8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 16:52

 

Megalesia 2020 | Événements  & manifestations avec des membres de notre équipe

 

 

 

Nouvelles zones

 

ou rubriques

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David Simon

Retraité de l'enseignement secondaire

© Crédit photo :  LPPDM, "Logo féministe alternatif de la revue", 2020.

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES a le plaisir de vous présenter ses nouvelles rubriques (ou zones) afin de vous accompagner dans votre vie et rappeler la portée universelle de cet organisme éditorial et féministe qui joue "un rôle très important dans la diffusion, la constitution du lectorat, la réception et la célébration des écrivaines contemporaines et des siècles passés en France et ailleurs dans le monde". (Dina Sahyouni).

 

Tous ces nouveaux "territoires" pluridisciplinaires ont été conçus et commentés par Dina Sahyouni entre 2018 et 2020 ou auparavant. Je vous les présente en désordre et selon leur transmission à la revue :

 

Querelles des littératrices

Nouvelle rubrique créée en mars 2018, porte sur les différends de tout ordre entre des femmes réelles, supposées, assimilées et fictives qui peuplent les imaginaires et ouvrages. Tout le monde peut y contribuer, on privilégie néanmoins les femmes et LGBTQIA+

 

Croyances, religions & mysticismes en poésie

 

Ce territoire conçu en décembre 2019 porte sur les poésies sacrées et profanes, sur des mythes, légendes et autres croyances, et coutumes liés aux femmes, poésie, genre, agenre et mysticismes. N'oublions pas que les présence et écrits des femmes (et sur elles) dans ses domaines sont à (re)découvrir.

 

Presse, média, femmes, genre & poésie

 

Comme l'indique le titre, cette zone conçue en décembre 2019 porte sur les liens entre les thèmes cités. Elle traite aussi des réseaux sociaux et poésie. Elle privilégie les contributions des femmes et personnes LGBTQAI+

 

 

Astres & animaux en Poésie

 

Créée en mars 2020, cette zone porte sur les environnement, écologie, situation des animaux, écopoésie, géopoésie, géopoétique, écoféminisme, vivants, etc. Elle traite aussi des animaux, plantes et astres comme Muses des poètes (femmes, hommes, autres). Elle privilégie les femmes, LGBTQIA+, les jeunes de moins de 26 ans. Des contributeurs peuvent y participer si la communication prend en compte un des aspects des études des femmes ou genre, théories LGBTQAI+, de la critique féministe, sexualités, antispécisme, spécisme, "humanimalisme", etc.

 

Cuisiner en poétisant

 

Rubrique créée en mars 2020, traite de Poésie & Cuisine. Tout le monde peut y contribuer, on privilégie toutefois les femmes et LGBTQIA+.

 

Leçons, méthodes & méthodologies en Poésie 

 

Cette rubrique agenrée pour y contribuer, conçue en mars 2020 est dédiée aux cours pédagogiques et théoriques sur la poésie. Elle publie des communications du corps enseignant (de tous les niveaux éducatifs), des poètes et des personnes passionnées de poésie.

 

Handicaps & diversité inclusive

 

Comme l'explique le titre de cette zone agenrée (pour y contribuer), elle est consacrée aux différences, handicaps, personnes handicapées et formes variées des sociétés inclusives. Elle se base donc sur des notions comme les Care, résilience, charge mentale, etc. 

 

Sciences & médecines en poésie 

 

zone créée en janvier 2020, pour parler de la poésie dite "scientifique" écrite et/ou diffusée par et sur les femmes et le genre. Elle porte aussi sur les maladies et les savoirs féminins, féministes des sorcières. Elle esquisse des liens entre les poésie, féminismes (etc.), études sur les hommes, genre, femmes d'une part et les technologies, intelligence artificielle, sciences et médecines d'autre part. 

 

Philosophies & sagesses en poésie

 

Cette rubrique créée en décembre 2020 est dédiée aux liens entre les poésie, femmes, genre, féminismes, (etc.) et les philosophies et sagesses. 

 

Portrait de la personnalité féministe et/ou LGBTQIA+ de l'année 

 

Cette zone agenrée et conçue en janvier 2020  porte comme l'indique le titre sur une personnalité qui selon ce périodique est choisie comme la plus influente ou marquante de l'année. 

Revue Matrimoine

 

Cette zone conçue en avril 2019 porte sur le matrimoine universel des femmes (supposées, réelles et fictives), des féminins, féminités, féminismes, féminologie, phénoféminologie (voir mon Avant-propos du "Dictionnaire critique des bibliographies des des écrivaines..."), genre, LGBTQAI+, etc. Tout le monde peut y contribuer, toutefois, on accorde plus de place aux Matrimoine poétique, contributions des femmes et personnes  (par ce terme, il faut entendre personnes morales et physiques dans les zones de la revue) LGBTQAI+.

 

Poéticiennes (ou théoriciennes de la poésie) 

 

Cette zone a été créée en mars 2019 pour continuer le colloque suspendu portant le même titre de 2017-2018. On y publie exclusivement des contributions des théoriciennes de la poésie et sur elles.

Biopoépolitique

 

Cette zone conçue en avril 2018 peut enfin après la suspension de la revue se concrétiser. Il s'agit aussi d'un concept fait des termes "biologie", "poésie", "poétique", et "politique" pour désigner ou tenter de qualifier entre autres la poésie non seulement engagée, (trans)féministe, féminologique (etc.) mais aussi tout écrit poétique défendant une cause en permettant de lutter contre ce que Michel Foucault a qualifié de "biopolitique"...

Je me rappelle encore les nombreuses critiques et moqueries que j'ai reçues (par voie électronique et sur le web) non seulement lors de la création de ce périodique en 2010 mais aussi quand je parlais de revue de poésie féministe et de revue féministe de poésie (voir mes anciens textes dans "Le Pan Poétique Des Muses") ou encore quand j'ai proposé le thème "Identités genrées en poésie" en 2013. Actuellement, la situation semble plus propice pour discuter de ces sujets-là...

 

Claude Ber a déjà parlé de la question délicate de la politisation de la poétique dans son texte "Poètes ! Vos papiers !" publié en 2015 dans le numéro spécial (en version imprimée de cette revue) intitulé "Identités genrées en poésie" et on ne peut qu'être d'accord avec elle. Nous continuons toutefois de rendre compte de ce qui existe, ce qui a existé et ce qui est en train d'exister par le biais entre autres de mes concepts :

"Lyrisme féministe"*, "Biopoépolitique", "Poépolitique"**, Biopoéféminisme", "Poéféminisme", "Biopoégenre", "Poégenre" (poéféminin.e, poémasculin.e, poéandrogyne, etc.)" et "Phénoféminologie" qui ont déjà été développés et explicités dans mes textes entre 2018 et 2020 pour ce périodique (publication prévue au fil des jours en 2020-2021) pour nommer les présence et études des femmes et genre en Poésie, et pour le dernier concept pour nommer les femmes et le genre en littérature voire tout autre savoir... Par ailleurs, c'est toute la revue qui relève de la biopoépolitique et du biopoéféminisme (ou biopoéféminologie en référence à la "féminologie" de la philosophe Antoinette Fouque).

​​​​​

Tout le monde peut contribuer à cette zone, cependant, on accorde plus d'importance aux personnes avec qui nous partageons les mêmes causes. Et on y préfère les textes non seulement sur les droits des femmes et les personnes LGBTQAI mais des textes biopoépolitiques.

 

 

 

Dina Sahyouni ​​​

 

* et ** J'ai juste étudié ces appellations et ai essayé de les redéfinir mais je ne les ai pas créées.

 

 

Voies/Voix  de la sororité

 

Cette zone a été créée le 18 mai 2020, elle interroge les manières dont ont les femmes de concevoir et pratiquer la sororité en société. "Voies & Voix de la sororité" trouve ses origines dans la réflexion pertinente de la doctorante-chercheuse Marys Renné Hertiman (sur Twitter) sur la nécessité d'une large diffusion culturelle de la sororité pour inciter les femmes à la pratiquer afin d'être nombreuses à récolter ses richesses humaines et accélérer leur émancipation dans tous les pays et dans toutes les cultures. 

Tout le monde peut y contribuer, cependant, on accorde la priorité aux contributions des participantes et personnes LGBTQAI*


 

Dina Sahyouni ​​​et David Simon

 

* zone ajoutée le 19 mai 2020.

 

Propositions & demandes d'emploi

 

Cet espace vient de voir le jour pour vous permettre de proposer un emploi, un stage payé, une bourse, une demande d'emploi... en lien avec les métiers du livre, recherche, presse écrite et numérique, éducation et enseignement.

 

Revue poépolitique

Créée en mai 2018 pour répondre aux besoins des poètes de manifester leurs idées politiques et surtout leur liberté d'expression... Cette zone permet donc aux poètes (femmes, hommes, autres) de s'exprimer en écrits politiques ou poépolitiques.

 

D. Sahyouni

 

* Zone ajoutée le 10 juin 2020 par David Simon.

 

***

 

Pour citer ce texte

David Simon, « Nouvelles zones ou rubriques », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 17 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/nouvelleszones

 

 

Mise en page par David Simon

& en cours d'édition

Dernières actualisations :  8, 19 mai puis 10 juin 2020.

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Revue LPpdm
8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 16:32

 

Megalesia 2020 | Littérature & poésie de jeunesse 

 

Épître à ma fille

au moment de sa

naissance (1770)

​​​ 

 

 

Suzanne Verdier-Allut

 

Poème choisi, transcrit et remanié par Astartê

 

 ​​​​​​​​​​Crédit photo :  Image de livres anciens dans une bibliothèque, domaine public, Wikimedia.

​​​​​​​​​​

 

 

Ce poème est reproduit du recueil Un pan de poèmes pour Toutes à l'école (coll. Flora, PAN DES MUSES-Éditions de la SIÉFÉGP, Grenoble, 2015) avec l'aimable autorisation de la maison d'édition et de l'écrivaine Astartê (nom de plume de Dina Sahyouni).


 

 

Oui, le destin a couronné mes vœux ;

Oui, je l'obtiens ce tendre nom de mère,

Ce nom sacré, ce nom que je préfère

À tout l'éclat des titres fastueux.

Ô cher objet, dont la naissance aurore

N'offre à mes yeux qu'une faible lueur,

Ma voix t'appelle, et tu ne peux encore

Ouïr mes sons, ni répondre à mon cœur.

Enveloppé d'un ténébreux nuage,

Le tien se tait ; le tien ne connaît pas

Du sentiment la force et le langage ;

Mais je te vois, je te presse en mes bras,

De mes baisers je couvre ton visage.

Eh ! Quel sujet plus digne de mes vers

Que ces transports dont j'éprouve l'ivresse ?

Tout s'embellit au feu de ma tendresse ; 

Je ne vois rien dans ce vaste univers 

Qui ne me flatte ou qui ne m'intéresse.

J'aime ces bois, j'aime ces prés riants :

Ils t'offriront leur ombre et leur verdure ;

J'aime à compter les trésors du printemps :

Ils serviront un jour à ta parure ;

Cet air, ce ciel a plus d'attraits pour moi,

Et ce soleil qui luit sur la nature,

Dieux ! Qu'il me plaît ! Il brille aussi pour toi.

Ah ! Si l'instant qui commence ta course

De tant de biens m'ouvre déjà la source,

Que l'avenir me promet d'heureux ans !

Que mon destin sera digne d'envie,

Quand, de tes bras faibles et caressants

Flattant le sein où tu reçus la vie,

Tu souriras à mes embrassements !

Quand tu feras par tes jeux innocents

L'amusement de ta mère attendrie !

À ces plaisirs un plus parfait bonheur

Succédera : le temps les fera naître

Ces jours si beaux, mais si lents à paraître,

Où la raison éclairera ton cœur, Où, moins frivole et digne de son être, Ton âme enfin connaîtra sa grandeur.

Jours précieux, empressez-vous d'éclore...

Mais, qu'ai-je dit ? Où tendent mes souhaits ?

Ma fille, hélas ! Par ces vœux indiscrets,

C'est ton malheur peut-être que j'implore !

Dans ce berceau que n'habita jamais

Le noir soupçon, la sombre défiance,

Tu dors sans crainte ; une heureuse ignorance

Te fait jouir des charmes de la paix.

Tu dors ; le ciel protège ton asile ;

Là, ton repos aussi doux que facile

Des soins amers fut toujours respecté,

Et quand tes yeux s'ouvrent à la clarté,

Comme ton cœur ton regard est tranquille.

Tu ne vois pas le funeste concours

Des maux cruels qui déjà t'environnent ;

Tu ne sais point quels dangers empoisonnent,

À chaque pas, nos déplorables jours ;

Des passions la triste connaissance

N'a point encor troublé ton innocence :

Tu ne verras que trop tôt leurs effets ;

Trop tôt, hélas ! En butte à leur puissance,

Tu donneras d'inutiles regrets

Au calme heureux dont jouit ton enfance.

Et si jamais d'un charme impérieux

Le faux prestige égarait ta faiblesse !

Si, quelque jour, tu condamnais mes yeux

À d'autres pleurs que ceux de la tendresse !...

Ô dons des cieux ! Ô vertus ! Ô talents !

Loin de ma fille écartez ces tyrans !

Protégez-la ; préservez sa jeunesse

Et des écueils et des pièges trompeurs !

Puisse cette âme innocente et timide,

Libre par vous des communes erreurs,

Croître à l'abri de votre heureuse égide !

Et toi, l'objet de mes soins les plus chers,

Tandis qu'au ciel dont tu vois la lumière

En ta faveur mes vœux seront offerts,

Commence en paix ta naissante carrière ;

Et que le temps, dont la rapide faux

Moissonnera ces tranquilles journées,

En t'apportant de nouvelles années

N'offre à ton cœur que des plaisirs nouveaux.

Je l'avouerai : ce vieillard implacable

À trop souvent excité ma frayeur ;

J'ai redouté son aile infatigable

Qui, chaque jour, enlève quelque fleur

À mon printemps : mais si son inconstance

Fane mes jours pour embellir les tiens,

Si son pouvoir, aidant ma vigilance,

En t'éclairant sur les maux et les biens

Forme aux vertus ta fragile existence,

Si, pour tout prix de ce travail si doux,

Je puis enfin jouir de mon ouvrage,

De ses rigueurs loin de craindre l'outrage,

Il peut frapper : je bénirai ses coups.


 

Référence bibliographique :

VERDIER-ALLUT, Suzanne, Les Géorgiques du midi poème en quatre chants suivi de diverses pièces de poésie, avec une notice sur Mme VERDIER-ALLUT par Madame FORNIER de CLAUSONNE (sa fille), ouvrage édité par FORNIER de CLAUSONNE Gustave (président à la cour impériale de Nîmes et Petit-fils de l'auteur), Paris, Librairies-éditeurs Michel Lévy frères, 1862.

 

Référence bibliographique numérique :

─ VERDIER-ALLUT, Suzanne, Les Géorgiques du Midi : poème en poésie, avec une notice sur Mme VERDIER-ALLUT, édité par FORNIER de CLAUSONNE, Gustave (1797-1873), Paris, Michel Lévy frères, Librairie nouvelle, 1 vol., 252 p., 1862, in-18, url : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k 6472578d. Poème « Épître à ma fille au moment de sa naissance (1770) », p. 175-181 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f191.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f192.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f193.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f194.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f195.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f196.image, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6472578d/f197.image.

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Suzanne Verdier-Allut, « Épître à ma fille au moment de sa naissance (1770) », poème reproduit du recueil Un pan de poèmes pour Toutes à l'école, transcrit et remanié par Astartê, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 8 mai 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/epitre-naissance

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 10:00

 

Megalesia 2020 | Essais ou manifestes 

 

Collectif féministe invité de Megalesia

 

 

 

Manifeste

 

 

 

Mille et Une Queer

Mille et Une Queer 

@MisliNour

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© ​​​​​​​​​​Crédit photo : Le visuel actuel pour le Collectif Mille et Une Queer, image utilisée pour les réseaux sociaux.

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Janvier 2020

 

 

 

C'est avec une immense fierté et une grande joie que nous lançons le collectif "Mille et une Queer"1

 

 

QUI SOMMES-NOUS ?

 

"Mille et une Queer" est un collectif féministe qui réunit des personnes LGBTQI+ issues de l'immigration "arabe" ou perçues comme telles2

 

 

Nous défendons un féminisme intersectionnel et pro-choix.

 

Intersectionnel car lorsqu’on est une fxmme3 arabe, noire, asiatique ou rom, qu’on est aussi lesbienne ou bisexuelle, qu’on vit dans un quartier populaire… les dominations subies peuvent s'accumuler et peser sur notre bien-être, notre santé et notre liberté.

 

Pro-choix, car nos corps nous appartiennent. Sexualité, avortement, contraception, foulard, mini-jupe, style butch, refus de l'épilation… Nous revendiquons le droit imprescriptible de chaque femme à disposer seule et librement de son corps.

 

D’où, et de qui que viennent les injonctions, « Marie-toi avec un homme », « mets ou retire le voile », « sois une bonne beurette », « défrise-toi les cheveux »… Il s’agit toujours, de contrôler notre identité, notre corps, notre sexualité, comme s’ils ne nous appartenaient pas.

 

 

NOS OBJECTIFS ? 

 

Sortir de l’invisibilité, donner de la fierté à nos identités multiples !

 

En l’absence totale de visibilité et de modèle positif pour les fxmmes Queer de l’immigration, souvent issues des quartiers populaires, construire son identité est un combat au quotidien.

 

Nous voulons rendre visibles nos parcours, nos histoires de vie, nos récits et redonner de la fierté à nos identités multiples qui sont une richesse.

 

Nous souhaitons que notre collectif soit un espace d'accueil en sécurité et de confiance pour toute.s celles.eux qui s'y reconnaîtront.

 

Nous appelons à l'empowerment des fxmmes Queer issues de l'immigration.

 

Pour un combat véritablement intersectionnel ! 

 

Nous lançons un appel pour que la défense des personnes LGBTQI+ soit pleinement intégrée aux luttes féministes, contre le racisme, l'islamophobie et les inégalités dans les quartiers populaires. La convergence des luttes est nécessaire pour un combat véritablement intersectionnel.

 

 

NOS LUTTES

 

Dans nos fiertés, pas de racisme, ni d'islamophobie !

 

Nous combattons l’homonationalisme4 parce que les LGBTQI+ phobies ne sont l'apanage ni des habitant·e·s des quartiers populaires, ni des personnes issues de l'immigration, ni des musulman.e.s. En témoignent —entre autres — les cortèges de la manif pour tous, quasi exclusivement blancs et issus de milieux privilégiés. Par ailleurs, les lois qui pénalisent l'homosexualité, notamment au Maghreb, sont souvent l'héritage de la colonisation occidentale.

 

Nous combattons avec la même vigueur et sans les hiérarchiser toutes les LGBT phobies, d'où qu'elles viennent.


 

Nous dénonçons le fémonationalisme5. Le patriarcat est universel.

 

On voudrait faire croire que l’Islam et les civilisations « arabes » ont inventé le patriarcat. On voudrait faire croire que les violences faites aux femmes sont l’apanage des « autres ». Les sciences sociales ont démontré que la domination masculine est un fait constant dans l'histoire de l'humanité. Le sexisme, la misogynie et la violence sévissent dans la plupart des civilisations humaines et tuent des fxmmes partout dans le monde.

 

Que ces violences émanent de nos familles, nos quartiers, de milieux blancs et bourgeois, du cinéma ou du monde politique, nous les dénoncerons toujours et avec la même vigueur.

 

 

Islamophobie : le nouveau visage du racisme anti-arabe

 

L'islamophobie n'est qu'un visage plus "acceptable" d'un racisme profond et très ancien envers la communauté maghrébine et moyen-orientale.

 

Il est en effet plus facile d'essentialiser la religion musulmane comme étant intrinsèquement violente, misogyne, sexiste que de déconstruire le patriarcat qui intoxique nos sociétés.

 

L'écrasante majorité des religions (Judaïsme, Christianisme, Islam, Bouddhisme....) est empreinte du patriarcat, du sexisme et de la violence des sociétés dans lesquelles elles se sont développées, ayant été de surcroît largement interprétées par… des hommes.

 

Dans la plupart de ces traditions, un travail d’interprétation est en cours, souvent réalisé par les croyant.e.s afin de débarrasser ces spiritualités de ces maux et mettre en valeur ce qui permet de bâtir une société plus juste, inclusive et porteuse de paix entre les peuples.

 

Par ailleurs, les violences à l’égard des fxmmes n’ont pas disparu avec la sécularisation des sociétés.

 

 

Non à l'instrumentalisation de la laïcité pour stigmatiser les musulmans

 

La libre expression des opinions religieuses, lorsqu’elle ne porte pas atteinte à l’ordre public, est fondée sur un droit fondamental reconnu par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et garantie par les textes internationaux, comme la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (1950). Nous nous opposons à toute forme d’instrumentalisation de la laïcité pour stigmatiser la communauté musulmane.

 

 

Ni Shérazade, ni soumise, ni "beurette" des pornos !

 

Être une fxmme queer arabe ou perçue comme arabe, c’est aussi se heurter à un double fantasme sexuel. Si dans Google, depuis un an, le terme « lesbienne » ne renvoie plus automatiquement à du contenu sexuel, le mot-clé « beurette » reste le plus recherché en France sur les sites porno, héritage d'une mentalité coloniale. Il y a là l'érotisation d'une domination double : "la femme" et "la femme colonisée". Nous voulons mettre à jour et déconstruire ces représentations avilissantes.

 

Nous souhaitons par ailleurs mettre à nu l'imaginaire et les représentations issues de l'orientalisme et de la colonisation sur « la femme arabe ».

 

Nos corps et nos sexualités nous appartiennent et nous travaillerons ensemble à les décoloniser.

 

Par nos voies/voix longtemps minorées et silencieuses, nous voulons contribuer aux côtés des acteurs et actrices engagé.e.s à construire une société pluraliste, juste et inclusive pour chacun.e d’entre nous.

 

 

Groupes de parole, ateliers de lecture, rencontres avec des auteur.e.s et personnalités engagées, événements festifs…nous vous tiendrons informé.e.s des prochaines activités :)

 

Rejoignez-nous :

1001Queer@gmail.com

 

Notes explicatives

 

1. Le collectif s'est permis cette petite entorse à la grammaire dans sa présentation et dans le texte car il souhaite que le mot Queer reste tel quel pour être directement "identifiable" et aisément trouvable sur les réseaux. Le mot Queer est utilisé donc comme un nom propre.

 

2. Par "perçue comme arabe", nous entendons inclure toute personne originaire de pays ou de communautés considérées à tort comme "arabes" et subissant donc les mêmes discriminations : Berbères, Turquie, Iran, Afghanistan, etc.

3. Nous avons fait le choix d'utiliser dans notre texte le mot "fxmme.s" dans une volonté d'inclure toute personne ne s'identifiant pas sous le mot "femme".

4 et 5. L’homonationalisme et le fémonationalisme désignent respectivement l'instrumentalisation raciste des revendications LGBTQI+ et des luttes féministes afin de stigmatiser des groupes jugés intrinsèquement homophobes ou misogynes, en particulier les habitant.e.s des quartiers populaires et les communautés perçues comme arabes ou musulmanes.

 

 

 

Voir aussi "Être lesbienne, arabe et musulmane : interview de Nour du collectif Mille et Une Queer", paru en mai dans TÊTU.COM :

https://tetu.com/2020/05/05/nour-35-ans-jadore-dire-que-je-suis-lesbienne-musulmane-et-arabe/

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Mille et Une Queer, « Manifeste », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 7 mai 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/mille-et-une-queer

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Essais ou manifestes
5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 10:48

 

Megalesia 2020 | Revue des éditrices & éditeurs/Les métiers du livre

 

 

De l’engagement

à la base de la

traduction 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 ​​​​​​​​​​Crédit photo :  Image de livres anciens dans une bibliothèque, domaine public, Wikimedia.

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La littérature traduite représentant 18% de la production éditoriale et 22% de parts de marché en France, on ne saurait nier le rôle considérable que joue le traducteur dans la propagation du savoir, ce qui prouve l’engouement des lecteurs pour les livres traduits ou la culture de l’autre. Donc la traduction donne une visibilité sur la littérature mondiale.

Le traducteur est un auteur à part entière. En matière éditoriale sa traduction suit le même parcours que l’œuvre publiée dans la langue d’origine car traduire c’est réécrire.  Après la signature du contrat, il perçoit un à-valoir qui est fonction du volume (le nombre réel de feuillets ou de tranche informatique), de la difficulté du texte à traduire, de l’expérience et de la notoriété du traducteur. Il a un délai à respecter, c’est-à-dire le temps imparti pour terminer la traduction et qui est mentionné dans le contrat.  

L’acceptation de la traduction entraîne le versement du solde de l’à-valoir.

S’il est amené à faire des choix particuliers il doit le signaler à l’éditeur. Le livre une fois publié, ce dernier l’honore du nombre d’exemplaires fixé dans le contrat. Son nom doit être mentionné en première ou en quatrième de couverture ainsi qu’à la page intérieure où figure le titre de l’ouvrage.

L’éditeur rend compte au traducteur de l’exploitation de l’ouvrage en lui adressant un relevé de comptes annuels.

Les revenus du traducteur : 18€ le feuillet papier de 25 lignes par 60 signes. La SOFIA, Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit, créée en 1999 sous l’impulsion de la Société des Gens de Lettres à laquelle s’est ralliée le Syndicat national (SNE) compte 6000 auteurs et 200 éditeurs qui constituent 80% du chiffre d’affaires de l’édition française. 

La SOFIA perçoit d’une part des libraires 6% du prix hors taxe des livres achetés par les bibliothèques et d’autre part de l’Etat 1,50€ par inscrit en bibliothèque publique et 1€ en bibliothèque universitaire par personne inscrite. À cela s’ajoute la perception des droits de la SOFIA sur les copies privées numériques qu’elle redistribue aux auteurs et éditeurs.

Le traducteur peut bénéficier du Centre National du Livre d’une aide plafonnée à 7000€ pour un traducteur français et 2000€ pour un traducteur dont la durée de séjour va de un à trois mois et exceptionnellement jusqu’à six mois. Chaque année le CNL dispose d’un budget annuel de 3, 5 millions d’aide à la traduction d’ouvrages français en langue étrangère et l’inverse.

Le statut social du traducteur est géré par l’AGESSA (l’Association pour la gestion de la Sécurité sociale des auteurs), créée le 1er janvier 1978, elle s’occupe de la protection sociale du traducteur soumis au régime social des auteurs. Un prélèvement appelé « précompte », représentant moins de 10% des droits d’auteur est effectué par le diffuseur/éditeur sur ces derniers par l’éditeur.

 

L’affiliation à l’AGESSA n’est pas automatique même si l’on est soumis au « précompte », il faut que les droits d’auteurs soient supérieurs à 900 fois le taux horaire du salaire de base (le SMIC).

Les traducteurs littéraires à l’instar des écrivains sont tenus de cotiser. Deux versements sont possibles entre mai et octobre. Le régime de retraite complémentaire ou l’IRCEC comprend cinq classes de cotisation au choix.

Le traducteur est soumis également au code de déontologie édicté par l’ATLF (Association des Traducteurs de langue française).

 

Pour s’engager dans la traduction il est impératif de maîtriser sa langue maternelle et de bien connaître les subtilités de la langue à traduire et par extension connaître les us et coutumes du peuple possesseur de la langue en question afin de pouvoir mieux connaître la corrélation et la différenciation existant entre les deux modes de pensée et d’expression en présence. 

La traduction d’un texte poétique requiert au traducteur d’être poète car le ressenti par rapport à un texte poétique n’est pas équivalent chez un non-poète et un poète donc être poète constitue une garantie pour la réussite de la traduction d’un texte poétique.

Traduire c’est l’art de transposer la pensée intellectuelle d’un individu dans un nouveau circuit intellectuel et culturel afin de la rendre compréhensible dans une autre langue sans pour autant verser dans la littéralité, le mot à mot ou la traduction brute comme le ferait un interprète.

 

Du point de vue qualitatif, la traduction étant une œuvre de re-création, le traducteur peut même s’accorder une certaine liberté afin de ne pas verser dans la platitude et l’insipidité. Cette liberté du traducteur constitue-t-elle une entorse à la fidélité du texte d’origine ? Pas forcément puisque les particularités linguistiques des deux langues peuvent contraindre le traducteur à faire des écarts d’autant qu’il n’est pas toujours aisé de restituer exactement l’idée qui se dégage d’une expression idiomatique ou régionale ou qui relève d’une licence intellectuelle de l’auteur. 

 

Et l’on ne peut pas se targuer de respecter à cent pour cent le génie de la langue. De ce fait, la traduction est un métier exigeant et contraignant qui sollicite de la part du traducteur de la perspicacité, du bon sens, en ce qui concerne la justesse des mots en matière de contextualité.

 

Traduire est aussi une question de goût et d’affinité, cela dit, on est mieux porté à traduire un texte avec lequel on se sent en harmonie pour ne pas dire en osmose et c’est encore plus facile de traduire un auteur avec lequel on est en relation même s’il ne connaît pas votre langue maternelle. En clair, il peut exister une confrontation intellectuelle entre les deux protagonistes sur certains aspects du texte qui mériteraient d’êtres élucidés, donc la relation de proximité ou de confiance facilite davantage la traduction qui devient le fruit d’un accord parfait. 

Mais qui n’a jamais commis d’infidélité ? La traduction est avant tout un travail intellectuel dont le degré de perfection n’est pas algorithmique. Cela dit, il est bien plus facile pour le traducteur de traduire dans une langue qui a le même tronc, la même racine que sa langue maternelle. 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « De l’engagement à la base de la traduction », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 5 mai 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/engagement-traduction

 

 

Mise en page par David Simon

 

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