Prospero se réfugie avec sa cour dans une abbaye sécurisée, s’adonne impudemment à une vie de débauche, pendant que la terrifiante « Mort Rouge » décime les pauvres gens. S’organise un bal masqué dans un labyrinthe de sept pièces de sept couleurs différentes. La dernière salle est noire avec une grande horloge qui sonne lugubrement à chaque heure. Le prince Prospero repère au cours la soirée une personne inconnue enveloppée d’un linceul. Il sort son poignard et poursuit l’indésirable jusqu’à la chambre funèbre où la camarde se retourne, le foudroie sur le champ avant de cadavérer ses courtisans les uns après les autres. Quand la Faucheuse trace son chemin, les nantis, aveuglés par leur cynique, subissent le même sort que les gueux. L’histoire souligne l’infaillible ubiquité de la mort et la vanité de lui déclarer la guerre. Aucune enceinte fortifiée, aucune police, aucune armée ne peut arrêter l’implacable destin. 

 

66  - Me revient à l’esprit un vieux conte arabe, « Le Visir et la Mort », qui se déroule à Bagdad sous splendeur abbasside, inoubliable allégorie qui m’a valu, pendant mon enfance, quelques nuits blanches. Ainsi se forme le questionnement philosophique. La prise de conscience de la mort, de la finitude, est la première tourmente intellectuelle. La quête d’immortalité prend la tangente de l’art et de la poésie pour sublimer ses illusions. « Tout ce qui nous advient laisse des traces, tout concourt, sans que l’on s’en doute, à notre formation, mais il est dangereux de vouloir sans rendre compte » (Johann Wolfgang von Goethe, Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister, 1796, traduction française éditions Gibert Jeune, 1949). Un Visir, tremblant de la tête aux pieds, se présente un matin devant le Calife : « Pardonne-moi, Seigneur,  mon effroi. En arrivant devant le Palais, une femme au visage livide, une écharpe rouge nouée autour du cou, m’a bousculé. J’ai tout de suite reconnu la Mort. Permets-moi, Seigneur, de m’enfuir à Samarcande pour déjouer sa funeste intention. J’y serai avant ce soir ». Le Visir enfourche son cheval et disparaît dans un nuage de poussière. En sortant de son Palais, le Calife croise à son tour la Mort et lui demande : « Pourquoi as-tu effarouché mon Visir ? Il est encore jeune et robuste. Ses compétences lui promettent une grande carrière ». La Mort lui répond : « Quand je l’ai vu à Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends ce soir à Samarcande ».

 

67 - Le mois d’Avril me ramène à la poésie de Thomas Stearns Eliot (1888 – 1965). « Avril est le plus cruel des mois, il engendre / Des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mêle / Souvenance et désir, il réveille / Par ses pluies de printemps les racines inertes…Et  je te montrerai quelque chose qui n’est / Ni ton ombre au matin marchant derrière toi / Ni ton ombre au soir surgie à ta rencontre / Je te montrerai la peur dans une poignée de poussière ». « Après le feu des torches sur les faces en sueur / Après le gel du silence aux jardins / Après l’agonie aux lieux rocailleux / Après les cris et les clameurs / Après la geôle et le palais après l’écho / Du tonnerre printanier au loin sur les montagnes / Lui qui vivait le voici mort / Nous qui vivions voici que nous allons mourir / Avec un peu de patience » (Thomas Stearns Eliot, La Terre vaine, The Waste Land, 1922, traduction française de Pierre Leyris, éditions du Seuil, 1976). Nous voilà confinés. Interdits de sortir, de nous promener, de respirer à pleins poumons l’air impur du square voisin. Privés de lèche-vitrines  et de flâneries nocturnes sur berges de Seine. Crise sanitaire, détention sécuritaire, double peine. Traversée du vide et questions perpétuelles. Promesse de spleen et de dépression réelle. Le serin Fugi voltige aux quatre coins de la maison. Il reste la soif de lire et les réflexions inactuelles. Il reste le poème. Au-delà de l’enfer et de la mise aux fers, le voyage dans l’imaginaire. 

 

68 - Drôle de rêve cette nuit. La chambre à coucher se transforme en grotte. Au plafond, une torche en forme de stalactite. Je pense, dans mon sommeil,  à « La Flamme d’une chandelle » (éditions Presse Universitaire de France, 1961), de Gaston Bachelard. La poésie, délivrée de toute entrave, se réalise pleinement dans « l’essentielle actualité », dans la contemplation d’une flamme. Une voix d’outre-tombe m’arrache à la lueur réconfortante : « Alerte au coronavirus. Restez chez vous. Ne serrez la main à personne. N’embrassez personne. Gardez votre distance de sécurité ». L’être atomisé, décroché de sa raison collective. Le corps sursaute. La lanterne se ravive. L’esprit s’échappe de nouveau. « La flamme, véritable image, quand elle  est vie première en imagination, quitte le monde réel pour le monde imaginé, imaginaire, générateur de rêverie poétique… Suivant une des lois constantes de la rêverie devant la flamme, le rêveur vit dans un passé qui n’est plus uniquement le sien, dans le passé des premiers feux du monde… La flamme accentue le plaisir de voir, au-delà du toujours vu » (Gaston Bachelard).  C’est ainsi que je me dérobe à l’annonce oppressive. Je me décorpore. Je m’élance, ailes déployés, dans le cosmos. Je remonte le temps jusqu’aux sources du Nil, flots célestes déversés sur terre stérile qui se confondent avec mes souvenirs d’enfance. Les vents oniriques me revoient  à ma terre natale. Je me baigne allègrement dans les eaux curatives de Moulay Yacoub. Je fais la nique au coronavirus.

 

69 - Les explications officielles sur l’irruption du virus exterminateur se succèdent, se contredisent, se désavouent, ajoutent sciemment de la confusion à la confusion. Les certitudes se martèlent avant de s’évaporer comme bulles de savon. L’eau savonneuse justement, seule parade efficace pour dissoudre l’enveloppe virale et rendre inoffensif le méchant microzoaire. Plusieurs livres de Friedrich Nietzsche sur la table de nuit, « Ecce homo », « Humain, trop humain », « Le Gai savoir », « Par-delà le bien et le mal », « Ainsi parlait Zarathoustra », me servent de lampes-torches dans la jungle des hypothèses. « Humain, trop humain est le mémorial d’une crise. C’est le livre pour esprits libres. Avec lui, je me suis émancipé des corps étrangers à ma nature ». Se libérer des identités fossilisatrices, retrouver la diversité de l’être, reconstituer l’éthique du moi contre la morale répressive. Se libérer l’esprit dans le sanctuaire élémentaire  devenu, par arbitraire décision politique, une geôle involontaire. On a beau être confiné, empêché de mouvement, interdit de circulation, nulle autorité ne peut soumettre la pensée rebelle. Le corps sur-sollicité par le travail, surexcité par l’enchaînement d’activités incessantes, y compris pendant les vacances, harassé, épuisé, fait, parfois pour la première fois, l’expérience du relâchement, du délassement, de la relaxation, toutes choses tenues ordinairement pour des pertes de temps. Car, la raison publique sait créer les pressions psychologiques pour obtenir plus d’effort, et dénigrer le réconfort comme désœuvrement. Tant de personnes se hâtent sans savoir pourquoi, se précipitent sans nécessité, dramatisent les futilités, se démènent sans compter de peur de ne pas y arriver. Et pourtant, « en tout cela, c’est un instinct de conservation qui commande, qui s’exprime de la façon la moins équivoque comme instinct de défense » (Friedrich Nietzsche, Ecce homo).    

 

70 - La menace épidémique est une chance de métamorphose. L’infectieuse surgit des ténèbres, se répand,   se disperse et se désagrège dans son néant. Les survivants, autrement dit la quasi-totalité des confinés, embarqués dans une obscure aventure sans débouchés, quand ils s’épargnent  l’inquiétude et la frayeur, quand ils ressortent des tiroirs les projets abandonnés, les fécondent d’opportune créativité, renaissent à une autre existence. L’individu, happé par la servitude, peut demeurer, toute sa vie, extérieur à lui-même, ignorer ses propres prédispositions, ses propres talents, se renier tant il se perçoit autre. Quand des circonstances exceptionnelles mettent cet individu face à lui-même, il commence seulement à comprendre la difficulté de se comprendre. Comme le note Friedrich Nietzsche, il ne suffit pas d’être soi-même, d’être, en d’autres termes,  socialement présentable dans une posture normative, acceptable. Pour se comprendre, se réconcilier avec sa nature profonde, il faut « devenir ce qu’on est », se dégager des aberrations rassurantes, explorer la mécanique souterraine qui structure la personnalité à partir d’expériences plurielles et discordantes. Il faut l’intelligence opératoire et l’instinctivité divinatoire pour s’adonner à cet exercice périlleux. Combien de personnes, à travers l’épreuve du confinement, s’avisent qu’ils n’ont finalement d’eux-mêmes qu’un imago variable, instable, fluctuant selon le masque social qu’ils revêtent ? Chez les plus perspicaces, se développe l’idée réorganisatrice qui les « ramène hors des chemins détournés, écartés, prépare des qualités et des capacités séparées, qui, un jour, se révéleront indispensables comme moyens du tout, façonne, tour à tour, toutes les facultés servantes, avant même de laisser transpirer quoi que ce soit de la tâche dominante, de la destination, de la finalité, du sens » (Friedrich Nietzsche, Ecce homo ». 

 

71 - La morale sociale, régie par l’utilitarisme, exige séparément de chaque individu la modestie, l’humilité, le désintéressement, le sens du devoir, fausses qualités qui se manifestent par la conformation machinale aux comportements imposés, la résignation à la condition subie, l’intériorisation de l’autorité comme incontournable bâton du berger, l’auto-dévalorisation et la haine. Etienne de la Boétie a dit l’essentiel dans « Discours de la servitude volontaire, 1576 ». L’individu aliéné, frustré, dépossédé de lui-même survit dans l’amertume, la rancœur, le ressentiment. La morale publique est forcément négative parce qu’elle n’a d’autre dessein que la culpabilisation et la punition. Son moteur est la répression, la faute est sa diversion. Pour Friedrich Nietzsche, la maladie  n’est pas la cause du malaise, mais l’effet d’un style d’existence pathogène. Quand on cherche à soulager la souffrance par des narcotiques, on se livre pieds et mains liés aux laboratoires chimiques, l’on « s’assoupit dans le sentiment du vide » et l’on s’emprisonne, souvent pour toujours, dans un état de dépendance et de morbidité, dans « une attitude propre au décadent qui choisit toujours les remèdes qui lui font tort » (Friedrich Nietzsche, « Ecce homo »). Quand les gens tombent malades, ils ne se donnent pas la peine d’écouter leur corps, qui les alerte sur leur être en perdition, qui les incite à changer radicalement de manière d’être, de vision du monde et d’eux-mêmes, de reconstruire, sur les ruines de leur faillite existentielle, une vie affranchie des influences délétères. La maladie est perçue à partir de ce moment comme un stimulant énergétique. Le confinement lui-même peut être vécu comme une situation mutationnelle permettant le virage salutaire. Le retour à soi ouvre des possibilités nouvelles, l’immanence reconstitutive et l’autoréalisation. L’être est aussi autocréateur quand il fusionne avec ses projets et fait corps avec son œuvre. Plusieurs témoignages autour de moi confirment la concrétisation de projets artistiques et l’activation de chantiers d’écriture à l’occasion du confinement. Les corps se confinent, les idées circulent.

 

72 - Le monde technocratique, fonctionnant sur des statistiques, des courbes graphiques, des diagrammes, des modélisations algorithmiques, des datavisualisations, des visualisations de réseaux, de flux, de géolocalisations…, totalement et définitivement déconnecté des factualités  vivantes, impose à la planète un fonctionnement cybernétique où les smart-cities obéissent aux mêmes simulations que les jeux vidéos, où les citadins ne sont que des pions téléguidés dans des circuits régulés par l’intelligence artificielle, où les épidémies elles-mêmes sont générées selon des priorités hermétiques. L’invention d’un monde idéal, mathématiquement simulé, numériquement programmé, électroniquement surveillé, inspecté, supervisé, fait perdre à la réalité « sa valeur, son sens et sa véracité ». La technocratie administre tactiquement la nécessité à coups de dissimulations, de simulacres, de mystifications. « Une torche à la main, on illumine d’une clarté incisive ce modèle idéal. L’une après l’autre, les erreurs sont tranquillement posées sur la glace, l’idéal n’est pas réfuté, il gèle » (Friedrich Nietzsche, Aurore). En 1967/68, juste avant la révolution culturelle à l’échelle planétaire, dont nous aurons été, sans nous en douter, avec la création spontanée du Mouvement du 22 Mars, l’étincelle initiale, le cours magistral donné par Henri Lefebvre à la faculté de Nanterre s’intitule « La société bureaucratique de consommation dirigée ».  Quelques années plus tard, le giscardisme réussit à la perfection sa mission historique, technocratiser de fond en comble la société. Le mitterrandisme parachève le travail avec l’invention du marketing culturel. « Les quatorze ans de pouvoir socialiste en France, à la fin du vingtième siècle, n’ont servi qu’à introduire le libéralisme le plus effréné et à démanteler les conquêtes sociales » (Cornelius Castoriadis).

 

73 - Après la dissipation des vapeurs euphorisantes des Trente Glorieuses (1945–1975), les retombées soixante-huitardes sont neutralisées la technocratisation systématique des organes étatiques, des  administrations, des sphères privées et publiques. Me reviennent à l’esprit les affiches tapageuses de la société de communication dans ses expressions naïves. « La France des 30 Glorieuses » représentée par la 4L Renault. « Moulinex libère la femme ». Le femme porte souvent le tablier pour bien signifier qu’elle n’a d’autre rôle social que ses fonctions de mère et de femme au foyer.  La femme confinée,  irresponsabilisée, infantilisée, interdite d’avortement et de contraception, sous tutelle. Dans la promotion du savon Cadum « Peau douce comme une peau de bébé », l’éternel féminin est indissociablement lié à la maternité.  Et quand la femme travaille, elle doit cumuler l’activité professionnelle et la charge ménagère. « Réfrigérateurs Caddie, le froid de qualité à la portée de tous ». « Le robot Charlotte, une petite usine complète ». La machine à laver, le four électrique, l’aspirateur. Peu importe le ridicule, le message passe en force. Les bazars pittoresques deviennent des supérettes, s’hypertrophient en supermarchés. La production de masse inonde l’espace public. La culture, l’art, la littérature, les vacances,  la fête, l’histoire, la mémoire, se convertissent en produits de consommation. La transformation des curiosités intellectuelles, des émotions esthétiques, des désirs intimes, des goûts, des appétences en marchandises, la réification prophétisée par Karl Marx dans toute sa splendeur.

 

74 - L’âge d’or de la pensée contemporaine, stimulé par la révolution soixante-huitarde, connaît sans conteste connu son apogée dans les années soixante-dix. Des salons littéraires s’improvisent à tour de rôle chez les philosophes, les sociologues, les historiens. Les paroles de Cornélius Castoriadis résonnent encore dans mes oreilles. L’être humain n’est pas univoque. Il n’est soumis à aucun déterminisme d’origine. La crise en ce sens est un symptôme d’épuisement  du paradigme uniformateur. Le vivant s’anime et se dynamise de ses différentialités. Chaque être est un cosmos, une ordonnance multiple, synchronique, synergique, et en même temps, comme l’avaient si bien compris les penseurs de l’antiquité, un chaos, un abîme, un sans-fond. Le désordre est inhérent à l’existence individuelle et à la vie sociale. Le chaos n’est que l’envers de l’endroit, le flux incessant d’où sort toute création. La dimension chaotique de l’être, son inachèvement, sont des moteurs de transformation des choses. La création se définit elle-même comme un surgissement d’une nouveauté à partir de rien, sans aucun lien avec tout ce qui précède, mais, qui peut générer des déterminations autres et des réalisations inédites. «  Aucun état de l’être n’est tel qu’il rende impossible l’émergence d’autres déterminations que celles déjà existantes ». Le néolibéralisme manipule le chaos, dénaturé en crise, la mort, recyclée en opération lucrative, l’imprévisibilité probabilisée en risque infime, l’incertitude prédéfinie comme aléa négligeable, et l’existence humaine réduite aux paramètres  économiques. Négation de l’être dans sa complexité vivante, sa multivalence psychologique, sa pluralité culturelle, magma dont on peut tirer « des organisations ensemblistes en nombre indéfini » (Cornélius Castoriadis, L’Institution imaginaire de la société, éditions du Seuil, 1975). La société de consommation uniformise tous les individus  en consommateurs interchangeables, et inversant le processus, transforme ces consommateurs eux-mêmes en produits de consommation identifiables aux marchandises qu’ils choisissent. La gestion en bloc du coronavirus procède de la même stratégie d’indifférenciation. Les contaminés et les non-contaminés ne sont que des unités statistiques dans des comptabilités macabre.

 

75 -  Que peut le confinement contre la philosophie. Dans les vieux papiers, un numéro du Monde diplomatique de Février 1998 contenant un entretien avec Cornelius Castoriadis intitulé « L’Individu privatisé ». Il n’est de philosophie qu’exprimant une pensée autonome, qui pose des questions et n’accepte aucune autorité, pas même ses propres constructions antérieures quand elles se constituent en théorie close. La philosophie, c’est l’interrogation pleine de sens, perpétuelle, qui se remet sans cesse en cause. « L’interrogation vide n’est rien ». La société pyramidale dresse des barrages entre la pensée vivante, issue des réflexions personnelles ou des échanges altéritaires, assujettit chaque individu à ses institutions, que seuls les gouvernants ont le droit de modifier selon leurs intérêts, et prétend, depuis des millénaires, que ces institutions ne sont pas une œuvre humaine, qu’elles ont été crées par des puissances surnaturelles, des esprits, des ancêtres, des anges, des dieux. « Presque toutes les sociétés humaines sont instituées dans l’hétéronomie, dans l’absence d’autonomie », dans l’exclusion de leur fonctionnement de toute pensée libre, dans la dissimulation de leurs discordances et de leurs défaillances. L’enjeu d’une société transversale, rendue techniquement possible par la révolution numérique, est l’autonomie. « Une société autonome ne peut être formée que par des individus autonomes. Et des individus autonomes ne peuvent vraiment exister que dans une société autonome ». Les régimes dits démocratiques ont hérités de quelques libertés individuelles et collectives, résidus des luttes révolutionnaires. Le confinement, sous prétexte sanitaire, détruit ouvertement les acquis citoyens, les libertés de réunion, de circulation, de manifestation. On dirait une répétition générale d’une tyrannie programmée. Les citoyens, qui ne doivent leur citoyenneté qu’au droit de vote pour déléguer tous les autres droits,  à force de se mouvoir selon les seuls critères de l’interdiction et de la permission, ne réfléchissent plus, ne délibèrent plus, n’agissent plus en connaissance de cause. « La représentation signifie l’aliénation de la souveraineté des représentés vers les représentants. La corruption des responsables politiques, dans les sociétés contemporaines, est un trait structurel, incorporé dans le fonctionnement du système, qui ne peut pas tourner autrement ». Aucune société ne peut se prétendre libre si le pouvoir législatif n’appartient effectivement à la collectivité, sans intermédiation parlementaire. Ce n’est que dans une véritable transversalité, dans des interactivités réseautiques, que peuvent s’articuler la liberté de la sphère domestique, la liberté de la sphère agoratique et la participation de tous les citoyens aux affaires publiques. 

 

76  - Une pensée pour mon ami Yves Barel (1930–1990), économiste, épistémologue, auteur de livres marquants, aujourd’hui méconnus, « La Reproduction sociale, systèmes vivants, invariance et changements », éditions Anthropos, 1973, « La Paradoxe et le système, Essai sur le fantasme social », éditions Presses Universitaires de Grenoble, 1979, « La Marginalité sociale », éditions Presses Universitaires de France, 1982, « La Quête du sens, comment l’esprit vient à la cité »,  éditions du Seuil, 1987. Je cherche ses livres noyés dans les étagères. Je retrouve l’ouvrage auquel je pense en premier, « La Société du vide », éditions du Seuil, 1984. L’idée de crise est absurde, aberrante, oxymorique. La crise signifie une entrave paralysante mais démontable, une ankylose grave mais transitoire, une impasse qui projette brutalement la société en arrière pour lui faire reprendre un nouveau chemin. La crise est d’autant plus désorientante qu’elle s’oppose aux réalités quotidiennes d’adaptations graduelles. « Le vide social est le moment où le système ne peut plus être réparé, où on prend conscience qu’il doit être radicalement changé, où l’urgence du problème impose une solution, où l’absence de solution est la solution », la liquidation du système toxique.  La crise permet en même temps l’éclosion d’alternatives locales, au plus près des usages, la mise en pratique d’expériences audacieuses, l’expression de modes d’être diversitaires. Elle réactualise des manières de vivre anciennes, des solidarités tribales, des proximités claniques. Elle suscite des innovations improbables, lumineuses, perspicaces.

 

***

 

Pour citer ce témoignage 

Mustapha Saha, « Des vertus paradoxales de l'enfermement », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020|V-Chroniques de la pandémie de COVID-19, mis en ligne le 25 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/desvertus

 

Mise en page par David Simon

 

© Tous droits réservés 

Retour à la table de Megalesia

Repost0
LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia

Publications

 

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

Rechercher

À La Une

  • Les amants et Le baiser
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Varia de textes poétiques Les amants & Le baiser Poème de Corinne Delarmor Peinture de Mariem Garali Hadoussa Artiste plasticienne & poète Présidente de l ’ association "Voix de femme nabeul" © Crédit photo : Mariem...
  • Megalesia 2021
    LE PAN POÉTIQUE DES MUSES VOUS PRÉSENTE SON FESTIVAL EN LIGNE Megalesia édition 2021 du 8 mars 2021 au 31 mai 2021 © Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, "La Tendresse", no 1, Collection "dame nature", acrylique, peinture. Festival numérique, international...
  • Table de Megalesia 2021
    Table de Megalesia 2021 Édition 2021 du 8 mars au 31 mai Festival International & Multilingue des Femmes & Genre en Sciences Humaines & Sociales En partenariat avec la Société Internationale d'Études des Femmes & d'Études de Genre en Poésie (SIÉFÉGP)...
  • Je vous aime
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques Je vous aime Poème de Corinne Delarmor Peinture de Mariem Garali Hadoussa Artiste plasticienne & poète Présidente de l ’ association "Voix de femme...
  • La faim
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Florilège de textes poétiques La faim Laureline Loyez Crédit photo : Portrait de "Louise Michèle", Wikimedia, domaine public. Ma sœur, je voudrais te parler de la faim. De celle...
  • No 1 | O | Les figures des orientales en arts et poésie
    PÉRIODIQUES | REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Les figures des orientales... Les figures des orientales en arts & poésie © Crédit photo : Mariem Garali Hadoussa, "Tendrement vôtre", peinture. Crédit photo : Mariana Marrache (1848-1919), auteure et poète syrienne,...
  • La Prêtresse des câlins qui parle d'Amma
    REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques La Prêtresse des câlins qui parle d'Amma Poème & peinture de Armelle Dupiat-Aellen Auteur-poète © Crédit photo : Armelle Dupiat-Aellen, "Souffle de vie", peinture. MATA AMRITANANDAMAYI DIT...
  • Le Prix International de Poésie pour l'ensemble de...
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | 8 avril | Distinctions 2021 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP Le Prix International de Poésie pour l'ensemble de son Œuvre de l'Académie Claudine de Tencin Ce prix international de poésie récompense l'ensemble des...
  • Le Prix International de Poésie Lyrique....
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | 8 avril | Distinctions 2021 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP Le Prix International de Poésie lyrique de l'Académie Claudine de Tencin Le Prix International de Poésie Lyrique de l'Académie Claudine de Tencin récompense...
  • Le Prix International de Spécialiste de poésie...
    Événements poétiques | Megalesia 2021 | 8 avril | Distinctions 2021 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP Le Prix International de S pécialiste de Poésie de l'Académie Claudine de Tencin Ce Prix International de Spécialiste de Poésie de l'Académie Claudine de...