7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 11:13

   

Poèmes satiriques

 

Au Singe-Rêve Hôtel & Thérèse dolorosa

 

Carole Clotis

 

 

Au Singe-Rêve Hôtel


 

 

À l’entrée on lui donnerait la clef

Elle pourrait passer. Sourire circonspect

Aurait-il reçu la même

Cet ouvre-toi du rêve

Invité à l’hôtel de la grâce


 

Mais ce n’était qu’un mime

Ô pénible oubli !


 

Dans cet hôtel sombre à l’Ouvrage il s’établirait

La place est-elle libre

Quelle place il n’y en aurait pas

Lui reviendrait la verve cartomancienne

On viendrait quand le nid sera fait

La chercher

Or ce soir-là rien ne serait prêt

Sauf une présence balbutiante

Et les vils mots amis


 

C’est mathématique vous avez mal compté

Ne pas jouer, ne plus singer

Cette vie comme une pluie de printemps

Venue tomber

Intraitable rideau

Du plus grand régisseur

Agir ou laisser grandir

Cette idée

Invitée

Accrochée

À la chair

Et si la vie se meurt

Reviendra-t-elle jamais

 

 

 

Tout serait là en germe

À la lisière de la vie vécue

Et du rêve de la vie voulue

À la frange de ces mètres carrés

Où se pensaient les mots

Où il muerait la vie

L’appelant en morceaux

Sous ses bois musicaux


 

Gardée pourtant, la clef

Rendue en se rendant

Il la suivrait saurait

Les couleurs belles, cordes toquées

Souffle mental et timbre à soi

Routes d’exil vies redoublées

Langues jamais d’ici

L’enfant sur un papier

Déjà couché, déjà nommé

Prénom déjà donné

Dans l’usure de l’attente

Jamais comblée


 

Lumière que le feu brûlerait

Pour donner à ce corps

Par trop rêvé

Un Ishtar-et-Tammuz

Un tu es né encore

Adieu à celle

Qui n’existait qu’en Singe-Rêve.

 

***

 

 

Thérèse dolorosa

(L’inverno ti farà tornare)


 

Il ne reviendra pas l’hiver ne vous le rendra pas

Robert Langlois a eu peur les mains hautes

Celui qui est rentré vous pétrifie

Pour souvenance éternelle une blessure cicatrise

En trait d’union l’impossible confusion


 

R.L. baie abstruse déconfite en son monde

Hors de l’eau sauf le cerveau

Où s’abîme l’infini tourbillon de saison

Décembre vente en plein noir et blanc

Quand est-on ?

C’est l’été pourtant dans votre robe à pois

Et ce vitrail cerclé comme un théâtre d’ombres

C’est le cycle piégeux  vous n’y échappez guère

Juillet vous le rendra comme ultime feu follet

Vous le suivrez, l’inviterez, congédierez le prétendant   

Guidée par le fil tors de sa nébuleuse ocre

Vous construirez une Babel à quatre mains


 

Deviendriez-vous folle vous erreriez encore

Sur le fil des eaux de Puteaux

Votre regard hante le sien dans le vouloir

Et se fige en sa mémoire clocharde

L’amour, votre amour c’est l’oubli délicat en plein soleil

Dans la valse vespérale des corps

Et de danser, vous vous souvenez ?

Mais la morte hivernale c’est vous, il est là vous n’y êtes

Sauf les rémanences embarquées que vous halez qui vous égarent

Jamais vos sémaphores ne rencontrent son spectre

Le désir nu sérotinal même crié dans d’autres corps

C’est à pleurer une âme entière


 

Foulant le sol de votre bar vous portez loin l’espoir

De sa révolution au creux de vos reins larges

Et face au tourne-disque raide spectatrice

Entendez le chant du retour odysséen

Soudain s’animent quinze blancs silences

Dans la convocation dardée de tous les sens et des frimas

Renaît le chanteur d’opéra

Vos pieds vous portent debout nourricière

Qu’il goûte ce Bleu du Maine et se souvienne 

Or une feuille de papier trouée

C’est tout ce qu’il vous avait présenté


 

Votre sourire amoureux vous le cultiverez blet

C’est le rai nitescent de son crâne oublieux

 

 

 

Poème écrit le 18 juin 2016 après avoir vu le film franco-italien de Marguerite Duras/ Henri Colpi, Une aussi longue absence, film magnifique qui m'a inspiré ces mots sur la folie-ou non ?- d'une femme.

 

***

Biographie

Carole CLOTIS  enseigne le français, écrit, photographie. Elle est l'auteur de poèmes dont l'un a été lu à Beaubourg et diffusé dans les Fictions de France Culture en juin 2016. Elle a aussi préfacé Pays Messin, du sculpteur et écrivain Jean-Marie Wunderlich et travaille actuellement à deux projets d'écriture.

 

Pour citer ces poèmes

Carole Clotis,  « Au Singe-Rêve Hôtel  » & « Thérèse dolorosa » , Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°8 [En ligne], mis en ligne le 7 octobre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/10/singe.html

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